La VAP promouvoit le fret ferroviaire.


 

Vers le rapport

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Transport ferroviaire de marchandises : les responsables politiques sous pression

Transport ferroviaire de marchandises : les responsables politiques sous pression

À peine six mois après l’entrée en vigueur de la loi révi­sée sur le trans­port de mar­chan­di­ses, l’évolution du tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ramè­ne une nou­vel­le fois les respons­ables poli­ti­ques sur le devant de la scène. La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons du Con­seil natio­nal (CTT‑N) a orga­ni­sé cette semaine une audi­tion con­s­acrée aux déve­lo­p­pe­ments actuels en matiè­re de trans­fert modal. Pour la VAP, cette audi­tion arri­vait à point nommé. Au sein du TWCI notam­ment, le mécon­ten­te­ment du sec­teur est immense, la frus­tra­ti­on portant essen­ti­el­le­ment sur la forte hausse des prix, accom­pa­gnée d’une baisse de la qua­li­té et de l’offre, ainsi que sur le man­que d’orientation cli­ent de CFF Cargo. Les respons­ables poli­ti­ques sont invi­tés à ne plus res­ter les bras croi­sés face à cette situation.

La loi révi­sée sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) et sa mise en œuvre ont été mal­me­n­ées dès le départ. Ainsi, les haus­ses de prix par­fois con­sidé­ra­bles pra­ti­quées par CFF Cargo, avant même l’entrée en vigueur de la loi, ont sus­ci­té un vif mécon­ten­te­ment au sein du sec­teur. C’est déjà à ce moment-là que les respons­ables poli­ti­ques sont inter­ve­nus pour la pre­miè­re fois. Entre-temps, la poli­tique tarifai­re de CFF Cargo sus­ci­te une véri­ta­ble frus­tra­ti­on au sein du sec­teur, ce qui a pour con­sé­quence que les char­geurs cher­chent, dans la mesu­re du pos­si­ble, à trans­fé­rer leurs mar­chan­di­ses vers la route. Cette évo­lu­ti­on est alar­man­te et il est tout à fait logi­que que les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de cette ques­ti­on de toute urgence. En effet, le véri­ta­ble dan­ger rési­de dans le fait que le recul du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne se reflé­te­ra dans les chif­fres qu’avec un cer­tain retard. Là où les char­geurs n’ont pas d’alternatives à court terme, les trans­ports con­cer­nés restent sur le rail – mais par­al­lè­le­ment, dès que pos­si­ble, on trans­fè­re le tra­fic vers la route et on réo­ri­en­te les inves­tis­se­ments vers les infra­struc­tures rou­tiè­res. Une fois cette étape fran­chie, pra­ti­quement aucu­ne ent­re­pri­se n’investira à nou­veau dans des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res – le train sera alors lit­té­ra­le­ment parti. 

Une telle ori­en­ta­ti­on ne serait rien d’autre qu’un déman­tèle­ment du TWCI cofi­nan­cé par l’argent des con­tri­bu­ables. La VAP s’y oppo­se fer­me­ment. Les respons­ables poli­ti­ques sont désor­mais au cou­rant de la situa­ti­on et doi­vent cor­ri­ger la mise en œuvre de la loi LTM par des mesu­res effi­caces. L’objectif du sou­ti­en public était de ren­forcer un trans­port de mar­chan­di­ses dura­ble par rail – et non de rédui­re l’offre, la con­fi­ance et la satis­fac­tion des cli­ents. Si la poli­tique de réduc­tion actu­el­le­ment menée par CFF Cargo est main­te­nue, le VAP esti­me que l’utilisation de fonds publics ne se jus­ti­fie plus.

Des garan­ties trop cour­tes con­cer­nant les pre­sta­ti­ons de manœu­vre faus­sent la concurrence

En dehors du TWCI éga­le­ment, les obs­ta­cles se mul­ti­pli­ent – notam­ment en ce qui con­cer­ne les trains com­plets ou le trans­port com­bi­né. Les nou­vel­les règles de CFF Cargo, tel­les que la règle des 48 heu­res pour les pre­sta­ti­ons de manœu­vre, com­pli­quent con­sidé­ra­blem­ent la pla­ni­fi­ca­ti­on pour les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res pri­vées (EF) et les char­geurs. Lors­que CFF Cargo, en tant qu’opérateur domi­nant sur le mar­ché, ne garan­tit de maniè­re ferme aux EF pri­vées les pre­sta­ti­ons de manœu­vre sur le pre­mier et le der­nier kilo­mèt­re qu’à court terme, cela ent­raî­ne des désa­van­ta­ges con­cur­rentiels con­sidé­ra­bles pour ces der­niè­res. Il devi­ent ainsi de plus en plus dif­fi­ci­le pour les EF pri­vées et les char­geurs de mett­re en place des off­res fia­bles ou de main­te­nir les liai­sons existan­tes. Une con­cur­rence loya­le est ainsi ren­due impossible.

Le VAP ne lâche pas prise

Face à ces défis et à ces pro­blè­mes, le VAP se féli­ci­te vive­ment que les respons­ables poli­ti­ques se pen­chent de toute urgence sur ces ques­ti­ons et exami­nent des mesu­res effi­caces. Rétroac­ti­ve­ment, le statu quo ris­quer­ait d’avoir des con­sé­quen­ces désastreu­ses pour la place éco­no­mi­que suis­se. Et tout cela à une épo­que où les atouts de l’UMS, notam­ment en matiè­re d’objectifs cli­ma­ti­ques, d’efficacité de l’utilisation des sols ou de sécu­ri­té d’approvisionnement, dev­rai­ent être plus que jamais mis en avant.

Ces thè­mes revêtent la plus haute prio­ri­té pour le VAP. Dans ce con­tex­te, ce n’est pas seu­le­ment l’été qui s’annonce chaud, mais aussi les débats à venir sur ces sujets. En tant que VAP, nous ne lais­se­rons pas ces mois d’été pas­ser inu­tile­ment, mais nous reste­rons sur le coup en pro­po­sant régu­liè­re­ment des ana­ly­ses sur ces thèmes.

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Forum fret 2026: la branche reste pragmatique

Forum fret 2026: la branche reste pragmatique

Le 12 mai 2026, quel­que 120 repré­sen­tan­tes et repré­sen­tants du sec­teur se sont réunis à l’occasion du Forum fret 2026 de l’Association des char­geurs (VAP) au Glo­cken­hof à Zurich. Au cent­re des dis­cus­sions: com­ment main­te­nir la per­for­mance et la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se mal­gré une pres­si­on croissante.

En bref:

  • La com­pé­ti­ti­vi­té devi­ent la ques­ti­on clé
  • L’analyse de scé­na­ri­os met en évi­dence un beso­in d’agir
  • Poli­tique, auto­ri­tés et bran­che en dialogue
  • Les inno­va­tions font par­tie de la solution
  • Entre réa­li­té et nou­vel élan

Au cœur du forum figu­rait la ques­ti­on de savoir com­ment le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se peut res­ter per­for­mant et com­pé­ti­tif mal­gré la hausse des coûts, la baisse de la fia­bi­li­té, les gou­lets d’étranglement de capa­ci­té et les incer­ti­tu­des per­sistan­tes liées aux ques­ti­ons de responsa­bi­li­té. La jour­née a mon­tré que la bran­che con­ti­nue à faire avan­cer le rail avec exper­ti­se, enga­ge­ment et appro­ches innovantes.

La com­pé­ti­ti­vi­té devi­ent la ques­ti­on clé

En ouver­tu­re, le direc­teur de la VAP, Simon Wey, a dres­sé un état des lieux de la situa­ti­on actu­el­le. Le fret fer­ro­vi­ai­re est con­fron­té à plu­s­ieurs défis simul­ta­nés: dans le tra­fic tran­sal­pin, le nombre de tra­jets en cami­on aug­men­te, tan­dis que dans le tra­fic par wagons iso­lés, la baisse de fia­bi­li­té, la hausse des coûts et les réduc­tions d’offre fra­gi­li­sent la con­fi­ance de nombreux char­geurs. À cela s’ajoutent d’importants chan­tiers à l’étranger, des exi­gen­ces régle­men­tai­res décou­lant de l’accident du tun­nel de base du Got­hard ainsi que de nou­vel­les incer­ti­tu­des liées aux ques­ti­ons de responsabilité.

Le pro­blè­me ne rési­de pas dans un seul élé­ment, mais bien dans l’accumulation de ces évo­lu­ti­ons. Cel­les-ci affai­blis­sent pro­gres­si­ve­ment la com­pé­ti­ti­vi­té du rail et aug­men­tent le ris­que d’un trans­fert dura­ble des tra­fics vers la route. Du point de vue de la VAP, des con­di­ti­ons­c­ad­res fia­bles, davan­ta­ge de con­cur­rence et un rappro­che­ment des acteurs du sec­teur sont néces­saires afin de ren­forcer le fret ferroviaire.

Une ana­ly­se de scé­na­ri­os mont­re la néces­si­té d’agir

L’«Analyse de scé­na­ri­os du fret fer­ro­vi­ai­re» éla­bo­rée par INFRAS a four­ni une base de dis­cus­sion soli­de. Anne Grei­nus d’INFRAS a mon­tré que la pre­sta­ti­on de trans­port sur rail a dimi­n­ué de 11 % entre 2000 et 2025, tan­dis que la part moda­le du rail est pas­sée de 42 à 37 %. Le tra­fic inté­ri­eur et en par­ti­cu­lier le tra­fic par wagons iso­lés ont été for­te­ment tou­chés, avec une baisse mar­quée des volu­mes depuis 2008.

L’enquête menée auprès des mem­bres de la VAP mont­re tou­te­fois que de nombreux char­geurs sou­hai­tent con­tin­uer à miser sur le rail. Le recul obser­vé ne tra­duit donc que par­ti­el­le­ment un man­que de deman­de ou une perte de con­fi­ance envers le trans­port fer­ro­vi­ai­re. Les retours des ent­re­pri­ses mont­rent avant tout qu’elles ont beso­in d’offres fia­bles, de trans­ports pla­ni­fia­bles, de prix com­pé­ti­tifs et de responsa­bi­li­tés clai­re­ment défi­nies. Là où ces con­di­ti­ons ne sont plus réunies, la pres­si­on sur le fret fer­ro­vi­ai­re aug­men­te — même lors­que les ent­re­pri­ses sou­hai­tent fon­da­men­ta­le­ment con­tin­uer à uti­li­ser ce mode de transport.

Voici la pré­sen­ta­ti­on d’Anne Greinus.

Poli­tique, auto­ri­tés et bran­che en dialogue

Les deux tables ron­des de la mati­née ont mon­tré à quel point les con­di­ti­ons-cad­res poli­ti­ques sont étroi­te­ment liées aux pré­oc­cu­pa­ti­ons du ter­rain. Lors de la pre­miè­re dis­cus­sion, le pré­si­dent de la VAP et con­seil­ler aux États Josef Ditt­li ainsi que Mar­tin von Känel, direc­teur sup­p­lé­ant de l’Office fédé­ral des trans­ports, ont échan­gé sous la modé­ra­ti­on d’Andy Mül­ler sur la poli­tique suis­se de trans­fert modal et l’avenir du fret ferroviaire.

Il est appa­ru que les objec­tifs poli­ti­ques sont clairs, mais que leur mise en œuvre reste exi­ge­an­te et labo­rieu­se. Mar­tin von Känel a souli­g­né que la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses avait créé les con­di­ti­ons-cad­res néces­saires et qu’il appar­te­nait désor­mais à la bran­che de les uti­li­ser. Josef Ditt­li a pour sa part aver­ti qu’un appel à des sub­ven­ti­ons per­ma­nen­tes pour­rait se ren­forcer si le tra­fic par wagons iso­lés ne par­ve­nait pas à deve­nir éco­no­mi­quement auto­no­me mal­gré les aides accordées.

Le duo a éga­le­ment débat­tu de maniè­re con­tro­ver­sée des mesu­res de sécu­ri­té ren­for­cées déci­dées par l’OFT après l’accident du tun­nel de base du Got­hard. Le pré­si­dent de la VAP a rap­pelé que les mesu­res de sécu­ri­té sont importan­tes, mais qu’elles ne doi­vent pas «uni­quement rédui­re la com­pé­ti­ti­vi­té du rail», tout en devant appor­ter une con­tri­bu­ti­on démon­tra­ble à la sécurité.

La deu­xiè­me table ronde a appor­té la per­spec­ti­ve de la pra­tique. Anne Grei­nus, Mar­tin Hal­ler de Plan­zer, Nico­las Herold de Syn­gen­ta et Bern­hard Kunz de Hupac ont mis en lumiè­re, sous dif­fér­ents angles, les con­sé­quen­ces d’une nou­vel­le perte d’importance du rail pour la logis­tique, l’industrie et la sécu­ri­té d’approvisionnement. Les dis­cus­sions se sont con­cen­trées sur les expé­ri­en­ces du mar­ché: le man­que de pla­ni­fi­ca­ti­on, les pro­blè­mes de qua­li­té et la hausse des coûts ren­dent pro­gres­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re moins attrac­tif. Les par­ti­ci­pan­ts ont éga­le­ment reg­ret­té que de nombreux pro­jets inno­vants ne dépas­sent pas le stade pilote.

La mati­née s’est con­clue par un bref ent­re­ti­en avec Alex­an­der Muhm, CEO de CFF Cargo. L’échange avec Andy Mül­ler a porté sur l’orientation future de CFF Cargo, l’importance du tra­fic par wagons iso­lés ainsi que les con­tro­ver­ses autour des ques­ti­ons de responsa­bi­li­té. Alex­an­der Muhm s’est décla­ré ouvert à recon­sidé­rer les règles de responsa­bi­li­té pré­vues en faveur d’une solu­ti­on sec­to­ri­el­le har­mo­ni­sée à l’échelle euro­pé­en­ne. Il est désor­mais essentiel de mett­re en place un pro­ces­sus struc­tu­ré impli­quant l’ensemble des acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re afin d’élaborer cette solution.

Les inno­va­tions comme par­tie de la solution

L’après-midi a mon­tré que la bran­che du fret fer­ro­vi­ai­re ne se limi­te pas à con­stater les pro­blè­mes, mais débat avec un fort enga­ge­ment d’approches con­crè­tes en matiè­re d’innovation. Thors­ten Bie­ker de CAAP a pré­sen­té des solu­ti­ons de char­ge­ment entiè­re­ment auto­ma­ti­sées ainsi que de nou­vel­les per­spec­ti­ves pour le trans­port de CO₂ par rail. Frank Petut­s­ch­nig du VPI Autri­che et Mar­tin Deusch de l’association pro­fes­si­on­nel­le des chem­ins de fer de la Chambre éco­no­mi­que autri­chi­en­ne ont pré­sen­té l’initiative «natu­rail», démon­trant com­ment une mar­que com­mu­ne et un rappro­che­ment de la bran­che peu­vent ren­forcer l’image publi­que du fret ferroviaire.

D’autres impul­si­ons sont venues de Beat Weg­mül­ler de rXp Inter­re­gio Cargo GmbH, qui a pré­sen­té un modè­le d’exploitation pour les cour­tes et moy­ennes distances. Jas­min Big­don a expli­qué pour­quoi les inno­va­tions pro­gres­sent sou­vent len­te­ment dans le fret fer­ro­vi­ai­re: des struc­tures frag­men­tées, l’absence de stan­dards et une com­ple­xi­té inu­tile com­pli­quent la mise en œuvre. D’où l’importance de défi­nir des prio­ri­tés clai­res, de ren­forcer l’automatisation et de déve­lo­p­per des solu­ti­ons numé­ri­ques apportant une réel­le valeur ajou­tée au quotidien.

Voici les pré­sen­ta­ti­ons de l’après-midi.

Entre réa­li­té et nou­vel élan

Le Forum fret 2026 a dres­sé un tableau nuan­cé du fret fer­ro­vi­ai­re. Celui-ci subit une forte pres­si­on en rai­son des pro­blè­mes de qua­li­té, du man­que de pla­ni­fi­ca­ti­on et des coûts éle­vés. Mais il est éga­le­ment appa­ru clai­re­ment que la bran­che cher­che des solu­ti­ons, déve­lo­p­pe de nou­vel­les appro­ches et se mont­re prête à ren­forcer la collaboration.

La jour­née ne s’est pas ter­mi­née sur une répon­se simp­le, mais sur un mes­sa­ge clair: le fret fer­ro­vi­ai­re a un ave­nir. À con­di­ti­on de réus­sir à rega­gner la con­fi­ance, à ren­forcer la com­pé­ti­ti­vi­té et à con­cré­ti­ser les inno­va­tions dans la pra­tique quotidienne.

Réorientation du trafic par wagons complets isolés: la VAP demande de la transparence et de la sécurité de planification

Réorientation du trafic par wagons complets isolés: la VAP demande de la transparence et de la sécurité de planification

CFF Cargo entend réo­ri­en­ter le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à par­tir de décembre 2026 au moyen d’un nou­veau modè­le de pro­duc­tion. La VAP salue l’engagement en faveur du tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais deman­de une mise en œuvre trans­pa­ren­te et com­pa­ti­ble avec les beso­ins de la bran­che. Il est essentiel que les char­geurs con­cer­nés puis­sent con­tin­uer à uti­li­ser des solu­ti­ons fer­ro­vi­ai­res fia­bles et éco­no­mi­quement viables.

CFF Cargo a com­mu­ni­qué aujourd’hui la maniè­re dont elle entend réo­ri­en­ter le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à par­tir de décembre 2026 au moyen d’un nou­veau modè­le de pro­duc­tion. L’Association des char­geurs (VAP) salue sur le prin­ci­pe le fait que CFF Cargo n’abandonne pas le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais sou­hai­te le main­te­nir et le ren­forcer éco­no­mi­quement en tant qu’élément important de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses en Suis­se. Pour l’économie char­geu­se en par­ti­cu­lier, le tra­fic par wagons com­plets iso­lés reste un élé­ment cen­tral d’un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses per­for­mant, rési­li­ent et respec­tueux du climat.

La sup­pres­si­on de points de des­ser­te soulè­ve des questions
La réo­ri­en­ta­ti­on com­mu­ni­quée aujourd’hui soulè­ve tou­te­fois des ques­ti­ons essen­ti­el­les. CFF Cargo annon­ce notam­ment qu’elle ne des­ser­vi­ra plus à l’avenir envi­ron 50 des quel­que 280 points de des­ser­te actuels dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, tout en affir­mant pou­voir con­tin­uer à trans­por­ter 98% des volu­mes actuels. Du point de vue de la VAP, cette affir­ma­ti­on néces­si­te des expli­ca­ti­ons. Si des points de des­ser­te dis­pa­rais­sent, les char­geurs con­cer­nés se trou­vent con­crè­te­ment con­fron­tés à la ques­ti­on de savoir com­ment leurs tra­fics pour­ront con­tin­uer à être ache­mi­nés par le rail de maniè­re pra­ti­ca­ble, pla­ni­fia­ble et éco­no­mi­quement via­ble – ou si, dans les faits, un trans­fert vers la route menace.

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est déjà sous pression
Les chif­fres mont­rent à quel point la situa­ti­on de départ est déjà exi­ge­an­te aujourd’hui. L’analyse pré­sen­tée par INFRAS lors du Forum Fret fer­ro­vi­ai­re 2026 mont­re que la pre­sta­ti­on de trans­port dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a reculé de 11% entre 2000 et 2025, tan­dis que la part du rail dans le trans­port ter­rest­re est pas­sée de 42% en 2000 à 37% en 2024. La pres­si­on est par­ti­cu­liè­re­ment forte dans le tra­fic par wagons com­plets, qui a reculé de 36% depuis 2008.

Les retours de la bran­che sont eux aussi clairs. Dans l’enquête menée par INFRAS sur man­dat de la VAP, la hausse des coûts et des prix est citée comme le prin­ci­pal défi pour le rail. Le trans­fert de responsa­bi­li­té vers les cli­ents et les coûts sup­p­lé­men­tai­res qui en décou­lent sont éga­le­ment très sou­vent men­ti­onnés comme une char­ge. De nombreu­ses ent­re­pri­ses s’attendent en outre à une nou­vel­le baisse du volu­me de trans­port par le rail à court ou moyen terme.

Des signaux con­tra­dic­toires de la part de CFF Cargo
Dans ce con­tex­te, il est con­tra­dic­toire que CFF Cargo veuille, d’une part, ren­forcer le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais dété­rio­re, d’autre part, les con­­di­­ti­ons-cad­­res pour les char­geurs et les déten­teurs de wagons par dif­fé­ren­tes mesu­res. Il s’agit notam­ment du trans­fert de responsa­bi­li­té prévu vers les cli­ents, com­bi­né à la réduc­tion de l’offre de wagons de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à CFF Cargo, ainsi que de la limi­ta­ti­on des points de des­ser­te. Qui­con­que veut ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne doit pas, dans le même temps, impo­ser aux char­geurs des ris­ques sup­p­lé­men­tai­res, des coûts plus éle­vés et une marge de manœu­vre réduite.

La VAP deman­de une mise en œuvre transparente
La VAP deman­de donc à CFF Cargo une mise en œuvre trans­pa­ren­te, ori­en­tée vers les cli­ents et com­pa­ti­ble avec les beso­ins de la bran­che de la réo­ri­en­ta­ti­on annon­cée. Ce qui est déter­mi­nant n’est pas seu­le­ment de savoir si, sta­tis­ti­quement, 98% des volu­mes actuels peu­vent être main­te­nus, mais aussi si les ent­re­pri­ses con­cer­nées pour­ront con­tin­uer à ache­mi­ner leurs tra­fics con­crets par le rail de maniè­re fia­ble, éco­no­mi­quement via­ble et sans obs­ta­cles supplémentaires.

Du point de vue de la VAP, il faut donc:

  • une com­mu­ni­ca­ti­on trans­pa­ren­te sur les alter­na­ti­ves fer­ro­vi­ai­res con­crè­tes dont dis­po­sent les char­geurs con­cer­nés par la fer­me­tu­re de points de desserte;
  • des solu­ti­ons réa­lis­tes pour les petits et moy­ens char­geurs, qui ne peu­vent pas sim­ple­ment se rab­att­re sur des trains complets;
  • un renon­ce­ment immé­di­at à des char­ges supplémentaires.

La Suis­se s’est clai­re­ment enga­gée sur le plan poli­tique en faveur du ren­force­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour que cet objec­tif pro­dui­se ses effets, l’offre, la qua­li­té, le prix et la fia­bi­li­té doi­vent aller de pair. La réo­ri­en­ta­ti­on du tra­fic par wagons com­plets iso­lés ne doit donc pas ent­raî­ner un recul du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses tel que les char­geurs con­cer­nés ne puis­sent plus uti­li­ser de solu­ti­ons fer­ro­vi­ai­res fia­bles et éco­no­mi­quement viables.

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Accord sur les transports terrestres: exploiter les marges de manœuvre dans la mise en œuvre en Suisse

Accord sur les transports terrestres: exploiter les marges de manœuvre dans la mise en œuvre en Suisse

Avec les Bila­té­ra­les III, l’accord sur les trans­ports ter­res­tres est éga­le­ment déve­lo­p­pé. Qu’est-ce que cela signi­fie pour le fret fer­ro­vi­ai­re? Des élé­ments cen­traux ont pu être pré­ser­vés, tout en lais­sant sub­sis­ter des beso­ins d’action dans cer­ta­ins domain­es. Il s’agit désor­mais d’exploiter de maniè­re ciblée les mar­ges de manœu­vre restan­tes dans la mise en œuvre en Suisse.

Les accords bila­té­raux con­sti­tu­ent le fon­de­ment des rela­ti­ons éco­no­mi­ques entre la Suis­se et l’Union euro­pé­en­ne. Avec les Bila­té­ra­les III, cette appro­che est déve­lo­p­pée et com­plé­tée par un nou­veau cadre insti­tu­ti­on­nel visa­nt à sta­bi­li­ser les accords existants et à garan­tir leur évo­lu­ti­on. Cette évo­lu­ti­on con­cer­ne éga­le­ment l’accord sur les trans­ports ter­res­tres, qui con­sti­tue la base du tra­fic trans­fron­ta­lier par rail et par route.

Le fret fer­ro­vi­ai­re (FF) est enco­re plus que le tra­fic voy­a­ge­urs orga­ni­sé à l’échelle trans­fron­ta­liè­re et inté­g­ré dans un mar­ché euro­pé­en. Un cadre régle­men­tai­re sta­ble et fia­ble dans les rela­ti­ons avec l’UE est donc une con­di­ti­on indis­pensable au bon fon­c­tion­ne­ment du FF. Les mesu­res uni­la­té­ra­les ne met­tent pas seu­le­ment en péril l’interopérabilité, elles affai­blis­sent éga­le­ment le niveau de sécu­ri­té en cré­ant des inter­faces sup­p­lé­men­tai­res. Dans ce con­tex­te, les résul­tats des négo­cia­ti­ons entre la Suis­se et l’UE dans le domaine de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres sont glo­ba­le­ment posi­tifs du point de vue de la VAP. Dans plu­s­ieurs domain­es cen­traux, des résul­tats importants ont pu être obte­nus en faveur du FF.

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se reste glo­ba­le­ment intact
Les acquis essentiels du sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se sont pré­ser­vés. Ainsi, la prim­au­té du cadence­ment suis­se a pu être garan­tie, ce qui per­met de con­tin­uer à attri­buer les capa­ci­tés de maniè­re coor­don­née dans le sys­tème existant. Il est en outre garan­ti que les trains nati­on­aux de mar­chan­di­ses et de voy­a­ge­urs con­ser­vent leur prio­ri­té. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment important dans le con­tex­te du déve­lo­p­pe­ment du tra­fic inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs, afin d’éviter que les tra­fics existants ne soi­ent évin­cés ou relé­gués au second plan. Tout comme le tra­fic voy­a­ge­urs, le fret fer­ro­vi­ai­re dépend de sil­lons fia­bles et pla­ni­fia­bles, d’autant plus que le tra­fic voy­a­ge­urs est déjà prio­ri­taire en Suisse.

Poli­tique de trans­fert maintenue
Du point de vue du rail, il est éga­le­ment posi­tif que des élé­ments cen­traux de la poli­tique suis­se de trans­fert aient pu être pré­ser­vés. La RPLP (rede­van­ce sur le tra­fic des poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons) demeu­re ainsi un instru­ment de pilo­ta­ge cen­tral. L’interdiction de cir­cu­ler la nuit et le diman­che pour les poids lourds ainsi que l’interdiction du cabo­ta­ge sont éga­le­ment main­te­nues. Cette der­niè­re empê­che une inten­si­fi­ca­ti­on de la con­cur­rence sur la route et donc une pres­si­on accrue sur les prix au détri­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Avec le main­ti­en de la limi­te des 40 ton­nes pour les poids lourds, les con­di­ti­ons d’une poli­tique de trans­fert effi­cace et d’une con­cur­rence équi­li­brée entre rail et route restent glo­ba­le­ment réunies. Il con­vi­ent tou­te­fois de rele­ver que les objec­tifs de trans­fert n’ont une nou­vel­le fois pas été att­eints en 2024. Il est donc d’autant plus important de pré­ser­ver ces con­di­ti­ons afin de pou­voir relan­cer la poli­tique de trans­fert à l’avenir.

Régime d’aides d’État: le sou­ti­en reste pos­si­ble, mais davan­ta­ge encadré
Avec les Bila­té­ra­les III, un régime d’aides d’État est intro­duit, ce qui impli­que un con­trô­le accru des sou­ti­ens publics. Les instru­ments de sou­ti­en essentiels pour le fret fer­ro­vi­ai­re – notam­ment les con­tri­bu­ti­ons d’investissement dans les instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment ainsi que les con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment dans le trans­port com­bi­né – restent pos­si­bles. Leur con­cep­ti­on con­crè­te et leur mise en œuvre seront tou­te­fois sou­mi­ses à des exi­gen­ces sup­p­lé­men­tai­res. Il est essentiel que ces instru­ments puis­sent con­tin­uer à être uti­li­sés de maniè­re praticable.

Les capa­ci­tés rési­du­el­les de sil­lons doi­vent être garanties
Le fret fer­ro­vi­ai­re est déjà aujourd’hui for­te­ment sous pres­si­on en ter­mes de capa­ci­tés. La VAP cri­tique dès lors la prio­ri­té accor­dée au tra­fic inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs dans l’attribution des capa­ci­tés rési­du­el­les de sil­lons pré­vue dans le cadre de la mise à jour de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres. Ces capa­ci­tés sont essen­ti­el­les pour les tra­fics fle­xi­bles et sup­p­lé­men­tai­res. La VAP deman­de donc que le pro­ces­sus d’attribution des sil­lons en Suis­se soit conçu de maniè­re à garan­tir à l’avenir des capa­ci­tés rési­du­el­les suf­fi­san­tes pour le fret fer­ro­vi­ai­re. Cela est d’autant plus important que des rest­ric­tions de capa­ci­té exis­tent actu­el­le­ment sur les lignes d’accès inter­na­tio­na­les en rai­son de travaux. Avec la levée de ces con­train­tes, la deman­de dev­rait à nou­veau aug­men­ter. Il est dès lors cru­cial que la Suis­se ne devi­en­ne pas elle-même un gou­let d’étranglement sur l’axe nord-sud en rai­son d’un man­que de sillons.

Il s’agit désor­mais d’exploiter les mar­ges de manœu­vre dans la mise en œuvre en Suisse
Les résul­tats des négo­cia­ti­ons pré­ser­vent des acquis essentiels pour le fret fer­ro­vi­ai­re. Il s’agit désor­mais d’utiliser de maniè­re ciblée les mar­ges de manœu­vre restan­tes dans la mise en œuvre en Suis­se – notam­ment en matiè­re d’attribution des sil­lons – afin de garan­tir la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Un fret fer­ro­vi­ai­re per­for­mant est une con­di­ti­on essen­ti­el­le à la com­pé­ti­ti­vi­té de la place éco­no­mi­que suisse.

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Transfert de responsabilité contestable de CFF Cargo

Transfert de responsabilité contestable de CFF Cargo

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (TFM) con­sti­tue le pilier cen­tral du trans­fert du tra­fic de la route vers le rail. Alors que la bran­che est déjà con­fron­tée à de nombreux défis, le trans­fert des ris­ques de responsa­bi­li­té prévu par CFF Cargo vers ses cli­ents soulè­ve d’importantes ques­ti­ons juri­di­ques, éco­no­mi­ques et de poli­tique des transports.

De quoi s’agit-il:

  • Le cli­mat dans le TFM est tendu depuis un cer­tain temps
  • Le durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té ali­men­te le débat
  • L’économie des char­geurs con­fron­tée à des con­sé­quen­ces graves
  • En con­tra­dic­tion mani­fes­te avec la poli­tique suis­se des transports
  • La VAP s’engage pour le dia­lo­gue et la recher­che de solutions

Le cli­mat dans le TFM est tendu depuis un cer­tain temps

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (TFM) en Suis­se est de plus en plus sous pres­si­on. Plu­s­ieurs évo­lu­ti­ons ont sen­si­blem­ent dété­rio­ré les con­­di­­ti­ons-cad­­res de la bran­che. Dans ce con­tex­te, une nou­vel­le mesu­re de CFF Cargo sus­ci­te une inquiétu­de sup­p­lé­men­tai­re : le trans­fert prévu des ris­ques de responsa­bi­li­té vers les cli­ents. Cela pèse par­ti­cu­liè­re­ment sur le TFM inté­ri­eur, où CFF Cargo dis­po­se d’une posi­ti­on domi­nan­te sur le mar­ché. Comp­te tenu de l’offre limi­tée d’autres ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res (EF), des adapt­a­ti­ons uni­la­té­ra­les des con­di­ti­ons con­trac­tu­el­les ont des con­sé­quen­ces par­ti­cu­liè­re­ment importan­tes. À court terme, les cli­ents de CFF Cargo dis­po­sent de peu d’alternatives et, à moyen et long terme, les trans­ports con­ti­nuent d’être trans­fé­rés du rail vers la route.

Depuis quel­que temps, les évo­lu­ti­ons néga­ti­ves se mul­ti­pli­ent, en par­ti­cu­lier dans le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI), ce qui pous­se de plus en plus l’économie des char­geurs vers la route. CFF Cargo a par exemp­le for­te­ment aug­men­té les prix des pre­sta­ti­ons de trans­port avant même l’entrée en vigueur de la loi révi­sée sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), réduit les points de des­ser­te et rest­reint la dis­po­ni­bi­li­té de cer­ta­ins wagons appar­ten­ant à CFF. L’ensemble de ces évo­lu­ti­ons affai­blit la com­pé­ti­ti­vi­té du rail à tel point que les ent­re­pri­ses char­geu­ses se détour­nent de plus en plus du rail.

Le durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té ali­men­te le débat

Actu­el­le­ment, CFF Cargo pré­voit, dans l’ensemble du TFM en Suis­se, de trans­fé­rer la responsa­bi­li­té aux cli­ents pour les trans­ports effec­tués avec des wagons appar­ten­ant à des tiers. Il est prévu une responsa­bi­li­té sans faute des char­geurs, com­bi­née à une exo­né­ra­ti­on com­plè­te de l’EF vis-à-vis des pré­ten­ti­ons de tiers. De tel­les dis­po­si­ti­ons figu­rent déjà depuis un cer­tain temps dans les con­di­ti­ons géné­ra­les de CFF Cargo. Au début de cette année, CFF Cargo les a envoy­ées indi­vi­du­el­le­ment aux cli­ents pour signa­tu­re, ce qui les ren­dra à l’avenir plus contraignantes.

Ce trans­fert de responsa­bi­li­té vers les char­geurs dans les con­di­ti­ons d’utilisation des wagons appar­ten­ant à des tiers soulè­ve d’importantes ques­ti­ons, notam­ment parce que la moti­on 24.3823 «Responsa­bi­li­té en matiè­re de ris­que des déten­teurs de wagons. Révi­si­on» a déjà échoué fin 2024 au Par­le­ment fédé­ral. Cette moti­on visa­it à trans­fé­rer la responsa­bi­li­té des EF aux déten­teurs de wagons. Impo­ser désor­mais cette responsa­bi­li­té aux char­geurs en con­tour­nant la décis­i­on par­le­men­tai­re appa­raît pour le moins surprenant.

L’activité de l’économie des char­geurs for­te­ment touchée

Dès aujourd’hui, des con­sé­quen­ces importan­tes sur l’activité des char­geurs se dessinent:

  1. Char­ges éco­no­mi­ques sup­p­lé­men­tai­res: Le choix du mode de trans­port con­sti­tue en fin de comp­te une décis­i­on éco­no­mi­que. Si les ris­ques, les coûts et les incer­ti­tu­des aug­men­tent dans le TFM, cela réduit enco­re l’attractivité du rail par rap­port à la route.
  2. Ris­ques de responsa­bi­li­té net­te­ment accrus: La responsa­bi­li­té sans faute pré­vue éten­drait con­sidé­ra­blem­ent les ris­ques pour les char­geurs. De plus, ces ris­ques sont dans de nombreux cas dif­fi­ci­le­ment, voire pas du tout, assurables.
  3. Incer­ti­tu­des en matiè­re d’assurance: De nou­vel­les struc­tures de responsa­bi­li­té peu­vent engend­rer des incer­ti­tu­des importan­tes en matiè­re d’assurabilité et de finance­ment. Outre d’éventuelles lacu­nes de cou­ver­tu­re, des haus­ses de pri­mes sont à prévoir.
  4. Pos­si­bi­li­tés de négo­cia­ti­on limi­tées: En rai­son de la posi­ti­on quasi mono­po­lis­tique de CFF Cargo dans le TWCI, les char­geurs ont peu de pos­si­bi­li­tés de négo­cier indi­vi­du­el­le­ment les con­di­ti­ons contractuelles.
  5. Effets éten­dus sur le mar­ché: Les modi­fi­ca­ti­ons des con­di­ti­ons con­trac­tu­el­les de CFF Cargo affec­tent direc­te­ment une gran­de par­tie des ent­re­pri­ses char­geu­ses, car nombre d’entre elles dépen­dent, à court, moyen ou long terme, des pre­sta­ti­ons de trans­port fer­ro­vi­ai­re de CFF Cargo.

En con­tra­dic­tion mani­fes­te avec la poli­tique suis­se des transports

Le débat sur le trans­fert de responsa­bi­li­té tou­che aux objec­tifs fon­da­men­taux de la poli­tique suis­se des trans­ports. Celle-ci vise notam­ment, dans le tra­fic tran­sal­pin, un trans­fert con­sé­quent du trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Or, le tra­fic par wagons iso­lés est déjà sous pres­si­on depuis un cer­tain temps. Les off­res alter­na­ti­ves sont par­fois limi­tées et les ris­ques sup­p­lé­men­tai­res con­sti­tu­ent iné­vi­ta­blem­ent un fac­teur de char­ge sup­p­lé­men­tai­re pour ces transports.

Un affai­blis­se­ment de la com­pé­ti­ti­vi­té du rail par rap­port à la route met en péril les objec­tifs poli­ti­ques de trans­fert. Dans le con­tex­te des mesu­res de sou­ti­en récem­ment adop­tées pour le TWCI dans le cadre de la révi­si­on du LTM, une char­ge sup­p­lé­men­tai­re appa­raît par­ti­cu­liè­re­ment con­tra­dic­toire. Le Par­le­ment a en effet récem­ment déci­dé d’importantes sub­ven­ti­ons afin de sta­bi­li­ser le TWCI et d’assurer sa via­bi­li­té éco­no­mi­que à moyen terme.

La VAP s’engage pour le dia­lo­gue et la recher­che de solutions

La VAP – Asso­cia­ti­on des char­geurs – obser­ve ces évo­lu­ti­ons avec inquiétu­de. Il est actu­el­le­ment en cont­act étroit avec les ent­re­pri­ses con­cer­nées et s’engage pour des solu­ti­ons qui main­ti­en­nent la com­pé­ti­ti­vi­té du TFM, limi­tent les ris­ques pour les char­geurs à un niveau sup­port­a­ble et ne com­pro­met­tent pas les objec­tifs de poli­tique des trans­ports de la Suisse.

Dans le TWCI en par­ti­cu­lier, une inter­ac­tion fon­c­tion­nel­le entre EF, char­geurs et déten­teurs de wagons est essen­ti­el­le. Des expé­ri­en­ces inu­tiles comme ce trans­fert de responsa­bi­li­té portent att­ein­te de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à la com­pé­ti­ti­vi­té du rail.

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Un vent favorable pour le transport transalpin de marchandises dans une situation précaire

Un vent favorable pour le transport transalpin de marchandises dans une situation précaire

Le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons visa­nt à garan­tir la poli­tique de trans­fert du tra­fic mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. L’As­so­cia­ti­on des char­geurs salue ces décis­i­ons. Comp­te tenu des récen­tes évo­lu­ti­ons dans le domaine du tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin, il est essentiel de pro­mou­voir de maniè­re sta­ble le trans­port com­bi­né afin de ne pas perd­re com­plè­te­ment de vue l’ob­jec­tif légal de trans­fert. Cela per­met éga­le­ment d’assurer la sécu­ri­té de la pla­ni­fi­ca­ti­on pour les ent­re­pri­ses concernées. 

Lors de sa ses­si­on de prin­temps, le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons visa­nt à garan­tir à l’a­ve­nir le sou­ti­en finan­cier au trans­fert du tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. D’une part, la Chambre basse esti­me qu’il faut veil­ler à ce que les fonds libé­rés par la fin pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) con­ti­nuent d’êt­re uti­li­sés pour des mesu­res de trans­fert du tra­fic. D’aut­re part, la pro­mo­ti­on du trans­port com­bi­né tran­sal­pin doit être garan­tie au-delà de 2030.

Le der­nier rap­port du gou­ver­ne­ment fédé­ral sur le trans­fert modal mont­re que le trans­fert du tra­fic rou­tier vers le rail dans le trans­port tran­sal­pin de mar­chan­di­ses a récem­ment connu un net ralen­tis­se­ment. En 2024, la part du rail dans le trans­port tran­sal­pin de mar­chan­di­ses s’é­le­vait à 70,3 %, soit une baisse de 2,6 % par rap­port à 2022. Avec envi­ron 960 000 tra­jets de cami­ons en 2024, l’ob­jec­tif de trans­fert maxi­mal de 650 000 tra­jets n’a donc pas été att­eint, loin s’en faut. Avec la fin de la chaus­sée rou­lan­te, on peut sup­po­ser que la barre du mil­li­on de tra­jets de cami­ons sera fran­chie au plus tard en 2026.

Le trans­port com­bi­né joue un rôle cen­tral dans la réa­li­sa­ti­on de l’ob­jec­tif de trans­fert. Il con­sti­tue l’é­pi­ne dor­sa­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes et per­met d’a­che­mi­ner effi­ca­ce­ment une gran­de par­tie du tra­fic de tran­sit par le rail. Dans ce con­tex­te, la sécu­ri­té de pla­ni­fi­ca­ti­on des instru­ments de pro­mo­ti­on est déter­mi­nan­te pour garan­tir à long terme les inves­tis­se­ments et les off­res dans le domaine du trans­port combiné.

La VAP salue donc expres­sé­ment la décis­i­on du Con­seil des États. Celle-ci con­sti­tue notam­ment un signal important pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui subit actu­el­le­ment des pres­si­ons sur plu­s­ieurs fronts et ris­que de voir s’ac­cé­lé­rer le trans­fert des trans­ports vers la route.

C’est désor­mais au Con­seil natio­nal de se pro­non­cer sur les deux moti­ons et de se ral­li­er à la décis­i­on du Con­seil des États, envoy­ant ainsi un signal fort en faveur du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Avec les paramè­tres clés pour les trans­ports en 2045, le Con­seil fédé­ral pose les jalons pour le déve­lo­p­pe­ment futur des infra­struc­tures de trans­port. Du point de vue de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée dès le début. Sinon, les objec­tifs de trans­fert modal et le bon fon­c­tion­ne­ment de l’en­sem­ble du sys­tème seront compromis.

Lors de sa séan­ce d’hier, le Con­seil fédé­ral a fixé les gran­des lignes du déve­lo­p­pe­ment des infra­struc­tures de trans­port jus­qu’en 2045. Se fond­ant sur l’ex­per­ti­se «Trans­ports 2045» de l’EPFZ ainsi que sur les esti­ma­ti­ons et les ana­ly­ses des offices fédé­raux com­pé­tents, il a char­gé le DETEC d’é­la­bo­rer un pro­jet desti­né à la con­sul­ta­ti­on d’ici à fin juin 2026. L’ob­jec­tif est de coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment du rail, de la route et du tra­fic d’ag­glo­mé­ra­ti­on afin de répond­re aux beso­ins futurs en matiè­re de mobilité.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) salue le fait que le Con­seil fédé­ral se pen­che suf­fi­sam­ment tôt et à long terme sur le déve­lo­p­pe­ment de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re. Pour les mem­bres de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée, car il con­sti­tue un élé­ment indis­pensable d’un sys­tème de trans­port per­for­mant et durable.

Le rap­port de l’EPFZ décrit une forte crois­sance du tra­fic voy­a­ge­urs, tan­dis que le tra­fic mar­chan­di­ses par rail sta­gne depuis des années. Du point de vue de la VAP, cette con­sta­ta­ti­on est tou­te­fois insuf­fi­san­te. La sta­gna­ti­on n’est pas prin­ci­pa­le­ment due à un man­que de deman­de, mais plu­tôt à des gou­lets d’étran­gle­ment en ter­mes de capa­ci­té, à l’ab­sence de con­­di­­ti­ons-cad­­res et à des rest­ric­tions opé­ra­ti­on­nel­les, non seu­le­ment en Suis­se, mais aussi sur les lignes d’ap­port dans les pays voi­sins. Les trains de voy­a­ge­urs ayant la prio­ri­té dans le tra­fic mixte, il devi­ent de plus en plus dif­fi­ci­le pour les trains de mar­chan­di­ses de cir­cu­ler de maniè­re fia­ble et pon­c­tu­el­le sur un réseau fer­ro­vi­ai­re for­te­ment sol­li­ci­té. À cela s’a­jou­te l’aug­men­ta­ti­on des trans­ports de mar­chan­di­ses urgents, tels que les biens de con­som­ma­ti­on, les den­rées ali­men­tai­res ou les colis. La ques­ti­on reste ouver­te de savoir com­ment garan­tir que ces trains de mar­chan­di­ses trou­vent effec­ti­ve­ment leur place sur le réseau fer­ro­vi­ai­re, en par­ti­cu­lier avec des sil­lons vrai­ment rapides.

Si le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne dis­po­se pas de l’e­space néces­saire, il ris­que d’êt­re trans­fé­ré vers la route. Cela aurait des con­sé­quen­ces immé­dia­tes sur le réseau rou­tier déjà for­te­ment sol­li­ci­té, qui fon­c­tion­ne déjà à la limi­te de ses capa­ci­tés dans de nombreux end­roits. Une char­ge sup­p­lé­men­tai­re sur les rou­tes natio­na­les due au trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­nerait clai­re­ment une aug­men­ta­ti­on des heu­res d’embouteillage, ce qui n’est dans l’in­té­rêt ni de l’é­co­no­mie ni de la population.

Pour la VAP, il est donc essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit sys­té­ma­ti­quement pris en comp­te dans la pla­ni­fi­ca­ti­on et la hié­rar­chi­sa­ti­on des étapes d’ex­ten­si­on. L’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re est uti­li­sée à la fois pour le trans­port de mar­chan­di­ses et pour le trans­port de per­son­nes. Ces deux modes de trans­port sont essentiels pour la Suis­se en tant que pôle éco­no­mi­que et de mobi­li­té. La VAP par­ti­ci­pe­ra donc acti­ve­ment à la con­sul­ta­ti­on pré­vue à l’été 2026 afin de répond­re aux pré­oc­cu­pa­ti­ons des char­geurs et du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard a clai­re­ment mon­tré à quel point un sys­tème fer­ro­vi­ai­re haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le euro­pé­en­ne est vul­né­ra­ble. Il a éga­le­ment mis en évi­dence qu’un niveau élevé de sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne peut être garan­ti que si tous les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés. Cela néces­si­te une appro­che glo­ba­le qui réduit la pro­ba­bi­li­té d’in­ci­dents grâce à une multi­tu­de de mesures.

Les enjeux:

  • Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?
  • Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas
  • La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité
  • Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables
  • La sécu­ri­té n’est pas une mis­si­on individuelle
  • Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en est souhaitable

 

Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard en août 2023 a bou­le­ver­sé le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, voire toute la Suis­se. Les dom­mages con­sidé­ra­bles cau­sés à l’in­fra­struc­tu­re et les longs travaux de répa­ra­ti­on ont ent­raî­né une dis­po­ni­bi­li­té réduite de l’axe nord-sud le plus important de Suis­se pen­dant plus d’un an. Les réper­cus­sions opé­ra­ti­on­nel­les se sont fait sen­tir bien au-delà du tun­nel du Got­hard et ont sou­le­vé une ques­ti­on cen­tra­le : com­ment garan­tir dura­blem­ent la sécu­ri­té dans un sys­tème haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le européenne?

Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas

Une réac­tion radi­cale à un inci­dent grave est com­pré­hen­si­ble : la sécu­ri­té doit être ren­for­cée, les ris­ques mini­mi­sés et les réci­di­ves exclues. Les mesu­res pri­ses par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) après la publi­ca­ti­on du rap­port d’ac­ci­dent du Ser­vice suis­se d’en­quête de sécu­ri­té (SESE) ont donc été dras­ti­ques. Mais ces mesu­res sont peu fon­dées et visent exclu­si­ve­ment les déten­teurs de wagons.

La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité

Il est rapi­de­ment appa­ru que les nou­vel­les pre­scrip­ti­ons de l’OFT ne pou­vai­ent être mises en œuvre sous leur forme pré­vue, ni sur le plan opé­ra­ti­on­nel, ni en ter­mes de capa­ci­tés des ser­vices de main­ten­an­ce. La réduc­tion mas­si­ve des cycles de main­ten­an­ce et de con­trô­le aurait ent­raî­né la mise en main­ten­an­ce immé­dia­te de mil­liers de wagons de mar­chan­di­ses, qui n’au­rai­ent plus été uti­li­sables. L’OFT s’est vu con­traint d’ad­ap­ter sa décis­i­on initiale.

Cette cor­rec­tion régle­men­tai­re mont­re à quel point il est dif­fi­ci­le, dans l’ur­gence, de défi­nir des mesu­res effi­caces, fon­dées et appli­ca­bles pour un sys­tème extrê­me­ment com­ple­xe. Elle mont­re éga­le­ment que la ques­ti­on de la sécu­ri­té ne peut être réduite à cer­ta­ins acteurs ou à cer­tai­nes mesu­res, et enco­re moins à cer­ta­ins pays.

Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re de trans­port de mar­chan­di­ses ne s’ar­rête pas à la fron­tiè­re natio­na­le. Les wagons de mar­chan­di­ses cir­cu­lent pen­dant des semain­es, voire des mois, sur l’en­sem­ble du réseau euro­pé­en et chan­gent con­stam­ment de pays, d’entre­pri­se fer­ro­vi­ai­re et de ges­ti­on­n­aire d’in­fra­struc­tu­re. Pour garan­tir la sécu­ri­té dans ce con­tex­te dyna­mi­que, il ne suf­fit pas de dis­po­ser d’un maté­ri­el rou­lant soli­de. Une ges­ti­on pré­voy­an­te du maté­ri­el rou­lant et une con­duite com­pé­ten­te en explo­ita­ti­on sont éga­le­ment déterminantes.

Les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res jouent donc un rôle clé. Elles uti­li­sent les wagons de mar­chan­di­ses dans leur explo­ita­ti­on quo­ti­di­en­ne, effec­tu­ent des con­trô­les avant le départ et des con­trô­les visuels et influen­cent la char­ge réel­le du maté­ri­el rou­lant par la con­duite du per­son­nel de loco­mo­ti­ve et la ges­ti­on opérationnelle.

La sécu­ri­té n’est pas une tâche isolée

La sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses résul­te de l’in­ter­ac­tion entre les déten­teurs de wagons, les ser­vices de main­ten­an­ce, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et les infra­struc­tures, avec des sys­tè­mes de sur­veil­lan­ce et de détec­tion appro­priés. Si cer­ta­ins acteurs sont reti­rés de cette équa­ti­on et donc déchar­gés de leur responsa­bi­li­té, leur inter­ac­tion se trouve désé­qui­li­brée. Les mesu­res régle­men­tai­res doi­vent tenir comp­te de cette réalité.

Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en souhaitée

C’est pré­cis­é­ment parce que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est orga­ni­sé à l’é­chel­le euro­pé­en­ne qu’il faut adop­ter une per­spec­ti­ve euro­pé­en­ne en matiè­re de sécu­ri­té. Le réseau fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tel­lement inter­con­nec­té au niveau inter­na­tio­nal que les initia­ti­ves natio­na­les iso­lées com­pro­met­tent la sécu­ri­té plu­tôt qu’el­les ne l’op­ti­mi­sent. Dans ce con­tex­te, il faut saluer les recom­man­da­ti­ons pré­sen­tées fin 2025 par le Joint Net­work Secre­ta­ri­at, qui visent à coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment des exi­gen­ces de sécu­ri­té. L’OFT a rai­son d’ad­op­ter une visi­on pan­eu­ro­pé­en­ne et d’har­mo­nis­er les mesu­res pri­ses en Suis­se avec les lignes direc­tri­ces européennes.

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VAP renforce ses effectifs et affine son orientation future

VAP renforce ses effectifs et affine son orientation future

La VAP ren­force ses effec­tifs. Jonas Leh­ner rem­pla­cera le direc­teur géné­ral Simon Wey à par­tir de début 2026. Ce ren­fort vise non seu­le­ment à ren­forcer l’i­mage de l’as­so­cia­ti­on, mais aussi à faire pro­gresser son déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique et thématique.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) est la voix forte et libé­ra­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se. Nous nous réjouis­sons de ren­forcer le tra­vail de notre asso­cia­ti­on grâce à l’ar­ri­vée de Jonas Leh­ner début jan­vier 2026. Il pos­sè­de plu­s­ieurs années d’expé­ri­ence dans le monde asso­cia­tif, notam­ment en tant que direc­teur adjoint de la com­mu­ni­ca­ti­on de l’U­ni­on patro­na­le suisse.

Ce ren­fort en per­son­nel vise non seu­le­ment à ren­forcer l’i­mage de l’as­so­cia­ti­on, mais aussi à pro­mou­voir son déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique et thé­ma­tique. Cela com­prend l’in­ten­si­fi­ca­ti­on des éch­an­ges tech­ni­ques avec les mem­bres, le posi­ti­onne­ment thé­ma­tique de l’as­so­cia­ti­on sur les ques­ti­ons rela­ti­ves au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et une com­mu­ni­ca­ti­on cohé­ren­te et ciblée. Ce der­nier point per­met­tra d’af­fi­ner enco­re l’i­mage de l’AIF auprès des milieux poli­ti­ques, des médi­as et de la socié­té. Tous ces chan­ge­ments ont pour objec­tif clair de con­tin­uer à mett­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et son évo­lu­ti­on au cent­re de l’at­ten­ti­on des milieux poli­ti­ques, des médi­as et de la socié­té, et de repré­sen­ter enco­re plus effi­ca­ce­ment les inté­rêts des chargeurs.

La VAP s’en­ga­ge en faveur de con­­di­­ti­ons-cad­­res favor­ables à un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses inno­vant, per­for­mant et com­pé­ti­tif en Suisse.

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