SECTEUR DU FRET

Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret? Dif­fér­ents fac­teurs ont un impact sur le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses. En tant que voix de l’é­co­no­mie des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses com­pé­ti­tif. Pour cela, nous obser­vons entre aut­res le trans­fert modal et nous nous enga­ge­ons auprès des poli­ti­ques pour un rail non discriminatoire.

L’avenir du trafic intérieur de marchandises

Déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re: les vari­an­tes du Con­seil fédé­ral sont insuffisantes

Compétition DANS LE FRET FERROVIAIRE

Interopérabilité

L’opti­mi­sa­ti­on des pro­ces­sus et des inter­faces et le lien avec le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

​Durabilité

La moti­on du con­seil­ler aux Etats Josef Ditt­li deman­de un con­cept glo­bal sur la maniè­re dont le fret fer­ro­vi­ai­re et les solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les peu­vent con­tri­buer à rédui­re les émis­si­ons de CO2.

Digitalisation

Qu’est-ce qui con­tri­bue à faire pas­ser le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en à la pro­chai­ne dimen­si­on de la modernisation?

Flyer Fret ferroviaire 2050

INFORMATIF

Avenir du fret ferroviaire en surface / trafic par wagons complets
 
Crise de l’énergie

 

Vision

 

Résumé d’une étude réalisée pour le compte du secteur des chargeurs

 

Rapport sur le transfert modal 2021

 

Transport de marchandises dangereuses

 

Juridique

 

Études de base de la Confédération

 

​Transport soterrain de marchandises
Archives
Le trafic de marchandises pendant la crise Covid-19

 

Rapport sur le transfert 2019 – mesures supplémentaires sont nécessaires

Exploitation

Entreprises de transport ferroviaire

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
VTG was­co­sa erme­wa
   
Grou­pe Millet  

Chargeurs (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    

Sites

Premier et dernier kilomètre

En Suis­se, plus de 850 voies de rac­cor­de­ment sont uti­li­sées. Mal­heu­reu­se­ment, on con­sta­te un déclin con­stant. Vous trou­verez dans le cha­pit­re Sites com­ment la VAP s’en­ga­ge pour la pré­ser­va­ti­on des sites et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Réseau

Le réseau est une ques­ti­on d’ac­cès aux voies fer­rées, aux sil­lons. Pour une uti­li­sa­ti­on opti­ma­le, il faut une pla­ni­fi­ca­ti­on des travaux pré­voy­an­te, des prix équi­ta­bles et une bonne organisation.

Vous trou­verez sur le lien sui­vant com­ment nous nous enga­ge­ons dans ce sens et d’au­t­res infor­ma­ti­ons utiles.

Accord sur les transports terrestres: exploiter les marges de manœuvre dans la mise en œuvre en Suisse

Accord sur les transports terrestres: exploiter les marges de manœuvre dans la mise en œuvre en Suisse

Avec les Bila­té­ra­les III, l’accord sur les trans­ports ter­res­tres est éga­le­ment déve­lo­p­pé. Qu’est-ce que cela signi­fie pour le fret fer­ro­vi­ai­re? Des élé­ments cen­traux ont pu être pré­ser­vés, tout en lais­sant sub­sis­ter des beso­ins d’action dans cer­ta­ins domain­es. Il s’agit désor­mais d’exploiter de maniè­re ciblée les mar­ges de manœu­vre restan­tes dans la mise en œuvre en Suisse.

Les accords bila­té­raux con­sti­tu­ent le fon­de­ment des rela­ti­ons éco­no­mi­ques entre la Suis­se et l’Union euro­pé­en­ne. Avec les Bila­té­ra­les III, cette appro­che est déve­lo­p­pée et com­plé­tée par un nou­veau cadre insti­tu­ti­on­nel visa­nt à sta­bi­li­ser les accords existants et à garan­tir leur évo­lu­ti­on. Cette évo­lu­ti­on con­cer­ne éga­le­ment l’accord sur les trans­ports ter­res­tres, qui con­sti­tue la base du tra­fic trans­fron­ta­lier par rail et par route.

Le fret fer­ro­vi­ai­re (FF) est enco­re plus que le tra­fic voy­a­ge­urs orga­ni­sé à l’échelle trans­fron­ta­liè­re et inté­g­ré dans un mar­ché euro­pé­en. Un cadre régle­men­tai­re sta­ble et fia­ble dans les rela­ti­ons avec l’UE est donc une con­di­ti­on indis­pensable au bon fon­c­tion­ne­ment du FF. Les mesu­res uni­la­té­ra­les ne met­tent pas seu­le­ment en péril l’interopérabilité, elles affai­blis­sent éga­le­ment le niveau de sécu­ri­té en cré­ant des inter­faces sup­p­lé­men­tai­res. Dans ce con­tex­te, les résul­tats des négo­cia­ti­ons entre la Suis­se et l’UE dans le domaine de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres sont glo­ba­le­ment posi­tifs du point de vue de la VAP. Dans plu­s­ieurs domain­es cen­traux, des résul­tats importants ont pu être obte­nus en faveur du FF.

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se reste glo­ba­le­ment intact
Les acquis essentiels du sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se sont pré­ser­vés. Ainsi, la prim­au­té du cadence­ment suis­se a pu être garan­tie, ce qui per­met de con­tin­uer à attri­buer les capa­ci­tés de maniè­re coor­don­née dans le sys­tème existant. Il est en outre garan­ti que les trains nati­on­aux de mar­chan­di­ses et de voy­a­ge­urs con­ser­vent leur prio­ri­té. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment important dans le con­tex­te du déve­lo­p­pe­ment du tra­fic inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs, afin d’éviter que les tra­fics existants ne soi­ent évin­cés ou relé­gués au second plan. Tout comme le tra­fic voy­a­ge­urs, le fret fer­ro­vi­ai­re dépend de sil­lons fia­bles et pla­ni­fia­bles, d’autant plus que le tra­fic voy­a­ge­urs est déjà prio­ri­taire en Suisse.

Poli­tique de trans­fert maintenue
Du point de vue du rail, il est éga­le­ment posi­tif que des élé­ments cen­traux de la poli­tique suis­se de trans­fert aient pu être pré­ser­vés. La RPLP (rede­van­ce sur le tra­fic des poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons) demeu­re ainsi un instru­ment de pilo­ta­ge cen­tral. L’interdiction de cir­cu­ler la nuit et le diman­che pour les poids lourds ainsi que l’interdiction du cabo­ta­ge sont éga­le­ment main­te­nues. Cette der­niè­re empê­che une inten­si­fi­ca­ti­on de la con­cur­rence sur la route et donc une pres­si­on accrue sur les prix au détri­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Avec le main­ti­en de la limi­te des 40 ton­nes pour les poids lourds, les con­di­ti­ons d’une poli­tique de trans­fert effi­cace et d’une con­cur­rence équi­li­brée entre rail et route restent glo­ba­le­ment réunies. Il con­vi­ent tou­te­fois de rele­ver que les objec­tifs de trans­fert n’ont une nou­vel­le fois pas été att­eints en 2024. Il est donc d’autant plus important de pré­ser­ver ces con­di­ti­ons afin de pou­voir relan­cer la poli­tique de trans­fert à l’avenir.

Régime d’aides d’État: le sou­ti­en reste pos­si­ble, mais davan­ta­ge encadré
Avec les Bila­té­ra­les III, un régime d’aides d’État est intro­duit, ce qui impli­que un con­trô­le accru des sou­ti­ens publics. Les instru­ments de sou­ti­en essentiels pour le fret fer­ro­vi­ai­re – notam­ment les con­tri­bu­ti­ons d’investissement dans les instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment ainsi que les con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment dans le trans­port com­bi­né – restent pos­si­bles. Leur con­cep­ti­on con­crè­te et leur mise en œuvre seront tou­te­fois sou­mi­ses à des exi­gen­ces sup­p­lé­men­tai­res. Il est essentiel que ces instru­ments puis­sent con­tin­uer à être uti­li­sés de maniè­re praticable.

Les capa­ci­tés rési­du­el­les de sil­lons doi­vent être garanties
Le fret fer­ro­vi­ai­re est déjà aujourd’hui for­te­ment sous pres­si­on en ter­mes de capa­ci­tés. La VAP cri­tique dès lors la prio­ri­té accor­dée au tra­fic inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs dans l’attribution des capa­ci­tés rési­du­el­les de sil­lons pré­vue dans le cadre de la mise à jour de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres. Ces capa­ci­tés sont essen­ti­el­les pour les tra­fics fle­xi­bles et sup­p­lé­men­tai­res. La VAP deman­de donc que le pro­ces­sus d’attribution des sil­lons en Suis­se soit conçu de maniè­re à garan­tir à l’avenir des capa­ci­tés rési­du­el­les suf­fi­san­tes pour le fret fer­ro­vi­ai­re. Cela est d’autant plus important que des rest­ric­tions de capa­ci­té exis­tent actu­el­le­ment sur les lignes d’accès inter­na­tio­na­les en rai­son de travaux. Avec la levée de ces con­train­tes, la deman­de dev­rait à nou­veau aug­men­ter. Il est dès lors cru­cial que la Suis­se ne devi­en­ne pas elle-même un gou­let d’étranglement sur l’axe nord-sud en rai­son d’un man­que de sillons.

Il s’agit désor­mais d’exploiter les mar­ges de manœu­vre dans la mise en œuvre en Suisse
Les résul­tats des négo­cia­ti­ons pré­ser­vent des acquis essentiels pour le fret fer­ro­vi­ai­re. Il s’agit désor­mais d’utiliser de maniè­re ciblée les mar­ges de manœu­vre restan­tes dans la mise en œuvre en Suis­se – notam­ment en matiè­re d’attribution des sil­lons – afin de garan­tir la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Un fret fer­ro­vi­ai­re per­for­mant est une con­di­ti­on essen­ti­el­le à la com­pé­ti­ti­vi­té de la place éco­no­mi­que suisse.

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Transfert de responsabilité contestable de CFF Cargo

Transfert de responsabilité contestable de CFF Cargo

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (TFM) con­sti­tue le pilier cen­tral du trans­fert du tra­fic de la route vers le rail. Alors que la bran­che est déjà con­fron­tée à de nombreux défis, le trans­fert des ris­ques de responsa­bi­li­té prévu par CFF Cargo vers ses cli­ents soulè­ve d’importantes ques­ti­ons juri­di­ques, éco­no­mi­ques et de poli­tique des transports.

De quoi s’agit-il:

  • Le cli­mat dans le TFM est tendu depuis un cer­tain temps
  • Le durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té ali­men­te le débat
  • L’économie des char­geurs con­fron­tée à des con­sé­quen­ces graves
  • En con­tra­dic­tion mani­fes­te avec la poli­tique suis­se des transports
  • La VAP s’engage pour le dia­lo­gue et la recher­che de solutions

Le cli­mat dans le TFM est tendu depuis un cer­tain temps

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses (TFM) en Suis­se est de plus en plus sous pres­si­on. Plu­s­ieurs évo­lu­ti­ons ont sen­si­blem­ent dété­rio­ré les con­­di­­ti­ons-cad­­res de la bran­che. Dans ce con­tex­te, une nou­vel­le mesu­re de CFF Cargo sus­ci­te une inquiétu­de sup­p­lé­men­tai­re : le trans­fert prévu des ris­ques de responsa­bi­li­té vers les cli­ents. Cela pèse par­ti­cu­liè­re­ment sur le TFM inté­ri­eur, où CFF Cargo dis­po­se d’une posi­ti­on domi­nan­te sur le mar­ché. Comp­te tenu de l’offre limi­tée d’autres ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res (EF), des adapt­a­ti­ons uni­la­té­ra­les des con­di­ti­ons con­trac­tu­el­les ont des con­sé­quen­ces par­ti­cu­liè­re­ment importan­tes. À court terme, les cli­ents de CFF Cargo dis­po­sent de peu d’alternatives et, à moyen et long terme, les trans­ports con­ti­nuent d’être trans­fé­rés du rail vers la route.

Depuis quel­que temps, les évo­lu­ti­ons néga­ti­ves se mul­ti­pli­ent, en par­ti­cu­lier dans le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI), ce qui pous­se de plus en plus l’économie des char­geurs vers la route. CFF Cargo a par exemp­le for­te­ment aug­men­té les prix des pre­sta­ti­ons de trans­port avant même l’entrée en vigueur de la loi révi­sée sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), réduit les points de des­ser­te et rest­reint la dis­po­ni­bi­li­té de cer­ta­ins wagons appar­ten­ant à CFF. L’ensemble de ces évo­lu­ti­ons affai­blit la com­pé­ti­ti­vi­té du rail à tel point que les ent­re­pri­ses char­geu­ses se détour­nent de plus en plus du rail.

Le durcis­se­ment de la responsa­bi­li­té ali­men­te le débat

Actu­el­le­ment, CFF Cargo pré­voit, dans l’ensemble du TFM en Suis­se, de trans­fé­rer la responsa­bi­li­té aux cli­ents pour les trans­ports effec­tués avec des wagons appar­ten­ant à des tiers. Il est prévu une responsa­bi­li­té sans faute des char­geurs, com­bi­née à une exo­né­ra­ti­on com­plè­te de l’EF vis-à-vis des pré­ten­ti­ons de tiers. De tel­les dis­po­si­ti­ons figu­rent déjà depuis un cer­tain temps dans les con­di­ti­ons géné­ra­les de CFF Cargo. Au début de cette année, CFF Cargo les a envoy­ées indi­vi­du­el­le­ment aux cli­ents pour signa­tu­re, ce qui les ren­dra à l’avenir plus contraignantes.

Ce trans­fert de responsa­bi­li­té vers les char­geurs dans les con­di­ti­ons d’utilisation des wagons appar­ten­ant à des tiers soulè­ve d’importantes ques­ti­ons, notam­ment parce que la moti­on 24.3823 «Responsa­bi­li­té en matiè­re de ris­que des déten­teurs de wagons. Révi­si­on» a déjà échoué fin 2024 au Par­le­ment fédé­ral. Cette moti­on visa­it à trans­fé­rer la responsa­bi­li­té des EF aux déten­teurs de wagons. Impo­ser désor­mais cette responsa­bi­li­té aux char­geurs en con­tour­nant la décis­i­on par­le­men­tai­re appa­raît pour le moins surprenant.

L’activité de l’économie des char­geurs for­te­ment touchée

Dès aujourd’hui, des con­sé­quen­ces importan­tes sur l’activité des char­geurs se dessinent:

  1. Char­ges éco­no­mi­ques sup­p­lé­men­tai­res: Le choix du mode de trans­port con­sti­tue en fin de comp­te une décis­i­on éco­no­mi­que. Si les ris­ques, les coûts et les incer­ti­tu­des aug­men­tent dans le TFM, cela réduit enco­re l’attractivité du rail par rap­port à la route.
  2. Ris­ques de responsa­bi­li­té net­te­ment accrus: La responsa­bi­li­té sans faute pré­vue éten­drait con­sidé­ra­blem­ent les ris­ques pour les char­geurs. De plus, ces ris­ques sont dans de nombreux cas dif­fi­ci­le­ment, voire pas du tout, assurables.
  3. Incer­ti­tu­des en matiè­re d’assurance: De nou­vel­les struc­tures de responsa­bi­li­té peu­vent engend­rer des incer­ti­tu­des importan­tes en matiè­re d’assurabilité et de finance­ment. Outre d’éventuelles lacu­nes de cou­ver­tu­re, des haus­ses de pri­mes sont à prévoir.
  4. Pos­si­bi­li­tés de négo­cia­ti­on limi­tées: En rai­son de la posi­ti­on quasi mono­po­lis­tique de CFF Cargo dans le TWCI, les char­geurs ont peu de pos­si­bi­li­tés de négo­cier indi­vi­du­el­le­ment les con­di­ti­ons contractuelles.
  5. Effets éten­dus sur le mar­ché: Les modi­fi­ca­ti­ons des con­di­ti­ons con­trac­tu­el­les de CFF Cargo affec­tent direc­te­ment une gran­de par­tie des ent­re­pri­ses char­geu­ses, car nombre d’entre elles dépen­dent, à court, moyen ou long terme, des pre­sta­ti­ons de trans­port fer­ro­vi­ai­re de CFF Cargo.

En con­tra­dic­tion mani­fes­te avec la poli­tique suis­se des transports

Le débat sur le trans­fert de responsa­bi­li­té tou­che aux objec­tifs fon­da­men­taux de la poli­tique suis­se des trans­ports. Celle-ci vise notam­ment, dans le tra­fic tran­sal­pin, un trans­fert con­sé­quent du trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Or, le tra­fic par wagons iso­lés est déjà sous pres­si­on depuis un cer­tain temps. Les off­res alter­na­ti­ves sont par­fois limi­tées et les ris­ques sup­p­lé­men­tai­res con­sti­tu­ent iné­vi­ta­blem­ent un fac­teur de char­ge sup­p­lé­men­tai­re pour ces transports.

Un affai­blis­se­ment de la com­pé­ti­ti­vi­té du rail par rap­port à la route met en péril les objec­tifs poli­ti­ques de trans­fert. Dans le con­tex­te des mesu­res de sou­ti­en récem­ment adop­tées pour le TWCI dans le cadre de la révi­si­on du LTM, une char­ge sup­p­lé­men­tai­re appa­raît par­ti­cu­liè­re­ment con­tra­dic­toire. Le Par­le­ment a en effet récem­ment déci­dé d’importantes sub­ven­ti­ons afin de sta­bi­li­ser le TWCI et d’assurer sa via­bi­li­té éco­no­mi­que à moyen terme.

La VAP s’engage pour le dia­lo­gue et la recher­che de solutions

La VAP – Asso­cia­ti­on des char­geurs – obser­ve ces évo­lu­ti­ons avec inquiétu­de. Il est actu­el­le­ment en cont­act étroit avec les ent­re­pri­ses con­cer­nées et s’engage pour des solu­ti­ons qui main­ti­en­nent la com­pé­ti­ti­vi­té du TFM, limi­tent les ris­ques pour les char­geurs à un niveau sup­port­a­ble et ne com­pro­met­tent pas les objec­tifs de poli­tique des trans­ports de la Suisse.

Dans le TWCI en par­ti­cu­lier, une inter­ac­tion fon­c­tion­nel­le entre EF, char­geurs et déten­teurs de wagons est essen­ti­el­le. Des expé­ri­en­ces inu­tiles comme ce trans­fert de responsa­bi­li­té portent att­ein­te de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à la com­pé­ti­ti­vi­té du rail.

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Un vent favorable pour le transport transalpin de marchandises dans une situation précaire

Un vent favorable pour le transport transalpin de marchandises dans une situation précaire

Le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons visa­nt à garan­tir la poli­tique de trans­fert du tra­fic mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. L’As­so­cia­ti­on des char­geurs salue ces décis­i­ons. Comp­te tenu des récen­tes évo­lu­ti­ons dans le domaine du tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin, il est essentiel de pro­mou­voir de maniè­re sta­ble le trans­port com­bi­né afin de ne pas perd­re com­plè­te­ment de vue l’ob­jec­tif légal de trans­fert. Cela per­met éga­le­ment d’assurer la sécu­ri­té de la pla­ni­fi­ca­ti­on pour les ent­re­pri­ses concernées. 

Lors de sa ses­si­on de prin­temps, le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons visa­nt à garan­tir à l’a­ve­nir le sou­ti­en finan­cier au trans­fert du tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. D’une part, la Chambre basse esti­me qu’il faut veil­ler à ce que les fonds libé­rés par la fin pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) con­ti­nuent d’êt­re uti­li­sés pour des mesu­res de trans­fert du tra­fic. D’aut­re part, la pro­mo­ti­on du trans­port com­bi­né tran­sal­pin doit être garan­tie au-delà de 2030.

Le der­nier rap­port du gou­ver­ne­ment fédé­ral sur le trans­fert modal mont­re que le trans­fert du tra­fic rou­tier vers le rail dans le trans­port tran­sal­pin de mar­chan­di­ses a récem­ment connu un net ralen­tis­se­ment. En 2024, la part du rail dans le trans­port tran­sal­pin de mar­chan­di­ses s’é­le­vait à 70,3 %, soit une baisse de 2,6 % par rap­port à 2022. Avec envi­ron 960 000 tra­jets de cami­ons en 2024, l’ob­jec­tif de trans­fert maxi­mal de 650 000 tra­jets n’a donc pas été att­eint, loin s’en faut. Avec la fin de la chaus­sée rou­lan­te, on peut sup­po­ser que la barre du mil­li­on de tra­jets de cami­ons sera fran­chie au plus tard en 2026.

Le trans­port com­bi­né joue un rôle cen­tral dans la réa­li­sa­ti­on de l’ob­jec­tif de trans­fert. Il con­sti­tue l’é­pi­ne dor­sa­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes et per­met d’a­che­mi­ner effi­ca­ce­ment une gran­de par­tie du tra­fic de tran­sit par le rail. Dans ce con­tex­te, la sécu­ri­té de pla­ni­fi­ca­ti­on des instru­ments de pro­mo­ti­on est déter­mi­nan­te pour garan­tir à long terme les inves­tis­se­ments et les off­res dans le domaine du trans­port combiné.

La VAP salue donc expres­sé­ment la décis­i­on du Con­seil des États. Celle-ci con­sti­tue notam­ment un signal important pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui subit actu­el­le­ment des pres­si­ons sur plu­s­ieurs fronts et ris­que de voir s’ac­cé­lé­rer le trans­fert des trans­ports vers la route.

C’est désor­mais au Con­seil natio­nal de se pro­non­cer sur les deux moti­ons et de se ral­li­er à la décis­i­on du Con­seil des États, envoy­ant ainsi un signal fort en faveur du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Avec les paramè­tres clés pour les trans­ports en 2045, le Con­seil fédé­ral pose les jalons pour le déve­lo­p­pe­ment futur des infra­struc­tures de trans­port. Du point de vue de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée dès le début. Sinon, les objec­tifs de trans­fert modal et le bon fon­c­tion­ne­ment de l’en­sem­ble du sys­tème seront compromis.

Lors de sa séan­ce d’hier, le Con­seil fédé­ral a fixé les gran­des lignes du déve­lo­p­pe­ment des infra­struc­tures de trans­port jus­qu’en 2045. Se fond­ant sur l’ex­per­ti­se «Trans­ports 2045» de l’EPFZ ainsi que sur les esti­ma­ti­ons et les ana­ly­ses des offices fédé­raux com­pé­tents, il a char­gé le DETEC d’é­la­bo­rer un pro­jet desti­né à la con­sul­ta­ti­on d’ici à fin juin 2026. L’ob­jec­tif est de coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment du rail, de la route et du tra­fic d’ag­glo­mé­ra­ti­on afin de répond­re aux beso­ins futurs en matiè­re de mobilité.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) salue le fait que le Con­seil fédé­ral se pen­che suf­fi­sam­ment tôt et à long terme sur le déve­lo­p­pe­ment de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re. Pour les mem­bres de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée, car il con­sti­tue un élé­ment indis­pensable d’un sys­tème de trans­port per­for­mant et durable.

Le rap­port de l’EPFZ décrit une forte crois­sance du tra­fic voy­a­ge­urs, tan­dis que le tra­fic mar­chan­di­ses par rail sta­gne depuis des années. Du point de vue de la VAP, cette con­sta­ta­ti­on est tou­te­fois insuf­fi­san­te. La sta­gna­ti­on n’est pas prin­ci­pa­le­ment due à un man­que de deman­de, mais plu­tôt à des gou­lets d’étran­gle­ment en ter­mes de capa­ci­té, à l’ab­sence de con­­di­­ti­ons-cad­­res et à des rest­ric­tions opé­ra­ti­on­nel­les, non seu­le­ment en Suis­se, mais aussi sur les lignes d’ap­port dans les pays voi­sins. Les trains de voy­a­ge­urs ayant la prio­ri­té dans le tra­fic mixte, il devi­ent de plus en plus dif­fi­ci­le pour les trains de mar­chan­di­ses de cir­cu­ler de maniè­re fia­ble et pon­c­tu­el­le sur un réseau fer­ro­vi­ai­re for­te­ment sol­li­ci­té. À cela s’a­jou­te l’aug­men­ta­ti­on des trans­ports de mar­chan­di­ses urgents, tels que les biens de con­som­ma­ti­on, les den­rées ali­men­tai­res ou les colis. La ques­ti­on reste ouver­te de savoir com­ment garan­tir que ces trains de mar­chan­di­ses trou­vent effec­ti­ve­ment leur place sur le réseau fer­ro­vi­ai­re, en par­ti­cu­lier avec des sil­lons vrai­ment rapides.

Si le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne dis­po­se pas de l’e­space néces­saire, il ris­que d’êt­re trans­fé­ré vers la route. Cela aurait des con­sé­quen­ces immé­dia­tes sur le réseau rou­tier déjà for­te­ment sol­li­ci­té, qui fon­c­tion­ne déjà à la limi­te de ses capa­ci­tés dans de nombreux end­roits. Une char­ge sup­p­lé­men­tai­re sur les rou­tes natio­na­les due au trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­nerait clai­re­ment une aug­men­ta­ti­on des heu­res d’embouteillage, ce qui n’est dans l’in­té­rêt ni de l’é­co­no­mie ni de la population.

Pour la VAP, il est donc essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit sys­té­ma­ti­quement pris en comp­te dans la pla­ni­fi­ca­ti­on et la hié­rar­chi­sa­ti­on des étapes d’ex­ten­si­on. L’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re est uti­li­sée à la fois pour le trans­port de mar­chan­di­ses et pour le trans­port de per­son­nes. Ces deux modes de trans­port sont essentiels pour la Suis­se en tant que pôle éco­no­mi­que et de mobi­li­té. La VAP par­ti­ci­pe­ra donc acti­ve­ment à la con­sul­ta­ti­on pré­vue à l’été 2026 afin de répond­re aux pré­oc­cu­pa­ti­ons des char­geurs et du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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Session d’hiver 2025 : beaucoup de questions, quelques réponses

Session d’hiver 2025 : beaucoup de questions, quelques réponses

Lors de la ses­si­on d’hi­ver 2025, qui s’est tenue du 1er au 19 décembre 2025, le Par­le­ment suis­se a débat­tu de divers pro­jets liés à la poli­tique des trans­ports. L’ac­cent a été mis sur les mesu­res déci­dées par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) à la suite du rap­port Sust sur l’ac­ci­dent de train de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Le niveau de per­for­mance de CFF Cargo ainsi que, une fois de plus, l’a­li­men­ta­ti­on et la liqui­di­té du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF) ont éga­le­ment fait l’ob­jet de débats.


Les enjeux:

  • Le Con­seil fédé­ral s’ex­prime sur les con­sé­quen­ces des mesu­res de sécu­ri­té pri­ses par l’OFT
  • Dis­cus­sion con­tro­ver­sée sur la garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons chez CFF Cargo
  • La deu­xiè­me chambre adop­te la moti­on rela­ti­ve à l’a­li­men­ta­ti­on et à la liqui­di­té du FIF

Le Con­seil fédé­ral s’ex­prime sur les con­sé­quen­ces des mesu­res de sécu­ri­té pri­ses par l’OFT

Le 15 décembre 2025, le Con­seil des États a exami­né l’in­ter­pel­la­ti­on 25.4146 «Con­sé­quen­ces des mesu­res visa­nt à ren­forcer la sécu­ri­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses» dépo­sée par le con­seil­ler aux États et pré­si­dent de l’AIFP Josef Ditt­li. L’ac­cent a été mis sur les ques­ti­ons rela­ti­ves aux mesu­res initia­le­ment ordon­nées par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) à la suite de l’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. L’ob­jec­tif de ces mesu­res était d’a­mé­lio­rer la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Au début du débat au Con­seil, le con­seil­ler aux États Ditt­li a souli­g­né que ces mesu­res con­cer­nerai­ent iné­vi­ta­blem­ent aussi les pays de l’U­ni­on euro­pé­en­ne. Comme l’OFT n’a pas eu le temps de les coor­don­ner avec le sec­teur euro­pé­en du trans­port de mar­chan­di­ses, il esti­me que l’in­teropé­ra­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal de mar­chan­di­ses est men­acée. Josef Ditt­li esti­me éga­le­ment que les ate­liers ne dis­po­sent pas des capa­ci­tés humain­es et tech­ni­ques néces­saires pour faire face à la réduc­tion des inter­val­les de main­ten­an­ce. Il a évo­qué le ris­que que la mise en œuvre de ces mesu­res ent­raî­ne une pénurie mas­si­ve de wagons de mar­chan­di­ses, avec les con­sé­quen­ces que cela impli­que pour la sécu­ri­té d’approvisionnement.

Le con­seil­ler aux États Ditt­li doute qu’il soit juste et per­ti­nent de recher­cher uni­la­té­ra­le­ment la responsa­bi­li­té des rup­tures de roues dans l’en­tre­ti­en des wagons, comme le fait la décis­i­on de l’OFT. Les cau­ses des rup­tures de roues serai­ent dues à la com­bi­nai­son de plu­s­ieurs fac­teurs, tels que le com­porte­ment de con­duite et de frei­na­ge du con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, l’é­tat de l’in­fra­struc­tu­re, ainsi que la main­ten­an­ce et le maté­ri­el. Selon M. Ditt­li, «le mode de con­duite, les con­di­ti­ons de l’in­fra­struc­tu­re et la main­ten­an­ce dev­rai­ent être pris en comp­te de maniè­re appro­priée dans l’évaluation».

Dans son inter­ven­ti­on, le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti a souli­g­né la posi­ti­on prépon­dé­ran­te de l’é­co­no­mie de char­ge­ment dans le trans­port de mar­chan­di­ses. «Je pense qu’il est incon­test­a­ble ici dans cette salle que l’é­co­no­mie de char­ge­ment joue un rôle très important dans le trans­port de mar­chan­di­ses et que nous devons en même temps tout mett­re en œuvre pour que les mar­chan­di­ses restent sur le rail et que la sécu­ri­té soit garantie.»

Le con­seil­ler fédé­ral Rösti a éga­le­ment évo­qué la décis­i­on pro­vi­so­i­re du Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral. Celle-ci réta­blit l’ef­fet sus­pen­sif qui avait été reti­ré par la décis­i­on. Le con­seil­ler fédé­ral Rösti con­sidè­re ce répit comme une occa­si­on bien­ve­nue pour tra­vail­ler à la mise en œuvre des mesu­res déci­dées et cla­ri­fier les incer­ti­tu­des rela­ti­ves à la ques­ti­on de la responsa­bi­li­té. Avec le pos­tu­lat Stor­ni 25.3177, le Con­seil fédé­ral a éga­le­ment reçu du Con­seil natio­nal le man­dat de dress­er un état des lieux de la situa­ti­on régle­men­tai­re en matiè­re de sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le con­seil­ler fédé­ral Rösti a décla­ré à ce sujet : «Je pense que le pos­tu­lat offre une base pour exami­ner éga­le­ment les ques­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té. […] À ce niveau, il dev­rait être pos­si­ble de pour­suiv­re la col­la­bo­ra­ti­on pour garan­tir la sécu­ri­té et le main­ti­en du trans­port de mar­chan­di­ses par rail.»

Vous pou­vez lire ici l’in­té­gra­li­té du bul­le­tin du débat du Con­seil des États sur l’in­ter­pel­la­ti­on 25.4146 du con­seil­ler aux États Josef Dittli.
 
Dis­cus­sion con­tro­ver­sée sur la garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons chez CFF Cargo

Avec les moti­ons 25.4147 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog et 25.4409 de la CTT‑E, le Con­seil des États a débat­tu de la «garan­tie du niveau des pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral dans le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses». Ces inter­ven­ti­ons deman­dent au Con­seil fédé­ral de fixer diver­ses exi­gen­ces aux CFF pour la péri­ode de pre­sta­ti­ons 2026 à 2029. Le débat au Con­seil des États s’est con­cen­tré sur trois points : les con­tri­bu­ti­ons finan­ciè­res de la Con­fé­dé­ra­ti­on, l’a­mé­lio­ra­ti­on de l’ef­fi­ca­ci­té et donc les points de des­ser­te des­ser­vis par CFF Cargo, ainsi que les aug­men­ta­ti­ons de prix pro­por­ti­onnées à l’a­ve­nir. En accord avec la majo­ri­té de la CTT‑E, Eva Her­zog a reti­ré le pre­mier point de sa motion

La con­seil­lè­re aux États Esther Fried­li a pris la paro­le pour jus­ti­fier la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire visa­nt à reje­ter le point deux de la moti­on 25.4409. Sa con­clu­si­on : « Je vous deman­de de lais­ser pas­ser un peu de temps afin que la nou­vel­le loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses puis­se être mise en œuvre. Dans un ou deux ans, nous pour­rons alors voir si elle a évo­lué dans la bonne direc­tion. Mais notre mino­ri­té esti­me qu’il n’est pas judi­cieux d’in­ter­ve­nir à nou­veau dès maintenant. »

Le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti s’est expri­mé comme suit lors du débat : «Nous avons défi­ni les points de des­ser­te dans la con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons, les prix ont été fixés con­trac­tu­el­le­ment, et le cadre est donc en fait tel que le Par­le­ment l’a défi­ni lors de l’ex­amen de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Je vous deman­de donc de ne pas inter­ve­nir dans la mise en œuvre et de lais­ser le con­cept fon­c­tion­ner dans un pre­mier temps, sach­ant que nous exi­ge­ons de CFF Cargo qu’el­le ne subis­se plus de per­tes dans tous ces domaines.»

Le Con­seil des États a approu­vé la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire con­cer­nant le point deux de la moti­on 25.4409 par 21 voix cont­re 15 et a adop­té le point trois de la moti­on par 21 voix cont­re 19. Le Con­seil natio­nal doit enco­re déli­bé­rer sur ces pro­jets en tant que deu­xiè­me chambre.

Vous pou­vez lire ici l’in­té­gra­li­té du bul­le­tin du débat du Con­seil des États sur les moti­ons 25.4147 et 25.4409.

La deu­xiè­me chambre adop­te la moti­on rela­ti­ve à l’a­li­men­ta­ti­on et à la liqui­di­té du FIF

Avec la moti­on 25.3953 «Garan­tir l’a­li­men­ta­ti­on et les liqui­di­tés du fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re», la CTT‑E a char­gé le Con­seil fédé­ral de prend­re les mesu­res appro­priées pour amé­lio­rer et aug­men­ter l’a­li­men­ta­ti­on et la liqui­di­té du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF).

Con­for­mé­ment à la prise de posi­ti­on du Con­seil fédé­ral, le Dépar­te­ment fédé­ral de l’en­vi­ron­ne­ment, des trans­ports, de l’é­ner­gie et de la com­mu­ni­ca­ti­on a déci­dé d’ex­ami­ner et de hié­rar­chiser les pro­jets d’ex­ten­si­on pré­vus dans le cadre du pro­jet « Trans­ports 45 ». Il con­vi­ent en outre de cla­ri­fier com­ment la situa­ti­on finan­ciè­re du BIF peut être garan­tie à moyen terme. Le Con­seil fédé­ral ne tien­dra comp­te que des mesu­res qui n’af­fec­tent pas le paquet de mesu­res d’al­lè­ge­ment bud­gé­tai­re 27 et le frein à l’endettement.

Le Con­seil des États avait déjà adop­té la moti­on 25.3953 lors de la ses­si­on d’au­t­om­ne 2025 (cli­quez ici pour con­sul­ter le bul­le­tin offi­ci­el). Le Con­seil natio­nal a suivi la pre­miè­re chambre et a éga­le­ment adop­té la moti­on le 11 décembre 2025.

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

L’an­née tou­che bien­tôt à sa fin. On aime­rait tant pou­voir annon­cer de bon­nes nou­vel­les à l’appro­che des fêtes. Mal­heu­reu­se­ment, il n’est pas faci­le de tirer des con­clu­si­ons posi­ti­ves de l’ana­ly­se du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en 2025. Au con­trai­re, les mau­vai­ses nou­vel­les se suc­cè­dent. Il faut se poser la ques­ti­on de l’im­portance future de ces colos­ses d’a­cier qui, année après année, trans­portent des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses d’un point A à un point B.


Les enjeux:

  • Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier
  • La liste des exemp­les néga­tifs est longue
  • Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu
  • Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle
  • Agir au lieu de capituler

Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier

Une éco­no­mie en plei­ne crois­sance ent­raî­ne néces­saire­ment une aug­men­ta­ti­on des beso­ins en matiè­re de trans­port de mar­chan­di­ses. En effet, les mar­chan­di­ses sup­p­lé­men­tai­res doi­vent être ache­mi­nées d’une maniè­re ou d’une autre jus­qu’au con­som­ma­teur final. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est indis­pensable à cet égard ; aujour­d’hui déjà, il ache­mi­ne chaque année des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses de A à B dans le respect du climat.

Selon les pré­vi­si­ons de l’Of­fice fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al (ARE) dans le cadre de ses per­spec­ti­ves de trans­port pour 2050, il faut s’at­tendre à une aug­men­ta­ti­on de 31 % du tra­fic mar­chan­di­ses d’ici 2050. Pen­dant cette péri­ode, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail dev­rait pas­ser de 37 à 39 %. Les déve­lo­p­pe­ments actuels dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses vont à l’en­cont­re de ces per­spec­ti­ves et des inten­ti­ons poli­ti­ques clai­res en la matiè­re : bien que la deman­de de trans­port de mar­chan­di­ses aug­men­te, le rail ne cesse de perd­re des parts de marché.

La liste des exemp­les néga­tifs est longue

La sup­pres­si­on pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) illus­tre par­fai­te­ment cette ten­dance à la baisse. Le 11 décembre 2025, celle-ci a effec­tué son der­nier tra­jet entre Fri­­bourg-en-Bris­­gau et Nova­ra (IT). La liste des exemp­les néga­tifs simi­lai­res est longue. Citons par exemp­le la sup­pres­si­on de huit ter­minaux pour le trans­port com­bi­né, les aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois dis­pro­por­ti­onnées pra­ti­quées par CFF Cargo en Suis­se ou les régle­men­ta­ti­ons dras­ti­ques et peu fon­dées de l’OFT à la suite de l’ac­ci­dent dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Tout aussi pré­oc­cu­p­an­te est la situa­ti­on désastreu­se de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re alle­man­de pour le trans­port com­bi­né tran­sal­pin non accom­pa­gné. Ces cas appa­rem­ment iso­lés s’ac­cu­mu­lent et con­dui­sent à un déclin insi­dieux et grave du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, et donc à un trans­fert des trans­ports de la voie fer­rée vers la route.

Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu

Cet affai­blis­se­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a éga­le­ment des con­sé­quen­ces gra­ves dans d’au­t­res domain­es. L’ob­jec­tif cli­ma­tique « zéro émis­si­on nette » de la Con­fé­dé­ra­ti­on devi­ent ainsi de plus en plus irré­a­lis­te. De même, la route a depuis long­temps att­eint ses limi­tes de capa­ci­té, comme en témoi­g­ne le nombre immense et expo­nentiel d’heu­res d’embouteillage : en 2024, il dépas­sait les 55 000 heu­res. Aucu­ne amé­lio­ra­ti­on n’est en vue. Au con­trai­re, car les élec­teurs ont clai­re­ment reje­té une aug­men­ta­ti­on de la capa­ci­té en novembre 2024.

Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle

De nombreu­ses initia­ti­ves visa­nt à con­trer ces ten­dan­ces néga­ti­ves sont réjouis­san­tes. Le pro­jet Cargo-S-Bahn de rXp Inter­re­gio­Car­go est l’une de ces lueurs d’e­s­poir. Il reprend les élé­ments éprou­vés du trans­port com­bi­né et éli­mi­ne les obs­ta­cles qui le frei­nent. Grâce à un sys­tème simp­le et bien pensé, cette alli­ance inter­sec­to­ri­el­le d’entre­pri­ses soli­des sou­hai­te trans­fé­rer le trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Dans le domaine du trans­port com­bi­né tran­sal­pin, on fait éga­le­ment de néces­si­té vertu : sous la direc­tion de l’OFT, on ras­sem­ble du per­son­nel trans­fron­ta­lier et on exami­ne des appro­ches inno­van­tes pour sur­mon­ter la situa­ti­on dif­fi­ci­le actu­el­le, carac­té­ri­sée par une infra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re déso­lan­te et des chan­tiers en per­spec­ti­ve en Alle­ma­gne. Il est posi­tif de voir com­ment les acteurs du sec­teur se ser­rent les cou­des et recher­chent des solu­ti­ons de maniè­re pragmatique.

Agir au lieu de capituler

Ulrich Maix­ner, direc­teur géné­ral de la socié­té de trans­port Hoyer, a récem­ment tiré une con­clu­si­on dra­ma­tique dans le jour­nal Zuger Zei­tung con­cer­nant la situa­ti­on du trans­port com­bi­né : « Nous som­mes au bord du gouf­fre ». La situa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se n’est pas enco­re aussi dra­ma­tique. Cepen­dant, le sec­teur ne peut pas se per­mett­re une deu­xiè­me année 2025 avec une accu­mu­la­ti­on simi­lai­re de mau­vai­ses nouvelles.

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Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Lors de sa séan­ce du 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a révi­sé le sou­ti­en finan­cier accor­dé par la Con­fé­dé­ra­ti­on au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se et au trans­port flu­vi­al de mar­chan­di­ses. La révi­si­on tota­le de l’or­don­nan­ce sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM) et d’au­t­res modi­fi­ca­ti­ons d’or­don­nan­ces ent­re­ront en vigueur le 1er jan­vier 2026.


Les enjeux:

  • La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises
  • Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement
  • Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC
  • Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations
  • CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises

Le 21 mars 2025, le Par­le­ment a adop­té la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) et lancé ainsi un ensem­ble com­plet de mesu­res visa­nt à ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le trans­port par wagons iso­lés (TWCI) béné­fi­ci­e­ra ainsi d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans et dev­rait deve­nir ren­ta­ble à moyen terme. Le Par­le­ment a all­oué 260 mil­li­ons de francs pour les quat­re pre­miè­res années. Il met en outre à dis­po­si­ti­on un mon­tant uni­que de 180 mil­li­ons de francs pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC).

Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement

La LTC pré­voit éga­le­ment des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment ainsi que des con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment. L’ob­jec­tif est d’en­cou­ra­ger le trans­port de mar­chan­di­ses par rail et le trans­bor­de­ment de mar­chan­di­ses entre le rail et d’au­t­res modes de trans­port. À par­tir de jan­vier 2026, la Con­fé­dé­ra­ti­on ver­se­ra des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment aux explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et d’in­stal­la­ti­ons de char­ge­ment du trans­port com­bi­né. Cel­­les-ci s’é­lè­vent à un mon­tant for­fai­taire de 40 francs pour chaque wagon char­gé reçu ou expé­dié. Au total, 50 mil­li­ons de francs sont dis­po­nibles chaque année à cet effet.

Le sou­ti­en finan­cier est limi­té à 8000 wagons par voie de rac­cor­de­ment. La limi­te infé­ri­eu­re pré­vue dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on a été sup­p­ri­mée sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on. Les petits et moy­ens char­geurs sont ainsi éga­le­ment inci­tés à recour­ir davan­ta­ge au rail.

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­te étendre la pro­mo­ti­on des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment par le biais de con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment et la sim­pli­fier sur le plan admi­nis­tra­tif. Il entend sou­te­nir davan­ta­ge les inves­tis­se­ments dans les sur­faces de trans­bor­de­ment et les élé­ments mobi­les des instal­la­ti­ons par le biais de con­tri­bu­ti­ons forfaitaires.

Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC

La DAC est un élé­ment important pour un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et plus pro­duc­tif. La Con­fé­dé­ra­ti­on verse des con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires par véhi­cu­le pour l’a­mé­nage­ment et la trans­for­ma­ti­on des wagons et des loco­mo­ti­ves. Cel­­les-ci s’é­lè­vent au total à 180 mil­li­ons de francs. Sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on, la Con­fé­dé­ra­ti­on a déci­dé de fixer le mon­tant for­fai­taire à 8000 francs par wagon, indé­pen­dam­ment de son âge.

Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations

Au cours de l’été 2025, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) a lancé un appel d’off­res pour le sou­ti­en finan­cier de pre­sta­ti­ons par­ti­el­les dans le cadre du sys­tème TWCI. À ce jour, seule CFF Cargo a répon­du à l’ap­pel d’off­res. D’ici fin 2025, l’OFT éla­bo­rera avec CFF Cargo une con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons pour le TWCI pour les années 2026 à 2029.

CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La OTM défi­nit le cadre et met à dis­po­si­ti­on les moy­ens finan­ciers néces­saires à une TWCI auto­no­me sur le plan finan­cier. L’ob­jec­tif est d’att­eind­re l’au­to­no­mie finan­ciè­re dans un délai de quat­re à huit ans grâce à une explo­ita­ti­on plus effi­cace et plus pro­duc­ti­ve de CFF Cargo, à des aug­men­ta­ti­ons de prix équi­li­brées pour les char­geurs et à des sub­ven­ti­ons dégres­si­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on. CFF Cargo a déjà tor­pil­lé ce pro­jet et les objec­tifs de la LTC avant même l’en­trée en vigueur des lois et ordon­nan­ces révi­sées, avec des aug­men­ta­ti­ons de prix att­eig­nant par­fois des pour­cen­ta­ges à deux chif­fres pour les chargeurs.

Une telle appro­che con­duit iné­vi­ta­blem­ent les char­geurs à ne plus trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses par le rail, mais par la route, notoire­ment encom­brée. Cet effet ne cor­re­spond cer­tai­ne­ment pas à l’in­ten­ti­on des respons­ables poli­ti­ques lors de l’ad­op­ti­on de la LTC. Il n’est donc pas sur­pren­ant que le Par­le­ment ait réagi avec la moti­on 25.4409 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog. La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons a adop­té la moti­on le 7 novembre 2025 par 5 voix cont­re 2 et une abstention.

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Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Le 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a publié le «Rap­port sur le trans­fert du tra­fic juil­let 2023 à juin 2025». Ce rap­port con­fir­me la situa­ti­on extrê­me­ment dif­fi­ci­le du tra­fic fer­ro­vi­ai­re com­bi­né de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. Le Con­seil fédé­ral entend con­trer ces évo­lu­ti­ons néga­ti­ves par diver­ses mesures.


Les enjeux:

  • Com­man­de de trans­fert obligatoire
  • Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui
  • Le Con­seil fédé­ral passe à l’action
  • Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

Com­man­de de trans­fert obligatoire

Avec le man­dat de trans­fert, la Suis­se dis­po­se d’un instru­ment uni­que, ancré dans la Con­sti­tu­ti­on. Celui-ci obli­ge les respons­ables poli­ti­ques à trans­fé­rer le tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. L’ob­jec­tif est de pro­té­ger les Alpes et de limi­ter le tra­fic poids lourds dans les val­lées alpines.

Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui

Mal­heu­reu­se­ment, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail n’a cessé de dimi­n­uer ces der­niè­res années. L’ob­jec­tif de trans­fert de 650 000 tra­jets de cami­ons à tra­vers les Alpes sera enco­re lar­ge­ment dépas­sé en 2024, avec 960 000 tra­jets. L’un des prin­ci­paux pro­blè­mes à l’o­ri­gi­ne de cette évo­lu­ti­on est l’é­tat déla­b­ré des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res dans les pays voi­sins, notam­ment en Alle­ma­gne. Bien que des mesu­res soi­ent pri­ses dans de nombreux end­roits pour remé­dier à ces pro­blè­mes, la moder­ni­sa­ti­on pré­vue dans les années à venir con­tin­uera de nuire à la fia­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Le Con­seil fédé­ral passe à l’action

Dans ce con­tex­te, ce n’est pas seu­le­ment l’é­co­no­mie du trans­port qui est mise à con­tri­bu­ti­on, mais aussi et sur­tout la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il est réjouis­sant de con­stater que le Con­seil fédé­ral s’en­ga­ge en faveur de voies d’ac­cès moder­nes et bien amé­na­gées vers les tun­nels de base des nou­vel­les lignes fer­ro­vi­ai­res à tra­vers les Alpes (NLFA). Il sou­hai­te éga­le­ment atté­nuer les effets néga­tifs de la sup­pres­si­on de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) par des inci­ta­ti­ons finan­ciè­res et trans­fé­rer les trans­ports con­cer­nés vers le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné. Il entend en outre s’en­ga­ger en faveur d’une moder­ni­sa­ti­on rapi­de de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re dans les pays voi­sins, de la mise en place d’i­tin­é­rai­res de con­tour­ne­ment per­for­mants et d’une coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le des travaux de con­s­truc­tion entre les dif­fér­ents acteurs.

Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

L’ob­jec­tif de trans­fert inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on est enco­re loin d’êt­re att­eint. Les rai­sons en sont mul­ti­ples. Elles tien­nent prin­ci­pa­le­ment à l’é­tat par­fois déplo­rable de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re en Alle­ma­gne, qui ent­raî­ne l’an­nu­la­ti­on de près d’un train sur cinq. Dans ce con­tex­te, il faut saluer le fait que le Con­seil fédé­ral se sai­sis­se de la ques­ti­on et pré­sen­te des solu­ti­ons concrètes.

Il res­te­ra tou­te­fois extrê­me­ment dif­fi­ci­le de main­te­nir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à un niveau dura­ble dans les années à venir, jus­qu’à ce que les infra­struc­tures étran­gè­res soi­ent moder­ni­sées. Face à ces défis, il est d’au­tant plus cru­cial que le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses se serre les cou­des et coopè­re étroi­te­ment tant sur le plan poli­tique qu’opé­ra­ti­on­nel. C’est la seule façon d’é­vi­ter d’au­t­res obs­ta­cles inutiles.

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CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

Avec la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), le Par­le­ment sou­hai­tait ren­forcer le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI). Avec sa poli­tique tarifai­re, CFF Cargo fait exac­te­ment le con­trai­re, et ce à toute vites­se. Et tout cela avant même que la loi révi­sée et l’or­don­nan­ce cor­re­spond­an­te n’ent­rent en vigueur.


Les enjeux:

  • Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route
  • Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés
  • Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement
  • Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question
  • Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route

Le 20 sep­tembre 2025, CFF Cargo a publié un com­mu­ni­qué qui inter­pel­le. Les respons­ables y évo­quent la pré­ser­va­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses respec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment et des emplois en Suis­se. Mal­heu­reu­se­ment, c’est actu­el­le­ment le con­trai­re qui se pro­duit. Au cours des der­niers mois, CFF Cargo a pro­cé­dé à des aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois exor­bi­tan­tes. Cela con­duit de nombreux cli­ents du sec­teur du trans­port à miser enco­re davan­ta­ge, voire exclu­si­ve­ment, sur le trans­port rou­tier à l’a­ve­nir. Cela est con­fir­mé par d’in­nom­bra­bles retours d’in­for­ma­ti­on des mem­bres de la VAP. Ceux-ci sont unani­mes : les char­geurs con­tin­uer­ai­ent à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’a­ve­nir, mais celui-ci n’est plus com­pé­ti­tif par rap­port au trans­port rou­tier comp­te tenu des prix exi­gés par CFF Cargo.

Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés

À l’o­ri­gi­ne, le Par­le­ment sou­hai­tait rend­re le TWCI auto­no­me finan­ciè­re­ment. Pour ce faire, celle-ci devait béné­fi­ci­er d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans, avec 260 mil­li­ons de francs suis­ses mis à dis­po­si­ti­on pour les quat­re pre­miè­res années. En outre, la Con­fé­dé­ra­ti­on a all­oué une aide uni­que de 180 mil­li­ons de francs suis­ses pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC) dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le che­min vers l’au­to­fi­nance­ment était envi­sa­gé comme suit : les char­geurs con­tri­buent par des aug­men­ta­ti­ons de prix modé­rées, CFF Cargo par une pro­duc­ti­vi­té et une effi­ca­ci­té accrues et la Con­fé­dé­ra­ti­on par un sou­ti­en tem­po­rai­re. La VAP et ses mem­bres aurai­ent appor­té leur con­tri­bu­ti­on ; les char­geurs aurai­ent été pour la plu­part prêts à payer ce prix pour un TWCI auto­no­me financièrement.

La réduc­tion du défi­cit de CFF Cargo se fait pres­que exclu­si­ve­ment au détri­ment des char­geurs. Pour la plu­part d’ent­re eux, il n’y a donc plus d’in­ci­ta­ti­on à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Cela ent­raî­ne une réduc­tion dras­tique des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res desti­nées au trans­port de mar­chan­di­ses. Comp­te tenu des inves­tis­se­ments initiaux éle­vés, ces ent­re­pri­ses ne dev­rai­ent plus jamais se tour­ner vers le rail à l’a­ve­nir, ce qui ent­raî­ne­ra un déman­tèle­ment dura­ble de le TWCI et donc du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment, cette réduc­tion irré­ver­si­ble des volu­mes de mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail sera visi­ble au plus tard dans quat­re ans.

Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement

Les déve­lo­p­pe­ments actuels ne cor­re­spon­dent pas à la volon­té du Par­le­ment. Ce der­nier sou­hai­tait ren­forcer e TWCI, notam­ment afin de faire pro­gresser la décar­bo­ni­sa­ti­on des trans­ports et d’att­eind­re l’ob­jec­tif de zéro émis­si­on nette d’ici 2050. Sans un TWCI per­for­mant, cet objec­tif s’é­loi­g­ne de plus en plus. Enfin, le rejet par le peu­ple de l’ex­ten­si­on de l’au­to­rou­te en novembre 2024 a éga­le­ment con­tri­bué à ce que l’ef­fondre­ment du réseau rou­tier ne puis­se être évité que si le plus grand nombre pos­si­ble de mar­chan­di­ses sont trans­por­tées par rail.

Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question

Il est réjouis­sant de con­stater que les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la ques­ti­on. Ainsi, la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog a dépo­sé le 25 sep­tembre 2025 la moti­on 25.4147 « Garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral pour le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses ». Cette moti­on deman­de que CFF Cargo ne puis­se plus aug­men­ter ses prix au-delà du taux d’in­fla­ti­on à par­tir de 2026. CFF Cargo dev­rait donc assurer sa ren­ta­bi­li­té prin­ci­pa­le­ment par une explo­ita­ti­on plus pro­duc­ti­ve et plus effi­cace, comme le pré­voy­a­it le Par­le­ment dans la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Mal­heu­reu­se­ment, CFF Cargo a entre-temps créé un fait accom­pli : une par­tie con­sidé­ra­ble de la cli­entèle de le TWCI s’est déjà détour­née du rail.

Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

La VAP appel­le le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment à mett­re immé­dia­te­ment un terme à la pra­tique de CFF Cargo con­sistant à aug­men­ter ses prix, en par­tie à deux chif­fres. Cette démar­che arbi­trai­re de CFF Cargo pous­se de plus en plus de char­geurs à délais­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re au pro­fit du trans­port rou­tier, ce qui va à l’en­cont­re de la volon­té poli­tique et des efforts de la Suis­se en matiè­re de décarbonisation.

 

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