La VAP promouvoit le fret ferroviaire.


 

Vers le rapport

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Investir dans l’avenir avec le DAC

Investir dans l’avenir avec le DAC

Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) est beau­coup plus que ce que sug­gè­re son nom. C’est la base d’une digi­ta­li­sa­ti­on et d’une auto­ma­tis­a­ti­on com­plè­tes du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se – et par là même un inves­tis­se­ment proac­tif dans l’avenir.

Fret ferroviaire 4.0

À la VAP, nous œuvrons pour un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re con­cur­rentiel afin de garan­tir à nos mem­bres le libre choix du moyen de trans­port. Pour ce faire, nous som­mes actifs à dif­fér­ents niveaux. L’un est le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal, abré­gé DAC en ang­lais. Grâce à lui, le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en pour­ra att­eind­re le pro­chain stade de la modernisation.

Comme son nom le sug­gè­re, le DAC per­met d’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Mais ce n’est pas tout, loin de là. Il nous faut repen­ser le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se avec ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes comme un tout. Au sein de cette con­cep­ti­on, le DAC rend pos­si­ble un trans­fert de flux et de don­nées inin­ter­rom­pu dans le train. Celui-ci est la con­di­ti­on pré­alable à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation du fret fer­ro­vi­ai­re. Il repré­sen­te un saut quan­tique en ter­mes de qua­li­té et d’avantage pour le cli­ent, car tou­tes les don­nées sur l’ensemble des inter­faces et des acteurs de la logis­tique seront dis­po­nibles sous forme numé­ri­que. La com­man­de numé­ri­que du train génè­rera en outre une fle­xi­bi­li­sa­ti­on révo­lu­ti­on­n­aire de l’utilisation du réseau et ainsi une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble de la capa­ci­té de celui-ci. Cela offri­ra au fret fer­ro­vi­ai­re une chan­ce uni­que de jouer un rôle clé dans la logis­tique multimodale.

La première véritable innovation depuis 100 ans

En matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en, la der­niè­re véri­ta­ble inno­va­ti­on a été l’électrification. Elle remon­te à un siè­cle. Cela expli­que que la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re ait con­stam­ment dimi­n­ué. En inves­tis­sant dans le DAC, le fret fer­ro­vi­ai­re est à pré­sent en mesu­re de rat­tra­per d’un coup plu­s­ieurs sta­des de déve­lo­p­pe­ment. En effet, il offre de nou­vel­les fon­c­tions com­portant des avan­ta­ges révo­lu­ti­on­n­aires (cf. Illus­tra­ti­on 1).

Illus­tra­ti­on 1: le DAC appor­te plus d’avantages que la simp­le auto­ma­tis­a­ti­on du pro­ces­sus de couplage.

Le fret ferroviaire, colonne vertébrale de l’approvisionnement

Le fret fer­ro­vi­ai­re est un élé­ment cru­cial de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses. Rien qu’en Suis­se, nous tablons sur une crois­sance du volu­me de trans­port de mar­chan­di­ses de 30 % d’ici 2050. Or les capa­ci­tés de trans­port rou­tier et fer­ro­vi­ai­re sont limi­tées. Une exten­si­on des capa­ci­tés sera en pre­mier lieu ren­due pos­si­ble par l’amélioration des inter­faces des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. En ter­mes de dura­bi­li­té aussi, le fret fer­ro­vi­ai­re pré­sen­te des atouts. Un tiers des émis­si­ons annuel­les de gaz à effet de serre sont dues aux trans­ports. Avec le pacte vert à l’échelon euro­pé­en et la stra­té­gie cli­ma­tique 2050 à long terme en Suis­se, la poli­tique s’est fixé des objec­tifs ambi­ti­eux. Dans ce con­tex­te, le rail, pau­vre en émis­si­ons, s’avère par­ti­cu­liè­re­ment concurrentiel.

Un soutien est indispensable

Faire ent­rer le fret fer­ro­vi­ai­re dans une nou­vel­le ère du pro­grès grâce au DAC ne pour­ra pas réus­sir en faisant cava­lier seul. Notre sec­teur est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en, qui com­por­te d’une part une impli­ca­ti­on poli­tique garan­tis­sant une coor­di­na­ti­on inin­ter­rompue entre la Suis­se et l’UE, et d’autre part une aide finan­ciè­re. En effet, les acteurs du sec­teur ne sont pas à même de sup­port­er seuls les inves­tis­se­ments de départ. La valeur ajou­tée du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du mar­ché (cf. Illus­tra­ti­on 2). Un finance­ment de départ volon­ta­ris­te de la part de la Con­fé­dé­ra­ti­on est à notre avis impé­ra­ti­ve­ment néces­saire. Mais l’objectif ulti­me doit res­ter l’autofinancement.

Illus­tra­ti­on 2: l’atout du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du marché.

Un rééquipement réfléchi

Nous con­sidé­rons comme judi­cieux de réé­qui­per la flot­te de wagons existan­te de maniè­re rest­ric­ti­ve en se con­cen­trant sur les wagons récents et per­tin­ents pour le mar­ché. Les pro­prié­tai­res de wagons ne dev­rai­ent réé­qui­per leurs wagons que si cela s’avère sur le long terme plus avan­ta­ge­ux qu’un nou­vel achat. Par ail­leurs, la Con­fé­dé­ra­ti­on dev­rait pré­voir pour les wagons non enco­re amor­tis une prime à la casse dont l’utilisation sera lais­sée à la dis­cré­ti­on des pro­prié­tai­res de wagons. Il faut se rend­re à l’évidence: pour que les wagons restent com­pa­ti­bles entre eux et que la DAC génè­re sa plus-value aussi rapi­de­ment que pos­si­ble, il fau­dra réé­qui­per un grand nombre de wagons de maniè­re coor­don­née dans un laps de temps court.

Vous trou­verez de plus amp­les infor­ma­ti­ons sur ce thème dans cette pré­sen­ta­ti­on.

Garantir l’interopérabilité Suisse–UE

Garantir l’interopérabilité Suisse–UE

Le 24 juin 2022, le Comi­té des trans­ports ter­res­tres Communauté/Suisse (Comi­té mixte) a souli­g­né l’importance des pre­scrip­ti­ons har­mo­ni­sées pour les trans­ports ter­res­tres entre la Suis­se et l’UE. Nous som­mes pour notre part d’avis que pour une interopé­ra­bi­li­té dura­ble, il faut aller plus loin enco­re. Il est à pré­sent néces­saire d’avoir une poli­tique de trans­port coordonnée.

En 1999, la Suis­se a con­clu avec l’Union euro­pé­en­ne (UE) un accord sur les trans­ports ter­res­tres. Celui-ci garan­tit aux trans­por­teurs des deux côtés des fron­tiè­res suis­ses un accès réci­pro­que au mar­ché. Les pre­scrip­ti­ons pour le trans­port trans­fron­ta­lier de mar­chan­di­ses par rail et par route ont été harmonisées.

Une exclusion partielle de la Suisse

La Suis­se a con­struit le cor­ri­dor fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en men­ant à la ligne de plai­ne (à savoir la NLFA), et elle a mis en œuvre avec suc­cès sa poli­tique de trans­fert au moyen de la rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons (RPLP) ainsi que par l’interdiction de cabo­ta­ge et de cir­cu­ler la nuit et le diman­che. Le split modal dans le tra­fic de tran­sit tran­sal­pin pen­che à plus de 70 % en faveur du rail, ce qui est con­sidé­ré comme une réfé­rence inter­na­tio­na­le. Cette preuve de per­for­mance réjouis­san­te ne doit pour­tant pas cacher que la Suis­se ne dis­po­se actu­el­le­ment pas d’un accès com­plet au mar­ché par rap­port aux États mem­bres. Le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se ne fait pas enco­re par­tie inté­gran­te du réseau euro­pé­en de l’interopérabilité.

 

Ne pas céder sur l’accord sur les transports terrestres

À l’occasion de sa réuni­on semes­tri­el­le du 24 juin 2022, le Comi­té des trans­ports ter­res­tres Communauté/Suisse a souli­g­né l’importance de l’accord. Néan­mo­ins, des diver­gen­ces poli­ti­ques non réso­lues entre la Suis­se et l’UE blo­quent son déve­lo­p­pe­ment. Or ce déve­lo­p­pe­ment s’impose de toute urgence dans le cadre du pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

Depuis 2019, la coopé­ra­ti­on de la Suis­se avec l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA est réglée dans le cadre d’une solu­ti­on tran­si­toire limi­tée dans le temps. Le Comi­té mixte a débat­tu d’une pro­lon­ga­ti­on sup­p­lé­men­tai­re de cette solu­ti­on tran­si­toire. Celle-ci faci­li­terait à la fois l’intégration pro­cé­du­ra­le de la Suis­se à des auto­ri­sa­ti­ons sim­pli­fiées dans le tra­fic trans­fron­ta­lier tout en lui per­met­tant de par­ti­ci­per sur le plan tech­ni­que à des pro­jets d’innovation de digi­ta­li­sa­ti­on et d’auto­ma­tis­a­ti­on des chem­ins de fer.

Questions adressées au Conseil fédéral

À la VAP, nous som­mes con­vain­cus que le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se doit élar­gir son accès au mar­ché et ne doit pas rater le train de l’innovation euro­pé­en­ne. C’est fort de ce credo que le con­seil­ler aux États Josef Ditt­li a dépo­sé le 9 juin 2022 l’inter­pel­la­ti­on 22.3566. Il y deman­de au Con­seil fédé­ral de répond­re aux ques­ti­ons suivantes:

  1. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il assurer la pour­suite néces­saire des pro­gram­mes fer­ro­vi­ai­res dans le cadre de l’accord Suis­se-UE sur les trans­ports terrestres?
  2. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il assurer la mise en œuvre du volet tech­ni­que du 4e modu­le fer­ro­vi­ai­re en Suis­se, afin de garan­tir dura­blem­ent la libre cir­cu­la­ti­on fer­ro­vi­ai­re transfrontalière?
  3. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il obte­nir la plei­ne adhé­si­on de la Suis­se à l’ERA dans un ave­nir proche?
  4. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il garan­tir et com­plé­ter le siège de la Suis­se au sein du RISC, orga­ne important de direc­tion et de décis­i­on de l’UE?
Assurer la pleine interopérabilité

Pour l’économie en géné­ral et pour nos mem­bres en par­ti­cu­lier, il est décisif que les acquis obte­nus jusqu’ici soi­ent péren­ni­sés. Nous con­sidé­rons qu’il est abso­lu­ment néces­saire que la Suis­se soit repré­sen­tée le plus rapi­de­ment pos­si­ble en tant que par­ten­aire à part entiè­re dans les prin­ci­paux orga­nes euro­pé­ens et que la poli­tique des trans­ports soit coor­don­née dans le tra­fic transfrontalier.

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Organiser le fret ferroviaire pour demain

Le rap­port du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire»[1] du 30 mars 2022 a offert une occa­si­on bien­ve­nue de repen­ser glo­ba­le­ment le sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses suis­se avec sa con­cur­rence inter­mo­da­le et ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique ne se can­ton­ne pas à un finance­ment (de départ) du TWCI ou au DAC, mais eng­lo­be tous les pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Elle doit avoir pour but un sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses auto­no­me basé sur le mar­ché, qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et qui se tient aux côtés des char­geurs en tant que par­ten­aire fia­ble. Dans ce con­tex­te, un éven­tuel finance­ment selon le modè­le éprou­vé dans le tra­fic de tran­sit doit en pre­mier lieu pro­fi­ter aux cli­ents de tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re et offrir des inci­ta­ti­ons liées au suc­cès et neu­tres en ter­mes de con­cur­rence, sans aucu­ne dis­cri­mi­na­ti­on. C’est seu­le­ment ainsi et en regrou­pant les forces que pour­ront se déve­lo­p­per les inno­va­tions et les inves­tis­se­ments du sec­teur privé dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Et ce n’est qu’ainsi qu’il sera pos­si­ble d’organiser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire pour demain.

Le Conseil fédéral envisage d’instaurer un soutien financier sur le long terme

Selon le rap­port, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de main­te­nir dans l’avenir le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) et n’exclut pas un sou­ti­en finan­cier sur le long terme. Selon la défi­ni­ti­on de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire eng­lo­be le trans­port de grou­pes de mar­chan­di­ses en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) et par wagons de mar­chan­di­ses con­ven­ti­on­nels regrou­pés pour le par­cours principal.

Dans leur rap­port finan­cier 2021[2], les con­seils d’administration de CFF SA et de CFF Cargo SA esti­ment qu’un sub­ven­ti­on­ne­ment de leur offre de fret fer­ro­vi­ai­re est néces­saire et pro­ba­ble. Le Con­seil fédé­ral et les ent­re­pri­ses fédé­ra­les sem­blent donc être d’accord sur la néces­si­té de sou­te­nir finan­ciè­re­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. Néan­mo­ins, leur esti­ma­ti­on des volu­mes et de la finan­ça­bi­li­té s’appuie uni­quement sur les indi­ca­ti­ons de CFF Cargo. Les aut­res opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re, majo­ri­taire­ment pri­vés, ne sont pas pris en comp­te dans cette ana­ly­se. Nous som­mes d’avis qu’il est urgent de chan­ger de point de vue.

Adopter une nouvelle perspective

Depuis la réfor­me fer­ro­vi­ai­re 1 de 1999, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire est opéré par CFF Cargo en mono­po­le – sans grand suc­cès, comme le mont­re un bilan éta­b­li 25 ans après la décis­i­on du Par­le­ment. Cela doit chan­ger. En unis­sant leurs forces et sous l’égide de la Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC )[3], les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re actifs dans toute la Suis­se et leurs cli­ents sont à même de repen­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le pays.

Illus­tra­ti­on 1, page 51 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur le territoire”.

Le rap­port pré­sen­te deux gran­des ori­en­ta­ti­ons pour le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire (llus­tra­ti­on 1): l’une com­prend l’arrêt du TWCI, l’autre l’encouragement finan­cier du TWCI. Du point de vue de la VAP, c’est là une visi­on réduc­tri­ce. Un chan­ge­ment de per­spec­ti­ve est néces­saire à deux égards: pre­miè­re­ment, les acteurs doi­vent redé­fi­nir la maniè­re dont ils con­çoi­vent leur rôle et repen­ser leurs pro­ces­sus. Deu­xiè­me­ment, la situa­ti­on finan­ciè­re doit être con­sidé­rée d’un point de vue neu­tre. En effet, ni les pro­grès tech­ni­ques envi­sa­gés (mot-clé: cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC), ni la visi­on pure­ment inter­ne de CFF Cargo ne pour­ront con­dui­re à une réor­ga­ni­sa­ti­on. Celle-ci dev­rait d’ailleurs être au cent­re de la dis­cus­sion sur l’avenir qui est en cours. La forme d’organisation pré­sen­tée dans le rap­port (Illus­tra­ti­on 2) con­sti­tue une base de réfle­xi­on per­met­tant d’élaborer d’autres vari­an­tes d’orientation.

Illus­tra­ti­on 2, page 50 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’en­sem­ble du territoire”.

Décider sur la base des faits

Pour éva­luer le beso­in de finance­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire, il faut impé­ra­ti­ve­ment s’appuyer sur une ana­ly­se de la ren­ta­bi­li­té réa­li­sée par des experts exter­nes neutres.

S’il s’avère que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses n’est pas ren­ta­ble, il con­vi­ent de distin­guer si cela est dû à la posi­ti­on mono­po­lis­tique de CFF Cargo ou au sys­tème lui-même. La tier­ce par­tie neu­tre doit en outre véri­fier si l’autofinancement tel qu’il est exigé par la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM[4]) est actu­el­le­ment recher­ché. Ce n’est que lorsqu’il dis­po­se­ra d’une ana­ly­se détail­lée de la situa­ti­on actu­el­le que le Par­le­ment pour­ra se pro­non­cer sur les mesu­res à prend­re en conséquence.

Limiter le financement dans le temps

S’il res­sort qu’un sou­ti­en finan­cier est indé­nia­blem­ent indi­qué, celui-ci doit être con­sidé­ré comme un finance­ment limi­té dans le temps pour une nou­vel­le con­cep­ti­on fon­da­men­ta­le – et non comme un sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent. Un finance­ment de départ limi­té dans le temps peut sou­te­nir la mise en place d’un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re ori­en­té vers la con­cur­rence jusqu’à ce que sa digi­ta­li­sa­ti­on et son auto­ma­tis­a­ti­on simul­ta­nées et la mise en ser­vice de nou­veaux élé­ments de réseau de l’étape d’aménagement 2035 soi­ent ache­vées. En revan­che, un sou­ti­en dura­ble annu­lerait les inci­ta­ti­ons de l’économie de mar­ché en faveur de la com­pé­ti­ti­vi­té et de l’autofinancement du TWCI et ren­drait impos­si­ble le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suisse.

 

[1] «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire», rap­port du Con­seil fédé­ral don­nant suite au pos­tu­lat 21.3597 de la CTT‑E du 10 mai 2021. En adop­tant en 1999 la réfor­me des chem­ins de fer 1, le Par­le­ment a trans­fé­ré à CFF Cargo SA le mono­po­le de l’exploitation du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. La part de CFF Cargo dans le fret fer­ro­vi­ai­re dans le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export est de quel­que 60 %. Les 40 % restants sont des trans­ports directs par wagons com­plets réa­li­sés via des voies de rac­cor­de­ment et des terminaux.

[2] «Rap­port finan­cier des CFF 2021», cha­pit­re «Valo­ri­sa­ti­ons incer­tai­nes par rap­port à la crise sani­taire et à Cargo Suis­se», p. 84

[3] La Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC) a été fon­dée en 2018. Elle défend les inté­rêts de l’UTP, de CFF Cargo et de la VAP avec pour mis­si­on de moder­nis­er le fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire et de le rend­re plus effi­cace, con­for­mé­ment à l’art. 3a de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Pré­si­dent: Frank Fur­rer, secré­tai­re géné­ral de la VAP, vice-pré­si­den­te: Dési­rée Baer, CEO CFF Cargo –> Artic­les sur la CI TWC.

[4] «Loi fédé­ra­le sur le trans­port de mar­chan­di­ses par des ent­re­pri­ses de che­min de fer, de trans­port à câbles ou de navi­ga­ti­on (loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses, LTM)» art. 2 al. 2

Forum Fret ferroviaire: le secteur est uni pour le progrès dans le domaine du fret ferroviaire

Forum Fret ferroviaire: le secteur est uni pour le progrès dans le domaine du fret ferroviaire

Mis en veil­leu­se pen­dant trois longues années, le très popu­lai­re forum Fret fer­ro­vi­ai­re a enfin pu faire son retour le 3 mai 2022. Il a réuni les prin­ci­paux acteurs et repré­sen­tants du sec­teur des char­geurs de l’Europe entiè­re venus rafraîchir leurs con­nais­sances tech­ni­ques et éch­an­ger avec leurs col­lè­gues d’autres ent­re­pri­ses. Les chan­ces de rend­re le fret fer­ro­vi­ai­re prêt à affron­ter l’avenir dans un effort com­mun sont bonnes!

Des approches intéressantes

Les plans direc­teurs Trans­port de mar­chan­di­ses et Fret fer­ro­vi­ai­re en par­ti­cu­lier lan­cés en Alle­ma­gne et en Autri­che don­nent un aper­çu com­plet des stra­té­gies et mesu­res poli­ti­ques. Il n’y a pas d’équivalent en Suis­se. Au lieu de cela, le pays se con­cent­re enco­re lar­ge­ment sur les dif­fér­ents modes de trans­port. La VAP pour­su­it donc tou­jours une visi­on glo­ba­le du trans­port de mar­chan­di­ses et de la logis­tique, en étroi­te coopé­ra­ti­on avec eco­no­mie­su­is­se et l’ASTAG.

L’Autriche pré­sen­te une modi­fi­ca­ti­on dans la loi sur la ges­ti­on des déche­ts. Celle-ci impo­se qu’à l’avenir, les trans­ports de déche­ts d’un poids total de plus de dix ton­nes se fas­sent, à par­tir d’un tra­jet d’une longueur défi­nie (décrois­san­te entre le 1.1.2023 et le 1.1.2026 de 300, 200, 100 km), par le train ou par un autre mode de trans­port ayant un potentiel de pol­lu­ti­on ou de gaz à effet de serre équi­va­lent ou infé­ri­eur (p. ex. ent­raî­ne­ment par pile à com­bus­ti­ble ou moteur électrique).

On obser­ve des évo­lu­ti­ons simi­lai­res dans le can­ton de Zurich, par exemp­le dans l’ordonnance du 3 février 2021 sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re des déb­lais et des gra­nu­lats de roche. Celle-ci exige qu’une part con­sidé­ra­ble du trans­port des déb­lais se fasse par le rail – ou soit que ces trans­ports soi­ent sou­mis à une taxe de sub­sti­tu­ti­on. Si nous nous féli­ci­tons sur le prin­ci­pe de cette règle­men­ta­ti­on visa­nt à att­eind­re les objec­tifs envi­ron­ne­men­taux, nous esti­mons qu’il est peu effi­cace d’imposer le choix du moyen de trans­port par le biais d’une con­train­te douce. La VAP s’efforce plu­tôt de rend­re les chem­ins de fer per­for­mants et attra­yants pour les char­geurs, de sorte à rend­re super­flue toute mise sous tutelle.

Nous por­tons donc un juge­ment très posi­tif sur l’intérêt com­mun con­sistant à faire pro­gresser la digi­ta­li­sa­ti­on. Les acteurs du sec­teur des char­geurs sont plus unis que jamais aupa­ra­vant pour le pro­grès. Il est impres­si­on­nant de voir com­ment les dif­fér­ents acteurs, orga­ni­sés en réseau à l’échelle de l’Europe entiè­re, optent pour la digi­ta­li­sa­ti­on et sont déter­mi­nés à action­ner ensem­ble ce levier afin de prépa­rer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à affron­ter l’avenir. Dif­fér­ents expo­sés ont mon­tré que le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) non seu­le­ment appor­te un allè­ge­ment con­sidé­ra­ble des travaux méca­ni­ques, mais pose avant tout un jalon pour la con­nec­ti­vi­té de l’ensemble du train. Ceci est la con­di­ti­on pré­alable à la digi­ta­li­sa­ti­on, si importan­te pour le fret fer­ro­vi­ai­re, qui a déjà eu lieu depuis long­temps dans d’autres sec­teurs. Grâce à des pro­ces­sus plus effi­caces et trans­par­ents, les chem­ins de fer peu­vent deve­nir com­pé­ti­tifs par rap­port aux aut­res moy­ens de trans­port, sui­vant la devi­se «col­la­bo­ra­ti­on & coo­pé­ti­ti­on», que nous, la VAP, asso­cia­ti­on des char­geurs, sou­te­nons également.

Les mem­bres de la VAP peu­vent télé­char­ger ici les pré­sen­ta­ti­ons des inter­venants à l’aide de leurs don­nées de con­ne­xi­on personnelles.

 

Déroulement détaillé du forum

La mati­née a tour­né autour de la ques­ti­on «La poli­tique des trans­ports sous l’emprise de la fré­né­sie verte ?». Gil­les Peter­hans, secré­tai­re géné­ral de l’UIP a expli­qué les thé­ma­ti­ques de la poli­tique des trans­ports au niveau euro­pé­en. Malte Law­renz, pré­si­dent de VPI Alle­ma­gne (asso­cia­ti­on des pro­prié­tai­res de wagons de mar­chan­di­ses), a détail­lé le cadre de la poli­tique des trans­ports pour l’Allemagne et mon­tré de quel­le maniè­re le rail allait avoir la prio­ri­té et quel encou­ra­ge­ment était néces­saire pour pou­voir mett­re en œuvre le plan direc­teur Fret fer­ro­vi­ai­re. Frank Petut­s­ch­nig, secré­tai­re géné­ral VPI Autri­che, a dres­sé un tableau de la situa­ti­on autri­chi­en­ne sur le même sujet, met­tant pour sa part l’accent sur la visi­on glo­ba­le du trans­port de mar­chan­di­ses, à savoir sur un choix du mode de trans­port le plus effi­cace pos­si­ble en ter­mes de con­som­ma­ti­on d’énergie par tonne. Dési­rée Baer, CEO de CFF Cargo, a com­plé­té par son expo­sé le tableau de la situa­ti­on du cadre de la poli­tique des trans­ports en Suis­se et a pré­sen­té la Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC), la pla­te­for­me de coopé­ra­ti­on des chem­ins de fer et des chargeurs.

Lors de la dis­cus­sion-débat qui a suivi, il est appa­ru clai­re­ment que les jalons pour l’avenir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sont ori­en­tés sur l’innovation et que la pro­chai­ne étape con­sis­te­ra à défi­nir la maniè­re dont les inves­tis­se­ments seront finan­cés. Il est res­sor­ti clai­re­ment que les nou­veau­tés con­cer­naient tous les acteurs et qu’une appro­che col­la­bo­ra­ti­ve était donc la voie à sui­v­re. La coopé­ra­ti­on et la con­cur­rence – ou plu­tôt la coo­pé­ti­ti­on – sont deux aut­res mots-clés sou­hai­tés non seu­le­ment par les acteurs du rail, mais aussi dans le domaine de l’interaction entre le rail et la route.

L’après-midi s’est arti­culé autour de deux thè­mes-clés pas­si­on­nants: «Inno­va­tions & mise en œuvre pos­si­ble» et «La digi­ta­li­sa­ti­on avec des mesu­res con­crè­tes». Jürg Lüt­scher, spé­cia­lis­te de l’innovation et de la régu­la­ti­on à la VAP, a parlé de l’automatisation du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se. Il a souli­g­né l’importance de l’optimisation des pro­ces­sus et des inter­faces en aval de l’innovation, autre­ment dit de l’interopérabilité. Ralf Mar­xen, Head of Exter­nal Tech­ni­cal Affairs chez Deut­sche Bahn AG, a fait un expo­sé sur le che­min vers le train de mar­chan­di­ses intel­li­gent: «De Shift2Rail à Europe’s Rail». Il a mon­tré les étapes importan­tes de l’innovation, le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) jouant un rôle clé dans la digi­ta­li­sa­ti­on et per­met­tant par exemp­le une auto­ma­tis­a­ti­on des pro­ces­sus et un suivi ainsi qu’une com­mu­ni­ca­ti­on pré­cise avec les cli­ents, ce qui aug­men­te con­sidé­ra­blem­ent le niveau de ser­vice du fret fer­ro­vi­ai­re. Ste­fan Hagen­lo­cher, direc­teur géné­ral de HWH et chef de pro­jet TIS a mon­tré en direct par con­ne­xi­on vidéo quel­les sont selon le Tech­ni­scher Inno­va­ti­ons­kreis Schie­nen­gü­ter­ver­kehr (Cer­cle d’innovation tech­ni­que Fret fer­ro­vi­ai­re – TIS) les con­di­ti­ons pré­al­ables à un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses numé­ri­que et com­pé­ti­tif. Il a clai­re­ment donné à com­prend­re qu’il n’y aura pas d’automatisation com­plè­te du fret fer­ro­vi­ai­re sans le DAC et qu’il était indis­pensable de pas­ser par une stan­dar­di­s­a­ti­on des aspects tech­ni­ques et par une stra­té­gie de migra­ti­on concertée.

Les deux loueurs de wagons Niko Davids, Chief Digi­tal Offi­cer chez VTG AG, et Chris­toph Becker, responsable ECM II et ges­ti­on de la sécu­ri­té chez Was­co­sa AG, ont pré­sen­té leurs stra­té­gies de digi­ta­li­sa­ti­on visa­nt à ren­forcer la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Leur mes­sa­ge allait dans le même sens – d’autant que les deux con­curr­ents ont fait un geste fort en inter­ven­ant con­join­te­ment: «Col­la­bo­ra­ti­on et coo­pé­ti­ti­on: la digi­ta­li­sa­ti­on n’est pas un pro­jet indi­vi­du­el! Seule la coopé­ra­ti­on acti­ve et ouver­te appor­te un avan­ta­ge au secteur!»

Jörg Bisang, responsable pro­duits de ZKE, a impres­si­onné l’assistance en mon­trant les pos­si­bi­li­tés déjà existan­tes appor­tées dans le pro­jet «Way­si­de Intel­li­gence» par la digi­ta­li­sa­ti­on du con­trô­le tech­ni­que des véhi­cu­les, et il a invi­té les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res et les pro­prié­tai­res de wagons à tirer parti de ces opportunités.

La dis­cus­sion-débat fina­le a clai­re­ment fait res­sor­tir que tous sou­hai­taient se con­cen­trer ensem­ble sur la migra­ti­on du DAC et par­ti­ci­per ainsi à une inno­va­ti­on interopé­ra­ble. Cette col­la­bo­ra­ti­on con­cer­ne le sys­tème fer­ro­vi­ai­re dans son ensem­ble, c’est pour­quoi il ne faut pas tra­vail­ler ensem­ble en tant que con­curr­ents, mais comme une équi­pe d’innovation au sein de laquel­le on éch­an­ge des idées sur les objec­tifs à att­eind­re. Des décis­i­ons rapi­des et cou­ra­ge­u­ses peu­vent per­mett­re une mise en œuvre efficace.

En con­clu­si­on, nous pou­vons dire que le forum Fret fer­ro­vi­ai­re a été un suc­cès où tous ont appré­cié de se retrou­ver et d’échanger enfin dans le «monde réel».

4<sup>e</sup> paquet ferroviaire de l’UE: profiter de l’élan d’innovation

4e paquet ferroviaire de l’UE: profiter de l’élan d’innovation

La pro­tec­tion du cli­mat figu­re en tête de l’agenda poli­tique euro­pé­en. Dans notre région for­te­ment indus­tria­li­sée, un beso­in élevé de mobi­li­té des per­son­nes et de trans­port des mar­chan­di­ses ent­raî­ne depuis long­temps un volu­me con­sidé­ra­ble d’émissions noci­ves pour le cli­mat. Sur la voie de la neu­tra­li­té car­bo­ne, le monde poli­tique attend du sec­teur fer­ro­vi­ai­re qu’il exploi­te sys­té­ma­ti­quement ses avan­ta­ges et appor­te une con­tri­bu­ti­on sub­stan­ti­el­le à une logis­tique plus respec­tueu­se des res­sour­ces. L’innovation nous donne la pos­si­bi­li­té de rend­re la pro­duc­tion des trans­ports de mar­chan­di­ses plus effi­cace, donc moins coû­teu­se et plus con­vi­via­le, tout en aug­men­tant la dis­po­ni­bi­li­té des sil­lons sur nos réseaux fer­ro­vi­ai­res existants.

Le secteur ferroviaire doit se numériser

En réa­li­té, les con­di­ti­ons pour répond­re à ces atten­tes poli­ti­ques sont bon­nes. En Euro­pe, il exis­te un réseau fer­ro­vi­ai­re dense sur lequel le train peut, com­pa­ré à d’autres modes de trans­port, dépla­cer des mas­ses importan­tes avec un fai­ble beso­in en éner­gie et en espace, les prin­ci­paux cen­tres étant tous reliés entre eux. Cepen­dant, dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de nombreu­ses nor­mes et métho­des de tra­vail sont lar­ge­ment dépas­sées. Et les spé­ci­fi­ci­tés de chaque pays sont par­fois dia­mé­tra­le­ment oppo­sées. C’est l’une des prin­ci­pa­les rai­sons pour les­quel­les la hausse des per­for­man­ces récla­mée par le sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne s’est pas pro­duite jusqu’à pré­sent. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne pour­ra répond­re de maniè­re con­vain­can­te aux atten­tes poli­ti­ques éle­vées – jouer le rôle clé men­ti­onné dans la mise en œuvre de la poli­tique cli­ma­tique – que s’il se renou­vel­le fon­da­men­ta­le­ment. Pour cela, il a beso­in d’une pous­sée d’innovation couvrant l’ensemble du sys­tème et de règles sou­ve­rai­nes har­mo­ni­sées cor­re­spond­ant à l’état de la technique.

Interopérabilité harmonisée à l’échelle de l’UE

C’est là que le pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE entre en jeu. Il vise une har­mo­ni­sa­ti­on sys­té­ma­tique dans le tra­fic inter­na­tio­nal à voie nor­ma­le. Les États mem­bres sont appelés à appli­quer sys­té­ma­ti­quement les nor­mes d’interopérabilité et à har­mo­nis­er les pro­cé­du­res d’autorisation cor­re­spond­an­tes au niveau inter­na­tio­nal. Cela per­met­tra de sup­p­ri­mer les obs­ta­cles actuels aux trans­ports trans­fron­ta­liers et d’ouvrir la voie à des étapes d’innovation euro­pé­en­nes com­mu­nes. Ainsi, le pilier tech­ni­que devi­ent décisif pour des inno­va­tions réus­sies dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re européen.

Cel­les-ci com­pren­nent quat­re thè­mes et amé­lio­re­ront con­sidé­ra­blem­ent la posi­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re sur le mar­ché au cours des pro­chai­nes années:

  • Règles sou­ve­rai­nes har­mo­ni­sées au niveau international
  • Sys­tè­mes tech­ni­ques com­pa­ti­bles par-delà les frontières
  • Pro­ces­sus har­mo­ni­sés au niveau inter­na­tio­nal pour les acti­vi­tés liées à la sécurité
  • Acti­vi­tés com­mu­nes de déve­lo­p­pe­ment intersystémique
L’automatisation devient commercialisable

L’entreprise com­mu­ne «sys­tème fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en» (EU-RAIL) a lancé un important déve­lo­p­pe­ment inter­eu­ro­pé­en avec l’European Freight Digi­tal Auto­ma­tic Cou­pler Deli­very Pro­gram (EDDP). Celui-ci doit per­mett­re la numé­ri­sa­ti­on et l’automatisation du trans­port de mar­chan­di­ses. Les travaux de déve­lo­p­pe­ment doi­vent être suf­fi­sam­ment avan­cés d’ici 2025 pour que les attel­ages auto­ma­ti­ques numé­ri­ques soi­ent dis­po­nibles en série pour la migra­ti­on à venir du maté­ri­el roulant.

La Suisse au cœur du projet

Tant d’un point de vue éco­no­mi­que que géo­gra­phi­que, il est judi­cieux que la Suis­se par­ti­ci­pe de maniè­re acti­ve et cohé­ren­te aux acti­vi­tés en cours de l’UE – a for­tio­ri dans le con­tex­te du bras de fer autour de l’accord-cadre insti­tu­ti­on­nel. La révi­si­on de la loi suis­se sur les chem­ins de fer (LCdF), qui vise à adap­ter de maniè­re auto­no­me nos pre­scrip­ti­ons sou­ve­rai­nes aux direc­ti­ves Interop et de sécu­ri­té du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE, est une impul­si­on bien­ve­nue pour s’attaquer acti­ve­ment aux paquets d’innovation visés. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re suis­se doit et va uti­li­ser dès que pos­si­ble cette pous­sée d’innovation à son avan­ta­ge afin de res­ter un par­ten­aire com­pé­ti­tif dans le sec­teur des trans­ports, où la con­cur­rence com­mer­cia­le est rude.

Transfert du trafic: sur la bonne voie avec le transit

Transfert du trafic: sur la bonne voie avec le transit

Le «rap­port sur le trans­fert juil­let 2019 – juin 2021» du Con­seil fédé­ral pré­sen­te l’évolution du fret tran­sal­pin et de la pol­lu­ti­on de l’environnement sur les axes de tran­sit alpin. Ensuite, il décrit les avan­cées de la mise en œuvre des instru­ments de trans­fert et des mesu­res d’accompagnement. Sur cette base, le Con­seil fédé­ral pro­po­se plu­s­ieurs mesu­res de sou­ti­en du trans­fert. Enfin, il éva­lue la pour­suite de la poli­tique de trans­fert au cours des pro­chai­nes péri­odes de référence.

Une réussite dans le transit

Le rap­port sur le trans­fert 2021 mont­re que la direc­tion prise en ce qui con­cer­ne l’évolution du fret tran­sal­pin est la bonne. Le suivi et l’établissement de rap­ports font leurs preu­ves. Mais il reste enco­re beau­coup à faire. Le nombre de cour­ses tran­sal­pi­nes de véhi­cu­les lourds se situe à près de 900 000 pour l’année 2021. Le volu­me est donc enco­re net­te­ment supé­ri­eur à 650 000 cour­ses, qui est l’objectif défi­ni par la loi. Notam­ment en ce qui con­cer­ne la décar­bo­ni­sa­ti­on à venir du tra­fic pour att­eind­re les objec­tifs cli­ma­ti­ques 2050, d’autres mesu­res sont néces­saires de toute urgence.

Beaucoup de choses ont été faites, mais il reste encore beaucoup à faire

Chez VAP, nous som­mes d’avis qu’il faut ren­forcer les mesu­res qui ont été pri­ses jusqu’ici et notam­ment élar­gir les mesu­res de sou­ti­en finan­ciè­res de maniè­re tech­no­lo­gi­quement neu­tre. À l’heure actu­el­le, seul le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné en béné­fi­cie. D’autres for­mes de pro­duc­tion fer­ro­vi­ai­re ne sont pas sou­te­nues. Bien enten­du, nous devons accep­ter les limi­tes du trans­fert du tra­fic dans le tran­sit et faire en sorte d’unir nos forces ici. Il incom­be tou­te­fois à la poli­tique et à l’économie de son­der le potentiel pour une pour­suite du trans­fert dans le tran­sit. C’est ce que nous avons fait par la suite.

Potentiel n° 1: multimodalité

La route, le rail et la voie mari­ti­me se com­plè­tent par­fai­te­ment. Les char­geurs peu­vent com­bi­ner ces modes de trans­port sous forme de solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les effi­caces, le fret fer­ro­vi­ai­re étant con­sidé­ré comme l’épine dor­sa­le des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Par con­sé­quent, la pro­mo­ti­on de la mul­ti­mo­da­li­té doit se faire de maniè­re tech­no­lo­gi­quement neu­tre. À l’heure actu­el­le, c’est le tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné qui est prin­ci­pa­le­ment sou­tenu et non le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses clas­si­que. Le résul­tat: la part du trans­port par wagons com­plets dans le tran­sit baisse.

Figure 1: évolution de la répartition modale en fret transalpin 1984-2020.

 

Nous esti­mons que c’est une occa­si­on man­quée. En effet, la «loi fédé­ra­le sur le trans­fert de la route au rail du trans­port lourd de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes» (LTTM)1 auto­ri­se la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. Nous pen­so­ns que tou­tes les for­mes de com­bi­nai­son de la route, du rail et de la voie mari­ti­me font par­tie de la logis­tique mul­ti­mo­da­le et qu’elles doi­vent être trai­tées de maniè­re égale tant sur le plan finan­cier que sur le plan infrastructurel.

Potentiel n° 2: suivi de la qualité

Pré­sen­te­ment, seul le tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné fait l’objet d’un suivi. Cette mesu­re a pour but de con­stater la qua­li­té dans le tra­fic de tran­sit. Il n’y a pas de suivi de la qua­li­té en revan­che dans le trans­port par wagons com­plets dans le tra­fic de tran­sit. Nous con­sidé­rons que c’est une deu­xiè­me occa­si­on man­quée. Car, ainsi que cela a déjà été dit, la LTTM pré­voit la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. Il fau­drait donc sur­veil­ler la qua­li­té de tous les trans­ports mul­ti­mo­daux. Cela est valable de la même façon pour les con­teneurs, les semi-remor­ques, les wagons cou­verts, les wagons-citer­nes et autres.

Figure 2: évolution de la ponctualité dans le fret ferroviaire combiné transalpin 2019-2021.
 

 

Potentiel n° 3: connectivité et productivité

L’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), l’Union des trans­ports publics (UTP) ainsi que la VAP se lan­cent dans la numé­ri­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re dans le cadre d’un pro­jet de gran­de enver­gu­re (cf. la moti­on «Ren­forcer l’efficacité du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail grâce à l’automatisation» de Josef Ditt­li, con­seil­ler aux États et pré­si­dent de la VAP). Les tech­no­lo­gies numé­ri­ques per­met­tent de sui­v­re les envois en temps réel, d’accroître la fle­xi­bi­li­té des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re, d’effectuer des con­trô­les de la tempé­ra­tu­re, et donc d’améliorer mas­si­ve­ment la qua­li­té de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. La numé­ri­sa­ti­on auto­ri­se éga­le­ment la con­duite et le con­trô­le de l’intégrité du train numé­ri­ques. Elle per­met, du fait de l’abandon des signaux fixes, d’augmenter con­sidé­ra­blem­ent les capa­ci­tés dans le réseau fer­ro­vi­ai­re existant, sans aucu­ne mesu­re d’aménagement sup­p­lé­men­tai­re. La numé­ri­sa­ti­on et l’automatisation devi­en­nent ainsi des élé­ments essentiels d’une poli­tique de trans­fert tour­née vers l’avenir.

Potentiel n° 4: prix des sillons

Actu­el­le­ment, les prix des sil­lons ne sont pas fixés selon le prin­ci­pe de cau­sa­li­té. En d’autres ter­mes: le fret fer­ro­vi­ai­re doit cofi­nan­cer des stan­dards oné­reux pour le trans­port de voy­a­ge­urs. Par rap­port à la situa­ti­on à l’échelle inter­na­tio­na­le, les prix des sil­lons sont très éle­vés en Suis­se et donc en dehors d’une créa­ti­on de valeur réa­lis­te dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Après les bais­ses de prix tem­po­rai­res dans le cadre des mesu­res pour lut­ter cont­re le Covid, avec un prix du sil­lon alors pra­ti­quement nul dans l’espace euro­pé­en, le prix du sil­lon reste enco­re clai­re­ment éloi­g­né de la réfé­rence euro­pé­en­ne. C’est la rai­son pour laquel­le nous con­sidé­rons une baisse dura­ble des prix des sil­lons comme une mesu­re inci­ta­ti­ve urgen­te et efficace.

Potentiel n° 5: redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP)

Actu­el­le­ment, deux tiers des recet­tes de la RPLP sont cré­di­tées sur le comp­te du fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Cela cor­re­spond à un mil­li­ard de francs suis­ses par an. Nous sug­gé­rons une véri­fi­ca­ti­on de l’affectation de la RPLP pour des amé­nage­ments dans l’intérêt du fret fer­ro­vi­ai­re. Car bien que la RPLP ait pour but de limi­ter la crois­sance du tra­fic rou­tier lourd et d’encourager le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses au rail, l’emploi des recet­tes est sou­vent déci­dé pour des amé­nage­ments au pro­fit du trans­port de voy­a­ge­urs. Par com­pa­rai­son: le con­tour­ne­ment nord de Zurich coûte à lui seul 1 mil­li­ard de francs suis­ses pour mett­re à dis­po­si­ti­on des capa­ci­tés dans l’axe est-ouest. Le pro­jet de con­s­truc­tion a été dis­cu­té dans l’EA 2035, mais la prio­ri­té a été don­née à la gare de Sta­del­ho­fen, avec un mon­tant glo­bal comparable.

Potentiel n° 6: lignes d’accès

Le tra­fic est en con­stan­te aug­men­ta­ti­on sur les lignes d’accès. Afin qu’elles soi­ent éga­le­ment attra­yan­tes pour le trans­port de mar­chan­di­ses, le Con­seil fédé­ral insis­te pour que les accords d’aménagement signés avec les pays voi­sins soi­ent respec­tés. En com­plé­ment, le Con­seil fédé­ral a déjà ordon­né avec la moti­on 20.3003 Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin la réa­li­sa­ti­on d’une ligne alter­na­ti­ve per­for­man­te (ligne de plai­ne) sur la rive gau­che du Rhin au moyen d’un accord inter­na­tio­nal avec la France et la Bel­gi­que. Celle-ci dev­rait être désor­mais trai­tée en prio­ri­té. Nous pré­co­ni­sons un cofi­nance­ment du tron­çon Karls­ru­he-Bâle sur la rive gau­che du Rhin en vue d’une réa­li­sa­ti­on rapi­de d’un tracé de ligne alter­na­tif. C’est la seule maniè­re d’améliorer à brève éché­an­ce la qua­li­té sur la ligne d’accès nord. La CTT‑N s’est lais­sée con­vain­cre par ces argu­ments et a sou­mis la moti­on 22.300 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suisse».

Potentiel n° 7: alternatives

Il exis­te par natu­re cer­tai­nes limi­tes au trans­fert du tra­fic. Il faut donc unir les forces sur les tra­fics appro­priés. Le rail et la route se com­plè­tent. Les tech­no­lo­gies d’entraînement respec­tueu­ses de l’environnement don­nent un élan décisif au per­fec­tion­ne­ment dura­ble du mode de trans­port qu’est la route. C’est la rai­son pour laquel­le nous œuvrons pour la pro­mo­ti­on d’entraînements respec­tueux de l’environnement avec un libre choix des déten­teurs. L’aménagement de la RPLP per­met­trait de pro­mou­voir des tech­ni­ques respec­tueu­ses de l’environnement et de garan­tir une sécu­ri­té des inves­tis­se­ments pour une péri­ode de dix ans. Le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par le col du Sim­plon sera garan­ti par une solu­ti­on de la bran­che. Pour en savoir plus, lisez l’article de blog «Trans­port de matiè­res dan­ge­reu­ses sur le Sim­plon».

 
Figure 3: fret routier transalpin 2019: nombre de courses par région source/de destination.

 

À l’occasion de sa réuni­on qui se tien­dra début avril 2022, la CTT‑N se pen­che­ra sur la ques­ti­on de la pro­mo­ti­on sup­p­lé­men­tai­re du fret tran­sal­pin. L’administration mon­trera dans un rap­port com­plé­men­tai­re pour le comp­te de la com­mis­si­on quel­les sont les pos­si­bi­li­tés qui sont dis­po­nibles, outre un ajus­tem­ent des prix des sil­lons, pour finan­cer une mesu­re de ce genre. Il reste à espé­rer que ces mesu­res sup­p­lé­men­tai­res pren­nent déjà en comp­te, d’un point de vue tech­no­lo­gi­quement neu­tre, tous les trans­ports fer­ro­vi­ai­res en transit.

1 Cf. art 8 LTTM

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Selon le rap­port sur le trans­fert du tra­fic de novembre 2021, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge d’interdire le trans­port des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au Sim­plon. Il revi­ent ainsi sur l’avis qu’il avait pré­sen­té en 2015 au Par­le­ment, dans lequel il juge­ait le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au col du Sim­plon «suf­fi­sam­ment sûr». Ceci est d’autant plus éton­nant que l’OFROU fait depuis des années de gros inves­tis­se­ments dans les mesu­res de sécu­ri­té (bas­sin de réten­ti­on, inter­dic­tions de dépas­se­ment, voie de détres­se, etc.) et que la sta­tis­tique des trans­ports ne fait pas état d’une aug­men­ta­ti­on signi­fi­ca­ti­ve des trans­ports de mar­chan­di­ses dangereuses.

Nous pré­co­ni­sons qu’il soit pro­cé­dé à une ana­ly­se de la situa­ti­on de dan­ger en coopé­ra­ti­on avec les repré­sen­tants du sec­teur et que l’on uti­li­se les potentiels d’amélioration ciblés afin de pré­ser­ver ainsi aussi la liber­té entre­pre­neu­ria­le. Des con­ven­ti­ons de ce genre ont déjà appor­té des pro­grès appré­cia­bles pour le trans­port du chlore par rail.

Une inter­dic­tion remet­trait en cause l’approvisionnement de la popu­la­ti­on et de l’économie. Il faut en outre prend­re en comp­te que ces der­niè­res années, des inves­tis­se­ments con­sidé­ra­bles ont été réa­li­sés dans la route du Sim­plon afin d’améliorer la sécu­ri­té. Selon l’Office fédé­ral des rou­tes OFROU, le Sim­plon est con­sidé­ré comme le col le mieux amé­na­gé de Suis­se.
Vous trou­verez une argu­men­ta­ti­on com­plè­te dans la fiche d’information de sci­ence­indus­tries.

Manifestation pour le secteur et les médias: Train de démonstration DAC4EU

Manifestation pour le secteur et les médias: Train de démonstration DAC4EU

Le 25 mars 2022, l’OFT, les CFF, la VAP et l’UTP ont donné des infor­ma­ti­ons sur la phase de test et les vastes avan­ta­ges qui résul­tent de l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (AAD). Le mes­sa­ge était que le DAK pose les jalons de la numé­ri­sa­ti­on et donc d’une inno­va­ti­on révo­lu­ti­on­n­aire dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Depuis l’automne 2021, le pre­mier train de mar­chan­di­ses numé­ri­que sil­lon­ne l’Europe à des fins d’expérimentation. Objec­tif: tes­ter l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC) dans des con­di­ti­ons d’exploitation réel­les. CFF Cargo sou­met le train à une bat­te­rie com­plè­te de tests jusqu’à fin mars. À cet égard, les acteurs de la bran­che sont unani­mes sur l’importance majeu­re d’une étroi­te col­la­bo­ra­ti­on natio­na­le et d’une coor­di­na­ti­on à l’échelle euro­pé­en­ne pour la réus­si­te de l’introduction du DAC. Le train d’es­sai est finan­cé par le Minis­tère fédé­ral alle­mand du numé­ri­que et des trans­ports (BMVD).

Plan sectoriel des transports: programme ayant une perspective limitée

Plan sectoriel des transports: programme ayant une perspective limitée

Quelques mots préliminaires sur le contexte

Divers fac­teurs influ­ent sur le Plan sec­to­ri­el des transports/partie Pro­gram­me et donc sur l’a­ve­nir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (cf. figu­re 1). Le Pro­jet de ter­ri­toire Suis­se, les Per­spec­ti­ves de trans­port et la Stra­té­gie pour le déve­lo­p­pe­ment dura­ble défi­nis­sent l’o­ri­en­ta­ti­on stra­té­gique. Au niveau de la mise en œuvre, les plans direc­teurs, le plan sec­to­ri­el des transports/partie Mise en œuvre, les Pro­jets d’ag­glo­mé­ra­ti­on ainsi que les étapes d’a­mé­nage­ment pour le rail et la route et d’au­t­res bases jouent un rôle.

Illus­tra­ti­on 1: les fac­teurs moteurs d’un rail por­teur d’avenir sont situés à dif­fér­ents niveaux. (Source: Office fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al ARE, Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me)

Le Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) défi­ni­ra à par­tir des stra­té­gies existan­tes dans la per­spec­ti­ve à long terme RAIL 2050 les ori­en­ta­ti­ons per­ti­nen­tes pour le rail en matiè­re de trans­port natio­nal et inter­na­tio­nal de per­son­nes et de mar­chan­di­ses par rail et en matiè­re d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re. Ces ori­en­ta­ti­ons ser­vi­ront de base aux pro­chai­nes étapes d’aménagement du PRODES. Tou­te­fois, RAIL 2050 n’est pas une stra­té­gie de mobi­li­té transmodale.

Dans son Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me, le DETEC assu­re la coor­di­na­ti­on des modes de trans­port rou­tier, fer­ro­vi­ai­re, aéri­en et flu­vi­al entre eux ainsi qu’avec le déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al. Dans cette démar­che, les inté­rêts ter­ri­to­riaux sont au pre­mier plan. Le Plan sec­to­ri­el des trans­ports se com­po­se d’une par­tie Pro­gram­me trai­tant le niveau stra­té­gique et mise à jour pour la der­niè­re fois par le Con­seil fédé­ral le 20 octobre 2021, et de diver­ses par­ties de mise en œuvre rela­ti­ves aux dif­fér­ents modes de transport.

Le déve­lo­p­pe­ment des quar­tiers d’habitation et celui des infra­struc­tures de trans­port vont de pair. La struc­tu­re urbai­ne a des réper­cus­sions sur le sys­tème de trans­port, et vice-versa. La forme des réseaux de trans­port influence le choix du lieu d’implantation des ent­re­pri­ses et des per­son­nes et façon­ne ainsi le ter­ri­toire. Les sché­mas ter­ri­to­riaux ont à leur tour une influence sur les flux de trans­port et sur l’utilisation des capa­ci­tés du réseau. Afin de déve­lo­p­per le sys­tème de trans­port et de l’adapter au déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al, le Pro­jet de ter­ri­toire Suis­se du 15 décembre 2012 sug­gè­re de com­bi­ner les modes de trans­port en fon­c­tion de leurs atouts et de déve­lo­p­per les zones d’habitation dans les espaces déjà bien des­ser­vis par les trans­ports publics, comme les agglo­mé­ra­ti­ons, les vil­les ou les cen­tres régionaux.

Pour le trans­port de mar­chan­di­ses, il pré­voit à l’horizon 2040 une crois­sance glo­ba­le de 45 %. Si l’on renon­çait à déve­lo­p­per l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re, on ris­quer­ait une dégra­da­ti­on de l’accessibilité des vil­les et des cen­tres. L’étape d’aménagement PRODES 2035 garan­tit le finance­ment des infra­struc­tures, prin­ci­pa­le­ment dans le cor­ri­dor Est-Ouest, la région léma­ni­que ainsi que les ter­ri­toires de Zurich et de la Suis­se cen­tra­le. Par ail­leurs, cette étape pré­voit une exten­si­on des instal­la­ti­ons de trans­port de mar­chan­di­ses. Dans le tra­fic mar­chan­di­ses en géné­ral et sur­tout aux heu­res de poin­te, on cré­era des capa­ci­tés sup­p­lé­men­tai­res et on aug­m­en­te­ra les vites­ses de trans­port. Cela ren­force les efforts en faveur d’une explo­ita­ti­on en auto­fi­nance­ment, notam­ment dans le domaine du trans­port de mar­chan­di­ses sur tout le territoire.

Le DETEC a pré­sen­té son Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Infra­struc­tu­re rail (SIS) le 26 jan­vier 2022. Celui-ci pré­sen­te des appro­ches visa­nt à résoud­re les pro­blè­mes dans le domaine des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res, pré­voit des mesu­res de la Con­fé­dé­ra­ti­on et expli­que de quel­le maniè­re ces mesu­res doi­vent être coor­don­nées au fil du temps entre elles et avec les aut­res acti­vi­tés à inci­dence ter­ri­to­ria­le. Ces mesu­res con­cer­nent les domain­es suivants:

  • les lignes fer­ro­vi­ai­res per­ti­nen­tes pour le Plan sectoriel;
  • les instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment du trans­port com­bi­né d’importance nationale;
  • les gares de voy­a­ge­urs, instal­la­ti­ons de gara­ge, instal­la­ti­ons d’entretien et de révi­si­on du maté­ri­el rou­lant ou les instal­la­ti­ons de tria­ge et de trans­bor­de­ment du réseau à voie nor­ma­le et du réseau à voie étroi­te cofi­nan­cés par la Confédération;
  • les lignes de trans­port d’électricité desti­nées à l’alimentation élec­tri­que du réseau ferroviaire;
  • les sous-sta­ti­ons néces­saires à la mise en ser­vice d’aménagements importants de l’infrastructure.

 

Notre avis sur le sujet

Le DETEC et l’Office fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al (ARE) ont mis en con­sul­ta­ti­on le Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me, le 15 sep­tembre 2020. Vous trou­verez notre répon­se ici. À la VAP, nous som­mes en outre repré­sen­tés au Comi­té con­sul­ta­tif d’élaboration d’une per­spec­ti­ve à long terme RAIL 2050 mis en place par le DETEC et avons pu nous impli­quer à plu­s­ieurs égards dans les travaux. Nous avons résu­mé pour vous ci-après nos prin­ci­pa­les sug­ges­ti­ons d’amélioration du Plan sec­to­ri­el, par­tie Programme.

Illus­tra­ti­on 2: le Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me, accor­de davan­ta­ge d’importance – quoi­que tou­jours pas assez – au trans­port de mar­chan­di­ses. (Source: Office fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al ARE, Plan sec­to­ri­el des trans­ports, par­tie Pro­gram­me)

1. Remarques générales

Le plan sec­to­ri­el adop­te sys­té­ma­ti­quement une appro­che top-down. Il exclut ainsi les scé­na­ri­os potentiels et dur­a­bles d’une appro­che bot­tom-up. Ces scé­na­ri­os offri­rai­ent un plus grand droit de par­ti­ci­pa­ti­on aux can­tons, aux com­mu­nes et aux acteurs pri­vés con­cer­nés. Cette appro­che top-down est en con­tra­dic­tion avec le con­s­tat selon lequel «les for­mes d’offre et les presta­tai­res sont mul­ti­ples» (cf. page 24). La ver­si­on défi­ni­ti­ve se limi­te aux éche­lons de l’État et exclut l’économie.

L’un des prin­ci­paux objec­tifs est la réa­li­sa­ti­on des pre­scrip­ti­ons sur le CO2. Mal­heu­reu­se­ment, le plan sec­to­ri­el ne reflè­te pas suf­fi­sam­ment les évo­lu­ti­ons actu­el­les des dif­fér­ents modes de trans­port, par exemp­le l’abandon com­plet des moteurs à essence de la part de l’industrie auto­mo­bi­le à par­tir de 2030 ou l’utilisation de sys­tè­mes de ges­ti­on du tra­fic ultra­mo­der­nes dans le cadre de la con­duite (par­ti­el­le­ment) auto­no­me et donc une meil­leu­re uti­li­sa­ti­on de l’infrastructure.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: le plan sec­to­ri­el dev­rait mieux prend­re en comp­te la logis­tique «verte» comme colon­ne ver­té­bra­le de l’économie suis­se et comme base de la garan­tie de la pro­spé­ri­té de la popu­la­ti­on suisse.

2. Une menace pour le principe du contre-courant

Dans les cha­pi­t­res «Visi­on pour la mobi­li­té et le ter­ri­toire» ainsi que «Stra­té­gies de déve­lo­p­pe­ment et prin­cipes d’action», le plan sec­to­ri­el con­ti­ent des dis­po­si­ti­ons des auto­ri­tés extrê­me­ment détail­lées. Tou­te­fois, la col­la­bo­ra­ti­on ité­ra­ti­ve tout aussi détail­lée de tous les éche­lons de l’État et ainsi le prin­ci­pe du con­tre­cou­rant auquel il est ainsi fait réfé­rence se trou­vent con­sidé­ra­blem­ent limi­tés par ces dis­po­si­ti­ons. Le plan sec­to­ri­el suit une appro­che cen­tra­li­sée – et non fédé­ra­le – dépour­vue de base légale.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: le degré de détail des dis­po­si­ti­ons, réfle­xi­ons et expli­ca­ti­ons des auto­ri­tés offre peu de marge pour la coopé­ra­ti­on au sens du prin­ci­pe du con­tre­cou­rant. Pour faci­li­ter les stra­té­gies inter­ré­gio­na­les, la Con­fé­dé­ra­ti­on pour­rait pro­cé­der à une coor­di­na­ti­on générale.

3. Un conflit d’intérêts entre les transports publics et le transport ferroviaire de marchandises

Le plan sec­to­ri­el n’opère pas une distinc­tion détail­lée entre le trans­port de per­son­nes et le trans­port de mar­chan­di­ses, ni entre les défis et les solu­ti­ons d’avenir poten­ti­el­les qui en décou­lent. De plus, le plan sec­to­ri­el parle des trans­ports publics en les oppo­sant au tra­fic indi­vi­du­el moto­ri­sé. Cette maniè­re de voir est trop limi­tée dans le cas du fret fer­ro­vi­ai­re, car celui-ci ne fait pas par­tie des trans­ports publics.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: cer­tes, la ver­si­on adop­tée du plan sec­to­ri­el accor­de davan­ta­ge d’importance au fret fer­ro­vi­ai­re. Mais les réfle­xi­ons sur les trans­ports publics con­ti­nuent à pri­mer. Les repré­sen­tants du fret fer­ro­vi­ai­re dev­rai­ent être asso­ciés aux pro­ces­sus ité­ra­tifs des éche­lons de l’État men­ti­onnés plus haut comme le sont ceux des trans­ports publics.

4. Mise à l’écart des entreprises privées

Le plan sec­to­ri­el a été rédi­gé par la Con­fé­dé­ra­ti­on, les can­tons, les villes/communes ainsi que les repré­sen­ta­ti­ons des orga­nis­mes respons­ables des agglo­mé­ra­ti­ons. L’infrastructure indis­pensable pour le trans­port de mar­chan­di­ses (pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment, ter­minaux, voies de rac­cor­de­ment, infra­struc­tures por­tuai­res sur les eaux inté­ri­eu­res, ter­minaux de fret aéri­en, etc.) est mise en place et main­te­nue par des ent­re­pri­ses du sec­teur privé. Le plan sec­to­ri­el regrou­pe ces infra­struc­tures pri­vées sous l’appellation «inter­faces de trans­port et prio­ri­tés de déve­lo­p­pe­ment». C’est par ces infra­struc­tures que le trans­port de mar­chan­di­ses est réa­li­sé dans le cadre des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Pour­tant, le trans­port de mar­chan­di­ses ne se retrouve pas dans la typo­lo­gie des inter­faces de trans­port pro­po­sée. Celle-ci entend par «ent­re­pri­ses» des ent­re­pri­ses des trans­ports publics, et non les char­geurs pri­vés, qui met­tent en place, finan­cent et gèrent les inter­faces. Il n’est pas envi­sa­gé d’impliquer ces derniers.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: il n’est pos­si­ble d’obtenir une mobi­li­té réus­sie, inno­van­te, ori­en­tée vers le cli­ent et donc dura­ble ainsi qu’une large accept­a­ti­on des off­res qu’en impli­quant les ent­re­pri­ses pri­vées con­cer­nées. Cel­les-ci doi­vent être impli­quées dans la mise en œuvre des objec­tifs du plan sec­to­ri­el pour les ques­ti­ons de ges­ti­on du tra­fic, de meil­leu­re uti­li­sa­ti­on des capa­ci­tés, d’augmentation de l’efficience et d’accroissement de la résis­tance des inter­faces de transport.

5. Un développement des infrastructures peu orienté vers la demande

La pro­po­si­ti­on d’une pré­cis­i­on selon laquel­le avant de pro­cé­der à un amé­nage­ment, il faut que tou­tes les aut­res pos­si­bi­li­tés de bon­nes liai­sons aient au pré­alable été épui­sées, met en évi­dence de maniè­re fla­gran­te à quel point le trans­port de mar­chan­di­ses est nég­li­gé dans le plan sec­to­ri­el. Il n’y est pas ques­ti­on de sites de pro­duc­tion et de logis­tique. Il en est de même des inter­faces du trans­port de mar­chan­di­ses. Le plan sec­to­ri­el abor­de le fret fer­ro­vi­ai­re avec une gran­de rete­nue et ne le per­çoit pas comme une inter­face de trans­port ni comme une prio­ri­té de développement.

La pro­po­si­ti­on con­sistant à trai­ter le trans­port de mar­chan­di­ses sépa­ré­ment dans la «Con­cep­ti­on rela­ti­ve au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses» est insuf­fi­san­te, et ce pour deux rai­sons: la part du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tra­fic inté­ri­eur n’est que d’à peine 20 %. En outre, comme la con­cep­ti­on s’inscrit dans le sys­tème géné­ral du plan sec­to­ri­el, il y man­que l’adaptation au niveau et l’aspect contraignant.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: le Plan sec­to­ri­el des trans­ports ne doit pas nég­li­ger le trans­port de mar­chan­di­ses ni exclure les prin­ci­paux acteurs du sec­teur privé, faute de quoi l’aménagement de l’infrastructure ne sera pas ori­en­té sur la demande.

6. Optimiser la qualité des liaisons

L’axe Est-Ouest, cru­cial pour le trans­port de mar­chan­di­ses, passe en majeu­re par­tie par des espaces inter­mé­di­ai­res, dans les­quels on trouve d’importants sites de pro­duc­tion, de trans­for­ma­ti­on et de logis­tique ainsi que des inter­faces de trans­port (voies de rac­cor­de­ment, ter­minaux). Or le plan sec­to­ri­el ne décrit pas leur rac­cor­de­ment régio­nal au tra­fic de mar­chan­di­ses longue distance entre les agglo­mé­ra­ti­ons, ni à l’intérieur des ceintures d’agglomération et entre cel­les-ci. En par­ti­cu­lier, il n’indique pas de liai­sons tan­gen­ti­el­les con­tour­nant les cen­tres d’agglomération, bien qu’une liai­son de ce type soit par exemp­le pré­vue dans les ter­ri­toires d’action par la ligne de con­tour­ne­ment de Zurich pour le fret. De même, pour les trans­ports publics, il ne mont­re pas de lignes tan­gen­ti­el­les ni de ceintures exté­ri­eu­res, bien que les réper­cus­sions néga­ti­ves de la surchar­ge des cen­tres d’agglomération soi­ent con­nues et que le plan sec­to­ri­el table sur un trans­fert du tra­fic significatif.

Pro­po­si­ti­on de la VAP: la qua­li­té des liai­sons, qui s’oriente sur les trans­ports publics, doit être com­plé­tée et distin­guer les dif­fér­ents types d’espaces pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Il en est de même du con­tour­ne­ment des cen­tres d’agglomération surchar­gés au moyen des liai­sons de trans­ports publics entre les agglo­mé­ra­ti­ons et à l’intérieur de cel­les-ci via des lignes tan­gen­ti­el­les et des ceintures de contournement.

7. Règlementer les transports de marchandises dangereuses séparément

Le plan sec­to­ri­el abor­de de maniè­re insuf­fi­san­te le pro­blè­me des con­flits d’intérêts entre pro­tec­tion de l’environnement (pré­ven­ti­on des pan­nes, trans­fert du tra­fic sur le rail) et den­si­fi­ca­ti­on des cen­tres. La den­si­fi­ca­ti­on ent­raî­ne une modi­fi­ca­ti­on de l’évaluation des ris­ques affér­ents au trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses. Ainsi, des mesu­res de réduc­tion des ris­ques pour­ront s’avérer néces­saires pour main­te­nir les trans­ports existants. Le prin­ci­pe du pol­lueur-pay­eur doit être respec­té, de sorte que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­se non seu­le­ment être con­ser­vé, mais même aug­men­té, ainsi que le pré­voit l’objectif.

La pro­blé­ma­tique peut être illus­trée de maniè­re pro­to­ty­pi­que par une éven­tu­el­le inter­dic­tion du trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au Sim­plon. Le Sim­plon est le col le mieux amé­na­gé de Suis­se. Au cours de ces der­niè­res années, des som­mes énor­mes ont été inve­sties afin d’en amé­lio­rer la sécu­ri­té. Selon l’article 4 de l’«ordonnance rela­ti­ve au trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par route» (SDR), le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par route est sou­mis, y com­pris pour les trans­ports nati­on­aux, aux dis­po­si­ti­ons de l’«accord rela­tif au trans­port inter­na­tio­nal des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par route» (ADR). Le tra­fic inté­ri­eur au Sim­plon n’est pas signi­fi­ca­tif en ter­mes de volu­me, car on a là pres­que exclu­si­ve­ment un tra­fic international.

Pro­po­si­ti­on d’amélioration: notre deman­de d’une prise en comp­te sépa­rée des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses a été inté­g­rée dans le plan sec­to­ri­el, tou­te­fois sans réfé­rence à une cau­sa­li­té ni à un pré­lè­ve­ment de la plus-value, mais uni­quement dans le sens d’une pla­ni­fi­ca­ti­on «anti­ci­pa­tri­ce». Le lien entre le trans­fert du tra­fic vers le fret fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et la den­si­fi­ca­ti­on de l’urbanisation dans le con­tex­te des trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses doit être pré­sen­té en ten­ant comp­te des pré­oc­cu­pa­ti­ons envi­ron­ne­men­ta­les. Pour ce faire, il faut des solu­ti­ons con­for­mes au prin­ci­pe du pollueur-payeur.

 

Vous trou­verez ici le texte inté­gral (en alle­mand) de la répon­se écri­te à l’audition que nous avons adres­sée à la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Sommaruga.

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