DURABILITÉ

La VAP entend par dura­bi­li­té le déve­lo­p­pe­ment dura­ble des trois aspects sui­vants: une pro­duc­tion éco­lo­gi­que, des con­di­ti­ons de tra­vail socia­les et une éco­no­mie por­teu­se d’a­ve­nir. Ce n’est que lors­que des solu­ti­ons dur­a­bles sont trou­vées que l’a­ve­nir est assuré.

Production durable

Un tiers des émis­si­ons sont dues aux trans­ports. Nous nous som­mes fixé des objec­tifs éle­vés pour rédui­re ces émis­si­ons. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re est déjà un moyen de trans­port très respec­tueux de l’environnement.

 

Des conditions de travail durables

La sécu­ri­té et la santé des ouvriers de la manœu­vre sont mises à rude épreuve par la lour­deur des pro­cé­du­res et du tra­vail phy­si­que. Dans un ave­nir pro­che, il man­quera de nombreux tra­vail­leurs dans ce sec­teur, en rai­son du man­que d’at­trait du tra­vail. Nous pou­vons chan­ger cela et assu­mer une responsa­bi­li­té sociale.

  • L’embrayage auto­ma­tique numé­ri­que (DAK) réduit con­sidé­ra­blem­ent les ris­ques pour la santé et la sécurité.

 

Économie durable

Seul un sys­tème qui génè­re des béné­fices est via­ble à long terme. Pour res­ter com­pé­ti­tif, le fret fer­ro­vi­ai­re doit rend­re ses pro­ces­sus plus effi­caces, aug­men­ter sa pro­duc­ti­vi­té et mieux uti­li­ser ses capa­ci­tés. C’est important, entre aut­res, pour mieux absor­ber la crois­sance pré­vue de 30% de plus du tra­fic de mar­chan­di­ses d’ici 2050.

  • Avec l’au­to­ma­tis­a­ti­on et la numé­ri­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il y a une pous­sée dura­ble qui aug­men­te la com­pé­ti­ti­vi­té du rail sur le mar­ché et dimi­nue éga­le­ment les coûts de production.
Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Lors de sa séan­ce du 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a révi­sé le sou­ti­en finan­cier accor­dé par la Con­fé­dé­ra­ti­on au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se et au trans­port flu­vi­al de mar­chan­di­ses. La révi­si­on tota­le de l’or­don­nan­ce sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM) et d’au­t­res modi­fi­ca­ti­ons d’or­don­nan­ces ent­re­ront en vigueur le 1er jan­vier 2026.


Les enjeux:

  • La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises
  • Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement
  • Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC
  • Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations
  • CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises

Le 21 mars 2025, le Par­le­ment a adop­té la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) et lancé ainsi un ensem­ble com­plet de mesu­res visa­nt à ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le trans­port par wagons iso­lés (TWCI) béné­fi­ci­e­ra ainsi d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans et dev­rait deve­nir ren­ta­ble à moyen terme. Le Par­le­ment a all­oué 260 mil­li­ons de francs pour les quat­re pre­miè­res années. Il met en outre à dis­po­si­ti­on un mon­tant uni­que de 180 mil­li­ons de francs pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC).

Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement

La LTC pré­voit éga­le­ment des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment ainsi que des con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment. L’ob­jec­tif est d’en­cou­ra­ger le trans­port de mar­chan­di­ses par rail et le trans­bor­de­ment de mar­chan­di­ses entre le rail et d’au­t­res modes de trans­port. À par­tir de jan­vier 2026, la Con­fé­dé­ra­ti­on ver­se­ra des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment aux explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et d’in­stal­la­ti­ons de char­ge­ment du trans­port com­bi­né. Cel­­les-ci s’é­lè­vent à un mon­tant for­fai­taire de 40 francs pour chaque wagon char­gé reçu ou expé­dié. Au total, 50 mil­li­ons de francs sont dis­po­nibles chaque année à cet effet.

Le sou­ti­en finan­cier est limi­té à 8000 wagons par voie de rac­cor­de­ment. La limi­te infé­ri­eu­re pré­vue dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on a été sup­p­ri­mée sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on. Les petits et moy­ens char­geurs sont ainsi éga­le­ment inci­tés à recour­ir davan­ta­ge au rail.

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­te étendre la pro­mo­ti­on des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment par le biais de con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment et la sim­pli­fier sur le plan admi­nis­tra­tif. Il entend sou­te­nir davan­ta­ge les inves­tis­se­ments dans les sur­faces de trans­bor­de­ment et les élé­ments mobi­les des instal­la­ti­ons par le biais de con­tri­bu­ti­ons forfaitaires.

Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC

La DAC est un élé­ment important pour un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et plus pro­duc­tif. La Con­fé­dé­ra­ti­on verse des con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires par véhi­cu­le pour l’a­mé­nage­ment et la trans­for­ma­ti­on des wagons et des loco­mo­ti­ves. Cel­­les-ci s’é­lè­vent au total à 180 mil­li­ons de francs. Sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on, la Con­fé­dé­ra­ti­on a déci­dé de fixer le mon­tant for­fai­taire à 8000 francs par wagon, indé­pen­dam­ment de son âge.

Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations

Au cours de l’été 2025, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) a lancé un appel d’off­res pour le sou­ti­en finan­cier de pre­sta­ti­ons par­ti­el­les dans le cadre du sys­tème TWCI. À ce jour, seule CFF Cargo a répon­du à l’ap­pel d’off­res. D’ici fin 2025, l’OFT éla­bo­rera avec CFF Cargo une con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons pour le TWCI pour les années 2026 à 2029.

CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La OTM défi­nit le cadre et met à dis­po­si­ti­on les moy­ens finan­ciers néces­saires à une TWCI auto­no­me sur le plan finan­cier. L’ob­jec­tif est d’att­eind­re l’au­to­no­mie finan­ciè­re dans un délai de quat­re à huit ans grâce à une explo­ita­ti­on plus effi­cace et plus pro­duc­ti­ve de CFF Cargo, à des aug­men­ta­ti­ons de prix équi­li­brées pour les char­geurs et à des sub­ven­ti­ons dégres­si­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on. CFF Cargo a déjà tor­pil­lé ce pro­jet et les objec­tifs de la LTC avant même l’en­trée en vigueur des lois et ordon­nan­ces révi­sées, avec des aug­men­ta­ti­ons de prix att­eig­nant par­fois des pour­cen­ta­ges à deux chif­fres pour les chargeurs.

Une telle appro­che con­duit iné­vi­ta­blem­ent les char­geurs à ne plus trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses par le rail, mais par la route, notoire­ment encom­brée. Cet effet ne cor­re­spond cer­tai­ne­ment pas à l’in­ten­ti­on des respons­ables poli­ti­ques lors de l’ad­op­ti­on de la LTC. Il n’est donc pas sur­pren­ant que le Par­le­ment ait réagi avec la moti­on 25.4409 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog. La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons a adop­té la moti­on le 7 novembre 2025 par 5 voix cont­re 2 et une abstention.

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Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Le 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a publié le «Rap­port sur le trans­fert du tra­fic juil­let 2023 à juin 2025». Ce rap­port con­fir­me la situa­ti­on extrê­me­ment dif­fi­ci­le du tra­fic fer­ro­vi­ai­re com­bi­né de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. Le Con­seil fédé­ral entend con­trer ces évo­lu­ti­ons néga­ti­ves par diver­ses mesures.


Les enjeux:

  • Com­man­de de trans­fert obligatoire
  • Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui
  • Le Con­seil fédé­ral passe à l’action
  • Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

Com­man­de de trans­fert obligatoire

Avec le man­dat de trans­fert, la Suis­se dis­po­se d’un instru­ment uni­que, ancré dans la Con­sti­tu­ti­on. Celui-ci obli­ge les respons­ables poli­ti­ques à trans­fé­rer le tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. L’ob­jec­tif est de pro­té­ger les Alpes et de limi­ter le tra­fic poids lourds dans les val­lées alpines.

Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui

Mal­heu­reu­se­ment, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail n’a cessé de dimi­n­uer ces der­niè­res années. L’ob­jec­tif de trans­fert de 650 000 tra­jets de cami­ons à tra­vers les Alpes sera enco­re lar­ge­ment dépas­sé en 2024, avec 960 000 tra­jets. L’un des prin­ci­paux pro­blè­mes à l’o­ri­gi­ne de cette évo­lu­ti­on est l’é­tat déla­b­ré des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res dans les pays voi­sins, notam­ment en Alle­ma­gne. Bien que des mesu­res soi­ent pri­ses dans de nombreux end­roits pour remé­dier à ces pro­blè­mes, la moder­ni­sa­ti­on pré­vue dans les années à venir con­tin­uera de nuire à la fia­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Le Con­seil fédé­ral passe à l’action

Dans ce con­tex­te, ce n’est pas seu­le­ment l’é­co­no­mie du trans­port qui est mise à con­tri­bu­ti­on, mais aussi et sur­tout la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il est réjouis­sant de con­stater que le Con­seil fédé­ral s’en­ga­ge en faveur de voies d’ac­cès moder­nes et bien amé­na­gées vers les tun­nels de base des nou­vel­les lignes fer­ro­vi­ai­res à tra­vers les Alpes (NLFA). Il sou­hai­te éga­le­ment atté­nuer les effets néga­tifs de la sup­pres­si­on de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) par des inci­ta­ti­ons finan­ciè­res et trans­fé­rer les trans­ports con­cer­nés vers le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné. Il entend en outre s’en­ga­ger en faveur d’une moder­ni­sa­ti­on rapi­de de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re dans les pays voi­sins, de la mise en place d’i­tin­é­rai­res de con­tour­ne­ment per­for­mants et d’une coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le des travaux de con­s­truc­tion entre les dif­fér­ents acteurs.

Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

L’ob­jec­tif de trans­fert inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on est enco­re loin d’êt­re att­eint. Les rai­sons en sont mul­ti­ples. Elles tien­nent prin­ci­pa­le­ment à l’é­tat par­fois déplo­rable de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re en Alle­ma­gne, qui ent­raî­ne l’an­nu­la­ti­on de près d’un train sur cinq. Dans ce con­tex­te, il faut saluer le fait que le Con­seil fédé­ral se sai­sis­se de la ques­ti­on et pré­sen­te des solu­ti­ons concrètes.

Il res­te­ra tou­te­fois extrê­me­ment dif­fi­ci­le de main­te­nir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à un niveau dura­ble dans les années à venir, jus­qu’à ce que les infra­struc­tures étran­gè­res soi­ent moder­ni­sées. Face à ces défis, il est d’au­tant plus cru­cial que le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses se serre les cou­des et coopè­re étroi­te­ment tant sur le plan poli­tique qu’opé­ra­ti­on­nel. C’est la seule façon d’é­vi­ter d’au­t­res obs­ta­cles inutiles.

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CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

Avec la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), le Par­le­ment sou­hai­tait ren­forcer le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI). Avec sa poli­tique tarifai­re, CFF Cargo fait exac­te­ment le con­trai­re, et ce à toute vites­se. Et tout cela avant même que la loi révi­sée et l’or­don­nan­ce cor­re­spond­an­te n’ent­rent en vigueur.


Les enjeux:

  • Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route
  • Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés
  • Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement
  • Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question
  • Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route

Le 20 sep­tembre 2025, CFF Cargo a publié un com­mu­ni­qué qui inter­pel­le. Les respons­ables y évo­quent la pré­ser­va­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses respec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment et des emplois en Suis­se. Mal­heu­reu­se­ment, c’est actu­el­le­ment le con­trai­re qui se pro­duit. Au cours des der­niers mois, CFF Cargo a pro­cé­dé à des aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois exor­bi­tan­tes. Cela con­duit de nombreux cli­ents du sec­teur du trans­port à miser enco­re davan­ta­ge, voire exclu­si­ve­ment, sur le trans­port rou­tier à l’a­ve­nir. Cela est con­fir­mé par d’in­nom­bra­bles retours d’in­for­ma­ti­on des mem­bres de la VAP. Ceux-ci sont unani­mes : les char­geurs con­tin­uer­ai­ent à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’a­ve­nir, mais celui-ci n’est plus com­pé­ti­tif par rap­port au trans­port rou­tier comp­te tenu des prix exi­gés par CFF Cargo.

Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés

À l’o­ri­gi­ne, le Par­le­ment sou­hai­tait rend­re le TWCI auto­no­me finan­ciè­re­ment. Pour ce faire, celle-ci devait béné­fi­ci­er d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans, avec 260 mil­li­ons de francs suis­ses mis à dis­po­si­ti­on pour les quat­re pre­miè­res années. En outre, la Con­fé­dé­ra­ti­on a all­oué une aide uni­que de 180 mil­li­ons de francs suis­ses pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC) dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le che­min vers l’au­to­fi­nance­ment était envi­sa­gé comme suit : les char­geurs con­tri­buent par des aug­men­ta­ti­ons de prix modé­rées, CFF Cargo par une pro­duc­ti­vi­té et une effi­ca­ci­té accrues et la Con­fé­dé­ra­ti­on par un sou­ti­en tem­po­rai­re. La VAP et ses mem­bres aurai­ent appor­té leur con­tri­bu­ti­on ; les char­geurs aurai­ent été pour la plu­part prêts à payer ce prix pour un TWCI auto­no­me financièrement.

La réduc­tion du défi­cit de CFF Cargo se fait pres­que exclu­si­ve­ment au détri­ment des char­geurs. Pour la plu­part d’ent­re eux, il n’y a donc plus d’in­ci­ta­ti­on à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Cela ent­raî­ne une réduc­tion dras­tique des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res desti­nées au trans­port de mar­chan­di­ses. Comp­te tenu des inves­tis­se­ments initiaux éle­vés, ces ent­re­pri­ses ne dev­rai­ent plus jamais se tour­ner vers le rail à l’a­ve­nir, ce qui ent­raî­ne­ra un déman­tèle­ment dura­ble de le TWCI et donc du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment, cette réduc­tion irré­ver­si­ble des volu­mes de mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail sera visi­ble au plus tard dans quat­re ans.

Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement

Les déve­lo­p­pe­ments actuels ne cor­re­spon­dent pas à la volon­té du Par­le­ment. Ce der­nier sou­hai­tait ren­forcer e TWCI, notam­ment afin de faire pro­gresser la décar­bo­ni­sa­ti­on des trans­ports et d’att­eind­re l’ob­jec­tif de zéro émis­si­on nette d’ici 2050. Sans un TWCI per­for­mant, cet objec­tif s’é­loi­g­ne de plus en plus. Enfin, le rejet par le peu­ple de l’ex­ten­si­on de l’au­to­rou­te en novembre 2024 a éga­le­ment con­tri­bué à ce que l’ef­fondre­ment du réseau rou­tier ne puis­se être évité que si le plus grand nombre pos­si­ble de mar­chan­di­ses sont trans­por­tées par rail.

Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question

Il est réjouis­sant de con­stater que les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la ques­ti­on. Ainsi, la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog a dépo­sé le 25 sep­tembre 2025 la moti­on 25.4147 « Garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral pour le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses ». Cette moti­on deman­de que CFF Cargo ne puis­se plus aug­men­ter ses prix au-delà du taux d’in­fla­ti­on à par­tir de 2026. CFF Cargo dev­rait donc assurer sa ren­ta­bi­li­té prin­ci­pa­le­ment par une explo­ita­ti­on plus pro­duc­ti­ve et plus effi­cace, comme le pré­voy­a­it le Par­le­ment dans la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Mal­heu­reu­se­ment, CFF Cargo a entre-temps créé un fait accom­pli : une par­tie con­sidé­ra­ble de la cli­entèle de le TWCI s’est déjà détour­née du rail.

Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

La VAP appel­le le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment à mett­re immé­dia­te­ment un terme à la pra­tique de CFF Cargo con­sistant à aug­men­ter ses prix, en par­tie à deux chif­fres. Cette démar­che arbi­trai­re de CFF Cargo pous­se de plus en plus de char­geurs à délais­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re au pro­fit du trans­port rou­tier, ce qui va à l’en­cont­re de la volon­té poli­tique et des efforts de la Suis­se en matiè­re de décarbonisation.

 

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«Le transfert du trafic passe par la détermination de l’équipe dirigeante au plus haut niveau.»

«Le transfert du trafic passe par la détermination de l’équipe dirigeante au plus haut niveau.»

Le grou­pe Coop s’est enga­gé à rédui­re ses émis­si­ons de CO2. Un élé­ment cen­tral de cette stra­té­gie est le trans­fert du tra­fic sur le rail. Dani­el Hin­ter­mann, chef de la Direc­tion Logis­tique du grou­pe Coop, expli­que dans un ent­re­ti­en avec la VAP com­ment le grou­pe de com­mer­ce de détail et de gros par­vi­ent à réa­li­ser cela et quels sont les défis à rele­ver dans ce contexte.

 

VAP: Mon­sieur Hin­ter­mann, com­ment le grou­pe Coop est-il par­venu à trans­fé­rer deux tiers de la part du trans­port entre les cen­tra­les de dis­tri­bu­ti­on sur le rail? 

Dani­el Hin­ter­mann: C’est un pro­ces­sus qui a duré plu­s­ieurs années et qui a été lancé en 2010 par la décis­i­on de rache­ter une ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re. Nous avons ainsi repris la socié­té Rail­ca­re AG en tant que filia­le à 100 %. Nous avons inté­g­ré la peti­te ent­re­pri­se de trans­port fer­ro­vi­ai­re dans l’univers logis­tique de Coop étape par étape. Aujourd’hui, Rail­ca­re fait par­tie inté­gran­te de la chaî­ne de trans­port qui des­sert l’ensemble de notre grou­pe. Elle nous per­met de con­tin­uer à aug­men­ter la part du trans­port ferroviaire.

Com­ment se fait-il que le grou­pe Coop devi­en­ne pro­prié­tai­re de sa pro­pre ent­re­pri­se de trans­port ferroviaire?

En 2008, Coop a mis au point sa visi­on de la neu­tra­li­té car­bo­ne et sa stra­té­gie de cen­tra­li­sa­ti­on de la logis­tique et de la pro­duc­tion. Pour att­eind­re les objec­tifs fixés, nous avons cher­ché de nou­vel­les appro­ches en matiè­re de logis­tique de trans­port. Le con­cept sur lequel repo­sait Rail­ca­re à l’époque cor­re­spon­dait à ces approches.

Quel­le part de trans­port fer­ro­vi­ai­re vous pro­po­sez-vous d’atteindre?

Nous pou­vons ima­gi­ner faire pas­ser la part du rail dans le tra­fic de liv­rai­son suis­se – c’est-à-dire les acti­vi­tés en aval – des 40 % actuels à 50 %. Pour le tra­fic en amont en pro­ven­an­ce d’Europe et de Suis­se, nous voy­ons un potentiel simi­lai­re. Pour att­eind­re ces objec­tifs, nous devons nous enga­ger dans un pro­ces­sus de trans­fert exi­geant qui durera plu­s­ieurs années.

Que con­seil­lez-vous aux aut­res ent­re­pri­ses qui sou­hai­tent trans­fé­rer le trans­port de la route sur le rail? 

À mon avis, il faut que l’équipe diri­ge­an­te au plus haut niveau soit déter­mi­née à trans­fé­rer acti­ve­ment le trans­port. Cela passe par un haut degré de stan­dar­di­s­a­ti­on de l’équipement ainsi que par une étroi­te inter­con­ne­xi­on des pro­ces­sus entre le char­geur et l’entreprise ferroviaire.

Com­ment se pré­sen­te la col­la­bo­ra­ti­on entre le grou­pe Coop et la VAP? 

Cela fait de nombreu­ses années que Coop est membre de la VAP. Nous avons pu comp­ter à plu­s­ieurs repri­ses sur le sou­ti­en pro­fes­si­on­nel de la VAP, notam­ment pour ce qui est des sys­tè­mes con­trac­tuels, des sui­vis de pro­jet ou des recom­man­da­ti­ons tech­ni­ques en matiè­re de voies de raccordement.

Quels sont à vos yeux les points forts de la VAP? 

Parmi les prin­ci­paux atouts de la VAP, il y a ses con­nais­sances sur la maniè­re de con­ce­voir des cont­rats judi­cieux et sur les règle­ments en vigueur. Nous appré­ci­ons le fait que les respons­ables soi­ent joi­gn­ables à tout moment et faci­le­ment, qu’ils aient une appro­che prag­ma­tique et pro­po­sent des solu­ti­ons pra­ti­ques et réalisables.

Com­ment décr­i­riez-vous la VAP? 

Pour le grou­pe Coop en tant que char­geur, la VAP est une pla­te­for­me de con­nais­sances cru­cia­le sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises. 

À qui con­seil­le­riez-vous de col­la­bo­rer avec la VAP? 

À tous les char­geurs qui trans­portent ou sou­hai­tent dans l’avenir trans­por­ter des mar­chan­di­ses par le train.

Où voyez-vous le beso­in le plus urgent d’agir dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises? 

Dans la digi­ta­li­sa­ti­on de l’ensemble de la chaî­ne de trans­port. Il est urgent d’automatiser le der­nier kilo­mèt­re et le tra­fic de manœuvre. 

Que sou­hai­tez-vous pour l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suisse? 

Je sou­hai­te que le fret fer­ro­vi­ai­re devi­en­ne dura­blem­ent com­pé­ti­tif. Pour ce faire, il doit mett­re suf­fi­sam­ment de sil­lons à la dis­po­si­ti­on des ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Enfin, j’aimerais voir davan­ta­ge d’énergie dans les chan­ge­ments de pro­ces­sus, par exemp­le quand il s’agit de modi­fier les flux de trafic.

Qu’est-ce qui n’a pas enco­re été dit? 

Nous con­sta­tons une ten­dance à la sur­rè­gle­men­ta­ti­on et à la tech­no­cra­tie dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Cela ne rend les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re ni plus sûres, ni plus com­pé­ti­ti­ves. Les acteurs con­cer­nés dev­rai­ent unir leurs forces pour lut­ter cont­re cette évolution.

 

Merci, Mon­sieur Hin­ter­mann, pour cet ent­re­ti­en intéressant.

 

Dani­el Hin­ter­mann est depuis 2017 chef de la Direc­tion Logis­tique et membre de la direc­tion du grou­pe Coop. Sa longue car­ri­è­re chez Coop a com­men­cé en 2001 chez Inter­dis­count, où il est devenu en 2010 chef de la région logis­tique Suis­se du Nord-Ouest. Licen­cié en ges­ti­on d’entreprise, il a fait ses pre­miè­res expé­ri­en­ces dans le domaine du con­seil en entreprise.

Le grou­pe Coop est la plus gran­de ent­re­pri­se de com­mer­ce de détail et de gros de Suis­se. Il emploie 94 790 salarié·e·s – dont 3417 apprenti·e·s – et pos­sè­de 2633 points de vente ou magasins en Suis­se et en Euro­pe. Son pre­mier pilier est le com­mer­ce de détail avec les superm­ar­chés Coop et de nombreux for­mats spé­cia­li­sés en Suis­se, le second étant le com­mer­ce inter­na­tio­nal de gros et la production.

Titus Bütler de La Poste Suisse appelle de ses vœux des trains de marchandises rapides et ponctuels

Titus Bütler de La Poste Suisse appelle de ses vœux des trains de marchandises rapides et ponctuels

Titus Büt­ler est responsable Trans­port de la Poste Suis­se SA, et depuis début 2022 en char­ge de l’ensemble des trans­ports de let­t­res, colis et jour­naux par le rail et la route en Suis­se. Il a aupa­ra­vant diri­gé pen­dant plus de 20 ans le cent­re de colis de Frau­en­feld, où sont trai­tés chaque jour jusqu’à un demi-mil­li­on de colis. Il a par ail­leurs conçu le déve­lo­p­pe­ment du réseau avec les nou­veaux cen­tres de colis de Caden­az­zo, Vétroz, Unter­vaz et Oster­mun­di­gen. Dans son inter­view avec la VAP, il expli­que l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re pour la Poste. 

Les enjeux:

  • Quel­le est la part du rail dans le split modal de la Poste?
  • La deman­de des cli­ents en solu­ti­ons de liv­rai­son rapi­de est en augmentation.
  • «Pain Points» ou le potentiel d’optimisation dans le fret ferroviaire
  • La Poste Suis­se est le lea­der du trans­port de mar­chan­di­ses par rail en Europe.
VAP: Monsieur Bütler, les trains jaunes de la Poste attirent l’attention. Mais on voit aussi de plus en plus de camions jaunes sur les routes. Est-ce seulement une impression? 

Titus Büt­ler: Nos cami­ons qui trans­portent les con­teneurs jau­nes atti­rent effec­ti­ve­ment l’attention. Nos cli­entes et cli­ents exi­gent de plus en plus une liv­rai­son rapi­de: ramas­sa­ge le soir et dis­tri­bu­ti­on le len­de­main matin. Nous ne par­lons donc pas d’une liv­rai­son dans les 24 heu­res, mais en env. 15 à 20 heu­res – et ce dans n’importe quel­le loca­li­té suis­se, que ce soit en ville ou à la cam­pa­gne. Tout au long de la chaî­ne d’approvisionnement, nous nous trou­vons donc sous pres­si­on en ter­mes de temps. Cela rend dif­fi­ci­le le regrou­pe­ment des quan­ti­tés de colis néces­saires pour rem­plir des trains entiers. Nous optons donc pour le rail dans tous les cas où cela fait sens éco­lo­gi­quement et éco­no­mi­quement. Quel­que 50 % de l’ensemble des let­t­res et colis par­cou­rent aujourd’hui au moins une par­tie de leur tra­jet par le train. Un train court d’un ou de deux wagons n’a pas de sens – y com­pris écologiquement.

Qu’est-ce qui empêche la Poste de réaliser les transports que nous voyons sur la route par le rail? 

Avec notre par­ten­aire de trans­port CFF-Cargo, nous som­mes en train de retrans­fé­rer davan­ta­ge de trans­ports de colis sur le rail. Nous avons beso­in de lignes express rapi­des et régu­liè­res. La vites­se moy­enne des trains de la Poste est par­fois infé­ri­eu­re à 50 km/h, bien que nous ayons du maté­ri­el rou­lant rapi­de et fas­si­ons cir­cu­ler des trains légers. C’est trop lent.

Comment envisagez-vous l’avenir de la logistique de la Poste: verra-t-on encore plus de marchandises sur le rail ou sur la route?

Nous vou­lons clai­re­ment mett­re plus de quan­ti­tés sur le rail, sur­tout sur l’axe Ouest-Est.

Les centres de la Poste en préparation ne disposeront pas de raccord ferroviaire. Pourquoi?

Au cours de ces der­niè­res années, nous avons mis en ser­vice plu­s­ieurs petits cen­tres de colis. Les ter­minaux ont beso­in de ter­rain, ils ren­dent le pro­jet plus cher et ralen­tis­sent la réa­li­sa­ti­on. La pla­ni­fi­ca­ti­on et la con­s­truc­tion se font sous pres­si­on tem­po­rel­le: entre la décis­i­on sur le choix du site et l’ouverture, il s’est par­fois écoulé moins de 2 ans. Nous uti­li­sons par­tout où nous le pou­vons des ter­minaux à pro­xi­mi­té, p. ex. dans le cas de Caden­az­zo, le ter­mi­nal des CFF. Les colis pro­ven­ant du sud de la Suis­se ou qui y vont rou­lent sur le rail.

Les colis et les lettres ne sont pas considérés comme ce qu’on appelle des marchandises «adaptées au rail». De quelles compétences disposez-vous à la Poste en tant que chargeur pour que ces marchandises soient tout de même transportées par rail?

Nous som­mes la seule poste d’Europe à trans­por­ter ce genre de mar­chan­di­ses en si gran­des quan­ti­tés par le rail. La con­di­ti­on est que l’implication du rail soit prise en comp­te dès le stade de la con­cep­ti­on et – plus important enco­re – qu’il exis­te une infra­struc­tu­re de natu­re à per­mett­re les trains de mar­chan­di­ses rapi­des ayant une gran­de pon­c­tua­li­té. Nous avons dans notre équi­pe des spé­cia­lis­tes très com­pé­tents sur les ques­ti­ons de fret ferroviaire.

La Poste a le même propriétaire que CFF Cargo. Est-ce pour vous plutôt une chance, une simplification? Comment décririez-vous cette relation?

Les trans­ports ont fait l’objet d’un appel d’offres public. Le pro­prié­tai­re ne joue aucun rôle. Nous avons une rela­ti­on cli­ent-four­nis­seur aussi clai­re que dans toute autre ent­re­pri­se de trans­port. Nos exi­gen­ces en matiè­re de pon­c­tua­li­té et de fia­bi­li­té sont très éle­vées, et nous som­mes très satis­faits des pre­sta­ti­ons de CFF Cargo.

Si une bonne fée pouvait vous exaucer un vœu logistique, lequel serait-ce?

Je sou­hai­terais des lignes régu­liè­res et rapi­des sur l’axe Ouest-Est.

Comment décririez-vous la VAP?

Nous som­mes l’un des plus grands pro­prié­tai­res de voies de rac­cor­de­ment et l’un des plus grands char­geurs fer­ro­vi­ai­res de Suis­se. La VAP défend leurs inté­rêts légiti­mes à dif­fér­ents niveaux et met les acteurs en réseau.

Quels sont à votre avis les points forts de la VAP? 

La VAP est indis­pensable pour le tra­vail poli­tique de tous les acteurs du fret ferroviaire.

À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?

Chaque ent­re­pri­se qui pos­sè­de des voies ou des wagons ou est acti­ve dans le fret fer­ro­vi­ai­re – que ce soit en tant que cli­ent ou qu’ETF – pro­fi­te de la VAP.

Ce qui n’a pas été encore dit:

Nos trains post­aux sont importants pour nous. Ils nous per­met­tent de reli­er la Suis­se rapi­de­ment, en toute fia­bi­li­té et éco­lo­gi­quement. C’est pour­quoi il nous tient à cœur que l’image des trains de mar­chan­di­ses lents et même sou­vent cou­verts de graf­fi­tis ne dét­eig­ne par sur nos trains postaux.

 

Monsieur Bütler, nous vous remercions pour cet entretien et les aperçus intéressants.
Pénurie d’électricité (partie 4): concrétisation des mesures d’urgence

Pénurie d’électricité (partie 4): concrétisation des mesures d’urgence

La sécu­ri­té éner­gé­tique est et reste l’un de nos sujets prio­ri­taires. Le Con­seil fédé­ral est actu­el­le­ment en train de con­cré­ti­ser les mesu­res de ges­ti­on d’une pénurie d’électricité en pré­parant des ordon­nan­ces. Il pré­voit des dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res pour les ent­re­pri­ses con­ces­si­on­n­aires de trans­ports publics, y com­pris cel­les du fret fer­ro­vi­ai­re. En col­la­bo­ra­ti­on avec le grou­pe de tra­vail des asso­cia­ti­ons du sec­teur, l’OFT prépa­re un pro­jet d’ordonnance pour les trans­ports publics; la VAP y repré­sen­te les inté­rêts du trans­port de marchandises. 

L’enjeu:
  • Le Con­seil fédé­ral fait éla­bo­rer un plan de mesu­res pour la sécu­ri­té de l’approvisionnement en électricité.
  • Le con­tin­gen­te­ment par paliers a pour but d’éviter les déles­ta­ges critiques.
  • Étape sui­van­te: éla­bo­ra­ti­on de pro­jets d’ordonnances spécifiques.
  • Le prix du cou­rant fer­ro­vi­ai­re va aug­men­ter l’année prochaine.

 

Lors de sa séan­ce du 23 novembre 2022, le Con­seil fédé­ral a trai­té les mesu­res de ges­ti­on pour le cas d’une pénurie d’électricité. Pour les pro­jets d’ordonnances avec mesu­res gra­du­el­les, il a réa­li­sé une con­sul­ta­ti­on jusqu’au 12 décembre 2022. Le lea­der du sys­tème «rail» a pris posi­ti­on pour le secteur.

Chaque palier de mesures permet d’éviter une situation pire

Avec les mesu­res déci­dées jusqu’ici, le Con­seil fédé­ral ren­force la sécu­ri­té de l’approvisionnement en élec­tri­ci­té: mise en place de réser­ves hydro­élec­tri­ques, mise à dis­po­si­ti­on de cen­tra­les ther­mi­ques de réser­ve et aug­men­ta­ti­on des capa­ci­tés des réseaux de trans­port d’électricité. Le CF veut en outre prépa­rer des mesu­res gra­du­el­les desti­nées à rédui­re la con­som­ma­ti­on d’électricité. Des appels à une con­som­ma­ti­on d’électricité éco­no­me et l’Alliance pour les éco­no­mies d’énergie de l’économie se pro­po­sent de sen­si­bi­li­ser les ent­re­pri­ses sur ce sujet sur l’ensemble du territoire.

Si une pénurie devait mal­gré tout se pro­dui­re en hiver, le Con­seil fédé­ral règ­lerait l’approvisionnement en élec­tri­ci­té au moyen de mesu­res limi­tées dans le temps. En cas de crise, il pren­drait des décis­i­ons afin d’imposer des rest­ric­tions de con­som­ma­ti­on ciblées. Cela per­met­tra de garan­tir la sta­bi­li­té du réseau et donc l’approvisionnement en élec­tri­ci­té. Chaque palier de mesu­res vise à évi­ter des mesu­res plus drastiques.

Le contingentement vise à éviter les délestages

Le Con­seil fédé­ral con­sidè­re le con­tin­gen­te­ment comme une mesu­re clé pour évi­ter les déles­ta­ges cri­ti­ques. Afin de garan­tir son effi­ca­ci­té, il ne veut en exclure aucun con­som­ma­teur de courant.

Pour les ent­re­pri­ses con­ces­si­on­n­aires de trans­ports publics (TP), il pré­voit néan­mo­ins des dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res. Les TP, ser­vice fon­da­men­tal, doi­vent être assu­rés aussi long­temps que pos­si­ble. Pour que leur fon­c­tion­ne­ment puis­se être assu­ré même en cas de pénurie d’électricité, on met­tra en œuvre des mesu­res cor­re­spond­ant au «modè­le de ges­ti­on des TP».

Mesures de gestion pour les TP 

Dans le cadre d’un grou­pe de tra­vail impli­quant l’UTP, les CFF, l’OFT et la VAP, nous avons éla­bo­ré au cours de ces der­niers mois les mesu­res gra­du­el­les pour le tra­fic de voy­a­ge­urs et pour le trans­port de mar­chan­di­ses. En cas de con­tin­gen­te­ment de l’électricité, la logis­tique des mar­chan­di­ses devra tou­jours être main­te­nue de maniè­re gra­du­el­le en fon­c­tion de l’évolution de la deman­de. Le sec­teur doit se prépa­rer à réa­gir rapi­de­ment. En effet, il est impos­si­ble de préd­ire aujourd’hui dans quels domain­es on assis­te­ra à des reculs ou à des aug­men­ta­ti­ons de la deman­de. Sur la base du «modè­le de ges­ti­on des TP», notre grou­pe de tra­vail rédi­ge­ra un pro­jet d’ordonnance cor­re­spond­ant sur les mesu­res de ges­ti­on gra­du­el­les pour les TP. À la VAP, nous sou­te­nons la pro­cé­du­re éla­bo­rée, prin­ci­pa­le­ment les mesu­res spé­cia­les appli­ca­bles aux TP.

Le prix du courant de traction va augmenter

Le cou­rant de trac­tion n’est lui non plus pas exempt de tur­bu­len­ces sou­da­i­nes: c’est ce que mont­re le récent com­mu­ni­qué des CFF. La divi­si­on Éner­gie y annon­ce un lourd défi­cit de 180 mil­li­ons de CHF pour l’année 2022. Les CFF indi­quent que du fait de la sécher­es­se per­sistan­te de l’été der­nier, il n’a pas été pos­si­ble de pro­dui­re comme d’habitude 90 % du cou­rant fer­ro­vi­ai­re à par­tir des cen­tra­les hydro­élec­tri­ques de l’entreprise. Les CFF ont dû ache­ter à court terme de l’électricité chère sur le marché.

Après des négo­cia­ti­ons avec l’OFT, les CFF aug­m­en­te­ront pour 2023 le prix de l’électricité de 3 cen­ti­mes, le portant ainsi à 13,5 cen­ti­mes par kilo­watt-heure. L’OFT envi­sa­ge de réper­cu­ter l’augmentation du prix de l’électricité con­tenu dans le prix du sil­lon de maniè­re dif­fé­ren­te selon les sec­teurs de trans­port. Les gran­des lignes se ver­ront réper­cu­ter l’intégralité du mon­tant, à savoir 3 cen­ti­mes, alors que les trans­ports régi­on­aux et le fret ne devront en sup­port­er qu’une par­tie, à savoir 1 cen­ti­me. Le fait que l’OFT n’ait pas accé­dé à la deman­de des CFF, qui récla­mai­ent une cou­ver­tu­re inté­gra­le du défi­cit par un sup­p­lé­ment de 10 cen­ti­mes, est peut-être dans un pre­mier temps une bonne nou­vel­le pour les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Mais l’incertitude con­cer­nant d’autres sup­p­lé­ments à venir per­du­re, et elle influen­cera aussi le futur cal­cul des offres.

Un besoin de transparence

Nous som­mes d’avis que la mise à dis­po­si­ti­on de l’énergie élec­tri­que à un taux de coûts per­met­tant des pla­ni­fi­ca­ti­ons est cru­cia­le pour l’organisation future des off­res. Les récen­tes tur­bu­len­ces de prix sem­blent vrai­ment déjà très fan­tai­sis­tes; et ce d’autant plus si l’on con­sidè­re a pos­te­rio­ri les nombreu­ses années clô­tu­rées sur un bilan posi­tif. Nous atten­dons un trai­te­ment trans­pa­rent des évè­ne­ments récents.

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

La pénurie d’électricité est une ques­ti­on urgen­te pour la poli­tique et l’économie. Il nous tient donc à cœur d’informer nos mem­bres au plus près de l’actualité. Dans ce troi­siè­me volet de notre blog, nous expli­quons com­ment le sec­teur fer­ro­vi­ai­re peut appli­quer les appels du Con­seil fédé­ral à prend­re des mesu­res volon­tai­res d’économie d’énergie.

La Con­fé­dé­ra­ti­on a fixé les tâches de maî­tri­se d’une éven­tu­el­le crise éner­gé­tique. En fon­c­tion de la maniè­re dont la situa­ti­on éner­gé­tique évo­luera, elle pour­ra recour­ir à des mesu­res d’économie de l’énergie. Cel­les-ci pré­voi­ent quat­re niveaux pos­si­bles. Nous nous trou­vons actu­el­le­ment au niveau 1, inti­tulé «appels à rédui­re volon­tai­re­ment la con­som­ma­ti­on». La coor­di­na­ti­on cen­tra­le des pré­oc­cu­pa­ti­ons rela­ti­ves aux trans­ports est prise en char­ge par l’Office fédé­ral des trans­ports. Le Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) a créé une «Alli­ance pour les éco­no­mies d’énergie» qui s’accompagne d’une vaste cam­pa­gne. Cette alli­ance deman­de aux orga­ni­sa­ti­ons de la Suis­se entiè­re de sou­te­nir les efforts pour assurer l’approvisionnement durant l’hiver en pren­ant des mesu­res d’économies de l’énergie. L’objectif doit con­sis­ter à mett­re en œuvre à l’échelle du sec­teur des mesu­res aussi uni­for­mes que pos­si­ble en Suis­se. C’est ce qui sera le plus com­pré­hen­si­ble pour les béné­fi­ci­ai­res de pre­sta­ti­ons de transports.

La VAP emboîte le pas

À la VAP, nous sou­te­nons la recom­man­da­ti­on d’adhérer à l’«Alliance pour les éco­no­mies d’énergie». Nous trans­met­tons donc à nos mem­bres l’appel à une prise de con­sci­ence émis par l’Union des trans­ports publics (UTP). Lors de sa réuni­on du 9 sep­tembre 2022, le comi­té a publié son docu­ment de recom­man­da­ti­ons pour le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, dans lequel il recom­man­de à celui-ci de se prépa­rer acti­ve­ment à des scé­na­ri­os pos­si­bles de pénurie d’électricité et de réa­li­ser rapi­de­ment de pre­miè­res mesu­res con­crè­tes de mise en œuvre de ceux-ci.

Afin de pou­voir mett­re en œuvre de maniè­re har­mo­ni­sée les mesu­res d’économie de l’énergie de tous les acteurs de la bran­che, la coor­di­na­ti­on de cette mesu­re a été prise en char­ge par le grou­pe de tra­vail «Pénurie d’électricité dans les TP». Nous par­ti­ci­pons acti­ve­ment à celui-ci. Le grou­pe de tra­vail col­la­bo­re étroi­te­ment avec les CFF et Car­Pos­tal Suis­se SA, qui jouent le rôle de maî­tres d’œuvre. L’objectif com­mun con­sis­te à évi­ter toute limi­ta­ti­on de l’exploitation tant dans le domaine du trans­port de per­son­nes que de celui du fret. Les capa­ci­tés ne doi­vent être rédui­tes qu’en répon­se à un recul de la deman­de. Nous nous pré­pa­rons inten­si­ve­ment à d’autres niveaux d’escalade dans plu­s­ieurs grou­pes de tra­vail. Notre sec­teur doit faire preuve vis-à-vis des pou­voirs publics de sa com­pé­tence et de sa pro­pen­si­on à coopérer.

L’énergie est limitée

«L’énergie est limi­tée. Ne la gas­pil­lons pas.» C’est sous cette devi­se que le DETEC a com­pilé des con­seils d’économies à l’intention des par­ti­cu­liers et des ent­re­pri­ses. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit lui aussi faire des éco­no­mies volon­tai­res d’énergie. Cet appel com­prend des mesu­res de mise en œuvre appli­ca­bles aux nombreux bâti­ments uti­li­sés par les chem­ins de fer. Ces mesu­res ne limi­tent pas l’offre de fret fer­ro­vi­ai­re. L’attention se con­cent­re actu­el­le­ment sur la baisse de la tempé­ra­tu­re de chauf­fa­ge ainsi que sur la réduc­tion de l’eau chau­de et de l’éclairage. Par ail­leurs, chaque ent­re­pri­se de trans­port est appelée à effec­tuer des opti­mi­sa­ti­ons d’exploitation éner­gé­ti­ques dans ses bâti­ments de bureaux et d’exploitation. Des mesu­res d’économies for­mulées de maniè­re adap­tée aux col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs (con­duc­tri­ces et con­duc­teurs de train, per­son­nel des bureaux et des ate­liers) vien­dront com­plé­ter le train de mesures.

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

Le Dr Heiko Fischer est pré­si­dent de l’International Union of Wagon Kee­pers UIP. Dans son ent­re­ti­en avec la VAP, l’ancien PDG de VTG parle de l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il sou­hai­te que ce sec­teur sus­ci­te davan­ta­ge d’enthousiasme et expli­que pour­quoi il con­sidè­re comme fatal l’abandon du tra­fic par wagons com­plets iso­lés en Suisse.

 

Monsieur le Dr Fischer, quels sont à votre avis les principaux défis et outils de régulation concernant le marché ferroviaire?

Ils sont nombreux. L’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est obsolè­te ou est deve­nue en de nombreux end­roits un patch­work au fil du temps. Il y a enco­re des fron­tiè­res entre les sous-sys­tè­mes. Chaque année d’inaction aggra­ve le pro­blè­me, car le vieil­lis­se­ment du sys­tème se pour­su­it. C’est à cet égard que je vois un outil de régu­la­ti­on: dans la coor­di­na­ti­on en Euro­pe cen­tra­le des plans d’aménagement, des itin­é­rai­res de déles­ta­ge et des mesu­res de con­s­truc­tion cor­re­spond­an­tes. Effec­ti­ve­ment, les réseaux trans­eu­ro­pé­ens sui­vent cette appro­che inté­gra­ti­ve. Mais les lignes second­ai­res et les réseaux de dis­tri­bu­ti­on fine ne doi­vent pas être mis de côté lorsqu’il s’agit des allo­ca­ti­ons d’investissements, de la pla­ni­fi­ca­ti­on de l’aménagement et des réno­va­tions, des sys­tè­mes de com­man­de des trains ainsi que de la règlementation.

Un autre instru­ment de régu­la­ti­on est à mes yeux la digi­ta­li­sa­ti­on inté­gra­le du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de la mise en réseau de l’infrastructure à l’exploitation opé­ra­ti­on­nel­le en pas­sant par le maté­ri­el rou­lant. Il dev­rait à cet égard y avoir une logi­que uni­fiée avec des inter­faces cor­re­spond­an­tes. On pour­ra ensuite réa­li­ser une élec­tri­fi­ca­ti­on mesu­rée et ciblée. Les lignes peu sol­li­ci­tées pour­rai­ent aussi être opé­rées par des loco­mo­ti­ves hybri­des à hydrogène.

«Pour cer­tai­nes urgen­ces, le fret fer­ro­vi­ai­re est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. »

Le capi­tal dis­po­nible est lui aussi un point clé. Le mar­ché fer­ro­vi­ai­re n’a pas seu­le­ment beso­in de suf­fi­sam­ment de capi­taux pri­vés. Pour cer­tai­nes urgen­ces, il est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. Ces inves­tis­se­ments dépas­sent les forces finan­ciè­res du sec­teur privé et de la plu­part des ent­re­pri­ses de chem­ins de fer publi­ques. Enfin, per­son­ne ne sou­hai­te inves­tir dans des tech­no­lo­gies qui ne por­te­ront leurs fruits qu’à la décen­nie sui­van­te, et ce peut-être même chez d’autres acteurs du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Cela m’amène à abor­der un autre outil de régu­la­ti­on: il faut aussi que les gou­ver­ne­ments, régu­la­teurs et poli­ti­ci­ens aient une com­pré­hen­si­on éco­no­mi­que pro­fon­de des méca­nis­mes de fon­c­tion­ne­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Cela passe par un chan­ge­ment de men­ta­li­té de tous les acteurs du système.

Dans quelle mesure?

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re n’est pas pré­cis­é­ment renom­mé pour pen­ser de maniè­re proac­ti­ve ni pour mett­re en place les nou­veau­tés rapi­de­ment. Beau­coup se con­sidè­rent comme des vic­ti­mes, que ce soit du passé, de mau­vai­ses décis­i­ons, de la route, de la météo ou d’autre chose enco­re. À mon avis, cela doit abso­lu­ment chan­ger. Après tout, nous ne fai­sons pas cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses pour notre plai­sir, mais dans le but de géné­rer une valeur ajou­tée pour les char­geurs et pour notre coll­ec­ti­vi­té. Les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent repla­cer le cli­ent au cent­re de leurs pré­oc­cu­pa­ti­ons et prend­re aujourd’hui en comp­te ses beso­ins futurs. Pour que la muta­ti­on qui s’impose puis­se réel­le­ment avoir lieu, il faut que se déve­lo­p­pent une men­ta­li­té de chan­ge­ment, une atti­tu­de du «can do».

Quelles innovations avez-vous fait avancer au cours des dernières années chez VTG, et lesquelles étaient révolutionnaires? 

Spon­ta­né­ment, il me vient à l’esprit VTG Con­nect. Cette tech­no­lo­gie télé­ma­tique coll­ec­te les don­nées per­ti­nen­tes de l’ensemble de la flot­te et de nombreux trans­ports. Elle crée la base d’une ges­ti­on numé­ri­que effi­cace de la flot­te, car elle rend les don­nées uti­li­sables pour les cli­ents et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et à des fins de main­ten­an­ce. Avec cette inno­va­ti­on, nous avons pour ainsi dire mis sur les rails le pas­sa­ge à la trans­mis­si­on de don­nées en temps réel dans le fret, à l’instar de ce que vise le DAC.

Quelle importance voyez-vous pour le DAC dans l’avenir?

Le DAC est un cata­ly­seur de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il per­met de repro­dui­re une nou­vel­le logi­que de com­man­de et des flux de don­nées en temps réel. Aujourd’hui, nous en som­mes enco­re bien loin. Le DAC fait plus qu’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Il met en réseau le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, le char­ge­ment, les sup­ports de char­ge­ment et l’énergie, c’est-à-dire l’électricité. Com­bi­né avec les nou­vel­les tech­no­lo­gies numé­ri­ques, le potentiel qui en résul­te est immense. Le DAC n’est pas seu­le­ment un sys­tème intel­li­gent de com­man­de des trains et des char­ge­ments, il rend éga­le­ment pos­si­ble d’autres offen­si­ves de digi­ta­li­sa­ti­on, comme par exemp­le les pla­te­for­mes numé­ri­ques de don­nées, de com­man­de des trains et de réservation.

«Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opérationnelle.»

Quel rôle joueront celles-ci dans l’avenir?

Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opé­ra­ti­on­nel­le. En tant que tel­les, elles four­niront aux acteurs du fret des infor­ma­ti­ons fia­bles qui per­mettront de rédui­re les distances entre les trains, de cal­cu­ler les cré­neaux horai­res et de mett­re sur le rail davan­ta­ge de ton­na­ge par unité de temps. Un sys­tème élec­tro­ni­que de ges­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses à l’échelle euro­pé­en­ne ne doit pas pro­ve­nir d’un géant de la tech­no­lo­gie du genre de Goog­le, mais dev­rait se déve­lo­p­per à par­tir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re lui-même. Nous démon­tre­rons ainsi que nous avons une capa­ci­té d’innovation supé­ri­eu­re à celle des aut­res modes de transport.

Peut-être y aura-t-il même dans l’avenir une ins­tance supé­ri­eu­re du type d’Eurocontrol, qui assu­re la coor­di­na­ti­on cen­tra­le du con­trô­le du tra­fic aéri­en. Un cock­pit de ce genre pour­rait com­man­der le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’échelle de l’Europe, don­ner cer­tai­nes direc­ti­ves aux con­duc­teurs de loco­mo­ti­ves, le cas éché­ant inter­ve­nir et un jour faire cir­cu­ler des trains auto­no­mes. Des bonds en avant d’une telle ampleur ne seront tou­te­fois pos­si­bles que si les tech­no­lo­gies numé­ri­ques dotées de l’intelligence arti­fi­ci­el­le sont mises en œuvre et fon­c­tion­nent. Elles seu­les appor­te­ront une dyna­mi­que et garan­ti­ront le ryth­me néces­saire, qui est abso­lu­ment essentiel pour la réus­si­te de la trans­for­ma­ti­on numérique.

Comment le fret ferroviaire pourrait-il se développer dans le sens de la durabilité en Europe?

Avec quel­que chose qui mette tout le monde d’accord sur l’impact éco­no­mi­que du fret et sur lequel tous les acteurs s’engagent. Je peux ima­gi­ner qu’il y aura un jour un plan direc­teur à long terme sous forme de décla­ra­ti­on d’intention auto­ré­gu­la­tri­ce et néan­mo­ins con­traignan­te. Elle dev­rait être cosi­gnée par tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res publi­ques et non publi­ques impli­quées. Ce plan direc­teur pour­rait sti­pu­ler que l’on œuvre con­join­te­ment à un trans­fert du tra­fic. Je rap­pel­le le Cont­rat uni­fié d’utilisation (CUU) de 2006, qui règle­men­te l’interaction entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res en tant qu’exploitants de wagons. L’avantage d’une con­ven­ti­on supra­na­tio­na­le sans carac­tère légal est qu’elle peut être com­plé­tée ou adap­tée rapi­de­ment et faci­le­ment. Les voies d’accès à la NLFA sont le meil­leur exemp­le de ce qui ne dev­rait pas se pro­dui­re: la com­mun­au­té des États fer­ro­vi­ai­res, Suis­se com­pri­se, s’est enga­gée à déve­lo­p­per l’axe nord-sud. Lors­que la Suis­se a ouvert le tun­nel de la NLFA, d’autres États n’avaient même pas enco­re com­men­cé la pla­ni­fi­ca­ti­on. Un plan direc­teur pour le trans­port de mar­chan­di­ses en Euro­pe pour­rait rend­re cette inten­ti­on plus con­traignan­te et mon­trer clai­re­ment que le Pacte vert pour l’Europe et les objec­tifs de trans­fert sont pris au sérieux. Mais ce plan n’est pour l’instant qu’une uto­pie. Tout le monde est en géné­ral d’accord sur les reven­dica­ti­ons fon­da­men­ta­les. Mais dès qu’il s’agit d’élaborer quel­que chose de con­cret et d’un seul ten­ant, les avis divergent.

Que pensez-vous du rapport du Conseil fédéral sur le «transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire»? Que cela signifierait-il que le Conseil fédéral le supprime?

À mon avis, ce serait là la plus gran­de err­eur en matiè­re de poli­tique des trans­ports depuis des décen­nies. La Suis­se prouve que le trans­port par wagons com­plets fon­c­tion­ne. Mais il est enco­re trop cher. Tou­te­fois, si la for­ma­ti­on et la sépa­ra­ti­on des trains se font auto­ma­ti­quement, si la com­po­si­ti­on des trains est com­man­dée numé­ri­quement et si le mar­ché pro­fi­te des nombreux avan­ta­ges des off­res numé­ri­ques, alors, logi­quemen­tes coûts bais­se­ront – et les beso­ins de sub­ven­ti­on­ne­ment avec. Le Con­seil fédé­ral dev­rait réflé­chir à la maniè­re de rend­re les off­res plus attra­yan­tes pour les cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re. Aban­don­ner tout cela avant même que la numé­ri­sa­ti­on ne porte ses fruits serait cri­mi­nel. Trans­fé­rer du fret fer­ro­vi­ai­re sur des cami­ons coûte de l’argent aussi, et il n’est pas pos­si­ble de con­teneu­ri­ser n’importe quel fret pour obte­nir des trains com­plets. À cet égard, le gou­ver­ne­ment suis­se dev­rait à mon avis se mon­trer plus con­fi­ant. Qui man­que de cou­ra­ge a perdu d’emblée.

À la VAP, nous sommes membres de l’UIP. Comment décririez-vous la VAP?

C’est une pré­cieu­se asso­cia­ti­on membre de notre famil­le euro­pé­en­ne de déten­teurs de wagons. Je la per­çois comme inno­van­te et por­teu­se d’une opi­ni­on affir­mée. La struc­tu­re uni­que de ses mem­bres lui con­fè­re un poids par­ti­cu­lier chez nous. La VAP repré­sen­te non seu­le­ment les cinq plus grands déten­teurs de wagons suis­ses, mais aussi les inté­rêts des char­geurs, des embran­chés et des repré­sen­tants des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Cette diver­si­té génè­re chez nous un impact et une rich­es­se d’idées que je con­sidè­re comme un atout pré­cieux. Grâce à la diver­si­té de ses mem­bres, la VAP peut ori­en­ter ses reven­dica­ti­ons de maniè­re plus glo­ba­le sur les uti­li­sa­teurs et les por­ter avec une plus gran­de auto­ri­té. Je sou­ti­ens l’approche cen­trée sur le cli­ent qui est celle la VAP et qui intèg­re l’utilisateur final dans le pro­ces­sus de dis­cus­sion et de décis­i­on. L’Europe peut pro­fi­ter de l’expérience suis­se en matiè­re de tra­fic de mar­chan­di­ses par wagons com­plets ou de rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons. Nous la con­sidé­rons sou­vent comme un labo­ra­toire minia­tu­re qui nous ren­voie des thè­mes. Par ail­leurs, la VAP nous fait la démons­tra­ti­on écla­tan­te de la maniè­re dont on peut con­vain­cre la popu­la­ti­on ou dont on orga­ni­se quel­que chose sur un mode posi­tif en tant que collectivité.

En quoi la VAP pourrait-elle s’améliorer?

On peut tou­jours s’améliorer. L’appel que je fais ne s’adresse pas uni­quement à la VAP, mais à tou­tes les asso­cia­ti­ons et per­son­nes impli­quées dans la poli­tique des trans­ports. Nous avons beso­in de per­son­nes enga­gées prêtes à for­mu­ler les inté­rêts en regar­dant de l’avant. Ceux qui pen­sent en ter­mes de bil­ans tri­mestri­els sont légion. Mais ce n’est pas ainsi que l’on maî­tri­se­ra l’avenir.

Que souhaitez-vous justement pour cet avenir?

Davan­ta­ge d’intérêt, davan­ta­ge de con­fi­ance. Davan­ta­ge d’enthousiasme. Les char­geurs dev­rai­ent être impa­ti­ents de mett­re enco­re plus de ton­nes sur le rail. Ce n’est qu’ainsi que nous pour­rons att­eind­re les ambi­ti­eux objec­tifs fixés en matiè­re de trans­fert et de cli­mat. La popu­la­ti­on dev­rait avoir con­sci­ence de l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re – et du fait que cela a un prix. En effet, un défer­le­ment incon­trôlé de cami­ons n’est pas une alter­na­ti­ve. Je sou­hai­te que vous, à la VAP, et nous, à l’UIP, con­ti­nui­ons à nous enga­ger jour après jour pour ce changement.

Monsieur le Dr Fischer, merci beaucoup pour cet entretien intéressant.

Dr Heiko Fischer

Le Dr Heiko Fischer a été jusqu’en 2021 au total plus de 25 ans au ser­vice de VTG, dont 17 ans en qua­li­té de PDG. Depuis 2015, il est – comme déjà entre 2004 et 2007 – pré­si­dent de l’association faî­tiè­re de déten­teurs de wagons UIP, Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers UIP, dont le siège se trouve à Bru­xel­les. L’UIP repré­sen­te plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et ser­vices de main­ten­an­ce eng­lo­bant 223 000 wagons, qui effec­tu­ent 50 % des ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rues par le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en. VTG AG, l’ancien employ­eur du Dr Heiko Fischer, exploi­te la plus gran­de flot­te de wagons de mar­chan­di­ses d’Europe, à savoir 88 500 wagons fer­ro­vi­ai­res de mar­chan­di­ses. Outre la loca­ti­on de wagons de mar­chan­di­ses et de con­teneurs-citer­nes, VTG offre des pre­sta­ti­ons de ser­vices logis­ti­ques mul­ti­mo­daux et des solu­ti­ons numé­ri­ques intégrées.

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Si la Suis­se devait elle aussi être con­cer­née par une pénurie d’électricité impu­ta­ble à la crise géo­po­li­tique et aux dif­fi­cul­tés d’approvisionnement, les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses doi­vent impé­ra­ti­ve­ment pou­voir con­tin­uer à être ser­vis. Cela impli­que que les ent­re­pri­ses de trans­port cla­ri­fi­ent leurs beso­ins en éner­gie en cas de pénurie et répon­dent aujourd’hui à cer­tai­nes ques­ti­ons clés.

Les chem­ins de fer suis­ses con­tri­buent de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à maî­tri­ser la forte deman­de dans le tra­fic de voy­a­ge­urs et le trans­port de mar­chan­di­ses. Ils dépen­dent d’un appro­vi­si­on­ne­ment garan­ti en éner­gie électrique.

Assurer l’approvisionnement par rail

Si le cou­rant de trac­tion dis­po­nible ne suf­fi­sait plus à un moment donné pour tous les trains pré­vus, des tra­jets dev­rai­ent être sup­p­ri­més. Reste à savoir les­quels. La VAP s’engage réso­lu­ment pour que ses mem­bres puis­sent con­tin­uer à ser­vir tous les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses. La popu­la­ti­on et l’économie sont tri­bu­tai­res de chaî­nes de trans­port fia­bles. C’est pour­quoi, même en situa­ti­on de pénurie d’électricité, les trains du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent con­tin­uer à cir­cu­ler aussi long­temps que pos­si­ble, comme ils l’ont d’ailleurs fait dans l’horaire allé­gé pen­dant la pan­dé­mie de Covid-19.

Nécessité d’une direction politique

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se fon­c­tion­ne pres­que sans excep­ti­on à l’électricité. Le cou­rant de trac­tion néces­saire (16,7 Hz) pro­vi­ent en gran­de par­tie de nos pro­pres cen­tra­les hydro­élec­tri­ques. Trans­fé­rer les trans­ports du rail vers la route lors­que le cou­rant de trac­tion se fait rare n’est guère pro­met­teur. En effet, en cas de pénurie grave, les car­bu­rants fos­si­les se raré­fierai­ent éga­le­ment. Pour que les chaî­nes de trans­port en fon­c­tion­ne­ment puis­sent être main­te­nues, les ent­re­pri­ses impli­quées dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re ont éga­le­ment beso­in de cou­rant indus­tri­el (50 Hz). Ici aussi, il faut veil­ler à la sécu­ri­té de l’approvisionnement. La sécu­ri­té et la fia­bi­li­té sont de mise: le sec­teur des trans­ports et le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent pou­voir comp­ter sur la direc­tion poli­tique en cas de crise. Car même dans ce cas, les trains de mar­chan­di­ses doi­vent cir­cu­ler tant qu’une deman­de exis­te. Nous sou­hai­tons ren­forcer cette prise de con­sci­ence chez les décideurs.

Un manque d’énergie n’est pas exclu

Ne nous leur­rons pas: une con­jon­c­tion défa­vorable d’évolutions réel­le­ment néga­ti­ves pour­rait pla­cer la Suis­se dans une situa­ti­on de grave pénurie éner­gé­tique dès l’hiver pro­chain. Comme l’ont expli­qué des repré­sen­tants du sec­teur de l’électricité et de l’industrie gaziè­re lors du web­i­n­aire d’Economiesuisse du 9 août 2022, la mobi­li­sa­ti­on d’énergie est très com­ple­xe et dépend de nombreu­ses influences.

La Confédération prend ses responsabilités

La Con­fé­dé­ra­ti­on est con­sci­en­te de sa responsa­bi­li­té. Elle prend des mesu­res pour garan­tir l’approvisionnement en éner­gie et se prépa­re à des scé­na­ri­os cri­ti­ques de pénurie aiguë d’électricité. Cel­les-ci pré­voi­ent des mesu­res éche­lon­nées selon la situa­ti­on, allant d’appels aux éco­no­mies volon­tai­res et spé­ci­fi­ques à la bran­che à des mesu­res ordon­nées de ges­ti­on régle­men­tée (con­tin­gen­te­ment).

Identifier les besoins et le potentiel d’économie

Réflé­chir dès main­ten­ant à ses beso­ins en éner­gie per­met de se prépa­rer à une réel­le pénurie d’électricité et d’être moins sur­pris. Il est donc temps d’évaluer les beso­ins en éner­gie, les réser­ves, les alter­na­ti­ves et le potentiel d’économie. Cette éva­lua­ti­on aide à déci­der com­ment, en cas de pénurie d’électricité, il est pos­si­ble de rédui­re la con­som­ma­ti­on con­for­mé­ment aux direc­ti­ves supé­ri­eu­res tout en con­tri­buant à l’approvisionnement en biens essentiels. Les ques­ti­ons con­crè­tes en ent­re­pri­se sont par exemple:

  • Quel­le quan­ti­té d’énergie néces­si­te telle ou telle acti­vi­té? Quel­le est l’im­portance de chaque acti­vi­té dans la production?
  • Quel est le potentiel d’économie d’énergie le plus efficace?
  • De quel­les réser­ves dis­po­se-t-on? De quel­le quan­ti­té d’énergie peut-on se pas­ser et pen­dant com­bien de temps?
  • Où peut-on pas­ser à d’autres agents éner­gé­ti­ques et à quel­le vitesse?
  • La com­mu­ni­ca­ti­on dans les chaî­nes de pro­duc­tion est-elle bonne? Les cont­acts sont-ils à jour?
  • Quel­les rest­ric­tions met­tons-nous en œuvre pour satis­fai­re à un contingentement?
Coopération et communication

Les ent­re­pri­ses dev­rai­ent mener cette réfle­xi­on de maniè­re ouver­te. En effet, il est impos­si­ble de pré­voir quels scé­na­ri­os se pro­dui­ront réel­le­ment et quand ils se pro­dui­ront. Les acteurs du sec­teur peu­vent main­te­nir au mieux l’approvisionnement en biens essentiels s’ils col­la­bo­rent entre ent­re­pri­ses et com­mu­ni­quent acti­ve­ment. C’est pour­quoi, en tant que repré­sen­tants des char­geurs, la VAP s’implique déjà acti­ve­ment dans divers comi­tés et grou­pes de travail.

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