La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Les atouts d’un secteur de fret ferroviaire compétitif pour l’économie nationale

Les atouts d’un secteur de fret ferroviaire compétitif pour l’économie nationale

Le fret joue un rôle décisif pour l’économie natio­na­le, car il rend pos­si­bles les éch­an­ges de mar­chan­di­ses et de ser­vices. Comp­te tenu des dif­fi­cul­tés tel­les que la capa­ci­té limi­tée des rou­tes et le chan­ge­ment cli­ma­tique, le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail devi­ent de plus en plus important. Nous vous expli­quons ci-après quels sont les atouts d’un trans­fert du tra­fic pour l’économie nationale.

Capacité limitée des routes:

L’infrastructure rou­tiè­re est rest­rein­te et se heur­te déjà à ses limi­tes dans de nombreu­ses régions. L’utilisation accrue de cami­ons dans le trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­ne une aug­men­ta­ti­on de la cir­cu­la­ti­on rou­tiè­re, ce qui se solde par des embou­teil­la­ges, des retards et une hausse des prix des trans­ports. Le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail déseng­or­ge la route. Cela per­met d’utiliser l’infrastructure existan­te de maniè­re plus effi­ci­en­te et réduit la néces­si­té de pro­cé­der à de coû­teux élar­gis­se­ments de chaussées.

Changement climatique et pollution:

Le sec­teur des trans­ports con­tri­bue de maniè­re con­sidé­ra­ble aux émis­si­ons de CO2 et à d’autres nui­sances envi­ron­ne­men­ta­les. Par rap­port au trans­port rou­tier, le trans­port fer­ro­vi­ai­re est beau­coup plus éco­lo­gi­que, car les trains génè­rent en moy­enne moins d’émissions par tonne-kilo­mèt­re. Par ail­leurs, le trans­port fer­ro­vi­ai­re réduit le niveau de bruit et limi­te la pol­lu­ti­on atmo­sphé­ri­que dans les zones urbai­nes, ce qui se tra­duit par une meil­leu­re qua­li­té de vie pour la population.

Efficience et rentabilité:

Le rail pré­sen­te une haute effi­ci­ence dans le trans­port de mar­chan­di­ses, car les trains peu­vent trans­por­ter des char­ges plus importan­tes que les cami­ons. Le recours aux trains de mar­chan­di­ses per­met de trans­por­ter de gran­des quan­ti­tés de mar­chan­di­ses en une seule fois et donc d’optimiser les coûts de trans­port. Cela per­met aux ent­re­pri­ses d’améliorer leurs pro­ces­sus logis­ti­ques et d’augmenter l’efficacité de leurs chaî­nes d’approvisionnement. Une des­ser­te plus effi­cace du trans­port de mar­chan­di­ses se tra­duit par une baisse des coûts de trans­port, ce qui accroît la com­pé­ti­ti­vi­té des ent­re­pri­ses et a des réper­cus­sions posi­ti­ves sur l’économie natio­na­le. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on, les wagons de mar­chan­di­ses néces­saires peu­vent être inter­con­nec­tés de maniè­re effi­cace, ce qui per­met d’économiser sur les coûts fixes.

Sécurité et prévention des accidents:

Le trans­fert du tra­fic de mar­chan­di­ses sur le rail con­tri­bue à l’amélioration de la sécu­ri­té rou­tiè­re. Par rap­port au tra­fic rou­tier, les acci­dents du tra­fic fer­ro­vi­ai­re sont plus rares et génè­rent en géné­ral un impact plus fai­ble sur la vie, la santé et l’environnement. La réduc­tion du trans­port par cami­ons sur les rou­tes limi­te les sources de dan­gers potentiels et amé­lio­re la sécu­ri­té pour les aut­res usa­gers de la route.

Des experts logisticiens chevronnés sont indispensables

Il est néces­saire d’avoir des experts indé­pen­dants appar­ten­ant pré­cis­é­ment à ce sec­teur éco­no­mi­que et spé­cia­li­sés dans des pro­duits spé­ci­fi­ques. Les chem­ins de fer dev­rai­ent donc se con­cen­trer sur l’exploitation des trains, alors que la logis­tique glo­ba­le repo­se entre les mains spé­cia­li­sées des logisticiens.

Pénurie d’électricité: prévention et développement de scénarios

Pénurie d’électricité: prévention et développement de scénarios

Tran­si­ti­on éner­gé­tique, cri­ses géo­po­li­ti­ques, dif­fi­cul­tés d’approvisionnement: voici quel­ques-uns des fac­teurs qui pour­rai­ent débou­ch­er sur une pénurie d’électricité. Les grands con­som­ma­teurs sont tenus de mett­re au point des scé­na­ri­os pour le cas d’un con­tin­gen­te­ment. À la VAP, nous tra­vail­lons d’arrache-pied sur la question.

Il y a de l’électricité: voilà qui pen­dant des décen­nies était con­sidé­ré en Suis­se comme une évi­dence. Une évi­dence aujourd’hui remi­se en cause: d’une part, le rem­pla­ce­ment des sources d’énergie fos­si­les par des éner­gies dur­a­bles limi­te les res­sour­ces éner­gé­ti­ques dis­po­nibles pour les années à venir. D’autre part, des con­flits géo­po­li­ti­ques et des dif­fi­cul­tés d’approvisionnement ris­quent d’avoir en plus un effet néga­tif sur la dis­po­ni­bi­li­té de ces sources d’énergie, comme nous le mont­re l’actualité.

Une participation active s’impose

Dans ce con­tex­te, la Con­fé­dé­ra­ti­on a deman­dé à tous les grands con­som­ma­teurs de par­ti­ci­per aux pré­pa­ra­tifs à l’éventualité d’une pénurie d’électricité. Si l’on en arri­ve effec­ti­ve­ment à un con­tin­gen­te­ment de l’électricité, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re devra limi­ter l’offre de trans­port de voy­a­ge­urs. Le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses devra être main­tenu en fon­c­tion de la demande.

Le fret joue un rôle-clé

Avec le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export, les chem­ins de fer jouent un rôle sys­té­mi­que essentiel pour l’approvisionnement de l’économie et de la socié­té. Si une pénurie mas­si­ve d’électricité se pré­sen­te, la capa­ci­té logis­tique de fret devra tou­jours être pré­ser­vée. Elle devra tou­te­fois s’adapter aux modi­fi­ca­ti­ons de la demande.

Or cette der­niè­re est la gran­de incon­nue. Il n’est actu­el­le­ment pas pos­si­ble d’élaborer des scé­na­ri­os sûrs con­cer­nant l’évolution de la deman­de en cas de pénurie d’électricité. Tant en Suis­se que dans les pays voi­sins, la deman­de évo­luera sans doute de maniè­re nota­ble en fon­c­tion de la capa­ci­té de trans­port. Mais d’un sec­teur à l’autre, elle pour­ra aussi bien aug­men­ter que diminuer.

Considérer le service ferroviaire comme un système

Pour que le fret fer­ro­vi­ai­re puis­se con­tin­uer à rou­ler même dans une situa­ti­on de crise, il faut que le sec­teur réa­gis­se à temps aux évo­lu­ti­ons des deman­des en pro­po­sant une offre de trans­port adap­tée. Cela n’est pos­si­ble que si l’on con­sidè­re l’ensemble du ser­vice fer­ro­vi­ai­re comme un sys­tème. En d’autres ter­mes, tou­tes les fon­c­tions per­ti­nen­tes pour l’exploitation doi­vent res­ter à même de fonctionner.

Des scénarios en cours d’élaboration

Afin de limi­ter la con­som­ma­ti­on d’énergie en cas de crise, le tra­fic de voy­a­ge­urs s’oriente sur les horai­res réduits déjà éla­bo­rés et réa­li­sés durant la pan­dé­mie de l’année 2020. Dans le trans­port de mar­chan­di­ses, des scé­na­ri­os pos­si­bles sont en cours d’élaboration en dia­lo­gue étroit avec le sec­teur de la logis­tique dans le but d’assurer l’approvisionnement éco­no­mi­que du pays. Con­for­mé­ment à la mis­si­on impar­tie, des scé­na­ri­os devront être pro­po­sés d’ici la fin 2022. À la VAP, nous con­tri­buons à ce pro­ces­sus avec nos con­nais­sances et notre expérience.

Investir dans l’avenir avec le DAC

Investir dans l’avenir avec le DAC

Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) est beau­coup plus que ce que sug­gè­re son nom. C’est la base d’une digi­ta­li­sa­ti­on et d’une auto­ma­tis­a­ti­on com­plè­tes du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se – et par là même un inves­tis­se­ment proac­tif dans l’avenir.

Fret ferroviaire 4.0

À la VAP, nous œuvrons pour un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re con­cur­rentiel afin de garan­tir à nos mem­bres le libre choix du moyen de trans­port. Pour ce faire, nous som­mes actifs à dif­fér­ents niveaux. L’un est le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal, abré­gé DAC en ang­lais. Grâce à lui, le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en pour­ra att­eind­re le pro­chain stade de la modernisation.

Comme son nom le sug­gè­re, le DAC per­met d’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Mais ce n’est pas tout, loin de là. Il nous faut repen­ser le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se avec ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes comme un tout. Au sein de cette con­cep­ti­on, le DAC rend pos­si­ble un trans­fert de flux et de don­nées inin­ter­rom­pu dans le train. Celui-ci est la con­di­ti­on pré­alable à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation du fret fer­ro­vi­ai­re. Il repré­sen­te un saut quan­tique en ter­mes de qua­li­té et d’avantage pour le cli­ent, car tou­tes les don­nées sur l’ensemble des inter­faces et des acteurs de la logis­tique seront dis­po­nibles sous forme numé­ri­que. La com­man­de numé­ri­que du train génè­rera en outre une fle­xi­bi­li­sa­ti­on révo­lu­ti­on­n­aire de l’utilisation du réseau et ainsi une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble de la capa­ci­té de celui-ci. Cela offri­ra au fret fer­ro­vi­ai­re une chan­ce uni­que de jouer un rôle clé dans la logis­tique multimodale.

La première véritable innovation depuis 100 ans

En matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en, la der­niè­re véri­ta­ble inno­va­ti­on a été l’électrification. Elle remon­te à un siè­cle. Cela expli­que que la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re ait con­stam­ment dimi­n­ué. En inves­tis­sant dans le DAC, le fret fer­ro­vi­ai­re est à pré­sent en mesu­re de rat­tra­per d’un coup plu­s­ieurs sta­des de déve­lo­p­pe­ment. En effet, il offre de nou­vel­les fon­c­tions com­portant des avan­ta­ges révo­lu­ti­on­n­aires (cf. Illus­tra­ti­on 1).

Illus­tra­ti­on 1: le DAC appor­te plus d’avantages que la simp­le auto­ma­tis­a­ti­on du pro­ces­sus de couplage.

Le fret ferroviaire, colonne vertébrale de l’approvisionnement

Le fret fer­ro­vi­ai­re est un élé­ment cru­cial de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses. Rien qu’en Suis­se, nous tablons sur une crois­sance du volu­me de trans­port de mar­chan­di­ses de 30 % d’ici 2050. Or les capa­ci­tés de trans­port rou­tier et fer­ro­vi­ai­re sont limi­tées. Une exten­si­on des capa­ci­tés sera en pre­mier lieu ren­due pos­si­ble par l’amélioration des inter­faces des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. En ter­mes de dura­bi­li­té aussi, le fret fer­ro­vi­ai­re pré­sen­te des atouts. Un tiers des émis­si­ons annuel­les de gaz à effet de serre sont dues aux trans­ports. Avec le pacte vert à l’échelon euro­pé­en et la stra­té­gie cli­ma­tique 2050 à long terme en Suis­se, la poli­tique s’est fixé des objec­tifs ambi­ti­eux. Dans ce con­tex­te, le rail, pau­vre en émis­si­ons, s’avère par­ti­cu­liè­re­ment concurrentiel.

Un soutien est indispensable

Faire ent­rer le fret fer­ro­vi­ai­re dans une nou­vel­le ère du pro­grès grâce au DAC ne pour­ra pas réus­sir en faisant cava­lier seul. Notre sec­teur est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en, qui com­por­te d’une part une impli­ca­ti­on poli­tique garan­tis­sant une coor­di­na­ti­on inin­ter­rompue entre la Suis­se et l’UE, et d’autre part une aide finan­ciè­re. En effet, les acteurs du sec­teur ne sont pas à même de sup­port­er seuls les inves­tis­se­ments de départ. La valeur ajou­tée du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du mar­ché (cf. Illus­tra­ti­on 2). Un finance­ment de départ volon­ta­ris­te de la part de la Con­fé­dé­ra­ti­on est à notre avis impé­ra­ti­ve­ment néces­saire. Mais l’objectif ulti­me doit res­ter l’autofinancement.

Illus­tra­ti­on 2: l’atout du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du marché.

Un rééquipement réfléchi

Nous con­sidé­rons comme judi­cieux de réé­qui­per la flot­te de wagons existan­te de maniè­re rest­ric­ti­ve en se con­cen­trant sur les wagons récents et per­tin­ents pour le mar­ché. Les pro­prié­tai­res de wagons ne dev­rai­ent réé­qui­per leurs wagons que si cela s’avère sur le long terme plus avan­ta­ge­ux qu’un nou­vel achat. Par ail­leurs, la Con­fé­dé­ra­ti­on dev­rait pré­voir pour les wagons non enco­re amor­tis une prime à la casse dont l’utilisation sera lais­sée à la dis­cré­ti­on des pro­prié­tai­res de wagons. Il faut se rend­re à l’évidence: pour que les wagons restent com­pa­ti­bles entre eux et que la DAC génè­re sa plus-value aussi rapi­de­ment que pos­si­ble, il fau­dra réé­qui­per un grand nombre de wagons de maniè­re coor­don­née dans un laps de temps court.

Vous trou­verez de plus amp­les infor­ma­ti­ons sur ce thème dans cette pré­sen­ta­ti­on.

Garantir l’interopérabilité Suisse–UE

Garantir l’interopérabilité Suisse–UE

Le 24 juin 2022, le Comi­té des trans­ports ter­res­tres Communauté/Suisse (Comi­té mixte) a souli­g­né l’importance des pre­scrip­ti­ons har­mo­ni­sées pour les trans­ports ter­res­tres entre la Suis­se et l’UE. Nous som­mes pour notre part d’avis que pour une interopé­ra­bi­li­té dura­ble, il faut aller plus loin enco­re. Il est à pré­sent néces­saire d’avoir une poli­tique de trans­port coordonnée.

En 1999, la Suis­se a con­clu avec l’Union euro­pé­en­ne (UE) un accord sur les trans­ports ter­res­tres. Celui-ci garan­tit aux trans­por­teurs des deux côtés des fron­tiè­res suis­ses un accès réci­pro­que au mar­ché. Les pre­scrip­ti­ons pour le trans­port trans­fron­ta­lier de mar­chan­di­ses par rail et par route ont été harmonisées.

Une exclusion partielle de la Suisse

La Suis­se a con­struit le cor­ri­dor fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en men­ant à la ligne de plai­ne (à savoir la NLFA), et elle a mis en œuvre avec suc­cès sa poli­tique de trans­fert au moyen de la rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons (RPLP) ainsi que par l’interdiction de cabo­ta­ge et de cir­cu­ler la nuit et le diman­che. Le split modal dans le tra­fic de tran­sit tran­sal­pin pen­che à plus de 70 % en faveur du rail, ce qui est con­sidé­ré comme une réfé­rence inter­na­tio­na­le. Cette preuve de per­for­mance réjouis­san­te ne doit pour­tant pas cacher que la Suis­se ne dis­po­se actu­el­le­ment pas d’un accès com­plet au mar­ché par rap­port aux États mem­bres. Le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se ne fait pas enco­re par­tie inté­gran­te du réseau euro­pé­en de l’interopérabilité.

 

Ne pas céder sur l’accord sur les transports terrestres

À l’occasion de sa réuni­on semes­tri­el­le du 24 juin 2022, le Comi­té des trans­ports ter­res­tres Communauté/Suisse a souli­g­né l’importance de l’accord. Néan­mo­ins, des diver­gen­ces poli­ti­ques non réso­lues entre la Suis­se et l’UE blo­quent son déve­lo­p­pe­ment. Or ce déve­lo­p­pe­ment s’impose de toute urgence dans le cadre du pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE.

Depuis 2019, la coopé­ra­ti­on de la Suis­se avec l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA est réglée dans le cadre d’une solu­ti­on tran­si­toire limi­tée dans le temps. Le Comi­té mixte a débat­tu d’une pro­lon­ga­ti­on sup­p­lé­men­tai­re de cette solu­ti­on tran­si­toire. Celle-ci faci­li­terait à la fois l’intégration pro­cé­du­ra­le de la Suis­se à des auto­ri­sa­ti­ons sim­pli­fiées dans le tra­fic trans­fron­ta­lier tout en lui per­met­tant de par­ti­ci­per sur le plan tech­ni­que à des pro­jets d’innovation de digi­ta­li­sa­ti­on et d’auto­ma­tis­a­ti­on des chem­ins de fer.

Questions adressées au Conseil fédéral

À la VAP, nous som­mes con­vain­cus que le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se doit élar­gir son accès au mar­ché et ne doit pas rater le train de l’innovation euro­pé­en­ne. C’est fort de ce credo que le con­seil­ler aux États Josef Ditt­li a dépo­sé le 9 juin 2022 l’inter­pel­la­ti­on 22.3566. Il y deman­de au Con­seil fédé­ral de répond­re aux ques­ti­ons suivantes:

  1. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il assurer la pour­suite néces­saire des pro­gram­mes fer­ro­vi­ai­res dans le cadre de l’accord Suis­se-UE sur les trans­ports terrestres?
  2. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il assurer la mise en œuvre du volet tech­ni­que du 4e modu­le fer­ro­vi­ai­re en Suis­se, afin de garan­tir dura­blem­ent la libre cir­cu­la­ti­on fer­ro­vi­ai­re transfrontalière?
  3. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il obte­nir la plei­ne adhé­si­on de la Suis­se à l’ERA dans un ave­nir proche?
  4. Com­ment le Con­seil fédé­ral entend-il garan­tir et com­plé­ter le siège de la Suis­se au sein du RISC, orga­ne important de direc­tion et de décis­i­on de l’UE?
Assurer la pleine interopérabilité

Pour l’économie en géné­ral et pour nos mem­bres en par­ti­cu­lier, il est décisif que les acquis obte­nus jusqu’ici soi­ent péren­ni­sés. Nous con­sidé­rons qu’il est abso­lu­ment néces­saire que la Suis­se soit repré­sen­tée le plus rapi­de­ment pos­si­ble en tant que par­ten­aire à part entiè­re dans les prin­ci­paux orga­nes euro­pé­ens et que la poli­tique des trans­ports soit coor­don­née dans le tra­fic transfrontalier.

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Repenser le fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire

Organiser le fret ferroviaire pour demain

Le rap­port du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire»[1] du 30 mars 2022 a offert une occa­si­on bien­ve­nue de repen­ser glo­ba­le­ment le sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses suis­se avec sa con­cur­rence inter­mo­da­le et ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique ne se can­ton­ne pas à un finance­ment (de départ) du TWCI ou au DAC, mais eng­lo­be tous les pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Elle doit avoir pour but un sys­tème de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses auto­no­me basé sur le mar­ché, qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et qui se tient aux côtés des char­geurs en tant que par­ten­aire fia­ble. Dans ce con­tex­te, un éven­tuel finance­ment selon le modè­le éprou­vé dans le tra­fic de tran­sit doit en pre­mier lieu pro­fi­ter aux cli­ents de tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re et offrir des inci­ta­ti­ons liées au suc­cès et neu­tres en ter­mes de con­cur­rence, sans aucu­ne dis­cri­mi­na­ti­on. C’est seu­le­ment ainsi et en regrou­pant les forces que pour­ront se déve­lo­p­per les inno­va­tions et les inves­tis­se­ments du sec­teur privé dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Et ce n’est qu’ainsi qu’il sera pos­si­ble d’organiser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire pour demain.

Le Conseil fédéral envisage d’instaurer un soutien financier sur le long terme

Selon le rap­port, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de main­te­nir dans l’avenir le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) et n’exclut pas un sou­ti­en finan­cier sur le long terme. Selon la défi­ni­ti­on de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire eng­lo­be le trans­port de grou­pes de mar­chan­di­ses en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) et par wagons de mar­chan­di­ses con­ven­ti­on­nels regrou­pés pour le par­cours principal.

Dans leur rap­port finan­cier 2021[2], les con­seils d’administration de CFF SA et de CFF Cargo SA esti­ment qu’un sub­ven­ti­on­ne­ment de leur offre de fret fer­ro­vi­ai­re est néces­saire et pro­ba­ble. Le Con­seil fédé­ral et les ent­re­pri­ses fédé­ra­les sem­blent donc être d’accord sur la néces­si­té de sou­te­nir finan­ciè­re­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. Néan­mo­ins, leur esti­ma­ti­on des volu­mes et de la finan­ça­bi­li­té s’appuie uni­quement sur les indi­ca­ti­ons de CFF Cargo. Les aut­res opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re, majo­ri­taire­ment pri­vés, ne sont pas pris en comp­te dans cette ana­ly­se. Nous som­mes d’avis qu’il est urgent de chan­ger de point de vue.

Adopter une nouvelle perspective

Depuis la réfor­me fer­ro­vi­ai­re 1 de 1999, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire est opéré par CFF Cargo en mono­po­le – sans grand suc­cès, comme le mont­re un bilan éta­b­li 25 ans après la décis­i­on du Par­le­ment. Cela doit chan­ger. En unis­sant leurs forces et sous l’égide de la Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC )[3], les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re actifs dans toute la Suis­se et leurs cli­ents sont à même de repen­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le pays.

Illus­tra­ti­on 1, page 51 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur le territoire”.

Le rap­port pré­sen­te deux gran­des ori­en­ta­ti­ons pour le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire (llus­tra­ti­on 1): l’une com­prend l’arrêt du TWCI, l’autre l’encouragement finan­cier du TWCI. Du point de vue de la VAP, c’est là une visi­on réduc­tri­ce. Un chan­ge­ment de per­spec­ti­ve est néces­saire à deux égards: pre­miè­re­ment, les acteurs doi­vent redé­fi­nir la maniè­re dont ils con­çoi­vent leur rôle et repen­ser leurs pro­ces­sus. Deu­xiè­me­ment, la situa­ti­on finan­ciè­re doit être con­sidé­rée d’un point de vue neu­tre. En effet, ni les pro­grès tech­ni­ques envi­sa­gés (mot-clé: cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC), ni la visi­on pure­ment inter­ne de CFF Cargo ne pour­ront con­dui­re à une réor­ga­ni­sa­ti­on. Celle-ci dev­rait d’ailleurs être au cent­re de la dis­cus­sion sur l’avenir qui est en cours. La forme d’organisation pré­sen­tée dans le rap­port (Illus­tra­ti­on 2) con­sti­tue une base de réfle­xi­on per­met­tant d’élaborer d’autres vari­an­tes d’orientation.

Illus­tra­ti­on 2, page 50 du rap­port “Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’en­sem­ble du territoire”.

Décider sur la base des faits

Pour éva­luer le beso­in de finance­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire, il faut impé­ra­ti­ve­ment s’appuyer sur une ana­ly­se de la ren­ta­bi­li­té réa­li­sée par des experts exter­nes neutres.

S’il s’avère que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses n’est pas ren­ta­ble, il con­vi­ent de distin­guer si cela est dû à la posi­ti­on mono­po­lis­tique de CFF Cargo ou au sys­tème lui-même. La tier­ce par­tie neu­tre doit en outre véri­fier si l’autofinancement tel qu’il est exigé par la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM[4]) est actu­el­le­ment recher­ché. Ce n’est que lorsqu’il dis­po­se­ra d’une ana­ly­se détail­lée de la situa­ti­on actu­el­le que le Par­le­ment pour­ra se pro­non­cer sur les mesu­res à prend­re en conséquence.

Limiter le financement dans le temps

S’il res­sort qu’un sou­ti­en finan­cier est indé­nia­blem­ent indi­qué, celui-ci doit être con­sidé­ré comme un finance­ment limi­té dans le temps pour une nou­vel­le con­cep­ti­on fon­da­men­ta­le – et non comme un sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent. Un finance­ment de départ limi­té dans le temps peut sou­te­nir la mise en place d’un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re ori­en­té vers la con­cur­rence jusqu’à ce que sa digi­ta­li­sa­ti­on et son auto­ma­tis­a­ti­on simul­ta­nées et la mise en ser­vice de nou­veaux élé­ments de réseau de l’étape d’aménagement 2035 soi­ent ache­vées. En revan­che, un sou­ti­en dura­ble annu­lerait les inci­ta­ti­ons de l’économie de mar­ché en faveur de la com­pé­ti­ti­vi­té et de l’autofinancement du TWCI et ren­drait impos­si­ble le déve­lo­p­pe­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suisse.

 

[1] «Future ori­en­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire», rap­port du Con­seil fédé­ral don­nant suite au pos­tu­lat 21.3597 de la CTT‑E du 10 mai 2021. En adop­tant en 1999 la réfor­me des chem­ins de fer 1, le Par­le­ment a trans­fé­ré à CFF Cargo SA le mono­po­le de l’exploitation du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur l’ensemble du ter­ri­toire. La part de CFF Cargo dans le fret fer­ro­vi­ai­re dans le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export est de quel­que 60 %. Les 40 % restants sont des trans­ports directs par wagons com­plets réa­li­sés via des voies de rac­cor­de­ment et des terminaux.

[2] «Rap­port finan­cier des CFF 2021», cha­pit­re «Valo­ri­sa­ti­ons incer­tai­nes par rap­port à la crise sani­taire et à Cargo Suis­se», p. 84

[3] La Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC) a été fon­dée en 2018. Elle défend les inté­rêts de l’UTP, de CFF Cargo et de la VAP avec pour mis­si­on de moder­nis­er le fret fer­ro­vi­ai­re sur l’ensemble du ter­ri­toire et de le rend­re plus effi­cace, con­for­mé­ment à l’art. 3a de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Pré­si­dent: Frank Fur­rer, secré­tai­re géné­ral de la VAP, vice-pré­si­den­te: Dési­rée Baer, CEO CFF Cargo –> Artic­les sur la CI TWC.

[4] «Loi fédé­ra­le sur le trans­port de mar­chan­di­ses par des ent­re­pri­ses de che­min de fer, de trans­port à câbles ou de navi­ga­ti­on (loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses, LTM)» art. 2 al. 2

Forum Fret ferroviaire: le secteur est uni pour le progrès dans le domaine du fret ferroviaire

Forum Fret ferroviaire: le secteur est uni pour le progrès dans le domaine du fret ferroviaire

Mis en veil­leu­se pen­dant trois longues années, le très popu­lai­re forum Fret fer­ro­vi­ai­re a enfin pu faire son retour le 3 mai 2022. Il a réuni les prin­ci­paux acteurs et repré­sen­tants du sec­teur des char­geurs de l’Europe entiè­re venus rafraîchir leurs con­nais­sances tech­ni­ques et éch­an­ger avec leurs col­lè­gues d’autres ent­re­pri­ses. Les chan­ces de rend­re le fret fer­ro­vi­ai­re prêt à affron­ter l’avenir dans un effort com­mun sont bonnes!

Des approches intéressantes

Les plans direc­teurs Trans­port de mar­chan­di­ses et Fret fer­ro­vi­ai­re en par­ti­cu­lier lan­cés en Alle­ma­gne et en Autri­che don­nent un aper­çu com­plet des stra­té­gies et mesu­res poli­ti­ques. Il n’y a pas d’équivalent en Suis­se. Au lieu de cela, le pays se con­cent­re enco­re lar­ge­ment sur les dif­fér­ents modes de trans­port. La VAP pour­su­it donc tou­jours une visi­on glo­ba­le du trans­port de mar­chan­di­ses et de la logis­tique, en étroi­te coopé­ra­ti­on avec eco­no­mie­su­is­se et l’ASTAG.

L’Autriche pré­sen­te une modi­fi­ca­ti­on dans la loi sur la ges­ti­on des déche­ts. Celle-ci impo­se qu’à l’avenir, les trans­ports de déche­ts d’un poids total de plus de dix ton­nes se fas­sent, à par­tir d’un tra­jet d’une longueur défi­nie (décrois­san­te entre le 1.1.2023 et le 1.1.2026 de 300, 200, 100 km), par le train ou par un autre mode de trans­port ayant un potentiel de pol­lu­ti­on ou de gaz à effet de serre équi­va­lent ou infé­ri­eur (p. ex. ent­raî­ne­ment par pile à com­bus­ti­ble ou moteur électrique).

On obser­ve des évo­lu­ti­ons simi­lai­res dans le can­ton de Zurich, par exemp­le dans l’ordonnance du 3 février 2021 sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re des déb­lais et des gra­nu­lats de roche. Celle-ci exige qu’une part con­sidé­ra­ble du trans­port des déb­lais se fasse par le rail – ou soit que ces trans­ports soi­ent sou­mis à une taxe de sub­sti­tu­ti­on. Si nous nous féli­ci­tons sur le prin­ci­pe de cette règle­men­ta­ti­on visa­nt à att­eind­re les objec­tifs envi­ron­ne­men­taux, nous esti­mons qu’il est peu effi­cace d’imposer le choix du moyen de trans­port par le biais d’une con­train­te douce. La VAP s’efforce plu­tôt de rend­re les chem­ins de fer per­for­mants et attra­yants pour les char­geurs, de sorte à rend­re super­flue toute mise sous tutelle.

Nous por­tons donc un juge­ment très posi­tif sur l’intérêt com­mun con­sistant à faire pro­gresser la digi­ta­li­sa­ti­on. Les acteurs du sec­teur des char­geurs sont plus unis que jamais aupa­ra­vant pour le pro­grès. Il est impres­si­on­nant de voir com­ment les dif­fér­ents acteurs, orga­ni­sés en réseau à l’échelle de l’Europe entiè­re, optent pour la digi­ta­li­sa­ti­on et sont déter­mi­nés à action­ner ensem­ble ce levier afin de prépa­rer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à affron­ter l’avenir. Dif­fér­ents expo­sés ont mon­tré que le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) non seu­le­ment appor­te un allè­ge­ment con­sidé­ra­ble des travaux méca­ni­ques, mais pose avant tout un jalon pour la con­nec­ti­vi­té de l’ensemble du train. Ceci est la con­di­ti­on pré­alable à la digi­ta­li­sa­ti­on, si importan­te pour le fret fer­ro­vi­ai­re, qui a déjà eu lieu depuis long­temps dans d’autres sec­teurs. Grâce à des pro­ces­sus plus effi­caces et trans­par­ents, les chem­ins de fer peu­vent deve­nir com­pé­ti­tifs par rap­port aux aut­res moy­ens de trans­port, sui­vant la devi­se «col­la­bo­ra­ti­on & coo­pé­ti­ti­on», que nous, la VAP, asso­cia­ti­on des char­geurs, sou­te­nons également.

Les mem­bres de la VAP peu­vent télé­char­ger ici les pré­sen­ta­ti­ons des inter­venants à l’aide de leurs don­nées de con­ne­xi­on personnelles.

 

Déroulement détaillé du forum

La mati­née a tour­né autour de la ques­ti­on «La poli­tique des trans­ports sous l’emprise de la fré­né­sie verte ?». Gil­les Peter­hans, secré­tai­re géné­ral de l’UIP a expli­qué les thé­ma­ti­ques de la poli­tique des trans­ports au niveau euro­pé­en. Malte Law­renz, pré­si­dent de VPI Alle­ma­gne (asso­cia­ti­on des pro­prié­tai­res de wagons de mar­chan­di­ses), a détail­lé le cadre de la poli­tique des trans­ports pour l’Allemagne et mon­tré de quel­le maniè­re le rail allait avoir la prio­ri­té et quel encou­ra­ge­ment était néces­saire pour pou­voir mett­re en œuvre le plan direc­teur Fret fer­ro­vi­ai­re. Frank Petut­s­ch­nig, secré­tai­re géné­ral VPI Autri­che, a dres­sé un tableau de la situa­ti­on autri­chi­en­ne sur le même sujet, met­tant pour sa part l’accent sur la visi­on glo­ba­le du trans­port de mar­chan­di­ses, à savoir sur un choix du mode de trans­port le plus effi­cace pos­si­ble en ter­mes de con­som­ma­ti­on d’énergie par tonne. Dési­rée Baer, CEO de CFF Cargo, a com­plé­té par son expo­sé le tableau de la situa­ti­on du cadre de la poli­tique des trans­ports en Suis­se et a pré­sen­té la Com­mun­au­té d’intérêts Tra­fic par wagons com­plets (CI TWC), la pla­te­for­me de coopé­ra­ti­on des chem­ins de fer et des chargeurs.

Lors de la dis­cus­sion-débat qui a suivi, il est appa­ru clai­re­ment que les jalons pour l’avenir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sont ori­en­tés sur l’innovation et que la pro­chai­ne étape con­sis­te­ra à défi­nir la maniè­re dont les inves­tis­se­ments seront finan­cés. Il est res­sor­ti clai­re­ment que les nou­veau­tés con­cer­naient tous les acteurs et qu’une appro­che col­la­bo­ra­ti­ve était donc la voie à sui­v­re. La coopé­ra­ti­on et la con­cur­rence – ou plu­tôt la coo­pé­ti­ti­on – sont deux aut­res mots-clés sou­hai­tés non seu­le­ment par les acteurs du rail, mais aussi dans le domaine de l’interaction entre le rail et la route.

L’après-midi s’est arti­culé autour de deux thè­mes-clés pas­si­on­nants: «Inno­va­tions & mise en œuvre pos­si­ble» et «La digi­ta­li­sa­ti­on avec des mesu­res con­crè­tes». Jürg Lüt­scher, spé­cia­lis­te de l’innovation et de la régu­la­ti­on à la VAP, a parlé de l’automatisation du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se. Il a souli­g­né l’importance de l’optimisation des pro­ces­sus et des inter­faces en aval de l’innovation, autre­ment dit de l’interopérabilité. Ralf Mar­xen, Head of Exter­nal Tech­ni­cal Affairs chez Deut­sche Bahn AG, a fait un expo­sé sur le che­min vers le train de mar­chan­di­ses intel­li­gent: «De Shift2Rail à Europe’s Rail». Il a mon­tré les étapes importan­tes de l’innovation, le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) jouant un rôle clé dans la digi­ta­li­sa­ti­on et per­met­tant par exemp­le une auto­ma­tis­a­ti­on des pro­ces­sus et un suivi ainsi qu’une com­mu­ni­ca­ti­on pré­cise avec les cli­ents, ce qui aug­men­te con­sidé­ra­blem­ent le niveau de ser­vice du fret fer­ro­vi­ai­re. Ste­fan Hagen­lo­cher, direc­teur géné­ral de HWH et chef de pro­jet TIS a mon­tré en direct par con­ne­xi­on vidéo quel­les sont selon le Tech­ni­scher Inno­va­ti­ons­kreis Schie­nen­gü­ter­ver­kehr (Cer­cle d’innovation tech­ni­que Fret fer­ro­vi­ai­re – TIS) les con­di­ti­ons pré­al­ables à un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses numé­ri­que et com­pé­ti­tif. Il a clai­re­ment donné à com­prend­re qu’il n’y aura pas d’automatisation com­plè­te du fret fer­ro­vi­ai­re sans le DAC et qu’il était indis­pensable de pas­ser par une stan­dar­di­s­a­ti­on des aspects tech­ni­ques et par une stra­té­gie de migra­ti­on concertée.

Les deux loueurs de wagons Niko Davids, Chief Digi­tal Offi­cer chez VTG AG, et Chris­toph Becker, responsable ECM II et ges­ti­on de la sécu­ri­té chez Was­co­sa AG, ont pré­sen­té leurs stra­té­gies de digi­ta­li­sa­ti­on visa­nt à ren­forcer la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Leur mes­sa­ge allait dans le même sens – d’autant que les deux con­curr­ents ont fait un geste fort en inter­ven­ant con­join­te­ment: «Col­la­bo­ra­ti­on et coo­pé­ti­ti­on: la digi­ta­li­sa­ti­on n’est pas un pro­jet indi­vi­du­el! Seule la coopé­ra­ti­on acti­ve et ouver­te appor­te un avan­ta­ge au secteur!»

Jörg Bisang, responsable pro­duits de ZKE, a impres­si­onné l’assistance en mon­trant les pos­si­bi­li­tés déjà existan­tes appor­tées dans le pro­jet «Way­si­de Intel­li­gence» par la digi­ta­li­sa­ti­on du con­trô­le tech­ni­que des véhi­cu­les, et il a invi­té les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res et les pro­prié­tai­res de wagons à tirer parti de ces opportunités.

La dis­cus­sion-débat fina­le a clai­re­ment fait res­sor­tir que tous sou­hai­taient se con­cen­trer ensem­ble sur la migra­ti­on du DAC et par­ti­ci­per ainsi à une inno­va­ti­on interopé­ra­ble. Cette col­la­bo­ra­ti­on con­cer­ne le sys­tème fer­ro­vi­ai­re dans son ensem­ble, c’est pour­quoi il ne faut pas tra­vail­ler ensem­ble en tant que con­curr­ents, mais comme une équi­pe d’innovation au sein de laquel­le on éch­an­ge des idées sur les objec­tifs à att­eind­re. Des décis­i­ons rapi­des et cou­ra­ge­u­ses peu­vent per­mett­re une mise en œuvre efficace.

En con­clu­si­on, nous pou­vons dire que le forum Fret fer­ro­vi­ai­re a été un suc­cès où tous ont appré­cié de se retrou­ver et d’échanger enfin dans le «monde réel».

4<sup>e</sup> paquet ferroviaire de l’UE: profiter de l’élan d’innovation

4e paquet ferroviaire de l’UE: profiter de l’élan d’innovation

La pro­tec­tion du cli­mat figu­re en tête de l’agenda poli­tique euro­pé­en. Dans notre région for­te­ment indus­tria­li­sée, un beso­in élevé de mobi­li­té des per­son­nes et de trans­port des mar­chan­di­ses ent­raî­ne depuis long­temps un volu­me con­sidé­ra­ble d’émissions noci­ves pour le cli­mat. Sur la voie de la neu­tra­li­té car­bo­ne, le monde poli­tique attend du sec­teur fer­ro­vi­ai­re qu’il exploi­te sys­té­ma­ti­quement ses avan­ta­ges et appor­te une con­tri­bu­ti­on sub­stan­ti­el­le à une logis­tique plus respec­tueu­se des res­sour­ces. L’innovation nous donne la pos­si­bi­li­té de rend­re la pro­duc­tion des trans­ports de mar­chan­di­ses plus effi­cace, donc moins coû­teu­se et plus con­vi­via­le, tout en aug­men­tant la dis­po­ni­bi­li­té des sil­lons sur nos réseaux fer­ro­vi­ai­res existants.

Le secteur ferroviaire doit se numériser

En réa­li­té, les con­di­ti­ons pour répond­re à ces atten­tes poli­ti­ques sont bon­nes. En Euro­pe, il exis­te un réseau fer­ro­vi­ai­re dense sur lequel le train peut, com­pa­ré à d’autres modes de trans­port, dépla­cer des mas­ses importan­tes avec un fai­ble beso­in en éner­gie et en espace, les prin­ci­paux cen­tres étant tous reliés entre eux. Cepen­dant, dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de nombreu­ses nor­mes et métho­des de tra­vail sont lar­ge­ment dépas­sées. Et les spé­ci­fi­ci­tés de chaque pays sont par­fois dia­mé­tra­le­ment oppo­sées. C’est l’une des prin­ci­pa­les rai­sons pour les­quel­les la hausse des per­for­man­ces récla­mée par le sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne s’est pas pro­duite jusqu’à pré­sent. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne pour­ra répond­re de maniè­re con­vain­can­te aux atten­tes poli­ti­ques éle­vées – jouer le rôle clé men­ti­onné dans la mise en œuvre de la poli­tique cli­ma­tique – que s’il se renou­vel­le fon­da­men­ta­le­ment. Pour cela, il a beso­in d’une pous­sée d’innovation couvrant l’ensemble du sys­tème et de règles sou­ve­rai­nes har­mo­ni­sées cor­re­spond­ant à l’état de la technique.

Interopérabilité harmonisée à l’échelle de l’UE

C’est là que le pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE entre en jeu. Il vise une har­mo­ni­sa­ti­on sys­té­ma­tique dans le tra­fic inter­na­tio­nal à voie nor­ma­le. Les États mem­bres sont appelés à appli­quer sys­té­ma­ti­quement les nor­mes d’interopérabilité et à har­mo­nis­er les pro­cé­du­res d’autorisation cor­re­spond­an­tes au niveau inter­na­tio­nal. Cela per­met­tra de sup­p­ri­mer les obs­ta­cles actuels aux trans­ports trans­fron­ta­liers et d’ouvrir la voie à des étapes d’innovation euro­pé­en­nes com­mu­nes. Ainsi, le pilier tech­ni­que devi­ent décisif pour des inno­va­tions réus­sies dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re européen.

Cel­les-ci com­pren­nent quat­re thè­mes et amé­lio­re­ront con­sidé­ra­blem­ent la posi­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re sur le mar­ché au cours des pro­chai­nes années:

  • Règles sou­ve­rai­nes har­mo­ni­sées au niveau international
  • Sys­tè­mes tech­ni­ques com­pa­ti­bles par-delà les frontières
  • Pro­ces­sus har­mo­ni­sés au niveau inter­na­tio­nal pour les acti­vi­tés liées à la sécurité
  • Acti­vi­tés com­mu­nes de déve­lo­p­pe­ment intersystémique
L’automatisation devient commercialisable

L’entreprise com­mu­ne «sys­tème fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en» (EU-RAIL) a lancé un important déve­lo­p­pe­ment inter­eu­ro­pé­en avec l’European Freight Digi­tal Auto­ma­tic Cou­pler Deli­very Pro­gram (EDDP). Celui-ci doit per­mett­re la numé­ri­sa­ti­on et l’automatisation du trans­port de mar­chan­di­ses. Les travaux de déve­lo­p­pe­ment doi­vent être suf­fi­sam­ment avan­cés d’ici 2025 pour que les attel­ages auto­ma­ti­ques numé­ri­ques soi­ent dis­po­nibles en série pour la migra­ti­on à venir du maté­ri­el roulant.

La Suisse au cœur du projet

Tant d’un point de vue éco­no­mi­que que géo­gra­phi­que, il est judi­cieux que la Suis­se par­ti­ci­pe de maniè­re acti­ve et cohé­ren­te aux acti­vi­tés en cours de l’UE – a for­tio­ri dans le con­tex­te du bras de fer autour de l’accord-cadre insti­tu­ti­on­nel. La révi­si­on de la loi suis­se sur les chem­ins de fer (LCdF), qui vise à adap­ter de maniè­re auto­no­me nos pre­scrip­ti­ons sou­ve­rai­nes aux direc­ti­ves Interop et de sécu­ri­té du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE, est une impul­si­on bien­ve­nue pour s’attaquer acti­ve­ment aux paquets d’innovation visés. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re suis­se doit et va uti­li­ser dès que pos­si­ble cette pous­sée d’innovation à son avan­ta­ge afin de res­ter un par­ten­aire com­pé­ti­tif dans le sec­teur des trans­ports, où la con­cur­rence com­mer­cia­le est rude.

Transfert du trafic: sur la bonne voie avec le transit

Transfert du trafic: sur la bonne voie avec le transit

Le «rap­port sur le trans­fert juil­let 2019 – juin 2021» du Con­seil fédé­ral pré­sen­te l’évolution du fret tran­sal­pin et de la pol­lu­ti­on de l’environnement sur les axes de tran­sit alpin. Ensuite, il décrit les avan­cées de la mise en œuvre des instru­ments de trans­fert et des mesu­res d’accompagnement. Sur cette base, le Con­seil fédé­ral pro­po­se plu­s­ieurs mesu­res de sou­ti­en du trans­fert. Enfin, il éva­lue la pour­suite de la poli­tique de trans­fert au cours des pro­chai­nes péri­odes de référence.

Une réussite dans le transit

Le rap­port sur le trans­fert 2021 mont­re que la direc­tion prise en ce qui con­cer­ne l’évolution du fret tran­sal­pin est la bonne. Le suivi et l’établissement de rap­ports font leurs preu­ves. Mais il reste enco­re beau­coup à faire. Le nombre de cour­ses tran­sal­pi­nes de véhi­cu­les lourds se situe à près de 900 000 pour l’année 2021. Le volu­me est donc enco­re net­te­ment supé­ri­eur à 650 000 cour­ses, qui est l’objectif défi­ni par la loi. Notam­ment en ce qui con­cer­ne la décar­bo­ni­sa­ti­on à venir du tra­fic pour att­eind­re les objec­tifs cli­ma­ti­ques 2050, d’autres mesu­res sont néces­saires de toute urgence.

Beaucoup de choses ont été faites, mais il reste encore beaucoup à faire

Chez VAP, nous som­mes d’avis qu’il faut ren­forcer les mesu­res qui ont été pri­ses jusqu’ici et notam­ment élar­gir les mesu­res de sou­ti­en finan­ciè­res de maniè­re tech­no­lo­gi­quement neu­tre. À l’heure actu­el­le, seul le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné en béné­fi­cie. D’autres for­mes de pro­duc­tion fer­ro­vi­ai­re ne sont pas sou­te­nues. Bien enten­du, nous devons accep­ter les limi­tes du trans­fert du tra­fic dans le tran­sit et faire en sorte d’unir nos forces ici. Il incom­be tou­te­fois à la poli­tique et à l’économie de son­der le potentiel pour une pour­suite du trans­fert dans le tran­sit. C’est ce que nous avons fait par la suite.

Potentiel n° 1: multimodalité

La route, le rail et la voie mari­ti­me se com­plè­tent par­fai­te­ment. Les char­geurs peu­vent com­bi­ner ces modes de trans­port sous forme de solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les effi­caces, le fret fer­ro­vi­ai­re étant con­sidé­ré comme l’épine dor­sa­le des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Par con­sé­quent, la pro­mo­ti­on de la mul­ti­mo­da­li­té doit se faire de maniè­re tech­no­lo­gi­quement neu­tre. À l’heure actu­el­le, c’est le tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné qui est prin­ci­pa­le­ment sou­tenu et non le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses clas­si­que. Le résul­tat: la part du trans­port par wagons com­plets dans le tran­sit baisse.

Figure 1: évolution de la répartition modale en fret transalpin 1984-2020.

 

Nous esti­mons que c’est une occa­si­on man­quée. En effet, la «loi fédé­ra­le sur le trans­fert de la route au rail du trans­port lourd de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes» (LTTM)1 auto­ri­se la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. Nous pen­so­ns que tou­tes les for­mes de com­bi­nai­son de la route, du rail et de la voie mari­ti­me font par­tie de la logis­tique mul­ti­mo­da­le et qu’elles doi­vent être trai­tées de maniè­re égale tant sur le plan finan­cier que sur le plan infrastructurel.

Potentiel n° 2: suivi de la qualité

Pré­sen­te­ment, seul le tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné fait l’objet d’un suivi. Cette mesu­re a pour but de con­stater la qua­li­té dans le tra­fic de tran­sit. Il n’y a pas de suivi de la qua­li­té en revan­che dans le trans­port par wagons com­plets dans le tra­fic de tran­sit. Nous con­sidé­rons que c’est une deu­xiè­me occa­si­on man­quée. Car, ainsi que cela a déjà été dit, la LTTM pré­voit la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. Il fau­drait donc sur­veil­ler la qua­li­té de tous les trans­ports mul­ti­mo­daux. Cela est valable de la même façon pour les con­teneurs, les semi-remor­ques, les wagons cou­verts, les wagons-citer­nes et autres.

Figure 2: évolution de la ponctualité dans le fret ferroviaire combiné transalpin 2019-2021.
 

 

Potentiel n° 3: connectivité et productivité

L’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), l’Union des trans­ports publics (UTP) ainsi que la VAP se lan­cent dans la numé­ri­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re dans le cadre d’un pro­jet de gran­de enver­gu­re (cf. la moti­on «Ren­forcer l’efficacité du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail grâce à l’automatisation» de Josef Ditt­li, con­seil­ler aux États et pré­si­dent de la VAP). Les tech­no­lo­gies numé­ri­ques per­met­tent de sui­v­re les envois en temps réel, d’accroître la fle­xi­bi­li­té des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re, d’effectuer des con­trô­les de la tempé­ra­tu­re, et donc d’améliorer mas­si­ve­ment la qua­li­té de l’ensemble du fret fer­ro­vi­ai­re. La numé­ri­sa­ti­on auto­ri­se éga­le­ment la con­duite et le con­trô­le de l’intégrité du train numé­ri­ques. Elle per­met, du fait de l’abandon des signaux fixes, d’augmenter con­sidé­ra­blem­ent les capa­ci­tés dans le réseau fer­ro­vi­ai­re existant, sans aucu­ne mesu­re d’aménagement sup­p­lé­men­tai­re. La numé­ri­sa­ti­on et l’automatisation devi­en­nent ainsi des élé­ments essentiels d’une poli­tique de trans­fert tour­née vers l’avenir.

Potentiel n° 4: prix des sillons

Actu­el­le­ment, les prix des sil­lons ne sont pas fixés selon le prin­ci­pe de cau­sa­li­té. En d’autres ter­mes: le fret fer­ro­vi­ai­re doit cofi­nan­cer des stan­dards oné­reux pour le trans­port de voy­a­ge­urs. Par rap­port à la situa­ti­on à l’échelle inter­na­tio­na­le, les prix des sil­lons sont très éle­vés en Suis­se et donc en dehors d’une créa­ti­on de valeur réa­lis­te dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Après les bais­ses de prix tem­po­rai­res dans le cadre des mesu­res pour lut­ter cont­re le Covid, avec un prix du sil­lon alors pra­ti­quement nul dans l’espace euro­pé­en, le prix du sil­lon reste enco­re clai­re­ment éloi­g­né de la réfé­rence euro­pé­en­ne. C’est la rai­son pour laquel­le nous con­sidé­rons une baisse dura­ble des prix des sil­lons comme une mesu­re inci­ta­ti­ve urgen­te et efficace.

Potentiel n° 5: redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP)

Actu­el­le­ment, deux tiers des recet­tes de la RPLP sont cré­di­tées sur le comp­te du fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Cela cor­re­spond à un mil­li­ard de francs suis­ses par an. Nous sug­gé­rons une véri­fi­ca­ti­on de l’affectation de la RPLP pour des amé­nage­ments dans l’intérêt du fret fer­ro­vi­ai­re. Car bien que la RPLP ait pour but de limi­ter la crois­sance du tra­fic rou­tier lourd et d’encourager le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses au rail, l’emploi des recet­tes est sou­vent déci­dé pour des amé­nage­ments au pro­fit du trans­port de voy­a­ge­urs. Par com­pa­rai­son: le con­tour­ne­ment nord de Zurich coûte à lui seul 1 mil­li­ard de francs suis­ses pour mett­re à dis­po­si­ti­on des capa­ci­tés dans l’axe est-ouest. Le pro­jet de con­s­truc­tion a été dis­cu­té dans l’EA 2035, mais la prio­ri­té a été don­née à la gare de Sta­del­ho­fen, avec un mon­tant glo­bal comparable.

Potentiel n° 6: lignes d’accès

Le tra­fic est en con­stan­te aug­men­ta­ti­on sur les lignes d’accès. Afin qu’elles soi­ent éga­le­ment attra­yan­tes pour le trans­port de mar­chan­di­ses, le Con­seil fédé­ral insis­te pour que les accords d’aménagement signés avec les pays voi­sins soi­ent respec­tés. En com­plé­ment, le Con­seil fédé­ral a déjà ordon­né avec la moti­on 20.3003 Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin la réa­li­sa­ti­on d’une ligne alter­na­ti­ve per­for­man­te (ligne de plai­ne) sur la rive gau­che du Rhin au moyen d’un accord inter­na­tio­nal avec la France et la Bel­gi­que. Celle-ci dev­rait être désor­mais trai­tée en prio­ri­té. Nous pré­co­ni­sons un cofi­nance­ment du tron­çon Karls­ru­he-Bâle sur la rive gau­che du Rhin en vue d’une réa­li­sa­ti­on rapi­de d’un tracé de ligne alter­na­tif. C’est la seule maniè­re d’améliorer à brève éché­an­ce la qua­li­té sur la ligne d’accès nord. La CTT‑N s’est lais­sée con­vain­cre par ces argu­ments et a sou­mis la moti­on 22.300 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suisse».

Potentiel n° 7: alternatives

Il exis­te par natu­re cer­tai­nes limi­tes au trans­fert du tra­fic. Il faut donc unir les forces sur les tra­fics appro­priés. Le rail et la route se com­plè­tent. Les tech­no­lo­gies d’entraînement respec­tueu­ses de l’environnement don­nent un élan décisif au per­fec­tion­ne­ment dura­ble du mode de trans­port qu’est la route. C’est la rai­son pour laquel­le nous œuvrons pour la pro­mo­ti­on d’entraînements respec­tueux de l’environnement avec un libre choix des déten­teurs. L’aménagement de la RPLP per­met­trait de pro­mou­voir des tech­ni­ques respec­tueu­ses de l’environnement et de garan­tir une sécu­ri­té des inves­tis­se­ments pour une péri­ode de dix ans. Le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par le col du Sim­plon sera garan­ti par une solu­ti­on de la bran­che. Pour en savoir plus, lisez l’article de blog «Trans­port de matiè­res dan­ge­reu­ses sur le Sim­plon».

 
Figure 3: fret routier transalpin 2019: nombre de courses par région source/de destination.

 

À l’occasion de sa réuni­on qui se tien­dra début avril 2022, la CTT‑N se pen­che­ra sur la ques­ti­on de la pro­mo­ti­on sup­p­lé­men­tai­re du fret tran­sal­pin. L’administration mon­trera dans un rap­port com­plé­men­tai­re pour le comp­te de la com­mis­si­on quel­les sont les pos­si­bi­li­tés qui sont dis­po­nibles, outre un ajus­tem­ent des prix des sil­lons, pour finan­cer une mesu­re de ce genre. Il reste à espé­rer que ces mesu­res sup­p­lé­men­tai­res pren­nent déjà en comp­te, d’un point de vue tech­no­lo­gi­quement neu­tre, tous les trans­ports fer­ro­vi­ai­res en transit.

1 Cf. art 8 LTTM

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Important transport de marchandises dangereuses au Simplon

Selon le rap­port sur le trans­fert du tra­fic de novembre 2021, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge d’interdire le trans­port des mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au Sim­plon. Il revi­ent ainsi sur l’avis qu’il avait pré­sen­té en 2015 au Par­le­ment, dans lequel il juge­ait le trans­port de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses au col du Sim­plon «suf­fi­sam­ment sûr». Ceci est d’autant plus éton­nant que l’OFROU fait depuis des années de gros inves­tis­se­ments dans les mesu­res de sécu­ri­té (bas­sin de réten­ti­on, inter­dic­tions de dépas­se­ment, voie de détres­se, etc.) et que la sta­tis­tique des trans­ports ne fait pas état d’une aug­men­ta­ti­on signi­fi­ca­ti­ve des trans­ports de mar­chan­di­ses dangereuses.

Nous pré­co­ni­sons qu’il soit pro­cé­dé à une ana­ly­se de la situa­ti­on de dan­ger en coopé­ra­ti­on avec les repré­sen­tants du sec­teur et que l’on uti­li­se les potentiels d’amélioration ciblés afin de pré­ser­ver ainsi aussi la liber­té entre­pre­neu­ria­le. Des con­ven­ti­ons de ce genre ont déjà appor­té des pro­grès appré­cia­bles pour le trans­port du chlore par rail.

Une inter­dic­tion remet­trait en cause l’approvisionnement de la popu­la­ti­on et de l’économie. Il faut en outre prend­re en comp­te que ces der­niè­res années, des inves­tis­se­ments con­sidé­ra­bles ont été réa­li­sés dans la route du Sim­plon afin d’améliorer la sécu­ri­té. Selon l’Office fédé­ral des rou­tes OFROU, le Sim­plon est con­sidé­ré comme le col le mieux amé­na­gé de Suis­se.
Vous trou­verez une argu­men­ta­ti­on com­plè­te dans la fiche d’information de sci­ence­indus­tries.

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