EXPLOITATION

Nous repré­sen­tons les acteurs du fret et met­tons l’ac­cent dans ce cha­pit­re sur l’uti­li­sa­ti­on de l’in­fra­struc­tu­re, c’est-à-dire sur le trans­port. Nous nous enga­ge­ons pour une explo­ita­ti­on libre sur le réseau et sur le premier/dernier kilo­mèt­re. Pour favo­ri­ser une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser et com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le la force de tout moyen de trans­port. Car le tra­jet est ainsi plus court et plus éco­no­mi­que pour chacun.

Acteurs dans le domaine de l’exploitation:

Ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (EF)

Fabricants/détenteurs de maté­ri­el rou­lant (loueurs de wagons privés)

Opé­ra­teurs

Informatif

L’avenir du fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire
Valeurs limites d’émission pour le bruit

 

Transport ferroviaire de marchandises
Prescriptions de circulation des trains (PCT)

 

Prescriptions d’exploitation pour les voies de raccordement

La responsa­bi­li­té de l’ex­plo­ita­ti­on sûre incom­be à l’entre­pri­se responsable. Les pre­scrip­ti­ons d’ex­plo­ita­ti­on cor­re­spond­an­tes doi­vent être éta­b­lies par l’ex­plo­itant de la voie de raccordement.

La VAP met des outils à la dis­po­si­ti­on de ses mem­bres. Nous appor­tons notre sou­ti­en dans les tâches juri­di­ques et admi­nis­tra­ti­ves. Pre­nez direc­te­ment cont­act avec nous pour une cla­ri­fi­ca­ti­on, un con­seil ou un accom­pa­gne­ment d’audit.

Entreprises de transport ferroviaire de marchandises (EF) en Suisse

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons en Europe

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
MFD Rail Logo      
MFD Rail
     
VTG was­co­sa erme­wa
MFD Rail Logo  
Grou­pe Millet MFD Rail

Chargeur (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    
Réorientation du trafic par wagons complets isolés: la VAP demande de la transparence et de la sécurité de planification

Réorientation du trafic par wagons complets isolés: la VAP demande de la transparence et de la sécurité de planification

CFF Cargo entend réo­ri­en­ter le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à par­tir de décembre 2026 au moyen d’un nou­veau modè­le de pro­duc­tion. La VAP salue l’engagement en faveur du tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais deman­de une mise en œuvre trans­pa­ren­te et com­pa­ti­ble avec les beso­ins de la bran­che. Il est essentiel que les char­geurs con­cer­nés puis­sent con­tin­uer à uti­li­ser des solu­ti­ons fer­ro­vi­ai­res fia­bles et éco­no­mi­quement viables.

CFF Cargo a com­mu­ni­qué aujourd’hui la maniè­re dont elle entend réo­ri­en­ter le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à par­tir de décembre 2026 au moyen d’un nou­veau modè­le de pro­duc­tion. L’Association des char­geurs (VAP) salue sur le prin­ci­pe le fait que CFF Cargo n’abandonne pas le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais sou­hai­te le main­te­nir et le ren­forcer éco­no­mi­quement en tant qu’élément important de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses en Suis­se. Pour l’économie char­geu­se en par­ti­cu­lier, le tra­fic par wagons com­plets iso­lés reste un élé­ment cen­tral d’un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses per­for­mant, rési­li­ent et respec­tueux du climat.

La sup­pres­si­on de points de des­ser­te soulè­ve des questions
La réo­ri­en­ta­ti­on com­mu­ni­quée aujourd’hui soulè­ve tou­te­fois des ques­ti­ons essen­ti­el­les. CFF Cargo annon­ce notam­ment qu’elle ne des­ser­vi­ra plus à l’avenir envi­ron 50 des quel­que 280 points de des­ser­te actuels dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, tout en affir­mant pou­voir con­tin­uer à trans­por­ter 98% des volu­mes actuels. Du point de vue de la VAP, cette affir­ma­ti­on néces­si­te des expli­ca­ti­ons. Si des points de des­ser­te dis­pa­rais­sent, les char­geurs con­cer­nés se trou­vent con­crè­te­ment con­fron­tés à la ques­ti­on de savoir com­ment leurs tra­fics pour­ront con­tin­uer à être ache­mi­nés par le rail de maniè­re pra­ti­ca­ble, pla­ni­fia­ble et éco­no­mi­quement via­ble – ou si, dans les faits, un trans­fert vers la route menace.

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est déjà sous pression
Les chif­fres mont­rent à quel point la situa­ti­on de départ est déjà exi­ge­an­te aujourd’hui. L’analyse pré­sen­tée par INFRAS lors du Forum Fret fer­ro­vi­ai­re 2026 mont­re que la pre­sta­ti­on de trans­port dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a reculé de 11% entre 2000 et 2025, tan­dis que la part du rail dans le trans­port ter­rest­re est pas­sée de 42% en 2000 à 37% en 2024. La pres­si­on est par­ti­cu­liè­re­ment forte dans le tra­fic par wagons com­plets, qui a reculé de 36% depuis 2008.

Les retours de la bran­che sont eux aussi clairs. Dans l’enquête menée par INFRAS sur man­dat de la VAP, la hausse des coûts et des prix est citée comme le prin­ci­pal défi pour le rail. Le trans­fert de responsa­bi­li­té vers les cli­ents et les coûts sup­p­lé­men­tai­res qui en décou­lent sont éga­le­ment très sou­vent men­ti­onnés comme une char­ge. De nombreu­ses ent­re­pri­ses s’attendent en outre à une nou­vel­le baisse du volu­me de trans­port par le rail à court ou moyen terme.

Des signaux con­tra­dic­toires de la part de CFF Cargo
Dans ce con­tex­te, il est con­tra­dic­toire que CFF Cargo veuille, d’une part, ren­forcer le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais dété­rio­re, d’autre part, les con­­di­­ti­ons-cad­­res pour les char­geurs et les déten­teurs de wagons par dif­fé­ren­tes mesu­res. Il s’agit notam­ment du trans­fert de responsa­bi­li­té prévu vers les cli­ents, com­bi­né à la réduc­tion de l’offre de wagons de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à CFF Cargo, ainsi que de la limi­ta­ti­on des points de des­ser­te. Qui­con­que veut ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne doit pas, dans le même temps, impo­ser aux char­geurs des ris­ques sup­p­lé­men­tai­res, des coûts plus éle­vés et une marge de manœu­vre réduite.

La VAP deman­de une mise en œuvre transparente
La VAP deman­de donc à CFF Cargo une mise en œuvre trans­pa­ren­te, ori­en­tée vers les cli­ents et com­pa­ti­ble avec les beso­ins de la bran­che de la réo­ri­en­ta­ti­on annon­cée. Ce qui est déter­mi­nant n’est pas seu­le­ment de savoir si, sta­tis­ti­quement, 98% des volu­mes actuels peu­vent être main­te­nus, mais aussi si les ent­re­pri­ses con­cer­nées pour­ront con­tin­uer à ache­mi­ner leurs tra­fics con­crets par le rail de maniè­re fia­ble, éco­no­mi­quement via­ble et sans obs­ta­cles supplémentaires.

Du point de vue de la VAP, il faut donc:

  • une com­mu­ni­ca­ti­on trans­pa­ren­te sur les alter­na­ti­ves fer­ro­vi­ai­res con­crè­tes dont dis­po­sent les char­geurs con­cer­nés par la fer­me­tu­re de points de desserte;
  • des solu­ti­ons réa­lis­tes pour les petits et moy­ens char­geurs, qui ne peu­vent pas sim­ple­ment se rab­att­re sur des trains complets;
  • un renon­ce­ment immé­di­at à des char­ges supplémentaires.

La Suis­se s’est clai­re­ment enga­gée sur le plan poli­tique en faveur du ren­force­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour que cet objec­tif pro­dui­se ses effets, l’offre, la qua­li­té, le prix et la fia­bi­li­té doi­vent aller de pair. La réo­ri­en­ta­ti­on du tra­fic par wagons com­plets iso­lés ne doit donc pas ent­raî­ner un recul du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses tel que les char­geurs con­cer­nés ne puis­sent plus uti­li­ser de solu­ti­ons fer­ro­vi­ai­res fia­bles et éco­no­mi­quement viables.

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La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard a clai­re­ment mon­tré à quel point un sys­tème fer­ro­vi­ai­re haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le euro­pé­en­ne est vul­né­ra­ble. Il a éga­le­ment mis en évi­dence qu’un niveau élevé de sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne peut être garan­ti que si tous les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés. Cela néces­si­te une appro­che glo­ba­le qui réduit la pro­ba­bi­li­té d’in­ci­dents grâce à une multi­tu­de de mesures.

Les enjeux:

  • Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?
  • Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas
  • La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité
  • Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables
  • La sécu­ri­té n’est pas une mis­si­on individuelle
  • Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en est souhaitable

 

Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard en août 2023 a bou­le­ver­sé le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, voire toute la Suis­se. Les dom­mages con­sidé­ra­bles cau­sés à l’in­fra­struc­tu­re et les longs travaux de répa­ra­ti­on ont ent­raî­né une dis­po­ni­bi­li­té réduite de l’axe nord-sud le plus important de Suis­se pen­dant plus d’un an. Les réper­cus­sions opé­ra­ti­on­nel­les se sont fait sen­tir bien au-delà du tun­nel du Got­hard et ont sou­le­vé une ques­ti­on cen­tra­le : com­ment garan­tir dura­blem­ent la sécu­ri­té dans un sys­tème haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le européenne?

Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas

Une réac­tion radi­cale à un inci­dent grave est com­pré­hen­si­ble : la sécu­ri­té doit être ren­for­cée, les ris­ques mini­mi­sés et les réci­di­ves exclues. Les mesu­res pri­ses par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) après la publi­ca­ti­on du rap­port d’ac­ci­dent du Ser­vice suis­se d’en­quête de sécu­ri­té (SESE) ont donc été dras­ti­ques. Mais ces mesu­res sont peu fon­dées et visent exclu­si­ve­ment les déten­teurs de wagons.

La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité

Il est rapi­de­ment appa­ru que les nou­vel­les pre­scrip­ti­ons de l’OFT ne pou­vai­ent être mises en œuvre sous leur forme pré­vue, ni sur le plan opé­ra­ti­on­nel, ni en ter­mes de capa­ci­tés des ser­vices de main­ten­an­ce. La réduc­tion mas­si­ve des cycles de main­ten­an­ce et de con­trô­le aurait ent­raî­né la mise en main­ten­an­ce immé­dia­te de mil­liers de wagons de mar­chan­di­ses, qui n’au­rai­ent plus été uti­li­sables. L’OFT s’est vu con­traint d’ad­ap­ter sa décis­i­on initiale.

Cette cor­rec­tion régle­men­tai­re mont­re à quel point il est dif­fi­ci­le, dans l’ur­gence, de défi­nir des mesu­res effi­caces, fon­dées et appli­ca­bles pour un sys­tème extrê­me­ment com­ple­xe. Elle mont­re éga­le­ment que la ques­ti­on de la sécu­ri­té ne peut être réduite à cer­ta­ins acteurs ou à cer­tai­nes mesu­res, et enco­re moins à cer­ta­ins pays.

Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re de trans­port de mar­chan­di­ses ne s’ar­rête pas à la fron­tiè­re natio­na­le. Les wagons de mar­chan­di­ses cir­cu­lent pen­dant des semain­es, voire des mois, sur l’en­sem­ble du réseau euro­pé­en et chan­gent con­stam­ment de pays, d’entre­pri­se fer­ro­vi­ai­re et de ges­ti­on­n­aire d’in­fra­struc­tu­re. Pour garan­tir la sécu­ri­té dans ce con­tex­te dyna­mi­que, il ne suf­fit pas de dis­po­ser d’un maté­ri­el rou­lant soli­de. Une ges­ti­on pré­voy­an­te du maté­ri­el rou­lant et une con­duite com­pé­ten­te en explo­ita­ti­on sont éga­le­ment déterminantes.

Les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res jouent donc un rôle clé. Elles uti­li­sent les wagons de mar­chan­di­ses dans leur explo­ita­ti­on quo­ti­di­en­ne, effec­tu­ent des con­trô­les avant le départ et des con­trô­les visuels et influen­cent la char­ge réel­le du maté­ri­el rou­lant par la con­duite du per­son­nel de loco­mo­ti­ve et la ges­ti­on opérationnelle.

La sécu­ri­té n’est pas une tâche isolée

La sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses résul­te de l’in­ter­ac­tion entre les déten­teurs de wagons, les ser­vices de main­ten­an­ce, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et les infra­struc­tures, avec des sys­tè­mes de sur­veil­lan­ce et de détec­tion appro­priés. Si cer­ta­ins acteurs sont reti­rés de cette équa­ti­on et donc déchar­gés de leur responsa­bi­li­té, leur inter­ac­tion se trouve désé­qui­li­brée. Les mesu­res régle­men­tai­res doi­vent tenir comp­te de cette réalité.

Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en souhaitée

C’est pré­cis­é­ment parce que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est orga­ni­sé à l’é­chel­le euro­pé­en­ne qu’il faut adop­ter une per­spec­ti­ve euro­pé­en­ne en matiè­re de sécu­ri­té. Le réseau fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tel­lement inter­con­nec­té au niveau inter­na­tio­nal que les initia­ti­ves natio­na­les iso­lées com­pro­met­tent la sécu­ri­té plu­tôt qu’el­les ne l’op­ti­mi­sent. Dans ce con­tex­te, il faut saluer les recom­man­da­ti­ons pré­sen­tées fin 2025 par le Joint Net­work Secre­ta­ri­at, qui visent à coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment des exi­gen­ces de sécu­ri­té. L’OFT a rai­son d’ad­op­ter une visi­on pan­eu­ro­pé­en­ne et d’har­mo­nis­er les mesu­res pri­ses en Suis­se avec les lignes direc­tri­ces européennes.

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Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

L’an­née tou­che bien­tôt à sa fin. On aime­rait tant pou­voir annon­cer de bon­nes nou­vel­les à l’appro­che des fêtes. Mal­heu­reu­se­ment, il n’est pas faci­le de tirer des con­clu­si­ons posi­ti­ves de l’ana­ly­se du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en 2025. Au con­trai­re, les mau­vai­ses nou­vel­les se suc­cè­dent. Il faut se poser la ques­ti­on de l’im­portance future de ces colos­ses d’a­cier qui, année après année, trans­portent des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses d’un point A à un point B.


Les enjeux:

  • Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier
  • La liste des exemp­les néga­tifs est longue
  • Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu
  • Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle
  • Agir au lieu de capituler

Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier

Une éco­no­mie en plei­ne crois­sance ent­raî­ne néces­saire­ment une aug­men­ta­ti­on des beso­ins en matiè­re de trans­port de mar­chan­di­ses. En effet, les mar­chan­di­ses sup­p­lé­men­tai­res doi­vent être ache­mi­nées d’une maniè­re ou d’une autre jus­qu’au con­som­ma­teur final. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est indis­pensable à cet égard ; aujour­d’hui déjà, il ache­mi­ne chaque année des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses de A à B dans le respect du climat.

Selon les pré­vi­si­ons de l’Of­fice fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al (ARE) dans le cadre de ses per­spec­ti­ves de trans­port pour 2050, il faut s’at­tendre à une aug­men­ta­ti­on de 31 % du tra­fic mar­chan­di­ses d’ici 2050. Pen­dant cette péri­ode, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail dev­rait pas­ser de 37 à 39 %. Les déve­lo­p­pe­ments actuels dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses vont à l’en­cont­re de ces per­spec­ti­ves et des inten­ti­ons poli­ti­ques clai­res en la matiè­re : bien que la deman­de de trans­port de mar­chan­di­ses aug­men­te, le rail ne cesse de perd­re des parts de marché.

La liste des exemp­les néga­tifs est longue

La sup­pres­si­on pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) illus­tre par­fai­te­ment cette ten­dance à la baisse. Le 11 décembre 2025, celle-ci a effec­tué son der­nier tra­jet entre Fri­­bourg-en-Bris­­gau et Nova­ra (IT). La liste des exemp­les néga­tifs simi­lai­res est longue. Citons par exemp­le la sup­pres­si­on de huit ter­minaux pour le trans­port com­bi­né, les aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois dis­pro­por­ti­onnées pra­ti­quées par CFF Cargo en Suis­se ou les régle­men­ta­ti­ons dras­ti­ques et peu fon­dées de l’OFT à la suite de l’ac­ci­dent dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Tout aussi pré­oc­cu­p­an­te est la situa­ti­on désastreu­se de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re alle­man­de pour le trans­port com­bi­né tran­sal­pin non accom­pa­gné. Ces cas appa­rem­ment iso­lés s’ac­cu­mu­lent et con­dui­sent à un déclin insi­dieux et grave du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, et donc à un trans­fert des trans­ports de la voie fer­rée vers la route.

Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu

Cet affai­blis­se­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a éga­le­ment des con­sé­quen­ces gra­ves dans d’au­t­res domain­es. L’ob­jec­tif cli­ma­tique « zéro émis­si­on nette » de la Con­fé­dé­ra­ti­on devi­ent ainsi de plus en plus irré­a­lis­te. De même, la route a depuis long­temps att­eint ses limi­tes de capa­ci­té, comme en témoi­g­ne le nombre immense et expo­nentiel d’heu­res d’embouteillage : en 2024, il dépas­sait les 55 000 heu­res. Aucu­ne amé­lio­ra­ti­on n’est en vue. Au con­trai­re, car les élec­teurs ont clai­re­ment reje­té une aug­men­ta­ti­on de la capa­ci­té en novembre 2024.

Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle

De nombreu­ses initia­ti­ves visa­nt à con­trer ces ten­dan­ces néga­ti­ves sont réjouis­san­tes. Le pro­jet Cargo-S-Bahn de rXp Inter­re­gio­Car­go est l’une de ces lueurs d’e­s­poir. Il reprend les élé­ments éprou­vés du trans­port com­bi­né et éli­mi­ne les obs­ta­cles qui le frei­nent. Grâce à un sys­tème simp­le et bien pensé, cette alli­ance inter­sec­to­ri­el­le d’entre­pri­ses soli­des sou­hai­te trans­fé­rer le trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Dans le domaine du trans­port com­bi­né tran­sal­pin, on fait éga­le­ment de néces­si­té vertu : sous la direc­tion de l’OFT, on ras­sem­ble du per­son­nel trans­fron­ta­lier et on exami­ne des appro­ches inno­van­tes pour sur­mon­ter la situa­ti­on dif­fi­ci­le actu­el­le, carac­té­ri­sée par une infra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re déso­lan­te et des chan­tiers en per­spec­ti­ve en Alle­ma­gne. Il est posi­tif de voir com­ment les acteurs du sec­teur se ser­rent les cou­des et recher­chent des solu­ti­ons de maniè­re pragmatique.

Agir au lieu de capituler

Ulrich Maix­ner, direc­teur géné­ral de la socié­té de trans­port Hoyer, a récem­ment tiré une con­clu­si­on dra­ma­tique dans le jour­nal Zuger Zei­tung con­cer­nant la situa­ti­on du trans­port com­bi­né : « Nous som­mes au bord du gouf­fre ». La situa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se n’est pas enco­re aussi dra­ma­tique. Cepen­dant, le sec­teur ne peut pas se per­mett­re une deu­xiè­me année 2025 avec une accu­mu­la­ti­on simi­lai­re de mau­vai­ses nouvelles.

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Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Lors de sa séan­ce du 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a révi­sé le sou­ti­en finan­cier accor­dé par la Con­fé­dé­ra­ti­on au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se et au trans­port flu­vi­al de mar­chan­di­ses. La révi­si­on tota­le de l’or­don­nan­ce sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM) et d’au­t­res modi­fi­ca­ti­ons d’or­don­nan­ces ent­re­ront en vigueur le 1er jan­vier 2026.


Les enjeux:

  • La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises
  • Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement
  • Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC
  • Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations
  • CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises

Le 21 mars 2025, le Par­le­ment a adop­té la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) et lancé ainsi un ensem­ble com­plet de mesu­res visa­nt à ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le trans­port par wagons iso­lés (TWCI) béné­fi­ci­e­ra ainsi d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans et dev­rait deve­nir ren­ta­ble à moyen terme. Le Par­le­ment a all­oué 260 mil­li­ons de francs pour les quat­re pre­miè­res années. Il met en outre à dis­po­si­ti­on un mon­tant uni­que de 180 mil­li­ons de francs pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC).

Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement

La LTC pré­voit éga­le­ment des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment ainsi que des con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment. L’ob­jec­tif est d’en­cou­ra­ger le trans­port de mar­chan­di­ses par rail et le trans­bor­de­ment de mar­chan­di­ses entre le rail et d’au­t­res modes de trans­port. À par­tir de jan­vier 2026, la Con­fé­dé­ra­ti­on ver­se­ra des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment aux explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et d’in­stal­la­ti­ons de char­ge­ment du trans­port com­bi­né. Cel­­les-ci s’é­lè­vent à un mon­tant for­fai­taire de 40 francs pour chaque wagon char­gé reçu ou expé­dié. Au total, 50 mil­li­ons de francs sont dis­po­nibles chaque année à cet effet.

Le sou­ti­en finan­cier est limi­té à 8000 wagons par voie de rac­cor­de­ment. La limi­te infé­ri­eu­re pré­vue dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on a été sup­p­ri­mée sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on. Les petits et moy­ens char­geurs sont ainsi éga­le­ment inci­tés à recour­ir davan­ta­ge au rail.

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­te étendre la pro­mo­ti­on des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment par le biais de con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment et la sim­pli­fier sur le plan admi­nis­tra­tif. Il entend sou­te­nir davan­ta­ge les inves­tis­se­ments dans les sur­faces de trans­bor­de­ment et les élé­ments mobi­les des instal­la­ti­ons par le biais de con­tri­bu­ti­ons forfaitaires.

Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC

La DAC est un élé­ment important pour un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et plus pro­duc­tif. La Con­fé­dé­ra­ti­on verse des con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires par véhi­cu­le pour l’a­mé­nage­ment et la trans­for­ma­ti­on des wagons et des loco­mo­ti­ves. Cel­­les-ci s’é­lè­vent au total à 180 mil­li­ons de francs. Sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on, la Con­fé­dé­ra­ti­on a déci­dé de fixer le mon­tant for­fai­taire à 8000 francs par wagon, indé­pen­dam­ment de son âge.

Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations

Au cours de l’été 2025, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) a lancé un appel d’off­res pour le sou­ti­en finan­cier de pre­sta­ti­ons par­ti­el­les dans le cadre du sys­tème TWCI. À ce jour, seule CFF Cargo a répon­du à l’ap­pel d’off­res. D’ici fin 2025, l’OFT éla­bo­rera avec CFF Cargo une con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons pour le TWCI pour les années 2026 à 2029.

CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La OTM défi­nit le cadre et met à dis­po­si­ti­on les moy­ens finan­ciers néces­saires à une TWCI auto­no­me sur le plan finan­cier. L’ob­jec­tif est d’att­eind­re l’au­to­no­mie finan­ciè­re dans un délai de quat­re à huit ans grâce à une explo­ita­ti­on plus effi­cace et plus pro­duc­ti­ve de CFF Cargo, à des aug­men­ta­ti­ons de prix équi­li­brées pour les char­geurs et à des sub­ven­ti­ons dégres­si­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on. CFF Cargo a déjà tor­pil­lé ce pro­jet et les objec­tifs de la LTC avant même l’en­trée en vigueur des lois et ordon­nan­ces révi­sées, avec des aug­men­ta­ti­ons de prix att­eig­nant par­fois des pour­cen­ta­ges à deux chif­fres pour les chargeurs.

Une telle appro­che con­duit iné­vi­ta­blem­ent les char­geurs à ne plus trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses par le rail, mais par la route, notoire­ment encom­brée. Cet effet ne cor­re­spond cer­tai­ne­ment pas à l’in­ten­ti­on des respons­ables poli­ti­ques lors de l’ad­op­ti­on de la LTC. Il n’est donc pas sur­pren­ant que le Par­le­ment ait réagi avec la moti­on 25.4409 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog. La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons a adop­té la moti­on le 7 novembre 2025 par 5 voix cont­re 2 et une abstention.

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Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Le 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a publié le «Rap­port sur le trans­fert du tra­fic juil­let 2023 à juin 2025». Ce rap­port con­fir­me la situa­ti­on extrê­me­ment dif­fi­ci­le du tra­fic fer­ro­vi­ai­re com­bi­né de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. Le Con­seil fédé­ral entend con­trer ces évo­lu­ti­ons néga­ti­ves par diver­ses mesures.


Les enjeux:

  • Com­man­de de trans­fert obligatoire
  • Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui
  • Le Con­seil fédé­ral passe à l’action
  • Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

Com­man­de de trans­fert obligatoire

Avec le man­dat de trans­fert, la Suis­se dis­po­se d’un instru­ment uni­que, ancré dans la Con­sti­tu­ti­on. Celui-ci obli­ge les respons­ables poli­ti­ques à trans­fé­rer le tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. L’ob­jec­tif est de pro­té­ger les Alpes et de limi­ter le tra­fic poids lourds dans les val­lées alpines.

Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui

Mal­heu­reu­se­ment, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail n’a cessé de dimi­n­uer ces der­niè­res années. L’ob­jec­tif de trans­fert de 650 000 tra­jets de cami­ons à tra­vers les Alpes sera enco­re lar­ge­ment dépas­sé en 2024, avec 960 000 tra­jets. L’un des prin­ci­paux pro­blè­mes à l’o­ri­gi­ne de cette évo­lu­ti­on est l’é­tat déla­b­ré des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res dans les pays voi­sins, notam­ment en Alle­ma­gne. Bien que des mesu­res soi­ent pri­ses dans de nombreux end­roits pour remé­dier à ces pro­blè­mes, la moder­ni­sa­ti­on pré­vue dans les années à venir con­tin­uera de nuire à la fia­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Le Con­seil fédé­ral passe à l’action

Dans ce con­tex­te, ce n’est pas seu­le­ment l’é­co­no­mie du trans­port qui est mise à con­tri­bu­ti­on, mais aussi et sur­tout la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il est réjouis­sant de con­stater que le Con­seil fédé­ral s’en­ga­ge en faveur de voies d’ac­cès moder­nes et bien amé­na­gées vers les tun­nels de base des nou­vel­les lignes fer­ro­vi­ai­res à tra­vers les Alpes (NLFA). Il sou­hai­te éga­le­ment atté­nuer les effets néga­tifs de la sup­pres­si­on de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) par des inci­ta­ti­ons finan­ciè­res et trans­fé­rer les trans­ports con­cer­nés vers le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné. Il entend en outre s’en­ga­ger en faveur d’une moder­ni­sa­ti­on rapi­de de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re dans les pays voi­sins, de la mise en place d’i­tin­é­rai­res de con­tour­ne­ment per­for­mants et d’une coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le des travaux de con­s­truc­tion entre les dif­fér­ents acteurs.

Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

L’ob­jec­tif de trans­fert inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on est enco­re loin d’êt­re att­eint. Les rai­sons en sont mul­ti­ples. Elles tien­nent prin­ci­pa­le­ment à l’é­tat par­fois déplo­rable de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re en Alle­ma­gne, qui ent­raî­ne l’an­nu­la­ti­on de près d’un train sur cinq. Dans ce con­tex­te, il faut saluer le fait que le Con­seil fédé­ral se sai­sis­se de la ques­ti­on et pré­sen­te des solu­ti­ons concrètes.

Il res­te­ra tou­te­fois extrê­me­ment dif­fi­ci­le de main­te­nir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à un niveau dura­ble dans les années à venir, jus­qu’à ce que les infra­struc­tures étran­gè­res soi­ent moder­ni­sées. Face à ces défis, il est d’au­tant plus cru­cial que le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses se serre les cou­des et coopè­re étroi­te­ment tant sur le plan poli­tique qu’opé­ra­ti­on­nel. C’est la seule façon d’é­vi­ter d’au­t­res obs­ta­cles inutiles.

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CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

Avec la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), le Par­le­ment sou­hai­tait ren­forcer le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI). Avec sa poli­tique tarifai­re, CFF Cargo fait exac­te­ment le con­trai­re, et ce à toute vites­se. Et tout cela avant même que la loi révi­sée et l’or­don­nan­ce cor­re­spond­an­te n’ent­rent en vigueur.


Les enjeux:

  • Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route
  • Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés
  • Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement
  • Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question
  • Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route

Le 20 sep­tembre 2025, CFF Cargo a publié un com­mu­ni­qué qui inter­pel­le. Les respons­ables y évo­quent la pré­ser­va­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses respec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment et des emplois en Suis­se. Mal­heu­reu­se­ment, c’est actu­el­le­ment le con­trai­re qui se pro­duit. Au cours des der­niers mois, CFF Cargo a pro­cé­dé à des aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois exor­bi­tan­tes. Cela con­duit de nombreux cli­ents du sec­teur du trans­port à miser enco­re davan­ta­ge, voire exclu­si­ve­ment, sur le trans­port rou­tier à l’a­ve­nir. Cela est con­fir­mé par d’in­nom­bra­bles retours d’in­for­ma­ti­on des mem­bres de la VAP. Ceux-ci sont unani­mes : les char­geurs con­tin­uer­ai­ent à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’a­ve­nir, mais celui-ci n’est plus com­pé­ti­tif par rap­port au trans­port rou­tier comp­te tenu des prix exi­gés par CFF Cargo.

Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés

À l’o­ri­gi­ne, le Par­le­ment sou­hai­tait rend­re le TWCI auto­no­me finan­ciè­re­ment. Pour ce faire, celle-ci devait béné­fi­ci­er d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans, avec 260 mil­li­ons de francs suis­ses mis à dis­po­si­ti­on pour les quat­re pre­miè­res années. En outre, la Con­fé­dé­ra­ti­on a all­oué une aide uni­que de 180 mil­li­ons de francs suis­ses pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC) dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le che­min vers l’au­to­fi­nance­ment était envi­sa­gé comme suit : les char­geurs con­tri­buent par des aug­men­ta­ti­ons de prix modé­rées, CFF Cargo par une pro­duc­ti­vi­té et une effi­ca­ci­té accrues et la Con­fé­dé­ra­ti­on par un sou­ti­en tem­po­rai­re. La VAP et ses mem­bres aurai­ent appor­té leur con­tri­bu­ti­on ; les char­geurs aurai­ent été pour la plu­part prêts à payer ce prix pour un TWCI auto­no­me financièrement.

La réduc­tion du défi­cit de CFF Cargo se fait pres­que exclu­si­ve­ment au détri­ment des char­geurs. Pour la plu­part d’ent­re eux, il n’y a donc plus d’in­ci­ta­ti­on à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Cela ent­raî­ne une réduc­tion dras­tique des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res desti­nées au trans­port de mar­chan­di­ses. Comp­te tenu des inves­tis­se­ments initiaux éle­vés, ces ent­re­pri­ses ne dev­rai­ent plus jamais se tour­ner vers le rail à l’a­ve­nir, ce qui ent­raî­ne­ra un déman­tèle­ment dura­ble de le TWCI et donc du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment, cette réduc­tion irré­ver­si­ble des volu­mes de mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail sera visi­ble au plus tard dans quat­re ans.

Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement

Les déve­lo­p­pe­ments actuels ne cor­re­spon­dent pas à la volon­té du Par­le­ment. Ce der­nier sou­hai­tait ren­forcer e TWCI, notam­ment afin de faire pro­gresser la décar­bo­ni­sa­ti­on des trans­ports et d’att­eind­re l’ob­jec­tif de zéro émis­si­on nette d’ici 2050. Sans un TWCI per­for­mant, cet objec­tif s’é­loi­g­ne de plus en plus. Enfin, le rejet par le peu­ple de l’ex­ten­si­on de l’au­to­rou­te en novembre 2024 a éga­le­ment con­tri­bué à ce que l’ef­fondre­ment du réseau rou­tier ne puis­se être évité que si le plus grand nombre pos­si­ble de mar­chan­di­ses sont trans­por­tées par rail.

Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question

Il est réjouis­sant de con­stater que les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la ques­ti­on. Ainsi, la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog a dépo­sé le 25 sep­tembre 2025 la moti­on 25.4147 « Garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral pour le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses ». Cette moti­on deman­de que CFF Cargo ne puis­se plus aug­men­ter ses prix au-delà du taux d’in­fla­ti­on à par­tir de 2026. CFF Cargo dev­rait donc assurer sa ren­ta­bi­li­té prin­ci­pa­le­ment par une explo­ita­ti­on plus pro­duc­ti­ve et plus effi­cace, comme le pré­voy­a­it le Par­le­ment dans la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Mal­heu­reu­se­ment, CFF Cargo a entre-temps créé un fait accom­pli : une par­tie con­sidé­ra­ble de la cli­entèle de le TWCI s’est déjà détour­née du rail.

Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

La VAP appel­le le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment à mett­re immé­dia­te­ment un terme à la pra­tique de CFF Cargo con­sistant à aug­men­ter ses prix, en par­tie à deux chif­fres. Cette démar­che arbi­trai­re de CFF Cargo pous­se de plus en plus de char­geurs à délais­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re au pro­fit du trans­port rou­tier, ce qui va à l’en­cont­re de la volon­té poli­tique et des efforts de la Suis­se en matiè­re de décarbonisation.

 

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Ne pas mettre inutilement en péril le système de fret ferroviaire

Ne pas mettre inutilement en péril le système de fret ferroviaire

En août 2024, la Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons du Con­seil natio­nal a dépo­sé, par 13 voix cont­re 8 et 4 abst­en­ti­ons, la moti­on 24.3823 «Révi­si­on de la responsa­bi­li­té en matiè­re de ris­que des déten­teurs de wagons». La moti­on veut intro­dui­re une responsa­bi­li­té pour ris­que et une assu­rance obli­ga­toire pour les déten­teurs de wagons, y com­pris la fix­a­ti­on du mon­tant de la cou­ver­tu­re. Ceci au motif d’aug­men­ter la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le Con­seil natio­nal déb­at­tra de la moti­on le mardi 10 décembre 2024.

Les enjeux:

  • La moti­on est en con­tra­dic­tion avec le système
  • La moti­on n’augmente pas la sécurité
  • La moti­on tor­pil­le la poli­tique de trans­fert de la Suisse
  • La moti­on ent­raî­ne une iné­ga­li­té de traitement

 

La motion est en contradiction avec le système

Dans le sys­tème actuel, les déten­teurs de wagons sont respons­ables de l’im­ma­tri­cu­la­ti­on et de la main­ten­an­ce de ces der­niers. En cas de sinist­re, en pré­sence de défauts sur le wagon, ils sont pré­su­més cou­pa­bles et respons­ables du dom­mage s’ils ne peu­vent pas prou­ver qu’ils ont pris tou­tes les mesu­res de sécu­ri­té néces­saires. Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables de l’ex­plo­ita­ti­on et de la sécu­ri­té des trains/wagons, tan­dis que les déten­teurs de wagons n’exercent aucu­ne influence sur les con­trô­les de sécu­ri­té lors de l’uti­li­sa­ti­on opé­ra­ti­on­nel­le de leurs wagons. Une exten­si­on de la responsa­bi­li­té aux déten­teurs de wagons nui­rait for­te­ment à l’ef­fi­ca­ci­té et à la ren­ta­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et est donc en con­tra­dic­tion avec le système.

La motion n’augmente pas la sécurité

Une responsa­bi­li­té plus stric­te aug­men­te le coût du trans­port de mar­chan­di­ses et le rend plus com­pli­qué du fait que le trans­fert de wagons de mar­chan­di­ses entre dif­fér­ents domain­es de responsa­bi­li­té devi­ent plus com­ple­xe et plus coû­teux. De ce fait, la Suis­se dis­po­se d’un moins grand nombre de wagons, car la capa­ci­té des wagons en pro­ven­an­ce de l’étran­ger ferait défaut. Cela dimi­nue l’attrait du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et tor­pil­le la poli­tique de trans­fert de la Suis­se. En faisant cava­lier seul, la Suis­se sape le cadre régle­men­tai­re euro­pé­en éla­bo­ré et équi­li­bré au fil des décen­nies, et con­duit à une solu­ti­on iso­lée, pro­pre à la Suis­se. De plus, notre pays met ainsi en péril son rôle important dans le trans­port de mar­chan­di­ses euro­pé­en, ce qui men­ace fina­le­ment la sécu­ri­té de l’approvisionnement.

La motion torpille la politique de transfert de la Suisse

une responsa­bi­li­té plus stric­te aug­men­te le coût du trans­port de mar­chan­di­ses et le rend plus com­pli­qué du fait que le trans­fert de wagons de mar­chan­di­ses entre dif­fér­ents domain­es de responsa­bi­li­té devi­ent plus com­ple­xe et plus coû­teux. De ce fait, la Suis­se dis­po­se d’un moins grand nombre de wagons, car la capa­ci­té des wagons en pro­ven­an­ce de l’étran­ger ferait défaut. Cela dimi­nue l’attrait du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et tor­pil­le la poli­tique de trans­fert de la Suis­se. En faisant cava­lier seul, la Suis­se sape le cadre régle­men­tai­re euro­pé­en éla­bo­ré et équi­li­bré au fil des décen­nies, et con­duit à une solu­ti­on iso­lée, pro­pre à la Suis­se. De plus, notre pays met ainsi en péril son rôle important dans le trans­port de mar­chan­di­ses euro­pé­en, ce qui men­ace fina­le­ment la sécu­ri­té de l’approvisionnement.

La motion entraîne une inégalité de traitement

Des opé­ra­ti­ons iden­ti­ques – trac­ter des véhi­cu­les par un véhi­cu­le de trac­tion – ne sont pas trai­tées de la même maniè­re si la moti­on est adop­tée. Cela se pro­duit dans la rela­ti­on entre un trac­teur rou­tier et un train de mar­chan­di­ses, mais aussi dans la rela­ti­on entre un train de voy­a­ge­urs et un train de marchandises.

La moti­on 24.3823 «Révi­si­on de la responsa­bi­li­té en matiè­re de ris­que des déten­teurs de wagons» man­que donc sa véri­ta­ble cible. Elle est oné­reu­se pour tou­tes les par­ties con­cer­nées et réduit la com­pé­ti­ti­vi­té du rail par rap­port à la route. Le sys­tème actuel garan­tit déjà la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et offre les con­di­ti­ons-cad­res les plus effi­caces pour la poli­tique de trans­fert de la Suisse.

La CTT‑N renforce le fret ferroviaire grâce à une concurrence et une transparence accrues

La CTT‑N renforce le fret ferroviaire grâce à une concurrence et une transparence accrues

Dans le cadre de l’objet 24.0017, la com­mis­si­on d’examen pré­alable du Con­seil natio­nal (CTT‑N) deman­de à son con­seil d’entrer en matiè­re et d’approuver les cré­dits desti­nés au déploie­ment du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) ainsi que l’indemnisation limi­tée dans le temps du trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI) ainsi que la com­man­de du trans­port de mar­chan­di­ses. Elle effec­tue éga­le­ment quel­ques pré­cis­i­ons décisi­ves dans le texte de loi: la con­cur­rence doit être davan­ta­ge encou­ra­gée et des finance­ments croi­sés entre les pre­sta­ti­ons sub­ven­ti­onnées et cel­les auto­fi­nan­cées doi­vent être empê­chés en publi­ant des chif­fres-clés et des flux finan­ciers dans les rap­ports d’activité des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re. Par ail­leurs, la CTT‑N veut ancrer expres­sé­ment la navi­ga­ti­on inté­ri­eu­re dans le pro­jet de loi afin de créer davan­ta­ge de sécu­ri­té juridique.

En revan­che, l’objectif com­plé­té dans la loi d’augmenter la part du fret fer­ro­vi­ai­re est moins per­ti­nent. Ce mes­sa­ge dev­rait plu­tôt être adres­sé à la com­pa­gnie éta­tique CFF domi­nant le mar­ché qui con­ti­nue de chas­ser des trans­ports du rail de par sa poli­tique actu­el­le en matiè­re d’offre et de prix. Cela enterre la der­niè­re con­fi­ance des cli­ents dans la com­pé­ti­ti­vi­té et la volon­té des chem­ins de fer publics. En fait, les mesu­res pré­vues dans le pro­jet de loi sont plus effi­caces que des objec­tifs ambi­ti­eux: le fret fer­ro­vi­ai­re peut gagner des parts de mar­ché grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on pré­vue et à la muta­ti­on d’un sys­tème du 19e siè­cle vers le 21e siè­cle. L’encouragement désor­mais enco­re ren­for­cé de la con­cur­rence entre les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re, com­bi­né à l’indemnisation limi­tée dans le temps du TWCI pour­rait bien­tôt ent­raî­ner une offre élar­gie et des parts de mar­ché crois­san­tes pour le rail. Les pro­po­si­ti­ons de la CTT‑N, qui apportent des pré­cis­i­ons, dev­rai­ent à cet égard être bien plus effi­caces que des objec­tifs de trans­fert non con­traignants, qui sont en outre con­trai­res à la Constitution.

Mal­heu­reu­se­ment, les deman­des pour plus de trans­pa­rence et de con­cur­rence lors de la con­s­truc­tion et l’exploitation d’installations de trans­bor­de­ment n’ont pas trou­vé de majorité.

«Le transfert du trafic passe par la détermination de l’équipe dirigeante au plus haut niveau.»

«Le transfert du trafic passe par la détermination de l’équipe dirigeante au plus haut niveau.»

Le grou­pe Coop s’est enga­gé à rédui­re ses émis­si­ons de CO2. Un élé­ment cen­tral de cette stra­té­gie est le trans­fert du tra­fic sur le rail. Dani­el Hin­ter­mann, chef de la Direc­tion Logis­tique du grou­pe Coop, expli­que dans un ent­re­ti­en avec la VAP com­ment le grou­pe de com­mer­ce de détail et de gros par­vi­ent à réa­li­ser cela et quels sont les défis à rele­ver dans ce contexte.

 

VAP: Mon­sieur Hin­ter­mann, com­ment le grou­pe Coop est-il par­venu à trans­fé­rer deux tiers de la part du trans­port entre les cen­tra­les de dis­tri­bu­ti­on sur le rail? 

Dani­el Hin­ter­mann: C’est un pro­ces­sus qui a duré plu­s­ieurs années et qui a été lancé en 2010 par la décis­i­on de rache­ter une ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re. Nous avons ainsi repris la socié­té Rail­ca­re AG en tant que filia­le à 100 %. Nous avons inté­g­ré la peti­te ent­re­pri­se de trans­port fer­ro­vi­ai­re dans l’univers logis­tique de Coop étape par étape. Aujourd’hui, Rail­ca­re fait par­tie inté­gran­te de la chaî­ne de trans­port qui des­sert l’ensemble de notre grou­pe. Elle nous per­met de con­tin­uer à aug­men­ter la part du trans­port ferroviaire.

Com­ment se fait-il que le grou­pe Coop devi­en­ne pro­prié­tai­re de sa pro­pre ent­re­pri­se de trans­port ferroviaire?

En 2008, Coop a mis au point sa visi­on de la neu­tra­li­té car­bo­ne et sa stra­té­gie de cen­tra­li­sa­ti­on de la logis­tique et de la pro­duc­tion. Pour att­eind­re les objec­tifs fixés, nous avons cher­ché de nou­vel­les appro­ches en matiè­re de logis­tique de trans­port. Le con­cept sur lequel repo­sait Rail­ca­re à l’époque cor­re­spon­dait à ces approches.

Quel­le part de trans­port fer­ro­vi­ai­re vous pro­po­sez-vous d’atteindre?

Nous pou­vons ima­gi­ner faire pas­ser la part du rail dans le tra­fic de liv­rai­son suis­se – c’est-à-dire les acti­vi­tés en aval – des 40 % actuels à 50 %. Pour le tra­fic en amont en pro­ven­an­ce d’Europe et de Suis­se, nous voy­ons un potentiel simi­lai­re. Pour att­eind­re ces objec­tifs, nous devons nous enga­ger dans un pro­ces­sus de trans­fert exi­geant qui durera plu­s­ieurs années.

Que con­seil­lez-vous aux aut­res ent­re­pri­ses qui sou­hai­tent trans­fé­rer le trans­port de la route sur le rail? 

À mon avis, il faut que l’équipe diri­ge­an­te au plus haut niveau soit déter­mi­née à trans­fé­rer acti­ve­ment le trans­port. Cela passe par un haut degré de stan­dar­di­s­a­ti­on de l’équipement ainsi que par une étroi­te inter­con­ne­xi­on des pro­ces­sus entre le char­geur et l’entreprise ferroviaire.

Com­ment se pré­sen­te la col­la­bo­ra­ti­on entre le grou­pe Coop et la VAP? 

Cela fait de nombreu­ses années que Coop est membre de la VAP. Nous avons pu comp­ter à plu­s­ieurs repri­ses sur le sou­ti­en pro­fes­si­on­nel de la VAP, notam­ment pour ce qui est des sys­tè­mes con­trac­tuels, des sui­vis de pro­jet ou des recom­man­da­ti­ons tech­ni­ques en matiè­re de voies de raccordement.

Quels sont à vos yeux les points forts de la VAP? 

Parmi les prin­ci­paux atouts de la VAP, il y a ses con­nais­sances sur la maniè­re de con­ce­voir des cont­rats judi­cieux et sur les règle­ments en vigueur. Nous appré­ci­ons le fait que les respons­ables soi­ent joi­gn­ables à tout moment et faci­le­ment, qu’ils aient une appro­che prag­ma­tique et pro­po­sent des solu­ti­ons pra­ti­ques et réalisables.

Com­ment décr­i­riez-vous la VAP? 

Pour le grou­pe Coop en tant que char­geur, la VAP est une pla­te­for­me de con­nais­sances cru­cia­le sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises. 

À qui con­seil­le­riez-vous de col­la­bo­rer avec la VAP? 

À tous les char­geurs qui trans­portent ou sou­hai­tent dans l’avenir trans­por­ter des mar­chan­di­ses par le train.

Où voyez-vous le beso­in le plus urgent d’agir dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises? 

Dans la digi­ta­li­sa­ti­on de l’ensemble de la chaî­ne de trans­port. Il est urgent d’automatiser le der­nier kilo­mèt­re et le tra­fic de manœuvre. 

Que sou­hai­tez-vous pour l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suisse? 

Je sou­hai­te que le fret fer­ro­vi­ai­re devi­en­ne dura­blem­ent com­pé­ti­tif. Pour ce faire, il doit mett­re suf­fi­sam­ment de sil­lons à la dis­po­si­ti­on des ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Enfin, j’aimerais voir davan­ta­ge d’énergie dans les chan­ge­ments de pro­ces­sus, par exemp­le quand il s’agit de modi­fier les flux de trafic.

Qu’est-ce qui n’a pas enco­re été dit? 

Nous con­sta­tons une ten­dance à la sur­rè­gle­men­ta­ti­on et à la tech­no­cra­tie dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Cela ne rend les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re ni plus sûres, ni plus com­pé­ti­ti­ves. Les acteurs con­cer­nés dev­rai­ent unir leurs forces pour lut­ter cont­re cette évolution.

 

Merci, Mon­sieur Hin­ter­mann, pour cet ent­re­ti­en intéressant.

 

Dani­el Hin­ter­mann est depuis 2017 chef de la Direc­tion Logis­tique et membre de la direc­tion du grou­pe Coop. Sa longue car­ri­è­re chez Coop a com­men­cé en 2001 chez Inter­dis­count, où il est devenu en 2010 chef de la région logis­tique Suis­se du Nord-Ouest. Licen­cié en ges­ti­on d’entreprise, il a fait ses pre­miè­res expé­ri­en­ces dans le domaine du con­seil en entreprise.

Le grou­pe Coop est la plus gran­de ent­re­pri­se de com­mer­ce de détail et de gros de Suis­se. Il emploie 94 790 salarié·e·s – dont 3417 apprenti·e·s – et pos­sè­de 2633 points de vente ou magasins en Suis­se et en Euro­pe. Son pre­mier pilier est le com­mer­ce de détail avec les superm­ar­chés Coop et de nombreux for­mats spé­cia­li­sés en Suis­se, le second étant le com­mer­ce inter­na­tio­nal de gros et la production.

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