SECTEUR DU FRET

Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret? Dif­fér­ents fac­teurs ont un impact sur le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses. En tant que voix de l’é­co­no­mie des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses com­pé­ti­tif. Pour cela, nous obser­vons entre aut­res le trans­fert modal et nous nous enga­ge­ons auprès des poli­ti­ques pour un rail non discriminatoire.

L’avenir du trafic intérieur de marchandises

Déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re: les vari­an­tes du Con­seil fédé­ral sont insuffisantes

Compétition DANS LE FRET FERROVIAIRE

Interopérabilité

L’opti­mi­sa­ti­on des pro­ces­sus et des inter­faces et le lien avec le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

​Durabilité

La moti­on du con­seil­ler aux Etats Josef Ditt­li deman­de un con­cept glo­bal sur la maniè­re dont le fret fer­ro­vi­ai­re et les solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les peu­vent con­tri­buer à rédui­re les émis­si­ons de CO2.

Digitalisation

Qu’est-ce qui con­tri­bue à faire pas­ser le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en à la pro­chai­ne dimen­si­on de la modernisation?

Flyer Fret ferroviaire 2050

INFORMATIF

Avenir du fret ferroviaire en surface / trafic par wagons complets
 
Crise de l’énergie

 

Vision

 

Résumé d’une étude réalisée pour le compte du secteur des chargeurs

 

Rapport sur le transfert modal 2021

 

Transport de marchandises dangereuses

 

Juridique

 

Études de base de la Confédération

 

​Transport soterrain de marchandises
Archives
Le trafic de marchandises pendant la crise Covid-19

 

Rapport sur le transfert 2019 – mesures supplémentaires sont nécessaires

Exploitation

Entreprises de transport ferroviaire

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
VTG was­co­sa erme­wa
   
Grou­pe Millet  

Chargeurs (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    

Sites

Premier et dernier kilomètre

En Suis­se, plus de 850 voies de rac­cor­de­ment sont uti­li­sées. Mal­heu­reu­se­ment, on con­sta­te un déclin con­stant. Vous trou­verez dans le cha­pit­re Sites com­ment la VAP s’en­ga­ge pour la pré­ser­va­ti­on des sites et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Réseau

Le réseau est une ques­ti­on d’ac­cès aux voies fer­rées, aux sil­lons. Pour une uti­li­sa­ti­on opti­ma­le, il faut une pla­ni­fi­ca­ti­on des travaux pré­voy­an­te, des prix équi­ta­bles et une bonne organisation.

Vous trou­verez sur le lien sui­vant com­ment nous nous enga­ge­ons dans ce sens et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#2): Dispositifs automatiques de contrôle des trains

Tunnel de base du Saint-Gothard (#2): Dispositifs automatiques de contrôle des trains

Le 10 août 2023, un train de mar­chan­di­ses a déraillé dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Quel­ques minu­tes avant son entrée par le por­tail sud, il a été con­trôlé par des dis­po­si­tifs auto­ma-tiques de con­trô­le des trains (DCT). Selon les don­nées de con­trô­le, le train est entré dans le tun-nel sans problème.

Les enjeux:

  • Que sont les DCT fixes?
  • Que peu­vent faire les DCT?
  • Com­ment les DCT sont-ils perfectionnés?
  • Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) et l’avenir

Que sont les DCT fixes?
Les dis­po­si­tifs de con­trô­le des trains (DCT) fixes font par­tie de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re et sont mis en œuvre à des end­roits stra­té­giques sur le réseau. Grâce à des cap­teurs et d’autres tech­no­lo­gies, ils con­trô­lent le train cir­cu­lant, c’est-à-dire chacun des véhi­cu­les. Les don­nées ainsi recu­eil­lies sont trai­tées et uti­li­sées dans le cadre de l’exploitation fer­ro­vi­ai­re quo­ti­di­en­ne pour assurer la sécu­ri­té, amé­lio­rer la pon­c­tua­li­té et rédui­re l’entretien.

Que peu­vent faire les DCT?
Leur domaine d’application initi­al visa­it à pro­té­ger l’infrastructure afin de rédui­re les per­tur­ba­ti­ons et les dom­mages et accroît­re la sécu­ri­té du ser­vice ferroviaire.

  • Détec­ter les boî­tes chaudes
  • Détec­ter les sur­faces de rou­le­ment des roues
  • Con­trô­ler les pantographes
  • Pré­ve­nir les incen­dies et les inci­dents chimiques
  • Mesurer la char­ge par essieu
  • Pro­té­ger le gaba­rit d’espace libre
  • Con­stater les phé­nomè­nes naturels
  • Aut­res

Sur l’axe nord-sud et sur l’axe est-ouest, plus de 10 000 trains font quo­ti­di­en­ne­ment l’objet d’un con­trô­le dyna­mi­que par plus de 250 DCT. En moy­enne, une bonne ving­taine d’alarmes sont déclen­chées chaque jour.

Com­ment les DCT sont-ils per­fec­tion­nés?
CFF Infra­struc­tu­re per­fec­tion­ne la struc­tu­re de con­trô­le actu­el­le dans le cadre du pro­jet d’innovation «Way­si­de Intel­li­gence» (WIN), sou­tenu par des fonds publics de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT).  En com­plé­ment des don­nées des cap­teurs, des don­nées d’image seront désor­mais sai­sies et les dif­fér­ents véhi­cu­les seront iden­ti­fiés au moyen du sys­tème «Radio-Fre­quen­cy Iden­ti­fi­ca­ti­on» (RFID). Les don­nées sont ana­ly­sées de maniè­re algo­rith­mi­que, agré­gées et mises à la dis­po­si­ti­on des uti­li­sa­teurs pour un usage ciblé par le biais d’interfaces nor­ma­li­sées d’échange de don­nées. Cette évo­lu­ti­on vise à amé­lio­rer la main­ten­an­ce en se réfé­rant à l’état actuel du véhi­cu­le. Elle per­met en même temps de sim­pli­fier les pro­ces­sus de main­ten­an­ce grâce à l’intelligence arti­fi­ci­el­le et à l’automatisation. Ce pro­jet est déjà bien avan­cé et dev­rait per­mett­re d’améliorer la sécu­ri­té et la dis­po­ni­bi­li­té du réseau et des véhicules.

 

Le DAC et l’avenir
Avec l’introduction du DAC, les véhi­cu­les ali­g­nés dans les trains seront con­nec­tés entre eux par une ligne de trans­mis­si­on de don­nées. L’exploitant d’infrastructure sait à tout moment quel véhi­cu­le cir­cu­le sur le réseau, dans quel train, et ce à la minu­te près. Grâce à cette inté­gri­té des trains, les don­nées pro­ven­ant des DCT seront dis­po­nibles de maniè­re plus rapi­de et plus fia­ble. Pour en savoir plus sur le DAC et les éco­sys­tè­mes de don­nées, lisez notre blog­post «Éco­sys­tè­mes de don­nées: par­ta­ger les don­nées pour dou­bler leur plus-value». Lors d’une inter­view accor­dée à l’émission «10 vor 10», Jür­gen Maier, expert en trans­port de mar­chan­di­ses de la VAP, expli­que dans quel­le mesu­re le DAC peut con­tri­buer à évi­ter des acci­dents fer­ro­vi­ai­res comme celui qui s’est pro­duit dans le tun­nel de base du Saint-Gothard.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#1): engagés en faveur d’un traitement global

Tunnel de base du Saint-Gothard (#1): engagés en faveur d’un traitement global

Le 10 août 2023, un train de mar­chan­di­ses a déraillé dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Le Ser­vice suis­se d’enquête de sécu­ri­té (SESE) pri­vilé­gie l’hypothèse d’un bris de dis­que de roue. À la VAP, nous allons trai­ter l’événement de maniè­re sys­té­ma­tique et ori­en­tée vers les risques.

Les enjeux:

  • Le plan d’urgence fon­c­tion­ne, appro­vi­si­on­ne­ment assuré
  • Tri­ang­le des responsa­bi­li­tés éprouvé
  • Nor­mes de sécu­ri­té respectées
  • Rela­ti­ons juri­di­ques glo­ba­le­ment réglées
  • Les bris sont rares, mais ne sont pas exclus
  • Pour­suiv­re l’objectif de transfert

Les con­cepts d’urgence fon­c­tion­nent
Grâce à des con­cepts d’urgence plus éla­bo­rés, les acteurs clés ont réagi rapi­de­ment et de ma-nière appro­priée après l’accident: l’approvisionnement en mar­chan­di­ses est assu­ré, les wagons de mar­chan­di­ses et de voy­a­ge­urs cir­cu­lent à nou­veau. Les con­cepts d’urgence des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re inclu­ant des tra­fics de dévia­ti­on par le cor­ri­dor de tran­sit ont fait leurs preu­ves. Les leçons de Ras­tatt ont été tirées et le sec­teur est prêt à faire face à une situa­ti­on d’urgence.

Tri­ang­le de responsa­bi­li­té éprou­vé
Le sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re repo­se sur l’interaction, sur un pied d’égalité, entre le ges­ti­on­n­aire de l’infrastructure (dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard: les CFF) et les ent­re­pri­ses de trans-port fer­ro­vi­ai­re (chem­ins de fer de mar­chan­di­ses), ainsi que d’autres acteurs, tels que les déten-teurs de wagons, qui ont une influence poten­ti­el­le sur l’exploitation sûre du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Tous les inter­venants dis­po­sent de sys­tè­mes de sécu­ri­té per­fec­tion­nés et appli­quent les mêmes règles euro­pé­en­nes quant aux inter­faces entre les acteurs.

Nor­mes de sécu­ri­té respec­tées
En l’état actuel des infor­ma­ti­ons, tous les acteurs ont respec­té les métho­des et nor­mes tech-niques de sécu­ri­té. Les trains qui ent­rent dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard par le por­tail sud sont con­trôlés en der­nier lieu à Claro (TI) par des instal­la­ti­ons de con­trô­le auto­ma­ti­ques des trains. Selon les don­nées dis­po­nibles, le train qui a déraillé ne pré­sen­tait pas d’anomalie lors de son entrée dans le tun­nel. Les déten­teurs de wagons et leur «Enti­ty in Char­ge of Main­ten­an­ce» (ECM, en fran­çais: «bureau responsable de la main­ten­an­ce») sont respons­ables de la main­te-nance et de la sécu­ri­té de l’état opé­ra­ti­on­nel des wagons lors de leur remi­se à l’entreprise ferro-viai­re de fret. L’ECM, qui est cer­ti­fiée par des orga­nis­mes indé­pen­dants, défi­nit ainsi des mesu­res de main­ten­an­ce et veil­le à leur mise en œuvre et à leur docu­men­ta­ti­on con­for­mé­ment aux mé-tho­des et nor­mes tech­ni­ques de sécurité.

Rela­ti­ons juri­di­ques glo­ba­le­ment réglées
Les déten­teurs de wagons met­tent leurs wagons à la dis­po­si­ti­on des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret en vue de leur uti­li­sa­ti­on par ces der­niè­res. Les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re uti­li­sent pour leur part les réseaux des ges­ti­on­n­aires d’infrastructure. Tou­tes les con­di­ti­ons d’utilisation sont con­trac­tu­el­le­ment réglées de maniè­re uni­for­me en Suis­se et au niveau inter­na­tio­nal. En ce qui con­cer­ne les rela­ti­ons entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret et les déten­teurs de wagons, l’article 20 de la loi suis­se sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) ren­voie à la Con­ven­ti­on rela­ti­ve aux trans­ports inter­na­ti­on­aux fer­ro­vi­ai­res (COTIF). Sur la base de cet accord inter­na­tio­nal, plus de 770 ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et déten­teurs de wagons en Euro­pe ont instau­ré depuis 2006 un cont­rat mul­ti­la­té­ral sup­p­lé­men­tai­re, le «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons» (CUU), qui règle en détail les rela­ti­ons juri­di­ques entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses ferro-viaires.

Les bris sont rares, mais pas exclus
On igno­re enco­re com­ment le dérail­le­ment s’est pro­duit et le SESE pour­su­it ses inves­ti­ga­ti­ons. Dans le cadre de la ges­ti­on du sinist­re qui suiv­ra, il y aura lieu d’élucider les cau­ses, cla­ri­fier les ques­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té et à l’indemnisation et ana­ly­ser les dis­po­si­tifs de sécu­ri­té actuels. Les bris de dis­ques de roue sont très rares. En pareil cas, une influence exté­ri­eu­re et une usure maté­ri­el­le sont tou­tes deux des cau­ses pos­si­bles. Les bris de piè­ces de fon­c­tion cri­tique, tel­les que les rails ou les dis­ques de roue, sont extrê­me­ment dif­fi­ci­les à pré­voir et ont des cau­ses mul­ti­ples. Leur ent­re­ti­en pré­ven­tif accom­pa­gné de con­trô­les régu­liers est de rigueur, mais il a ses limi­tes. En Suis­se, les con­trô­les des trains et des wagons par les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re et les ges­ti­on­n­aires d’infrastructures et les con­trô­les effec­tués par plus de 250 instal­la­ti­ons de con-trôle des trains sont bien étab­lis sur l’ensemble du territoire.

Pour­suiv­re l’objectif de trans­fert
L’ampleur des réper­cus­sions d’un tel évé­ne­ment sur l’ensemble du sys­tème de trans­port et l’importance des dom­mages qu’il peut cau­ser sont évi­dents. C’est pour­quoi, au sein du grou­pe de tra­vail sec­to­ri­el «CI sécu­ri­té», avec notre éch­an­ge d’expériences ECM annu­el et en col­la­bo­ra­ti­on avec l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), nous entre­te­nons une étroi­te coopé­ra­ti­on avec tous les acteurs per­tin­ents du fret fer­ro­vi­ai­re, afin de faire con­stam­ment évo­luer l’état de la tech­ni­que et d’améliorer enco­re le niveau de sécu­ri­té déjà très élevé. Nous sug­gé­rons d’aborder les ques­ti­ons et les mesu­res à venir sur la base du rap­port que ren­dra le SESE. C’est la seule façon de rédui­re davan­ta­ge le ris­que qu’un nou­vel acci­dent se pro­dui­se, tout en pour­suivant l’objectif, inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on, de trans­fert du tra­fic tran­sal­pin de mar­chan­di­ses. Il est donc d’autant plus impor-tant que le tun­nel de base du Saint-Got­hard puis­se à nou­veau être emprun­té le plus rapi­de­ment pos­si­ble, sur­tout dans la per­spec­ti­ve de la repri­se de l’économie ita­li­en­ne après la pause esti­vale. Par ail­leurs, le recours à l’alternative du trans­port rou­tier dis­po­nible et fle­xi­ble est indis­pensable. Pour ce faire, nous pro­po­sons notre assis­tance, con­join­te­ment avec nos mem­bres et nos parte-naires du sec­teur, dans l’organisation effi­cace des tra­fics de dévia­ti­on et la recon­fi­gu­ra­ti­on des compositions.

Écosystèmes de données: partager les données pour doubler leur plus-value

Écosystèmes de données: partager les données pour doubler leur plus-value

À la VAP, nous tra­vail­lons depuis long­temps d’arrache-pied sur le sujet des éco­sys­tè­mes de don­nées. En 2022, nous avons sug­gé­ré au Bureau de coor­di­na­ti­on pour la mobi­li­té dura­ble (COMO) de mett­re au point une pla­te­for­me de don­nées, et nous fai­sons pro­gresser le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (MODI). Dans cet artic­le de notre blog, nous nous pro­po­sons de pour­suiv­re le dia­lo­gue et de mon­trer pour­quoi les éco­sys­tè­mes de don­nées dev­rai­ent faire par­tie de la visi­on de tous les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re. 

Les enjeux:

  • La com­ple­xi­té, un défi de taille
  • À petits pas vers la gran­de vision
  • Exploi­ter à fond l’inépuisable potentiel de données
  • Pour une pour­suite de notre dialogue
La complexité, un défi de taille

Les éco­sys­tè­mes de don­nées sont haute­ment com­ple­xes et cou­vrent plu­s­ieurs champs thé­ma­ti­ques (cf. illus­tra­ti­on 1). Pour rend­re ces éco­sys­tè­mes de don­nées uti­li­sables et ren­ta­bles, nous devons prend­re en comp­te l’ensemble des sou­haits et beso­ins des acteurs ainsi que les éven­tu­el­les restrictions.

Illus­tra­ti­on 1: la visi­on de l’interconnectivité numé­ri­que et opé­ra­ti­on­nel­le com­prend des domain­es thé­ma­ti­ques extrê­me­ment exigeants.

À l’occasion de notre Forum Fret fer­ro­vi­ai­re 2023, le Dr Mat­thi­as Prandt­stet­ter, Seni­or Sci­en­tist et The­ma­tic Coor­di­na­tor à l’AIT, Aus­tri­an Insti­tu­te of Tech­no­lo­gy AIT, ainsi que Moni­ka Zosso Lunds­gaard-Han­sen, co-chef­fe de la sec­tion Affai­res direc­to­ria­les à l’OFT, ont donné des aper­çus de l’état actuel d’avancement des initia­ti­ves et réfle­xi­ons. Les deux expert·e·s sont unani­mes: les pro­grès à accom­plir dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re seront une tâche de longue hal­ei­ne et ardue.

À petits pas vers la grande vision

La visi­on d’un éco­sys­tème de don­nées intel­li­gent et peut-être capa­ble de prend­re ses décis­i­ons de maniè­re auto­no­me pour­rait par exemp­le être réa­li­sée selon les pha­ses sui­van­tes (descrip­ti­on non exhaustive):

1. Mise à dis­po­si­ti­on des don­nées de base (p. ex. avec MODI)

  • Qua­li­té garantie
  • Carac­tère uni­que de tout bloc de don­nées (c’est-à-dire défi­ni­ti­ons univoques)
  • Acces­si­bi­li­té / trans­pa­rence pour tou­tes les par­ties prenantes
  • Pos­si­bi­li­té de déve­lo­p­per des appli­ca­ti­ons mobi­les sur le mar­ché et d’élargir les fonctionnalités

2. Acti­va­ti­on de la plaque tour­nan­te d’échange de don­nées (p. ex. DX Inter­mo­dal de Hupac)

  • Éch­an­ges entre 2 ou plu­s­ieurs ent­re­pri­ses acti­ves sur la plaque tournante
  • Blocs de don­nées sup­p­lé­men­tai­res (avec ou sans rest­ric­tions pour des acteurs ou ent­re­pri­ses donnés)
  • Pos­si­bi­li­tés de réser­va­ti­on de rela­ti­ons par­ti­el­les ou complètes

3. Créa­ti­on d’un éco­sys­tème de données

  • Don­ner accès aux don­nées his­to­ri­ques pour les pre­miè­res pos­si­bi­li­tés d’analyse
  • Ban­ques de don­nées (rac­cor­der les don­nées de base et/ou les blocs de don­nées dis­po­nibles avec des restrictions)

4. Uti­li­sa­ti­on de la tech­no­lo­gie du blockchain

  • Les don­nées et blocs de don­nées sont con­nec­tés de maniè­re optimale.
  • Trans­pa­rence abso­lue des coûts et des prix
  • Aug­men­ta­ti­on de la sécu­ri­té dans les éch­an­ges de données
  • Déve­lo­p­pe­ment et exé­cu­ti­on plus effi­caces de l’ensemble

5. Mise en œuvre de la visi­on d’un inter­net physique

  • Sys­tème mon­di­al ouvert basé sur une con­nec­ti­vi­té inter­net phy­si­que, numé­ri­que et opérationnelle
  • Appli­que les pro­to­co­les, les inter­faces et la modularisation.
  • Cer­tai­nes décis­i­ons sont pri­ses par l’écosystème – et non par des acteurs donnés.

Actu­el­le­ment, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re se trouve en phase 1 et 2, quoi­que seu­le­ment pon­c­tu­el­le­ment. La loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (MODIG) de l’OFT abor­de tous les champs thé­ma­ti­ques per­tin­ents. DX Inter­mo­dal est déjà opé­ra­ti­on­nel dans le tra­fic com­bi­né (TC) et reprend cer­ta­ins points de la phase 2. Il ne sera pos­si­ble d’obtenir des avan­ta­ges glo­baux pour la logis­tique de fret fer­ro­vi­ai­re que si l’on prend en comp­te tou­tes les for­mes de pro­duc­tion du trans­port de mar­chan­di­ses et l’ensemble de la chaî­ne de trans­port («porte-à-porte»). Pour ce faire, il fau­dra inté­grer des élé­ments de l’intelligence arti­fi­ci­el­le. 

Exploiter à fond l’inépuisable potentiel de données

Parti d’un simp­le engouement, le big data est devenu une véri­ta­ble méga­ten­dance; les don­nées coll­ec­tées recè­lent un potentiel qua­si­ment infi­ni et per­met­tent de créer des modè­les com­mer­ciaux numé­ri­ques inno­vants et dis­rup­tifs et d’améliorer les pré­vi­si­ons pour prend­re les bon­nes décis­i­ons com­mer­cia­les. Tou­te­fois, cela ne vaut que pour les don­nées dis­po­nibles dans la qua­li­té et la gra­nu­la­ri­té appro­priées. De plus, les acteurs doi­vent être en mesu­re d’extraire des don­nées les bon­nes infor­ma­ti­ons et donc les con­nais­sances sou­hai­tées, puis de les inter­pré­ter et les uti­li­ser cor­rec­te­ment. Cela pose un cer­tain nombre de défis aux par­ten­aires de l’écosystème:

Avantages pour le système vs avantages individuels

Cer­tai­nes ent­re­pri­ses dis­po­sent déjà de sys­tè­mes de don­nées inter­nes. Elles coll­ec­tent les don­nées des appareils mon­tés sur les loco­mo­ti­ves et les wagons et les uti­li­sent pour pro­cé­der à des opti­mi­sa­ti­ons ou les trans­met­tent à des tiers. Les ent­re­pri­ses acquiè­rent ainsi des avan­ta­ges con­cur­rentiels et des sources de reve­nus sup­p­lé­men­tai­res. Pour­quoi ces ent­re­pri­ses dev­rai­ent-elles donc par­ti­ci­per à des éco­sys­tè­mes de don­nées? Parce que l’optimisation de son pro­pre sys­tème ne béné­fi­cie pas néces­saire­ment au sys­tème dans son ensem­ble ou au cli­ent final. Si par exemp­le divers acteurs indi­vi­du­els ven­dent les mêmes don­nées à des tiers cont­re rému­né­ra­ti­on, le sys­tème ren­ché­rit, car pour chaque trans­fert de don­nées, de l’argent cir­cu­le. De plus, les dif­fér­ents acteurs peu­vent com­bi­ner leurs blocs de don­nées dans le cadre d’un éco­sys­tème de don­nées et ainsi con­tri­buer à l’efficience de l’ensemble du sys­tème, par exemp­le les horai­res de départ ou d’arrivée pré­vus. Dans ce con­tex­te, il est indis­pensable de cla­ri­fier les ques­ti­ons de la sou­ve­rai­ne­té sur les données.

Obligation vs volontariat

L’État est et reste le plus grand bail­leur de fonds du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Il dev­rait être dési­reux de sou­la­ger ses pro­pres finan­ces et donc les con­tri­bu­ables. La mise à dis­po­si­ti­on de don­nées d’utilité publi­que est de natu­re à amé­lio­rer l’efficience. À cet égard aussi, cer­tai­nes ques­ti­ons atten­dent une répon­se: les par­ten­aires de l’écosystème doi­vent-ils être obli­gés de four­nir des blocs de don­nées? Au sein d’un éco­sys­tème de don­nées, doit-il être pos­si­ble de com­pen­ser des inves­tis­se­ments indi­vi­du­els anté­ri­eurs ou de les mett­re en balan­ce avec les sub­ven­ti­ons reçues? Ou bien la par­ti­ci­pa­ti­on à un éco­sys­tème de don­nées doit-elle res­ter volon­tai­re, avec le ris­que que trop peu de par­ti­ci­pan­ts ali­men­tent la pla­te­for­me en données?

Données vs données

Tous les élé­ments de don­nées n’ont pas la même valeur pour un éco­sys­tème de don­nées. Ainsi, il faut défi­nir clai­re­ment dès le départ avec quel objec­tif et pour ser­vir quel­le uti­li­té géné­ra­le un acteur dépo­se­ra ses élé­ments de don­nées sur une pla­te­for­me de don­nées. En outre, afin d’éviter les dis­cus­sions à carac­tère affec­tif, il con­vi­ent de distin­guer les don­nées opé­ra­ti­on­nel­les, tech­ni­ques et com­mer­cia­les. Enfin, un cri­tère décisif pour la cré­di­bi­li­té et la dura­bi­li­té d’un éco­sys­tème de don­nées est la qua­li­té garan­tie par le pro­prié­tai­re des don­nées ou par un ser­vice char­gé de la qua­li­té nou­vel­le­ment créé.

Pour une poursuite de notre dialogue

À la VAP, nous sou­hai­tons faire béné­fi­ci­er l’ensemble du sec­teur fer­ro­vi­ai­re du potentiel des éco­sys­tè­mes de don­nées et ainsi amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vi­té de la bran­che. C’est pour­quoi nous nous enga­ge­ons dans ce con­tex­te en faveur de plu­s­ieurs initia­ti­ves, pro­jets de recher­che et pro­duits étab­lis, à savoir:

  • Déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té MODI, en coopé­ra­ti­on avec l’OFT.
  • Espace euro­pé­en com­mun des don­nées rela­ti­ves à la mobi­li­té (EMDS), une initia­ti­ve de l’UE.
  • Arbeits­kreis der Logis­tik (AKL) (Cer­cle de tra­vail de la logis­tique), dont nous avons repris la direction.

 

Si vous aussi, vous sou­hai­tez con­tri­buer à for­ger l’avenir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, Jür­gen Maier se fera un plai­sir de vous écouter.

Keepers’ Summit 2023: l’adaptation aux exigences des clients et un avenir visionnaire pour le fret ferroviaire

Keepers’ Summit 2023: l’adaptation aux exigences des clients et un avenir visionnaire pour le fret ferroviaire

Les enjeux:

  • Kee­pers’ Sum­mit de l’UIP À Nice
  • Ori­en­ta­ti­on cli­ent et trans­for­ma­ti­on pour le fret fer­ro­vi­ai­re en Europe
  • David Zindo, nou­veau pré­si­dent de l’UIP

 

En coopé­ra­ti­on avec l’AFWP, sa fédé­ra­ti­on membre fran­çai­se, l’International Union of Wagon Kee­pers (UIP) a accu­eil­li le 15 juin 2023 à Nice (France), 120 acteurs du sec­teur des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de toute l’Europe à sa con­fé­rence phare annuel­le, le «Kee­pers’ Sum­mit». Les dis­cus­sions se sont con­cen­trées sur la maniè­re dont il est pos­si­ble de tirer parti des carac­té­ris­ti­ques éco­lo­gi­ques du fret fer­ro­vi­ai­re pour lut­ter cont­re le chan­ge­ment cli­ma­tique tout en att­i­rant les cli­ents et les jeu­nes talents. Les panel­lis­tes et le public étai­ent unani­mes: le fret fer­ro­vi­ai­re a un rôle important à jouer dans l’avenir de notre socié­té. Mais cela ne sera pos­si­ble que si l’exploitation du fret fer­ro­vi­ai­re se trans­for­me pour s’éloigner des mono­po­les d’État et s’orienter vers la con­cur­rence du sec­teur privé.

À la recher­che du chan­ge­ment, l’ancien pré­si­dent de l’UIP, le Dr Heiko Fischer, a invi­té le public à se tour­ner vers le passé pour mieux se prépa­rer à affron­ter l’avenir. Initia­teur du cont­rat géné­ral d’utilisation (Gene­ral Con­tract of Use ou CGU), Mon­sieur Fischer a souli­g­né le rôle important des déten­teurs de wagons pri­vés dans le déve­lo­p­pe­ment des solu­ti­ons de fret fer­ro­vi­ai­re. Homme de con­vic­tion et visi­on­n­aire, il a tou­jours accor­dé beau­coup d’importance à la néces­si­té d’innover en matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re et de trans­for­mer celui-ci pour qu’il soit en mesu­re de rele­ver les défis à venir et de répond­re aux atten­tes des cli­ents et de la socié­té. Le public a salué par des applau­dis­se­ments debout l’implication et les réa­li­sa­ti­ons du Dr Fischer, qui a pré­si­dé aux desti­nées de l’UIP pen­dant 11 ans.

Mon­sieur Joris D’Incà, Glo­bal Head of Logi­stics au cabi­net inter­na­tio­nal de con­seil en ent­re­pri­se Oli­ver Wyman, a con­fir­mé dans son dis­cours d’ouverture la néces­si­té pour le fret fer­ro­vi­ai­re de s’adapter à l’évolution des exi­gen­ces des cli­ents: «Les cli­ents atten­dent une trans­pa­rence com­plè­te tout au long de la chaî­ne de trans­port. Ils atta­chent entre aut­res beau­coup d’importance à la dis­po­ni­bi­li­té des infor­ma­ti­ons en temps réel et à une ges­ti­on effi­cace des cor­ri­dors. Ce n’est qu’en s’adaptant à ces exi­gen­ces et à d’autres enco­re que le fret fer­ro­vi­ai­re sera en mesu­re de gagner des parts de mar­ché sur le trans­port rou­tier de mar­chan­di­ses et de jouer un rôle plus important dans la lutte cont­re le chan­ge­ment cli­ma­tique.» Pré­sen­ta­ti­on de Joris D’Incà

Le panel d’experts, animé par Madame Emi­lie Sou­lez et com­po­sé de Mon­sieur Charles Puech d’Alissac (VIIA/Naviland), Mon­sieur Paul Maza­t­aud (SNCF Réseau) et Mon­sieur Sté­pha­ne Gavard (Streem), s’est plon­gé en pro­fon­deur sur les élé­ments clés de la trans­for­ma­ti­on qui sera néces­saire pour répond­re aux nou­vel­les atten­tes. Mon­sieur Maza­t­aud a con­fir­mé les beso­ins et les inten­ti­ons de SNCF Réseau con­sistant à offrir davan­ta­ge de trans­pa­rence en matiè­re de travaux de main­ten­an­ce de même que les pro­jets de RNE d’augmenter la fle­xi­bi­li­té du réseau en adap­tant le pro­ces­sus de mise au point des horai­res. Mon­sieur Puech d’Alissac a souli­g­né les élé­ments et les avan­ta­ges du trans­port com­bi­né et du modè­le com­mer­cial qui sous-tend les acti­vi­tés de Navi­l­and et de VIIA. Il a évo­qué les pro­grès réa­li­sés dans la digi­ta­li­sa­ti­on de l’interface cli­ents et encou­ra­gé tous les acteurs à redou­bler d’efforts dans la digi­ta­li­sa­ti­on des inter­faces entre les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re. Mon­sieur Gavard a donné des aper­çus de l’innovation en matiè­re de wagons, tant au niveau du con­cept que de la fabri­ca­ti­on indus­tri­el­le, mais a éga­le­ment expli­qué le pro­jet de Streem portant sur le déve­lo­p­pe­ment des com­pé­ten­ces et des con­nais­sances dans le secteur.

Enfin, Mon­sieur David Zindo, CEO du grou­pe Streem et pré­si­dent nou­vel­le­ment élu de l’UIP, a con­clu par une pro­mes­se: sou­te­nir la trans­for­ma­ti­on avec des prio­ri­tés clai­res, tout en faisant pro­fi­ter les déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et les asso­cia­ti­ons du suc­cès passé, afin d’accroître l’attractivité et la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Il a souli­g­né l’importance du tra­vail de l’UIP et des asso­cia­ti­ons natio­na­les, qui en sont les voix bien éta­b­lies et ser­vent de lien avec les insti­tu­ti­ons poli­ti­ques loca­les et européennes.

«Nos socié­tés doi­vent com­prend­re le carac­tère uni­que du fret fer­ro­vi­ai­re comme un moyen décisif de décar­boner le sec­teur des trans­ports. En tant que sys­tème, nous devons amé­lio­rer notre offre pour répond­re aux exi­gen­ces des cli­ents, mais aussi pour atti­rer de jeu­nes talents et les for­mer.» – David Zindo

 

David Zindo est le nou­veau pré­si­dent de l’UIP: une visi­on pour l’avenir du fret ferroviaire

David Zindo est le nou­veau pré­si­dent de l’UIP et suc­cè­de au Dr Heiko Fischer, qui a diri­gé l’UIP pen­dant 11 ans en qua­li­té de pré­si­dent. Mon­sieur Zindo a été élu lors de l’assemblée géné­ra­le de l’UIP le 15 juin 2023 à Nice (France). Il est assis­té par les vice-pré­si­dents Per-Anders Ben­thin (CEO de Trans­wag­gon) et Johann Fein­dert (CEO de GATX Rail Europe).

Mon­sieur Zindo appor­te une très vaste expé­ri­ence à la pré­si­dence, car il est CEO du grou­pe Streem (anci­en­ne­ment Erme­wa Group) et depuis 2015 membre du Comi­té exé­cu­tif de l’UIP. Il a aupa­ra­vant occu­pé des pos­tes de direc­teur finan­cier à la SNCF, chez Geo­dis et chez Veo­lia Envi­ron­men­tal Services.

En sa qua­li­té de nou­veau pré­si­dent de l’UIP, David Zindo a pour visi­on de con­tin­uer à con­so­li­der l’UIP en fix­ant des prio­ri­tés clai­res, en ren­for­çant l’équipe et en con­clu­ant des alli­ances avec d’autres asso­cia­ti­ons. Il sou­hai­te ren­forcer le rôle des déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses dans la chaî­ne logis­tique et expli­quer le pay­sa­ge règle­men­tai­re com­ple­xe de l’Union euro­pé­en­ne. Fort de sa longue expé­ri­ence et de son impli­ca­ti­on pour le fret fer­ro­vi­ai­re, Mon­sieur Zindo vise une trans­for­ma­ti­on du sec­teur afin d’être en mesu­re de rele­ver les futurs défis et de répond­re aux atten­tes des cli­ents et de la société.

Pour en savoir plus sur la visi­on du pré­si­dent nou­vel­le­ment élu, lisez l’interview de David Zindo par l’UIP. Inter­view de David Zindo

 

 


Fon­dée en 1950, l’Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers (UIP) est basée à Bru­xel­les. Asso­cia­ti­on faî­tiè­re des fédé­ra­ti­ons natio­na­les de 14 pays euro­pé­ens, elle repré­sen­te ainsi plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et d’Entities in Char­ge of Main­ten­an­ce (ECM). Ses qua­tor­ze mem­bres sont les pays sui­vants: Autri­che, Bel­gi­que, Tché­quie, France, Alle­ma­gne, Hon­grie, Ita­lie, Pays-Bas, Polo­gne, Espa­gne, Slo­va­quie, Suède, Suis­se et Royau­me-Uni. L’UIP, qui est la voix de plus de 234 000 wagons de mar­chan­di­ses, repré­sen­te la moi­tié de l’ensemble des wagons de mar­chan­di­ses existant en Euro­pe et est l’une des prin­ci­pa­les res­sour­ces pour le fret fer­ro­vi­ai­re en Euro­pe. La recher­che, le lob­by­is­me et les éch­an­ges per­ma­nents avec tous les grou­pes d’intérêts et orga­ni­sa­ti­ons inté­res­sés par le sec­teur du fret fer­ro­vi­ai­re jouent un rôle important pour la fédé­ra­ti­on, qui ori­en­te tous ses efforts sur l’augmentation de l’efficacité du ser­vice de fret fer­ro­vi­ai­re. En par­ti­ci­pant à de nombreux grou­pes de tra­vail et com­mis­si­ons à l’échelle euro­pé­en­ne et inter­na­tio­na­le, l’UIP fait valoir la per­spec­ti­ve et les inté­rêts des déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et coopè­re avec tou­tes les par­ties inté­res­sées pour assurer l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re à long terme. L’UIP est recon­nue par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne comme orga­ne de repré­sen­ta­ti­on dans le sec­teur ferroviaire.

Décisions de politique des transports de la session d’été 2023

Décisions de politique des transports de la session d’été 2023

Lors de la ses­si­on d’été, qui a eu lieu du 30 mai au 16 juin 2023, les con­sul­ta­ti­ons ont porté sur plu­s­ieurs points per­tin­ents pour notre sec­teur. Les résul­tats con­cor­dent lar­ge­ment avec nos atten­tes. Nous déplo­rons tou­te­fois qu’on ait lais­sé pas­ser la chan­ce de lier le pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération à l’ex­ten­si­on du réseau des rou­tes natio­na­les afin de déve­lo­p­per les pro­jets et les modes de trans­port en tant que sys­tème global.

Les enjeux:

  • Davan­ta­ge de moy­ens finan­ciers pour la chaus­sée rou­lan­te (RoLa), nous deman­dons un con­trô­le de la qualité
  • Oui à la sim­pli­fi­ca­ti­on de l’homologation du maté­ri­el rou­lant pour le tra­fic fer­ro­vi­ai­re international
  • Oui à la moder­ni­sa­ti­on et au déve­lo­p­pe­ment du réseau des rou­tes nationales
  • Oui au pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération – reg­rettablem­ent sans lien avec l’ex­ten­si­on du réseau des rou­tes nationales
  • Inter­pel­la­ti­on sur la rena­tio­na­li­sa­ti­on de CFF Cargo

 

Trafic combiné accompagné (chaussée roulante, Rola)

Le 1.6.2023, le Con­seil natio­nal a trai­té le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral du 30 sep­tembre 2022 sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses et sur un arrêté fédé­ral all­ouant un pla­fond de dépen­ses pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses accom­pa­gné à tra­vers les Alpes (objet du Con­seil fédé­ral 22.064). À l’instar du Con­seil natio­nal, le Con­seil natio­nal vient de déci­der de sou­te­nir la «chaus­sée rou­lan­te» (Rola) jusqu’en 2028 et non jusqu’en 2026 seu­le­ment, comme le pro­po­sait le Con­seil natio­nal. Entre 2024 et 2028, la Con­fé­dé­ra­ti­on pour­ra au total déb­lo­quer 106 mil­li­ons de francs pour ce soutien.

Comp­te tenu du rap­port 2023 sur le trans­fert du tra­fic, la VAP rap­pel­le ses reven­dica­ti­ons non enco­re satisfaites:

  • Sub­ven­ti­on­ne­ment des tra­fics indé­pen­dam­ment de la tech­no­lo­gie employée, notam­ment dans cer­tai­nes régions pos­sé­dant un potentiel de volume
  • Con­trô­le de la qua­li­té, y com­pris pour les tra­fics conventionnels

Nous con­sidé­rons le carac­tère uni­la­té­ral du sou­ti­en et le fait que le con­trô­le de la qua­li­té se limi­te au TCNA comme une chan­ce per­due. Les potentiels du tra­fic con­ven­ti­on­nel dev­rai­ent eux aussi être exploi­tés inté­gra­le­ment – et accom­pa­gnés des mesu­res de trans­fert du tra­fic adé­qua­tes, à savoir le sou­ti­en finan­cier et le con­trô­le de la qualité.

Modifications de la loi sur les chemins de fer dans le cadre du 4e paquet ferroviaire. 

Le 13.6.23, le Con­seil des États a approu­vé le pro­jet 23.024, selon lequel l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne (ERA) doit être com­pé­ten­te pour l’homologation de maté­ri­el rou­lant dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal. Pour l’introduction de nou­veaux trains, les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res ne seront ainsi plus obli­gées de sui­v­re des pro­cé­du­res d’homologation sépa­rées. Le Con­seil fédé­ral vise donc une repri­se inté­gra­le de cette solu­ti­on de l’UE, ce qui passe par une modi­fi­ca­ti­on de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres con­clu avec l’UE. L’objet va à pré­sent être pré­sen­té au Con­seil natio­nal. La VAP a sou­tenu ce pro­jet de modi­fi­ca­ti­on (cf. artic­le du blog: La révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer garan­tit l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re de l’UE), car il per­met de con­tin­uer à avan­cer dans l’harmonisation des direc­ti­ves en matiè­re d’exploitation fer­ro­vi­ai­re et faci­li­te la repri­se de ce paquet dans l’accord sur les trans­ports terrestres.

Cadre de paiement pour les routes nationales 2024–2027 et étape d’aménagement 2023:

Le Con­seil fédé­ral pré­voit une moder­ni­sa­ti­on et un élar­gis­se­ment du réseau des rou­tes natio­na­les suis­ses pour un bud­get d’environ 12 mil­li­ards de francs. Quel­que 8 mil­li­ards de francs sont pré­vus pour l’exploitation et la main­ten­an­ce, tan­dis que 4 mil­li­ards de francs doi­vent être affec­tés à des pro­jets de déve­lo­p­pe­ment ciblés. À la VAP, nous sou­te­nons ce pro­jet et réaf­firm­ons l’importance d’une infra­struc­tu­re de trans­ports dura­ble pour la mul­ti­mo­da­li­té et le trans­fert du tra­fic sur le rail. Le 30.5.2023, le Con­seil natio­nal a même déci­dé de déb­lo­quer pour les pro­jets d’aménagement 5,3 mil­li­ards de francs au lieu des 4,4 mil­li­ards deman­dés par le Con­seil fédé­ral. En plus des cinq pro­jets con­te­nus dans l’arrêté fédé­ral, le Con­seil natio­nal con­sidè­re l’aménagement de la A1 près du lac de Genè­ve comme tout aussi urgent. La pro­chai­ne étape sera le vote du Con­seil des États sur le projet.

Crédits d’engagement pour le trafic d’agglomération à partir de 2024:

Le Con­seil natio­nal a approu­vé des con­tri­bu­ti­ons de plus de 1,6  mil­li­ard de francs pour les nou­veaux pro­gram­mes en faveur du tra­fic d’agglomération. Une légè­re aug­men­ta­ti­on a été effec­tuée pour le tun­nel rou­tier Moscia-Aca­pul­co dans le Tes­sin. Nous sou­te­nons cet arrêté fédé­ral qui per­met­tra de sou­te­nir des pro­jets d’infrastructure de trans­port dans les agglo­mé­ra­ti­ons suis­ses afin de créer un sys­tème de trans­port plus effi­ci­ent et plus durable.

Mal­heu­reu­se­ment, la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire du CN Was­ser­fal­len a tou­te­fois été reje­tée. Celle-ci deman­dait de reli­er le pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération à l’ex­ten­si­on du réseau des rou­tes natio­na­les, afin de con­sidé­rer les pro­jets et les modes de trans­port comme un sys­tème glo­bal, et ainsi empê­cher que les pro­jets et modes de trans­port ne soi­ent oppo­sés les uns aux aut­res. Nous con­sidé­rons ceci comme une chan­ce man­quée. En cas de réfé­ren­dum, nous nous inscr­i­rons en faux cont­re ce pro­jet, dans l’intérêt de la sécu­ri­té d’approvisionnement du pays.

Voir éga­le­ment notre com­men­tai­re sur Lin­ke­dIn: Mil­li­ar­den für Agglo­me­ra­ti­ons­ver­kehrs­pro­gram­me bewil­ligt: Natio­nal­rat lässt Chan­ce auf ganz­heit­li­ches Ver­kehrs­sys­tem ver­strei­chen (Des mil­li­ards pour les pro­gram­mes en faveur du tra­fic d’agglomération; le Con­seil natio­nal lais­ser filer une chan­ce d’instaurer un sys­tème de trans­port global)

CFF Cargo retourne dans le giron de l’État: à quoi cela rime-t-il?

Avec son inter­pel­la­ti­on «SBB Cargo zurück im Schoss des Staa­tes. Was soll das?» (CFF Cargo retourne dans le giron de l’État: à quoi cela rime-t-il?), le CN Chris­ti­an Was­ser­fal­len PLR/BE deman­de au Con­seil fédé­ral son avis sur l’arrêté du grou­pe CFF con­cer­nant le rachat de 100 % du capi­tal-actions de CFF Cargo et la ges­ti­on direc­te de CFF Cargo par la direc­tion du grou­pe. Ce chan­ge­ment uni­la­té­ral des struc­tures du mar­ché et des rap­ports de pou­voir com­pro­met les pré­mic­es de la réfor­me atten­due des con­di­ti­ons-cad­res pour le trans­port suis­se de mar­chan­di­ses. La VAP se féli­ci­te des ques­ti­ons posées au Con­seil fédéral.

 

Retour vers le futur: développement du fret ferroviaire suisse

Retour vers le futur: développement du fret ferroviaire suisse

Cet hom­mage se pro­po­se de vous mon­trer com­ment le fret fer­ro­vi­ai­re de la Suis­se s’achemine avec per­sé­vé­rance vers l’avenir. Durant de nombreu­ses années, l’innovation a été une noti­on incon­nue pour les «wagons bruns». Mais cette épo­que est révo­lue. Les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re sont prêtes à affron­ter l’ère 4.0 et à défend­re leur place sur les rails, indis­pensable pour garan­tir la sécu­ri­té d’approvisionnement, effec­tuer les trans­ports de maniè­re éco­lo­gi­que et sou­la­ger la route. 

Les enjeux:

  • Une ten­dance con­ti­nue à la hausse depuis 175 ans
  • Réa­li­se plus d’un tiers des trans­ports en Suis­se et à tra­vers la Suisse
  • Rétro­s­pec­ti­ve sur les cri­ses et suc­cès passés
  • Un siè­cle d’avance en matiè­re d’électrification


Depuis le début du 20e siè­cle, le volu­me du fret fer­ro­vi­ai­re a connu en Suis­se une évo­lu­ti­on impres­si­on­nan­te. Selon l’Office fédé­ral de la sta­tis­tique (OFS), il s’élevait au total en 1900 à 1,5 mil­li­ard de ton­nes-kilo­mè­tres. Depuis, le rail a été frap­pé par de nombreu­ses cri­ses, pour cer­tai­nes venues de très loin. Aujourd’hui, ce chif­fre s’élève à 10,4 mil­li­ards de ton­nes-kilo­mè­tres, ce qui repré­sen­te une part de 37 %[1] du split modal et donc un pilier important du sys­tème de trans­port suis­se. Mais rep­re­nons les cho­ses depuis le début.

Petit pays, grand volume de trafic: il reste encore un potentiel important

Le volu­me trans­por­té par le fret fer­ro­vi­ai­re a fluc­tué au cours des décen­nies (cf. ill. 1). Depuis la fin de la pan­dé­mie, il recom­mence à aug­men­ter sans dis­con­tin­uer. Dans le domaine du tra­fic tran­sal­pin (tran­sit), il exis­te un man­dat de trans­fert du tra­fic route-rail inscrit dans l’article de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le sur la pro­tec­tion des Alpes. Grâce à la con­s­truc­tion de la NLFA, du cor­ri­dor de quat­re mètres et d’un sou­ti­en finan­cier iné­dit du tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA), la Suis­se pré­sen­tait en 2021 un split modal très élevé de 74 % au pro­fit du rail dans le tra­fic tran­sal­pin; le volu­me trans­por­té par le fret fer­ro­vi­ai­re, qui repré­sen­tait 66 % du tra­fic de tran­sit, était par rap­port à d’autres pays une valeur record. Avec une part de 37 % pour le rail, le split modal glo­bal était lui aussi plus élevé qu’au niveau international.

Dans le tra­fic inter­ne, il n’y a pas de man­dat de trans­fert. Les tra­fics inté­ri­eur (2021: 23 %), d’importation (7,5 %) et d’exportation (3,5 %[2]) recè­lent un énor­me potentiel dor­mant, réa­li­sable à con­di­ti­on que soi­ent mises en œuvre une moder­ni­sa­ti­on et une réor­ga­ni­sa­ti­on inté­gra­les du tra­fic par wagons com­plets ainsi que la pro­mo­ti­on de la con­cur­rence intra­mo­da­le[3]. Cela impli­que l’automatisation et la digi­ta­li­sa­ti­on du sys­tème fer­ro­vi­ai­re, qui amè­ne­ront le tra­fic par wagons com­plets sur la voie de dépas­se­ment et ren­dront le rail prêt à affron­ter la con­cur­rence inter­mo­da­le et les chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Cette avan­cée se verra enco­re ren­for­cée par une infra­struc­tu­re suf­fi­sam­ment dis­po­nible pour les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et la mul­ti­pli­ca­ti­on des sites logis­ti­ques bien situés[4].

La poli­tique suis­se des trans­ports et de l’infrastructure doit donc davan­ta­ge se con­cen­trer sur les atouts du mode de trans­port «rail» pour les cli­ents du sec­teur des char­geurs. Plus le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses suis­se appor­te­ra des avan­ta­ges aux char­geurs, plus il sera uti­li­sé, et donc plus on aura un trans­fert du tra­fic de la route vers le rail. À la VAP, nous reje­tons en revan­che une poli­tique expli­ci­te de trans­fert du tra­fic dans le tra­fic intérieur.

Illus­tra­ti­on 1: Volu­me du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se depuis 1900 (cli­quer sur l’i­mage pour l’agrandir)

Des montagnes russes, mais un gain d’altitude indéniable

Le 7 août 1847, on célèb­re l’inauguration du pre­mier che­min de fer pas­sant entiè­re­ment sur le sol suis­se et reli­ant Zurich à Baden, sur­nom­mé la «ligne du Spa­nisch Bröt­li»[5]  (cf. illus­tra­ti­on 2). L’une des rai­sons à l’origine de la con­s­truc­tion de cette ligne était que les bour­geois zurichois se fai­sai­ent appor­ter – de pré­fé­rence le diman­che – par leurs cour­siers une pâtis­se­rie en pâte feuil­le­tée d’un célèb­re maît­re bou­lan­ger de Baden bap­ti­sée «Spa­nisch Bröt­li». Les pau­vres ser­vi­teurs devai­ent tou­tes les semain­es prend­re à pied le che­min de Bade peu après minuit pour pou­voir dépo­ser ces petits pains tout frais sur la table du petit-déjeu­ner domi­ni­cal. La «ligne du Spa­nisch Bröt­li» per­met­tait de trans­por­ter rapi­de­ment et sûre­ment les mar­chan­di­ses et les per­son­nes.[6]

Illus­tra­ti­on 2: La Suis­se inau­gu­re sa pre­miè­re ligne de che­min de fer natio­na­le: la «ligne Spanisch-Brötli».

En Suis­se, les pre­miers chem­ins de fer nais­sent d’une initia­ti­ve pri­vée et leur explo­ita­ti­on démar­re grâce à une con­ces­si­on des can­tons qu’ils tra­ver­sent. Dans un pre­mier temps, la Con­fé­dé­ra­ti­on n’émet des direc­ti­ves que sur des ques­ti­ons tech­ni­ques. Elle se voit octroy­er ulté­ri­eu­re­ment davan­ta­ge de com­pé­ten­ces pour garan­tir un réseau natio­nal cohérent.

En 1857, on fait cir­cu­ler pour la pre­miè­re fois en Suis­se un wagon de la Poste dans le domaine des Chem­ins de fer du Nord-Est sur la ligne Zurich–Baden–Brugg. C’est la nais­sance de la poste fer­ro­vi­ai­re suis­se. En 1859, le réseau a déjà une longueur de plus de 1000 km, il exis­te une liai­son direc­te entre le lac de Con­s­tance et Genè­ve à laquel­le sont aussi reliés Berne, Lucer­ne, Coire, Saint-Gall, Schaff­house et Bâle. En 1882, les 15 km du tun­nel de faîte sont ache­vés et la ligne Saint-Got­hard est mise en service.

En 1875, la Suis­se pro­mul­gue la pre­miè­re loi sur la con­s­truc­tion et l’exploitation des voies fer­rées indus­tri­el­les, instau­rant ainsi une règle­men­ta­ti­on léga­le sur le sta­tut juri­di­que des voies de rac­cor­de­ment. Le 20 février 1898, la vota­ti­on popu­lai­re mar­que la fin de l’ère des chem­ins de fer pri­vés, et à par­tir de 1902, les chem­ins de fer publics, les CFF, tout récem­ment créés, rac­hè­tent les plus gran­des socié­tés fer­ro­vi­ai­res ainsi que des petits chem­ins de fer pri­vés. La natio­na­li­sa­ti­on trans­fè­re la responsa­bi­li­té du déve­lo­p­pe­ment des chem­ins de fer à la Con­fé­dé­ra­ti­on. Dans ce con­tex­te, le rachat de l’infrastructure par les CFF est une bonne décis­i­on. L’exploitation sur le réseau allait tou­te­fois être carac­té­ri­sée par la concurrence.

En 1912, la mono­po­li­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re appel­le la créa­ti­on d’un orga­ne de repré­sen­ta­ti­on des acteurs pri­vés. C’est la nais­sance de la VAP Asso­cia­ti­on des pro­prié­tai­res suis­ses de voies de rac­cor­de­ments et de wagons de mar­chan­di­ses pri­vés – aujourd’hui appelée VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs –, qui se mobi­li­se depuis lors pour une con­cur­rence loya­le et pour l’optimisation des con­di­ti­ons-cad­res éco­no­mi­ques, de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re et des sites logis­ti­ques. À l’époque, le rail con­court de maniè­re déter­mi­nan­te à la révo­lu­ti­on indus­tri­el­le: au fur et à mesu­re que croît l’infrastructure, ce mode de trans­port ren­ta­ble ne tarde pas à détrô­ner le bateau et la voitu­re à che­val. Un trans­port rapi­de à l’intérieur de la Suis­se, mais aussi vers l’Europe, ouvre de nou­vel­les pos­si­bi­li­tés économiques.

Lors de la Pre­miè­re Guer­re mon­dia­le, le volu­me du fret fer­ro­vi­ai­re com­mence par aug­men­ter, avant de dimi­n­uer de 18 % en 1917 puis de 14 % en 1918. Ces bais­ses s’expliquent par les inter­rup­ti­ons de la pro­duc­tion et du com­mer­ce ainsi que par les réper­cus­sions de la grip­pe espa­gno­le. En Suis­se, cette pan­dé­mie tou­che en deux vagues envi­ron la moi­tié de la popu­la­ti­on suis­se entre juil­let 1918 et juin 1919, faisant pres­que 25 000 morts. Dans les années 1920, le volu­me de trans­port se redres­se, avant de chu­ter à nou­veau en 1921, année de la crise éco­no­mi­que, puis lors du krach bour­sier de New York d’octobre 1929.

Le début de la Deu­xiè­me Guer­re mon­dia­le mar­que pour les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re un essor dû à la con­jon­c­tu­re d’armement et aux décis­i­ons poli­ti­ques[7].. On voit alors le tra­fic inté­ri­eur aug­men­ter, car le che­min de fer, entre-temps en majeu­re par­tie élec­tri­fié, rem­place le tra­fic par voitures et cami­ons, lar­ge­ment para­ly­sé par le man­que de car­bu­rant. Pen­dant la Deu­xiè­me Guer­re mon­dia­le, le volu­me de trans­port par rail recu­le con­sidé­ra­blem­ent jusqu’à un effondre­ment pres­que com­plet du fret de tran­sit à la fin de la guer­re et à une dimi­nu­tion du volu­me glo­bal du fret de 42 %.

Après la Deu­xiè­me Guer­re mon­dia­le, l’économie se redres­se et avec elle le volu­me du fret fer­ro­vi­ai­re, qui att­eint une valeur record dans les années 1970. Sui­vent les for­tes chu­tes impu­ta­bles à la crise pétro­liè­re, au krach bour­sier de 1987, à la crise de l’immobilier et à la réces­si­on qui en résul­te durant les années 1990. En 1999, dans le cadre de l’ouverture du mar­ché euro­pé­en pour le TCNA et s’appuyant sur la direc­ti­ve CE 91/440/CEE[8], la Suis­se lance la pre­miè­re de plu­s­ieurs étapes de ce que l’on appel­le la réfor­me des chem­ins de fer, dont l’objectif est d’organiser le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se de maniè­re plus effi­cace et plus au ser­vice de la clientèle.

La nou­vel­le loi sur les voies de rac­cor­de­ment du 5 octobre 1990 et l’ordonnance du 26 février 1992 visent à don­ner de nou­vel­les impul­si­ons à la pro­mo­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et à con­tri­buer à résoud­re de maniè­re ori­en­tée vers l’avenir les nombreux pro­blè­mes qui se posent dans le trans­port de marchandises.

En 2000, le volu­me du fret fer­ro­vi­ai­re est de cinq fois supé­ri­eur à sa valeur de 1950 (+ 397 %). Cette aug­men­ta­ti­on est d’autant plus impres­si­on­nan­te que la part du rail dans l’ensemble du trans­port de mar­chan­di­ses a pour­tant mas­si­ve­ment dimi­n­ué durant cette péri­ode au pro­fit du trans­port rou­tier. En effet, mal­gré l’expérience de la pénurie de car­bu­rant pen­dant la Deu­xiè­me Guer­re mon­dia­le, on assis­te après guer­re au pas­sa­ge à une éco­no­mie basée sur le pétrole.

La Nou­vel­le ligne fer­ro­vi­ai­re à tra­vers les Alpes (NLFA) a elle aussi donné un coup de fouet au tra­fic. Avec trois tun­nels de base tra­vers­ant les Alpes et le déve­lo­p­pe­ment des lignes d’accès, elle a rappro­ché le Nord et le Sud de la Suis­se et de l’Europe. Le tun­nel de base du Lötsch­berg est en ser­vice depuis 2007. Celui du Saint-Got­hard a été ouvert en 2016. En 2020, la mise en ser­vice de la NLFA a mar­qué l’achèvement du tun­nel de base du Ceneri.

Ambi­ance 2008–2012

Pour vous replon­ger au plus pro­che de l’actualité de l’époque, nous avons résu­mé pour vous le con­tenu des expo­sés tenus lors de nos AG de 2008, 2010 et 2012:

2008: AG VAP, allo­cu­ti­on du pré­si­dent Franz Steinegger 

En matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re, la poli­tique suis­se des trans­ports est sous-ten­due de con­tra­dic­tions. D’une part, on inves­tit des mil­li­ons de francs dans le tra­fic de tran­sit entre l’Allemagne et l’Italie, si celui-ci est réa­li­sé sous forme de trans­port com­bi­né ou de chaus­sée rou­lan­te. D’autre part, en matiè­re de tra­fic inté­ri­eur, le trans­port de voy­a­ge­urs est sub­ven­ti­onné par une règle­men­ta­ti­on erro­n­ée du prix des sil­lons, et le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses s’en trouve désa­van­ta­gé. En Suis­se, le char­geur ne se voit en outre rem­bour­ser une somme for­fai­taire de la RPLP que s’il appor­te ses mar­chan­di­ses au train dans un con­tai­ner, ce qui sub­ven­ti­on­ne enco­re davan­ta­ge le tra­fic de tran­sit. L’Association suis­se des char­geurs (VAP) récla­me une poli­tique glo­ba­le de trans­fert du tra­fic qui pren­ne aussi en comp­te des cri­tères éco­lo­gi­ques. Pour ce faire, il faut amé­lio­rer les prix des sil­lons, les prio­ri­tés d’accès, les capa­ci­tés des voies, l’application du prin­ci­pe de cau­sa­li­té lors des réno­va­tions de lignes et une éva­lua­ti­on du tra­fic par wagons com­plets en fon­c­tion des beso­ins. La VAP souli­gne éga­le­ment que les beso­ins du trans­port de mar­chan­di­ses ne doi­vent pas être sous-esti­més dans le déve­lo­p­pe­ment futur des pro­jets ferroviaires.

2010: AG VAP, expo­sé de Moritz Leuenberger

Le fret, responsable du trans­port des mar­chan­di­ses, est sou­vent igno­ré par beau­coup. Alors que la plu­part des gens ne se sou­ci­ent pas de l’origine ni de l’histoire de la fabri­ca­ti­on des mar­chan­di­ses, ils ne sont sou­vent pas non plus infor­més de la maniè­re dont le trans­port et la logis­tique se dérou­lent. Le texte mont­re que le trans­port de mar­chan­di­ses par le rail est désa­van­ta­gé par rap­port au tra­fic de voy­a­ge­urs et se voit sou­vent offrir trop peu de sou­ti­en poli­tique. Les fonds publics dimi­nuent alors que les trans­ports de mar­chan­di­ses aug­men­tent de maniè­re expo­nen­ti­el­le, tant par le rail que par la route. Leu­en­ber­ger pro­po­se de repen­ser la hié­rar­chie des prio­ri­tés sur le réseau fer­ro­vi­ai­re afin de ren­forcer le trans­port de mar­chan­di­ses, pré­cis­ant que la Con­fé­dé­ra­ti­on avait pris des mesu­res pour sou­te­nir le fret, dont le ZEB et Rail 2030.

2012: AG VAP: Expo­sé de Franz Stein­eg­ger, pré­si­dent de la VAP

Le pré­si­dent a der­riè­re lui une longue car­ri­è­re dans la poli­tique des trans­ports et se sou­vi­ent des dis­cus­sions sur divers pro­jets tels que Rail 2000, le tun­nel de la Ver­ei­na, la NLFA et l’article sur la pro­tec­tion des Alpes. Il con­sta­te que l’augmentation du tra­fic de mar­chan­di­ses et de voy­a­ge­urs grim­pe­ra de 60 % d’ici 2030 et que l’infrastructure doit sui­v­re la hausse de la deman­de de mobi­li­té. Il y a tou­te­fois des limi­tes finan­ciè­res et éco­lo­gi­ques, et il se pose la ques­ti­on de savoir s’il est pos­si­ble de mett­re à dis­po­si­ti­on l’offre infra­struc­tu­rel­le néces­saire. L’auteur cri­tique le fait que les poli­ti­ci­ens et les asso­cia­ti­ons pré­fè­rent réflé­chir aux moy­ens de con­trô­le et aux prio­ri­tés d’utilisation des infra­struc­tures existan­tes plu­tôt que de se pen­cher sur l’avenir. Pour les chem­ins de fer, il exis­te des plans tels que Rail 2030 et un pro­gram­me de déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (STEP) com­portant 42 mil­li­ards de francs d’investissements. La route a elle aussi des pro­po­si­ti­ons de finance­ment. La Suis­se est le pays d’Europe qui inves­tit le plus dans le réseau fer­ro­vi­ai­re par habitant.

Extrait de la publi­ca­ti­on commémorative:

La loi fédé­ra­le et la Con­ven­ti­on de Berne ont sou­tenu le fret fer­ro­vi­ai­re dans le tra­fic natio­nal et inter­na­tio­nal. Le fret fer­ro­vi­ai­re se trouve néan­mo­ins con­fron­té à une rude con­cur­rence avec le fret rou­tier et le trans­port de voy­a­ge­urs, ce qui affai­blit de plus en plus la com­pé­ti­ti­vi­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. La poli­tique suis­se des trans­ports vise à trans­fé­rer les tra­fics de fret de la route sur le rail, ce qui exige une infra­struc­tu­re bien amé­na­gée et des con­di­ti­ons d’accès équi­ta­bles au réseau. Pour res­ter com­pé­ti­tif, il faut éga­le­ment une con­cur­rence intra­mo­da­le et des inci­ta­ti­ons de l’État ainsi qu’une ana­ly­se cri­tique de l’organisation de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re et des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. La VAP con­sidè­re comme un défi et une obli­ga­ti­on le fait d’équilibrer la dis­cus­sion sur le trans­fert du tra­fic dans l’intérêt du site éco­no­mi­que et de l’espace de vie qu’est la Suisse.

 

Les atten­tats de 2001 aux États-Unis sont sui­vis d’un recul de 4 %. Suite à la crise finan­ciè­re de 2008 engen­drée par l’éclatement de la bulle immo­bi­liè­re amé­ri­cai­ne, le volu­me du fret baisse de 14 % en 2009. Lors de la crise con­jon­c­tu­rel­le de 2012 qui suit l’introduction du taux de chan­ge mini­mum de l’euro, on con­sta­te un nou­veau recul de 4 %. La fer­me­tu­re de la Rhein­tal­bahn (infil­tra­ti­on d’eau dans le tun­nel de Ras­tatt) a ent­raî­né en 2017 une baisse de 6 %. Dans le même ordre de gran­deur, on a enre­gis­tré une baisse du fret fer­ro­vi­ai­re de 5 % lors de l’année de la pan­dé­mie de coro­na­vi­rus, en 2020. En 2021, le fret fer­ro­vi­ai­re a aug­men­té de 6,2 % (10,4 mil­li­ards de tonnes-kilomètres).

Électrification: un siècle d’avance

À l’époque de leur fon­da­ti­on, les chem­ins de fer fon­c­tion­nent au char­bon. En 1888, le tram­way Vevey-Mon­treux-Chil­lon (VMC) est le pre­mier train à trac­tion élec­tri­que à cir­cu­ler en Suis­se. Sui­vent pro­gres­si­ve­ment d’autres chem­ins de fer à voie étroi­te. En 1901, à l’occasion de l’assemblée géné­ra­le de l’Association suis­se des élec­tri­ci­ens, il est deman­dé de véri­fier aussi la faisa­bi­li­té d’une élec­tri­fi­ca­ti­on des chem­ins de fer à voie normale.

Illus­tra­ti­on 3: Le tram­way Vevey-Mon­treux-Chil­lon, pre­mier train élec­tri­que de Suis­se, est mis en ser­vice en 1888. © Lau­rent Croset

Selon la com­mis­si­on d’étude pour une explo­ita­ti­on fer­ro­vi­ai­re élec­tri­que, qui verra le jour ulté­ri­eu­re­ment, l’initiateur de cette pro­po­si­ti­on est «prin­ci­pa­le­ment guidé par la néces­si­té de rend­re notre pays moins dépen­dant des pays pro­duc­teurs de char­bon et d’offrir un nou­veau champ d’activité à l’industrie élec­tro­tech­ni­que suis­se». En 1912, la com­mis­si­on d’étude elle-même avan­ce comme prin­ci­pal motif dans son rap­port à la direc­tion géné­ra­le des CFF «l’utilisation des forces hydrau­li­ques natio­na­les au lieu du char­bon étran­ger et, si pos­si­ble, une réduc­tion du prix de l’exploitation». Dès 1906 et 1913, on met en ser­vice les dif­fé­ren­tes sec­tions élec­tri­fiées de l’axe du Loetschberg-Simplon.

La pénurie de char­bon qui a sévi durant la Pre­miè­re Guer­re mon­dia­le fait avan­cer l’électrification du che­min de fer. En 1920, le che­min de fer du Saint-Got­hard est mis en ser­vice sous forme élec­tri­fiée et en 1928, plus de la moi­tié des lignes des CFF sont con­ver­ties à l’électricité. Dès l’entre-deux-guerres, la Suis­se joue à l’échelon inter­na­tio­nal un rôle de pre­mier plan en matiè­re d’électrification des chem­ins de fer. Pour des rai­sons mili­taires, une nou­vel­le vague d’électrification a lieu pen­dant la Deu­xiè­me Guer­re mon­dia­le. Une nou­vel­le par­tie du réseau, très vaste, est élec­tri­fiée en un laps de temps extrê­me­ment court. Cette élec­tri­fi­ca­ti­on se pour­su­it après la fin de la guer­re afin de pré­ve­nir le chômage.

Du point de vue actuel, l’électrification a éga­le­ment été une bonne décis­i­on pour la pro­tec­tion du cli­mat, même si cet argu­ment ne jouait aucun rôle à l’époque. Aujourd’hui, la pro­tec­tion du cli­mat est le moteur prin­ci­pal du trans­fert du tra­fic et de l’électrification des trans­ports. Par rap­port au trans­port rou­tier, le rail béné­fi­cie à cet égard d’environ un siè­cle d’avance.


[1] Cf. OFT: Trans­port de marchandises

[2] Cf. OFT: Trans­port de mar­chan­di­ses par rail

[3] Cf. artic­le du blog «Per­fec­tion­ne­ment du trans­port de mar­chan­di­ses::il est grand temps de faire quel­que chose»

[4] Cf. artic­le du blog «Exter­na­li­ser le der­nier kilo­mèt­re et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire»

[5] Cf. «Die Spa­nisch-Bröt­li-Bahn», Peter Affol­ter (en allemand)

[6] Le terme de Baden­fahrt (voya­ge à Baden) dési­gne deux importants évè­ne­ments his­to­ri­ques à la fois: d’une part le pre­mier voya­ge fer­ro­vi­ai­re de Suis­se, entre Zurich et Baden, et d’autre part la légend­ai­re fête forai­ne. Celle-ci célè­bre­ra cette année du 18 au 27 août 2023 son 100e anni­ver­saire (badenfahrt.ch).

[7] On pour­rait à cet égard s’interroger sur la com­pa­ti­bi­li­té de ces décis­i­ons avec le main­ti­en de la neu­tra­li­té suis­se, mais nous ne nous éten­drons tou­te­fois pas sur ce sujet dans le cadre de cet article.

[8] Cf. direc­ti­ve CE 91/440 rela­ti­ve au déve­lo­p­pe­ment de chem­ins de fer communautaires

À l’ordre du jour de la session d’été 2023

À l’ordre du jour de la session d’été 2023

L’ordre du jour de la ses­si­on d’été, qui aura lieu du 30 mai au 16 juin 2023, con­ti­ent plu­s­ieurs points per­tin­ents pour notre sec­teur. En voici une brève vue d’ensemble assor­tie d’un avis critique.

Les enjeux:

  • Davan­ta­ge de moy­ens finan­ciers pour la chaus­sée rou­lan­te (RoLa)
  • Oui à la sim­pli­fi­ca­ti­on de l’homologation du maté­ri­el rou­lant pour le tra­fic fer­ro­vi­ai­re international
  • Oui à la moder­ni­sa­ti­on et au déve­lo­p­pe­ment du réseau de rou­tes nationales
  • Oui au Pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération – à la même cadence que les rou­tes nationales

 

Trafic combiné accompagné (chaussée roulante, RoLa)

Après le Con­seil natio­nal, le Con­seil des États trai­te­ra à son tour le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral du 30 sep­tembre 2022 sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses et sur un arrêté fédé­ral all­ouant un pla­fond de dépen­ses pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses accom­pa­gné à tra­vers les Alpes (objet du Con­seil fédé­ral 22.064). Notre avis: Il est reg­rettable que ce texte ne pré­voie pas de sub­ven­ti­on­ne­ment des tra­fics indé­pen­dant de la tech­no­lo­gie employée, notam­ment dans cer­tai­nes régions pos­sé­dant un potentiel de volu­me. Le con­trô­le qua­li­té doit aussi être éten­du aux tra­fics con­ven­ti­on­nels. Le pro­lon­ge­ment de la RoLa jusqu’en 2026 selon la pro­po­si­ti­on du CF fait l’unanimité et est efficace.

23.024 Loi sur les chemins de fer. Modification (Mise en œuvre du volet technique du 4e paquet ferroviaire de l’UE)

Le Con­seil fédé­ral vise un ren­force­ment du tra­fic fer­ro­vi­ai­re trans­fron­ta­lier et envi­sa­ge de sim­pli­fier l’homologation du maté­ri­el rou­lant pour les tra­jets inter­na­ti­on­aux. Une étape importan­te dans cette direc­tion est l’instauration de pro­cé­du­res d’homologation uni­for­mes à l’échelon euro­pé­en pour le nou­veau maté­ri­el rou­lant. Après un retour posi­tif dans la con­sul­ta­ti­on, le Con­seil fédé­ral a déci­dé lors de sa séan­ce du 22 février 2023 de modi­fier la loi sur les chem­ins de fer afin de créer les bases néces­saires à cet effet. La VAP sou­ti­ent le pro­jet de modi­fi­ca­ti­on (cf. artic­le du blog: La révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer garan­tit l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re de l’UE), car il per­met de con­tin­uer à avan­cer dans l’harmonisation des direc­ti­ves en matiè­re d’exploitation fer­ro­vi­ai­re et faci­li­te la repri­se de ce paquet dans l’accord sur les trans­ports terrestres.

23.032 Plafond des dépenses pour les routes nationales sur la période 2024–2027, étape d’aménagement 2023 des routes nationales, crédit d’engagement et modification de l’arrêté fédéral sur le réseau des routes nationales

Le Con­seil fédé­ral pré­voit de moder­nis­er et de déve­lo­p­per le réseau de rou­tes natio­na­les suis­se, moy­enn­ant un bud­get de 12 mil­li­ards de francs. Le déve­lo­p­pe­ment a pour but de sou­la­ger la cir­cu­la­ti­on et d’améliorer la sécu­ri­té des trans­ports. Quel­que 8 mil­li­ards de francs sont pré­vus pour l’exploitation et la main­ten­an­ce, tan­dis que 4 mil­li­ards de francs seront affec­tés à des pro­jets de déve­lo­p­pe­ment ciblés. Ces inves­tis­se­ments sont importants, car les rou­tes natio­na­les repré­sen­tent une part importan­te du volu­me des tra­fics. La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs sou­ti­ent le pro­jet et souli­gne l’importance d’une infra­struc­tu­re de trans­port dura­ble pour la mul­ti­mo­da­li­té et le trans­fert du tra­fic. Un rejet serait une régres­si­on et le retour à l’opposition entre la route et le rail que l’on con­nais­sait autrefois.

23.033 Arrêté fédéral sur les crédits d’engagement alloués à partir de 2024 pour les contributions aux mesures prises dans le cadre du programme en faveur du trafic d’agglomération

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs sou­ti­ent l’arrêté fédé­ral sur les cré­dits d’engagement octroyés dans le cadre du Pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération. Cette somme tota­le de quel­que 1,5 mil­li­ard de francs per­met­tra de pro­mou­voir des pro­jets d’infrastructure de trans­port dans les agglo­mé­ra­ti­ons suis­ses afin de créer un sys­tème de trans­port plus effi­cace et plus dura­ble. Ces mesu­res con­tri­buent à apai­ser le tra­fic et à amé­lio­rer la sécu­ri­té et la qua­li­té de vie dans les cen­tres urbains tout en aug­men­tant l’activité de ceux-ci en tant que sites économiques.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs souli­gne tou­te­fois la néces­si­té que le pro­jet entre en vigueur par­al­lè­le­ment au déve­lo­p­pe­ment du réseau de rou­tes natio­na­les, comme le pro­po­se la mino­ri­té Was­ser­fal­len. Il est indis­pensable d’investir dans les rou­tes natio­na­les pour apai­ser le tra­fic dans les cen­tres tout en met­tant à dis­po­si­ti­on suf­fi­sam­ment de capa­ci­tés en péri­phé­rie. Comp­te tenu de ces élé­ments, nous recom­man­dons d’adopter le pro­jet.

Statu quo DAC: entre souhait et réalité

Statu quo DAC: entre souhait et réalité

Nous sou­te­nons le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) depuis ses débuts. C’est pour­quoi nous nous mobi­li­sons auprès de la fédé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le des déten­teurs de wagons UIP, du Euro­pean DAC Deli­very Pro­gram­me (EDDP) et du pro­jet suis­se de migra­ti­on vers le DAC. Tou­te­fois, il reste enco­re beau­coup à faire à tous les niveaux. Nous vous infor­mons ici de l’état d’avancement sur le plan tech­ni­que et du point de vue de l’économie de marché. 

Les enjeux:

  • La tech­no­lo­gie sus­ci­te enco­re des questions.
  • L’objectif est un trans­fert équi­ta­ble entre coûts et bénéfices.
  • La hausse des prix des trans­ports ris­que de se tra­dui­re par une inver­si­on du trans­fert vers la route.
  • Coopé­ra­ti­on avec l’Europe: une obligation
  • Le DAC comme base pour un chan­ge­ment de sys­tème fondamental

 

Avec l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), CFF Cargo et l’Union des trans­ports publics (UTP), nous, à la VAP, fai­sons avan­cer le pro­jet suis­se du DAC. Les pre­miè­res con­clu­si­ons résul­tant de cette coopé­ra­ti­on ont été con­si­gnées dans le rap­port con­cep­tuel inti­tulé «Auto­ma­tis­a­ti­on en fret fer­ro­vi­ai­re suis­se, com­men­çant par la migra­ti­on vers l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que» du 24 octobre 2022. Ces con­clu­si­ons ont par ail­leurs été inté­g­rées dans l’actuel pro­jet de con­sul­ta­ti­on sur l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se et – avec quel­ques com­plé­ments – dans le mes­sa­ge que le Con­seil fédé­ral s’apprête à rédi­ger à l’intention du Par­le­ment à l’été 2023. Les nombreux ate­liers et ent­re­ti­ens bila­té­raux du sec­teur fer­ro­vi­ai­re ont per­mis de déga­ger des ques­ti­ons, points de cri­tique et appro­ches de solu­ti­on qu’il s’agit à pré­sent d’approfondir.

La technologie suscite des questions

La déter­mi­na­ti­on de la tête d’attelage a été une pre­miè­re gran­de avan­cée. Il s’agit à pré­sent de déve­lo­p­per les élé­ments numé­ri­ques et de les tes­ter. On suit à cet effet deux appro­ches tech­ni­ques. Dans le cas du «Power­line-Plus», la trans­mis­si­on des impul­si­ons et don­nées élec­tri­ques se fait par le même câble, avec un nombre limi­té de cont­acts. Un con­sor­ti­um d’experts va tes­ter cette appro­che en Suis­se au cours des mois à venir. Le modè­le «Sin­gle Pair Ether­net» (SPE) néces­si­te au con­trai­re des con­dui­tes sépa­rées pour la trans­mis­si­on de l’énergie et celle des données.

Ces deux appro­ches tech­ni­ques posent des ques­ti­ons tel­les que:

  • Dans quel­les con­di­ti­ons météo­ro­lo­gi­ques et cli­ma­ti­ques sera-t-il pos­si­ble d’avoir une explo­ita­ti­on fiable?
  • Les mul­ti­ples pro­ces­sus d’exploitation (manœu­vres, tra­jets (ray­ons étroits, pen­tes…) peu­vent-ils ent­raî­ner des inter­rup­ti­ons de la trans­mis­si­on des données?
  • Enfin, quel­les fon­c­tion­na­li­tés com­por­te la com­po­san­te numérique?
  • Com­ment est orga­ni­sée la com­pa­ti­bi­li­té ascen­dan­te, notam­ment du DAC4 vers le DAC5?
  • Com­ment est assu­rée à l’échelle euro­pé­en­ne la com­pa­ti­bi­li­té du futur maté­ri­el rou­lant équi­pé de DAC?

Actu­el­le­ment, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en ne dis­po­se que de peu d’expertes et experts sur ce thème, ce qui con­sti­tue un pro­blè­me de tail­le. Par ail­leurs, il y a beso­in d’apporter des cla­ri­fi­ca­ti­ons pour ce qui est des aspects méca­ni­ques tels que les effets de la force du nou­vel attelage (ou cou­pla­ge) sur les dif­fér­ents types de wagons ou en ce qui con­cer­ne l’installation du DAC dans les loco­mo­ti­ves en rai­son de pro­blè­mes de poids et/ou d’espace ou de la sécu­ri­té de l’intégration dans la tech­ni­que de pilo­ta­ge du maté­ri­el rou­lant. Les ques­ti­ons de ce genre devront se voir appor­ter une répon­se d’ici 2026.

Le transfert coûts-bénéfices risque de provoquer un retransfert du trafic

Les inves­tis­se­ments qu’implique la migra­ti­on vers le DAC sont con­sé­quents, tout par­ti­cu­liè­re­ment pour les déten­teurs de wagons. Nous tablons sur des coûts de CHF 20 000 à 40 000 pour les wagons (en fon­c­tion du type de wagon) et de 60 000 CHF à 250 000 CHF pour les loco­mo­ti­ves. Pour les déten­teurs de wagons, les effets posi­tifs ne com­men­ce­ront tou­te­fois à se faire sen­tir qu’une fois la migra­ti­on entiè­re­ment ache­vée, c’est-à-dire au plus tôt dans dix ans. Cela signi­fie que durant les pre­miè­res années, les coûts aug­m­en­te­ront sans que soi­ent géné­rées de recet­tes sup­p­lé­men­tai­res, ce qui se tra­dui­ra par une hausse du prix des loca­ti­ons de wagons. À cause de l’exploitation des deux sys­tè­mes en par­al­lè­le, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) auront des dépen­ses sup­p­lé­men­tai­res durant la phase de migra­ti­on, qui durera plu­s­ieurs années. Une sen­si­bi­li­té éle­vée aux prix pour­rait avoir pour con­sé­quence un retrans­fert vers la route. Nous con­sta­tons cet effet dès 2023 pour les aug­men­ta­ti­ons de prix réper­cu­tées en rai­son des haus­ses du prix du cou­rant de traction.

À la VAP, nous recher­chons des solu­ti­ons à ces problèmes:

  • Com­ment les ETF, prin­ci­pa­les béné­fi­ci­ai­res du DAC, peu­vent-elles réper­cu­ter les amé­lio­ra­ti­ons de l’efficience et les éco­no­mies de coûts sur les déten­teurs de wagons? Dans des struc­tures mono­po­lis­ti­ques tel­les que le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, les méca­nis­mes de l’économie de mar­ché ne fon­c­tion­nent pas.
  • Quel doit être le mon­tant des sub­ven­ti­ons (con­tri­bu­ti­ons à fonds perdu, prêts, fonds) pour qu’elles com­pen­sent l’iniquité du trans­fert coûts-béné­fices, et com­ment évi­ter un retrans­fert important vers la route pen­dant la migra­ti­on? Que se pas­se­ra-t-il si les sub­ven­ti­ons ou finance­ments ver­sés a pos­te­rio­ri aux ETF publi­ques se retrou­vent pres­que tota­le­ment sup­p­ri­més du fait du DAC?

Pour de nombreux déten­teurs de wagons, inves­tir dans du nou­veau maté­ri­el rou­lant est cer­tai­ne­ment envi­sa­geable, voire néces­saire. Mais tout tourne en fait autour de la ques­ti­on de savoir com­ment les flot­tes existan­tes pour­ront être réé­qui­pées de maniè­re effi­ci­en­te, tout en ten­ant comp­te des aspects sui­vants, sans désa­van­ta­ger des acteurs qui n’y sont pour rien:

  • Sur le nou­veau maté­ri­el rou­lant aussi, on a des dif­fi­cul­tés à mon­ter un DAC a posteriori.
  • Le prix d’achat de wagons neufs a aug­men­té de 50 % en rai­son de la hausse des matiè­res premières.
  • La pro­duc­tion de wagons neufs équi­pés d’un DAC ne pour­ra com­men­cer qu’une fois les spé­ci­fi­ca­ti­ons ache­vées. En fon­c­tion du type de wagon, le nombre de piè­ces sera au début limité.
  • Le maté­ri­el rou­lant anci­en, doté d’un réé­qui­pe­ment simp­le, ent­raî­ne des frais sup­p­lé­men­tai­res inférieurs.
  • Plu­s­ieurs déten­teurs de wagons pos­sè­dent des types de struc­tu­re iden­tique. Le réé­qui­pe­ment du véhi­cu­le de struc­tu­re type doit se faire indé­pen­dam­ment du déten­teur, et les frais uni­ques éle­vés doi­vent être couverts.
Faire voie commune avec l’Europe

Les per­son­nes con­cer­nées sont majo­ri­taire­ment d’accord: seule une coopé­ra­ti­on étroi­te avec l’Europe nous per­met­tra de maî­tri­ser une migra­ti­on dura­ble. Les dif­fi­cul­tés tech­ni­ques et opé­ra­ti­on­nel­les liées au réé­qui­pe­ment sont simi­lai­res des deux côtés de la fron­tiè­re. Les ques­ti­ons allant du pro­ces­sus de réé­qui­pe­ment jusqu’à l’achèvement de la mise en œuvre et au finance­ment ne peu­vent trou­ver de répon­se que si tous les experts et déci­deurs se retrou­vent autour d’une même table. Mal­heu­reu­se­ment, il ne s’agit que d’une poi­g­née de personnes.

La con­tri­bu­ti­on suis­se con­sis­te à réflé­chir aux con­di­ti­ons natio­na­les et à bien prépa­rer les bases. Cela impli­que de lan­cer des tra­fics pilo­tes; depuis avril 2023, les pre­miers trains à DAC cir­cu­lent en Suis­se. Nous devri­ons ras­sem­bler ces expé­ri­en­ces et les inté­grer dans le pro­jet paneuropéen.

Nous n’obtiendrons une inno­va­ti­on effi­ci­en­te et dura­ble à l’échelon euro­pé­en qu’ensemble, ce que nous pro­po­sons de vous mon­trer à l’aide des exemp­les suivants:

  • Coor­di­na­ti­on des capa­ci­tés des ate­liers: la coor­di­na­ti­on entre les pays et les déten­teurs de wagons doit être assu­rée pour pou­voir ache­mi­ner les wagons devant être réé­qui­pés pen­dant leur ser­vice (rela­ti­ons natio­na­les et inter­na­tio­na­les) vers l’atelier le plus pro­che ou le plus adap­té et les rapatrier.
  • Har­mo­nis­er les con­di­ti­ons de finance­ment: l’obtention d’un finance­ment est géné­ra­le­ment con­di­ti­onnée à une inscrip­ti­on au regist­re des wagons et/ou à un siège social dans le pays en ques­ti­on. Cepen­dant les wagons ne sont pas tou­jours uti­li­sés dans ce pays mais cir­cu­lent dans toute l’Europe. Au moment de la migra­ti­on, le finance­ment devra donc être assu­ré pour les déten­teurs de wagons dans tous les pays.
  • Con­ve­nir d’un cal­en­drier pour la migra­ti­on: une migra­ti­on pré­co­ce se tra­duit par de nou­vel­les inter­faces dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Con­crè­te­ment, un wagon réé­qui­pé et sub­ven­ti­onné en Suis­se ne peut pas cir­cu­ler en Alle­ma­gne tant que la migra­ti­on vers le DAC n’y a pas démar­ré et que les tra­fics d’importation et d’exportation cor­re­spond­ants n’ont pas été har­mo­ni­sés. Par ail­leurs, le déten­teur du wagon ne peut plus uti­li­ser ses valeurs d’investissement que de maniè­re limitée.
  • Regrou­per les orga­nes de décis­i­on: les solu­ti­ons tech­ni­ques sont adop­tées au sein des orga­nes de l’UE défi­nis, puis repri­ses par la Suis­se. Une inté­gra­ti­on de ces res­sour­ces dans le pro­jet de l’UE serait plus effi­cace qu’une orga­ni­sa­ti­on pro­pre à la Suisse.

Pour con­tri­buer à la réa­li­sa­ti­on inté­gra­le à l’échelon de l’UE, nous devons nous con­cen­trer en Suis­se sur les travaux pré­pa­ra­toires avec l’ensemble des ent­re­pri­ses con­cer­nées et faire pro­gresser acti­ve­ment nos pha­ses de test et nos tra­fics pilo­tes. En matiè­re de pro­duits et de spé­ci­fi­ca­ti­ons, nous ne pou­vons nous per­mett­re le moind­re raté au démarrage.

La base d’un changement de système fondamental

Le DAC n’est pas un pro­jet tech­ni­que, mais le début de deux pro­ces­sus néces­saires, à savoir la digi­ta­li­sa­ti­on et l’intégration du fret fer­ro­vi­ai­re dans une chaî­ne logis­tique capa­ble d’affronter l’avenir. Outre le pro­ces­sus d’attelage, le DAC ira de pair avec d’autres nou­veau­tés: élé­ments tels que l’essai de frein auto­ma­tique, enre­gis­tre­ment auto­ma­tique de l’agencement des wagons, con­trô­le de l’intégrité des trains ou frein électropneumatique.

Pour que le DAC déploie toute la palet­te de ses effets tech­ni­ques et insuff­le au fret fer­ro­vi­ai­re la dyna­mi­que de mar­ché néces­saire, nous allons devoir tra­vail­ler sur les aspects sui­vants d’ici le début de la migration:

  • Redé­fi­ni­ti­on des pro­ces­sus d’exploitation
  • Adapt­a­ti­on et sim­pli­fi­ca­ti­on dans le temps des direc­ti­ves et pre­scrip­ti­ons règlementaires
  • Pré­pa­ra­ti­on et adapt­a­ti­on de l’infrastructure et des voies de raccordement
  • For­ma­ti­on des grou­pes con­cer­nés à la migra­ti­on et à l’exploitation
  • Auto­ma­tis­a­ti­on des inspec­tions et de la maintenance
  • Auto­ma­tis­a­ti­on des infor­ma­ti­ons sur le trans­port à desti­na­ti­on des chargeurs
  • Pro­tec­tion effi­cace des don­nées numé­ri­ques cont­re l’accès de la part de per­son­nes non autorisées

À la VAP, nous visons en outre le lance­ment d’une pla­te­for­me de don­nées et des éch­an­ges de don­nées for­mant un éco­sys­tème de don­nées. Nous som­mes con­vain­cus que le DAC n’apportera au sec­teur fer­ro­vi­ai­re la plus-value néces­saire sur tout le ter­ri­toire que s’il s’accompagne d’échanges de don­nées. Nous som­mes donc très heu­reux que, mal­gré le scep­ti­cis­me dont le sec­teur a fait preuve au début, l’OFT ait pris en comp­te cet aspect, tout comme il a l’intention de tenir comp­te du fret dans l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LIDMo) qu’il est en train de mett­re en place. Pour savoir en quoi le DAC peut appor­ter une con­tri­bu­ti­on à un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re inno­vant auto­fi­nan­cé et ori­en­té sur le cli­ent et dans quel­le mesu­re la lett­re C pour­rait sur­tout être tra­duite par con­nec­ti­vi­té, ren­dez-vous sur notre pro­chain blog sur le DAC.

Exposé du Dr Peter Füglistaler «Sur le principe, je me félicite que de nouveaux acteurs du marché tentent leur chance.»

Exposé du Dr Peter Füglistaler «Sur le principe, je me félicite que de nouveaux acteurs du marché tentent leur chance.»

Dans le cadre de la poli­tique suis­se, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) encou­ra­ge un déve­lo­p­pe­ment dura­ble du trans­port de mar­chan­di­ses et une inter­ac­tion effi­cace entre tous les modes de trans­port. Il est responsable de l’octroi des con­ces­si­ons, du finance­ment et de la sur­veil­lan­ce de la sécu­ri­té dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re, les télé­phé­ri­ques et télé­siè­ges, les cars et la navi­ga­ti­on. Les con­di­ti­ons-cadre attra­yan­tes doi­vent per­mett­re de pra­ti­quer des off­res auto­fi­nan­cées en fret fer­ro­vi­ai­re. La Con­fé­dé­ra­ti­on peut de sur­croît accor­der des con­tri­bu­ti­ons d’investissements pour des inno­va­tions tech­ni­ques dans le sec­teur du fret fer­ro­vi­ai­re. L’OFT pilo­te et véri­fie le ver­se­ment de sub­ven­ti­ons en trans­port de mar­chan­di­ses dans le cas d’un con­trol­ling. Peter Füg­lis­ta­ler est direc­teur de l’OFT depuis 2010. Avant de faire son entrée à l’OFT, il a occu­pé diver­ses fon­c­tions au sein des Chem­ins de fer fédé­raux suis­ses (CFF).
VAP: Monsieur Füglistaler, CFF Cargo semble ne plus pouvoir sortir du mode de fonctionnement «assainissement et subventions». En même temps, les finances fédérales sont très tendues. Les clients du fret ferroviaire peuvent-ils être rassurés, CFF Cargo saura-t-il négocier le virage?
Dr Peter Füg­lis­ta­ler: La Con­fé­dé­ra­ti­on a clai­re­ment expri­mé sa volon­té de déve­lo­p­per le trans­port de mar­chan­di­ses – en ten­ant comp­te des objec­tifs de poli­tique éner­gé­tique et cli­ma­tique et bien con­sci­en­te que les trans­ports fer­ro­vi­ai­res jouent un rôle majeur dans la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se. Le Con­seil fédé­ral est éga­le­ment prêt à moder­nis­er le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur les plans tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel et pro­po­se à cet effet un sou­ti­en finan­cier ciblé. Néan­mo­ins, il est important que les char­geurs assu­ment eux aussi leur part dans l’organisation du fret de demain.
La commande de betteraves sucrières a été perdue, Coop gère avec succès sa propre ETF, qui s’inscrit désormais aussi dans le système de TWC. Les entreprises de gravier sont en train de mettre en place leur propre ETF. Comment jugez-vous cette évolution du marché du point de vue du propriétaire?
Je ne peux m’exprimer ici qu’en tant que direc­teur de l’autorité de finance­ment et de sur­veil­lan­ce. Sur le prin­ci­pe, je me féli­ci­te que le mar­ché fon­c­tion­ne et que de nou­veaux acteurs ten­tent leur chan­ce. CFF Cargo devra éga­le­ment s’affirmer sur le mar­ché et veil­ler à être finan­ciè­re­ment auto­no­me.
La pression de l’urbanisation a des effets sur les transports de marchandises dangereuses: on pense particulièrement à l’ordonnance sur la prévention des accidents. Que fait l’OFT pour que les transports de marchandises dangereuses continuent à être possibles dans le cadre actuel, afin d’assurer l’autoapprovisionnement et de défendre la place industrielle suisse?
L’OFT véri­fie régu­liè­re­ment les ris­ques liés aux trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses et met le cas éché­ant en œuvre des mesu­res à un stade pré­co­ce en con­cer­ta­ti­on avec les par­ties pren­an­tes. Un bon exemp­le en est la décla­ra­ti­on con­join­te de l’industrie, des ent­re­pri­ses de trans­port et des auto­ri­tés sur la réduc­tion des ris­ques dans le trans­port du chlore. Le fait d’identifier ainsi les ris­ques à un stade pré­co­ce et d’adopter une démar­che com­mu­ne per­met de con­tin­uer à réa­li­ser des trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par rail en toute sécu­ri­té.
Alors que l’Europe se concentre le DAC, les CFF s’intéressent plutôt au couplage automatique non digital. Est-ce là aussi votre perception des choses et soutiendriez-vous cette position des CFF?
Je n’ai pas du tout l’impression que les CFF se démar­quent à cet égard. Comme l’OFT, la VAP et l’UTP, les CFF sont d’avis qu’il y a beso­in de fon­c­tions numé­ri­ques pour rend­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus sûr, plus rapi­de et plus fle­xi­ble et donc plus fia­ble et moins coû­teux. Avec le sou­ti­en de l’OFT, CFF Cargo a mis en place un train d’essai qui teste et opti­mi­se l’alimentation élec­tri­que et la trans­mis­si­on de don­nées dans les trains de mar­chan­di­ses. Les résul­tats sont inté­g­rés dans les travaux en cours à l’échelle euro­pé­en­ne, aux­quels les CFF par­ti­ci­pent acti­ve­ment, comme tous les aut­res chem­ins de fer d’Europe. La Suis­se ne fera pas cava­lier seul en ce qui con­cer­ne le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal. Néan­mo­ins, si les travaux pren­nent du retard en Euro­pe nous ne serons pas en mesu­re d’attendre. En effet, si nous atten­dons, nous ris­quons de mett­re en péril la réa­li­sa­ti­on d’un fret fer­ro­vi­ai­re des­ser­vant l’ensemble du ter­ri­toire. Nous avons l’intention de démar­rer dès que les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques seront inscri­tes dans les nor­mes STI.
Nombreux sont ceux qui demandent que le secteur parle d’une seule voix. Le secteur vient de réaliser conjointement la «vision 2050», mais celle-ci n’a malheureusement pas eu de retombées sur l’organisation de la consultation sur le transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire. La voix était-elle trop faible? Quelles sont les attentes de l’OFT?
La visi­on a été rédi­gée par le grou­pe d’accompagnement de l’OFT pour le déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re, au sein duquel sont repré­sen­tés les prin­ci­pa­les asso­cia­ti­ons et les acteurs majeurs du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se. Mais il en est ainsi: mal­gré cette visi­on, les asso­cia­ti­ons ont expri­mé dans le cadre de leurs pri­ses de posi­ti­on sur la con­sul­ta­ti­on des con­cep­ti­ons très hété­ro­gè­nes et for­mulé des lis­tes de vœux par­fois peu réa­lis­tes sur l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se.
Comment décririez-vous la VAP?
La VAP est une voix importan­te du sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses suis­se, qui joue lui-même un rôle exis­tentiel pour la sécu­ri­té de l’approvisionnement du pays.
Quels sont à votre avis les points forts de la VAP?
Les points forts de la VAP sont sa capa­ci­té à faire con­ver­ger les inté­rêts des acteurs ainsi que ses bon­nes rela­ti­ons avec les déci­deurs poli­ti­ques.
Que souhaiteriez-vous que la VAP vous apporte d’autre?
Dans l’avenir, il sera important de por­ter les inté­rêts du sec­teur des char­geurs de maniè­re enco­re plus ciblée vers l’extérieur. Sur ce point, la VAP est appelée à ren­forcer sa posi­ti­on.
À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?
Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne fon­c­tion­ne pas sans voies de rac­cor­de­ment ni wagons de mar­chan­di­ses. C’est pour­quoi il est recom­man­dé de tra­vail­ler avec la VAP à tous ceux qui veu­lent avoir du suc­cès dans leurs acti­vi­tés de fret fer­ro­vi­ai­re.  
Dr Füglistaler, nous vous remercions pour cette intéressante interview.
 
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