EXPLOITATION

Nous repré­sen­tons les acteurs du fret et met­tons l’ac­cent dans ce cha­pit­re sur l’uti­li­sa­ti­on de l’in­fra­struc­tu­re, c’est-à-dire sur le trans­port. Nous nous enga­ge­ons pour une explo­ita­ti­on libre sur le réseau et sur le premier/dernier kilo­mèt­re. Pour favo­ri­ser une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser et com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le la force de tout moyen de trans­port. Car le tra­jet est ainsi plus court et plus éco­no­mi­que pour chacun.

Acteurs dans le domaine de l’exploitation:

Ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (EF)

Fabricants/détenteurs de maté­ri­el rou­lant (loueurs de wagons privés)

Opé­ra­teurs

Informatif

L’avenir du fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire
Valeurs limites d’émission pour le bruit

 

Transport ferroviaire de marchandises
Prescriptions de circulation des trains (PCT)

 

Prescriptions d’exploitation pour les voies de raccordement

La responsa­bi­li­té de l’ex­plo­ita­ti­on sûre incom­be à l’entre­pri­se responsable. Les pre­scrip­ti­ons d’ex­plo­ita­ti­on cor­re­spond­an­tes doi­vent être éta­b­lies par l’ex­plo­itant de la voie de raccordement.

La VAP met des outils à la dis­po­si­ti­on de ses mem­bres. Nous appor­tons notre sou­ti­en dans les tâches juri­di­ques et admi­nis­tra­ti­ves. Pre­nez direc­te­ment cont­act avec nous pour une cla­ri­fi­ca­ti­on, un con­seil ou un accom­pa­gne­ment d’audit.

Entreprises de transport ferroviaire de marchandises (EF) en Suisse

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons en Europe

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
MFD Rail Logo      
MFD Rail
     
VTG was­co­sa erme­wa
MFD Rail Logo  
Grou­pe Millet MFD Rail

Chargeur (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    
Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Nous pre­nons posi­ti­on sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Nous sou­met­tons les pro­po­si­ti­ons à une éva­lua­ti­on cri­tique du point de vue des cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re et démon­trons qu’il est néces­saire que le tra­fic con­ven­ti­on­nel accè­de à une auto­no­mie juridique.

Un oui à variante 1 assorti de réserves

Dans la vari­an­te 1, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de digi­ta­li­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Il posi­ti­onne ainsi le mode de trans­port «rail» en tant qu’élément de la logis­tique mul­ti­mo­da­le, pré­voy­ant des mesu­res d’accompagnement dans le domaine de l’aménagement du ter­ri­toire, des aides à l’investissement et des inci­ta­ti­ons pour le trans­bor­de­ment et le char­ge­ment de natu­re à atté­nuer les coûts sup­p­lé­men­tai­res de la rup­tu­re de char­ge entre le rail et les aut­res modes de trans­port. Le Con­seil fédé­ral a l’intention d’indemniser les coûts du tra­fic con­ven­ti­on­nel non cou­verts jusqu’à la mise en œuvre de l’automatisation. Sur le fond, nous nous féli­ci­tons de l’orientation de la vari­an­te 1, mais nous avons des réser­ves et con­sta­tons un beso­in de modi­fi­ca­ti­on essentiel.

Rendre autonome du premier et du dernier kilomètre subventionné

Nous vou­lons et devons rend­re le tra­fic con­ven­ti­on­nel plus apte à affron­ter l’avenir. Pour ce faire, il faut repen­ser l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­me de mar­ché et inter­faces au sein de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le. L’objectif doit être un sys­tème finan­ciè­re­ment auto­no­me qui ne dis­cri­mi­ne aucu­ne ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re et qui soit à la dis­po­si­ti­on des char­geurs de maniè­re fia­ble[1]. En atten­dant la mise en œuvre de ce nou­veau con­cept, nous don­nons notre accord au ver­se­ment d’aides finan­ciè­res au tra­fic de réseau de CFF Cargo. Ces aides finan­ciè­res sont basées sur des inci­ta­ti­ons liées aux résul­tats, neu­tres en ter­mes de con­cur­rence et non dis­cri­mi­na­toires ainsi que sur l’accession à l’autonomie juri­di­que du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re au sein d’une socié­té auto­no­me des CFF. Ce n’est qu’ainsi que l’on pour­ra con­tin­uer à garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se et la via­bi­li­té du rail dans l’avenir.

Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

En trans­fé­rant à CFF Cargo la responsa­bi­li­té du tra­fic con­ven­ti­on­nel, le Con­seil fédé­ral crée un mono­po­le sur quel­que 70 % du volu­me du fret. En effet, CFF Cargo est aussi le prin­ci­pal four­nis­seur de tra­fic par trains entiers et de tra­fic com­bi­né. La com­bi­nai­son de ces inté­rêts ris­que de se tra­dui­re d’une part par la dis­cri­mi­na­ti­on des cli­ents du tra­fic con­ven­ti­on­nel et du tra­fic par trains entiers, mais d’autre part éga­le­ment par des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence vis-à-vis d’autres four­nis­seurs de tra­fic par trains entiers et du tra­fic com­bi­né – et ce indé­pen­dam­ment du ver­se­ment d’indemnités au tra­fic con­ven­ti­on­nel. Celui-ci est con­sti­tué par la des­ser­te sur tout le ter­ri­toire des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment et doit donc accé­der à l’autonomie juri­di­que. Étant donné que les pre­sta­ti­ons et res­sour­ces cor­re­spond­an­tes sont d’ores et déjà regrou­pées au sein d’une unité d’organisation auto­no­me, la trans­for­ma­ti­on exi­ge­rait des efforts limi­tés. Le Con­seil fédé­ral dev­rait tou­te­fois pré­cis­er l’art. 9a al. 7 de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM).

Surveiller de manière systématique le nouvel opérateur de système

Dans la phase limi­tée dans le temps des indem­ni­tés publi­ques, mais aussi ulté­ri­eu­re­ment, l’opérateur de sys­tème devra faire l’objet d’un moni­to­rage sys­té­ma­tique dans le domaine des pre­sta­ti­ons, de la qua­li­té, de la pro­duc­ti­vi­té et des coûts. Ce faisant, il con­vi­en­dra de veil­ler à une sup­pres­si­on rapi­de de l’aide finan­ciè­re et à une moder­ni­sa­ti­on du modè­le com­mer­cial de CFF Cargo, qui pré­vi­en­dront les dis­cri­mi­na­ti­ons et assur­e­ront dura­blem­ent un tra­fic con­ven­ti­on­nel flui­de sur l’ensemble du ter­ri­toire. Ce der­nier aspect sera notam­ment garan­ti par un moni­to­rage ciblé du déve­lo­p­pe­ment des quan­ti­tés et de la struc­tu­re de la cli­entèle. Ce moni­to­rage néces­si­te l’ajout d’un com­plé­ment à l’art. 9a LTM.

Vous trou­verez des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et des avis sup­p­lé­men­tai­res dans notre répon­se à la con­sul­ta­ti­on «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se».


[1] Cf. vidéo «Le fret fer­ro­vi­ai­re du futur»: www.cargorail.ch/#video

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Organiser le fret ferroviaire pour demain

Le rap­port du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire»[1] du 30 mars 2022 a offert une occa­si­on bien­ve­nue de repen­ser glo­ba­le­ment le sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses suis­se avec sa con­cur­rence inter­mo­da­le et ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique ne se can­ton­ne pas à un finance­ment (de départ) du TWCI ou au DAC, mais eng­lo­be tous les pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Elle doit avoir pour but un sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses auto­no­me basé sur le mar­ché, qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et qui se tient aux côtés des char­geurs en tant que par­ten­aire fia­ble. Dans ce con­tex­te, un éven­tuel finance­ment selon le modè­le éprou­vé dans le tra­fic de tran­sit doit en pre­mier lieu pro­fi­ter aux cli­ents de tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re et offrir des inci­ta­ti­ons liées au suc­cès et neu­tres en ter­mes de con­cur­rence, sans aucu­ne dis­cri­mi­na­ti­on. C’est seu­le­ment ainsi et en regrou­pant les forces que pour­ront se déve­lo­p­per les inno­va­tions et les inves­tis­se­ments du sec­teur privé dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Et ce n’est qu’ainsi qu’il sera pos­si­ble d’organiser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire pour demain.

Le Conseil fédéral envisage d’instaurer un soutien financier sur le long terme

Selon le rap­port, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de main­te­nir dans l’avenir le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) et n’exclut pas un sou­ti­en finan­cier sur le long terme. Selon la défi­ni­ti­on de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire eng­lo­be le trans­port de grou­pes de mar­chan­di­ses en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) et par wagons de mar­chan­di­ses con­ven­ti­on­nels regrou­pés pour le par­cours principal.

Dans leur rap­port finan­cier 2021[2], les con­seils d’administration de CFF SA et de CFF Cargo SA esti­ment qu’un sub­ven­ti­on­ne­ment de leur offre de fret fer­ro­vi­ai­re est néces­saire et pro­ba­ble. Le Con­seil fédé­ral et les ent­re­pri­ses fédé­ra­les sem­blent donc être d’accord sur la néces­si­té de sou­te­nir finan­ciè­re­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. Néan­mo­ins, leur esti­ma­ti­on des volu­mes et de la finan­ça­bi­li­té s’appuie uni­quement sur les indi­ca­ti­ons de CFF Cargo. Les aut­res opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re, majo­ri­taire­ment pri­vés, ne sont pas pris en comp­te dans cette ana­ly­se. Nous som­mes d’avis qu’il est urgent de chan­ger de point de vue.

Adopter une nouvelle perspective

Depuis la réfor­me fer­ro­vi­ai­re 1 de 1999, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire est opéré par CFF Cargo en mono­po­le – sans grand suc­cès, comme le mont­re un bilan éta­b­li 25 ans après la décis­i­on du Par­le­ment. Cela doit chan­ger. En unis­sant leurs forces et sous l’égide de la Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC )[3], les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re actifs dans toute la Suis­se et leurs cli­ents sont à même de repen­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le pays.

Illus­tra­ti­on 1, page 51 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur le territoire”.

Le rap­port pré­sen­te deux gran­des ori­en­ta­ti­ons pour le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire (llus­tra­ti­on 1): l’une com­prend l’arrêt du TWCI, l’autre l’encouragement finan­cier du TWCI. Du point de vue de la VAP, c’est là une visi­on réduc­tri­ce. Un chan­ge­ment de per­spec­ti­ve est néces­saire à deux égards: pre­miè­re­ment, les acteurs doi­vent redé­fi­nir la maniè­re dont ils con­çoi­vent leur rôle et repen­ser leurs pro­ces­sus. Deu­xiè­me­ment, la situa­ti­on finan­ciè­re doit être con­sidé­rée d’un point de vue neu­tre. En effet, ni les pro­grès tech­ni­ques envi­sa­gés (mot-clé: cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC), ni la visi­on pure­ment inter­ne de CFF Cargo ne pour­ront con­dui­re à une réor­ga­ni­sa­ti­on. Celle-ci dev­rait d’ailleurs être au cent­re de la dis­cus­sion sur l’avenir qui est en cours. La forme d’organisation pré­sen­tée dans le rap­port (Illus­tra­ti­on 2) con­sti­tue une base de réfle­xi­on per­met­tant d’élaborer d’autres vari­an­tes d’orientation.

Illus­tra­ti­on 2, page 50 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’en­sem­ble du territoire”.

Décider sur la base des faits

Pour éva­luer le beso­in de finance­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire, il faut impé­ra­ti­ve­ment s’appuyer sur une ana­ly­se de la ren­ta­bi­li­té réa­li­sée par des experts exter­nes neutres.

S’il s’avère que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses n’est pas ren­ta­ble, il con­vi­ent de distin­guer si cela est dû à la posi­ti­on mono­po­lis­tique de CFF Cargo ou au sys­tème lui-même. La tier­ce par­tie neu­tre doit en outre véri­fier si l’autofinancement tel qu’il est exigé par la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM[4]) est actu­el­le­ment recher­ché. Ce n’est que lorsqu’il dis­po­se­ra d’une ana­ly­se détail­lée de la situa­ti­on actu­el­le que le Par­le­ment pour­ra se pro­non­cer sur les mesu­res à prend­re en conséquence.

Limiter le financement dans le temps

S’il res­sort qu’un sou­ti­en finan­cier est indé­nia­blem­ent indi­qué, celui-ci doit être con­sidé­ré comme un finance­ment limi­té dans le temps pour une nou­vel­le con­cep­ti­on fon­da­men­ta­le – et non comme un sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent. Un finance­ment de départ limi­té dans le temps peut sou­te­nir la mise en place d’un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re ori­en­té vers la con­cur­rence jusqu’à ce que sa digi­ta­li­sa­ti­on et son auto­ma­tis­a­ti­on simul­ta­nées et la mise en ser­vice de nou­veaux élé­ments de réseau de l’étape d’aménagement 2035 soi­ent ache­vées. En revan­che, un sou­ti­en dura­ble annu­lerait les inci­ta­ti­ons de l’économie de mar­ché en faveur de la com­pé­ti­ti­vi­té et de l’autofinancement du TWCI et ren­drait impos­si­ble le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suisse.

 

[1] «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire», rap­port du Con­seil fédé­ral don­nant suite au pos­tu­lat 21.3597 de la CTT‑E du 10 mai 2021. En adop­tant en 1999 la réfor­me des chem­ins de fer 1, le Par­le­ment a trans­fé­ré à CFF Cargo SA le mono­po­le de l’exploitation du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. La part de CFF Cargo dans le fret fer­ro­vi­ai­re dans le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export est de quel­que 60 %. Les 40 % restants sont des trans­ports directs par wagons com­plets réa­li­sés via des voies de rac­cor­de­ment et des terminaux.

[2] «Rap­port finan­cier des CFF 2021», cha­pit­re «Valo­ri­sa­ti­ons incer­tai­nes par rap­port à la crise sani­taire et à Cargo Suis­se», p. 84

[3] La Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC) a été fon­dée en 2018. Elle défend les inté­rêts de l’UTP, de CFF Cargo et de la VAP avec pour mis­si­on de moder­nis­er le fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire et de le rend­re plus effi­cace, con­for­mé­ment à l’art. 3a de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Pré­si­dent: Frank Fur­rer, secré­tai­re géné­ral de la VAP, vice-pré­si­den­te: Dési­rée Baer, CEO CFF Cargo –> Artic­les sur la CI TWC.

[4] «Loi fédé­ra­le sur le trans­port de mar­chan­di­ses par des ent­re­pri­ses de che­min de fer, de trans­port à câbles ou de navi­ga­ti­on (loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses, LTM)» art. 2 al. 2

4<sup>e</sup> paquet ferroviaire de l’UE: profiter de l’élan d’innovation

4e paquet ferroviaire de l’UE: profiter de l’élan d’innovation

La pro­tec­tion du cli­mat figu­re en tête de l’agenda poli­tique euro­pé­en. Dans notre région for­te­ment indus­tria­li­sée, un beso­in élevé de mobi­li­té des per­son­nes et de trans­port des mar­chan­di­ses ent­raî­ne depuis long­temps un volu­me con­sidé­ra­ble d’émissions noci­ves pour le cli­mat. Sur la voie de la neu­tra­li­té car­bo­ne, le monde poli­tique attend du sec­teur fer­ro­vi­ai­re qu’il exploi­te sys­té­ma­ti­quement ses avan­ta­ges et appor­te une con­tri­bu­ti­on sub­stan­ti­el­le à une logis­tique plus respec­tueu­se des res­sour­ces. L’innovation nous donne la pos­si­bi­li­té de rend­re la pro­duc­tion des trans­ports de mar­chan­di­ses plus effi­cace, donc moins coû­teu­se et plus con­vi­via­le, tout en aug­men­tant la dis­po­ni­bi­li­té des sil­lons sur nos réseaux fer­ro­vi­ai­res existants.

Le secteur ferroviaire doit se numériser

En réa­li­té, les con­di­ti­ons pour répond­re à ces atten­tes poli­ti­ques sont bon­nes. En Euro­pe, il exis­te un réseau fer­ro­vi­ai­re dense sur lequel le train peut, com­pa­ré à d’autres modes de trans­port, dépla­cer des mas­ses importan­tes avec un fai­ble beso­in en éner­gie et en espace, les prin­ci­paux cen­tres étant tous reliés entre eux. Cepen­dant, dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de nombreu­ses nor­mes et métho­des de tra­vail sont lar­ge­ment dépas­sées. Et les spé­ci­fi­ci­tés de chaque pays sont par­fois dia­mé­tra­le­ment oppo­sées. C’est l’une des prin­ci­pa­les rai­sons pour les­quel­les la hausse des per­for­man­ces récla­mée par le sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne s’est pas pro­duite jusqu’à pré­sent. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne pour­ra répond­re de maniè­re con­vain­can­te aux atten­tes poli­ti­ques éle­vées – jouer le rôle clé men­ti­onné dans la mise en œuvre de la poli­tique cli­ma­tique – que s’il se renou­vel­le fon­da­men­ta­le­ment. Pour cela, il a beso­in d’une pous­sée d’innovation couvrant l’ensemble du sys­tème et de règles sou­ve­rai­nes har­mo­ni­sées cor­re­spond­ant à l’état de la technique.

Interopérabilité harmonisée à l’échelle de l’UE

C’est là que le pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE entre en jeu. Il vise une har­mo­ni­sa­ti­on sys­té­ma­tique dans le tra­fic inter­na­tio­nal à voie nor­ma­le. Les États mem­bres sont appelés à appli­quer sys­té­ma­ti­quement les nor­mes d’interopérabilité et à har­mo­nis­er les pro­cé­du­res d’autorisation cor­re­spond­an­tes au niveau inter­na­tio­nal. Cela per­met­tra de sup­p­ri­mer les obs­ta­cles actuels aux trans­ports trans­fron­ta­liers et d’ouvrir la voie à des étapes d’innovation euro­pé­en­nes com­mu­nes. Ainsi, le pilier tech­ni­que devi­ent décisif pour des inno­va­tions réus­sies dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re européen.

Cel­les-ci com­pren­nent quat­re thè­mes et amé­lio­re­ront con­sidé­ra­blem­ent la posi­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re sur le mar­ché au cours des pro­chai­nes années:

  • Règles sou­ve­rai­nes har­mo­ni­sées au niveau international
  • Sys­tè­mes tech­ni­ques com­pa­ti­bles par-delà les frontières
  • Pro­ces­sus har­mo­ni­sés au niveau inter­na­tio­nal pour les acti­vi­tés liées à la sécurité
  • Acti­vi­tés com­mu­nes de déve­lo­p­pe­ment intersystémique
L’automatisation devient commercialisable

L’entreprise com­mu­ne «sys­tème fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en» (EU-RAIL) a lancé un important déve­lo­p­pe­ment inter­eu­ro­pé­en avec l’European Freight Digi­tal Auto­ma­tic Cou­pler Deli­very Pro­gram (EDDP). Celui-ci doit per­mett­re la numé­ri­sa­ti­on et l’automatisation du trans­port de mar­chan­di­ses. Les travaux de déve­lo­p­pe­ment doi­vent être suf­fi­sam­ment avan­cés d’ici 2025 pour que les attel­ages auto­ma­ti­ques numé­ri­ques soi­ent dis­po­nibles en série pour la migra­ti­on à venir du maté­ri­el roulant.

La Suisse au cœur du projet

Tant d’un point de vue éco­no­mi­que que géo­gra­phi­que, il est judi­cieux que la Suis­se par­ti­ci­pe de maniè­re acti­ve et cohé­ren­te aux acti­vi­tés en cours de l’UE – a for­tio­ri dans le con­tex­te du bras de fer autour de l’accord-cadre insti­tu­ti­on­nel. La révi­si­on de la loi suis­se sur les chem­ins de fer (LCdF), qui vise à adap­ter de maniè­re auto­no­me nos pre­scrip­ti­ons sou­ve­rai­nes aux direc­ti­ves Interop et de sécu­ri­té du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE, est une impul­si­on bien­ve­nue pour s’attaquer acti­ve­ment aux paquets d’innovation visés. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re suis­se doit et va uti­li­ser dès que pos­si­ble cette pous­sée d’innovation à son avan­ta­ge afin de res­ter un par­ten­aire com­pé­ti­tif dans le sec­teur des trans­ports, où la con­cur­rence com­mer­cia­le est rude.

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Selon le rap­port sur le trans­fert du tra­fic de novembre 2021, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge d’interdire le trans­port des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au Sim­plon. Il revi­ent ainsi sur l’avis qu’il avait pré­sen­té en 2015 au Par­le­ment, dans lequel il juge­ait le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au col du Sim­plon «suf­fi­sam­ment sûr». Ceci est d’autant plus éton­nant que l’OFROU fait depuis des années de gros inves­tis­se­ments dans les mesu­res de sécu­ri­té (bas­sin de réten­ti­on, inter­dic­tions de dépas­se­ment, voie de détres­se, etc.) et que la sta­tis­tique des trans­ports ne fait pas état d’une aug­men­ta­ti­on signi­fi­ca­ti­ve des trans­ports de mar­chan­di­ses dangereuses.

Nous pré­co­ni­sons qu’il soit pro­cé­dé à une ana­ly­se de la situa­ti­on de dan­ger en coopé­ra­ti­on avec les repré­sen­tants du sec­teur et que l’on uti­li­se les potentiels d’amélioration ciblés afin de pré­ser­ver ainsi aussi la liber­té entre­pre­neu­ria­le. Des con­ven­ti­ons de ce genre ont déjà appor­té des pro­grès appré­cia­bles pour le trans­port du chlore par rail.

Une inter­dic­tion remet­trait en cause l’approvisionnement de la popu­la­ti­on et de l’économie. Il faut en outre prend­re en comp­te que ces der­niè­res années, des inves­tis­se­ments con­sidé­ra­bles ont été réa­li­sés dans la route du Sim­plon afin d’améliorer la sécu­ri­té. Selon l’Office fédé­ral des rou­tes OFROU, le Sim­plon est con­sidé­ré comme le col le mieux amé­na­gé de Suis­se.
Vous trou­verez une argu­men­ta­ti­on com­plè­te dans la fiche d’information de sci­ence­indus­tries.

TR Trans Rail AG – l’histoire d’une réussite multimodale

TR Trans Rail AG – l’histoire d’une réussite multimodale

À la VAP, nous nous enga­ge­ons depuis tou­jours pour un fret fer­ro­vi­ai­re com­pé­ti­tif. Aujourd’hui, plu­s­ieurs ETF pri­vées et des mem­bres de la VAP réa­li­sent des trans­ports importants. Nous avons le plai­sir de vous les pré­sen­ter, ainsi que leurs com­pé­ten­ces fon­da­men­ta­les. Nous com­men­çons par TR Trans Rail AG.

 

Entre la mi-sep­tembre et la fin décembre, c’est la péri­ode de la récol­te des bet­ter­aves sucriè­res – un défi logis­tique mul­ti­mo­dal pour tou­tes les par­ties pren­an­tes. Dans ce con­tex­te, le train offre des atouts, en par­ti­cu­lier sur les moy­ennes et longues distances, et il livre de grands volu­mes de mar­chan­di­ses de maniè­re fia­ble et pon­c­tu­el­le aux deux usi­nes d’Aarberg et de Frauenfeld. 

Les trans­ports de mar­chan­di­ses de TR Trans Rail AG, par­ten­aire logis­tique de longue date de Sucre Suis­se SA, att­eig­n­ent tou­jours un pic au der­nier tri­mest­re de l’année. Pen­dant cette péri­ode, un pro­jet logis­tique com­ple­xe est mis en place pour le trans­port vers les sucre­ries. Les agri­cul­teurs char­gent les wagons aux points de char­ge­ment, avant que ceux-ci soi­ent trans­por­tés par le train. Depuis la sai­son 2021, TR Trans Rail AG est le seul par­ten­aire logis­tique natio­nal de Sucre Suis­se SA dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re, une nou­vel­le étape importan­te dans l’histoire de l’entreprise.

Grâce à l’expé­ri­ence acqui­se au cours des der­niè­res sai­sons, à une pla­ni­fi­ca­ti­on minu­ti­eu­se asso­ciée à une haute fle­xi­bi­li­té, les com­man­des sont exé­cu­tées de maniè­re opti­ma­le. Si, par exemp­le, la sécher­es­se ou le virus de la jau­nis­se ont un impact néga­tif sur le ren­de­ment et la teneur en sucre, il faut dévier plu­s­ieurs trains dans des délais très ser­rés. Seule la fle­xi­bi­li­té de tou­tes les par­ties pren­an­tes per­met d’optimiser l’utilisation des deux usines.

Le der­nier char­ge­ment de bet­ter­aves est arri­vé à la sucre­rie de Frau­en­feld peu avant Noël 2021. Pen­dant 100 jours, TR Trans Rail AG a trans­por­té avec plus de 500 trains envi­ron 555 000 ton­nes de bet­ter­aves jusqu’aux sucre­ries d’Aarberg et de Frauenfeld.

«Le trans­port par rail ainsi que la col­la­bo­ra­ti­on avec les par­ten­aires impli­qués ont géné­ra­le­ment fon­c­tion­né par­fai­te­ment. Les trans­ports fer­ro­vi­ai­res ont per­mis d’économiser envi­ron 90 000 kilo­mè­tres de route. Cette distance repré­sen­te l’équivalent de deux fois le tour de la terre» expli­que Peter Koch, responsable des trans­ports de bet­ter­aves à sucre Est.

 

Quand elle a beso­in d’un savoir-faire trans­ver­sal en matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re, TR Trans Rail AG mise sur la VAP.

André Pel­let, direc­teur géné­ral de TR Trans Rail AG

 André Pel­let: Afin d’aider nos cli­ents à trou­ver de nou­vel­les solu­ti­ons de trans­port pour leurs char­ge­ments, nous vouli­ons en savoir plus sur leurs beso­ins, leurs pos­si­bi­li­tés, mais aussi sur les obs­ta­cles qu’ils ren­cont­rent. Un par­ten­aire com­mer­cial nous a donc con­seil­lé de nous adress­er à la VAP, que nous con­nais­si­ons déjà. Le cont­act a été éta­b­li rapi­de­ment et la col­la­bo­ra­ti­on a démar­ré rapi­de­ment et sans complication.

Que diriez-vous à un col­lè­gue à pro­pos de la VAP?

La VAP est une pla­te­for­me extrê­me­ment utile pour le sec­teur des char­geurs. En effet, ce n’est qu’ensemble que l’on peut abor­der les ques­ti­ons urgen­tes du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses.
Le sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re est extrê­me­ment com­ple­xe et donc très exi­geant. Chaque cli­ent, chaque four­nis­seur a des beso­ins dif­fér­ents. Mais seule l’alliance de tous les acteurs, regrou­pés dans une asso­cia­ti­on, a une chan­ce de rele­ver les défis.

Où voyez-vous le beso­in le plus urgent d’agir pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises?

Le cadre posé par la poli­tique des trans­ports doit être adap­té aux chem­ins de fer de mar­chan­di­ses. L’organisation rigou­reu­se des chem­ins de fer ne doit pas empê­cher la fle­xi­bi­li­té qui génè­re de bon­nes solu­ti­ons de trans­port, de même que les dépen­ses et les efforts doi­vent res­ter dans des pro­por­ti­ons ren­ta­bles. L’infrastructure, tou­jours plus mince, ne doit pas nous limi­ter davantage.

Que sou­hai­tez-vous pour l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suisse?

Le che­min de fer dev­rait davan­ta­ge se pré­sen­ter comme une unité face à la route. Les dif­fér­ents presta­tai­res de ser­vices et ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res pri­vées ont des pos­si­bi­li­tés dif­fé­ren­tes, et chacun pour­rait appor­ter sa con­tri­bu­ti­on à la réa­li­sa­ti­on et au dérou­le­ment des trans­ports. Les chem­ins de fer ne dev­rai­ent pas se con­sidé­rer comme des con­curr­ents, mais mett­re en com­mun leurs dif­fér­ents points forts et pro­po­ser ainsi des solu­ti­ons glo­ba­les et adap­tées aux clients. 

Merci beau­coup pour vos répon­ses, André Pellet!

 

Infor­ma­ti­ons sur TR Trans Rail AG:

En tant qu’entreprise de trans­port fer­ro­vi­ai­re suis­se, TR Trans Rail pro­po­se une large palet­te d’offres et de ser­vices avec dif­fér­ents par­ten­aires nati­on­aux et étran­gers. Forts de leur longue expé­ri­ence, ce sont des spé­cia­lis­tes dans les domain­es du fret, des ser­vices moder­nes, de la nost­al­gie fer­ro­vi­ai­re, des voy­a­ges dans des trains affré­tés pour les grou­pes, des voy­a­ges accom­pa­gnés et des voy­a­ges évè­ne­mentiels à thème.

 

Certification ECM des locomotives

Certification ECM des locomotives

Actualités et notions

À comp­ter du 16 juin 2022, les déten­teurs de loco­mo­ti­ves doi­vent désor­mais eux aussi pos­sé­der un cer­ti­fi­cat ECM pour leurs véhi­cu­les. L’acronyme ECM signi­fie «Enti­ty in char­ge of main­ten­an­ce» et dési­gne l’organisme responsable de la main­ten­an­ce. Les ECM enre­gis­trées pour ces véhi­cu­les dans le «Euro­pean Rail­way Agen­cy Data­ba­se for Inter­ope­ra­bi­li­ty and Safe­ty» (ERADIS) doi­vent respec­ter les dis­po­si­ti­ons de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne sur la sécu­ri­té et du règle­ment d’exécution correspondant.

Cela vous concerne-t-il vous aussi?

Sont con­cer­nés par cette nou­vel­le règle­men­ta­ti­on les mem­bres de la VAP pos­sé­dant leurs pro­pres loco­mo­ti­ves pour opé­rer des manœu­vres sur leurs voies de rac­cor­de­ment. Tou­te­fois, le règle­ment d’exécution exclut de son champ d’application les véhi­cu­les sui­vants:

  • Loco­mo­ti­ves à vapeur et véhi­cu­les historiques
  • Loco­mo­ti­ves ou véhi­cu­les cir­cu­lant à l’intérieur de la voie de rac­cor­de­ment sans aller à la gare en pas­sant par le dis­po­si­tif de rac­cor­de­ment avec pro­tec­tion latérale
  • Véhi­cu­les rail-route

Vous n’avez donc beso­in d’une cer­ti­fi­ca­ti­on ECM ni pour l’utilisation de véhi­cu­les rail-route ni pour l’utilisation de loco­mo­ti­ves uni­quement au sein des instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment. En revan­che, si vos loco­mo­ti­ves cir­cu­lent en dehors de la pro­tec­tion laté­ra­le sur les voies d’échange de la gare, vous devez à cet effet vous pro­cu­rer un cer­ti­fi­cat ECM.

Attention en cas de renonciation à la certification

Important à savoir: si une loco­mo­ti­ve doit être con­duite à l’atelier sans être rat­ta­chée à une ECM, vous devez orga­nis­er à cet effet un trans­port spé­cial avec un con­cept d’exploitation cor­re­spond­ant. À titre d’alternative, vous pou­vez orga­nis­er un trans­port par fer­rou­ta­ge sur un cami­on. Le fait de renon­cer à une cer­ti­fi­ca­ti­on ECM a donc cer­ta­ins inconvénients.

Certification ECM

Les déten­teurs de loco­mo­ti­ves peu­vent soit deman­der à avoir eux-mêmes un cer­ti­fi­cat ECM ou trans­fé­rer la fon­c­tion d’ECM à un presta­tai­re. Les socié­tés ci-des­sous offrent une assis­tance, tant pour la cer­ti­fi­ca­ti­on que pour la repri­se de la fon­c­tion d’ECM pour des locomotives:

Bases légales

La direc­ti­ve (UE) 2016/798 sur la sécu­ri­té fer­ro­vi­ai­re et le règle­ment d’exécution actua­li­sé (UE) 2019/779 du 16 mai 2019 règle­men­tent les exi­gen­ces posées aux ECM. Le règle­ment pré­voit désor­mais un champ d’application pour tous les types de véhi­cu­les. Celui-ci cou­vre les caté­go­ries de véhi­cu­les wagons de mar­chan­di­ses, loco­mo­ti­ves, auto­mo­tri­ces, trains auto­mo­teurs, véhi­cu­les gran­de vites­se, véhi­cu­les de con­s­truc­tion et de main­ten­an­ce et autres.

Dispositions transitoires

Pour les cer­ti­fi­cats existants et les atte­sta­ti­ons de con­for­mi­té cor­re­spond­ant à l’ancienne règle­men­ta­ti­on sur les ECM 445/2011, les règle­men­ta­ti­ons sui­van­tes sont applicables:

règlementation sur les ECM

Fonction d’ECM et exceptions

Une cer­ti­fi­ca­ti­on ECM attes­te que les exi­gen­ces du règle­ment d’exécution sont rem­pli­es. Dans le cadre de la déliv­rance de l’attestation de sécu­ri­té pour les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) ou des auto­ri­sa­ti­ons de sécu­ri­té pour explo­itants d’infrastructures, il est éga­le­ment pos­si­ble de déli­v­rer les jus­ti­fi­ca­tifs ECM cor­re­spond­ants. Ceux-ci sont val­ables pour les ETF et explo­itants d’infrastructures enre­gis­trés en tant qu’ECM dans le regist­re pour véhi­cu­les pro­pres et qui assu­rent la main­ten­an­ce de ces véhi­cu­les exclu­si­ve­ment pour leurs pro­pres opé­ra­ti­ons. Ces véhi­cu­les ne sont donc pas des wagons de mar­chan­di­ses et ils ne cir­cu­lent pas dans d’autres trains. L’ETF ou l’exploitant d’infrastructure ne peut dans ce cas assu­mer la fon­c­tion d’ECM pour d’autres véhi­cu­les. Pour les ECM respons­ables de la main­ten­an­ce des wagons de mar­chan­di­ses, la cer­ti­fi­ca­ti­on est pre­scri­te sans aucu­ne excep­ti­on. Peut agir en tant qu’ECM enre­gis­trée tout ser­vice cer­ti­fié pour le domaine d’application correspondant.

Motion Borloz

Motion Borloz

Le 11 mars 2020, le con­seil­ler natio­nal PLR Fré­dé­ric Bor­loz a dépo­sé la moti­on 20.3084 «Cla­ri­fier les règles rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses». Il y deman­de au Con­seil fédé­ral une cla­ri­fi­ca­ti­on des dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. La cla­ri­fi­ca­ti­on doit notam­ment cou­vr­ir la répar­ti­ti­on des ris­ques et le règle­ment des recours entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res (ETF) et les déten­teurs de wagons ainsi que les con­sé­quen­ces juri­di­ques des inci­dents impli­quant des mar­chan­di­ses dangereuses.

Posi­ti­on de la VAP

En tant que repré­sen­tan­te du sec­teur des char­geurs, la VAP, et sci­ence­indus­tries, asso­cia­ti­on pro­fes­si­on­nel­le du sec­teur chi­mi­que, se décla­rent con­join­te­ment oppo­sées à la moti­on 20.3084. Celle-ci revi­ent expli­ci­te­ment sur l’incident de Dail­lens en mai 2015 et jus­ti­fie les beso­ins de cla­ri­fi­ca­ti­on comme suit. Pre­miè­re­ment: le déten­teur n’est responsable en cas d’accident que si l’ETF peut prou­ver qu’il a com­mis une faute. Deu­xiè­me­ment: la ques­ti­on de la responsa­bi­li­té de la qua­li­té du maté­ri­el (rou­lant) n’est pas réglée. Or ces deux affir­ma­ti­ons sont fausses.

Des arguments convaincants

Depuis l’incident de Dail­lens, le cadre juri­di­que inter­na­tio­nal a été fon­da­men­ta­le­ment modi­fié. L’annexe D à la Con­ven­ti­on rela­ti­ve aux trans­ports inter­na­ti­on­aux fer­ro­vi­ai­res (COTIF) est entrée en vigueur le 1er juil­let 2015. L’article 7 sti­pu­le: «Celui qui, en vertu d’un cont­rat visé à l’article pre­mier, a con­fié le véhi­cu­le pour uti­li­sa­ti­on en tant que moyen de trans­port, répond du dom­mage causé par le véhi­cu­le lorsqu’une faute lui est impu­ta­ble.» Le para­gra­phe 2 con­sta­te que les par­ties con­trac­tu­el­les peu­vent pas­ser des con­ven­ti­ons déro­geant à cette dis­po­si­ti­on. C’est effec­ti­ve­ment ce qu’ont fait les quel­que 600 par­ties con­trac­tu­el­les pri­vées, qui ont actua­li­sé le Cont­rat Uni­for­me d’Utilisation des wagons (CUU) au 1er jan­vier 2017. L’article 7 cla­ri­fie les obli­ga­ti­ons du déten­teur de wagon en matiè­re de main­ten­an­ce, l’article 27 décrit le prin­ci­pe de responsa­bi­li­té civi­le: «Le déten­teur répond du dom­mage causé par le véhi­cu­le lorsqu’une faute lui est impu­ta­ble.» Et: «Une faute du déten­teur est pré­su­mée si celui-ci n’a pas  rem­pli cor­rec­te­ment les obli­ga­ti­ons qui lui incom­bent en vertu de l’article 7.»

Un manque de praticabilité

La moti­on Bor­loz place la ques­ti­on de la responsa­bi­li­té civi­le dans un con­tex­te natio­nal, bien qu’elle con­sti­tue un thème d’envergure inter­na­tio­na­le. Les responsa­bi­li­tés et con­trô­les sont clai­re­ment réglés au niveau supra­na­tio­nal et sur le plan con­trac­tuel. Un com­plé­ment légis­la­tif de droit natio­nal – ou tout autre chose enten­due par «une cla­ri­fi­ca­ti­on des dis­po­si­ti­ons» – ent­ra­ver­ait la pra­ti­ca­bi­li­té pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses cir­cu­lant en Suis­se ou tran­si­tant à tra­vers le pays. Les con­di­ti­ons de trans­port en vigueur à l’é­che­lon inter­na­tio­nal accè­dent depuis long­temps à la deman­de de mise en place d’incitations et au durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té civi­le. Le pas­sa­ge récla­mé à une responsa­bi­li­té objec­ti­ve aggra­vée appli­ca­ble aux déten­teurs de wagons est inu­tile, car en cas d’incident, il n’y a pas de défaut de cou­ver­tu­re d’assurance rele­vant du droit civil, par exemp­le en ce qui con­cer­ne les pai­ements de dom­mages-inté­rêts, ce qui est démon­tré par des inci­dents antérieurs.

No results found.