SECTEUR DU FRET

Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret? Dif­fér­ents fac­teurs ont un impact sur le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses. En tant que voix de l’é­co­no­mie des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses com­pé­ti­tif. Pour cela, nous obser­vons entre aut­res le trans­fert modal et nous nous enga­ge­ons auprès des poli­ti­ques pour un rail non discriminatoire.

L’avenir du trafic intérieur de marchandises

Déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re: les vari­an­tes du Con­seil fédé­ral sont insuffisantes

Compétition DANS LE FRET FERROVIAIRE

Interopérabilité

L’opti­mi­sa­ti­on des pro­ces­sus et des inter­faces et le lien avec le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

​Durabilité

La moti­on du con­seil­ler aux Etats Josef Ditt­li deman­de un con­cept glo­bal sur la maniè­re dont le fret fer­ro­vi­ai­re et les solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les peu­vent con­tri­buer à rédui­re les émis­si­ons de CO2.

Digitalisation

Qu’est-ce qui con­tri­bue à faire pas­ser le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en à la pro­chai­ne dimen­si­on de la modernisation?

Flyer Fret ferroviaire 2050

INFORMATIF

Avenir du fret ferroviaire en surface / trafic par wagons complets
 
Crise de l’énergie

 

Vision

 

Résumé d’une étude réalisée pour le compte du secteur des chargeurs

 

Rapport sur le transfert modal 2021

 

Transport de marchandises dangereuses

 

Juridique

 

Études de base de la Confédération

 

​Transport soterrain de marchandises
Archives
Le trafic de marchandises pendant la crise Covid-19

 

Rapport sur le transfert 2019 – mesures supplémentaires sont nécessaires

Exploitation

Entreprises de transport ferroviaire

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
VTG was­co­sa erme­wa
   
Grou­pe Millet  

Chargeurs (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    

Sites

Premier et dernier kilomètre

En Suis­se, plus de 850 voies de rac­cor­de­ment sont uti­li­sées. Mal­heu­reu­se­ment, on con­sta­te un déclin con­stant. Vous trou­verez dans le cha­pit­re Sites com­ment la VAP s’en­ga­ge pour la pré­ser­va­ti­on des sites et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Réseau

Le réseau est une ques­ti­on d’ac­cès aux voies fer­rées, aux sil­lons. Pour une uti­li­sa­ti­on opti­ma­le, il faut une pla­ni­fi­ca­ti­on des travaux pré­voy­an­te, des prix équi­ta­bles et une bonne organisation.

Vous trou­verez sur le lien sui­vant com­ment nous nous enga­ge­ons dans ce sens et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Forum Fret Ferroviaire: Multimodalité et avenir de la logistique (ferroviaire)

Forum Fret Ferroviaire: Multimodalité et avenir de la logistique (ferroviaire)

Le Forum Fret fer­ro­vi­ai­re, qui s’est tenu le 20 avril 2023, s’est pen­ché sur l’avenir de la logis­tique, la mul­ti­mo­da­li­té et en par­ti­cu­lier sur les étapes néces­saires de la moder­ni­sa­ti­on du fret suis­se dans un monde numé­ri­que et dyna­mi­que. Des inter­venants de haute volée ont infor­mé le public des der­niers résul­tats de la recher­che, des déve­lo­p­pe­ments et des défis pra­ti­ques ainsi que des nou­vel­les con­di­ti­ons-cad­res juridiques.

Les trois dis­cours d’introduction des repré­sen­tants de l’économie, Sara Udavri (IKEA Sup­p­ly AG), Titus Büt­ler (La Poste Suis­se) et Rai­ner Deutsch­mann (Fédé­ra­ti­on des coopé­ra­ti­ves Migros) ont mon­tré sans ambi­güi­té com­bien l’économie s’impliquait pour orga­nis­er sa logis­tique de maniè­re dura­ble, uti­li­sant à cet effet comme levier le trans­fert des trans­ports dans des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les, au sein des­quel­les des modes de trans­port effi­caces en ter­mes d’énergie et d’espace tels que la navi­ga­ti­on et le rail ont aussi un rôle prépon­dé­rant à jouer. Dans un monde dyna­mi­que et avec des par­ten­aires tra­di­ti­onnel­le­ment peu fle­xi­bles et des capa­ci­tés d’infrastructures limi­tées, ceci est dif­fi­ci­le et com­por­te des ris­ques con­sé­quents pour l’approvisionnement. Les résul­tats de la recher­che pré­sen­tés par le Dr Mat­thi­as Prandt­stet­ter (AIT Aus­tri­an Insti­tu­te of Tech­no­lo­gy) pour la con­ser­va­ti­on et l’utilisation des don­nées et de l’intelligence arti­fi­ci­el­le mont­rent tou­te­fois que des solu­ti­ons se des­si­nent qui per­mettront d’organiser de plus en plus de chaî­nes de trans­port dyna­mi­ques et résistan­tes. Les struc­tures d’échange de don­nées néces­saires à cela sont déjà en ser­vice dans le domaine du trans­port com­bi­né, avec le sou­ti­en de l’État alle­mand, comme le mont­re l’exemple de la plaque tour­nan­te DX I pré­sen­té par Chris­toph Büch­ner (DX Inter­na­tio­nal), ou en train de se mett­re en place en Suis­se sur la base du nou­veau cadre légal décrit par Moni­ka Zosso (Office fédé­ral des trans­ports OFT). Le Dr Peter Füg­lis­ta­ler (Office fédé­ral des trans­ports OFT) a expli­qué com­ment la Suis­se entend inté­grer le sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re dans la logis­tique mul­ti­mo­da­le et le faire pas­ser dans le monde numé­ri­que de demain.

 Mal­gré la direc­ti­ve 91/440/CEE, on assis­te en Euro­pe à une évo­lu­ti­on néga­ti­ve: split modal en baisse et ver­se­ment de sub­ven­ti­ons éle­vées aux chem­ins de fer publics, man­que d’orientation cli­ent et fai­ble niveau d’innovation, car dans de nombreux end­roits en Euro­pe, les con­curr­ents jouent enco­re un rôle second­ai­re dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Il est donc impé­ra­tif de réor­ga­nis­er inté­gra­le­ment le sys­tème fer­ro­vi­ai­re pour sor­tir du piège des sub­ven­ti­ons en rendant le sys­tème via­ble et en opti­mi­sant les ris­ques par la mise en œuvre de l’automatisation et de la digi­ta­li­sa­ti­on au moyen du DAC, pre­miè­re étape incon­tournable. Celle-ci devra néan­mo­ins être sui­vie d’un déve­lo­p­pe­ment du sys­tème, notam­ment dans le tra­fic par wagons com­plets, afin de rédui­re pour les cli­ents et les pro­prié­tai­res des chem­ins de fer publics le ris­que de défail­lan­ce finan­ciè­re et opé­ra­ti­on­nel­le et pour encou­ra­ger l’orientation cli­ent et l’innovation. Une solu­ti­on pos­si­ble con­sis­te à divi­ser le sys­tème en un four­nis­seur de réseau de plu­s­ieurs acteurs avec un inté­gra­teur de sys­tème et pour le der­nier kilo­mèt­re un four­nis­seur neu­tre exté­ri­eur au mar­ché des trans­ports (cf. artic­le du blog «Exter­na­li­ser le der­nier kilo­mèt­re et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire»).

Rétrospective sur le Forum Fret ferroviaire: les principaux points dans le détail
MULTIMODALITÉ – MODERNISATION DU TRANSPORT SUISSE DE MARCHANDISES

Dans le con­tex­te du débat actuel sur le refi­nance­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses par la Con­fé­dé­ra­ti­on, le Forum Fret fer­ro­vi­ai­re s’est pen­ché sur les pro­blè­mes posés par la mul­ti­mo­da­li­té dans la logistique.

Mot de bienvenue

Dans son mot de bien­ve­nue, Frank Fur­rer a pré­sen­té le fil rouge qui relie les forums de la VAP, de la sécu­ri­té dans le con­tex­te con­tra­dic­toire des coûts et de la sécu­ri­té et des nou­vel­les for­mes de col­la­bo­ra­ti­on dans le tra­fic par wagons com­plets en 2019, en pas­sant par la poli­tique sous l’emprise de la fré­né­sie verte et les potentiels d’innovation effec­tifs de l’automatisation et de la digi­ta­li­sa­ti­on en 2022, jusqu’au forum actuel, qui se pen­che sur l’avenir de la logis­tique et de la mul­ti­mo­da­li­té. Pour uti­li­ser de maniè­re opti­ma­le les capa­ci­tés dis­po­nibles des dif­fé­ren­tes infra­struc­tures, garan­tir un appro­vi­si­on­ne­ment sûr de la Suis­se, mais aussi créer une place pour le che­min de fer dans la logis­tique, il est néces­saire de renou­ve­ler inté­gra­le­ment le sys­tème fer­ro­vi­ai­re et de com­bi­ner har­mo­nieu­se­ment et effi­ca­ce­ment tous les modes de trans­port. Le tout dans l’intérêt de l’espace de vie et du site éco­no­mi­que suis­ses. Depuis la direc­ti­ve de l’UE 91/440, soit depuis beau­coup plus de tren­te ans, les pays d’Europe essai­ent de con­dui­re leurs pro­pres ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res vers le suc­cès. En dépit de grands pro­gram­mes d’encouragement dans le domaine du TCNA, on con­sta­te une baisse de la part du fret fer­ro­vi­ai­re dans le split modal, tan­dis qu’une hausse ver­ti­gi­neu­se des sub­ven­ti­ons ver­sées aux chem­ins de fer publics s’avère néces­saire. La moder­ni­sa­ti­on et la réor­ga­ni­sa­ti­on inté­gra­le du sys­tème est sans alter­na­ti­ve. Cette muta­ti­on coû­te­ra à nou­veau aux États beau­coup d’argent et deman­de­ra de grands efforts au sec­teur. Quel­les for­mes pour­ra-t-elle prend­re? C’est ce dont nous nous pro­po­sons de déb­att­re ensem­ble aujourd’hui.

Multimodalité: révision de la loi sur le transport de marchandises

Le Dr Peter Füg­lis­ta­ler, direc­teur de l’Office fédé­ral des trans­ports, a pré­sen­té le pro­jet du Con­seil fédé­ral sur la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses, qui se con­cent­re assez for­te­ment sur les mesu­res desti­nées à ren­forcer la mul­ti­mo­da­li­té, car il n’y a pra­ti­quement pas de tra­fics mono­mo­daux par rail. Une amé­lio­ra­ti­on essen­ti­el­le des con­di­ti­ons-cad­res pas­se­ra par une nou­vel­le défi­ni­ti­on des pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment, qui doi­vent per­mett­re davan­ta­ge de mul­ti­mo­da­li­té et de regrou­pe­ment, notam­ment en tant que city hubs, et par leur pro­mo­ti­on finan­ciè­re au niveau de l’aménagement du ter­ri­toire. Un bonus de trans­bor­de­ment inci­te­ra les char­geurs à com­bi­ner davan­ta­ge dif­fér­ents modes de trans­port dans leurs chaî­nes logis­ti­ques. Le direc­teur de l’Office fédé­ral des trans­ports con­sidè­re que le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC est un fac­teur-clé de suc­cès et moins une per­spec­ti­ve d’avenir qu’une réa­li­té néces­saire et urgen­te. Et de pré­cis­er que l’État est heu­reux d’apporter son aide sur le che­min qui mène à cette nou­vel­le réa­li­té, mais que l’initiative doit venir de l’économie.

Multimodalité: besoins de l’économie – IKEA

Sara Udva­ri, Cate­go­ry Mana­ger Logi­stics chez IKEA Sup­p­ly AG, souli­gne l’importance de la dura­bi­li­té dans la chaî­ne d’approvisionnement de l’entreprise. La visi­on con­sistant à créer un meil­leur quo­ti­di­en pour les gens eng­lo­be la responsa­bi­li­té vis-à-vis de l’environnement. Comme les pro­duits d’IKEA font sou­vent un long voya­ge à tra­vers la chaî­ne d’approvisionnement, il est important de trou­ver des solu­ti­ons dur­a­bles. Pour être cli­ma­ti­quement posi­tif d’ici 2030, IKEA se con­cent­re sur la réduc­tion des gaz à effet de serre, l’amélioration de l’efficience éner­gé­tique et le sou­ti­en des four­nis­seurs. Dans le domaine du trans­port, l’enjeu est de rédui­re les émis­si­ons de gaz à effet de serre de 70 %, tan­dis que dans le stocka­ge, IKEA vise une réduc­tion des émis­si­ons de CO2 de 80 %. Pour att­eind­re ces objec­tifs, l’entreprise met l’accent sur trois aspects: l’augmentation de l’efficience, le rem­pla­ce­ment des com­bus­ti­bles fos­si­les par des solu­ti­ons inter­mo­da­les et l’électrification et enfin un chan­ge­ment radi­cal de la maniè­re de liv­rer les pro­duits. IKEA s’appuie déjà sur le trans­port com­bi­né et recourt actu­el­le­ment à 46 % à des solu­ti­ons inter­mo­da­les à l’échelle mon­dia­le. Un élé­ment important de la stra­té­gie de dura­bi­li­té d’IKEA est le cal­cul fac­tuel des émis­si­ons de CO2. Les cal­culs pré­dé­fi­nis ne don­nant que des moy­ennes, il faut uti­li­ser des outils fac­tuels pour obte­nir un cal­cul réa­lis­te de l’empreinte car­bo­ne. IKEA s’efforce de con­tin­uer à déve­lo­p­per la mul­ti­mo­da­li­té afin de trou­ver des solu­ti­ons enco­re plus dur­a­bles. Cela néces­si­te des chaî­nes de trans­port dyna­mi­ques et un éch­an­ge de don­nées per­ma­nent orga­ni­sé en con­sé­quence. Dans ce con­tex­te, il est essentiel de col­la­bo­rer avec des par­ten­aires qui par­t­agent les mêmes valeurs.

Multimodalité: besoins de l’économie – Migros

Rai­ner Deutsch­mann, responsable de la direc­tion Sécu­ri­té & Trans­ports, œuvre en faveur d’une chaî­ne d’approvisionnement dura­ble chez Migros. Sa démar­che met l’accent sur la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le, qui com­bi­ne dif­fér­ents moy­ens de trans­port tels que le train, le cami­on, la con­duite auto­no­me et Cargo Sous Ter­rain (CST). En col­la­bo­ra­ti­on avec eco­no­mie­su­is­se, la VAP, l’ASTAG et la CI Com­mer­ce de détail, il tra­vail­le à défi­nir le rôle que doi­vent jouer les dif­fér­ents moy­ens de trans­port dans une logis­tique de fret dura­ble. Bien que Migros soit sur le prin­ci­pe oppo­sée aux sub­ven­ti­ons, elle est favorable à un sub­ven­ti­on­ne­ment limi­té dans le domaine du trans­fert de tech­no­lo­gie, pour autant que cette aide ne fausse pas la con­cur­rence et que cela se tra­dui­se par des avan­ta­ges pour le cli­ent. Pour amé­lio­rer la dura­bi­li­té de la logis­tique des mar­chan­di­ses, on s’appuie sur une réduc­tion des kilo­mè­tres par­cou­rus et sur un ren­force­ment de l’automatisation. Une bonne mul­ti­mo­da­li­té néces­si­te une réor­ga­ni­sa­ti­on com­plè­te des chem­ins de fer. CST est en phase de réa­li­sa­ti­on et est déjà bien avan­cé. Le plus grand ent­repôt de Suis­se, à Ebi­kon, sert en outre de ter­rain d’essai pour la con­duite auto­no­me. Pour les cami­ons, plu­s­ieurs tech­ni­ques de pro­pul­si­on sont enco­re à l’étude, comme le bio­gaz, l’électricité ou l’hydrogène. Afin de choi­sir le moyen de trans­port le plus effi­cace doté de la pro­pul­si­on appro­priée, Migros exploi­te les don­nées des traces GPS. L’implication de Rai­ner Deutsch­mann mont­re que les ent­re­pri­ses peu­vent et doi­vent être à la hauteur de leurs responsa­bi­li­tés vis-à-vis de l’environnement. La col­la­bo­ra­ti­on avec dif­fér­ents par­ten­aires et l’utilisation de tech­no­lo­gies nou­vel­les sont des fac­teurs-clés pour le succès.

Multimodalité: besoins de l’économie – La Poste

Titus Büt­ler a donné un éclai­ra­ge sur la mul­ti­mo­da­li­té dans les trans­ports de La Poste Suis­se ainsi que sur les beso­ins de ses cli­ents, qui atten­dent des liv­rai­sons rapi­des, fia­bles et bon mar­ché. La Poste s’efforce de répond­re à ces beso­ins en assu­rant des trans­ports fré­quents et fia­bles, en pro­po­sant des prix com­pé­ti­tifs et en met­tant à dis­po­si­ti­on des don­nées importan­tes. Il y a chaque jour 45 trains post­aux, dont la pon­c­tua­li­té est de 94,4 %. Tou­te­fois, de quai à quai, le cami­on est envi­ron de 25 à 40 % plus rapi­de que le train, même si le cami­on doit enco­re mon­ter les mar­chan­di­ses sur son pla­teau. Cet état de faits s’est tra­duit par une baisse de la part du rail. La Poste con­ti­nue néan­mo­ins de miser sur le rail et s’efforce donc de mett­re en place une infra­struc­tu­re pour accé­lé­rer les trans­ports fer­ro­vi­ai­res, par exemp­le des cen­tres de cour­ri­er dotés de voies mon­tan­tes et de ter­minaux fer­ro­vi­ai­res pro­pres (TC) dans trois cen­tres de colis. Comme la Poste doit rem­plir un man­dat de ser­vice uni­ver­sel, l’accélération des trans­ports fer­ro­vi­ai­res doit éga­le­ment être sou­te­nue dans les con­di­ti­ons-cad­res. Les appro­ches allant dans ce sens sont les voies express qua­li­fiées, la prio­ri­sa­ti­on du fret cri­tique en ter­mes de temps par­al­lè­le­ment aux trains de voy­a­ge­urs (en d’autres ter­mes: départ prio­ri­taire du train de mar­chan­di­ses rapi­de avant le RER au niveau du nœud), l’accélération des travaux de manœu­vre, y com­pris les essais de frei­na­ge, et l’utilisation de com­po­si­ti­ons de trac­tion bimo­da­les fixes.

Modernisation du transport de marchandises en Suisse et en Europe grâce à la multimodalité

À l’aide des infor­ma­ti­ons four­nies par l’organisation faî­tiè­re UIP – INTERNATIONAL UNION OF WAGON KEEPERS, Jür­gen Maier a réca­pi­tulé les faits con­cer­nant la moder­ni­sa­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se et en Euro­pe par la mul­ti­mo­da­li­té. Les son­da­ges mont­rent qu’une logis­tique mul­ti­mo­da­le est deman­dée et que la poli­tique con­sidè­re le rail comme l’épine dor­sa­le du fret mul­ti­mo­dal. Pour que les chem­ins de fer puis­sent trans­for­mer cette chan­ce en réa­li­té, il est tou­te­fois néces­saire de chan­ger de sys­tème à l’échelle euro­pé­en­ne. Dans le TWC en par­ti­cu­lier, cela fait un siè­cle que les pro­ces­sus et l’organisation n’ont pas chan­gé. Il faut adop­ter une appro­che glo­ba­le qui inclut les ports, les sys­tè­mes modu­lai­res, les pla­te­for­mes numé­ri­ques, l’infrastructure intel­li­gen­te, la mise en réseau numé­ri­que dans le cadre du train, l’aménagement cohé­rent du ter­ri­toire et l’intégration dans la logis­tique urbai­ne. L’avenir est numé­ri­que, et le pro­jet tech­ni­que inno­vant «Digi­tal Auto­ma­tic Cou­pler (DAC)» actu­el­le­ment testé par les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re ouvre une nou­vel­le voie. Le «C» du sigle DAC peut aussi être com­pris comme «con­nec­té». Des sys­tè­mes auto­ma­ti­sés et con­nec­tés seront désor­mais néces­saires pour une éco­no­mie et une socié­té flo­ris­san­tes. Jür­gen Maier souli­gne que la col­la­bo­ra­ti­on aux niveaux poli­tique, stra­té­gique, opé­ra­ti­on­nel et à celui de l’entreprise joue un rôle important pour att­eind­re ces objectifs.

Débat

Lors du débat qui a suivi, tout le monde s’est accor­dé à dire que pour que le TWC puis­se exis­ter, il était néces­saire que celui-ci soit entiè­re­ment repen­sé, comme l’ont mis en évi­dence les répon­ses à la con­sul­ta­ti­on sur le déve­lo­p­pe­ment du fret. Au pas­sa­ge, il a été men­ti­onné que c’est Josef Ditt­li, pré­si­dent de la VAP, qui a lancé ce débat poli­tique en pro­po­sant sa moti­on et que la VAP a beau­coup con­tri­bué à ce que le sec­teur ait serré les rangs sur ce sujet. Un aspect inté­res­sant a été celui d’une visi­on glo­ba­le inclu­ant les thè­mes de la poli­tique éner­gé­tique et ali­men­tai­re. Dans le fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le ter­ri­toire, il n’y a pas d’objectif de trans­fert, le prin­ci­pe qui prév­aut étant celui du libre choix du mode de trans­port. Il est donc d’autant plus important de rend­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re plus attrac­tif afin de déve­lo­p­per une alter­na­ti­ve com­plé­men­tai­re au trans­port rou­tier qui soit com­pé­ti­ti­ve, car la route ne pour­rait pas absor­ber la dis­pa­ri­ti­on de l’ensemble du TWC. Le DAC repré­sen­te un pre­mier pas vers une aug­men­ta­ti­on de l’efficience et con­sti­tue donc une con­di­ti­on indis­pensable à la réor­ga­ni­sa­ti­on inté­gra­le du TWC.

Il y a éga­le­ment eu un débat sur la ques­ti­on de savoir si le trans­port doit être tou­jours plus rapi­de et com­ment con­ci­lier l’avantage con­cur­rentiel de la rapi­di­té du trans­port avec la dura­bi­li­té de la logis­tique et la coor­di­na­ti­on de la chaî­ne d’approvisionnement. Les par­ti­ci­pan­ts sont tom­bés d’accord pour dire que tous les acteurs impli­qués doi­vent par­ti­ci­per en réseau au pro­ces­sus de réor­ga­ni­sa­ti­on afin de trou­ver une solu­ti­on via­ble. La dis­cus­sion s’est con­clue sur la con­sta­ta­ti­on que la prio­ri­sa­ti­on, la réduc­tion de l’inefficience des pro­ces­sus et la mise en réseau numé­ri­que sont les clés d’une liv­rai­son pon­c­tu­el­le, avan­ta­ge­u­se et rapide.

Avenir de la logistique (ferroviaire)

Avec sa loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té, la Con­fé­dé­ra­ti­on envi­sa­ge de créer une pla­te­for­me publi­que de don­nées afin de sim­pli­fier les solu­ti­ons mul­ti­mo­da­les et de mett­re en réseau tous les acteurs con­cer­nés. L’après-midi, les inter­ven­an­tes et inter­venants de la Con­fé­dé­ra­ti­on, du monde sci­en­ti­fi­que et de l’économie ont dans leurs expo­sés mis un coup de pro­jec­teur sur la maniè­re dont la Con­fé­dé­ra­ti­on abor­de le sujet et sur les exi­gen­ces du sec­teur des char­geurs en matiè­re de multimodalité. 

Avenir de la logistique

La pré­sen­ta­ti­on du Dr Mat­thi­as Prandt­stet­ter por­tait sur l’avenir de la logis­tique et la néces­si­té d’agir pour att­eind­re la neu­tra­li­té cli­ma­tique et insis­tait sur le fait que le pas­sa­ge aux cami­ons élec­tri­ques ne suf­fi­sait pas et qu’il fall­ait recour­ir à des solu­ti­ons alter­na­ti­ves. Le train doit s’établir comme une véri­ta­ble alter­na­ti­ve à la route, car il est éner­gé­ti­quement plus effi­ci­ent et per­met de regrou­per for­te­ment les mar­chan­di­ses. Mat­thi­as Prandt­stet­ter a pré­sen­té les trans­ports syn­chro­mo­daux comme un con­cept d’avenir au sein duquel les bateaux et trains con­sti­tu­ent l’approvisionnement de base et les cami­ons assu­rent la des­ser­te du prem­eir et du der­nier kilo­mèt­re et ser­vent de solu­ti­ons de secours. Les décis­i­ons de trans­port sont pri­ses en temps réel et par le sys­tème, comme dans l’internet numé­ri­que, et on appel­le cela l’internet phy­si­que. L’importance pour le rail rési­de dans la digi­ta­li­sa­ti­on, la fia­bi­li­té et la fle­xi­bi­li­té ainsi que dans l’équivalence entre le trans­port de mar­chan­di­ses et le trans­port de voyageurs.

Loi fédérale concernant l’infrastructure fédérale de données sur la mobilité

Moni­ka Zosso est cochef­fe de la sec­tion Affai­res ter­ri­to­ria­les et chef­fe du pro­jet «Don­nées en réseau pour un sys­tème de mobi­li­té effi­ci­ent» à l’Office fédé­ral des trans­ports. Elle nous pré­sen­te dans le cadre de son expo­sé la loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LIDMo). Les don­nées sur la mobi­li­té doi­vent être con­sidé­rées comme une infra­struc­tu­re d’importance sys­té­mi­que qui con­tri­bue à rend­re le sys­tème de mobi­li­té plus effi­ci­ent, à répond­re aux beso­ins indi­vi­du­els de mobi­li­té, à exploi­ter les infra­struc­tures plus effi­ca­ce­ment et à pro­mou­voir l’innovation. La LIDMo a pour but de faci­li­ter l’adoption de solu­ti­ons inno­van­tes par tous les acteurs de l’écosystème de la mobi­li­té et de per­mett­re la mise en place d’une infra­struc­tu­re de géo­don­nées pour la mobi­li­té. L’infrastructure natio­na­le de mise en réseau des don­nées sur la mobi­li­té (NaDIM) sou­ti­ent l’exploitation et le déve­lo­p­pe­ment de la MODI et four­nit un sou­ti­en tech­ni­que, une nor­ma­li­sa­ti­on, un sou­ti­en tech­ni­que, une con­so­li­da­ti­on et une inté­gra­ti­on des don­nées. Cette solu­ti­on est pro­po­sée par l’État, qui ne recher­che aucun béné­fice com­mer­cial. Les cas d’application pos­si­bles dans le domaine de la logis­tique sont la pla­ni­fi­ca­ti­on des trans­ports et des itin­é­rai­res pour tous les modes de trans­port, sach­ant que l’économie four­ni­ra une appli­ca­ti­on à cet effet. Pour cela, des éch­an­ges avec le sec­teur des biens sont néces­saires et souhaitables.

TC4.0: plaque tournante numérique de données du trafic combiné

Chris­toph Büch­ner, co-direc­teur de DX Inter­mo­dal à Fran­c­fort, se réjouit de pou­voir pré­sen­ter une inno­va­ti­on alle­man­de, alors qu’habituellement, c’est plu­tôt l’UE qui lor­gne vers la Suis­se avec envie. Sa pré­sen­ta­ti­on sur le thème du TC4.0 por­tait sur l’objectif du minis­tère alle­mand du numé­ri­que et des trans­ports BMVD de créer une plaque tour­nan­te com­mu­ne de don­nées pour les éch­an­ges de don­nées au sein de la chaî­ne d’approvisionnement inter­mo­da­le. La plaque tour­nan­te de don­nées TC4.0 vise à rend­re pos­si­bles une chaî­ne d’information inin­ter­rompue et la trans­pa­rence pour per­mett­re que les don­nées soi­ent immé­dia­te­ment com­pri­ses de tous et évi­ter les solu­ti­ons numé­ri­ques iso­lées. La plaque tour­nan­te de don­nées, qui prend en char­ge dif­fér­ents types de noti­fi­ca­ti­ons, est com­mer­cia­li­sée par DX Inter­mo­dal GmbH et est acti­ve au niveau inter­na­tio­nal avec ses par­ten­aires de pro­jet. Actu­el­le­ment, 16 acteurs sont déjà con­nec­tés au sys­tème et en train de le tes­ter. Il s’agit d’une plaque tour­nan­te de don­nées, et non d’une pla­te­for­me, DXI n’ayant pas accès aux don­nées. Le pro­jet TC4.0 est un pas en avant pro­met­teur vers la digi­ta­li­sa­ti­on des chaî­nes d’approvisionnement inter­mo­da­les de natu­re à con­tri­buer à rédui­re les désa­van­ta­ges con­cur­rentiels du trans­port com­bi­né par rap­port au fret routier.

Nou­vel­les appro­ches d’innovation du point de vue pra­tique: a mal­heu­reu­se­ment été annulé. Jens Engel­mann a fait une inter­ven­ti­on spon­ta­née sur l’optimisation des opti­ons de trans­port grâce à l’intelligence artificielle. 

Débat

La dis­cus­sion-débat de clô­tu­re a per­mis d’approfondir les thè­mes abor­dés l’après-midi, notam­ment l’importance future des don­nées pla­ni­fiées et des don­nées en temps réel, ainsi que le con­cept d’internet phy­si­que, qui con­sis­te à ce que les mar­chan­di­ses cher­chent leur che­min de maniè­re auto­no­me à tra­vers un réseau de trans­port inter­mo­dal, ce qui réduit les tra­jets à vide et per­met une meil­leu­re uti­li­sa­ti­on des capa­ci­tés. Les par­ti­ci­pan­ts ont éga­le­ment abor­dé la stan­dar­di­s­a­ti­on à mett­re en place au niveau de l’UE pour har­mo­nis­er le lan­ga­ge des pla­te­for­mes de don­nées et per­mett­re l’optimisation du réseau avec l’IA. Un par­ti­ci­pant a souli­g­né que l’IA n’est pas intel­li­gen­te, mais que pour don­ner de bons résul­tats, l’algorithme doit avoir les bon­nes défi­ni­ti­ons. Un aspect important a éga­le­ment été la sécu­ri­té des don­nées, sach­ant que dans les modè­les pré­sen­tés, la sou­ve­rai­ne­té sur les don­nées est tou­jours déte­nue par l’expéditeur. La digi­ta­li­sa­ti­on, la bonne uti­li­sa­ti­on des don­nées et l’intelligence arti­fi­ci­el­le offrent éga­le­ment des pos­si­bi­li­tés immenses pour la logis­tique des transports.

Résumé du forum et prise de congé

Pour con­clure le forum, le Dr Frank Fur­rer a réca­pi­tulé les con­clu­si­ons de la jour­née. Les cli­ents ont mon­tré que le che­min de fer n’est pas du folk­lo­re, mais un instru­ment pos­si­ble pour att­eind­re des objec­tifs de poli­tique envi­ron­ne­men­ta­le et d’approvisionnement. L’idée que les mem­bres de la VAP se font de l’association est d’encourager le trans­fert du sec­teur vers le rail. La VAP s’implique au niveau poli­tique pour l’amélioration des con­di­ti­ons-cad­res et à celui du con­seil tech­ni­que qu’elle offre à ses mem­bres en faveur d’une sim­pli­fi­ca­ti­on du sys­tème fer­ro­vi­ai­re, sou­vent règle­men­té de maniè­re inu­tile­ment com­pli­quée. Un monde plus dyna­mi­que exige des chaî­nes de trans­port sou­ples et des appro­ches redond­an­tes pour répond­re aux beso­ins. Pour cela, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui n’a pas chan­gé au cours des 100 der­niè­res années, a beso­in d’une réor­ga­ni­sa­ti­on inté­gra­le. Il nous faut une inter­con­ne­xi­on de tous les modes de trans­port, y com­pris sou­ter­rains et trans­fron­ta­liers. Pour l’avenir, la logis­tique des trans­ports aura beso­in d’un éco­sys­tème de mobi­li­té qui per­met­te l’échange de don­nées et l’interconnexion, ce qui com­por­te le défi d’avoir des inter­faces har­mo­ni­sées. Il y a deux ans, la VAP avait dépo­sé une deman­de de finance­ment pour la pla­te­for­me de don­nées TFM, qui avait été reje­tée avec une réfé­rence à la LIDMo. Il faut tou­te­fois voir que le pro­jet avait été mis au point pour le tra­fic de voy­a­ge­urs et que la LIDMo ne pré­voit par exemp­le enco­re pas de cami­ons. La VAP sou­hai­te mett­re des mar­chan­di­ses sur le rail. Pour ce faire, les chem­ins de fer doi­vent att­eind­re une bonne per­for­mance qui satis­fas­se tous les four­nis­seurs, cli­ents et poli­ti­ques, et ce dans la coopé­ra­ti­on et la con­cur­rence, et qui tire parti des capa­ci­tés de maniè­re ciblée. Il est judi­cieux de com­men­cer à peti­te échel­le, mais de pen­ser grand.

Nous avons der­riè­re nous un Forum Fret fer­ro­vi­ai­re réus­si durant lequel les ren­con­tres et les éch­an­ges n’ont pas été négligés.

Perfectionnement du transport de marchandises: il est grand temps de faire quelque chose

Perfectionnement du transport de marchandises: il est grand temps de faire quelque chose

Les repré­sen­tants du sec­teur et des grou­pes d’intérêts avai­ent jusqu’au 24 février 2023 la pos­si­bi­li­té de s’exprimer sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». La LITRA, l’UTP, la CI TCNA, l’ASTAG et la VAP ont pris posi­ti­on con­join­te­ment (blog Trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire: une solu­ti­on de bran­che en cours d’élaboration). Voici une réca­pi­tu­la­ti­on des élé­ments essentiels des répon­ses d’autres acteurs.

 

Les enjeux:
  • Un aban­don du tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) serait fatal.
  • Le finance­ment ne doit pas main­te­nir le statu quo.
  • Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) et la pla­te­for­me de don­nées doi­vent être encouragés.
  • Il doit res­ter pos­si­ble d’accéder au mar­ché sans discrimination.
  • Appro­ches inno­van­tes au niveau orga­ni­sa­ti­on­nel, coopé­ra­ti­ons entre les acteurs
  • Se con­cen­trer sur le béné­fice client.

 

Le Con­seil fédé­ral avait invi­té les repré­sen­tants du sec­teur et les par­tis à prend­re posi­ti­on jusqu’au 24 février 2023 sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Il a reçu de nombreu­ses répon­ses. Nous com­pa­rons ci-après les décla­ra­ti­ons des repré­sen­tants de cer­ta­ins grou­pes d’intérêts et tirons une con­clu­si­on. Le Con­seil fédé­ral intègrera dans un second temps les retours dans le mes­sa­ge qu’il adress­e­ra au Parlement.

Ne pas abandonner le TWCI

À l’exception de l’UDC, les répon­ses optent pour la vari­an­te 1, pré­co­nis­ent un per­fec­tion­ne­ment de la V1 ou une toute nou­vel­le vari­an­te. Les per­son­nes inter­ro­gées con­sidè­rent l’abandon du TWCI comme fatal. Elles redou­tent la perte de la sécu­ri­té d’approvisionnement, des man­ques de capa­ci­tés sur la route, un tra­vail et des dépen­ses sup­p­lé­men­tai­res en matiè­re de logis­tique et des efforts plus importants pour répond­re à la com­pa­ti­bi­li­té climatique.

Ne pas maintenir le statu quo par le financement

De nombreu­ses per­son­nes inter­ro­gées sont d’accord avec le finance­ment partiel tel qu’il est pro­po­sé. Plu­s­ieurs répon­ses sug­gè­rent que le finance­ment se fasse à par­tir des fonds existants – de pré­fé­rence à par­tir du FIF –, plu­tôt que par l’octroi d’un nou­veau cré­dit. Tou­te­fois, plu­s­ieurs des per­son­nes inter­ro­gées expri­ment des réser­ves quant au fait que le finance­ment est sous-esti­mé et qu’il sert donc tout au plus à main­te­nir l’état actuel. Elles deman­dent donc une aug­men­ta­ti­on des fonds qui per­met­tra d’obtenir la modi­fi­ca­ti­on du split modal visée. Il y a con­sen­sus sur le fait que le finance­ment doit per­mett­re une moder­ni­sa­ti­on et une ori­en­ta­ti­on cli­entèle, de sorte à assurer l’autonomie finan­ciè­re dans l’avenir.

Faire progresser la digitalisation et l’automatisation

Une majo­ri­té est favorable à la moder­ni­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du DAC. Elle approuve le finance­ment par la Con­fé­dé­ra­ti­on sous forme d’un finance­ment limi­té dans le temps jusqu’à l’achèvement de la mise en place du DAC.

Selon la majo­ri­té des répon­ses, la digi­ta­li­sa­ti­on com­prend aussi l’interconnexion entre des pla­te­for­mes de don­nées libre­ment acces­si­bles et la sim­pli­fi­ca­ti­on de la coopé­ra­ti­on entre les acteurs du mar­ché qui va de pair.

Préserver une économie de marché non discriminatoire

Cer­tai­nes voix récla­ment un man­dat de trans­fert pour le trans­port de mar­chan­di­ses, d’autres insis­tent sur le libre choix des moy­ens de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur. Dans l’ensemble, les répond­ants sou­hai­tent un encou­ra­ge­ment non dis­cri­mi­na­toire qui s’étende à dif­fér­ents types de tra­fics et modes de trans­port. L’économie libre de mar­ché doit être pré­ser­vée. Des appro­ches inno­van­tes à l’échelon orga­ni­sa­ti­on­nel et des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du mar­ché ren­dront le TFM plus inté­res­sant pour les clients.

Empêcher les distorsions de la concurrence dans le TWCI

La majo­ri­té ne sou­ti­ent pas CFF Cargo, ent­re­pri­se mono­po­lis­tique dans le TWCI. Les per­son­nes inter­ro­gées pro­po­sent des adapt­a­ti­ons desti­nées à empê­cher les dis­tor­si­ons de la con­cur­rence, par exemp­le une sépa­ra­ti­on orga­ni­sa­ti­on­nel­le et finan­ciè­re entre le TWCI et le train com­plet ainsi que des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du marché.

Améliorer le bénéfice client

Un beso­in abor­dé par plu­s­ieurs per­son­nes inter­ro­gées est celui d’orienter sys­té­ma­ti­quement la con­cep­ti­on glo­ba­le vers l’amélioration du béné­fice cli­ent. Cela impli­que notam­ment des capa­ci­tés d’infrastructure suf­fi­san­tes et cor­rec­te­ment attri­buées ainsi qu’un sys­tème de mar­ché appro­prié qui favo­ri­se l’innovation et les off­res inté­res­san­tes. En ce qui con­cer­ne les prix des sil­lons, les per­son­nes inter­ro­gées sou­hai­tent une réduc­tion – par exemp­le à l’échelle de l’Europe.

Une sous-estimation de la nécessité d’agir

Les nombreu­ses répon­ses met­tent en évi­dence une chose: la néces­si­té d’agir dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est bien plus importan­te que ce que le Con­seil fédé­ral a mon­tré. Les deux vari­an­tes de solu­ti­on se limi­tent à don­ner le choix entre deux maux moind­res au lieu d’offrir une solu­ti­on glo­ba­le. Afin de mener un débat étayé par des faits, jus­tem­ent pour ce qui est des alter­na­ti­ves de finance­ment, les par­ties et orga­ni­sa­ti­ons répond­an­tes sou­hai­tent se voir com­mu­ni­quer des don­nées fac­tu­el­les clai­res con­cer­nant les finan­ces de CFF Cargo.

À une écra­san­te majo­ri­té, elles déplo­rent que l’on ne dis­po­se pas d’une vue d’ensemble cohé­ren­te au lieu de n’avoir que le TFM et la navi­ga­ti­on. Elles citent la RPLP et la pro­chai­ne révi­si­on de la loi fédé­ra­le rela­ti­ve à une rede­van­ce sur le tra­fic des poids lourds, la LRPL, ainsi que la loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té, la LIDMo.

 

 

L’exploitation du DETEC est publiée ici: https://www.fedlex.admin.ch/fr/eli/dl/proj/2022/69/cons_1

À l’ordre du jour de la session de printemps 2023

À l’ordre du jour de la session de printemps 2023

L’ordre du jour de la ses­si­on de prin­temps, qui a eu lieu du 27 février au 17 mars 2023, con­te­nait plu­s­ieurs points per­tin­ents pour notre sec­teur. En voici une brève vue d’ensemble assor­tie d’un avis critique.

L’enjeu:
  • Davan­ta­ge de moy­ens finan­ciers pour la chaus­sée rou­lan­te (RoLa)
  • Achè­ve­ment de la «Croix fédé­ra­le de la mobilité»
  • Déve­lo­p­pe­ment du fonds d’infrastructure ferroviaire
 
Trafic combiné accompagné (chaussée roulante, RoLa)

Le 8 mars 2023, le Con­seil natio­nal a trai­té le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral du 30 sep­tembre 2022 sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses et sur un arrêté fédé­ral all­ouant un pla­fond de dépen­ses pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses accom­pa­gné à tra­vers les Alpes (objet du Con­seil fédé­ral 22.064). Notre avis: il man­que un sub­ven­ti­on­ne­ment des tra­fics indé­pen­dam­ment de la tech­no­lo­gie employée, notam­ment dans cer­tai­nes régions pos­sé­dant un potentiel de volu­me. Le con­trô­le qua­li­té doit aussi être éten­du aux tra­fics con­ven­ti­on­nels. Le pro­lon­ge­ment de la RoLa jusqu’en 2026 selon la pro­po­si­ti­on du CF fait l’unanimité et est effi­cace. Nous auri­ons con­sidé­ré la pro­lon­ga­ti­on de la RoLa jus­qu’en 2026 selon la pro­po­si­ti­on du CF, comme incon­tes­tée et effi­cace. Lors de la ses­si­on de prin­temps, le Con­seil natio­nal s’est pro­non­cé en faveur de la pour­suite de la RoLa jus­qu’en 2028. La Chambre haute a approu­vé à cet effet 106 mil­li­ons de francs pour les années 2024 à 2028. Le pro­jet passe main­ten­ant au Con­seil des Etats.

«Croix fédérale de la mobilité»

Le 9 mars 2023, le Con­seil des Etats s’est pen­ché en deu­xiè­me ins­tance sur la moti­on 22.4258 inti­tulée «Per­spec­ti­ve Rail 2050. Con­cen­tra­ti­on éga­le­ment sur la réa­li­sa­ti­on et l’achèvement de la ‹Croix fédé­ra­le de la mobi­li­té›». Du point de vue du trans­port de mar­chan­di­ses, cette moti­on n’est pas équi­ta­ble et ne mène­ra pas au but, car une uti­li­sa­ti­on mixte mélan­geant le tra­fic de voy­a­ge­urs dans des trains à haute vites­se et des tra­fics de mar­chan­di­ses ne fon­c­tion­ne pas en rai­son des trop gran­des dis­pa­ri­tés de vites­se sur l’infrastructure suis­se. Il ris­que d’en résul­ter une dégra­da­ti­on de la qua­li­té dans le trans­port de mar­chan­di­ses, ce qui va fon­da­men­ta­le­ment à l’encontre des objec­tifs de la Suis­se en matiè­re d’environnement, d’énergie et d’approvisionnement. La VAP sou­ti­ent en revan­che fon­da­men­ta­le­ment Rail 2050. Le Con­seil des Etats a adop­té la moti­on. La prio­ri­té accor­dée au réseau longue distance a donné lieu à des dis­cus­sions ; le tra­fic à cour­te et moy­enne distance dev­rait éga­le­ment être pris en comp­te en con­sé­quence. Le minist­re des trans­ports Albert Rösti a con­sta­té que les diver­gen­ces entre le Par­le­ment et le Con­seil fédé­ral n’é­tai­ent pas importan­tes et a pro­mis que le Con­seil fédé­ral pré­s­en­ter­ait le mes­sa­ge sur la stra­té­gie “Per­spec­ti­ve Rail 2050” à la fin de l’été et qu’il tien­drait comp­te de la deman­de de la motion.

Fonds d’infrastructure ferroviaire

Le con­seil­ler aux États Mat­thi­as Michel a dépo­sé l’interpellation 22.4367 «Déve­lo­p­pe­ment du fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re», qui a été trai­té au Con­seil des États le 9 mars 2023. Nous som­mes d’avis que le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est sain, et nous ne voy­ons pour l’instant pas de néces­si­té d’agir pour la VAP. Les liqui­di­tés du fonds sont un aspect moins cri­tique que celui de savoir si les pro­jets sont suf­fi­sam­ment mûrs pour être mis en œuvre ou que la con­s­truc­tion ou l’entretien en cours d’exploitation. Le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti con­fir­me lui aussi que, selon les pré­vi­si­ons actu­el­les, le fonds pour­ra finan­cer jus­qu’à fin 2030 l’ex­plo­ita­ti­on, le main­ti­en de la sub­s­tance ainsi que les amé­nage­ments décidés.

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Nous pre­nons posi­ti­on sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Nous sou­met­tons les pro­po­si­ti­ons à une éva­lua­ti­on cri­tique du point de vue des cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re et démon­trons qu’il est néces­saire que le tra­fic con­ven­ti­on­nel accè­de à une auto­no­mie juridique.

Un oui à variante 1 assorti de réserves

Dans la vari­an­te 1, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de digi­ta­li­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Il posi­ti­onne ainsi le mode de trans­port «rail» en tant qu’élément de la logis­tique mul­ti­mo­da­le, pré­voy­ant des mesu­res d’accompagnement dans le domaine de l’aménagement du ter­ri­toire, des aides à l’investissement et des inci­ta­ti­ons pour le trans­bor­de­ment et le char­ge­ment de natu­re à atté­nuer les coûts sup­p­lé­men­tai­res de la rup­tu­re de char­ge entre le rail et les aut­res modes de trans­port. Le Con­seil fédé­ral a l’intention d’indemniser les coûts du tra­fic con­ven­ti­on­nel non cou­verts jusqu’à la mise en œuvre de l’automatisation. Sur le fond, nous nous féli­ci­tons de l’orientation de la vari­an­te 1, mais nous avons des réser­ves et con­sta­tons un beso­in de modi­fi­ca­ti­on essentiel.

Rendre autonome du premier et du dernier kilomètre subventionné

Nous vou­lons et devons rend­re le tra­fic con­ven­ti­on­nel plus apte à affron­ter l’avenir. Pour ce faire, il faut repen­ser l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­me de mar­ché et inter­faces au sein de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le. L’objectif doit être un sys­tème finan­ciè­re­ment auto­no­me qui ne dis­cri­mi­ne aucu­ne ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re et qui soit à la dis­po­si­ti­on des char­geurs de maniè­re fia­ble[1]. En atten­dant la mise en œuvre de ce nou­veau con­cept, nous don­nons notre accord au ver­se­ment d’aides finan­ciè­res au tra­fic de réseau de CFF Cargo. Ces aides finan­ciè­res sont basées sur des inci­ta­ti­ons liées aux résul­tats, neu­tres en ter­mes de con­cur­rence et non dis­cri­mi­na­toires ainsi que sur l’accession à l’autonomie juri­di­que du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re au sein d’une socié­té auto­no­me des CFF. Ce n’est qu’ainsi que l’on pour­ra con­tin­uer à garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se et la via­bi­li­té du rail dans l’avenir.

Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

En trans­fé­rant à CFF Cargo la responsa­bi­li­té du tra­fic con­ven­ti­on­nel, le Con­seil fédé­ral crée un mono­po­le sur quel­que 70 % du volu­me du fret. En effet, CFF Cargo est aussi le prin­ci­pal four­nis­seur de tra­fic par trains entiers et de tra­fic com­bi­né. La com­bi­nai­son de ces inté­rêts ris­que de se tra­dui­re d’une part par la dis­cri­mi­na­ti­on des cli­ents du tra­fic con­ven­ti­on­nel et du tra­fic par trains entiers, mais d’autre part éga­le­ment par des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence vis-à-vis d’autres four­nis­seurs de tra­fic par trains entiers et du tra­fic com­bi­né – et ce indé­pen­dam­ment du ver­se­ment d’indemnités au tra­fic con­ven­ti­on­nel. Celui-ci est con­sti­tué par la des­ser­te sur tout le ter­ri­toire des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment et doit donc accé­der à l’autonomie juri­di­que. Étant donné que les pre­sta­ti­ons et res­sour­ces cor­re­spond­an­tes sont d’ores et déjà regrou­pées au sein d’une unité d’organisation auto­no­me, la trans­for­ma­ti­on exi­ge­rait des efforts limi­tés. Le Con­seil fédé­ral dev­rait tou­te­fois pré­cis­er l’art. 9a al. 7 de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM).

Surveiller de manière systématique le nouvel opérateur de système

Dans la phase limi­tée dans le temps des indem­ni­tés publi­ques, mais aussi ulté­ri­eu­re­ment, l’opérateur de sys­tème devra faire l’objet d’un moni­to­rage sys­té­ma­tique dans le domaine des pre­sta­ti­ons, de la qua­li­té, de la pro­duc­ti­vi­té et des coûts. Ce faisant, il con­vi­en­dra de veil­ler à une sup­pres­si­on rapi­de de l’aide finan­ciè­re et à une moder­ni­sa­ti­on du modè­le com­mer­cial de CFF Cargo, qui pré­vi­en­dront les dis­cri­mi­na­ti­ons et assur­e­ront dura­blem­ent un tra­fic con­ven­ti­on­nel flui­de sur l’ensemble du ter­ri­toire. Ce der­nier aspect sera notam­ment garan­ti par un moni­to­rage ciblé du déve­lo­p­pe­ment des quan­ti­tés et de la struc­tu­re de la cli­entèle. Ce moni­to­rage néces­si­te l’ajout d’un com­plé­ment à l’art. 9a LTM.

Vous trou­verez des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et des avis sup­p­lé­men­tai­res dans notre répon­se à la con­sul­ta­ti­on «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se».


[1] Cf. vidéo «Le fret fer­ro­vi­ai­re du futur»: www.cargorail.ch/#video

Pénurie d’électricité (partie 4): concrétisation des mesures d’urgence

Pénurie d’électricité (partie 4): concrétisation des mesures d’urgence

La sécu­ri­té éner­gé­tique est et reste l’un de nos sujets prio­ri­taires. Le Con­seil fédé­ral est actu­el­le­ment en train de con­cré­ti­ser les mesu­res de ges­ti­on d’une pénurie d’électricité en pré­parant des ordon­nan­ces. Il pré­voit des dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res pour les ent­re­pri­ses con­ces­si­on­n­aires de trans­ports publics, y com­pris cel­les du fret fer­ro­vi­ai­re. En col­la­bo­ra­ti­on avec le grou­pe de tra­vail des asso­cia­ti­ons du sec­teur, l’OFT prépa­re un pro­jet d’ordonnance pour les trans­ports publics; la VAP y repré­sen­te les inté­rêts du trans­port de marchandises. 

L’enjeu:
  • Le Con­seil fédé­ral fait éla­bo­rer un plan de mesu­res pour la sécu­ri­té de l’approvisionnement en électricité.
  • Le con­tin­gen­te­ment par paliers a pour but d’éviter les déles­ta­ges critiques.
  • Étape sui­van­te: éla­bo­ra­ti­on de pro­jets d’ordonnances spécifiques.
  • Le prix du cou­rant fer­ro­vi­ai­re va aug­men­ter l’année prochaine.

 

Lors de sa séan­ce du 23 novembre 2022, le Con­seil fédé­ral a trai­té les mesu­res de ges­ti­on pour le cas d’une pénurie d’électricité. Pour les pro­jets d’ordonnances avec mesu­res gra­du­el­les, il a réa­li­sé une con­sul­ta­ti­on jusqu’au 12 décembre 2022. Le lea­der du sys­tème «rail» a pris posi­ti­on pour le secteur.

Chaque palier de mesures permet d’éviter une situation pire

Avec les mesu­res déci­dées jusqu’ici, le Con­seil fédé­ral ren­force la sécu­ri­té de l’approvisionnement en élec­tri­ci­té: mise en place de réser­ves hydro­élec­tri­ques, mise à dis­po­si­ti­on de cen­tra­les ther­mi­ques de réser­ve et aug­men­ta­ti­on des capa­ci­tés des réseaux de trans­port d’électricité. Le CF veut en outre prépa­rer des mesu­res gra­du­el­les desti­nées à rédui­re la con­som­ma­ti­on d’électricité. Des appels à une con­som­ma­ti­on d’électricité éco­no­me et l’Alliance pour les éco­no­mies d’énergie de l’économie se pro­po­sent de sen­si­bi­li­ser les ent­re­pri­ses sur ce sujet sur l’ensemble du territoire.

Si une pénurie devait mal­gré tout se pro­dui­re en hiver, le Con­seil fédé­ral règ­lerait l’approvisionnement en élec­tri­ci­té au moyen de mesu­res limi­tées dans le temps. En cas de crise, il pren­drait des décis­i­ons afin d’imposer des rest­ric­tions de con­som­ma­ti­on ciblées. Cela per­met­tra de garan­tir la sta­bi­li­té du réseau et donc l’approvisionnement en élec­tri­ci­té. Chaque palier de mesu­res vise à évi­ter des mesu­res plus drastiques.

Le contingentement vise à éviter les délestages

Le Con­seil fédé­ral con­sidè­re le con­tin­gen­te­ment comme une mesu­re clé pour évi­ter les déles­ta­ges cri­ti­ques. Afin de garan­tir son effi­ca­ci­té, il ne veut en exclure aucun con­som­ma­teur de courant.

Pour les ent­re­pri­ses con­ces­si­on­n­aires de trans­ports publics (TP), il pré­voit néan­mo­ins des dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res. Les TP, ser­vice fon­da­men­tal, doi­vent être assu­rés aussi long­temps que pos­si­ble. Pour que leur fon­c­tion­ne­ment puis­se être assu­ré même en cas de pénurie d’électricité, on met­tra en œuvre des mesu­res cor­re­spond­ant au «modè­le de ges­ti­on des TP».

Mesures de gestion pour les TP 

Dans le cadre d’un grou­pe de tra­vail impli­quant l’UTP, les CFF, l’OFT et la VAP, nous avons éla­bo­ré au cours de ces der­niers mois les mesu­res gra­du­el­les pour le tra­fic de voy­a­ge­urs et pour le trans­port de mar­chan­di­ses. En cas de con­tin­gen­te­ment de l’électricité, la logis­tique des mar­chan­di­ses devra tou­jours être main­te­nue de maniè­re gra­du­el­le en fon­c­tion de l’évolution de la deman­de. Le sec­teur doit se prépa­rer à réa­gir rapi­de­ment. En effet, il est impos­si­ble de préd­ire aujourd’hui dans quels domain­es on assis­te­ra à des reculs ou à des aug­men­ta­ti­ons de la deman­de. Sur la base du «modè­le de ges­ti­on des TP», notre grou­pe de tra­vail rédi­ge­ra un pro­jet d’ordonnance cor­re­spond­ant sur les mesu­res de ges­ti­on gra­du­el­les pour les TP. À la VAP, nous sou­te­nons la pro­cé­du­re éla­bo­rée, prin­ci­pa­le­ment les mesu­res spé­cia­les appli­ca­bles aux TP.

Le prix du courant de traction va augmenter

Le cou­rant de trac­tion n’est lui non plus pas exempt de tur­bu­len­ces sou­da­i­nes: c’est ce que mont­re le récent com­mu­ni­qué des CFF. La divi­si­on Éner­gie y annon­ce un lourd défi­cit de 180 mil­li­ons de CHF pour l’année 2022. Les CFF indi­quent que du fait de la sécher­es­se per­sistan­te de l’été der­nier, il n’a pas été pos­si­ble de pro­dui­re comme d’habitude 90 % du cou­rant fer­ro­vi­ai­re à par­tir des cen­tra­les hydro­élec­tri­ques de l’entreprise. Les CFF ont dû ache­ter à court terme de l’électricité chère sur le marché.

Après des négo­cia­ti­ons avec l’OFT, les CFF aug­m­en­te­ront pour 2023 le prix de l’électricité de 3 cen­ti­mes, le portant ainsi à 13,5 cen­ti­mes par kilo­watt-heure. L’OFT envi­sa­ge de réper­cu­ter l’augmentation du prix de l’électricité con­tenu dans le prix du sil­lon de maniè­re dif­fé­ren­te selon les sec­teurs de trans­port. Les gran­des lignes se ver­ront réper­cu­ter l’intégralité du mon­tant, à savoir 3 cen­ti­mes, alors que les trans­ports régi­on­aux et le fret ne devront en sup­port­er qu’une par­tie, à savoir 1 cen­ti­me. Le fait que l’OFT n’ait pas accé­dé à la deman­de des CFF, qui récla­mai­ent une cou­ver­tu­re inté­gra­le du défi­cit par un sup­p­lé­ment de 10 cen­ti­mes, est peut-être dans un pre­mier temps une bonne nou­vel­le pour les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Mais l’incertitude con­cer­nant d’autres sup­p­lé­ments à venir per­du­re, et elle influen­cera aussi le futur cal­cul des offres.

Un besoin de transparence

Nous som­mes d’avis que la mise à dis­po­si­ti­on de l’énergie élec­tri­que à un taux de coûts per­met­tant des pla­ni­fi­ca­ti­ons est cru­cia­le pour l’organisation future des off­res. Les récen­tes tur­bu­len­ces de prix sem­blent vrai­ment déjà très fan­tai­sis­tes; et ce d’autant plus si l’on con­sidè­re a pos­te­rio­ri les nombreu­ses années clô­tu­rées sur un bilan posi­tif. Nous atten­dons un trai­te­ment trans­pa­rent des évè­ne­ments récents.

Le secteur ferroviaire doit se réinventer

Le secteur ferroviaire doit se réinventer

Le rail n’est vrai­ment pas connu pour sa pro­pen­si­on à se renou­ve­ler. Cela doit chan­ger et chan­ge­ra s’il veut res­ter un moyen de trans­port apte à affron­ter l’avenir. Lors du 7e forum fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal IRFC 2022, les experts ont pré­sen­té un vaste éven­tail d’initiatives, d’innovations et de res­truc­tu­ra­ti­ons. Nous en avons résu­mé et éva­lué ici les prin­ci­pa­les d’un œil critique.

Les enjeux:
  • Afin de mett­re en œuvre le Pacte vert, il y a beso­in d’innovations, de nou­vel­les tech­no­lo­gies et d’une moder­ni­sa­ti­on com­plè­te du sec­teur ferroviaire.
  • La modu­la­ri­té des inno­va­tions ne réus­sit qu’avec de la coopé­ra­ti­on et de la coordination.
  • La Suis­se ne doit pas rater le train des pro­gram­mes d’innovation de l’UE.

 

Sous la pré­si­dence tchè­que, le pré­si­dent du Con­seil de l’UE a invi­té les minis­tres des trans­ports de l’UE du 5 au 7 octobre 2022 à la IRFC à Pra­gue. La devi­se du con­grès était: «Let’s build a new gene­ra­ti­on of rail­ways tog­e­ther» (Con­strui­sons ensem­ble une nou­vel­le géné­ra­ti­on de chem­ins de fer). Le minist­re tchè­que des trans­ports, Mar­tin Kupka, a souli­g­né le rôle clé du rail pour la réus­si­te de la mise en œuvre du Pacte vert. Celui-ci défi­nit la répon­se clai­re de l’UE au chan­ge­ment cli­ma­tique en cours. D’ici 2050, la mobi­li­té et les trans­ports en Euro­pe devront avoir att­eint la neu­tra­li­té car­bo­ne. En Suis­se, avec ses objec­tifs cli­ma­ti­ques 2050, le Con­seil fédé­ral aspi­re à rem­pla­cer les sources d’énergie fos­si­les dans un cadre tem­po­rel comparable.

Depuis quel­ques années déjà, on voit se pro­fi­ler un chan­ge­ment de para­dig­me dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re. La poli­tique fixe des objec­tifs assor­tis d’un cal­en­drier et donne aux sec­teurs des mis­si­ons con­crè­tes. Pour que les chem­ins de fer euro­pé­ens puis­sent réa­gir en fon­c­tion des mis­si­ons, on a beso­in de davan­ta­ge de coopé­ra­ti­on dans le déve­lo­p­pe­ment de nou­vel­les tech­no­lo­gies et dans leur mise en œuvre. Le pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re est la base de la créa­ti­on du sys­tème fer­ro­vi­ai­re uni­for­mi­sé euro­pé­en qui est prévu.

D’ici que de nou­vel­les tech­no­lo­gies att­eig­n­ent le stade de l’application, il y aura dans un pre­mier temps beso­in d’une coor­di­na­ti­on de l’innovation (cf. illus­tra­ti­on) et d’une recher­che ciblée visa­nt à pro­dui­re les bases sci­en­ti­fi­ques. À cet effet, l’UE a mis en place au cours de ces der­niè­res années des orga­ni­sa­ti­ons per­for­man­tes et com­pé­ten­tes: le pro­gram­me «Hori­zon» diri­ge et finan­ce divers pro­jets de recher­che. Grâce à un réseau inter­sec­to­ri­el, les con­clu­si­ons et résul­tats sont mis rapi­de­ment à la dis­po­si­ti­on d’un vaste domaine d’utilisation. Le par­ten­ari­at d’innovation Ent­re­pri­se com­mu­ne «Sys­tème fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en» (EU-Rail) forme un cadre au sein duquel sont con­cré­ti­sées de nou­vel­les appro­ches inno­van­tes sur la base des résul­tats four­nis par la recher­che. Les prin­ci­paux pro­jets pour l’exploitation fer­ro­vi­ai­re et pour la tech­ni­que s’appuient sur deux piliers: le pilier «sys­tème» et le pilier «tech­ni­que». L’Agence fer­ro­vi­ai­re ERA défi­nit les nou­vel­les spé­ci­fi­ca­ti­ons uni­for­mi­sées pour les appli­ca­ti­ons fer­ro­vi­ai­res euro­pé­en­nes et garan­tit ainsi l’interopérabilité. Ce regrou­pe­ment des con­nais­sances per­met d’élaborer en peu de temps des solu­ti­ons mûres pour être appli­quées à l’échelle internationale.

L’énergie de demain est renouvelable

Les éco­no­mies indus­tria­li­sées uti­li­sai­ent jusqu’ici prin­ci­pa­le­ment des sources d’énergie fos­si­les, long­temps dis­po­nibles sur le mar­ché inter­na­tio­nal à des prix avan­ta­ge­ux. Avec le Pacte vert, l’UE entend rédui­re de 90 % les émis­si­ons liées aux trans­ports d’ici 2050 et trans­fé­rer 75 % du volu­me de trans­port de la route vers le rail ou les voies flu­via­les. Les sources d’énergie importan­tes dans l’avenir seront l’hydrogène et l’électricité, pro­duits l’un et l’autre à par­tir de res­sour­ces renouvelables.

La communication moderne de données se fait numériquement

Les pro­ces­sus indus­tria­li­sés fon­c­tion­nent bien quand les don­nées néces­saires sont dis­po­nibles direc­te­ment et immé­dia­te­ment pour tou­tes les par­ties pren­an­tes. L’utilisation actu­el­le des don­nées est enco­re limi­tée, et pour beau­coup de sous-pro­ces­sus, la sai­sie des don­nées est sans cesse réi­té­rée. Ces démar­ches indi­vi­du­el­les sont gour­man­des en res­sour­ces et en temps ainsi que sources d’erreurs. À l’avenir, les don­nées devront être mises à la dis­po­si­ti­on de tous les par­ti­ci­pan­ts auto­ri­sés, sans que l’on ait à chan­ger de média et dans des délais très brefs. L’accès direct aux don­nées est essentiel pour la réa­li­sa­ti­on de pro­ces­sus auto­ma­ti­sés, de même qu’une pro­tec­tion effi­cace des don­nées. La cyber­sé­cu­ri­té va deve­nir le thème cen­tral de la com­mu­ni­ca­ti­on moder­ne de données.

Une restructuration du système ferroviaire est incontournable

Au 19e et au début du 20e siè­cle, le che­min de fer a été essentiel pour l’industrialisation. Ce n’est qu’à par­tir de la moi­tié du 20e siè­cle que la route et l’aéronautique ont fait recu­ler le rail dans les trans­ports grâce à des étapes d’innovation réus­sies. Dans cette évo­lu­ti­on, l’élément décisif a été la con­cur­rence intra­mo­da­le et la rigou­reu­se ori­en­ta­ti­on sur le cli­ent. La prin­ci­pa­le ques­ti­on des cli­ents était: com­ment pou­vons-nous répond­re à nos beso­ins plus sim­ple­ment, plus con­for­ta­blem­ent et à moind­res frais? Or c’est sur la route qu’ils ont eu des répon­ses adaptées.

Aujourd’hui, ce sont les chem­ins de fer qui doi­vent enfin se poser eux aussi cette ques­ti­on. Le rail est un sys­tème de trans­port per­for­mant et éco­no­me en res­sour­ces pré­sen­tant de nombreux atouts. Si l’on compa­re direc­te­ment les beso­ins éner­gé­ti­ques, le vain­queur est incon­test­a­blem­ent le che­min de fer élec­tri­fié. À con­di­ti­ons éga­les, le rail con­som­me 10 fois moins d’énergie que la route. Les gran­des lignes fer­ro­vi­ai­res euro­pé­en­nes sont déjà élec­tri­fiées, de sorte que l’énergie de trac­tion néces­saire peut y être uti­li­sée avec une effi­ca­ci­té éle­vée. Un réseau fer­ro­vi­ai­re très rami­fié relie aujourd’hui les régions importan­tes d’Europe, une gran­de par­tie des lignes sont à écar­te­ment nor­mal, seu­les quel­ques régions euro­pé­en­nes uti­li­sant de nos jours des écar­te­ments différents.

Pour que le trans­fert du tra­fic vers le rail tel qu’il est prévu puis­se se réa­li­ser effec­ti­ve­ment, il faut d’abord qu’ait lieu une muta­ti­on cul­tu­rel­le au sein des chem­ins de fer vers une con­cur­rence intra­mo­da­le et une ori­en­ta­ti­on cli­ent ainsi qu’un renou­vel­le­ment com­plet et sys­té­ma­tique du sys­tème ferroviaire:

  • RTE‑T: l’UE a défi­ni le réseau fer­ro­vi­ai­re trans­eu­ro­pé­en pour reli­er tous les cen­tres euro­pé­ens importants. Les trains doi­vent pou­voir cir­cu­ler sans obs­ta­cle sur une infra­struc­tu­re uni­for­mi­sée et har­mo­ni­sée, le fon­c­tion­ne­ment à l’hydrogène ou sur bat­te­ries pou­vant assurer la neu­tra­li­té car­bo­ne visée sur les lignes second­ai­res. L’aménagement du réseau fer­ro­vi­ai­re se fait selon deux axes dif­fér­ents: pour le trans­port de voy­a­ge­urs, il faut mett­re en place un réseau à gran­de vites­se qui relie les cen­tres importants et rende pos­si­bles des temps de tra­jet attra­yants. Pour le trans­port de mar­chan­di­ses, il con­vi­ent de mett­re à dis­po­si­ti­on les sil­lons néces­saires, de sorte que le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­se croît­re con­for­mé­ment aux direc­ti­ves poli­ti­ques. Les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses devront plus que dou­bler leur capa­ci­té de trans­port au cours des décen­nies à venir. Cet objec­tif ambi­ti­eux ne pour­ra être att­eint qu’à l’aide de l’innovation. En outre, les ges­ti­on­n­aires de cor­ri­dors doi­vent être dotés de com­pé­ten­ces éten­dues afin de mett­re un terme aux pra­ti­ques de «pico­ra­ge» des chem­ins de fer nati­on­aux à ges­ti­on intégrée.
  • Interopé­ra­bi­li­té et stan­dar­di­s­a­ti­on: les dif­fér­ents sys­tè­mes fer­ro­vi­ai­res euro­pé­ens sont enco­re sou­mis à une multi­tu­de de pre­scrip­ti­ons natio­na­les sou­vent diver­gen­tes. L’obligation de les respec­ter nuit jusqu’à pré­sent de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à la liber­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re trans­fron­ta­lier et per­met des avan­ta­ges con­cur­rentiels déloyaux sur le mar­ché natio­nal. Mal­gré les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI), les règles natio­na­les con­ti­nuent d’entraver con­sidé­ra­blem­ent le tra­fic trans­fron­ta­lier. L’UE a fait de l’élimination de ces règles natio­na­les une mis­si­on de manage­ment importan­te en lan­çant son «rules clea­ning-up pro­gram­me». C’est là un pro­gram­me décisif du pilier tech­ni­que du 4epaquet fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en desti­né à créer un Sin­gle Euro­pean Rail­way Area (espace fer­ro­vi­ai­re uni­que euro­pé­en, SERA). Alors que le déve­lo­p­pe­ment des Spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI) relè­ve de la responsa­bi­li­té de l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA, c’est au sec­teur fer­ro­vi­ai­re qu’il incom­be de mett­re à jour et de déve­lo­p­per les nor­mes et stan­dards affér­ents. Dans le cas idéal visé, les STI et les nor­mes spé­ci­fie­ront suf­fi­sam­ment tous les sous-sys­tè­mes fer­ro­vi­ai­res dans tous les pays euro­pé­ens impli­qués. La Suis­se s’appuie elle aussi sys­té­ma­ti­quement sur les STI dans le domaine des voies nor­ma­les. Dans le cadre de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres en vigueur, elle a repris de pre­miers élé­ments du pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE. Sach­ant que le dia­lo­gue entre l’UE et la Suis­se est actu­el­le­ment au point mort, il n’est mal­heu­reu­se­ment pas pos­si­ble de pour­suiv­re ce pro­jet comme prévu.
  • Cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC): les chem­ins de fer doi­vent rem­pla­cer sur tout le ter­ri­toire leurs nor­mes, mises en place au fil de leur his­toire, mais dépas­sées, comme l’attelage à vis clas­si­que, par des sys­tè­mes moder­nes numé­ri­ques comme le DAC4. Ceci con­sti­tuera une base décisi­ve pour une future auto­ma­tis­a­ti­on com­plè­te du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Mais il y a plus important enco­re: la mise en réseau de l’ensemble des acteurs tout au long de la chaî­ne logis­tique – au-delà de la simp­le cir­cu­la­ti­on sur le rail – grâce aux pos­si­bi­li­tés offer­tes par la digi­ta­li­sa­ti­on. Les pla­te­for­mes de don­nées et de réser­va­ti­on libre­ment acces­si­bles ouvrent la voie à des gains d’efficacité et de qua­li­té insoup­çon­nés. Par leur savoir-faire, les mem­bres de la VAP et les CFF con­tri­buent eux aussi acti­ve­ment à la réus­si­te de ce pro­jet important.
  • Éner­gie: dans le domaine de l’énergie, on tra­vail­le sur les pro­ces­sus néces­saires à la pro­duc­tion d’hydrogène neu­tre en car­bo­ne, à la dis­tri­bu­ti­on de cette source d’énergie et son uti­li­sa­ti­on simp­le. Pour une explo­ita­ti­on sur les longues lignes fer­ro­vi­ai­res non élec­tri­fiées, l’hydrogène con­sti­tue une source d’énergie pro­met­teu­se pour rem­pla­cer rapi­de­ment les car­bu­rants fossiles.
Un marathon jalonné d’obstacles

Avec son Pacte vert, l’UE a défi­ni un vaste pro­gram­me pour une con­cep­ti­on d’une Euro­pe neu­tre en car­bo­ne. Tou­te­fois, les pays mem­bres ont des situa­tions de départ, des prio­ri­tés et des inté­rêts dif­fér­ents. Pour la mise en œuvre de ce pro­gram­me ambi­ti­eux, il fau­dra donc sur­mon­ter plu­s­ieurs obs­ta­cles. On verra si les inté­rêts nati­on­aux des chem­ins de fer éta­ti­ques pour­ront suf­fi­sam­ment s’effacer au pro­fit d’une solu­ti­on euro­pé­en­ne commune.

Le rail est appelé à jouer dans l’avenir un rôle clé dans le trans­port euro­pé­en de voy­a­ge­urs et de mar­chan­di­ses. Il pré­sen­te des atouts sédui­sants. Mais il doit aussi sur­mon­ter son aver­si­on pour le renou­veau, le chan­ge­ment et la con­cur­rence qui s’est déve­lo­p­pée au fil de longues décen­nies. Le repli des mar­chés sur eux-mêmes, notam­ment de la part des chem­ins de fer nati­on­aux, con­sti­tue enco­re un obs­ta­cle majeur en de nombreux end­roits. En se cram­pon­nant à des pre­scrip­ti­ons natio­na­les, sou­vent sous le pré­tex­te de con­sidé­ra­ti­ons de sécu­ri­té, les chem­ins de fer nati­on­aux veu­lent con­tin­uer à se pro­té­ger cont­re une con­cur­rence inter­na­tio­na­le indé­si­ra­ble. C’est aux États mem­bres qu’il appar­tient d’aider l’idée euro­pé­en­ne à s’imposer et de mett­re un terme aux métho­des déloya­les de leurs chem­ins de fer nationaux.

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit défi­nir de nou­vel­les nor­mes par l’innovation. Il doit uni­for­mi­ser et allé­ger son uni­vers règle­men­tai­re au niveau inter­na­tio­nal. Lorsqu’ils déve­lo­p­pent de nou­veaux sys­tè­mes, les grands four­nis­seurs du sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne doi­vent pas cher­cher à s’assurer un avan­ta­ge uni­la­té­ral sur le mar­ché en pro­po­sant des pro­duits exclu­sifs et incom­pa­ti­bles. Pour que la migra­ti­on réus­sis­se dura­blem­ent, le sec­teur a beso­in de pro­duits inno­vants com­pa­ti­bles, abou­tis et fia­bles. On ne peut pas dire que les con­s­truc­teurs se soi­ent vrai­ment distin­gués dans ce domaine au cours de ces der­niè­res années.

La faisa­bi­li­té du trans­fert des trans­ports vers le rail dans l’ampleur pré­vue dépen­dra des moy­ens finan­ciers dis­po­nibles. Pour la migra­ti­on, il n’y aura pas de coff­re de l’UE débord­ant d’argent, dans lequel les dif­fé­ren­tes ent­re­pri­ses pour­ront pui­ser selon leurs beso­ins. Les dif­fér­ents États mem­bres vont devoir con­tri­buer au renou­vel­le­ment et à l’extension de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re moy­enn­ant des finance­ments initiaux importants. La Suis­se ne fera pas excep­ti­on. Les pro­jets clés tels que le DAC devront être coor­don­nés au niveau inter­na­tio­nal, sans quoi leur effet sera réduit à néant.

La Suisse fait partie de l’Europe

La Suis­se aura elle aussi tout à gagner à par­ti­ci­per acti­ve­ment à ces pro­gram­mes de l’UE. Avec ses grands axes de tran­sit, le réseau suis­se à voie nor­ma­le con­tri­bue au réseau fer­ro­vi­ai­re trans­eu­ro­pé­en de l’UE. Il con­sti­tue une par­tie importan­te du sys­tème fer­ro­vi­ai­re uni­que euro­pé­en SERA. Sach­ant que de nombreux trans­ports suis­ses pas­sent la fron­tiè­re, des solu­ti­ons interopé­ra­bles sont indis­pens­ables. La Suis­se a rem­pli son objec­tif en déve­lo­pp­ant de bout en bout les trans­ver­sa­les Nord-Sud, comme elle l’avait annon­cé. Le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se doit con­tin­uer à être déve­lo­p­pé pour les trans­ports inté­ri­eurs afin d’être dans l’avenir en mesu­re de réa­li­ser l’objectif de crois­sance dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Nos experts peu­vent four­nir acti­ve­ment des con­tri­bu­ti­ons pré­cieu­ses et se mesurer avec les meil­leurs au niveau inter­na­tio­nal. Nos ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res peu­vent ren­forcer leur posi­ti­on sur le mar­ché grâce à de nou­veaux con­cepts, notam­ment dans le tra­fic d’importation et d’exportation.

La VAP sou­ti­ent les acti­vi­tés com­mu­nes visa­nt à déve­lo­p­per le sec­teur fer­ro­vi­ai­re pour en faire un par­ten­aire important du sys­tème de trans­port mul­ti­mo­dal. Dans ce con­tex­te, la coopé­ra­ti­on au niveau euro­pé­en et la con­cur­rence intra­mo­da­le sont des con­di­ti­ons décisi­ves pour att­eind­re les objec­tifs poli­ti­ques dans les délais impar­tis. En matiè­re de trans­port, nous som­mes si étroi­te­ment liés aux pays voi­sins que notre éco­no­mie a beso­in de pre­sta­ti­ons de trans­port et de cir­cu­la­ti­on trans­fron­ta­liè­res libé­rées de tout obs­ta­cle. Du point de vue éner­gé­tique, le rail est par­ti­cu­liè­re­ment pré­des­ti­né pour les gran­des distances. Les dif­fé­rends poli­ti­ques entre la Suis­se et l’UE con­ti­nuent d’entraver la coopé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le, pour­tant urgen­te et néces­saire. En dépit les obs­ta­cles, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re serait bien avisé de recher­cher et d’entretenir acti­ve­ment les éch­an­ges tech­ni­ques. Ce n’est qu’ensemble que nous réus­si­rons l’avenir du rail.

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Con­cer­nant la réor­ga­ni­sa­ti­on et la moder­ni­sa­ti­on à venir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire et son encou­ra­ge­ment dura­ble, la VAP dia­lo­gue acti­ve­ment avec les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’organisation faî­tiè­re des trans­ports publics (UTP). Un résu­mé sur l’avancement des débats figu­re ci-des­sous avec les avan­ta­ges d’un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment basé sur des incitatifs.

Les respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP et la VAP, en tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, veu­lent démon­trer ensem­ble que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire (TFM) peut être pra­ti­qué avec suc­cès sur le long terme. Les ent­re­ti­ens des repré­sen­tants de la bran­che sur l’avenir de la logis­tique du tra­fic inté­ri­eur bat­tent leur plein et devront about­ir à une posi­ti­on com­mu­ne envers le TMF, lors­que le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge con­cer­nant «l’orientation future du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le territoire».

Développer une offre de réseau pleine d’avenir

Les acteurs de la bran­che aspi­rent à une offre de réseau per­for­man­te («hub and spoke») dont doi­vent pro­fi­ter de la même façon les explo­itants du fret fer­ro­vi­ai­re et les cli­ents dans le tra­fic inté­ri­eur. Pour ce faire, il faut une nou­vel­le répar­ti­ti­on des rôles dans la pro­duc­tion et un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment finan­cier dura­ble avec des méca­nis­mes inci­ta­tifs déve­lo­p­pés. Celui-ci doit être conçu de maniè­re à ne pas faus­ser le jeu de la con­cur­rence tout en étant aussi simp­le que pos­si­ble. Il ne doit auto­ri­ser aucu­ne dis­tor­si­on du mar­ché et de la con­cur­rence entre les chem­ins de fer sub­ven­ti­onnés et non-sub­ven­ti­onnés et les pre­sta­ti­ons ou enco­re d’autres iné­ga­li­tés. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment doit com­prend­re un nombre fai­ble, mais réa­li­sable, de méca­nis­mes inci­ta­tifs avec une effi­ca­ci­té maxi­ma­le. Par ail­leurs, il doit s’adapter aux der­niers déve­lo­p­pe­ments; le plan de réduc­tion des sub­ven­ti­ons se déroule dans l’idéal par­al­lè­le­ment à l’EA 2035 et à la ligne de con­tour­ne­ment de Zurich.

Des conditions-cadres améliorées

Afin que le TFM puis­se déploy­er ses atouts, de meil­leu­res con­di­ti­ons-cad­res sont néces­saires – indé­pen­dam­ment du modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment et de la com­pré­hen­si­on des rôles. Cela comprend:

  • Réduc­tion du prix du sil­lon à l’échelon européen
  • Exten­si­on du rem­bour­se­ment de la RPLD à tous les trans­ports par route, rail, bateau
  • Exten­si­on de la pro­mo­ti­on des inves­tis­se­ments aux pro­prié­tai­res et explo­itants de voies de raccordement
  • Automatisation/digitalisation, en par­ti­cu­lier grâce au cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)
  • Pla­te­for­me de don­nées et d’information libre­ment acces­si­ble pour un dérou­le­ment opé­ra­ti­on­nel plus efficace
Des mécanismes incitatifs très efficaces

Les repré­sen­tants de la bran­che pré­voi­ent des inci­ta­tifs en faveur des char­geurs et le finance­ment ainsi que la neu­tra­li­sa­ti­on du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres. Les inci­ta­tifs en faveur des char­geurs com­pren­nent des dédom­ma­ge­ments pour les nou­veaux tra­fics, la remi­se en ser­vice de voies de rac­cor­de­ment après de longues inter­rup­ti­ons d’exploitation, des mesu­res d’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans les manœu­vres et pour les manœu­vres pro­pres sur le der­nier kilo­mèt­re. La des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres sera finan­cée par un dédom­ma­ge­ment au presta­tai­re. Celui-ci pro­po­se des des­ser­tes de pro­xi­mi­té pour l’ensemble des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re à des prix défi­nis (très loin de cou­vr­ir les coûts).

Un nouveau rôle pour CFF Cargo

CFF Cargo con­ti­nue d’assumer la fon­c­tion d’opérateur réseau. Elle se char­ge de la réa­li­sa­ti­on des cour­ses prin­ci­pa­les et des manœu­vres, super­vi­se la pla­ni­fi­ca­ti­on des tra­fics de réseau et garan­tit un grou­pe­ment effi­cace de trans­ports avec des wagons iso­lés ou des grou­pes de wagons. Pour ce faire, CFF Cargo est géné­ra­le­ment en seul cont­act avec les char­geurs, qui con­fi­ent des trans­ports dans le tra­fic réseau, et dia­lo­gue avec le presta­tai­re qui des­sert le premier/dernier kilomètre.

En faveur de la concurrence

Les repré­sen­tants de l’UTP et de la VAP s’engagent pour une solu­ti­on de bran­che dura­ble qui offre plus de sécu­ri­té en ter­mes de pla­ni­fi­ca­ti­on et d’investissement et accroît l’attractivité du mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Ils pré­voi­ent un méca­nis­me de sub­ven­ti­on­ne­ment qui ne fausse pas le jeu de la con­cur­rence et qui uti­li­se les struc­tures et métho­des d’indemnisation existan­tes. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment de la bran­che peut aug­men­ter son impact sur le trans­fert du tra­fic en pro­po­sant des inci­ta­tifs sup­p­lé­men­tai­res à des tiers avec un pre­mier et der­nier kilo­mè­tres. De cette maniè­re, les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re n’ont pas à prend­re de décis­i­on «make or buy» (faire ou faire faire). CFF Cargo peut exploi­ter le réseau grâce à l’autofinancement. La solu­ti­on qui est apparue suite au dia­lo­gue entre les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et les char­geurs doit ren­forcer la capa­ci­té com­pé­ti­ti­ve des acteurs et per­mett­re l’innovation ainsi que l’orientation clientèle.

 

À lire avec inté­rêt à ce sujet: en 2014 déjà, la recom­man­da­ti­on d’une «des­ser­te non dis­cri­mi­na­toire du der­nier kilo­mèt­re pour tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re» est res­sor­tie de notre étude.

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

La pénurie d’électricité est une ques­ti­on urgen­te pour la poli­tique et l’économie. Il nous tient donc à cœur d’informer nos mem­bres au plus près de l’actualité. Dans ce troi­siè­me volet de notre blog, nous expli­quons com­ment le sec­teur fer­ro­vi­ai­re peut appli­quer les appels du Con­seil fédé­ral à prend­re des mesu­res volon­tai­res d’économie d’énergie.

La Con­fé­dé­ra­ti­on a fixé les tâches de maî­tri­se d’une éven­tu­el­le crise éner­gé­tique. En fon­c­tion de la maniè­re dont la situa­ti­on éner­gé­tique évo­luera, elle pour­ra recour­ir à des mesu­res d’économie de l’énergie. Cel­les-ci pré­voi­ent quat­re niveaux pos­si­bles. Nous nous trou­vons actu­el­le­ment au niveau 1, inti­tulé «appels à rédui­re volon­tai­re­ment la con­som­ma­ti­on». La coor­di­na­ti­on cen­tra­le des pré­oc­cu­pa­ti­ons rela­ti­ves aux trans­ports est prise en char­ge par l’Office fédé­ral des trans­ports. Le Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) a créé une «Alli­ance pour les éco­no­mies d’énergie» qui s’accompagne d’une vaste cam­pa­gne. Cette alli­ance deman­de aux orga­ni­sa­ti­ons de la Suis­se entiè­re de sou­te­nir les efforts pour assurer l’approvisionnement durant l’hiver en pren­ant des mesu­res d’économies de l’énergie. L’objectif doit con­sis­ter à mett­re en œuvre à l’échelle du sec­teur des mesu­res aussi uni­for­mes que pos­si­ble en Suis­se. C’est ce qui sera le plus com­pré­hen­si­ble pour les béné­fi­ci­ai­res de pre­sta­ti­ons de transports.

La VAP emboîte le pas

À la VAP, nous sou­te­nons la recom­man­da­ti­on d’adhérer à l’«Alliance pour les éco­no­mies d’énergie». Nous trans­met­tons donc à nos mem­bres l’appel à une prise de con­sci­ence émis par l’Union des trans­ports publics (UTP). Lors de sa réuni­on du 9 sep­tembre 2022, le comi­té a publié son docu­ment de recom­man­da­ti­ons pour le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, dans lequel il recom­man­de à celui-ci de se prépa­rer acti­ve­ment à des scé­na­ri­os pos­si­bles de pénurie d’électricité et de réa­li­ser rapi­de­ment de pre­miè­res mesu­res con­crè­tes de mise en œuvre de ceux-ci.

Afin de pou­voir mett­re en œuvre de maniè­re har­mo­ni­sée les mesu­res d’économie de l’énergie de tous les acteurs de la bran­che, la coor­di­na­ti­on de cette mesu­re a été prise en char­ge par le grou­pe de tra­vail «Pénurie d’électricité dans les TP». Nous par­ti­ci­pons acti­ve­ment à celui-ci. Le grou­pe de tra­vail col­la­bo­re étroi­te­ment avec les CFF et Car­Pos­tal Suis­se SA, qui jouent le rôle de maî­tres d’œuvre. L’objectif com­mun con­sis­te à évi­ter toute limi­ta­ti­on de l’exploitation tant dans le domaine du trans­port de per­son­nes que de celui du fret. Les capa­ci­tés ne doi­vent être rédui­tes qu’en répon­se à un recul de la deman­de. Nous nous pré­pa­rons inten­si­ve­ment à d’autres niveaux d’escalade dans plu­s­ieurs grou­pes de tra­vail. Notre sec­teur doit faire preuve vis-à-vis des pou­voirs publics de sa com­pé­tence et de sa pro­pen­si­on à coopérer.

L’énergie est limitée

«L’énergie est limi­tée. Ne la gas­pil­lons pas.» C’est sous cette devi­se que le DETEC a com­pilé des con­seils d’économies à l’intention des par­ti­cu­liers et des ent­re­pri­ses. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit lui aussi faire des éco­no­mies volon­tai­res d’énergie. Cet appel com­prend des mesu­res de mise en œuvre appli­ca­bles aux nombreux bâti­ments uti­li­sés par les chem­ins de fer. Ces mesu­res ne limi­tent pas l’offre de fret fer­ro­vi­ai­re. L’attention se con­cent­re actu­el­le­ment sur la baisse de la tempé­ra­tu­re de chauf­fa­ge ainsi que sur la réduc­tion de l’eau chau­de et de l’éclairage. Par ail­leurs, chaque ent­re­pri­se de trans­port est appelée à effec­tuer des opti­mi­sa­ti­ons d’exploitation éner­gé­ti­ques dans ses bâti­ments de bureaux et d’exploitation. Des mesu­res d’économies for­mulées de maniè­re adap­tée aux col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs (con­duc­tri­ces et con­duc­teurs de train, per­son­nel des bureaux et des ate­liers) vien­dront com­plé­ter le train de mesures.

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

Le Dr Heiko Fischer est pré­si­dent de l’International Union of Wagon Kee­pers UIP. Dans son ent­re­ti­en avec la VAP, l’ancien PDG de VTG parle de l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il sou­hai­te que ce sec­teur sus­ci­te davan­ta­ge d’enthousiasme et expli­que pour­quoi il con­sidè­re comme fatal l’abandon du tra­fic par wagons com­plets iso­lés en Suisse.

 

Monsieur le Dr Fischer, quels sont à votre avis les principaux défis et outils de régulation concernant le marché ferroviaire?

Ils sont nombreux. L’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est obsolè­te ou est deve­nue en de nombreux end­roits un patch­work au fil du temps. Il y a enco­re des fron­tiè­res entre les sous-sys­tè­mes. Chaque année d’inaction aggra­ve le pro­blè­me, car le vieil­lis­se­ment du sys­tème se pour­su­it. C’est à cet égard que je vois un outil de régu­la­ti­on: dans la coor­di­na­ti­on en Euro­pe cen­tra­le des plans d’aménagement, des itin­é­rai­res de déles­ta­ge et des mesu­res de con­s­truc­tion cor­re­spond­an­tes. Effec­ti­ve­ment, les réseaux trans­eu­ro­pé­ens sui­vent cette appro­che inté­gra­ti­ve. Mais les lignes second­ai­res et les réseaux de dis­tri­bu­ti­on fine ne doi­vent pas être mis de côté lorsqu’il s’agit des allo­ca­ti­ons d’investissements, de la pla­ni­fi­ca­ti­on de l’aménagement et des réno­va­tions, des sys­tè­mes de com­man­de des trains ainsi que de la règlementation.

Un autre instru­ment de régu­la­ti­on est à mes yeux la digi­ta­li­sa­ti­on inté­gra­le du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de la mise en réseau de l’infrastructure à l’exploitation opé­ra­ti­on­nel­le en pas­sant par le maté­ri­el rou­lant. Il dev­rait à cet égard y avoir une logi­que uni­fiée avec des inter­faces cor­re­spond­an­tes. On pour­ra ensuite réa­li­ser une élec­tri­fi­ca­ti­on mesu­rée et ciblée. Les lignes peu sol­li­ci­tées pour­rai­ent aussi être opé­rées par des loco­mo­ti­ves hybri­des à hydrogène.

«Pour cer­tai­nes urgen­ces, le fret fer­ro­vi­ai­re est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. »

Le capi­tal dis­po­nible est lui aussi un point clé. Le mar­ché fer­ro­vi­ai­re n’a pas seu­le­ment beso­in de suf­fi­sam­ment de capi­taux pri­vés. Pour cer­tai­nes urgen­ces, il est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. Ces inves­tis­se­ments dépas­sent les forces finan­ciè­res du sec­teur privé et de la plu­part des ent­re­pri­ses de chem­ins de fer publi­ques. Enfin, per­son­ne ne sou­hai­te inves­tir dans des tech­no­lo­gies qui ne por­te­ront leurs fruits qu’à la décen­nie sui­van­te, et ce peut-être même chez d’autres acteurs du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Cela m’amène à abor­der un autre outil de régu­la­ti­on: il faut aussi que les gou­ver­ne­ments, régu­la­teurs et poli­ti­ci­ens aient une com­pré­hen­si­on éco­no­mi­que pro­fon­de des méca­nis­mes de fon­c­tion­ne­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Cela passe par un chan­ge­ment de men­ta­li­té de tous les acteurs du système.

Dans quelle mesure?

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re n’est pas pré­cis­é­ment renom­mé pour pen­ser de maniè­re proac­ti­ve ni pour mett­re en place les nou­veau­tés rapi­de­ment. Beau­coup se con­sidè­rent comme des vic­ti­mes, que ce soit du passé, de mau­vai­ses décis­i­ons, de la route, de la météo ou d’autre chose enco­re. À mon avis, cela doit abso­lu­ment chan­ger. Après tout, nous ne fai­sons pas cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses pour notre plai­sir, mais dans le but de géné­rer une valeur ajou­tée pour les char­geurs et pour notre coll­ec­ti­vi­té. Les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent repla­cer le cli­ent au cent­re de leurs pré­oc­cu­pa­ti­ons et prend­re aujourd’hui en comp­te ses beso­ins futurs. Pour que la muta­ti­on qui s’impose puis­se réel­le­ment avoir lieu, il faut que se déve­lo­p­pent une men­ta­li­té de chan­ge­ment, une atti­tu­de du «can do».

Quelles innovations avez-vous fait avancer au cours des dernières années chez VTG, et lesquelles étaient révolutionnaires? 

Spon­ta­né­ment, il me vient à l’esprit VTG Con­nect. Cette tech­no­lo­gie télé­ma­tique coll­ec­te les don­nées per­ti­nen­tes de l’ensemble de la flot­te et de nombreux trans­ports. Elle crée la base d’une ges­ti­on numé­ri­que effi­cace de la flot­te, car elle rend les don­nées uti­li­sables pour les cli­ents et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et à des fins de main­ten­an­ce. Avec cette inno­va­ti­on, nous avons pour ainsi dire mis sur les rails le pas­sa­ge à la trans­mis­si­on de don­nées en temps réel dans le fret, à l’instar de ce que vise le DAC.

Quelle importance voyez-vous pour le DAC dans l’avenir?

Le DAC est un cata­ly­seur de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il per­met de repro­dui­re une nou­vel­le logi­que de com­man­de et des flux de don­nées en temps réel. Aujourd’hui, nous en som­mes enco­re bien loin. Le DAC fait plus qu’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Il met en réseau le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, le char­ge­ment, les sup­ports de char­ge­ment et l’énergie, c’est-à-dire l’électricité. Com­bi­né avec les nou­vel­les tech­no­lo­gies numé­ri­ques, le potentiel qui en résul­te est immense. Le DAC n’est pas seu­le­ment un sys­tème intel­li­gent de com­man­de des trains et des char­ge­ments, il rend éga­le­ment pos­si­ble d’autres offen­si­ves de digi­ta­li­sa­ti­on, comme par exemp­le les pla­te­for­mes numé­ri­ques de don­nées, de com­man­de des trains et de réservation.

«Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opérationnelle.»

Quel rôle joueront celles-ci dans l’avenir?

Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opé­ra­ti­on­nel­le. En tant que tel­les, elles four­niront aux acteurs du fret des infor­ma­ti­ons fia­bles qui per­mettront de rédui­re les distances entre les trains, de cal­cu­ler les cré­neaux horai­res et de mett­re sur le rail davan­ta­ge de ton­na­ge par unité de temps. Un sys­tème élec­tro­ni­que de ges­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses à l’échelle euro­pé­en­ne ne doit pas pro­ve­nir d’un géant de la tech­no­lo­gie du genre de Goog­le, mais dev­rait se déve­lo­p­per à par­tir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re lui-même. Nous démon­tre­rons ainsi que nous avons une capa­ci­té d’innovation supé­ri­eu­re à celle des aut­res modes de transport.

Peut-être y aura-t-il même dans l’avenir une ins­tance supé­ri­eu­re du type d’Eurocontrol, qui assu­re la coor­di­na­ti­on cen­tra­le du con­trô­le du tra­fic aéri­en. Un cock­pit de ce genre pour­rait com­man­der le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’échelle de l’Europe, don­ner cer­tai­nes direc­ti­ves aux con­duc­teurs de loco­mo­ti­ves, le cas éché­ant inter­ve­nir et un jour faire cir­cu­ler des trains auto­no­mes. Des bonds en avant d’une telle ampleur ne seront tou­te­fois pos­si­bles que si les tech­no­lo­gies numé­ri­ques dotées de l’intelligence arti­fi­ci­el­le sont mises en œuvre et fon­c­tion­nent. Elles seu­les appor­te­ront une dyna­mi­que et garan­ti­ront le ryth­me néces­saire, qui est abso­lu­ment essentiel pour la réus­si­te de la trans­for­ma­ti­on numérique.

Comment le fret ferroviaire pourrait-il se développer dans le sens de la durabilité en Europe?

Avec quel­que chose qui mette tout le monde d’accord sur l’impact éco­no­mi­que du fret et sur lequel tous les acteurs s’engagent. Je peux ima­gi­ner qu’il y aura un jour un plan direc­teur à long terme sous forme de décla­ra­ti­on d’intention auto­ré­gu­la­tri­ce et néan­mo­ins con­traignan­te. Elle dev­rait être cosi­gnée par tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res publi­ques et non publi­ques impli­quées. Ce plan direc­teur pour­rait sti­pu­ler que l’on œuvre con­join­te­ment à un trans­fert du tra­fic. Je rap­pel­le le Cont­rat uni­fié d’utilisation (CUU) de 2006, qui règle­men­te l’interaction entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res en tant qu’exploitants de wagons. L’avantage d’une con­ven­ti­on supra­na­tio­na­le sans carac­tère légal est qu’elle peut être com­plé­tée ou adap­tée rapi­de­ment et faci­le­ment. Les voies d’accès à la NLFA sont le meil­leur exemp­le de ce qui ne dev­rait pas se pro­dui­re: la com­mun­au­té des États fer­ro­vi­ai­res, Suis­se com­pri­se, s’est enga­gée à déve­lo­p­per l’axe nord-sud. Lors­que la Suis­se a ouvert le tun­nel de la NLFA, d’autres États n’avaient même pas enco­re com­men­cé la pla­ni­fi­ca­ti­on. Un plan direc­teur pour le trans­port de mar­chan­di­ses en Euro­pe pour­rait rend­re cette inten­ti­on plus con­traignan­te et mon­trer clai­re­ment que le Pacte vert pour l’Europe et les objec­tifs de trans­fert sont pris au sérieux. Mais ce plan n’est pour l’instant qu’une uto­pie. Tout le monde est en géné­ral d’accord sur les reven­dica­ti­ons fon­da­men­ta­les. Mais dès qu’il s’agit d’élaborer quel­que chose de con­cret et d’un seul ten­ant, les avis divergent.

Que pensez-vous du rapport du Conseil fédéral sur le «transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire»? Que cela signifierait-il que le Conseil fédéral le supprime?

À mon avis, ce serait là la plus gran­de err­eur en matiè­re de poli­tique des trans­ports depuis des décen­nies. La Suis­se prouve que le trans­port par wagons com­plets fon­c­tion­ne. Mais il est enco­re trop cher. Tou­te­fois, si la for­ma­ti­on et la sépa­ra­ti­on des trains se font auto­ma­ti­quement, si la com­po­si­ti­on des trains est com­man­dée numé­ri­quement et si le mar­ché pro­fi­te des nombreux avan­ta­ges des off­res numé­ri­ques, alors, logi­quemen­tes coûts bais­se­ront – et les beso­ins de sub­ven­ti­on­ne­ment avec. Le Con­seil fédé­ral dev­rait réflé­chir à la maniè­re de rend­re les off­res plus attra­yan­tes pour les cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re. Aban­don­ner tout cela avant même que la numé­ri­sa­ti­on ne porte ses fruits serait cri­mi­nel. Trans­fé­rer du fret fer­ro­vi­ai­re sur des cami­ons coûte de l’argent aussi, et il n’est pas pos­si­ble de con­teneu­ri­ser n’importe quel fret pour obte­nir des trains com­plets. À cet égard, le gou­ver­ne­ment suis­se dev­rait à mon avis se mon­trer plus con­fi­ant. Qui man­que de cou­ra­ge a perdu d’emblée.

À la VAP, nous sommes membres de l’UIP. Comment décririez-vous la VAP?

C’est une pré­cieu­se asso­cia­ti­on membre de notre famil­le euro­pé­en­ne de déten­teurs de wagons. Je la per­çois comme inno­van­te et por­teu­se d’une opi­ni­on affir­mée. La struc­tu­re uni­que de ses mem­bres lui con­fè­re un poids par­ti­cu­lier chez nous. La VAP repré­sen­te non seu­le­ment les cinq plus grands déten­teurs de wagons suis­ses, mais aussi les inté­rêts des char­geurs, des embran­chés et des repré­sen­tants des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Cette diver­si­té génè­re chez nous un impact et une rich­es­se d’idées que je con­sidè­re comme un atout pré­cieux. Grâce à la diver­si­té de ses mem­bres, la VAP peut ori­en­ter ses reven­dica­ti­ons de maniè­re plus glo­ba­le sur les uti­li­sa­teurs et les por­ter avec une plus gran­de auto­ri­té. Je sou­ti­ens l’approche cen­trée sur le cli­ent qui est celle la VAP et qui intèg­re l’utilisateur final dans le pro­ces­sus de dis­cus­sion et de décis­i­on. L’Europe peut pro­fi­ter de l’expérience suis­se en matiè­re de tra­fic de mar­chan­di­ses par wagons com­plets ou de rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons. Nous la con­sidé­rons sou­vent comme un labo­ra­toire minia­tu­re qui nous ren­voie des thè­mes. Par ail­leurs, la VAP nous fait la démons­tra­ti­on écla­tan­te de la maniè­re dont on peut con­vain­cre la popu­la­ti­on ou dont on orga­ni­se quel­que chose sur un mode posi­tif en tant que collectivité.

En quoi la VAP pourrait-elle s’améliorer?

On peut tou­jours s’améliorer. L’appel que je fais ne s’adresse pas uni­quement à la VAP, mais à tou­tes les asso­cia­ti­ons et per­son­nes impli­quées dans la poli­tique des trans­ports. Nous avons beso­in de per­son­nes enga­gées prêtes à for­mu­ler les inté­rêts en regar­dant de l’avant. Ceux qui pen­sent en ter­mes de bil­ans tri­mestri­els sont légion. Mais ce n’est pas ainsi que l’on maî­tri­se­ra l’avenir.

Que souhaitez-vous justement pour cet avenir?

Davan­ta­ge d’intérêt, davan­ta­ge de con­fi­ance. Davan­ta­ge d’enthousiasme. Les char­geurs dev­rai­ent être impa­ti­ents de mett­re enco­re plus de ton­nes sur le rail. Ce n’est qu’ainsi que nous pour­rons att­eind­re les ambi­ti­eux objec­tifs fixés en matiè­re de trans­fert et de cli­mat. La popu­la­ti­on dev­rait avoir con­sci­ence de l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re – et du fait que cela a un prix. En effet, un défer­le­ment incon­trôlé de cami­ons n’est pas une alter­na­ti­ve. Je sou­hai­te que vous, à la VAP, et nous, à l’UIP, con­ti­nui­ons à nous enga­ger jour après jour pour ce changement.

Monsieur le Dr Fischer, merci beaucoup pour cet entretien intéressant.

Dr Heiko Fischer

Le Dr Heiko Fischer a été jusqu’en 2021 au total plus de 25 ans au ser­vice de VTG, dont 17 ans en qua­li­té de PDG. Depuis 2015, il est – comme déjà entre 2004 et 2007 – pré­si­dent de l’association faî­tiè­re de déten­teurs de wagons UIP, Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers UIP, dont le siège se trouve à Bru­xel­les. L’UIP repré­sen­te plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et ser­vices de main­ten­an­ce eng­lo­bant 223 000 wagons, qui effec­tu­ent 50 % des ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rues par le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en. VTG AG, l’ancien employ­eur du Dr Heiko Fischer, exploi­te la plus gran­de flot­te de wagons de mar­chan­di­ses d’Europe, à savoir 88 500 wagons fer­ro­vi­ai­res de mar­chan­di­ses. Outre la loca­ti­on de wagons de mar­chan­di­ses et de con­teneurs-citer­nes, VTG offre des pre­sta­ti­ons de ser­vices logis­ti­ques mul­ti­mo­daux et des solu­ti­ons numé­ri­ques intégrées.

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