SECTEUR DU FRET

Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret? Dif­fér­ents fac­teurs ont un impact sur le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses. En tant que voix de l’é­co­no­mie des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses com­pé­ti­tif. Pour cela, nous obser­vons entre aut­res le trans­fert modal et nous nous enga­ge­ons auprès des poli­ti­ques pour un rail non discriminatoire.

L’avenir du trafic intérieur de marchandises

Déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re: les vari­an­tes du Con­seil fédé­ral sont insuffisantes

Compétition DANS LE FRET FERROVIAIRE

Interopérabilité

L’opti­mi­sa­ti­on des pro­ces­sus et des inter­faces et le lien avec le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

​Durabilité

La moti­on du con­seil­ler aux Etats Josef Ditt­li deman­de un con­cept glo­bal sur la maniè­re dont le fret fer­ro­vi­ai­re et les solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les peu­vent con­tri­buer à rédui­re les émis­si­ons de CO2.

Digitalisation

Qu’est-ce qui con­tri­bue à faire pas­ser le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en à la pro­chai­ne dimen­si­on de la modernisation?

Flyer Fret ferroviaire 2050

INFORMATIF

Avenir du fret ferroviaire en surface / trafic par wagons complets
 
Crise de l’énergie

 

Vision

 

Résumé d’une étude réalisée pour le compte du secteur des chargeurs

 

Rapport sur le transfert modal 2021

 

Transport de marchandises dangereuses

 

Juridique

 

Études de base de la Confédération

 

​Transport soterrain de marchandises
Archives
Le trafic de marchandises pendant la crise Covid-19

 

Rapport sur le transfert 2019 – mesures supplémentaires sont nécessaires

Exploitation

Entreprises de transport ferroviaire

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
VTG was­co­sa erme­wa
   
Grou­pe Millet  

Chargeurs (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    

Sites

Premier et dernier kilomètre

En Suis­se, plus de 850 voies de rac­cor­de­ment sont uti­li­sées. Mal­heu­reu­se­ment, on con­sta­te un déclin con­stant. Vous trou­verez dans le cha­pit­re Sites com­ment la VAP s’en­ga­ge pour la pré­ser­va­ti­on des sites et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Réseau

Le réseau est une ques­ti­on d’ac­cès aux voies fer­rées, aux sil­lons. Pour une uti­li­sa­ti­on opti­ma­le, il faut une pla­ni­fi­ca­ti­on des travaux pré­voy­an­te, des prix équi­ta­bles et une bonne organisation.

Vous trou­verez sur le lien sui­vant com­ment nous nous enga­ge­ons dans ce sens et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

Le Dr Heiko Fischer est pré­si­dent de l’International Union of Wagon Kee­pers UIP. Dans son ent­re­ti­en avec la VAP, l’ancien PDG de VTG parle de l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il sou­hai­te que ce sec­teur sus­ci­te davan­ta­ge d’enthousiasme et expli­que pour­quoi il con­sidè­re comme fatal l’abandon du tra­fic par wagons com­plets iso­lés en Suisse.

 

Monsieur le Dr Fischer, quels sont à votre avis les principaux défis et outils de régulation concernant le marché ferroviaire?

Ils sont nombreux. L’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est obsolè­te ou est deve­nue en de nombreux end­roits un patch­work au fil du temps. Il y a enco­re des fron­tiè­res entre les sous-sys­tè­mes. Chaque année d’inaction aggra­ve le pro­blè­me, car le vieil­lis­se­ment du sys­tème se pour­su­it. C’est à cet égard que je vois un outil de régu­la­ti­on: dans la coor­di­na­ti­on en Euro­pe cen­tra­le des plans d’aménagement, des itin­é­rai­res de déles­ta­ge et des mesu­res de con­s­truc­tion cor­re­spond­an­tes. Effec­ti­ve­ment, les réseaux trans­eu­ro­pé­ens sui­vent cette appro­che inté­gra­ti­ve. Mais les lignes second­ai­res et les réseaux de dis­tri­bu­ti­on fine ne doi­vent pas être mis de côté lorsqu’il s’agit des allo­ca­ti­ons d’investissements, de la pla­ni­fi­ca­ti­on de l’aménagement et des réno­va­tions, des sys­tè­mes de com­man­de des trains ainsi que de la règlementation.

Un autre instru­ment de régu­la­ti­on est à mes yeux la digi­ta­li­sa­ti­on inté­gra­le du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de la mise en réseau de l’infrastructure à l’exploitation opé­ra­ti­on­nel­le en pas­sant par le maté­ri­el rou­lant. Il dev­rait à cet égard y avoir une logi­que uni­fiée avec des inter­faces cor­re­spond­an­tes. On pour­ra ensuite réa­li­ser une élec­tri­fi­ca­ti­on mesu­rée et ciblée. Les lignes peu sol­li­ci­tées pour­rai­ent aussi être opé­rées par des loco­mo­ti­ves hybri­des à hydrogène.

«Pour cer­tai­nes urgen­ces, le fret fer­ro­vi­ai­re est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. »

Le capi­tal dis­po­nible est lui aussi un point clé. Le mar­ché fer­ro­vi­ai­re n’a pas seu­le­ment beso­in de suf­fi­sam­ment de capi­taux pri­vés. Pour cer­tai­nes urgen­ces, il est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. Ces inves­tis­se­ments dépas­sent les forces finan­ciè­res du sec­teur privé et de la plu­part des ent­re­pri­ses de chem­ins de fer publi­ques. Enfin, per­son­ne ne sou­hai­te inves­tir dans des tech­no­lo­gies qui ne por­te­ront leurs fruits qu’à la décen­nie sui­van­te, et ce peut-être même chez d’autres acteurs du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Cela m’amène à abor­der un autre outil de régu­la­ti­on: il faut aussi que les gou­ver­ne­ments, régu­la­teurs et poli­ti­ci­ens aient une com­pré­hen­si­on éco­no­mi­que pro­fon­de des méca­nis­mes de fon­c­tion­ne­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Cela passe par un chan­ge­ment de men­ta­li­té de tous les acteurs du système.

Dans quelle mesure?

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re n’est pas pré­cis­é­ment renom­mé pour pen­ser de maniè­re proac­ti­ve ni pour mett­re en place les nou­veau­tés rapi­de­ment. Beau­coup se con­sidè­rent comme des vic­ti­mes, que ce soit du passé, de mau­vai­ses décis­i­ons, de la route, de la météo ou d’autre chose enco­re. À mon avis, cela doit abso­lu­ment chan­ger. Après tout, nous ne fai­sons pas cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses pour notre plai­sir, mais dans le but de géné­rer une valeur ajou­tée pour les char­geurs et pour notre coll­ec­ti­vi­té. Les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent repla­cer le cli­ent au cent­re de leurs pré­oc­cu­pa­ti­ons et prend­re aujourd’hui en comp­te ses beso­ins futurs. Pour que la muta­ti­on qui s’impose puis­se réel­le­ment avoir lieu, il faut que se déve­lo­p­pent une men­ta­li­té de chan­ge­ment, une atti­tu­de du «can do».

Quelles innovations avez-vous fait avancer au cours des dernières années chez VTG, et lesquelles étaient révolutionnaires? 

Spon­ta­né­ment, il me vient à l’esprit VTG Con­nect. Cette tech­no­lo­gie télé­ma­tique coll­ec­te les don­nées per­ti­nen­tes de l’ensemble de la flot­te et de nombreux trans­ports. Elle crée la base d’une ges­ti­on numé­ri­que effi­cace de la flot­te, car elle rend les don­nées uti­li­sables pour les cli­ents et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et à des fins de main­ten­an­ce. Avec cette inno­va­ti­on, nous avons pour ainsi dire mis sur les rails le pas­sa­ge à la trans­mis­si­on de don­nées en temps réel dans le fret, à l’instar de ce que vise le DAC.

Quelle importance voyez-vous pour le DAC dans l’avenir?

Le DAC est un cata­ly­seur de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il per­met de repro­dui­re une nou­vel­le logi­que de com­man­de et des flux de don­nées en temps réel. Aujourd’hui, nous en som­mes enco­re bien loin. Le DAC fait plus qu’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Il met en réseau le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, le char­ge­ment, les sup­ports de char­ge­ment et l’énergie, c’est-à-dire l’électricité. Com­bi­né avec les nou­vel­les tech­no­lo­gies numé­ri­ques, le potentiel qui en résul­te est immense. Le DAC n’est pas seu­le­ment un sys­tème intel­li­gent de com­man­de des trains et des char­ge­ments, il rend éga­le­ment pos­si­ble d’autres offen­si­ves de digi­ta­li­sa­ti­on, comme par exemp­le les pla­te­for­mes numé­ri­ques de don­nées, de com­man­de des trains et de réservation.

«Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opérationnelle.»

Quel rôle joueront celles-ci dans l’avenir?

Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opé­ra­ti­on­nel­le. En tant que tel­les, elles four­niront aux acteurs du fret des infor­ma­ti­ons fia­bles qui per­mettront de rédui­re les distances entre les trains, de cal­cu­ler les cré­neaux horai­res et de mett­re sur le rail davan­ta­ge de ton­na­ge par unité de temps. Un sys­tème élec­tro­ni­que de ges­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses à l’échelle euro­pé­en­ne ne doit pas pro­ve­nir d’un géant de la tech­no­lo­gie du genre de Goog­le, mais dev­rait se déve­lo­p­per à par­tir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re lui-même. Nous démon­tre­rons ainsi que nous avons une capa­ci­té d’innovation supé­ri­eu­re à celle des aut­res modes de transport.

Peut-être y aura-t-il même dans l’avenir une ins­tance supé­ri­eu­re du type d’Eurocontrol, qui assu­re la coor­di­na­ti­on cen­tra­le du con­trô­le du tra­fic aéri­en. Un cock­pit de ce genre pour­rait com­man­der le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’échelle de l’Europe, don­ner cer­tai­nes direc­ti­ves aux con­duc­teurs de loco­mo­ti­ves, le cas éché­ant inter­ve­nir et un jour faire cir­cu­ler des trains auto­no­mes. Des bonds en avant d’une telle ampleur ne seront tou­te­fois pos­si­bles que si les tech­no­lo­gies numé­ri­ques dotées de l’intelligence arti­fi­ci­el­le sont mises en œuvre et fon­c­tion­nent. Elles seu­les appor­te­ront une dyna­mi­que et garan­ti­ront le ryth­me néces­saire, qui est abso­lu­ment essentiel pour la réus­si­te de la trans­for­ma­ti­on numérique.

Comment le fret ferroviaire pourrait-il se développer dans le sens de la durabilité en Europe?

Avec quel­que chose qui mette tout le monde d’accord sur l’impact éco­no­mi­que du fret et sur lequel tous les acteurs s’engagent. Je peux ima­gi­ner qu’il y aura un jour un plan direc­teur à long terme sous forme de décla­ra­ti­on d’intention auto­ré­gu­la­tri­ce et néan­mo­ins con­traignan­te. Elle dev­rait être cosi­gnée par tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res publi­ques et non publi­ques impli­quées. Ce plan direc­teur pour­rait sti­pu­ler que l’on œuvre con­join­te­ment à un trans­fert du tra­fic. Je rap­pel­le le Cont­rat uni­fié d’utilisation (CUU) de 2006, qui règle­men­te l’interaction entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res en tant qu’exploitants de wagons. L’avantage d’une con­ven­ti­on supra­na­tio­na­le sans carac­tère légal est qu’elle peut être com­plé­tée ou adap­tée rapi­de­ment et faci­le­ment. Les voies d’accès à la NLFA sont le meil­leur exemp­le de ce qui ne dev­rait pas se pro­dui­re: la com­mun­au­té des États fer­ro­vi­ai­res, Suis­se com­pri­se, s’est enga­gée à déve­lo­p­per l’axe nord-sud. Lors­que la Suis­se a ouvert le tun­nel de la NLFA, d’autres États n’avaient même pas enco­re com­men­cé la pla­ni­fi­ca­ti­on. Un plan direc­teur pour le trans­port de mar­chan­di­ses en Euro­pe pour­rait rend­re cette inten­ti­on plus con­traignan­te et mon­trer clai­re­ment que le Pacte vert pour l’Europe et les objec­tifs de trans­fert sont pris au sérieux. Mais ce plan n’est pour l’instant qu’une uto­pie. Tout le monde est en géné­ral d’accord sur les reven­dica­ti­ons fon­da­men­ta­les. Mais dès qu’il s’agit d’élaborer quel­que chose de con­cret et d’un seul ten­ant, les avis divergent.

Que pensez-vous du rapport du Conseil fédéral sur le «transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire»? Que cela signifierait-il que le Conseil fédéral le supprime?

À mon avis, ce serait là la plus gran­de err­eur en matiè­re de poli­tique des trans­ports depuis des décen­nies. La Suis­se prouve que le trans­port par wagons com­plets fon­c­tion­ne. Mais il est enco­re trop cher. Tou­te­fois, si la for­ma­ti­on et la sépa­ra­ti­on des trains se font auto­ma­ti­quement, si la com­po­si­ti­on des trains est com­man­dée numé­ri­quement et si le mar­ché pro­fi­te des nombreux avan­ta­ges des off­res numé­ri­ques, alors, logi­quemen­tes coûts bais­se­ront – et les beso­ins de sub­ven­ti­on­ne­ment avec. Le Con­seil fédé­ral dev­rait réflé­chir à la maniè­re de rend­re les off­res plus attra­yan­tes pour les cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re. Aban­don­ner tout cela avant même que la numé­ri­sa­ti­on ne porte ses fruits serait cri­mi­nel. Trans­fé­rer du fret fer­ro­vi­ai­re sur des cami­ons coûte de l’argent aussi, et il n’est pas pos­si­ble de con­teneu­ri­ser n’importe quel fret pour obte­nir des trains com­plets. À cet égard, le gou­ver­ne­ment suis­se dev­rait à mon avis se mon­trer plus con­fi­ant. Qui man­que de cou­ra­ge a perdu d’emblée.

À la VAP, nous sommes membres de l’UIP. Comment décririez-vous la VAP?

C’est une pré­cieu­se asso­cia­ti­on membre de notre famil­le euro­pé­en­ne de déten­teurs de wagons. Je la per­çois comme inno­van­te et por­teu­se d’une opi­ni­on affir­mée. La struc­tu­re uni­que de ses mem­bres lui con­fè­re un poids par­ti­cu­lier chez nous. La VAP repré­sen­te non seu­le­ment les cinq plus grands déten­teurs de wagons suis­ses, mais aussi les inté­rêts des char­geurs, des embran­chés et des repré­sen­tants des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Cette diver­si­té génè­re chez nous un impact et une rich­es­se d’idées que je con­sidè­re comme un atout pré­cieux. Grâce à la diver­si­té de ses mem­bres, la VAP peut ori­en­ter ses reven­dica­ti­ons de maniè­re plus glo­ba­le sur les uti­li­sa­teurs et les por­ter avec une plus gran­de auto­ri­té. Je sou­ti­ens l’approche cen­trée sur le cli­ent qui est celle la VAP et qui intèg­re l’utilisateur final dans le pro­ces­sus de dis­cus­sion et de décis­i­on. L’Europe peut pro­fi­ter de l’expérience suis­se en matiè­re de tra­fic de mar­chan­di­ses par wagons com­plets ou de rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons. Nous la con­sidé­rons sou­vent comme un labo­ra­toire minia­tu­re qui nous ren­voie des thè­mes. Par ail­leurs, la VAP nous fait la démons­tra­ti­on écla­tan­te de la maniè­re dont on peut con­vain­cre la popu­la­ti­on ou dont on orga­ni­se quel­que chose sur un mode posi­tif en tant que collectivité.

En quoi la VAP pourrait-elle s’améliorer?

On peut tou­jours s’améliorer. L’appel que je fais ne s’adresse pas uni­quement à la VAP, mais à tou­tes les asso­cia­ti­ons et per­son­nes impli­quées dans la poli­tique des trans­ports. Nous avons beso­in de per­son­nes enga­gées prêtes à for­mu­ler les inté­rêts en regar­dant de l’avant. Ceux qui pen­sent en ter­mes de bil­ans tri­mestri­els sont légion. Mais ce n’est pas ainsi que l’on maî­tri­se­ra l’avenir.

Que souhaitez-vous justement pour cet avenir?

Davan­ta­ge d’intérêt, davan­ta­ge de con­fi­ance. Davan­ta­ge d’enthousiasme. Les char­geurs dev­rai­ent être impa­ti­ents de mett­re enco­re plus de ton­nes sur le rail. Ce n’est qu’ainsi que nous pour­rons att­eind­re les ambi­ti­eux objec­tifs fixés en matiè­re de trans­fert et de cli­mat. La popu­la­ti­on dev­rait avoir con­sci­ence de l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re – et du fait que cela a un prix. En effet, un défer­le­ment incon­trôlé de cami­ons n’est pas une alter­na­ti­ve. Je sou­hai­te que vous, à la VAP, et nous, à l’UIP, con­ti­nui­ons à nous enga­ger jour après jour pour ce changement.

Monsieur le Dr Fischer, merci beaucoup pour cet entretien intéressant.

Dr Heiko Fischer

Le Dr Heiko Fischer a été jusqu’en 2021 au total plus de 25 ans au ser­vice de VTG, dont 17 ans en qua­li­té de PDG. Depuis 2015, il est – comme déjà entre 2004 et 2007 – pré­si­dent de l’association faî­tiè­re de déten­teurs de wagons UIP, Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers UIP, dont le siège se trouve à Bru­xel­les. L’UIP repré­sen­te plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et ser­vices de main­ten­an­ce eng­lo­bant 223 000 wagons, qui effec­tu­ent 50 % des ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rues par le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en. VTG AG, l’ancien employ­eur du Dr Heiko Fischer, exploi­te la plus gran­de flot­te de wagons de mar­chan­di­ses d’Europe, à savoir 88 500 wagons fer­ro­vi­ai­res de mar­chan­di­ses. Outre la loca­ti­on de wagons de mar­chan­di­ses et de con­teneurs-citer­nes, VTG offre des pre­sta­ti­ons de ser­vices logis­ti­ques mul­ti­mo­daux et des solu­ti­ons numé­ri­ques intégrées.

Assemblée générale de la VAP du 19 août 2022

Assemblée générale de la VAP du 19 août 2022

Notre assem­blée géné­ra­le l’a clai­re­ment mon­tré: 2050 se rappro­che rapi­de­ment. Sur place et vir­tu­el­le­ment, de nombreux mem­bres de la VAP et invi­tés ont suivi la par­tie sta­tu­tai­re avec un dis­cours d’ouverture mémo­rable du pré­si­dent Josef Ditt­li. Le dis­cours de la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Som­ma­ru­ga sur l’importance du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses pour la Suis­se a été un moment par­ti­cu­liè­re­ment fort.

Assem­blée géné­ra­le, asso­cia­ti­on, trans­port de mar­chan­di­ses: en enten­dant ces mots, l’attention de la plu­part des gens a ten­dance à se relâcher. Aujourd’hui, lire la suite est recom­man­dé. En effet, lors de notre assem­blée géné­ra­le du 19 août 2022, il n’a pas été uni­quement ques­ti­on de ques­ti­ons sta­tu­tai­res con­cer­nant l’économie des char­geurs. Dans son inter­ven­ti­on en tant qu’invitée, la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Som­ma­ru­ga a donné au monde fer­ro­vi­ai­re un signal digne d’attention: «Pour le Con­seil fédé­ral, une chose est clai­re: nous sou­hai­tons con­tin­uer à ren­forcer le potentiel que repré­sen­te le rail pour le trans­port de marchandises.»
Des faits marquants d’hier, d’aujourd’hui et d’après-demain

Le dis­cours d’ouverture du pré­si­dent de la VAP, Josef Ditt­li, a donné aux par­ti­ci­pan­ts de pré­cieu­ses pis­tes de réfle­xi­on pour tout ce qui a été, est et dev­rait être en matiè­re de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a lar­ge­ment con­tri­bué à ce que la Suis­se puis­se sur­mon­ter la crise du coro­na­vi­rus sans dom­mages du point de vue de l’approvisionnement, parce qu’il a pu, du jour au len­de­main, cir­cu­ler comme il aurait dû le faire en temps nor­mal en rai­son de lignes pau­vres en tra­fic de voy­a­ge­urs. M. Ditt­li a qua­li­fié l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que d’incarnation de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, car il repré­sen­te le type de déve­lo­p­pe­ment inno­vant dont nous avons beso­in de toute urgence. Par exemp­le, pour que tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­sent éta­b­lir ensem­ble et sans être désa­van­ta­gées un trans­port en réseau coopé­ra­tif et fle­xi­ble sur le ter­ri­toire. Le pré­si­dent jette un regard inquiet sur l’Europe. Selon lui, la Suis­se ne doit en aucun cas man­quer le coche du sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et des pro­gram­mes d’innovation de l’UE.

Une décision qui fera date

Nous avons été très heu­reux que la minist­re des trans­ports Simo­net­ta Som­ma­ru­ga accep­te de faire une inter­ven­ti­on en tant qu’invitée à l’occasion de notre assem­blée géné­ra­le. Dans son dis­cours, elle a souli­g­né que la Con­fé­dé­ra­ti­on sou­hai­tait con­tin­uer à ren­forcer le rail en accordant davan­ta­ge d’attention au tra­fic inté­ri­eur, qui selon elle est lui aussi d’une gran­de importance pour l’approvisionnement de la Suisse.

«Nous devons amé­lio­rer et déve­lo­p­per le sys­tème», esti­me ainsi la chef­fe du DETEC. Le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on un pro­jet à ce sujet à l’automne. «Nous som­mes à la veil­le d’une décis­i­on qui fera date. C’est pour­quoi nous ne devri­ons pas perd­re de vue la recet­te du suc­cès de la Suis­se, ce qui a fait la force de notre pays depuis tou­jours: la meil­leu­re façon d’aborder les chan­ge­ments néces­saires est de le faire ensem­ble et de prend­re nos responsa­bi­li­tés con­join­te­ment, les chem­ins de fer, le sec­teur et, bien sûr, la Confédération.»

Élections réussies

Parmi les points à l’ordre du jour sou­mis au vote dans la par­tie sta­tu­tai­re, tous ont été accep­tés. Nous sou­hai­tons la bien­ve­nue aux nou­veaux mem­bres du comi­té direc­teur sui­vants: Titus Büt­ler, Bern­hard Hoff­mann, Bern­hard Kunz. Nous féli­ci­tons tous ceux qui ont été élus ou réé­lus et nous nous réjouis­sons d’une col­la­bo­ra­ti­on con­s­truc­ti­ve au sein du comi­té directeur.

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Si la Suis­se devait elle aussi être con­cer­née par une pénurie d’électricité impu­ta­ble à la crise géo­po­li­tique et aux dif­fi­cul­tés d’approvisionnement, les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses doi­vent impé­ra­ti­ve­ment pou­voir con­tin­uer à être ser­vis. Cela impli­que que les ent­re­pri­ses de trans­port cla­ri­fi­ent leurs beso­ins en éner­gie en cas de pénurie et répon­dent aujourd’hui à cer­tai­nes ques­ti­ons clés.

Les chem­ins de fer suis­ses con­tri­buent de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à maî­tri­ser la forte deman­de dans le tra­fic de voy­a­ge­urs et le trans­port de mar­chan­di­ses. Ils dépen­dent d’un appro­vi­si­on­ne­ment garan­ti en éner­gie électrique.

Assurer l’approvisionnement par rail

Si le cou­rant de trac­tion dis­po­nible ne suf­fi­sait plus à un moment donné pour tous les trains pré­vus, des tra­jets dev­rai­ent être sup­p­ri­més. Reste à savoir les­quels. La VAP s’engage réso­lu­ment pour que ses mem­bres puis­sent con­tin­uer à ser­vir tous les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses. La popu­la­ti­on et l’économie sont tri­bu­tai­res de chaî­nes de trans­port fia­bles. C’est pour­quoi, même en situa­ti­on de pénurie d’électricité, les trains du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent con­tin­uer à cir­cu­ler aussi long­temps que pos­si­ble, comme ils l’ont d’ailleurs fait dans l’horaire allé­gé pen­dant la pan­dé­mie de Covid-19.

Nécessité d’une direction politique

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se fon­c­tion­ne pres­que sans excep­ti­on à l’électricité. Le cou­rant de trac­tion néces­saire (16,7 Hz) pro­vi­ent en gran­de par­tie de nos pro­pres cen­tra­les hydro­élec­tri­ques. Trans­fé­rer les trans­ports du rail vers la route lors­que le cou­rant de trac­tion se fait rare n’est guère pro­met­teur. En effet, en cas de pénurie grave, les car­bu­rants fos­si­les se raré­fierai­ent éga­le­ment. Pour que les chaî­nes de trans­port en fon­c­tion­ne­ment puis­sent être main­te­nues, les ent­re­pri­ses impli­quées dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re ont éga­le­ment beso­in de cou­rant indus­tri­el (50 Hz). Ici aussi, il faut veil­ler à la sécu­ri­té de l’approvisionnement. La sécu­ri­té et la fia­bi­li­té sont de mise: le sec­teur des trans­ports et le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent pou­voir comp­ter sur la direc­tion poli­tique en cas de crise. Car même dans ce cas, les trains de mar­chan­di­ses doi­vent cir­cu­ler tant qu’une deman­de exis­te. Nous sou­hai­tons ren­forcer cette prise de con­sci­ence chez les décideurs.

Un manque d’énergie n’est pas exclu

Ne nous leur­rons pas: une con­jon­c­tion défa­vorable d’évolutions réel­le­ment néga­ti­ves pour­rait pla­cer la Suis­se dans une situa­ti­on de grave pénurie éner­gé­tique dès l’hiver pro­chain. Comme l’ont expli­qué des repré­sen­tants du sec­teur de l’électricité et de l’industrie gaziè­re lors du web­i­n­aire d’Economiesuisse du 9 août 2022, la mobi­li­sa­ti­on d’énergie est très com­ple­xe et dépend de nombreu­ses influences.

La Confédération prend ses responsabilités

La Con­fé­dé­ra­ti­on est con­sci­en­te de sa responsa­bi­li­té. Elle prend des mesu­res pour garan­tir l’approvisionnement en éner­gie et se prépa­re à des scé­na­ri­os cri­ti­ques de pénurie aiguë d’électricité. Cel­les-ci pré­voi­ent des mesu­res éche­lon­nées selon la situa­ti­on, allant d’appels aux éco­no­mies volon­tai­res et spé­ci­fi­ques à la bran­che à des mesu­res ordon­nées de ges­ti­on régle­men­tée (con­tin­gen­te­ment).

Identifier les besoins et le potentiel d’économie

Réflé­chir dès main­ten­ant à ses beso­ins en éner­gie per­met de se prépa­rer à une réel­le pénurie d’électricité et d’être moins sur­pris. Il est donc temps d’évaluer les beso­ins en éner­gie, les réser­ves, les alter­na­ti­ves et le potentiel d’économie. Cette éva­lua­ti­on aide à déci­der com­ment, en cas de pénurie d’électricité, il est pos­si­ble de rédui­re la con­som­ma­ti­on con­for­mé­ment aux direc­ti­ves supé­ri­eu­res tout en con­tri­buant à l’approvisionnement en biens essentiels. Les ques­ti­ons con­crè­tes en ent­re­pri­se sont par exemple:

  • Quel­le quan­ti­té d’énergie néces­si­te telle ou telle acti­vi­té? Quel­le est l’im­portance de chaque acti­vi­té dans la production?
  • Quel est le potentiel d’économie d’énergie le plus efficace?
  • De quel­les réser­ves dis­po­se-t-on? De quel­le quan­ti­té d’énergie peut-on se pas­ser et pen­dant com­bien de temps?
  • Où peut-on pas­ser à d’autres agents éner­gé­ti­ques et à quel­le vitesse?
  • La com­mu­ni­ca­ti­on dans les chaî­nes de pro­duc­tion est-elle bonne? Les cont­acts sont-ils à jour?
  • Quel­les rest­ric­tions met­tons-nous en œuvre pour satis­fai­re à un contingentement?
Coopération et communication

Les ent­re­pri­ses dev­rai­ent mener cette réfle­xi­on de maniè­re ouver­te. En effet, il est impos­si­ble de pré­voir quels scé­na­ri­os se pro­dui­ront réel­le­ment et quand ils se pro­dui­ront. Les acteurs du sec­teur peu­vent main­te­nir au mieux l’approvisionnement en biens essentiels s’ils col­la­bo­rent entre ent­re­pri­ses et com­mu­ni­quent acti­ve­ment. C’est pour­quoi, en tant que repré­sen­tants des char­geurs, la VAP s’implique déjà acti­ve­ment dans divers comi­tés et grou­pes de travail.

«Nous voulons continuer à être plus rapides et meilleurs que les autres dans l’avenir.»

«Nous voulons continuer à être plus rapides et meilleurs que les autres dans l’avenir.»

En juin 2022, on a app­ris le rachat de l’entreprise fami­lia­le WASCOSA de la famil­le Mül­ler-Sand­mei­er par Swiss Life et Vau­ban. Nous avons voulu en savoir plus sur le con­tex­te de cette vente et sur la visi­on de WASCOSA de la part du repré­sen­tant de l’an­ci­en­ne famil­le pro­prié­tai­re et futur pré­si­dent du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on, Phil­ipp Müller.

Monsieur Müller, l’annonce de la vente de votre entreprise familiale performante a été une surprise. Qu’est-ce qui va changer?

Phil­ipp Mül­ler: Moins de cho­ses qu’on ne l’on pense au pre­mier abord. Mais cette décis­i­on nous per­met d’assurer l’avenir de WASCOSA. Bien enten­du, nous allons pas­ser d’une ent­re­pri­se gérée par une famil­le à une ent­re­pri­se por­tée par l’investissement, mais l’esprit de WASCOSA per­du­rera. Nous vou­lons agir plus rapi­de­ment et mieux que les aut­res dans l’avenir, être une équi­pe per­for­man­te et faire pas­ser les inté­rêts des cli­ents avant les nôtres. Ces objec­tifs sont ambi­ti­eux, mais réalisables.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à franchir cette étape?

Le désir d’assurer la suc­ces­si­on et de garan­tir l’avenir de l’entreprise. Aucun de nos enfants n’était dési­reux de me suc­cé­der. Nous avons donc été obli­gés de trou­ver une solu­ti­on exter­ne. Il y a huit ans déjà, nous avi­ons enga­gé un CEO exter­ne à la famil­le: Peter Bal­zer. À cela s’ajoute qu’on assis­te actu­el­le­ment sur notre mar­ché à un énor­me assai­nis­se­ment. Parmi les dix plus grands loueurs de wagons à l’échelon euro­pé­en, nous som­mes les seuls à n’avoir connu ni fusi­on ni rachat. Les acteurs qui restent ne ces­sent de gran­dir, font de gros inves­tis­se­ments sur le long terme et pren­nent des ris­ques finan­ciers con­sidé­ra­bles. Pour WASCOSA, nous avi­ons tout sim­ple­ment beso­in d’une plus gran­de force finan­ciè­re pour con­tin­uer à exis­ter en tant que PME sur ce mar­ché. Nous avons trou­vé en Swiss Life et Vau­ban des par­ten­aires finan­ciers forts.

Quelles autres solutions s’offraient encore à vous?

Nous avons dans un pre­mier temps envi­sa­gé une par­ti­ci­pa­ti­on mino­ri­taire d’actionnaires tiers. Cela ne con­sti­tuait tou­te­fois pas une solu­ti­on opti­ma­le pour les par­ties pren­an­tes. Il n’a jamais été ques­ti­on de vend­re à un con­cur­rent. Au final, la col­la­bo­ra­ti­on sur le long terme avec un par­ten­aire finan­cier fort s’est avé­rée être la solu­ti­on la plus por­teu­se d’avenir.

«WASCOSA, à l’origine peti­te ent­re­pri­se incon­nue de loca­ti­on, s’est déve­lo­p­pée et éta­b­lie grâce à l’innovation, la pro­xi­mi­té cli­ent et l’agilité pour deve­nir un four­nis­seur de wagons de mar­chan­di­ses per­for­mant à l’échelle européenne.»

Quelles expériences du passé seront déterminantes pour l’avenir de l’entreprise?

WASCOSA, à l’origine peti­te ent­re­pri­se incon­nue de loca­ti­on, s’est déve­lo­p­pée et éta­b­lie grâce à l’innovation, la pro­xi­mi­té cli­ent et l’agilité pour deve­nir un four­nis­seur de wagons de mar­chan­di­ses per­for­mant à l’échelle euro­pé­en­ne. C’est cette posi­ti­on que nous enten­dons con­ser­ver. Un exemp­le de notre force d’innovation: on note actu­el­le­ment une forte ten­dance vers les con­cepts modu­lai­res de wagons de mar­chan­di­ses. Or nous les avons déjà lan­cés il y a 15 ans. Main­ten­ant que cette ten­dance prend le des­sus, nous som­mes prêts à affron­ter le mar­ché. Au cours des 60 der­niè­res années de notre ent­re­pri­se, c’est notre ori­en­ta­ti­on cli­ent sans com­pro­mis qui a fait la dif­fé­rence dans nos acti­vi­tés quo­ti­di­en­nes. Et cela doit res­ter ainsi. Il est de l’intérêt des nou­veaux pro­prié­tai­res que WASCOSA reste fon­da­men­ta­le­ment ce qu’elle a tou­jours été: une ent­re­pri­se inno­van­te et ori­en­tée sur le client.

Comment allez-vous gérer ce processus de changement?

La par­ti­ci­pa­ti­on de Swiss Life et Vau­ban comme action­n­aires tiers a découlé d’un pro­ces­sus stra­té­gique inten­se impli­quant une quin­zai­ne de col­la­bo­ra­teurs. Une fois la décis­i­on prise, nous avons intro­duit le nou­vel action­na­ri­at dans le cadre d’une mani­fes­ta­ti­on d’une jour­née au sein de notre ent­re­pri­se. Tout au long du pro­ces­sus stra­té­gique, nous nous som­mes atta­chés à évi­ter toute incer­ti­tu­de, méfi­ance ou spé­cu­la­ti­on inju­s­ti­fiée de la part du manage­ment et des col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs. Nous y som­mes par­ve­nus et fai­sons tout pour y par­ve­nir aussi avec les nou­veaux pro­prié­tai­res. Le CEO Peter Bal­zer et moi-même con­tin­ue­rons à sié­ger au con­seil d’administration. C’est un mes­sa­ge fort en ce qui con­cer­ne la con­ti­nui­té et l’avenir de WASCOSA.

«La migra­ti­on du DAC est un pro­jet clé qui recè­le un potentiel énor­me capa­ble de faire avan­cer le tra­fic de wagons de marchandises.»

Où voyez-vous le besoin le plus urgent d’agir dans le transport ferroviaire de marchandises? 

Il y a à cet égard plu­s­ieurs appro­ches. Nous avons beso­in de capa­ci­tés suf­fi­san­tes sur le réseau, autre­ment dit de davan­ta­ge de sil­lons. Ensuite, il faut déman­te­ler les bar­riè­res spé­ci­fi­ques aux dif­fér­ents pays. Enfin, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en finan­cier ciblé pour mett­re en œuvre des inno­va­tions, par exemp­le le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC).

À propos du DAC: qu’en pensez-vous?

C’est un pro­jet clé qui recè­le un potentiel énor­me capa­ble de faire avan­cer le tra­fic de wagons de mar­chan­di­ses. Nous n’avons tou­te­fois que peu d’influence sur cette ques­ti­on haute­ment poli­tique. Depuis quel­ques années, nous tra­vail­lons à l’électrification des wagons de mar­chan­di­ses. Dans ce con­tex­te, le DAC est bien évi­dem­ment un moteur supplémentaire.

Le secteur reconnaît-il la véritable valeur ajoutée apportée par le DAC?

Notre sec­teur n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment porté sur les inno­va­tions ni nota­blem­ent tour­né vers l’avenir. L’automatisation du cou­pla­ge par le DAC est un prin­ci­pe acté. En ce qui con­cer­ne son potentiel pour la digi­ta­li­sa­ti­on, j’en suis en revan­che un peu moins sûr. Il faut pro­ba­blem­ent comme tou­jours d’abord quelqu’un qui pren­ne les devants et joue le rôle de pionnier et mette en évi­dence le gain en efficacité.

Pendant des années, vous vous êtes impliqué dans le comité directeur (CD) de la VAP. Comment décririez-vous le travail de la VAP? 

La VAP se distin­gue par son haut niveau de com­pé­tence et une atmo­sphè­re de col­la­bo­ra­ti­on agréa­ble. Les acti­vi­tés de l’association se con­cent­rent sur la cause com­mu­ne et non sur l’ego d’individus. Dans cer­ta­ins domain­es, c’est la VAP qui fait auto­ri­té sur les thè­mes importants. Cela se mani­fes­te par le nombre élevé de par­ti­ci­pan­ts suis­ses et étran­gers lors de mani­fes­ta­ti­ons comme les forums. Cet inté­rêt prouve que la VAP s’empare des thè­mes poli­ti­ques, éco­no­mi­ques et juri­di­ques de maniè­re proac­ti­ve et con­s­truc­ti­ve. J’ai res­sen­ti les réuni­ons au sein du CD comme très posi­ti­ves. Dans le dia­lo­gue avec les CFF, l’association a fait preuve de téna­ci­té. Pour ceux-ci, c’est le tra­fic de voy­a­ge­urs qui vient en pre­mier, puis l’infrastructure et les biens immo­bi­liers et seu­le­ment ensuite le fret fer­ro­vi­ai­re. Il est d’autant plus important de ne pas céder. La pati­ence et la col­la­bo­ra­ti­on con­stan­te sous la direc­tion de Frank Fur­rer avec son équi­pe sont payantes.

Quels sont à votre avis les points forts de la VAP? 

Parmi ses prin­ci­paux points forts, il y a le grand nombre de char­geurs parmi ses mem­bres. La VAP met en réseau tous les acteurs du fret. Elle offre en outre au sec­teur des char­geurs une pla­te­for­me extrê­me­ment inté­res­san­te et per­ti­nen­te. Je veux dire que l’on ne peut faire de la poli­tique avec suc­cès que si l’on défend tous les intérêts.

Comment la VAP vous a‑t-elle soutenus, vous et votre entreprise, WASCOSA?

Nous avons fait de très bon­nes expé­ri­en­ces avec la VAP. Elle a nous a même sou­te­nus avec com­pé­tence et suc­cès jus­que devant le Tri­bu­nal fédéral.

Que souhaiteriez-vous que la VAP vous apporte d’autre?

Qu’elle soit plus pré­sen­te dans les médi­as. La VAP pour­rait se poser davan­ta­ge comme un expert dont l’opinion fait auto­ri­té dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re et être ainsi plus con­nue du grand public, comme c’est le cas pour le TCS ou l’ASTAG.

À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?

À tous ceux qui s’intéressent au fret fer­ro­vi­ai­re. Je pense ici notam­ment aux asso­cia­ti­ons d’autres mode de trans­port. Il y a bien long­temps que l’enjeu n’est plus seu­le­ment l’opposition entre le rail et la route, mais une coexis­tence mul­ti­mo­da­le judicieuse.

Quels sujets notre conversation n’a‑t-elle pas encore abordés?

La ques­ti­on de la dura­bi­li­té. Le fret fer­ro­vi­ai­re fait par­tie des prin­ci­paux moteurs et piliers d’un trans­port dura­ble. C’est du reste aussi l’une des rai­sons qui m’ont inci­té à prend­re la suite de mon beau-père à la tête de WASCOSA il y a 30 ans.

 

Mon­sieur Mül­ler, merci beau­coup pour cet ent­re­ti­en intéressant.

Les atouts d’un secteur de fret ferroviaire compétitif pour l’économie nationale

Les atouts d’un secteur de fret ferroviaire compétitif pour l’économie nationale

Le fret joue un rôle décisif pour l’économie natio­na­le, car il rend pos­si­bles les éch­an­ges de mar­chan­di­ses et de ser­vices. Comp­te tenu des dif­fi­cul­tés tel­les que la capa­ci­té limi­tée des rou­tes et le chan­ge­ment cli­ma­tique, le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail devi­ent de plus en plus important. Nous vous expli­quons ci-après quels sont les atouts d’un trans­fert du tra­fic pour l’économie nationale.

Capacité limitée des routes:

L’infrastructure rou­tiè­re est rest­rein­te et se heur­te déjà à ses limi­tes dans de nombreu­ses régions. L’utilisation accrue de cami­ons dans le trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­ne une aug­men­ta­ti­on de la cir­cu­la­ti­on rou­tiè­re, ce qui se solde par des embou­teil­la­ges, des retards et une hausse des prix des trans­ports. Le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail déseng­or­ge la route. Cela per­met d’utiliser l’infrastructure existan­te de maniè­re plus effi­ci­en­te et réduit la néces­si­té de pro­cé­der à de coû­teux élar­gis­se­ments de chaussées.

Changement climatique et pollution:

Le sec­teur des trans­ports con­tri­bue de maniè­re con­sidé­ra­ble aux émis­si­ons de CO2 et à d’autres nui­sances envi­ron­ne­men­ta­les. Par rap­port au trans­port rou­tier, le trans­port fer­ro­vi­ai­re est beau­coup plus éco­lo­gi­que, car les trains génè­rent en moy­enne moins d’émissions par tonne-kilo­mèt­re. Par ail­leurs, le trans­port fer­ro­vi­ai­re réduit le niveau de bruit et limi­te la pol­lu­ti­on atmo­sphé­ri­que dans les zones urbai­nes, ce qui se tra­duit par une meil­leu­re qua­li­té de vie pour la population.

Efficience et rentabilité:

Le rail pré­sen­te une haute effi­ci­ence dans le trans­port de mar­chan­di­ses, car les trains peu­vent trans­por­ter des char­ges plus importan­tes que les cami­ons. Le recours aux trains de mar­chan­di­ses per­met de trans­por­ter de gran­des quan­ti­tés de mar­chan­di­ses en une seule fois et donc d’optimiser les coûts de trans­port. Cela per­met aux ent­re­pri­ses d’améliorer leurs pro­ces­sus logis­ti­ques et d’augmenter l’efficacité de leurs chaî­nes d’approvisionnement. Une des­ser­te plus effi­cace du trans­port de mar­chan­di­ses se tra­duit par une baisse des coûts de trans­port, ce qui accroît la com­pé­ti­ti­vi­té des ent­re­pri­ses et a des réper­cus­sions posi­ti­ves sur l’économie natio­na­le. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on, les wagons de mar­chan­di­ses néces­saires peu­vent être inter­con­nec­tés de maniè­re effi­cace, ce qui per­met d’économiser sur les coûts fixes.

Sécurité et prévention des accidents:

Le trans­fert du tra­fic de mar­chan­di­ses sur le rail con­tri­bue à l’amélioration de la sécu­ri­té rou­tiè­re. Par rap­port au tra­fic rou­tier, les acci­dents du tra­fic fer­ro­vi­ai­re sont plus rares et génè­rent en géné­ral un impact plus fai­ble sur la vie, la santé et l’environnement. La réduc­tion du trans­port par cami­ons sur les rou­tes limi­te les sources de dan­gers potentiels et amé­lio­re la sécu­ri­té pour les aut­res usa­gers de la route.

Des experts logisticiens chevronnés sont indispensables

Il est néces­saire d’avoir des experts indé­pen­dants appar­ten­ant pré­cis­é­ment à ce sec­teur éco­no­mi­que et spé­cia­li­sés dans des pro­duits spé­ci­fi­ques. Les chem­ins de fer dev­rai­ent donc se con­cen­trer sur l’exploitation des trains, alors que la logis­tique glo­ba­le repo­se entre les mains spé­cia­li­sées des logisticiens.

Pénurie d’électricité: prévention et développement de scénarios

Pénurie d’électricité: prévention et développement de scénarios

Tran­si­ti­on éner­gé­tique, cri­ses géo­po­li­ti­ques, dif­fi­cul­tés d’approvisionnement: voici quel­ques-uns des fac­teurs qui pour­rai­ent débou­ch­er sur une pénurie d’électricité. Les grands con­som­ma­teurs sont tenus de mett­re au point des scé­na­ri­os pour le cas d’un con­tin­gen­te­ment. À la VAP, nous tra­vail­lons d’arrache-pied sur la question.

Il y a de l’électricité: voilà qui pen­dant des décen­nies était con­sidé­ré en Suis­se comme une évi­dence. Une évi­dence aujourd’hui remi­se en cause: d’une part, le rem­pla­ce­ment des sources d’énergie fos­si­les par des éner­gies dur­a­bles limi­te les res­sour­ces éner­gé­ti­ques dis­po­nibles pour les années à venir. D’autre part, des con­flits géo­po­li­ti­ques et des dif­fi­cul­tés d’approvisionnement ris­quent d’avoir en plus un effet néga­tif sur la dis­po­ni­bi­li­té de ces sources d’énergie, comme nous le mont­re l’actualité.

Une participation active s’impose

Dans ce con­tex­te, la Con­fé­dé­ra­ti­on a deman­dé à tous les grands con­som­ma­teurs de par­ti­ci­per aux pré­pa­ra­tifs à l’éventualité d’une pénurie d’électricité. Si l’on en arri­ve effec­ti­ve­ment à un con­tin­gen­te­ment de l’électricité, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re devra limi­ter l’offre de trans­port de voy­a­ge­urs. Le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses devra être main­tenu en fon­c­tion de la demande.

Le fret joue un rôle-clé

Avec le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export, les chem­ins de fer jouent un rôle sys­té­mi­que essentiel pour l’approvisionnement de l’économie et de la socié­té. Si une pénurie mas­si­ve d’électricité se pré­sen­te, la capa­ci­té logis­tique de fret devra tou­jours être pré­ser­vée. Elle devra tou­te­fois s’adapter aux modi­fi­ca­ti­ons de la demande.

Or cette der­niè­re est la gran­de incon­nue. Il n’est actu­el­le­ment pas pos­si­ble d’élaborer des scé­na­ri­os sûrs con­cer­nant l’évolution de la deman­de en cas de pénurie d’électricité. Tant en Suis­se que dans les pays voi­sins, la deman­de évo­luera sans doute de maniè­re nota­ble en fon­c­tion de la capa­ci­té de trans­port. Mais d’un sec­teur à l’autre, elle pour­ra aussi bien aug­men­ter que diminuer.

Considérer le service ferroviaire comme un système

Pour que le fret fer­ro­vi­ai­re puis­se con­tin­uer à rou­ler même dans une situa­ti­on de crise, il faut que le sec­teur réa­gis­se à temps aux évo­lu­ti­ons des deman­des en pro­po­sant une offre de trans­port adap­tée. Cela n’est pos­si­ble que si l’on con­sidè­re l’ensemble du ser­vice fer­ro­vi­ai­re comme un sys­tème. En d’autres ter­mes, tou­tes les fon­c­tions per­ti­nen­tes pour l’exploitation doi­vent res­ter à même de fonctionner.

Des scénarios en cours d’élaboration

Afin de limi­ter la con­som­ma­ti­on d’énergie en cas de crise, le tra­fic de voy­a­ge­urs s’oriente sur les horai­res réduits déjà éla­bo­rés et réa­li­sés durant la pan­dé­mie de l’année 2020. Dans le trans­port de mar­chan­di­ses, des scé­na­ri­os pos­si­bles sont en cours d’élaboration en dia­lo­gue étroit avec le sec­teur de la logis­tique dans le but d’assurer l’approvisionnement éco­no­mi­que du pays. Con­for­mé­ment à la mis­si­on impar­tie, des scé­na­ri­os devront être pro­po­sés d’ici la fin 2022. À la VAP, nous con­tri­buons à ce pro­ces­sus avec nos con­nais­sances et notre expérience.

Investir dans l’avenir avec le DAC

Investir dans l’avenir avec le DAC

Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) est beau­coup plus que ce que sug­gè­re son nom. C’est la base d’une digi­ta­li­sa­ti­on et d’une auto­ma­tis­a­ti­on com­plè­tes du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se – et par là même un inves­tis­se­ment proac­tif dans l’avenir.

Fret ferroviaire 4.0

À la VAP, nous œuvrons pour un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re con­cur­rentiel afin de garan­tir à nos mem­bres le libre choix du moyen de trans­port. Pour ce faire, nous som­mes actifs à dif­fér­ents niveaux. L’un est le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal, abré­gé DAC en ang­lais. Grâce à lui, le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en pour­ra att­eind­re le pro­chain stade de la modernisation.

Comme son nom le sug­gè­re, le DAC per­met d’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Mais ce n’est pas tout, loin de là. Il nous faut repen­ser le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se avec ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes comme un tout. Au sein de cette con­cep­ti­on, le DAC rend pos­si­ble un trans­fert de flux et de don­nées inin­ter­rom­pu dans le train. Celui-ci est la con­di­ti­on pré­alable à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation du fret fer­ro­vi­ai­re. Il repré­sen­te un saut quan­tique en ter­mes de qua­li­té et d’avantage pour le cli­ent, car tou­tes les don­nées sur l’ensemble des inter­faces et des acteurs de la logis­tique seront dis­po­nibles sous forme numé­ri­que. La com­man­de numé­ri­que du train génè­rera en outre une fle­xi­bi­li­sa­ti­on révo­lu­ti­on­n­aire de l’utilisation du réseau et ainsi une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble de la capa­ci­té de celui-ci. Cela offri­ra au fret fer­ro­vi­ai­re une chan­ce uni­que de jouer un rôle clé dans la logis­tique multimodale.

La première véritable innovation depuis 100 ans

En matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en, la der­niè­re véri­ta­ble inno­va­ti­on a été l’électrification. Elle remon­te à un siè­cle. Cela expli­que que la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re ait con­stam­ment dimi­n­ué. En inves­tis­sant dans le DAC, le fret fer­ro­vi­ai­re est à pré­sent en mesu­re de rat­tra­per d’un coup plu­s­ieurs sta­des de déve­lo­p­pe­ment. En effet, il offre de nou­vel­les fon­c­tions com­portant des avan­ta­ges révo­lu­ti­on­n­aires (cf. Illus­tra­ti­on 1).

Illus­tra­ti­on 1: le DAC appor­te plus d’avantages que la simp­le auto­ma­tis­a­ti­on du pro­ces­sus de couplage.

Le fret ferroviaire, colonne vertébrale de l’approvisionnement

Le fret fer­ro­vi­ai­re est un élé­ment cru­cial de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses. Rien qu’en Suis­se, nous tablons sur une crois­sance du volu­me de trans­port de mar­chan­di­ses de 30 % d’ici 2050. Or les capa­ci­tés de trans­port rou­tier et fer­ro­vi­ai­re sont limi­tées. Une exten­si­on des capa­ci­tés sera en pre­mier lieu ren­due pos­si­ble par l’amélioration des inter­faces des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. En ter­mes de dura­bi­li­té aussi, le fret fer­ro­vi­ai­re pré­sen­te des atouts. Un tiers des émis­si­ons annuel­les de gaz à effet de serre sont dues aux trans­ports. Avec le pacte vert à l’échelon euro­pé­en et la stra­té­gie cli­ma­tique 2050 à long terme en Suis­se, la poli­tique s’est fixé des objec­tifs ambi­ti­eux. Dans ce con­tex­te, le rail, pau­vre en émis­si­ons, s’avère par­ti­cu­liè­re­ment concurrentiel.

Un soutien est indispensable

Faire ent­rer le fret fer­ro­vi­ai­re dans une nou­vel­le ère du pro­grès grâce au DAC ne pour­ra pas réus­sir en faisant cava­lier seul. Notre sec­teur est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en, qui com­por­te d’une part une impli­ca­ti­on poli­tique garan­tis­sant une coor­di­na­ti­on inin­ter­rompue entre la Suis­se et l’UE, et d’autre part une aide finan­ciè­re. En effet, les acteurs du sec­teur ne sont pas à même de sup­port­er seuls les inves­tis­se­ments de départ. La valeur ajou­tée du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du mar­ché (cf. Illus­tra­ti­on 2). Un finance­ment de départ volon­ta­ris­te de la part de la Con­fé­dé­ra­ti­on est à notre avis impé­ra­ti­ve­ment néces­saire. Mais l’objectif ulti­me doit res­ter l’autofinancement.

Illus­tra­ti­on 2: l’atout du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du marché.

Un rééquipement réfléchi

Nous con­sidé­rons comme judi­cieux de réé­qui­per la flot­te de wagons existan­te de maniè­re rest­ric­ti­ve en se con­cen­trant sur les wagons récents et per­tin­ents pour le mar­ché. Les pro­prié­tai­res de wagons ne dev­rai­ent réé­qui­per leurs wagons que si cela s’avère sur le long terme plus avan­ta­ge­ux qu’un nou­vel achat. Par ail­leurs, la Con­fé­dé­ra­ti­on dev­rait pré­voir pour les wagons non enco­re amor­tis une prime à la casse dont l’utilisation sera lais­sée à la dis­cré­ti­on des pro­prié­tai­res de wagons. Il faut se rend­re à l’évidence: pour que les wagons restent com­pa­ti­bles entre eux et que la DAC génè­re sa plus-value aussi rapi­de­ment que pos­si­ble, il fau­dra réé­qui­per un grand nombre de wagons de maniè­re coor­don­née dans un laps de temps court.

Vous trou­verez de plus amp­les infor­ma­ti­ons sur ce thème dans cette pré­sen­ta­ti­on.

Garantir l’interopérabilité Suisse–UE

Garantir l’interopérabilité Suisse–UE

Le 24 juin 2022, le Comi­té des trans­ports ter­res­tres Communauté/Suisse (Comi­té mixte) a souli­g­né l’importance des pre­scrip­ti­ons har­mo­ni­sées pour les trans­ports ter­res­tres entre la Suis­se et l’UE. Nous som­mes pour notre part d’avis que pour une interopé­ra­bi­li­té dura­ble, il faut aller plus loin enco­re. Il est à pré­sent néces­saire d’avoir une poli­tique de trans­port coordonnée.

En 1999, la Suis­se a con­clu avec l’Union euro­pé­en­ne (UE) un accord sur les trans­ports ter­res­tres. Celui-ci garan­tit aux trans­por­teurs des deux côtés des fron­tiè­res suis­ses un accès réci­pro­que au mar­ché. Les pre­scrip­ti­ons pour le trans­port trans­fron­ta­lier de mar­chan­di­ses par rail et par route ont été harmonisées.

Une exclusion partielle de la Suisse

La Suis­se a con­struit le cor­ri­dor fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en men­ant à la ligne de plai­ne (à savoir la NLFA), et elle a mis en œuvre avec suc­cès sa poli­tique de trans­fert au moyen de la rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons (RPLP) ainsi que par l’interdiction de cabo­ta­ge et de cir­cu­ler la nuit et le diman­che. Le split modal dans le tra­fic de tran­sit tran­sal­pin pen­che à plus de 70 % en faveur du rail, ce qui est con­sidé­ré comme une réfé­rence inter­na­tio­na­le. Cette preuve de per­for­mance réjouis­san­te ne doit pour­tant pas cacher que la Suis­se ne dis­po­se actu­el­le­ment pas d’un accès com­plet au mar­ché par rap­port aux États mem­bres. Le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se ne fait pas enco­re par­tie inté­gran­te du réseau euro­pé­en de l’interopérabilité.

 

Ne pas céder sur l’accord sur les transports terrestres

À l’occasion de sa réuni­on semes­tri­el­le du 24 juin 2022, le Comi­té des trans­ports ter­res­tres Communauté/Suisse a souli­g­né l’importance de l’accord. Néan­mo­ins, des diver­gen­ces poli­ti­ques non réso­lues entre la Suis­se et l’UE blo­quent son déve­lo­p­pe­ment. Or ce déve­lo­p­pe­ment s’impose de toute urgence dans le cadre du pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

Depuis 2019, la coopé­ra­ti­on de la Suis­se avec l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA est réglée dans le cadre d’une solu­ti­on tran­si­toire limi­tée dans le temps. Le Comi­té mixte a débat­tu d’une pro­lon­ga­ti­on sup­p­lé­men­tai­re de cette solu­ti­on tran­si­toire. Celle-ci faci­li­terait à la fois l’intégration pro­cé­du­ra­le de la Suis­se à des auto­ri­sa­ti­ons sim­pli­fiées dans le tra­fic trans­fron­ta­lier tout en lui per­met­tant de par­ti­ci­per sur le plan tech­ni­que à des pro­jets d’innovation de digi­ta­li­sa­ti­on et d’auto­ma­tis­a­ti­on des chem­ins de fer.

Questions adressées au Conseil fédéral

À la VAP, nous som­mes con­vain­cus que le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se doit élar­gir son accès au mar­ché et ne doit pas rater le train de l’innovation euro­pé­en­ne. C’est fort de ce credo que le con­seil­ler aux États Josef Ditt­li a dépo­sé le 9 juin 2022 l’inter­pel­la­ti­on 22.3566. Il y deman­de au Con­seil fédé­ral de répond­re aux ques­ti­ons suivantes:

  1. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il assurer la pour­suite néces­saire des pro­gram­mes fer­ro­vi­ai­res dans le cadre de l’accord Suis­se-UE sur les trans­ports terrestres?
  2. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il assurer la mise en œuvre du volet tech­ni­que du 4e modu­le fer­ro­vi­ai­re en Suis­se, afin de garan­tir dura­blem­ent la libre cir­cu­la­ti­on fer­ro­vi­ai­re transfrontalière?
  3. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il obte­nir la plei­ne adhé­si­on de la Suis­se à l’ERA dans un ave­nir proche?
  4. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il garan­tir et com­plé­ter le siège de la Suis­se au sein du RISC, orga­ne important de direc­tion et de décis­i­on de l’UE?
Assurer la pleine interopérabilité

Pour l’économie en géné­ral et pour nos mem­bres en par­ti­cu­lier, il est décisif que les acquis obte­nus jusqu’ici soi­ent péren­ni­sés. Nous con­sidé­rons qu’il est abso­lu­ment néces­saire que la Suis­se soit repré­sen­tée le plus rapi­de­ment pos­si­ble en tant que par­ten­aire à part entiè­re dans les prin­ci­paux orga­nes euro­pé­ens et que la poli­tique des trans­ports soit coor­don­née dans le tra­fic transfrontalier.

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Organiser le fret ferroviaire pour demain

Le rap­port du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire»[1] du 30 mars 2022 a offert une occa­si­on bien­ve­nue de repen­ser glo­ba­le­ment le sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses suis­se avec sa con­cur­rence inter­mo­da­le et ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique ne se can­ton­ne pas à un finance­ment (de départ) du TWCI ou au DAC, mais eng­lo­be tous les pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Elle doit avoir pour but un sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses auto­no­me basé sur le mar­ché, qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et qui se tient aux côtés des char­geurs en tant que par­ten­aire fia­ble. Dans ce con­tex­te, un éven­tuel finance­ment selon le modè­le éprou­vé dans le tra­fic de tran­sit doit en pre­mier lieu pro­fi­ter aux cli­ents de tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re et offrir des inci­ta­ti­ons liées au suc­cès et neu­tres en ter­mes de con­cur­rence, sans aucu­ne dis­cri­mi­na­ti­on. C’est seu­le­ment ainsi et en regrou­pant les forces que pour­ront se déve­lo­p­per les inno­va­tions et les inves­tis­se­ments du sec­teur privé dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Et ce n’est qu’ainsi qu’il sera pos­si­ble d’organiser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire pour demain.

Le Conseil fédéral envisage d’instaurer un soutien financier sur le long terme

Selon le rap­port, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de main­te­nir dans l’avenir le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) et n’exclut pas un sou­ti­en finan­cier sur le long terme. Selon la défi­ni­ti­on de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire eng­lo­be le trans­port de grou­pes de mar­chan­di­ses en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) et par wagons de mar­chan­di­ses con­ven­ti­on­nels regrou­pés pour le par­cours principal.

Dans leur rap­port finan­cier 2021[2], les con­seils d’administration de CFF SA et de CFF Cargo SA esti­ment qu’un sub­ven­ti­on­ne­ment de leur offre de fret fer­ro­vi­ai­re est néces­saire et pro­ba­ble. Le Con­seil fédé­ral et les ent­re­pri­ses fédé­ra­les sem­blent donc être d’accord sur la néces­si­té de sou­te­nir finan­ciè­re­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. Néan­mo­ins, leur esti­ma­ti­on des volu­mes et de la finan­ça­bi­li­té s’appuie uni­quement sur les indi­ca­ti­ons de CFF Cargo. Les aut­res opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re, majo­ri­taire­ment pri­vés, ne sont pas pris en comp­te dans cette ana­ly­se. Nous som­mes d’avis qu’il est urgent de chan­ger de point de vue.

Adopter une nouvelle perspective

Depuis la réfor­me fer­ro­vi­ai­re 1 de 1999, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire est opéré par CFF Cargo en mono­po­le – sans grand suc­cès, comme le mont­re un bilan éta­b­li 25 ans après la décis­i­on du Par­le­ment. Cela doit chan­ger. En unis­sant leurs forces et sous l’égide de la Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC )[3], les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re actifs dans toute la Suis­se et leurs cli­ents sont à même de repen­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le pays.

Illus­tra­ti­on 1, page 51 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur le territoire”.

Le rap­port pré­sen­te deux gran­des ori­en­ta­ti­ons pour le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire (llus­tra­ti­on 1): l’une com­prend l’arrêt du TWCI, l’autre l’encouragement finan­cier du TWCI. Du point de vue de la VAP, c’est là une visi­on réduc­tri­ce. Un chan­ge­ment de per­spec­ti­ve est néces­saire à deux égards: pre­miè­re­ment, les acteurs doi­vent redé­fi­nir la maniè­re dont ils con­çoi­vent leur rôle et repen­ser leurs pro­ces­sus. Deu­xiè­me­ment, la situa­ti­on finan­ciè­re doit être con­sidé­rée d’un point de vue neu­tre. En effet, ni les pro­grès tech­ni­ques envi­sa­gés (mot-clé: cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC), ni la visi­on pure­ment inter­ne de CFF Cargo ne pour­ront con­dui­re à une réor­ga­ni­sa­ti­on. Celle-ci dev­rait d’ailleurs être au cent­re de la dis­cus­sion sur l’avenir qui est en cours. La forme d’organisation pré­sen­tée dans le rap­port (Illus­tra­ti­on 2) con­sti­tue une base de réfle­xi­on per­met­tant d’élaborer d’autres vari­an­tes d’orientation.

Illus­tra­ti­on 2, page 50 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’en­sem­ble du territoire”.

Décider sur la base des faits

Pour éva­luer le beso­in de finance­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire, il faut impé­ra­ti­ve­ment s’appuyer sur une ana­ly­se de la ren­ta­bi­li­té réa­li­sée par des experts exter­nes neutres.

S’il s’avère que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses n’est pas ren­ta­ble, il con­vi­ent de distin­guer si cela est dû à la posi­ti­on mono­po­lis­tique de CFF Cargo ou au sys­tème lui-même. La tier­ce par­tie neu­tre doit en outre véri­fier si l’autofinancement tel qu’il est exigé par la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM[4]) est actu­el­le­ment recher­ché. Ce n’est que lorsqu’il dis­po­se­ra d’une ana­ly­se détail­lée de la situa­ti­on actu­el­le que le Par­le­ment pour­ra se pro­non­cer sur les mesu­res à prend­re en conséquence.

Limiter le financement dans le temps

S’il res­sort qu’un sou­ti­en finan­cier est indé­nia­blem­ent indi­qué, celui-ci doit être con­sidé­ré comme un finance­ment limi­té dans le temps pour une nou­vel­le con­cep­ti­on fon­da­men­ta­le – et non comme un sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent. Un finance­ment de départ limi­té dans le temps peut sou­te­nir la mise en place d’un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re ori­en­té vers la con­cur­rence jusqu’à ce que sa digi­ta­li­sa­ti­on et son auto­ma­tis­a­ti­on simul­ta­nées et la mise en ser­vice de nou­veaux élé­ments de réseau de l’étape d’aménagement 2035 soi­ent ache­vées. En revan­che, un sou­ti­en dura­ble annu­lerait les inci­ta­ti­ons de l’économie de mar­ché en faveur de la com­pé­ti­ti­vi­té et de l’autofinancement du TWCI et ren­drait impos­si­ble le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suisse.

 

[1] «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire», rap­port du Con­seil fédé­ral don­nant suite au pos­tu­lat 21.3597 de la CTT‑E du 10 mai 2021. En adop­tant en 1999 la réfor­me des chem­ins de fer 1, le Par­le­ment a trans­fé­ré à CFF Cargo SA le mono­po­le de l’exploitation du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. La part de CFF Cargo dans le fret fer­ro­vi­ai­re dans le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export est de quel­que 60 %. Les 40 % restants sont des trans­ports directs par wagons com­plets réa­li­sés via des voies de rac­cor­de­ment et des terminaux.

[2] «Rap­port finan­cier des CFF 2021», cha­pit­re «Valo­ri­sa­ti­ons incer­tai­nes par rap­port à la crise sani­taire et à Cargo Suis­se», p. 84

[3] La Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC) a été fon­dée en 2018. Elle défend les inté­rêts de l’UTP, de CFF Cargo et de la VAP avec pour mis­si­on de moder­nis­er le fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire et de le rend­re plus effi­cace, con­for­mé­ment à l’art. 3a de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Pré­si­dent: Frank Fur­rer, secré­tai­re géné­ral de la VAP, vice-pré­si­den­te: Dési­rée Baer, CEO CFF Cargo –> Artic­les sur la CI TWC.

[4] «Loi fédé­ra­le sur le trans­port de mar­chan­di­ses par des ent­re­pri­ses de che­min de fer, de trans­port à câbles ou de navi­ga­ti­on (loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses, LTM)» art. 2 al. 2

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