SECTEUR DU FRET

Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret? Dif­fér­ents fac­teurs ont un impact sur le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses. En tant que voix de l’é­co­no­mie des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses com­pé­ti­tif. Pour cela, nous obser­vons entre aut­res le trans­fert modal et nous nous enga­ge­ons auprès des poli­ti­ques pour un rail non discriminatoire.

L’avenir du trafic intérieur de marchandises

Déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re: les vari­an­tes du Con­seil fédé­ral sont insuffisantes

Compétition DANS LE FRET FERROVIAIRE

Interopérabilité

L’opti­mi­sa­ti­on des pro­ces­sus et des inter­faces et le lien avec le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

​Durabilité

La moti­on du con­seil­ler aux Etats Josef Ditt­li deman­de un con­cept glo­bal sur la maniè­re dont le fret fer­ro­vi­ai­re et les solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les peu­vent con­tri­buer à rédui­re les émis­si­ons de CO2.

Digitalisation

Qu’est-ce qui con­tri­bue à faire pas­ser le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en à la pro­chai­ne dimen­si­on de la modernisation?

Flyer Fret ferroviaire 2050

INFORMATIF

Avenir du fret ferroviaire en surface / trafic par wagons complets
 
Crise de l’énergie

 

Vision

 

Résumé d’une étude réalisée pour le compte du secteur des chargeurs

 

Rapport sur le transfert modal 2021

 

Transport de marchandises dangereuses

 

Juridique

 

Études de base de la Confédération

 

​Transport soterrain de marchandises
Archives
Le trafic de marchandises pendant la crise Covid-19

 

Rapport sur le transfert 2019 – mesures supplémentaires sont nécessaires

Exploitation

Entreprises de transport ferroviaire

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
VTG was­co­sa erme­wa
   
Grou­pe Millet  

Chargeurs (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    

Sites

Premier et dernier kilomètre

En Suis­se, plus de 850 voies de rac­cor­de­ment sont uti­li­sées. Mal­heu­reu­se­ment, on con­sta­te un déclin con­stant. Vous trou­verez dans le cha­pit­re Sites com­ment la VAP s’en­ga­ge pour la pré­ser­va­ti­on des sites et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Réseau

Le réseau est une ques­ti­on d’ac­cès aux voies fer­rées, aux sil­lons. Pour une uti­li­sa­ti­on opti­ma­le, il faut une pla­ni­fi­ca­ti­on des travaux pré­voy­an­te, des prix équi­ta­bles et une bonne organisation.

Vous trou­verez sur le lien sui­vant com­ment nous nous enga­ge­ons dans ce sens et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Transfert du trafic: sur la bonne voie avec le transit

Transfert du trafic: sur la bonne voie avec le transit

Le «rap­port sur le trans­fert juil­let 2019 – juin 2021» du Con­seil fédé­ral pré­sen­te l’évolution du fret tran­sal­pin et de la pol­lu­ti­on de l’environnement sur les axes de tran­sit alpin. Ensuite, il décrit les avan­cées de la mise en œuvre des instru­ments de trans­fert et des mesu­res d’accompagnement. Sur cette base, le Con­seil fédé­ral pro­po­se plu­s­ieurs mesu­res de sou­ti­en du trans­fert. Enfin, il éva­lue la pour­suite de la poli­tique de trans­fert au cours des pro­chai­nes péri­odes de référence.

Une réussite dans le transit

Le rap­port sur le trans­fert 2021 mont­re que la direc­tion prise en ce qui con­cer­ne l’évolution du fret tran­sal­pin est la bonne. Le suivi et l’établissement de rap­ports font leurs preu­ves. Mais il reste enco­re beau­coup à faire. Le nombre de cour­ses tran­sal­pi­nes de véhi­cu­les lourds se situe à près de 900 000 pour l’année 2021. Le volu­me est donc enco­re net­te­ment supé­ri­eur à 650 000 cour­ses, qui est l’objectif défi­ni par la loi. Notam­ment en ce qui con­cer­ne la décar­bo­ni­sa­ti­on à venir du tra­fic pour att­eind­re les objec­tifs cli­ma­ti­ques 2050, d’autres mesu­res sont néces­saires de toute urgence.

Beaucoup de choses ont été faites, mais il reste encore beaucoup à faire

Chez VAP, nous som­mes d’avis qu’il faut ren­forcer les mesu­res qui ont été pri­ses jusqu’ici et notam­ment élar­gir les mesu­res de sou­ti­en finan­ciè­res de maniè­re tech­no­lo­gi­quement neu­tre. À l’heure actu­el­le, seul le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné en béné­fi­cie. D’autres for­mes de pro­duc­tion fer­ro­vi­ai­re ne sont pas sou­te­nues. Bien enten­du, nous devons accep­ter les limi­tes du trans­fert du tra­fic dans le tran­sit et faire en sorte d’unir nos forces ici. Il incom­be tou­te­fois à la poli­tique et à l’économie de son­der le potentiel pour une pour­suite du trans­fert dans le tran­sit. C’est ce que nous avons fait par la suite.

Potentiel n° 1: multimodalité

La route, le rail et la voie mari­ti­me se com­plè­tent par­fai­te­ment. Les char­geurs peu­vent com­bi­ner ces modes de trans­port sous forme de solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les effi­caces, le fret fer­ro­vi­ai­re étant con­sidé­ré comme l’épine dor­sa­le des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Par con­sé­quent, la pro­mo­ti­on de la mul­ti­mo­da­li­té doit se faire de maniè­re tech­no­lo­gi­quement neu­tre. À l’heure actu­el­le, c’est le tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné qui est prin­ci­pa­le­ment sou­tenu et non le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses clas­si­que. Le résul­tat: la part du trans­port par wagons com­plets dans le tran­sit baisse.

Figure 1: évolution de la répartition modale en fret transalpin 1984-2020.

 

Nous esti­mons que c’est une occa­si­on man­quée. En effet, la «loi fédé­ra­le sur le trans­fert de la route au rail du trans­port lourd de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes» (LTTM)1 auto­ri­se la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. Nous pen­so­ns que tou­tes les for­mes de com­bi­nai­son de la route, du rail et de la voie mari­ti­me font par­tie de la logis­tique mul­ti­mo­da­le et qu’elles doi­vent être trai­tées de maniè­re égale tant sur le plan finan­cier que sur le plan infrastructurel.

Potentiel n° 2: suivi de la qualité

Pré­sen­te­ment, seul le tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné fait l’objet d’un suivi. Cette mesu­re a pour but de con­stater la qua­li­té dans le tra­fic de tran­sit. Il n’y a pas de suivi de la qua­li­té en revan­che dans le trans­port par wagons com­plets dans le tra­fic de tran­sit. Nous con­sidé­rons que c’est une deu­xiè­me occa­si­on man­quée. Car, ainsi que cela a déjà été dit, la LTTM pré­voit la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. Il fau­drait donc sur­veil­ler la qua­li­té de tous les trans­ports mul­ti­mo­daux. Cela est valable de la même façon pour les con­teneurs, les semi-remor­ques, les wagons cou­verts, les wagons-citer­nes et autres.

Figure 2: évolution de la ponctualité dans le fret ferroviaire combiné transalpin 2019-2021.
 

 

Potentiel n° 3: connectivité et productivité

L’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), l’Union des trans­ports publics (UTP) ainsi que la VAP se lan­cent dans la numé­ri­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re dans le cadre d’un pro­jet de gran­de enver­gu­re (cf. la moti­on «Ren­forcer l’efficacité du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail grâce à l’automatisation» de Josef Ditt­li, con­seil­ler aux États et pré­si­dent de la VAP). Les tech­no­lo­gies numé­ri­ques per­met­tent de sui­v­re les envois en temps réel, d’accroître la fle­xi­bi­li­té des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re, d’effectuer des con­trô­les de la tempé­ra­tu­re, et donc d’améliorer mas­si­ve­ment la qua­li­té de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. La numé­ri­sa­ti­on auto­ri­se éga­le­ment la con­duite et le con­trô­le de l’intégrité du train numé­ri­ques. Elle per­met, du fait de l’abandon des signaux fixes, d’augmenter con­sidé­ra­blem­ent les capa­ci­tés dans le réseau fer­ro­vi­ai­re existant, sans aucu­ne mesu­re d’aménagement sup­p­lé­men­tai­re. La numé­ri­sa­ti­on et l’automatisation devi­en­nent ainsi des élé­ments essentiels d’une poli­tique de trans­fert tour­née vers l’avenir.

Potentiel n° 4: prix des sillons

Actu­el­le­ment, les prix des sil­lons ne sont pas fixés selon le prin­ci­pe de cau­sa­li­té. En d’autres ter­mes: le fret fer­ro­vi­ai­re doit cofi­nan­cer des stan­dards oné­reux pour le trans­port de voy­a­ge­urs. Par rap­port à la situa­ti­on à l’échelle inter­na­tio­na­le, les prix des sil­lons sont très éle­vés en Suis­se et donc en dehors d’une créa­ti­on de valeur réa­lis­te dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Après les bais­ses de prix tem­po­rai­res dans le cadre des mesu­res pour lut­ter cont­re le Covid, avec un prix du sil­lon alors pra­ti­quement nul dans l’espace euro­pé­en, le prix du sil­lon reste enco­re clai­re­ment éloi­g­né de la réfé­rence euro­pé­en­ne. C’est la rai­son pour laquel­le nous con­sidé­rons une baisse dura­ble des prix des sil­lons comme une mesu­re inci­ta­ti­ve urgen­te et efficace.

Potentiel n° 5: redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP)

Actu­el­le­ment, deux tiers des recet­tes de la RPLP sont cré­di­tées sur le comp­te du fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Cela cor­re­spond à un mil­li­ard de francs suis­ses par an. Nous sug­gé­rons une véri­fi­ca­ti­on de l’affectation de la RPLP pour des amé­nage­ments dans l’intérêt du fret fer­ro­vi­ai­re. Car bien que la RPLP ait pour but de limi­ter la crois­sance du tra­fic rou­tier lourd et d’encourager le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses au rail, l’emploi des recet­tes est sou­vent déci­dé pour des amé­nage­ments au pro­fit du trans­port de voy­a­ge­urs. Par com­pa­rai­son: le con­tour­ne­ment nord de Zurich coûte à lui seul 1 mil­li­ard de francs suis­ses pour mett­re à dis­po­si­ti­on des capa­ci­tés dans l’axe est-ouest. Le pro­jet de con­s­truc­tion a été dis­cu­té dans l’EA 2035, mais la prio­ri­té a été don­née à la gare de Sta­del­ho­fen, avec un mon­tant glo­bal comparable.

Potentiel n° 6: lignes d’accès

Le tra­fic est en con­stan­te aug­men­ta­ti­on sur les lignes d’accès. Afin qu’elles soi­ent éga­le­ment attra­yan­tes pour le trans­port de mar­chan­di­ses, le Con­seil fédé­ral insis­te pour que les accords d’aménagement signés avec les pays voi­sins soi­ent respec­tés. En com­plé­ment, le Con­seil fédé­ral a déjà ordon­né avec la moti­on 20.3003 Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin la réa­li­sa­ti­on d’une ligne alter­na­ti­ve per­for­man­te (ligne de plai­ne) sur la rive gau­che du Rhin au moyen d’un accord inter­na­tio­nal avec la France et la Bel­gi­que. Celle-ci dev­rait être désor­mais trai­tée en prio­ri­té. Nous pré­co­ni­sons un cofi­nance­ment du tron­çon Karls­ru­he-Bâle sur la rive gau­che du Rhin en vue d’une réa­li­sa­ti­on rapi­de d’un tracé de ligne alter­na­tif. C’est la seule maniè­re d’améliorer à brève éché­an­ce la qua­li­té sur la ligne d’accès nord. La CTT‑N s’est lais­sée con­vain­cre par ces argu­ments et a sou­mis la moti­on 22.300 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suisse».

Potentiel n° 7: alternatives

Il exis­te par natu­re cer­tai­nes limi­tes au trans­fert du tra­fic. Il faut donc unir les forces sur les tra­fics appro­priés. Le rail et la route se com­plè­tent. Les tech­no­lo­gies d’entraînement respec­tueu­ses de l’environnement don­nent un élan décisif au per­fec­tion­ne­ment dura­ble du mode de trans­port qu’est la route. C’est la rai­son pour laquel­le nous œuvrons pour la pro­mo­ti­on d’entraînements respec­tueux de l’environnement avec un libre choix des déten­teurs. L’aménagement de la RPLP per­met­trait de pro­mou­voir des tech­ni­ques respec­tueu­ses de l’environnement et de garan­tir une sécu­ri­té des inves­tis­se­ments pour une péri­ode de dix ans. Le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par le col du Sim­plon sera garan­ti par une solu­ti­on de la bran­che. Pour en savoir plus, lisez l’article de blog «Trans­port de matiè­res dan­ge­reu­ses sur le Sim­plon».

 
Figure 3: fret routier transalpin 2019: nombre de courses par région source/de destination.

 

À l’occasion de sa réuni­on qui se tien­dra début avril 2022, la CTT‑N se pen­che­ra sur la ques­ti­on de la pro­mo­ti­on sup­p­lé­men­tai­re du fret tran­sal­pin. L’administration mon­trera dans un rap­port com­plé­men­tai­re pour le comp­te de la com­mis­si­on quel­les sont les pos­si­bi­li­tés qui sont dis­po­nibles, outre un ajus­tem­ent des prix des sil­lons, pour finan­cer une mesu­re de ce genre. Il reste à espé­rer que ces mesu­res sup­p­lé­men­tai­res pren­nent déjà en comp­te, d’un point de vue tech­no­lo­gi­quement neu­tre, tous les trans­ports fer­ro­vi­ai­res en transit.

1 Cf. art 8 LTTM

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Selon le rap­port sur le trans­fert du tra­fic de novembre 2021, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge d’interdire le trans­port des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au Sim­plon. Il revi­ent ainsi sur l’avis qu’il avait pré­sen­té en 2015 au Par­le­ment, dans lequel il juge­ait le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au col du Sim­plon «suf­fi­sam­ment sûr». Ceci est d’autant plus éton­nant que l’OFROU fait depuis des années de gros inves­tis­se­ments dans les mesu­res de sécu­ri­té (bas­sin de réten­ti­on, inter­dic­tions de dépas­se­ment, voie de détres­se, etc.) et que la sta­tis­tique des trans­ports ne fait pas état d’une aug­men­ta­ti­on signi­fi­ca­ti­ve des trans­ports de mar­chan­di­ses dangereuses.

Nous pré­co­ni­sons qu’il soit pro­cé­dé à une ana­ly­se de la situa­ti­on de dan­ger en coopé­ra­ti­on avec les repré­sen­tants du sec­teur et que l’on uti­li­se les potentiels d’amélioration ciblés afin de pré­ser­ver ainsi aussi la liber­té entre­pre­neu­ria­le. Des con­ven­ti­ons de ce genre ont déjà appor­té des pro­grès appré­cia­bles pour le trans­port du chlore par rail.

Une inter­dic­tion remet­trait en cause l’approvisionnement de la popu­la­ti­on et de l’économie. Il faut en outre prend­re en comp­te que ces der­niè­res années, des inves­tis­se­ments con­sidé­ra­bles ont été réa­li­sés dans la route du Sim­plon afin d’améliorer la sécu­ri­té. Selon l’Office fédé­ral des rou­tes OFROU, le Sim­plon est con­sidé­ré comme le col le mieux amé­na­gé de Suis­se.
Vous trou­verez une argu­men­ta­ti­on com­plè­te dans la fiche d’information de sci­ence­indus­tries.

Manifestation pour le secteur et les médias: Train de démonstration DAC4EU

Manifestation pour le secteur et les médias: Train de démonstration DAC4EU

Le 25 mars 2022, l’OFT, les CFF, la VAP et l’UTP ont donné des infor­ma­ti­ons sur la phase de test et les vastes avan­ta­ges qui résul­tent de l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (AAD). Le mes­sa­ge était que le DAK pose les jalons de la numé­ri­sa­ti­on et donc d’une inno­va­ti­on révo­lu­ti­on­n­aire dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Depuis l’automne 2021, le pre­mier train de mar­chan­di­ses numé­ri­que sil­lon­ne l’Europe à des fins d’expérimentation. Objec­tif: tes­ter l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC) dans des con­di­ti­ons d’exploitation réel­les. CFF Cargo sou­met le train à une bat­te­rie com­plè­te de tests jusqu’à fin mars. À cet égard, les acteurs de la bran­che sont unani­mes sur l’importance majeu­re d’une étroi­te col­la­bo­ra­ti­on natio­na­le et d’une coor­di­na­ti­on à l’échelle euro­pé­en­ne pour la réus­si­te de l’introduction du DAC. Le train d’es­sai est finan­cé par le Minis­tère fédé­ral alle­mand du numé­ri­que et des trans­ports (BMVD).

Plan sectoriel des transports: programme ayant une perspective limitée

Plan sectoriel des transports: programme ayant une perspective limitée

Quelques mots préliminaires sur le contexte

Divers fac­teurs influ­ent sur le Plan sec­to­ri­el des transports/partie Pro­gram­me et donc sur l’a­ve­nir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (cf. figu­re 1). Le Pro­jet de ter­ri­toire Suis­se, les Per­spec­ti­ves de trans­port et la Stra­té­gie pour le déve­lo­p­pe­ment dura­ble défi­nis­sent l’o­ri­en­ta­ti­on stra­té­gique. Au niveau de la mise en œuvre, les plans direc­teurs, le plan sec­to­ri­el des transports/partie Mise en œuvre, les Pro­jets d’ag­glo­mé­ra­ti­on ainsi que les étapes d’a­mé­nage­ment pour le rail et la route et d’au­t­res bases jouent un rôle.

Illus­tra­ti­on 1: les fac­teurs moteurs d’un rail por­teur d’avenir sont situés à dif­fér­ents niveaux. (Source: Office fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al ARE, Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me)

Le Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) défi­ni­ra à par­tir des stra­té­gies existan­tes dans la per­spec­ti­ve à long terme RAIL 2050 les ori­en­ta­ti­ons per­ti­nen­tes pour le rail en matiè­re de trans­port natio­nal et inter­na­tio­nal de per­son­nes et de mar­chan­di­ses par rail et en matiè­re d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re. Ces ori­en­ta­ti­ons ser­vi­ront de base aux pro­chai­nes étapes d’aménagement du PRODES. Tou­te­fois, RAIL 2050 n’est pas une stra­té­gie de mobi­li­té transmodale.

Dans son Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me, le DETEC assu­re la coor­di­na­ti­on des modes de trans­port rou­tier, fer­ro­vi­ai­re, aéri­en et flu­vi­al entre eux ainsi qu’avec le déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al. Dans cette démar­che, les inté­rêts ter­ri­to­riaux sont au pre­mier plan. Le Plan sec­to­ri­el des trans­ports se com­po­se d’une par­tie Pro­gram­me trai­tant le niveau stra­té­gique et mise à jour pour la der­niè­re fois par le Con­seil fédé­ral le 20 octobre 2021, et de diver­ses par­ties de mise en œuvre rela­ti­ves aux dif­fér­ents modes de transport.

Le déve­lo­p­pe­ment des quar­tiers d’habitation et celui des infra­struc­tures de trans­port vont de pair. La struc­tu­re urbai­ne a des réper­cus­sions sur le sys­tème de trans­port, et vice-versa. La forme des réseaux de trans­port influence le choix du lieu d’implantation des ent­re­pri­ses et des per­son­nes et façon­ne ainsi le ter­ri­toire. Les sché­mas ter­ri­to­riaux ont à leur tour une influence sur les flux de trans­port et sur l’utilisation des capa­ci­tés du réseau. Afin de déve­lo­p­per le sys­tème de trans­port et de l’adapter au déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al, le Pro­jet de ter­ri­toire Suis­se du 15 décembre 2012 sug­gè­re de com­bi­ner les modes de trans­port en fon­c­tion de leurs atouts et de déve­lo­p­per les zones d’habitation dans les espaces déjà bien des­ser­vis par les trans­ports publics, comme les agglo­mé­ra­ti­ons, les vil­les ou les cen­tres régionaux.

Pour le trans­port de mar­chan­di­ses, il pré­voit à l’horizon 2040 une crois­sance glo­ba­le de 45 %. Si l’on renon­çait à déve­lo­p­per l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re, on ris­quer­ait une dégra­da­ti­on de l’accessibilité des vil­les et des cen­tres. L’étape d’aménagement PRODES 2035 garan­tit le finance­ment des infra­struc­tures, prin­ci­pa­le­ment dans le cor­ri­dor Est-Ouest, la région léma­ni­que ainsi que les ter­ri­toires de Zurich et de la Suis­se cen­tra­le. Par ail­leurs, cette étape pré­voit une exten­si­on des instal­la­ti­ons de trans­port de mar­chan­di­ses. Dans le tra­fic mar­chan­di­ses en géné­ral et sur­tout aux heu­res de poin­te, on cré­era des capa­ci­tés sup­p­lé­men­tai­res et on aug­m­en­te­ra les vites­ses de trans­port. Cela ren­force les efforts en faveur d’une explo­ita­ti­on en auto­fi­nance­ment, notam­ment dans le domaine du trans­port de mar­chan­di­ses sur tout le territoire.

Le DETEC a pré­sen­té son Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Infra­struc­tu­re rail (SIS) le 26 jan­vier 2022. Celui-ci pré­sen­te des appro­ches visa­nt à résoud­re les pro­blè­mes dans le domaine des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res, pré­voit des mesu­res de la Con­fé­dé­ra­ti­on et expli­que de quel­le maniè­re ces mesu­res doi­vent être coor­don­nées au fil du temps entre elles et avec les aut­res acti­vi­tés à inci­dence ter­ri­to­ria­le. Ces mesu­res con­cer­nent les domain­es suivants:

  • les lignes fer­ro­vi­ai­res per­ti­nen­tes pour le Plan sectoriel;
  • les instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment du trans­port com­bi­né d’importance nationale;
  • les gares de voy­a­ge­urs, instal­la­ti­ons de gara­ge, instal­la­ti­ons d’entretien et de révi­si­on du maté­ri­el rou­lant ou les instal­la­ti­ons de tria­ge et de trans­bor­de­ment du réseau à voie nor­ma­le et du réseau à voie étroi­te cofi­nan­cés par la Confédération;
  • les lignes de trans­port d’électricité desti­nées à l’alimentation élec­tri­que du réseau ferroviaire;
  • les sous-sta­ti­ons néces­saires à la mise en ser­vice d’aménagements importants de l’infrastructure.

 

Notre avis sur le sujet

Le DETEC et l’Office fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al (ARE) ont mis en con­sul­ta­ti­on le Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me, le 15 sep­tembre 2020. Vous trou­verez notre répon­se ici. À la VAP, nous som­mes en outre repré­sen­tés au Comi­té con­sul­ta­tif d’élaboration d’une per­spec­ti­ve à long terme RAIL 2050 mis en place par le DETEC et avons pu nous impli­quer à plu­s­ieurs égards dans les travaux. Nous avons résu­mé pour vous ci-après nos prin­ci­pa­les sug­ges­ti­ons d’amélioration du Plan sec­to­ri­el, par­tie Programme.

Illus­tra­ti­on 2: le Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me, accor­de davan­ta­ge d’importance – quoi­que tou­jours pas assez – au trans­port de mar­chan­di­ses. (Source: Office fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al ARE, Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me)

1. Remarques générales

Le plan sec­to­ri­el adop­te sys­té­ma­ti­quement une appro­che top-down. Il exclut ainsi les scé­na­ri­os potentiels et dur­a­bles d’une appro­che bot­tom-up. Ces scé­na­ri­os offri­rai­ent un plus grand droit de par­ti­ci­pa­ti­on aux can­tons, aux com­mu­nes et aux acteurs pri­vés con­cer­nés. Cette appro­che top-down est en con­tra­dic­tion avec le con­s­tat selon lequel «les for­mes d’offre et les presta­tai­res sont mul­ti­ples» (cf. page 24). La ver­si­on défi­ni­ti­ve se limi­te aux éche­lons de l’État et exclut l’économie.

L’un des prin­ci­paux objec­tifs est la réa­li­sa­ti­on des pre­scrip­ti­ons sur le CO2. Mal­heu­reu­se­ment, le plan sec­to­ri­el ne reflè­te pas suf­fi­sam­ment les évo­lu­ti­ons actu­el­les des dif­fér­ents modes de trans­port, par exemp­le l’abandon com­plet des moteurs à essence de la part de l’industrie auto­mo­bi­le à par­tir de 2030 ou l’utilisation de sys­tè­mes de ges­ti­on du tra­fic ultra­mo­der­nes dans le cadre de la con­duite (par­ti­el­le­ment) auto­no­me et donc une meil­leu­re uti­li­sa­ti­on de l’infrastructure.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: le plan sec­to­ri­el dev­rait mieux prend­re en comp­te la logis­tique «verte» comme colon­ne ver­té­bra­le de l’économie suis­se et comme base de la garan­tie de la pro­spé­ri­té de la popu­la­ti­on suisse.

2. Une menace pour le principe du contre-courant

Dans les cha­pi­t­res «Visi­on pour la mobi­li­té et le ter­ri­toire» ainsi que «Stra­té­gies de déve­lo­p­pe­ment et prin­cipes d’action», le plan sec­to­ri­el con­ti­ent des dis­po­si­ti­ons des auto­ri­tés extrê­me­ment détail­lées. Tou­te­fois, la col­la­bo­ra­ti­on ité­ra­ti­ve tout aussi détail­lée de tous les éche­lons de l’État et ainsi le prin­ci­pe du con­tre­cou­rant auquel il est ainsi fait réfé­rence se trou­vent con­sidé­ra­blem­ent limi­tés par ces dis­po­si­ti­ons. Le plan sec­to­ri­el suit une appro­che cen­tra­li­sée – et non fédé­ra­le – dépour­vue de base légale.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: le degré de détail des dis­po­si­ti­ons, réfle­xi­ons et expli­ca­ti­ons des auto­ri­tés offre peu de marge pour la coopé­ra­ti­on au sens du prin­ci­pe du con­tre­cou­rant. Pour faci­li­ter les stra­té­gies inter­ré­gio­na­les, la Con­fé­dé­ra­ti­on pour­rait pro­cé­der à une coor­di­na­ti­on générale.

3. Un conflit d’intérêts entre les transports publics et le transport ferroviaire de marchandises

Le plan sec­to­ri­el n’opère pas une distinc­tion détail­lée entre le trans­port de per­son­nes et le trans­port de mar­chan­di­ses, ni entre les défis et les solu­ti­ons d’avenir poten­ti­el­les qui en décou­lent. De plus, le plan sec­to­ri­el parle des trans­ports publics en les oppo­sant au tra­fic indi­vi­du­el moto­ri­sé. Cette maniè­re de voir est trop limi­tée dans le cas du fret fer­ro­vi­ai­re, car celui-ci ne fait pas par­tie des trans­ports publics.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: cer­tes, la ver­si­on adop­tée du plan sec­to­ri­el accor­de davan­ta­ge d’importance au fret fer­ro­vi­ai­re. Mais les réfle­xi­ons sur les trans­ports publics con­ti­nuent à pri­mer. Les repré­sen­tants du fret fer­ro­vi­ai­re dev­rai­ent être asso­ciés aux pro­ces­sus ité­ra­tifs des éche­lons de l’État men­ti­onnés plus haut comme le sont ceux des trans­ports publics.

4. Mise à l’écart des entreprises privées

Le plan sec­to­ri­el a été rédi­gé par la Con­fé­dé­ra­ti­on, les can­tons, les villes/communes ainsi que les repré­sen­ta­ti­ons des orga­nis­mes respons­ables des agglo­mé­ra­ti­ons. L’infrastructure indis­pensable pour le trans­port de mar­chan­di­ses (pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment, ter­minaux, voies de rac­cor­de­ment, infra­struc­tures por­tuai­res sur les eaux inté­ri­eu­res, ter­minaux de fret aéri­en, etc.) est mise en place et main­te­nue par des ent­re­pri­ses du sec­teur privé. Le plan sec­to­ri­el regrou­pe ces infra­struc­tures pri­vées sous l’appellation «inter­faces de trans­port et prio­ri­tés de déve­lo­p­pe­ment». C’est par ces infra­struc­tures que le trans­port de mar­chan­di­ses est réa­li­sé dans le cadre des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Pour­tant, le trans­port de mar­chan­di­ses ne se retrouve pas dans la typo­lo­gie des inter­faces de trans­port pro­po­sée. Celle-ci entend par «ent­re­pri­ses» des ent­re­pri­ses des trans­ports publics, et non les char­geurs pri­vés, qui met­tent en place, finan­cent et gèrent les inter­faces. Il n’est pas envi­sa­gé d’impliquer ces derniers.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: il n’est pos­si­ble d’obtenir une mobi­li­té réus­sie, inno­van­te, ori­en­tée vers le cli­ent et donc dura­ble ainsi qu’une large accept­a­ti­on des off­res qu’en impli­quant les ent­re­pri­ses pri­vées con­cer­nées. Cel­les-ci doi­vent être impli­quées dans la mise en œuvre des objec­tifs du plan sec­to­ri­el pour les ques­ti­ons de ges­ti­on du tra­fic, de meil­leu­re uti­li­sa­ti­on des capa­ci­tés, d’augmentation de l’efficience et d’accroissement de la résis­tance des inter­faces de transport.

5. Un développement des infrastructures peu orienté vers la demande

La pro­po­si­ti­on d’une pré­cis­i­on selon laquel­le avant de pro­cé­der à un amé­nage­ment, il faut que tou­tes les aut­res pos­si­bi­li­tés de bon­nes liai­sons aient au pré­alable été épui­sées, met en évi­dence de maniè­re fla­gran­te à quel point le trans­port de mar­chan­di­ses est nég­li­gé dans le plan sec­to­ri­el. Il n’y est pas ques­ti­on de sites de pro­duc­tion et de logis­tique. Il en est de même des inter­faces du trans­port de mar­chan­di­ses. Le plan sec­to­ri­el abor­de le fret fer­ro­vi­ai­re avec une gran­de rete­nue et ne le per­çoit pas comme une inter­face de trans­port ni comme une prio­ri­té de développement.

La pro­po­si­ti­on con­sistant à trai­ter le trans­port de mar­chan­di­ses sépa­ré­ment dans la «Con­cep­ti­on rela­ti­ve au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses» est insuf­fi­san­te, et ce pour deux rai­sons: la part du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tra­fic inté­ri­eur n’est que d’à peine 20 %. En outre, comme la con­cep­ti­on s’inscrit dans le sys­tème géné­ral du plan sec­to­ri­el, il y man­que l’adaptation au niveau et l’aspect contraignant.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: le Plan sec­to­ri­el des trans­ports ne doit pas nég­li­ger le trans­port de mar­chan­di­ses ni exclure les prin­ci­paux acteurs du sec­teur privé, faute de quoi l’aménagement de l’infrastructure ne sera pas ori­en­té sur la demande.

6. Optimiser la qualité des liaisons

L’axe Est-Ouest, cru­cial pour le trans­port de mar­chan­di­ses, passe en majeu­re par­tie par des espaces inter­mé­di­ai­res, dans les­quels on trouve d’importants sites de pro­duc­tion, de trans­for­ma­ti­on et de logis­tique ainsi que des inter­faces de trans­port (voies de rac­cor­de­ment, ter­minaux). Or le plan sec­to­ri­el ne décrit pas leur rac­cor­de­ment régio­nal au tra­fic de mar­chan­di­ses longue distance entre les agglo­mé­ra­ti­ons, ni à l’intérieur des ceintures d’agglomération et entre cel­les-ci. En par­ti­cu­lier, il n’indique pas de liai­sons tan­gen­ti­el­les con­tour­nant les cen­tres d’agglomération, bien qu’une liai­son de ce type soit par exemp­le pré­vue dans les ter­ri­toires d’action par la ligne de con­tour­ne­ment de Zurich pour le fret. De même, pour les trans­ports publics, il ne mont­re pas de lignes tan­gen­ti­el­les ni de ceintures exté­ri­eu­res, bien que les réper­cus­sions néga­ti­ves de la surchar­ge des cen­tres d’agglomération soi­ent con­nues et que le plan sec­to­ri­el table sur un trans­fert du tra­fic significatif.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: la qua­li­té des liai­sons, qui s’oriente sur les trans­ports publics, doit être com­plé­tée et distin­guer les dif­fér­ents types d’espaces pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Il en est de même du con­tour­ne­ment des cen­tres d’agglomération surchar­gés au moyen des liai­sons de trans­ports publics entre les agglo­mé­ra­ti­ons et à l’intérieur de cel­les-ci via des lignes tan­gen­ti­el­les et des ceintures de contournement.

7. Règlementer les transports de marchandises dangereuses séparément

Le plan sec­to­ri­el abor­de de maniè­re insuf­fi­san­te le pro­blè­me des con­flits d’intérêts entre pro­tec­tion de l’environnement (pré­ven­ti­on des pan­nes, trans­fert du tra­fic sur le rail) et den­si­fi­ca­ti­on des cen­tres. La den­si­fi­ca­ti­on ent­raî­ne une modi­fi­ca­ti­on de l’évaluation des ris­ques affér­ents au trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses. Ainsi, des mesu­res de réduc­tion des ris­ques pour­ront s’avérer néces­saires pour main­te­nir les trans­ports existants. Le prin­ci­pe du pol­lueur-pay­eur doit être respec­té, de sorte que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­se non seu­le­ment être con­ser­vé, mais même aug­men­té, ainsi que le pré­voit l’objectif.

La pro­blé­ma­tique peut être illus­trée de maniè­re pro­to­ty­pi­que par une éven­tu­el­le inter­dic­tion du trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au Sim­plon. Le Sim­plon est le col le mieux amé­na­gé de Suis­se. Au cours de ces der­niè­res années, des som­mes énor­mes ont été inve­sties afin d’en amé­lio­rer la sécu­ri­té. Selon l’article 4 de l’«ordonnance rela­ti­ve au trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par route» (SDR), le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par route est sou­mis, y com­pris pour les trans­ports nati­on­aux, aux dis­po­si­ti­ons de l’«accord rela­tif au trans­port inter­na­tio­nal des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par route» (ADR). Le tra­fic inté­ri­eur au Sim­plon n’est pas signi­fi­ca­tif en ter­mes de volu­me, car on a là pres­que exclu­si­ve­ment un tra­fic international.

Pro­po­si­ti­on d’amélioration: notre deman­de d’une prise en comp­te sépa­rée des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses a été inté­g­rée dans le plan sec­to­ri­el, tou­te­fois sans réfé­rence à une cau­sa­li­té ni à un pré­lè­ve­ment de la plus-value, mais uni­quement dans le sens d’une pla­ni­fi­ca­ti­on «anti­ci­pa­tri­ce». Le lien entre le trans­fert du tra­fic vers le fret fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et la den­si­fi­ca­ti­on de l’urbanisation dans le con­tex­te des trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses doit être pré­sen­té en ten­ant comp­te des pré­oc­cu­pa­ti­ons envi­ron­ne­men­ta­les. Pour ce faire, il faut des solu­ti­ons con­for­mes au prin­ci­pe du pollueur-payeur.

 

Vous trou­verez ici le texte inté­gral (en alle­mand) de la répon­se écri­te à l’audition que nous avons adres­sée à la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Sommaruga.

Informations importantes à retenir de la session d’automne 2021

Informations importantes à retenir de la session d’automne 2021

Message 20.081 sur la loi fédérale sur le transport souterrain de marchandises

En approu­vant le pro­jet de loi, on crée la base léga­le pour le pro­jet logis­tique Cargo Sous Ter­rain (CST). Une der­niè­re diver­gence sur l’expropriation devra être éli­mi­née durant la ses­si­on d’hiver à venir. À par­tir de 2031, les pre­miè­res mar­chan­di­ses CST seront ache­mi­nées à tra­vers le tun­nel sou­ter­rain. Cela ne sou­la­ge­ra tou­te­fois guère le trans­port de mar­chan­di­ses en sur­face, car le fret ne cesse d’augmenter. Nous con­ti­nuons par con­sé­quent à nous en tenir à nos objec­tifs, à savoir rend­re plus effi­cace le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses pour l’avenir. Avec notre enga­ge­ment en faveur de l’«auto­ma­tis­a­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses», un coup d’envoi important a été donné dans ce sens.

Postulat 21.3597 «Avenir du transport de marchandises»

En approu­vant le pos­tu­lat, le Con­seil natio­nal s’engage à pré­sen­ter, d’ici à la fin du pre­mier tri­mest­re 2022 au plus tard, un rap­port sur la future ori­en­ta­ti­on de la poli­tique rela­ti­ve au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Il exami­nera en détail les aspects con­cer­nant le tra­fic inté­ri­eur ainsi que le tra­fic d’importation et d’exportation, et répon­dra entre aut­res aux ques­ti­ons suivantes:

  • Que pen­ser de l’efficacité et de la réa­li­sa­ti­on des objec­tifs liés à une offre de CFF Cargo SA axée sur le mar­ché et auto­fi­nan­cée? Il s’agit de prend­re en con­sidé­ra­ti­on les cri­tères sui­vants: la struc­tu­re orga­ni­sa­ti­on­nel­le, les effets en ter­mes de trans­fert, la pre­sta­ti­on de trans­port, les infra­struc­tures, les points de des­ser­te, les beso­ins des expé­di­teurs et les beso­ins en matiè­re d’effectifs, le carac­tère respec­tueux de l’environnement et des res­sour­ces des chaî­nes de livraison.
  • Quels sont les effets et les per­spec­ti­ves de la nou­vel­le ori­en­ta­ti­on stra­té­gique de CFF Cargo SA?
  • Quels sont les scé­na­ri­os poli­ti­ques con­cer­nant le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et quel­les mesu­res légis­la­ti­ves devront éven­tu­el­le­ment être prises?
  • Quel­les con­di­ti­ons-cad­res doi­vent être assu­rées, s’agissant de l’utilisation de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (prix du sil­lon) et du finance­ment des inves­tis­se­ments néces­saires, pour que l’offre puis­se être exploi­tée d’une maniè­re qui soit la plus éten­due pos­si­ble et qui cou­vre au mieux les coûts?
  • Quels inves­tis­se­ments doit-on effec­tuer dans du nou­veau maté­ri­el rou­lant, dans l’automatisation et dans la numé­ri­sa­ti­on, et com­ment peu­vent-ils être financés?
Penser en termes de chances

Chez VAP, nous som­mes d’avis que des mesu­res importan­tes doi­vent être pri­ses sur le plan des con­di­ti­ons-cad­res léga­les, de l’infrastructure et des pla­te­for­mes logis­ti­ques. Le mar­ché dev­rait se con­cen­trer sur l’évaluation des chan­ces et des oppor­tu­ni­tés. Nous misons sur des con­cepts de trans­port mul­ti­mo­daux avec les­quels il est pos­si­ble d’exploiter les points forts des moy­ens de trans­port respec­tifs. Le tra­fic par wagons com­plets est l’un des élé­ments de cette mul­ti­mo­da­li­té. En tant que tra­fic de réseau clas­si­que, il exige de nou­vel­les coopé­ra­ti­ons de tous les acteurs afin d’accroître l’efficience et l’efficacité. Pour ce faire, nous avons créé, con­join­te­ment avec d’autres par­ties pren­an­tes, la com­mun­au­té d’intérêt du tra­fic par wagons com­plets (CI TWC).

Compromis pour la LTSM: oui à l’interdiction de discrimination, non à la publication du calcul

Compromis pour la LTSM: oui à l’interdiction de discrimination, non à la publication du calcul

Après la décis­i­on du Con­seil des États de sup­p­ri­mer l’interdiction de dis­cri­mi­na­ti­on pour les pre­sta­ti­ons de trans­port offer­tes dans l’art. 5 LTSM, le Con­seil natio­nal a déci­dé de main­te­nir l’article en renon­çant à la publi­ca­ti­on du cal­cul du prix non dis­cri­mi­na­toire. Ce com­pro­mis per­met au Rail­Com d’identifier une éven­tu­el­le dis­cri­mi­na­ti­on au niveau de la struc­tu­re des off­res et des prix. Le Con­seil des États a fina­le­ment suivi la décis­i­on du Con­seil national.

La VAP devient membre de SWISS SUPPLY

La VAP devient membre de SWISS SUPPLY

La VAP, un nouveau partenaire compétent

Avec l’association SWISS SUPPLY, les prin­ci­pa­les orga­ni­sa­ti­ons de logis­tique, d’approvisionnement et de trans­port de Suis­se veu­lent pro­mou­voir l’image de la logis­tique, de la chaî­ne d’approvisionnement et du trans­port ainsi qu’informer et for­mer la popu­la­ti­on. En tant que repré­sen­tan­te de l’industrie des char­geurs dans le fret fer­ro­vi­ai­re, la VAP a adhé­ré à l’organisation de pro­mo­ti­on au mois d’août 2021, afin de con­tri­buer à la réa­li­sa­ti­on de ces objec­tifs. Nous cré­ons ainsi pour nos mem­bres les con­di­ti­ons idéa­les pour un envi­ron­ne­ment éco­no­mi­quement propi­ce et leur assur­ons une large com­pré­hen­si­on du public pour un appro­vi­si­on­ne­ment per­for­mant. À l’avenir, nous coor­don­ne­r­ons nos acti­vi­tés liées à la poli­tique des trans­ports au sein de Cargo Forum Suis­se avec les initia­ti­ves de SWISS SUPPLY, afin d’avoir enco­re plus de poids.

Comment est-ce arrivé?

L’idée de SWISS SUPPLY est apparue début 2020 dans le cadre de la nou­vel­le et gran­de expo­si­ti­on «Vivre la logis­tique!» au Musée suis­se des trans­ports à Lucer­ne. Il s’agissait de réa­li­ser sur le long terme des pro­jets de pro­mo­ti­on de l’image de ce genre et des initia­ti­ves cor­re­spond­an­tes désor­mais sous les auspi­ces d’une orga­ni­sa­ti­on natio­na­le à but non lucra­tif et en unis­sant ses forces. C’est ainsi que l’Association suis­se pour la for­ma­ti­on pro­fes­si­on­nel­le en logis­tique (ASFL SVBL), l’Association suis­se des trans­ports rou­tiers ASTAG, l’Association pro­fes­si­on­nel­le des réseaux de valeur dura­ble GS1 Switz­er­land, l’Association pro­fes­si­on­nel­le pour la ges­ti­on des achats et des appro­vi­si­on­ne­ments procure.ch, l’Association Suis­se des tran­si­taires et des ent­re­pri­ses de logis­tique SPEDLOGSWISS, l’Association suis­se du réseau logis­tique VNL Schweiz ainsi que la Fon­da­ti­on suis­se pour la logis­tique ont fondé la nou­vel­le asso­cia­ti­on SWISS SUPPLY le 26 mars 2021. L’organisation est pré­si­dée par Jörg Mathis, CEO de GS1 Switz­er­land. Les mem­bres de l’organisation con­sti­tu­ent éga­le­ment le par­rai­na­ge de l’association et repré­sen­tent ensem­ble bien plus de 10 000 membres.

Renforcer l’approvisionnement, la logistique et le transport en Suisse

Beau­coup l’ignorent: l’approvisionnement du pays, avec les domain­es de l’acquisition, de la logis­tique, du stocka­ge, du trans­port, de l’expédition, de l’emballage ainsi que de l’élimination et du recy­cla­ge, con­sti­tue la colon­ne ver­té­bra­le incon­tournable de l’économie suis­se. Les auteurs de l’initiative SWISS SUPPLY veu­lent amé­lio­rer dura­blem­ent la répu­ta­ti­on de ces domain­es en Suis­se et sus­ci­ter l’intérêt ainsi que la com­pré­hen­si­on du public. Dans ce but, les initia­ti­ves existan­tes sont ren­for­cées, et de nou­vel­les acti­vi­tés sont lan­cées. L’association veut éga­le­ment sus­ci­ter très tôt l’enthousiasme des jeu­nes pour la bran­che. SWISS SUPPLY pré­sen­te aux étu­di­ants et aux per­son­nes en réo­ri­en­ta­ti­on pro­fes­si­on­nel­le de vastes pos­si­bi­li­tés de car­ri­è­re, avec des pos­si­bi­li­tés de déve­lo­p­pe­ment dans dif­fé­ren­tes directions.

LTSM: interdiction de discrimination et publication des prix

LTSM: interdiction de discrimination et publication des prix

Le pro­jet de la LTSM pré­voit une inter­dic­tion de dis­cri­mi­na­ti­on pour l’ensemble des pre­sta­ti­ons de trans­port offer­tes, notam­ment pour les pre­sta­ti­ons en sur­face dans le domaine de la logis­tique urbai­ne. Lors de ses déli­bé­ra­ti­ons, le Con­seil des États a cri­ti­qué cette inter­dic­tion de dis­cri­mi­na­ti­on et la publi­ca­ti­on des prix.

La VAP se féli­ci­te de l’interdiction de dis­cri­mi­na­ti­on et de la publi­ca­ti­on des prix. Le fait d’établir un lien entre une cour­se prin­ci­pa­le sou­ter­rai­ne et la dis­tri­bu­ti­on en sur­face offer­te par un four­nis­seur uni­que recè­le un ris­que évi­dent de discriminations.

Les expé­ri­en­ces que nous avons fai­tes avec le tra­fic par wagons com­plets de CFF Cargo, la des­ser­te du der­nier kilo­mèt­re jusqu’aux voies de rac­cor­de­ment et ter­minaux pri­vés ainsi que l’accès aux ter­minaux pri­vés sont sans ambi­güi­té: une offre mono­po­lis­tique éma­n­ant d’un four­nis­seur uni­que est fata­le pour le sec­teur des char­geurs. Il doit donc être prévu d’instaurer une règle­men­ta­ti­on pré­voy­ant une inter­dic­tion de dis­cri­mi­na­ti­on spé­ci­fi­que par­al­lè­le­ment à la loi sur les car­tels en vigueur et appli­ca­ble à tous. Cer­tes, il exis­te une con­cur­rence avec d’autres sys­tè­mes de trans­port comme le rail ou la route. Mais de même que le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est le seul mode de trans­port à pou­voir offrir le saut de nuit, l’offre com­bi­née «logis­tique urbai­ne et cour­se prin­ci­pa­le de Cargo sous ter­rain» jouit d’une posi­ti­on uni­que. C’est aussi la rai­son pour laquel­le cette infra­struc­tu­re pré­sen­te un inté­rêt éco­no­mi­que pour la Con­fé­dé­ra­ti­on et que cette der­niè­re a déci­dé de pro­mul­guer la LTSM.

 Or la loi appli­ca­ble pré­voit aussi spé­ci­fi­quement l’absence de dis­cri­mi­na­ti­on dans le cas de l’accès à d’autres infra­struc­tures pri­vées. L’accès aux ter­minaux est régi par l’art. 6, al. 1, let. d de l’ordonnance sur le trans­port de mar­chan­di­ses OTM: les con­di­ti­ons, prix et rabais doi­vent être non dis­cri­mi­na­toires et publiés sur inter­net. Pour la des­ser­te des voies de rac­cor­de­ment et ter­minaux (der­nier kilo­mèt­re), la trans­pa­rence a mal­heu­reu­se­ment été réduite: l’art. 6a OTM n’exige qu’une descrip­ti­on géné­ra­le du «cal­cul des prix». La for­mu­la­ti­on de l’art. 5, al. 3, let. c de la LTSM va éga­le­ment dans ce sens: «Cal­cul du prix». Il s’agit de la vari­an­te mini­ma­le desti­née à pro­té­ger les cli­ents face au four­nis­seur monopolistique.

Le prix doit être con­for­me au mar­ché. Il en est de même pour l’accès aux ter­minaux et pour la des­ser­te du der­nier kilo­mèt­re. Tou­te­fois, le prix ne doit pas être dis­cri­mi­na­toire, par exemp­le en pré­voy­ant un rabais non jus­ti­fia­ble d’un point de vue éco­no­mi­que pour les «amis» par­ti­cu­liè­re­ment pro­ches. Les prin­cipes déve­lo­p­pés dans le con­tex­te de l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re ont fait leurs preu­ves et doi­vent éga­le­ment s’appliquer à la logis­tique urbai­ne et à la cour­se prin­ci­pa­le souterraine.

Pour ces rai­sons, la VAP recom­man­de au Par­le­ment d’adopter l’article 5 LTSM sans modification.

Projet de loi fédérale sur le transport souterrain de marchandises

Projet de loi fédérale sur le transport souterrain de marchandises

La VAP salue la loi-cadre sur le trans­port sou­ter­rain de mar­chan­di­ses pré­sen­tée par le Con­seil fédé­ral. Nous con­sidé­rons qu’un sys­tème de trans­port sou­ter­rain est un ajout posi­tif aux pos­si­bi­li­tés existan­tes sur l’eau, la route et le rail. Le pro­jet de loi pré­voit un cadre libé­ral, axé sur le ris­que et basé sur la responsa­bi­li­té pro­pre pour la con­s­truc­tion et l’exploitation des instal­la­ti­ons, de façon à per­mett­re un trans­port mul­ti­mo­dal effi­cace et donc ren­ta­ble. Des cla­ri­fi­ca­ti­ons sont enco­re néces­saires, notam­ment en ce qui con­cer­ne la coor­di­na­ti­on des pro­cé­du­res aux niveaux fédé­ral et can­to­nal. L’OFT dev­rait se voir attri­buer un rôle clair de coor­di­na­ti­on à cet égard. La par­ti­ci­pa­ti­on d’entreprises publi­ques et d’entreprises affi­liées à l’État soulè­ve des ques­ti­ons, tout comme l’intention de con­ce­voir la logis­tique urbai­ne comme offre d’un seul four­nis­seur, assu­rée par les opé­ra­teurs du sys­tème de trans­port sou­ter­rain. La VAP pri­vilé­gie une logis­tique urbai­ne axée sur la con­cur­rence afin d’exclure toute posi­ti­on domi­nan­te sur le mar­ché et toute discrimination.

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