La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Transfert de responsabilité contestable de CFF Cargo

Transfert de responsabilité contestable de CFF Cargo

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (TFM) con­sti­tue le pilier cen­tral du trans­fert du tra­fic de la route vers le rail. Alors que la bran­che est déjà con­fron­tée à de nombreux défis, le trans­fert des ris­ques de responsa­bi­li­té prévu par CFF Cargo vers ses cli­ents soulè­ve d’importantes ques­ti­ons juri­di­ques, éco­no­mi­ques et de poli­tique des transports.

De quoi s’agit-il:

  • Le cli­mat dans le TFM est tendu depuis un cer­tain temps
  • Le durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té ali­men­te le débat
  • L’économie des char­geurs con­fron­tée à des con­sé­quen­ces graves
  • En con­tra­dic­tion mani­fes­te avec la poli­tique suis­se des transports
  • La VAP s’engage pour le dia­lo­gue et la recher­che de solutions

Le cli­mat dans le TFM est tendu depuis un cer­tain temps

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (TFM) en Suis­se est de plus en plus sous pres­si­on. Plu­s­ieurs évo­lu­ti­ons ont sen­si­blem­ent dété­rio­ré les con­­di­­ti­ons-cad­­res de la bran­che. Dans ce con­tex­te, une nou­vel­le mesu­re de CFF Cargo sus­ci­te une inquiétu­de sup­p­lé­men­tai­re : le trans­fert prévu des ris­ques de responsa­bi­li­té vers les cli­ents. Cela pèse par­ti­cu­liè­re­ment sur le TFM inté­ri­eur, où CFF Cargo dis­po­se d’une posi­ti­on domi­nan­te sur le mar­ché. Comp­te tenu de l’offre limi­tée d’autres ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res (EF), des adapt­a­ti­ons uni­la­té­ra­les des con­di­ti­ons con­trac­tu­el­les ont des con­sé­quen­ces par­ti­cu­liè­re­ment importan­tes. À court terme, les cli­ents de CFF Cargo dis­po­sent de peu d’alternatives et, à moyen et long terme, les trans­ports con­ti­nuent d’être trans­fé­rés du rail vers la route.

Depuis quel­que temps, les évo­lu­ti­ons néga­ti­ves se mul­ti­pli­ent, en par­ti­cu­lier dans le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI), ce qui pous­se de plus en plus l’économie des char­geurs vers la route. CFF Cargo a par exemp­le for­te­ment aug­men­té les prix des pre­sta­ti­ons de trans­port avant même l’entrée en vigueur de la loi révi­sée sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), réduit les points de des­ser­te et rest­reint la dis­po­ni­bi­li­té de cer­ta­ins wagons appar­ten­ant à CFF. L’ensemble de ces évo­lu­ti­ons affai­blit la com­pé­ti­ti­vi­té du rail à tel point que les ent­re­pri­ses char­geu­ses se détour­nent de plus en plus du rail.

Le durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té ali­men­te le débat

Actu­el­le­ment, CFF Cargo pré­voit, dans l’ensemble du TFM en Suis­se, de trans­fé­rer la responsa­bi­li­té aux cli­ents pour les trans­ports effec­tués avec des wagons appar­ten­ant à des tiers. Il est prévu une responsa­bi­li­té sans faute des char­geurs, com­bi­née à une exo­né­ra­ti­on com­plè­te de l’EF vis-à-vis des pré­ten­ti­ons de tiers. De tel­les dis­po­si­ti­ons figu­rent déjà depuis un cer­tain temps dans les con­di­ti­ons géné­ra­les de CFF Cargo. Au début de cette année, CFF Cargo les a envoy­ées indi­vi­du­el­le­ment aux cli­ents pour signa­tu­re, ce qui les ren­dra à l’avenir plus contraignantes.

Ce trans­fert de responsa­bi­li­té vers les char­geurs dans les con­di­ti­ons d’utilisation des wagons appar­ten­ant à des tiers soulè­ve d’importantes ques­ti­ons, notam­ment parce que la moti­on 24.3823 «Responsa­bi­li­té en matiè­re de ris­que des déten­teurs de wagons. Révi­si­on» a déjà échoué fin 2024 au Par­le­ment fédé­ral. Cette moti­on visa­it à trans­fé­rer la responsa­bi­li­té des EF aux déten­teurs de wagons. Impo­ser désor­mais cette responsa­bi­li­té aux char­geurs en con­tour­nant la décis­i­on par­le­men­tai­re appa­raît pour le moins surprenant.

L’activité de l’économie des char­geurs for­te­ment touchée

Dès aujourd’hui, des con­sé­quen­ces importan­tes sur l’activité des char­geurs se dessinent:

  1. Char­ges éco­no­mi­ques sup­p­lé­men­tai­res: Le choix du mode de trans­port con­sti­tue en fin de comp­te une décis­i­on éco­no­mi­que. Si les ris­ques, les coûts et les incer­ti­tu­des aug­men­tent dans le TFM, cela réduit enco­re l’attractivité du rail par rap­port à la route.
  2. Ris­ques de responsa­bi­li­té net­te­ment accrus: La responsa­bi­li­té sans faute pré­vue éten­drait con­sidé­ra­blem­ent les ris­ques pour les char­geurs. De plus, ces ris­ques sont dans de nombreux cas dif­fi­ci­le­ment, voire pas du tout, assurables.
  3. Incer­ti­tu­des en matiè­re d’assurance: De nou­vel­les struc­tures de responsa­bi­li­té peu­vent engend­rer des incer­ti­tu­des importan­tes en matiè­re d’assurabilité et de finance­ment. Outre d’éventuelles lacu­nes de cou­ver­tu­re, des haus­ses de pri­mes sont à prévoir.
  4. Pos­si­bi­li­tés de négo­cia­ti­on limi­tées: En rai­son de la posi­ti­on quasi mono­po­lis­tique de CFF Cargo dans le TWCI, les char­geurs ont peu de pos­si­bi­li­tés de négo­cier indi­vi­du­el­le­ment les con­di­ti­ons contractuelles.
  5. Effets éten­dus sur le mar­ché: Les modi­fi­ca­ti­ons des con­di­ti­ons con­trac­tu­el­les de CFF Cargo affec­tent direc­te­ment une gran­de par­tie des ent­re­pri­ses char­geu­ses, car nombre d’entre elles dépen­dent, à court, moyen ou long terme, des pre­sta­ti­ons de trans­port fer­ro­vi­ai­re de CFF Cargo.

En con­tra­dic­tion mani­fes­te avec la poli­tique suis­se des transports

Le débat sur le trans­fert de responsa­bi­li­té tou­che aux objec­tifs fon­da­men­taux de la poli­tique suis­se des trans­ports. Celle-ci vise notam­ment, dans le tra­fic tran­sal­pin, un trans­fert con­sé­quent du trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Or, le tra­fic par wagons iso­lés est déjà sous pres­si­on depuis un cer­tain temps. Les off­res alter­na­ti­ves sont par­fois limi­tées et les ris­ques sup­p­lé­men­tai­res con­sti­tu­ent iné­vi­ta­blem­ent un fac­teur de char­ge sup­p­lé­men­tai­re pour ces transports.

Un affai­blis­se­ment de la com­pé­ti­ti­vi­té du rail par rap­port à la route met en péril les objec­tifs poli­ti­ques de trans­fert. Dans le con­tex­te des mesu­res de sou­ti­en récem­ment adop­tées pour le TWCI dans le cadre de la révi­si­on du LTM, une char­ge sup­p­lé­men­tai­re appa­raît par­ti­cu­liè­re­ment con­tra­dic­toire. Le Par­le­ment a en effet récem­ment déci­dé d’importantes sub­ven­ti­ons afin de sta­bi­li­ser le TWCI et d’assurer sa via­bi­li­té éco­no­mi­que à moyen terme.

La VAP s’engage pour le dia­lo­gue et la recher­che de solutions

La VAP – Asso­cia­ti­on des char­geurs – obser­ve ces évo­lu­ti­ons avec inquiétu­de. Il est actu­el­le­ment en cont­act étroit avec les ent­re­pri­ses con­cer­nées et s’engage pour des solu­ti­ons qui main­ti­en­nent la com­pé­ti­ti­vi­té du TFM, limi­tent les ris­ques pour les char­geurs à un niveau sup­port­a­ble et ne com­pro­met­tent pas les objec­tifs de poli­tique des trans­ports de la Suisse.

Dans le TWCI en par­ti­cu­lier, une inter­ac­tion fon­c­tion­nel­le entre EF, char­geurs et déten­teurs de wagons est essen­ti­el­le. Des expé­ri­en­ces inu­tiles comme ce trans­fert de responsa­bi­li­té portent att­ein­te de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à la com­pé­ti­ti­vi­té du rail.

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Un vent favorable pour le transport transalpin de marchandises dans une situation précaire

Un vent favorable pour le transport transalpin de marchandises dans une situation précaire

Le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons visa­nt à garan­tir la poli­tique de trans­fert du tra­fic mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. L’As­so­cia­ti­on des char­geurs salue ces décis­i­ons. Comp­te tenu des récen­tes évo­lu­ti­ons dans le domaine du tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin, il est essentiel de pro­mou­voir de maniè­re sta­ble le trans­port com­bi­né afin de ne pas perd­re com­plè­te­ment de vue l’ob­jec­tif légal de trans­fert. Cela per­met éga­le­ment d’assurer la sécu­ri­té de la pla­ni­fi­ca­ti­on pour les ent­re­pri­ses concernées. 

Lors de sa ses­si­on de prin­temps, le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons visa­nt à garan­tir à l’a­ve­nir le sou­ti­en finan­cier au trans­fert du tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. D’une part, la Chambre basse esti­me qu’il faut veil­ler à ce que les fonds libé­rés par la fin pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) con­ti­nuent d’êt­re uti­li­sés pour des mesu­res de trans­fert du tra­fic. D’aut­re part, la pro­mo­ti­on du trans­port com­bi­né tran­sal­pin doit être garan­tie au-delà de 2030.

Le der­nier rap­port du gou­ver­ne­ment fédé­ral sur le trans­fert modal mont­re que le trans­fert du tra­fic rou­tier vers le rail dans le trans­port tran­sal­pin de mar­chan­di­ses a récem­ment connu un net ralen­tis­se­ment. En 2024, la part du rail dans le trans­port tran­sal­pin de mar­chan­di­ses s’é­le­vait à 70,3 %, soit une baisse de 2,6 % par rap­port à 2022. Avec envi­ron 960 000 tra­jets de cami­ons en 2024, l’ob­jec­tif de trans­fert maxi­mal de 650 000 tra­jets n’a donc pas été att­eint, loin s’en faut. Avec la fin de la chaus­sée rou­lan­te, on peut sup­po­ser que la barre du mil­li­on de tra­jets de cami­ons sera fran­chie au plus tard en 2026.

Le trans­port com­bi­né joue un rôle cen­tral dans la réa­li­sa­ti­on de l’ob­jec­tif de trans­fert. Il con­sti­tue l’é­pi­ne dor­sa­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes et per­met d’a­che­mi­ner effi­ca­ce­ment une gran­de par­tie du tra­fic de tran­sit par le rail. Dans ce con­tex­te, la sécu­ri­té de pla­ni­fi­ca­ti­on des instru­ments de pro­mo­ti­on est déter­mi­nan­te pour garan­tir à long terme les inves­tis­se­ments et les off­res dans le domaine du trans­port combiné.

La VAP salue donc expres­sé­ment la décis­i­on du Con­seil des États. Celle-ci con­sti­tue notam­ment un signal important pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui subit actu­el­le­ment des pres­si­ons sur plu­s­ieurs fronts et ris­que de voir s’ac­cé­lé­rer le trans­fert des trans­ports vers la route.

C’est désor­mais au Con­seil natio­nal de se pro­non­cer sur les deux moti­ons et de se ral­li­er à la décis­i­on du Con­seil des États, envoy­ant ainsi un signal fort en faveur du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Avec les paramè­tres clés pour les trans­ports en 2045, le Con­seil fédé­ral pose les jalons pour le déve­lo­p­pe­ment futur des infra­struc­tures de trans­port. Du point de vue de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée dès le début. Sinon, les objec­tifs de trans­fert modal et le bon fon­c­tion­ne­ment de l’en­sem­ble du sys­tème seront compromis.

Lors de sa séan­ce d’hier, le Con­seil fédé­ral a fixé les gran­des lignes du déve­lo­p­pe­ment des infra­struc­tures de trans­port jus­qu’en 2045. Se fond­ant sur l’ex­per­ti­se «Trans­ports 2045» de l’EPFZ ainsi que sur les esti­ma­ti­ons et les ana­ly­ses des offices fédé­raux com­pé­tents, il a char­gé le DETEC d’é­la­bo­rer un pro­jet desti­né à la con­sul­ta­ti­on d’ici à fin juin 2026. L’ob­jec­tif est de coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment du rail, de la route et du tra­fic d’ag­glo­mé­ra­ti­on afin de répond­re aux beso­ins futurs en matiè­re de mobilité.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) salue le fait que le Con­seil fédé­ral se pen­che suf­fi­sam­ment tôt et à long terme sur le déve­lo­p­pe­ment de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re. Pour les mem­bres de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée, car il con­sti­tue un élé­ment indis­pensable d’un sys­tème de trans­port per­for­mant et durable.

Le rap­port de l’EPFZ décrit une forte crois­sance du tra­fic voy­a­ge­urs, tan­dis que le tra­fic mar­chan­di­ses par rail sta­gne depuis des années. Du point de vue de la VAP, cette con­sta­ta­ti­on est tou­te­fois insuf­fi­san­te. La sta­gna­ti­on n’est pas prin­ci­pa­le­ment due à un man­que de deman­de, mais plu­tôt à des gou­lets d’étran­gle­ment en ter­mes de capa­ci­té, à l’ab­sence de con­­di­­ti­ons-cad­­res et à des rest­ric­tions opé­ra­ti­on­nel­les, non seu­le­ment en Suis­se, mais aussi sur les lignes d’ap­port dans les pays voi­sins. Les trains de voy­a­ge­urs ayant la prio­ri­té dans le tra­fic mixte, il devi­ent de plus en plus dif­fi­ci­le pour les trains de mar­chan­di­ses de cir­cu­ler de maniè­re fia­ble et pon­c­tu­el­le sur un réseau fer­ro­vi­ai­re for­te­ment sol­li­ci­té. À cela s’a­jou­te l’aug­men­ta­ti­on des trans­ports de mar­chan­di­ses urgents, tels que les biens de con­som­ma­ti­on, les den­rées ali­men­tai­res ou les colis. La ques­ti­on reste ouver­te de savoir com­ment garan­tir que ces trains de mar­chan­di­ses trou­vent effec­ti­ve­ment leur place sur le réseau fer­ro­vi­ai­re, en par­ti­cu­lier avec des sil­lons vrai­ment rapides.

Si le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne dis­po­se pas de l’e­space néces­saire, il ris­que d’êt­re trans­fé­ré vers la route. Cela aurait des con­sé­quen­ces immé­dia­tes sur le réseau rou­tier déjà for­te­ment sol­li­ci­té, qui fon­c­tion­ne déjà à la limi­te de ses capa­ci­tés dans de nombreux end­roits. Une char­ge sup­p­lé­men­tai­re sur les rou­tes natio­na­les due au trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­nerait clai­re­ment une aug­men­ta­ti­on des heu­res d’embouteillage, ce qui n’est dans l’in­té­rêt ni de l’é­co­no­mie ni de la population.

Pour la VAP, il est donc essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit sys­té­ma­ti­quement pris en comp­te dans la pla­ni­fi­ca­ti­on et la hié­rar­chi­sa­ti­on des étapes d’ex­ten­si­on. L’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re est uti­li­sée à la fois pour le trans­port de mar­chan­di­ses et pour le trans­port de per­son­nes. Ces deux modes de trans­port sont essentiels pour la Suis­se en tant que pôle éco­no­mi­que et de mobi­li­té. La VAP par­ti­ci­pe­ra donc acti­ve­ment à la con­sul­ta­ti­on pré­vue à l’été 2026 afin de répond­re aux pré­oc­cu­pa­ti­ons des char­geurs et du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard a clai­re­ment mon­tré à quel point un sys­tème fer­ro­vi­ai­re haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le euro­pé­en­ne est vul­né­ra­ble. Il a éga­le­ment mis en évi­dence qu’un niveau élevé de sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne peut être garan­ti que si tous les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés. Cela néces­si­te une appro­che glo­ba­le qui réduit la pro­ba­bi­li­té d’in­ci­dents grâce à une multi­tu­de de mesures.

Les enjeux:

  • Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?
  • Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas
  • La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité
  • Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables
  • La sécu­ri­té n’est pas une mis­si­on individuelle
  • Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en est souhaitable

 

Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard en août 2023 a bou­le­ver­sé le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, voire toute la Suis­se. Les dom­mages con­sidé­ra­bles cau­sés à l’in­fra­struc­tu­re et les longs travaux de répa­ra­ti­on ont ent­raî­né une dis­po­ni­bi­li­té réduite de l’axe nord-sud le plus important de Suis­se pen­dant plus d’un an. Les réper­cus­sions opé­ra­ti­on­nel­les se sont fait sen­tir bien au-delà du tun­nel du Got­hard et ont sou­le­vé une ques­ti­on cen­tra­le : com­ment garan­tir dura­blem­ent la sécu­ri­té dans un sys­tème haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le européenne?

Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas

Une réac­tion radi­cale à un inci­dent grave est com­pré­hen­si­ble : la sécu­ri­té doit être ren­for­cée, les ris­ques mini­mi­sés et les réci­di­ves exclues. Les mesu­res pri­ses par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) après la publi­ca­ti­on du rap­port d’ac­ci­dent du Ser­vice suis­se d’en­quête de sécu­ri­té (SESE) ont donc été dras­ti­ques. Mais ces mesu­res sont peu fon­dées et visent exclu­si­ve­ment les déten­teurs de wagons.

La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité

Il est rapi­de­ment appa­ru que les nou­vel­les pre­scrip­ti­ons de l’OFT ne pou­vai­ent être mises en œuvre sous leur forme pré­vue, ni sur le plan opé­ra­ti­on­nel, ni en ter­mes de capa­ci­tés des ser­vices de main­ten­an­ce. La réduc­tion mas­si­ve des cycles de main­ten­an­ce et de con­trô­le aurait ent­raî­né la mise en main­ten­an­ce immé­dia­te de mil­liers de wagons de mar­chan­di­ses, qui n’au­rai­ent plus été uti­li­sables. L’OFT s’est vu con­traint d’ad­ap­ter sa décis­i­on initiale.

Cette cor­rec­tion régle­men­tai­re mont­re à quel point il est dif­fi­ci­le, dans l’ur­gence, de défi­nir des mesu­res effi­caces, fon­dées et appli­ca­bles pour un sys­tème extrê­me­ment com­ple­xe. Elle mont­re éga­le­ment que la ques­ti­on de la sécu­ri­té ne peut être réduite à cer­ta­ins acteurs ou à cer­tai­nes mesu­res, et enco­re moins à cer­ta­ins pays.

Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re de trans­port de mar­chan­di­ses ne s’ar­rête pas à la fron­tiè­re natio­na­le. Les wagons de mar­chan­di­ses cir­cu­lent pen­dant des semain­es, voire des mois, sur l’en­sem­ble du réseau euro­pé­en et chan­gent con­stam­ment de pays, d’entre­pri­se fer­ro­vi­ai­re et de ges­ti­on­n­aire d’in­fra­struc­tu­re. Pour garan­tir la sécu­ri­té dans ce con­tex­te dyna­mi­que, il ne suf­fit pas de dis­po­ser d’un maté­ri­el rou­lant soli­de. Une ges­ti­on pré­voy­an­te du maté­ri­el rou­lant et une con­duite com­pé­ten­te en explo­ita­ti­on sont éga­le­ment déterminantes.

Les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res jouent donc un rôle clé. Elles uti­li­sent les wagons de mar­chan­di­ses dans leur explo­ita­ti­on quo­ti­di­en­ne, effec­tu­ent des con­trô­les avant le départ et des con­trô­les visuels et influen­cent la char­ge réel­le du maté­ri­el rou­lant par la con­duite du per­son­nel de loco­mo­ti­ve et la ges­ti­on opérationnelle.

La sécu­ri­té n’est pas une tâche isolée

La sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses résul­te de l’in­ter­ac­tion entre les déten­teurs de wagons, les ser­vices de main­ten­an­ce, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et les infra­struc­tures, avec des sys­tè­mes de sur­veil­lan­ce et de détec­tion appro­priés. Si cer­ta­ins acteurs sont reti­rés de cette équa­ti­on et donc déchar­gés de leur responsa­bi­li­té, leur inter­ac­tion se trouve désé­qui­li­brée. Les mesu­res régle­men­tai­res doi­vent tenir comp­te de cette réalité.

Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en souhaitée

C’est pré­cis­é­ment parce que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est orga­ni­sé à l’é­chel­le euro­pé­en­ne qu’il faut adop­ter une per­spec­ti­ve euro­pé­en­ne en matiè­re de sécu­ri­té. Le réseau fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tel­lement inter­con­nec­té au niveau inter­na­tio­nal que les initia­ti­ves natio­na­les iso­lées com­pro­met­tent la sécu­ri­té plu­tôt qu’el­les ne l’op­ti­mi­sent. Dans ce con­tex­te, il faut saluer les recom­man­da­ti­ons pré­sen­tées fin 2025 par le Joint Net­work Secre­ta­ri­at, qui visent à coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment des exi­gen­ces de sécu­ri­té. L’OFT a rai­son d’ad­op­ter une visi­on pan­eu­ro­pé­en­ne et d’har­mo­nis­er les mesu­res pri­ses en Suis­se avec les lignes direc­tri­ces européennes.

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VAP renforce ses effectifs et affine son orientation future

VAP renforce ses effectifs et affine son orientation future

La VAP ren­force ses effec­tifs. Jonas Leh­ner rem­pla­cera le direc­teur géné­ral Simon Wey à par­tir de début 2026. Ce ren­fort vise non seu­le­ment à ren­forcer l’i­mage de l’as­so­cia­ti­on, mais aussi à faire pro­gresser son déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique et thématique.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) est la voix forte et libé­ra­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se. Nous nous réjouis­sons de ren­forcer le tra­vail de notre asso­cia­ti­on grâce à l’ar­ri­vée de Jonas Leh­ner début jan­vier 2026. Il pos­sè­de plu­s­ieurs années d’expé­ri­ence dans le monde asso­cia­tif, notam­ment en tant que direc­teur adjoint de la com­mu­ni­ca­ti­on de l’U­ni­on patro­na­le suisse.

Ce ren­fort en per­son­nel vise non seu­le­ment à ren­forcer l’i­mage de l’as­so­cia­ti­on, mais aussi à pro­mou­voir son déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique et thé­ma­tique. Cela com­prend l’in­ten­si­fi­ca­ti­on des éch­an­ges tech­ni­ques avec les mem­bres, le posi­ti­onne­ment thé­ma­tique de l’as­so­cia­ti­on sur les ques­ti­ons rela­ti­ves au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et une com­mu­ni­ca­ti­on cohé­ren­te et ciblée. Ce der­nier point per­met­tra d’af­fi­ner enco­re l’i­mage de l’AIF auprès des milieux poli­ti­ques, des médi­as et de la socié­té. Tous ces chan­ge­ments ont pour objec­tif clair de con­tin­uer à mett­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et son évo­lu­ti­on au cent­re de l’at­ten­ti­on des milieux poli­ti­ques, des médi­as et de la socié­té, et de repré­sen­ter enco­re plus effi­ca­ce­ment les inté­rêts des chargeurs.

La VAP s’en­ga­ge en faveur de con­­di­­ti­ons-cad­­res favor­ables à un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses inno­vant, per­for­mant et com­pé­ti­tif en Suisse.

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Session d’hiver 2025 : beaucoup de questions, quelques réponses

Session d’hiver 2025 : beaucoup de questions, quelques réponses

Lors de la ses­si­on d’hi­ver 2025, qui s’est tenue du 1er au 19 décembre 2025, le Par­le­ment suis­se a débat­tu de divers pro­jets liés à la poli­tique des trans­ports. L’ac­cent a été mis sur les mesu­res déci­dées par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) à la suite du rap­port Sust sur l’ac­ci­dent de train de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Le niveau de per­for­mance de CFF Cargo ainsi que, une fois de plus, l’a­li­men­ta­ti­on et la liqui­di­té du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF) ont éga­le­ment fait l’ob­jet de débats.


Les enjeux:

  • Le Con­seil fédé­ral s’ex­prime sur les con­sé­quen­ces des mesu­res de sécu­ri­té pri­ses par l’OFT
  • Dis­cus­sion con­tro­ver­sée sur la garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons chez CFF Cargo
  • La deu­xiè­me chambre adop­te la moti­on rela­ti­ve à l’a­li­men­ta­ti­on et à la liqui­di­té du FIF

Le Con­seil fédé­ral s’ex­prime sur les con­sé­quen­ces des mesu­res de sécu­ri­té pri­ses par l’OFT

Le 15 décembre 2025, le Con­seil des États a exami­né l’in­ter­pel­la­ti­on 25.4146 «Con­sé­quen­ces des mesu­res visa­nt à ren­forcer la sécu­ri­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses» dépo­sée par le con­seil­ler aux États et pré­si­dent de l’AIFP Josef Ditt­li. L’ac­cent a été mis sur les ques­ti­ons rela­ti­ves aux mesu­res initia­le­ment ordon­nées par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) à la suite de l’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. L’ob­jec­tif de ces mesu­res était d’a­mé­lio­rer la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Au début du débat au Con­seil, le con­seil­ler aux États Ditt­li a souli­g­né que ces mesu­res con­cer­nerai­ent iné­vi­ta­blem­ent aussi les pays de l’U­ni­on euro­pé­en­ne. Comme l’OFT n’a pas eu le temps de les coor­don­ner avec le sec­teur euro­pé­en du trans­port de mar­chan­di­ses, il esti­me que l’in­teropé­ra­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal de mar­chan­di­ses est men­acée. Josef Ditt­li esti­me éga­le­ment que les ate­liers ne dis­po­sent pas des capa­ci­tés humain­es et tech­ni­ques néces­saires pour faire face à la réduc­tion des inter­val­les de main­ten­an­ce. Il a évo­qué le ris­que que la mise en œuvre de ces mesu­res ent­raî­ne une pénurie mas­si­ve de wagons de mar­chan­di­ses, avec les con­sé­quen­ces que cela impli­que pour la sécu­ri­té d’approvisionnement.

Le con­seil­ler aux États Ditt­li doute qu’il soit juste et per­ti­nent de recher­cher uni­la­té­ra­le­ment la responsa­bi­li­té des rup­tures de roues dans l’en­tre­ti­en des wagons, comme le fait la décis­i­on de l’OFT. Les cau­ses des rup­tures de roues serai­ent dues à la com­bi­nai­son de plu­s­ieurs fac­teurs, tels que le com­porte­ment de con­duite et de frei­na­ge du con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, l’é­tat de l’in­fra­struc­tu­re, ainsi que la main­ten­an­ce et le maté­ri­el. Selon M. Ditt­li, «le mode de con­duite, les con­di­ti­ons de l’in­fra­struc­tu­re et la main­ten­an­ce dev­rai­ent être pris en comp­te de maniè­re appro­priée dans l’évaluation».

Dans son inter­ven­ti­on, le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti a souli­g­né la posi­ti­on prépon­dé­ran­te de l’é­co­no­mie de char­ge­ment dans le trans­port de mar­chan­di­ses. «Je pense qu’il est incon­test­a­ble ici dans cette salle que l’é­co­no­mie de char­ge­ment joue un rôle très important dans le trans­port de mar­chan­di­ses et que nous devons en même temps tout mett­re en œuvre pour que les mar­chan­di­ses restent sur le rail et que la sécu­ri­té soit garantie.»

Le con­seil­ler fédé­ral Rösti a éga­le­ment évo­qué la décis­i­on pro­vi­so­i­re du Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral. Celle-ci réta­blit l’ef­fet sus­pen­sif qui avait été reti­ré par la décis­i­on. Le con­seil­ler fédé­ral Rösti con­sidè­re ce répit comme une occa­si­on bien­ve­nue pour tra­vail­ler à la mise en œuvre des mesu­res déci­dées et cla­ri­fier les incer­ti­tu­des rela­ti­ves à la ques­ti­on de la responsa­bi­li­té. Avec le pos­tu­lat Stor­ni 25.3177, le Con­seil fédé­ral a éga­le­ment reçu du Con­seil natio­nal le man­dat de dress­er un état des lieux de la situa­ti­on régle­men­tai­re en matiè­re de sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le con­seil­ler fédé­ral Rösti a décla­ré à ce sujet : «Je pense que le pos­tu­lat offre une base pour exami­ner éga­le­ment les ques­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té. […] À ce niveau, il dev­rait être pos­si­ble de pour­suiv­re la col­la­bo­ra­ti­on pour garan­tir la sécu­ri­té et le main­ti­en du trans­port de mar­chan­di­ses par rail.»

Vous pou­vez lire ici l’in­té­gra­li­té du bul­le­tin du débat du Con­seil des États sur l’in­ter­pel­la­ti­on 25.4146 du con­seil­ler aux États Josef Dittli.
 
Dis­cus­sion con­tro­ver­sée sur la garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons chez CFF Cargo

Avec les moti­ons 25.4147 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog et 25.4409 de la CTT‑E, le Con­seil des États a débat­tu de la «garan­tie du niveau des pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral dans le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses». Ces inter­ven­ti­ons deman­dent au Con­seil fédé­ral de fixer diver­ses exi­gen­ces aux CFF pour la péri­ode de pre­sta­ti­ons 2026 à 2029. Le débat au Con­seil des États s’est con­cen­tré sur trois points : les con­tri­bu­ti­ons finan­ciè­res de la Con­fé­dé­ra­ti­on, l’a­mé­lio­ra­ti­on de l’ef­fi­ca­ci­té et donc les points de des­ser­te des­ser­vis par CFF Cargo, ainsi que les aug­men­ta­ti­ons de prix pro­por­ti­onnées à l’a­ve­nir. En accord avec la majo­ri­té de la CTT‑E, Eva Her­zog a reti­ré le pre­mier point de sa motion

La con­seil­lè­re aux États Esther Fried­li a pris la paro­le pour jus­ti­fier la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire visa­nt à reje­ter le point deux de la moti­on 25.4409. Sa con­clu­si­on : « Je vous deman­de de lais­ser pas­ser un peu de temps afin que la nou­vel­le loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses puis­se être mise en œuvre. Dans un ou deux ans, nous pour­rons alors voir si elle a évo­lué dans la bonne direc­tion. Mais notre mino­ri­té esti­me qu’il n’est pas judi­cieux d’in­ter­ve­nir à nou­veau dès maintenant. »

Le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti s’est expri­mé comme suit lors du débat : «Nous avons défi­ni les points de des­ser­te dans la con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons, les prix ont été fixés con­trac­tu­el­le­ment, et le cadre est donc en fait tel que le Par­le­ment l’a défi­ni lors de l’ex­amen de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Je vous deman­de donc de ne pas inter­ve­nir dans la mise en œuvre et de lais­ser le con­cept fon­c­tion­ner dans un pre­mier temps, sach­ant que nous exi­ge­ons de CFF Cargo qu’el­le ne subis­se plus de per­tes dans tous ces domaines.»

Le Con­seil des États a approu­vé la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire con­cer­nant le point deux de la moti­on 25.4409 par 21 voix cont­re 15 et a adop­té le point trois de la moti­on par 21 voix cont­re 19. Le Con­seil natio­nal doit enco­re déli­bé­rer sur ces pro­jets en tant que deu­xiè­me chambre.

Vous pou­vez lire ici l’in­té­gra­li­té du bul­le­tin du débat du Con­seil des États sur les moti­ons 25.4147 et 25.4409.

La deu­xiè­me chambre adop­te la moti­on rela­ti­ve à l’a­li­men­ta­ti­on et à la liqui­di­té du FIF

Avec la moti­on 25.3953 «Garan­tir l’a­li­men­ta­ti­on et les liqui­di­tés du fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re», la CTT‑E a char­gé le Con­seil fédé­ral de prend­re les mesu­res appro­priées pour amé­lio­rer et aug­men­ter l’a­li­men­ta­ti­on et la liqui­di­té du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF).

Con­for­mé­ment à la prise de posi­ti­on du Con­seil fédé­ral, le Dépar­te­ment fédé­ral de l’en­vi­ron­ne­ment, des trans­ports, de l’é­ner­gie et de la com­mu­ni­ca­ti­on a déci­dé d’ex­ami­ner et de hié­rar­chiser les pro­jets d’ex­ten­si­on pré­vus dans le cadre du pro­jet « Trans­ports 45 ». Il con­vi­ent en outre de cla­ri­fier com­ment la situa­ti­on finan­ciè­re du BIF peut être garan­tie à moyen terme. Le Con­seil fédé­ral ne tien­dra comp­te que des mesu­res qui n’af­fec­tent pas le paquet de mesu­res d’al­lè­ge­ment bud­gé­tai­re 27 et le frein à l’endettement.

Le Con­seil des États avait déjà adop­té la moti­on 25.3953 lors de la ses­si­on d’au­t­om­ne 2025 (cli­quez ici pour con­sul­ter le bul­le­tin offi­ci­el). Le Con­seil natio­nal a suivi la pre­miè­re chambre et a éga­le­ment adop­té la moti­on le 11 décembre 2025.

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

L’an­née tou­che bien­tôt à sa fin. On aime­rait tant pou­voir annon­cer de bon­nes nou­vel­les à l’appro­che des fêtes. Mal­heu­reu­se­ment, il n’est pas faci­le de tirer des con­clu­si­ons posi­ti­ves de l’ana­ly­se du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en 2025. Au con­trai­re, les mau­vai­ses nou­vel­les se suc­cè­dent. Il faut se poser la ques­ti­on de l’im­portance future de ces colos­ses d’a­cier qui, année après année, trans­portent des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses d’un point A à un point B.


Les enjeux:

  • Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier
  • La liste des exemp­les néga­tifs est longue
  • Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu
  • Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle
  • Agir au lieu de capituler

Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier

Une éco­no­mie en plei­ne crois­sance ent­raî­ne néces­saire­ment une aug­men­ta­ti­on des beso­ins en matiè­re de trans­port de mar­chan­di­ses. En effet, les mar­chan­di­ses sup­p­lé­men­tai­res doi­vent être ache­mi­nées d’une maniè­re ou d’une autre jus­qu’au con­som­ma­teur final. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est indis­pensable à cet égard ; aujour­d’hui déjà, il ache­mi­ne chaque année des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses de A à B dans le respect du climat.

Selon les pré­vi­si­ons de l’Of­fice fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al (ARE) dans le cadre de ses per­spec­ti­ves de trans­port pour 2050, il faut s’at­tendre à une aug­men­ta­ti­on de 31 % du tra­fic mar­chan­di­ses d’ici 2050. Pen­dant cette péri­ode, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail dev­rait pas­ser de 37 à 39 %. Les déve­lo­p­pe­ments actuels dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses vont à l’en­cont­re de ces per­spec­ti­ves et des inten­ti­ons poli­ti­ques clai­res en la matiè­re : bien que la deman­de de trans­port de mar­chan­di­ses aug­men­te, le rail ne cesse de perd­re des parts de marché.

La liste des exemp­les néga­tifs est longue

La sup­pres­si­on pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) illus­tre par­fai­te­ment cette ten­dance à la baisse. Le 11 décembre 2025, celle-ci a effec­tué son der­nier tra­jet entre Fri­­bourg-en-Bris­­gau et Nova­ra (IT). La liste des exemp­les néga­tifs simi­lai­res est longue. Citons par exemp­le la sup­pres­si­on de huit ter­minaux pour le trans­port com­bi­né, les aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois dis­pro­por­ti­onnées pra­ti­quées par CFF Cargo en Suis­se ou les régle­men­ta­ti­ons dras­ti­ques et peu fon­dées de l’OFT à la suite de l’ac­ci­dent dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Tout aussi pré­oc­cu­p­an­te est la situa­ti­on désastreu­se de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re alle­man­de pour le trans­port com­bi­né tran­sal­pin non accom­pa­gné. Ces cas appa­rem­ment iso­lés s’ac­cu­mu­lent et con­dui­sent à un déclin insi­dieux et grave du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, et donc à un trans­fert des trans­ports de la voie fer­rée vers la route.

Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu

Cet affai­blis­se­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a éga­le­ment des con­sé­quen­ces gra­ves dans d’au­t­res domain­es. L’ob­jec­tif cli­ma­tique « zéro émis­si­on nette » de la Con­fé­dé­ra­ti­on devi­ent ainsi de plus en plus irré­a­lis­te. De même, la route a depuis long­temps att­eint ses limi­tes de capa­ci­té, comme en témoi­g­ne le nombre immense et expo­nentiel d’heu­res d’embouteillage : en 2024, il dépas­sait les 55 000 heu­res. Aucu­ne amé­lio­ra­ti­on n’est en vue. Au con­trai­re, car les élec­teurs ont clai­re­ment reje­té une aug­men­ta­ti­on de la capa­ci­té en novembre 2024.

Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle

De nombreu­ses initia­ti­ves visa­nt à con­trer ces ten­dan­ces néga­ti­ves sont réjouis­san­tes. Le pro­jet Cargo-S-Bahn de rXp Inter­re­gio­Car­go est l’une de ces lueurs d’e­s­poir. Il reprend les élé­ments éprou­vés du trans­port com­bi­né et éli­mi­ne les obs­ta­cles qui le frei­nent. Grâce à un sys­tème simp­le et bien pensé, cette alli­ance inter­sec­to­ri­el­le d’entre­pri­ses soli­des sou­hai­te trans­fé­rer le trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Dans le domaine du trans­port com­bi­né tran­sal­pin, on fait éga­le­ment de néces­si­té vertu : sous la direc­tion de l’OFT, on ras­sem­ble du per­son­nel trans­fron­ta­lier et on exami­ne des appro­ches inno­van­tes pour sur­mon­ter la situa­ti­on dif­fi­ci­le actu­el­le, carac­té­ri­sée par une infra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re déso­lan­te et des chan­tiers en per­spec­ti­ve en Alle­ma­gne. Il est posi­tif de voir com­ment les acteurs du sec­teur se ser­rent les cou­des et recher­chent des solu­ti­ons de maniè­re pragmatique.

Agir au lieu de capituler

Ulrich Maix­ner, direc­teur géné­ral de la socié­té de trans­port Hoyer, a récem­ment tiré une con­clu­si­on dra­ma­tique dans le jour­nal Zuger Zei­tung con­cer­nant la situa­ti­on du trans­port com­bi­né : « Nous som­mes au bord du gouf­fre ». La situa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se n’est pas enco­re aussi dra­ma­tique. Cepen­dant, le sec­teur ne peut pas se per­mett­re une deu­xiè­me année 2025 avec une accu­mu­la­ti­on simi­lai­re de mau­vai­ses nouvelles.

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Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Lors de sa séan­ce du 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a révi­sé le sou­ti­en finan­cier accor­dé par la Con­fé­dé­ra­ti­on au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se et au trans­port flu­vi­al de mar­chan­di­ses. La révi­si­on tota­le de l’or­don­nan­ce sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM) et d’au­t­res modi­fi­ca­ti­ons d’or­don­nan­ces ent­re­ront en vigueur le 1er jan­vier 2026.


Les enjeux:

  • La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises
  • Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement
  • Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC
  • Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations
  • CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises

Le 21 mars 2025, le Par­le­ment a adop­té la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) et lancé ainsi un ensem­ble com­plet de mesu­res visa­nt à ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le trans­port par wagons iso­lés (TWCI) béné­fi­ci­e­ra ainsi d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans et dev­rait deve­nir ren­ta­ble à moyen terme. Le Par­le­ment a all­oué 260 mil­li­ons de francs pour les quat­re pre­miè­res années. Il met en outre à dis­po­si­ti­on un mon­tant uni­que de 180 mil­li­ons de francs pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC).

Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement

La LTC pré­voit éga­le­ment des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment ainsi que des con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment. L’ob­jec­tif est d’en­cou­ra­ger le trans­port de mar­chan­di­ses par rail et le trans­bor­de­ment de mar­chan­di­ses entre le rail et d’au­t­res modes de trans­port. À par­tir de jan­vier 2026, la Con­fé­dé­ra­ti­on ver­se­ra des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment aux explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et d’in­stal­la­ti­ons de char­ge­ment du trans­port com­bi­né. Cel­­les-ci s’é­lè­vent à un mon­tant for­fai­taire de 40 francs pour chaque wagon char­gé reçu ou expé­dié. Au total, 50 mil­li­ons de francs sont dis­po­nibles chaque année à cet effet.

Le sou­ti­en finan­cier est limi­té à 8000 wagons par voie de rac­cor­de­ment. La limi­te infé­ri­eu­re pré­vue dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on a été sup­p­ri­mée sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on. Les petits et moy­ens char­geurs sont ainsi éga­le­ment inci­tés à recour­ir davan­ta­ge au rail.

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­te étendre la pro­mo­ti­on des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment par le biais de con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment et la sim­pli­fier sur le plan admi­nis­tra­tif. Il entend sou­te­nir davan­ta­ge les inves­tis­se­ments dans les sur­faces de trans­bor­de­ment et les élé­ments mobi­les des instal­la­ti­ons par le biais de con­tri­bu­ti­ons forfaitaires.

Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC

La DAC est un élé­ment important pour un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et plus pro­duc­tif. La Con­fé­dé­ra­ti­on verse des con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires par véhi­cu­le pour l’a­mé­nage­ment et la trans­for­ma­ti­on des wagons et des loco­mo­ti­ves. Cel­­les-ci s’é­lè­vent au total à 180 mil­li­ons de francs. Sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on, la Con­fé­dé­ra­ti­on a déci­dé de fixer le mon­tant for­fai­taire à 8000 francs par wagon, indé­pen­dam­ment de son âge.

Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations

Au cours de l’été 2025, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) a lancé un appel d’off­res pour le sou­ti­en finan­cier de pre­sta­ti­ons par­ti­el­les dans le cadre du sys­tème TWCI. À ce jour, seule CFF Cargo a répon­du à l’ap­pel d’off­res. D’ici fin 2025, l’OFT éla­bo­rera avec CFF Cargo une con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons pour le TWCI pour les années 2026 à 2029.

CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La OTM défi­nit le cadre et met à dis­po­si­ti­on les moy­ens finan­ciers néces­saires à une TWCI auto­no­me sur le plan finan­cier. L’ob­jec­tif est d’att­eind­re l’au­to­no­mie finan­ciè­re dans un délai de quat­re à huit ans grâce à une explo­ita­ti­on plus effi­cace et plus pro­duc­ti­ve de CFF Cargo, à des aug­men­ta­ti­ons de prix équi­li­brées pour les char­geurs et à des sub­ven­ti­ons dégres­si­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on. CFF Cargo a déjà tor­pil­lé ce pro­jet et les objec­tifs de la LTC avant même l’en­trée en vigueur des lois et ordon­nan­ces révi­sées, avec des aug­men­ta­ti­ons de prix att­eig­nant par­fois des pour­cen­ta­ges à deux chif­fres pour les chargeurs.

Une telle appro­che con­duit iné­vi­ta­blem­ent les char­geurs à ne plus trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses par le rail, mais par la route, notoire­ment encom­brée. Cet effet ne cor­re­spond cer­tai­ne­ment pas à l’in­ten­ti­on des respons­ables poli­ti­ques lors de l’ad­op­ti­on de la LTC. Il n’est donc pas sur­pren­ant que le Par­le­ment ait réagi avec la moti­on 25.4409 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog. La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons a adop­té la moti­on le 7 novembre 2025 par 5 voix cont­re 2 et une abstention.

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Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Le 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a publié le «Rap­port sur le trans­fert du tra­fic juil­let 2023 à juin 2025». Ce rap­port con­fir­me la situa­ti­on extrê­me­ment dif­fi­ci­le du tra­fic fer­ro­vi­ai­re com­bi­né de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. Le Con­seil fédé­ral entend con­trer ces évo­lu­ti­ons néga­ti­ves par diver­ses mesures.


Les enjeux:

  • Com­man­de de trans­fert obligatoire
  • Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui
  • Le Con­seil fédé­ral passe à l’action
  • Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

Com­man­de de trans­fert obligatoire

Avec le man­dat de trans­fert, la Suis­se dis­po­se d’un instru­ment uni­que, ancré dans la Con­sti­tu­ti­on. Celui-ci obli­ge les respons­ables poli­ti­ques à trans­fé­rer le tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. L’ob­jec­tif est de pro­té­ger les Alpes et de limi­ter le tra­fic poids lourds dans les val­lées alpines.

Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui

Mal­heu­reu­se­ment, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail n’a cessé de dimi­n­uer ces der­niè­res années. L’ob­jec­tif de trans­fert de 650 000 tra­jets de cami­ons à tra­vers les Alpes sera enco­re lar­ge­ment dépas­sé en 2024, avec 960 000 tra­jets. L’un des prin­ci­paux pro­blè­mes à l’o­ri­gi­ne de cette évo­lu­ti­on est l’é­tat déla­b­ré des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res dans les pays voi­sins, notam­ment en Alle­ma­gne. Bien que des mesu­res soi­ent pri­ses dans de nombreux end­roits pour remé­dier à ces pro­blè­mes, la moder­ni­sa­ti­on pré­vue dans les années à venir con­tin­uera de nuire à la fia­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Le Con­seil fédé­ral passe à l’action

Dans ce con­tex­te, ce n’est pas seu­le­ment l’é­co­no­mie du trans­port qui est mise à con­tri­bu­ti­on, mais aussi et sur­tout la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il est réjouis­sant de con­stater que le Con­seil fédé­ral s’en­ga­ge en faveur de voies d’ac­cès moder­nes et bien amé­na­gées vers les tun­nels de base des nou­vel­les lignes fer­ro­vi­ai­res à tra­vers les Alpes (NLFA). Il sou­hai­te éga­le­ment atté­nuer les effets néga­tifs de la sup­pres­si­on de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) par des inci­ta­ti­ons finan­ciè­res et trans­fé­rer les trans­ports con­cer­nés vers le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné. Il entend en outre s’en­ga­ger en faveur d’une moder­ni­sa­ti­on rapi­de de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re dans les pays voi­sins, de la mise en place d’i­tin­é­rai­res de con­tour­ne­ment per­for­mants et d’une coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le des travaux de con­s­truc­tion entre les dif­fér­ents acteurs.

Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

L’ob­jec­tif de trans­fert inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on est enco­re loin d’êt­re att­eint. Les rai­sons en sont mul­ti­ples. Elles tien­nent prin­ci­pa­le­ment à l’é­tat par­fois déplo­rable de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re en Alle­ma­gne, qui ent­raî­ne l’an­nu­la­ti­on de près d’un train sur cinq. Dans ce con­tex­te, il faut saluer le fait que le Con­seil fédé­ral se sai­sis­se de la ques­ti­on et pré­sen­te des solu­ti­ons concrètes.

Il res­te­ra tou­te­fois extrê­me­ment dif­fi­ci­le de main­te­nir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à un niveau dura­ble dans les années à venir, jus­qu’à ce que les infra­struc­tures étran­gè­res soi­ent moder­ni­sées. Face à ces défis, il est d’au­tant plus cru­cial que le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses se serre les cou­des et coopè­re étroi­te­ment tant sur le plan poli­tique qu’opé­ra­ti­on­nel. C’est la seule façon d’é­vi­ter d’au­t­res obs­ta­cles inutiles.

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