La VAP promouvoit le fret ferroviaire.


 

Vers le rapport

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Con­cer­nant la réor­ga­ni­sa­ti­on et la moder­ni­sa­ti­on à venir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire et son encou­ra­ge­ment dura­ble, la VAP dia­lo­gue acti­ve­ment avec les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’organisation faî­tiè­re des trans­ports publics (UTP). Un résu­mé sur l’avancement des débats figu­re ci-des­sous avec les avan­ta­ges d’un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment basé sur des incitatifs.

Les respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP et la VAP, en tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, veu­lent démon­trer ensem­ble que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire (TFM) peut être pra­ti­qué avec suc­cès sur le long terme. Les ent­re­ti­ens des repré­sen­tants de la bran­che sur l’avenir de la logis­tique du tra­fic inté­ri­eur bat­tent leur plein et devront about­ir à une posi­ti­on com­mu­ne envers le TMF, lors­que le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge con­cer­nant «l’orientation future du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le territoire».

Développer une offre de réseau pleine d’avenir

Les acteurs de la bran­che aspi­rent à une offre de réseau per­for­man­te («hub and spoke») dont doi­vent pro­fi­ter de la même façon les explo­itants du fret fer­ro­vi­ai­re et les cli­ents dans le tra­fic inté­ri­eur. Pour ce faire, il faut une nou­vel­le répar­ti­ti­on des rôles dans la pro­duc­tion et un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment finan­cier dura­ble avec des méca­nis­mes inci­ta­tifs déve­lo­p­pés. Celui-ci doit être conçu de maniè­re à ne pas faus­ser le jeu de la con­cur­rence tout en étant aussi simp­le que pos­si­ble. Il ne doit auto­ri­ser aucu­ne dis­tor­si­on du mar­ché et de la con­cur­rence entre les chem­ins de fer sub­ven­ti­onnés et non-sub­ven­ti­onnés et les pre­sta­ti­ons ou enco­re d’autres iné­ga­li­tés. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment doit com­prend­re un nombre fai­ble, mais réa­li­sable, de méca­nis­mes inci­ta­tifs avec une effi­ca­ci­té maxi­ma­le. Par ail­leurs, il doit s’adapter aux der­niers déve­lo­p­pe­ments; le plan de réduc­tion des sub­ven­ti­ons se déroule dans l’idéal par­al­lè­le­ment à l’EA 2035 et à la ligne de con­tour­ne­ment de Zurich.

Des conditions-cadres améliorées

Afin que le TFM puis­se déploy­er ses atouts, de meil­leu­res con­di­ti­ons-cad­res sont néces­saires – indé­pen­dam­ment du modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment et de la com­pré­hen­si­on des rôles. Cela comprend:

  • Réduc­tion du prix du sil­lon à l’échelon européen
  • Exten­si­on du rem­bour­se­ment de la RPLD à tous les trans­ports par route, rail, bateau
  • Exten­si­on de la pro­mo­ti­on des inves­tis­se­ments aux pro­prié­tai­res et explo­itants de voies de raccordement
  • Automatisation/digitalisation, en par­ti­cu­lier grâce au cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)
  • Pla­te­for­me de don­nées et d’information libre­ment acces­si­ble pour un dérou­le­ment opé­ra­ti­on­nel plus efficace
Des mécanismes incitatifs très efficaces

Les repré­sen­tants de la bran­che pré­voi­ent des inci­ta­tifs en faveur des char­geurs et le finance­ment ainsi que la neu­tra­li­sa­ti­on du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres. Les inci­ta­tifs en faveur des char­geurs com­pren­nent des dédom­ma­ge­ments pour les nou­veaux tra­fics, la remi­se en ser­vice de voies de rac­cor­de­ment après de longues inter­rup­ti­ons d’exploitation, des mesu­res d’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans les manœu­vres et pour les manœu­vres pro­pres sur le der­nier kilo­mèt­re. La des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres sera finan­cée par un dédom­ma­ge­ment au presta­tai­re. Celui-ci pro­po­se des des­ser­tes de pro­xi­mi­té pour l’ensemble des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re à des prix défi­nis (très loin de cou­vr­ir les coûts).

Un nouveau rôle pour CFF Cargo

CFF Cargo con­ti­nue d’assumer la fon­c­tion d’opérateur réseau. Elle se char­ge de la réa­li­sa­ti­on des cour­ses prin­ci­pa­les et des manœu­vres, super­vi­se la pla­ni­fi­ca­ti­on des tra­fics de réseau et garan­tit un grou­pe­ment effi­cace de trans­ports avec des wagons iso­lés ou des grou­pes de wagons. Pour ce faire, CFF Cargo est géné­ra­le­ment en seul cont­act avec les char­geurs, qui con­fi­ent des trans­ports dans le tra­fic réseau, et dia­lo­gue avec le presta­tai­re qui des­sert le premier/dernier kilomètre.

En faveur de la concurrence

Les repré­sen­tants de l’UTP et de la VAP s’engagent pour une solu­ti­on de bran­che dura­ble qui offre plus de sécu­ri­té en ter­mes de pla­ni­fi­ca­ti­on et d’investissement et accroît l’attractivité du mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Ils pré­voi­ent un méca­nis­me de sub­ven­ti­on­ne­ment qui ne fausse pas le jeu de la con­cur­rence et qui uti­li­se les struc­tures et métho­des d’indemnisation existan­tes. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment de la bran­che peut aug­men­ter son impact sur le trans­fert du tra­fic en pro­po­sant des inci­ta­tifs sup­p­lé­men­tai­res à des tiers avec un pre­mier et der­nier kilo­mè­tres. De cette maniè­re, les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re n’ont pas à prend­re de décis­i­on «make or buy» (faire ou faire faire). CFF Cargo peut exploi­ter le réseau grâce à l’autofinancement. La solu­ti­on qui est apparue suite au dia­lo­gue entre les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et les char­geurs doit ren­forcer la capa­ci­té com­pé­ti­ti­ve des acteurs et per­mett­re l’innovation ainsi que l’orientation clientèle.

 

À lire avec inté­rêt à ce sujet: en 2014 déjà, la recom­man­da­ti­on d’une «des­ser­te non dis­cri­mi­na­toire du der­nier kilo­mèt­re pour tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re» est res­sor­tie de notre étude.

«RAIL 2050» – regard critique sur la perspective à long terme de la Confédération

«RAIL 2050» – regard critique sur la perspective à long terme de la Confédération

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­terait ren­forcer davan­ta­ge les chem­ins de fer à long terme. Pour ce faire, il a révi­sé sa stra­té­gie à long terme pour le rail. Il fixe désor­mais de nou­vel­les prio­ri­tés dans le cadre d’un accès amé­lio­ré au train et d’une aug­men­ta­ti­on des capa­ci­tés sur l’axe Est-Ouest avec de nou­vel­les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment mul­ti­mo­da­les et des instal­la­ti­ons pour la logis­tique urbai­ne. Ci-après une éva­lua­ti­on cri­tique de cette perspective. 

Pour ce qui est des futures étapes d’aménagement de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re, le Con­seil fédé­ral a adap­té sa per­spec­ti­ve à long terme RAIL de l’année 2012 et publié des détails de la réuni­on du 22 juin 2022. Jusqu’ici, le Con­seil fédé­ral s’est con­cen­tré avant tout sur les sup­pres­si­ons des gou­lets d’étranglement et les den­si­fi­ca­ti­ons de la cadence. Avec les étapes d’aménagement à venir dans le cadre de la per­spec­ti­ve RAIL 2050, il sou­hai­te en pre­mier lieu amé­lio­rer l’offre de chem­ins de fer sur les cour­tes et moy­ennes distances, par exemp­le avec des off­res sup­p­lé­men­tai­res de RER et une valo­ri­sa­ti­on des gares de trains de ban­lieue. Il tient donc comp­te du fait que le plus grand potentiel de trans­fert rési­de dans le rail à l’intérieur des agglo­mé­ra­ti­ons ainsi que dans les liai­sons entre les cen­tres régi­on­aux et les agglomérations.

Faire avancer le transfert dans le fret ferroviaire

Il s’agit d’améliorer l’accès au train et d’augmenter les capa­ci­tés sur l’axe Est-Ouest dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Ceci avec de nou­vel­les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment muli­mo­da­les et des instal­la­ti­ons pour la logis­tique urbai­ne. Avec le trans­fert du tra­fic visé, le Con­seil fédé­ral sou­hai­te ren­forcer sa stra­té­gie afin d’atteindre les objec­tifs cli­ma­ti­ques et de mieux coor­don­ner l’aménagement du ter­ri­toire et la pla­ni­fi­ca­ti­on des trans­ports. Il exprime cette pré­ten­ti­on dans sa visi­on: «Le rail con­tri­bue de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve, grâce à une uti­li­sa­ti­on effi­cace de ses atouts, à l’objectif cli­ma­tique 2050 et ren­force le lieu de vie et la place éco­no­mi­que suisse».

Conflit d’intérêts dans le libre choix du moyen de transport

Le Con­seil fédé­ral défi­nit l’augmentation de la part du rail dans le split modal, aussi bien dans le tra­fic de voy­a­ge­urs que dans le tra­fic de mar­chan­di­ses, comme l’un des prin­ci­paux objec­tifs de RAIL 2050. Cet objec­tif est con­trai­re à la con­sti­tu­ti­on qui garan­tit le libre choix du moyen de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur. De même, il exis­te une con­tra­dic­tion avec les objec­tifs actuels du Con­seil fédé­ral, en par­ti­cu­lier avec l’objectif n° 7 du Cadre de réfé­rence 2040 du DETEC, «Ave­nir de la mobi­li­té». Il en res­sort que les usa­gers de la route en Suis­se sont libres de déci­der quel­les sont les off­res de mobi­li­té qu’ils uti­li­sent et combinent.

Concurrence intramodale et offres répondant aux principes de l’économie de marché

Pour la VAP, le split modal est le résul­tat d’une poli­tique mûre­ment réflé­chie con­cer­nant l’infrastructure, les trans­ports et l’aménagement du ter­ri­toire. En tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour des con­di­ti­ons-cad­res favor­ables qui sti­mu­lent la con­cur­rence intra­mo­da­le sur le rail et assu­rent, avec des off­res répond­ant aux prin­cipes de l’économie de mar­ché, l’orientation cli­entèle et l’innovation. Pour que de tel­les off­res puis­sent déploy­er leur potentiel, il faut suf­fi­sam­ment de capa­ci­tés sur le réseau avec des sil­lons de gran­de qua­li­té et avan­ta­ge­ux et de sites logis­ti­ques bien des­ser­vis. C’est le seul moyen d’augmenter la part du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le split modal. C’est la rai­son pour laquel­le nous met­tons en garde cont­re les idées d’autres réseaux et de sil­lons sys­té­mi­ques coor­don­nés par CFF Cargo. Ceux-ci pré­vi­en­nent la con­cur­rence intra­mo­da­le visée et ont un impact néga­tif sur l’orientation cli­entèle et l’innovation.

Garantir l’adhésion à l’Europe

Nous nous féli­ci­tons du fait que le Con­seil fédé­ral se con­cent­re sur les cour­tes et moy­ennes distances. Il occul­te tou­te­fois le potentiel du tra­fic inter­na­tio­nal dans toute son hété­ro­gé­né­i­té, ce qui est par­fai­te­ment reg­rettable. À notre avis, la per­spec­ti­ve RAIL 2050 dev­rait pré­voir un rac­cor­de­ment judi­cieux du réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se aux cor­ri­dors inter­na­ti­on­aux et aux ports rhén­ans ainsi qu’aux ports du sud dans la zone visée. Le Con­seil fédé­ral est invi­té de façon expli­ci­te par la moti­on 22.3000 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se» et la moti­on 20.3003 «Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin» à s’exprimer sur cette prétention.

Un oui franc en faveur de la digitalisation

Nous juge­ons posi­tifs l’intention d’utiliser de maniè­re con­sé­quen­te les gains d’efficacité par l’automatisation et de nou­vel­les tech­no­lo­gies, ainsi que l’objectif de mett­re en réseau l’offre de chem­ins de fer en tant que par­tie inté­gran­te de la mobi­li­té glo­ba­le de maniè­re fle­xi­ble et opti­ma­le avec les aut­res modes et off­res de trans­port. Outre les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment mul­ti­mo­da­les men­ti­onnées, les con­di­ti­ons-cad­res et du mar­ché pour les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re jouent prin­ci­pa­le­ment un rôle déter­mi­nant ici. Cela com­prend, outre le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC), en par­ti­cu­lier les pla­te­for­mes de don­nées et de réser­va­ti­on ouver­tes. Avec leur aide, des don­nées de l’ensemble de la chaî­ne de valeur sont sai­sies et échan­gées dans la trans­pa­rence, de sorte que les cli­ents des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re peu­vent réser­ver sim­ple­ment leurs envois et sui­v­re en temps réel les flux de marchandises.

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

La pénurie d’électricité est une ques­ti­on urgen­te pour la poli­tique et l’économie. Il nous tient donc à cœur d’informer nos mem­bres au plus près de l’actualité. Dans ce troi­siè­me volet de notre blog, nous expli­quons com­ment le sec­teur fer­ro­vi­ai­re peut appli­quer les appels du Con­seil fédé­ral à prend­re des mesu­res volon­tai­res d’économie d’énergie.

La Con­fé­dé­ra­ti­on a fixé les tâches de maî­tri­se d’une éven­tu­el­le crise éner­gé­tique. En fon­c­tion de la maniè­re dont la situa­ti­on éner­gé­tique évo­luera, elle pour­ra recour­ir à des mesu­res d’économie de l’énergie. Cel­les-ci pré­voi­ent quat­re niveaux pos­si­bles. Nous nous trou­vons actu­el­le­ment au niveau 1, inti­tulé «appels à rédui­re volon­tai­re­ment la con­som­ma­ti­on». La coor­di­na­ti­on cen­tra­le des pré­oc­cu­pa­ti­ons rela­ti­ves aux trans­ports est prise en char­ge par l’Office fédé­ral des trans­ports. Le Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) a créé une «Alli­ance pour les éco­no­mies d’énergie» qui s’accompagne d’une vaste cam­pa­gne. Cette alli­ance deman­de aux orga­ni­sa­ti­ons de la Suis­se entiè­re de sou­te­nir les efforts pour assurer l’approvisionnement durant l’hiver en pren­ant des mesu­res d’économies de l’énergie. L’objectif doit con­sis­ter à mett­re en œuvre à l’échelle du sec­teur des mesu­res aussi uni­for­mes que pos­si­ble en Suis­se. C’est ce qui sera le plus com­pré­hen­si­ble pour les béné­fi­ci­ai­res de pre­sta­ti­ons de transports.

La VAP emboîte le pas

À la VAP, nous sou­te­nons la recom­man­da­ti­on d’adhérer à l’«Alliance pour les éco­no­mies d’énergie». Nous trans­met­tons donc à nos mem­bres l’appel à une prise de con­sci­ence émis par l’Union des trans­ports publics (UTP). Lors de sa réuni­on du 9 sep­tembre 2022, le comi­té a publié son docu­ment de recom­man­da­ti­ons pour le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, dans lequel il recom­man­de à celui-ci de se prépa­rer acti­ve­ment à des scé­na­ri­os pos­si­bles de pénurie d’électricité et de réa­li­ser rapi­de­ment de pre­miè­res mesu­res con­crè­tes de mise en œuvre de ceux-ci.

Afin de pou­voir mett­re en œuvre de maniè­re har­mo­ni­sée les mesu­res d’économie de l’énergie de tous les acteurs de la bran­che, la coor­di­na­ti­on de cette mesu­re a été prise en char­ge par le grou­pe de tra­vail «Pénurie d’électricité dans les TP». Nous par­ti­ci­pons acti­ve­ment à celui-ci. Le grou­pe de tra­vail col­la­bo­re étroi­te­ment avec les CFF et Car­Pos­tal Suis­se SA, qui jouent le rôle de maî­tres d’œuvre. L’objectif com­mun con­sis­te à évi­ter toute limi­ta­ti­on de l’exploitation tant dans le domaine du trans­port de per­son­nes que de celui du fret. Les capa­ci­tés ne doi­vent être rédui­tes qu’en répon­se à un recul de la deman­de. Nous nous pré­pa­rons inten­si­ve­ment à d’autres niveaux d’escalade dans plu­s­ieurs grou­pes de tra­vail. Notre sec­teur doit faire preuve vis-à-vis des pou­voirs publics de sa com­pé­tence et de sa pro­pen­si­on à coopérer.

L’énergie est limitée

«L’énergie est limi­tée. Ne la gas­pil­lons pas.» C’est sous cette devi­se que le DETEC a com­pilé des con­seils d’économies à l’intention des par­ti­cu­liers et des ent­re­pri­ses. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit lui aussi faire des éco­no­mies volon­tai­res d’énergie. Cet appel com­prend des mesu­res de mise en œuvre appli­ca­bles aux nombreux bâti­ments uti­li­sés par les chem­ins de fer. Ces mesu­res ne limi­tent pas l’offre de fret fer­ro­vi­ai­re. L’attention se con­cent­re actu­el­le­ment sur la baisse de la tempé­ra­tu­re de chauf­fa­ge ainsi que sur la réduc­tion de l’eau chau­de et de l’éclairage. Par ail­leurs, chaque ent­re­pri­se de trans­port est appelée à effec­tuer des opti­mi­sa­ti­ons d’exploitation éner­gé­ti­ques dans ses bâti­ments de bureaux et d’exploitation. Des mesu­res d’économies for­mulées de maniè­re adap­tée aux col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs (con­duc­tri­ces et con­duc­teurs de train, per­son­nel des bureaux et des ate­liers) vien­dront com­plé­ter le train de mesures.

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

Le Dr Heiko Fischer est pré­si­dent de l’International Union of Wagon Kee­pers UIP. Dans son ent­re­ti­en avec la VAP, l’ancien PDG de VTG parle de l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il sou­hai­te que ce sec­teur sus­ci­te davan­ta­ge d’enthousiasme et expli­que pour­quoi il con­sidè­re comme fatal l’abandon du tra­fic par wagons com­plets iso­lés en Suisse.

 

Monsieur le Dr Fischer, quels sont à votre avis les principaux défis et outils de régulation concernant le marché ferroviaire?

Ils sont nombreux. L’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est obsolè­te ou est deve­nue en de nombreux end­roits un patch­work au fil du temps. Il y a enco­re des fron­tiè­res entre les sous-sys­tè­mes. Chaque année d’inaction aggra­ve le pro­blè­me, car le vieil­lis­se­ment du sys­tème se pour­su­it. C’est à cet égard que je vois un outil de régu­la­ti­on: dans la coor­di­na­ti­on en Euro­pe cen­tra­le des plans d’aménagement, des itin­é­rai­res de déles­ta­ge et des mesu­res de con­s­truc­tion cor­re­spond­an­tes. Effec­ti­ve­ment, les réseaux trans­eu­ro­pé­ens sui­vent cette appro­che inté­gra­ti­ve. Mais les lignes second­ai­res et les réseaux de dis­tri­bu­ti­on fine ne doi­vent pas être mis de côté lorsqu’il s’agit des allo­ca­ti­ons d’investissements, de la pla­ni­fi­ca­ti­on de l’aménagement et des réno­va­tions, des sys­tè­mes de com­man­de des trains ainsi que de la règlementation.

Un autre instru­ment de régu­la­ti­on est à mes yeux la digi­ta­li­sa­ti­on inté­gra­le du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de la mise en réseau de l’infrastructure à l’exploitation opé­ra­ti­on­nel­le en pas­sant par le maté­ri­el rou­lant. Il dev­rait à cet égard y avoir une logi­que uni­fiée avec des inter­faces cor­re­spond­an­tes. On pour­ra ensuite réa­li­ser une élec­tri­fi­ca­ti­on mesu­rée et ciblée. Les lignes peu sol­li­ci­tées pour­rai­ent aussi être opé­rées par des loco­mo­ti­ves hybri­des à hydrogène.

«Pour cer­tai­nes urgen­ces, le fret fer­ro­vi­ai­re est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. »

Le capi­tal dis­po­nible est lui aussi un point clé. Le mar­ché fer­ro­vi­ai­re n’a pas seu­le­ment beso­in de suf­fi­sam­ment de capi­taux pri­vés. Pour cer­tai­nes urgen­ces, il est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. Ces inves­tis­se­ments dépas­sent les forces finan­ciè­res du sec­teur privé et de la plu­part des ent­re­pri­ses de chem­ins de fer publi­ques. Enfin, per­son­ne ne sou­hai­te inves­tir dans des tech­no­lo­gies qui ne por­te­ront leurs fruits qu’à la décen­nie sui­van­te, et ce peut-être même chez d’autres acteurs du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Cela m’amène à abor­der un autre outil de régu­la­ti­on: il faut aussi que les gou­ver­ne­ments, régu­la­teurs et poli­ti­ci­ens aient une com­pré­hen­si­on éco­no­mi­que pro­fon­de des méca­nis­mes de fon­c­tion­ne­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Cela passe par un chan­ge­ment de men­ta­li­té de tous les acteurs du système.

Dans quelle mesure?

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re n’est pas pré­cis­é­ment renom­mé pour pen­ser de maniè­re proac­ti­ve ni pour mett­re en place les nou­veau­tés rapi­de­ment. Beau­coup se con­sidè­rent comme des vic­ti­mes, que ce soit du passé, de mau­vai­ses décis­i­ons, de la route, de la météo ou d’autre chose enco­re. À mon avis, cela doit abso­lu­ment chan­ger. Après tout, nous ne fai­sons pas cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses pour notre plai­sir, mais dans le but de géné­rer une valeur ajou­tée pour les char­geurs et pour notre coll­ec­ti­vi­té. Les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent repla­cer le cli­ent au cent­re de leurs pré­oc­cu­pa­ti­ons et prend­re aujourd’hui en comp­te ses beso­ins futurs. Pour que la muta­ti­on qui s’impose puis­se réel­le­ment avoir lieu, il faut que se déve­lo­p­pent une men­ta­li­té de chan­ge­ment, une atti­tu­de du «can do».

Quelles innovations avez-vous fait avancer au cours des dernières années chez VTG, et lesquelles étaient révolutionnaires? 

Spon­ta­né­ment, il me vient à l’esprit VTG Con­nect. Cette tech­no­lo­gie télé­ma­tique coll­ec­te les don­nées per­ti­nen­tes de l’ensemble de la flot­te et de nombreux trans­ports. Elle crée la base d’une ges­ti­on numé­ri­que effi­cace de la flot­te, car elle rend les don­nées uti­li­sables pour les cli­ents et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et à des fins de main­ten­an­ce. Avec cette inno­va­ti­on, nous avons pour ainsi dire mis sur les rails le pas­sa­ge à la trans­mis­si­on de don­nées en temps réel dans le fret, à l’instar de ce que vise le DAC.

Quelle importance voyez-vous pour le DAC dans l’avenir?

Le DAC est un cata­ly­seur de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il per­met de repro­dui­re une nou­vel­le logi­que de com­man­de et des flux de don­nées en temps réel. Aujourd’hui, nous en som­mes enco­re bien loin. Le DAC fait plus qu’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Il met en réseau le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, le char­ge­ment, les sup­ports de char­ge­ment et l’énergie, c’est-à-dire l’électricité. Com­bi­né avec les nou­vel­les tech­no­lo­gies numé­ri­ques, le potentiel qui en résul­te est immense. Le DAC n’est pas seu­le­ment un sys­tème intel­li­gent de com­man­de des trains et des char­ge­ments, il rend éga­le­ment pos­si­ble d’autres offen­si­ves de digi­ta­li­sa­ti­on, comme par exemp­le les pla­te­for­mes numé­ri­ques de don­nées, de com­man­de des trains et de réservation.

«Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opérationnelle.»

Quel rôle joueront celles-ci dans l’avenir?

Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opé­ra­ti­on­nel­le. En tant que tel­les, elles four­niront aux acteurs du fret des infor­ma­ti­ons fia­bles qui per­mettront de rédui­re les distances entre les trains, de cal­cu­ler les cré­neaux horai­res et de mett­re sur le rail davan­ta­ge de ton­na­ge par unité de temps. Un sys­tème élec­tro­ni­que de ges­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses à l’échelle euro­pé­en­ne ne doit pas pro­ve­nir d’un géant de la tech­no­lo­gie du genre de Goog­le, mais dev­rait se déve­lo­p­per à par­tir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re lui-même. Nous démon­tre­rons ainsi que nous avons une capa­ci­té d’innovation supé­ri­eu­re à celle des aut­res modes de transport.

Peut-être y aura-t-il même dans l’avenir une ins­tance supé­ri­eu­re du type d’Eurocontrol, qui assu­re la coor­di­na­ti­on cen­tra­le du con­trô­le du tra­fic aéri­en. Un cock­pit de ce genre pour­rait com­man­der le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’échelle de l’Europe, don­ner cer­tai­nes direc­ti­ves aux con­duc­teurs de loco­mo­ti­ves, le cas éché­ant inter­ve­nir et un jour faire cir­cu­ler des trains auto­no­mes. Des bonds en avant d’une telle ampleur ne seront tou­te­fois pos­si­bles que si les tech­no­lo­gies numé­ri­ques dotées de l’intelligence arti­fi­ci­el­le sont mises en œuvre et fon­c­tion­nent. Elles seu­les appor­te­ront une dyna­mi­que et garan­ti­ront le ryth­me néces­saire, qui est abso­lu­ment essentiel pour la réus­si­te de la trans­for­ma­ti­on numérique.

Comment le fret ferroviaire pourrait-il se développer dans le sens de la durabilité en Europe?

Avec quel­que chose qui mette tout le monde d’accord sur l’impact éco­no­mi­que du fret et sur lequel tous les acteurs s’engagent. Je peux ima­gi­ner qu’il y aura un jour un plan direc­teur à long terme sous forme de décla­ra­ti­on d’intention auto­ré­gu­la­tri­ce et néan­mo­ins con­traignan­te. Elle dev­rait être cosi­gnée par tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res publi­ques et non publi­ques impli­quées. Ce plan direc­teur pour­rait sti­pu­ler que l’on œuvre con­join­te­ment à un trans­fert du tra­fic. Je rap­pel­le le Cont­rat uni­fié d’utilisation (CUU) de 2006, qui règle­men­te l’interaction entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res en tant qu’exploitants de wagons. L’avantage d’une con­ven­ti­on supra­na­tio­na­le sans carac­tère légal est qu’elle peut être com­plé­tée ou adap­tée rapi­de­ment et faci­le­ment. Les voies d’accès à la NLFA sont le meil­leur exemp­le de ce qui ne dev­rait pas se pro­dui­re: la com­mun­au­té des États fer­ro­vi­ai­res, Suis­se com­pri­se, s’est enga­gée à déve­lo­p­per l’axe nord-sud. Lors­que la Suis­se a ouvert le tun­nel de la NLFA, d’autres États n’avaient même pas enco­re com­men­cé la pla­ni­fi­ca­ti­on. Un plan direc­teur pour le trans­port de mar­chan­di­ses en Euro­pe pour­rait rend­re cette inten­ti­on plus con­traignan­te et mon­trer clai­re­ment que le Pacte vert pour l’Europe et les objec­tifs de trans­fert sont pris au sérieux. Mais ce plan n’est pour l’instant qu’une uto­pie. Tout le monde est en géné­ral d’accord sur les reven­dica­ti­ons fon­da­men­ta­les. Mais dès qu’il s’agit d’élaborer quel­que chose de con­cret et d’un seul ten­ant, les avis divergent.

Que pensez-vous du rapport du Conseil fédéral sur le «transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire»? Que cela signifierait-il que le Conseil fédéral le supprime?

À mon avis, ce serait là la plus gran­de err­eur en matiè­re de poli­tique des trans­ports depuis des décen­nies. La Suis­se prouve que le trans­port par wagons com­plets fon­c­tion­ne. Mais il est enco­re trop cher. Tou­te­fois, si la for­ma­ti­on et la sépa­ra­ti­on des trains se font auto­ma­ti­quement, si la com­po­si­ti­on des trains est com­man­dée numé­ri­quement et si le mar­ché pro­fi­te des nombreux avan­ta­ges des off­res numé­ri­ques, alors, logi­quemen­tes coûts bais­se­ront – et les beso­ins de sub­ven­ti­on­ne­ment avec. Le Con­seil fédé­ral dev­rait réflé­chir à la maniè­re de rend­re les off­res plus attra­yan­tes pour les cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re. Aban­don­ner tout cela avant même que la numé­ri­sa­ti­on ne porte ses fruits serait cri­mi­nel. Trans­fé­rer du fret fer­ro­vi­ai­re sur des cami­ons coûte de l’argent aussi, et il n’est pas pos­si­ble de con­teneu­ri­ser n’importe quel fret pour obte­nir des trains com­plets. À cet égard, le gou­ver­ne­ment suis­se dev­rait à mon avis se mon­trer plus con­fi­ant. Qui man­que de cou­ra­ge a perdu d’emblée.

À la VAP, nous sommes membres de l’UIP. Comment décririez-vous la VAP?

C’est une pré­cieu­se asso­cia­ti­on membre de notre famil­le euro­pé­en­ne de déten­teurs de wagons. Je la per­çois comme inno­van­te et por­teu­se d’une opi­ni­on affir­mée. La struc­tu­re uni­que de ses mem­bres lui con­fè­re un poids par­ti­cu­lier chez nous. La VAP repré­sen­te non seu­le­ment les cinq plus grands déten­teurs de wagons suis­ses, mais aussi les inté­rêts des char­geurs, des embran­chés et des repré­sen­tants des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Cette diver­si­té génè­re chez nous un impact et une rich­es­se d’idées que je con­sidè­re comme un atout pré­cieux. Grâce à la diver­si­té de ses mem­bres, la VAP peut ori­en­ter ses reven­dica­ti­ons de maniè­re plus glo­ba­le sur les uti­li­sa­teurs et les por­ter avec une plus gran­de auto­ri­té. Je sou­ti­ens l’approche cen­trée sur le cli­ent qui est celle la VAP et qui intèg­re l’utilisateur final dans le pro­ces­sus de dis­cus­sion et de décis­i­on. L’Europe peut pro­fi­ter de l’expérience suis­se en matiè­re de tra­fic de mar­chan­di­ses par wagons com­plets ou de rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons. Nous la con­sidé­rons sou­vent comme un labo­ra­toire minia­tu­re qui nous ren­voie des thè­mes. Par ail­leurs, la VAP nous fait la démons­tra­ti­on écla­tan­te de la maniè­re dont on peut con­vain­cre la popu­la­ti­on ou dont on orga­ni­se quel­que chose sur un mode posi­tif en tant que collectivité.

En quoi la VAP pourrait-elle s’améliorer?

On peut tou­jours s’améliorer. L’appel que je fais ne s’adresse pas uni­quement à la VAP, mais à tou­tes les asso­cia­ti­ons et per­son­nes impli­quées dans la poli­tique des trans­ports. Nous avons beso­in de per­son­nes enga­gées prêtes à for­mu­ler les inté­rêts en regar­dant de l’avant. Ceux qui pen­sent en ter­mes de bil­ans tri­mestri­els sont légion. Mais ce n’est pas ainsi que l’on maî­tri­se­ra l’avenir.

Que souhaitez-vous justement pour cet avenir?

Davan­ta­ge d’intérêt, davan­ta­ge de con­fi­ance. Davan­ta­ge d’enthousiasme. Les char­geurs dev­rai­ent être impa­ti­ents de mett­re enco­re plus de ton­nes sur le rail. Ce n’est qu’ainsi que nous pour­rons att­eind­re les ambi­ti­eux objec­tifs fixés en matiè­re de trans­fert et de cli­mat. La popu­la­ti­on dev­rait avoir con­sci­ence de l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re – et du fait que cela a un prix. En effet, un défer­le­ment incon­trôlé de cami­ons n’est pas une alter­na­ti­ve. Je sou­hai­te que vous, à la VAP, et nous, à l’UIP, con­ti­nui­ons à nous enga­ger jour après jour pour ce changement.

Monsieur le Dr Fischer, merci beaucoup pour cet entretien intéressant.

Dr Heiko Fischer

Le Dr Heiko Fischer a été jusqu’en 2021 au total plus de 25 ans au ser­vice de VTG, dont 17 ans en qua­li­té de PDG. Depuis 2015, il est – comme déjà entre 2004 et 2007 – pré­si­dent de l’association faî­tiè­re de déten­teurs de wagons UIP, Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers UIP, dont le siège se trouve à Bru­xel­les. L’UIP repré­sen­te plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et ser­vices de main­ten­an­ce eng­lo­bant 223 000 wagons, qui effec­tu­ent 50 % des ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rues par le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en. VTG AG, l’ancien employ­eur du Dr Heiko Fischer, exploi­te la plus gran­de flot­te de wagons de mar­chan­di­ses d’Europe, à savoir 88 500 wagons fer­ro­vi­ai­res de mar­chan­di­ses. Outre la loca­ti­on de wagons de mar­chan­di­ses et de con­teneurs-citer­nes, VTG offre des pre­sta­ti­ons de ser­vices logis­ti­ques mul­ti­mo­daux et des solu­ti­ons numé­ri­ques intégrées.

Assemblée générale de la VAP du 19 août 2022

Assemblée générale de la VAP du 19 août 2022

Notre assem­blée géné­ra­le l’a clai­re­ment mon­tré: 2050 se rappro­che rapi­de­ment. Sur place et vir­tu­el­le­ment, de nombreux mem­bres de la VAP et invi­tés ont suivi la par­tie sta­tu­tai­re avec un dis­cours d’ouverture mémo­rable du pré­si­dent Josef Ditt­li. Le dis­cours de la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Som­ma­ru­ga sur l’importance du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses pour la Suis­se a été un moment par­ti­cu­liè­re­ment fort.

Assem­blée géné­ra­le, asso­cia­ti­on, trans­port de mar­chan­di­ses: en enten­dant ces mots, l’attention de la plu­part des gens a ten­dance à se relâcher. Aujourd’hui, lire la suite est recom­man­dé. En effet, lors de notre assem­blée géné­ra­le du 19 août 2022, il n’a pas été uni­quement ques­ti­on de ques­ti­ons sta­tu­tai­res con­cer­nant l’économie des char­geurs. Dans son inter­ven­ti­on en tant qu’invitée, la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Som­ma­ru­ga a donné au monde fer­ro­vi­ai­re un signal digne d’attention: «Pour le Con­seil fédé­ral, une chose est clai­re: nous sou­hai­tons con­tin­uer à ren­forcer le potentiel que repré­sen­te le rail pour le trans­port de marchandises.»
Des faits marquants d’hier, d’aujourd’hui et d’après-demain

Le dis­cours d’ouverture du pré­si­dent de la VAP, Josef Ditt­li, a donné aux par­ti­ci­pan­ts de pré­cieu­ses pis­tes de réfle­xi­on pour tout ce qui a été, est et dev­rait être en matiè­re de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a lar­ge­ment con­tri­bué à ce que la Suis­se puis­se sur­mon­ter la crise du coro­na­vi­rus sans dom­mages du point de vue de l’approvisionnement, parce qu’il a pu, du jour au len­de­main, cir­cu­ler comme il aurait dû le faire en temps nor­mal en rai­son de lignes pau­vres en tra­fic de voy­a­ge­urs. M. Ditt­li a qua­li­fié l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que d’incarnation de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, car il repré­sen­te le type de déve­lo­p­pe­ment inno­vant dont nous avons beso­in de toute urgence. Par exemp­le, pour que tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­sent éta­b­lir ensem­ble et sans être désa­van­ta­gées un trans­port en réseau coopé­ra­tif et fle­xi­ble sur le ter­ri­toire. Le pré­si­dent jette un regard inquiet sur l’Europe. Selon lui, la Suis­se ne doit en aucun cas man­quer le coche du sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et des pro­gram­mes d’innovation de l’UE.

Une décision qui fera date

Nous avons été très heu­reux que la minist­re des trans­ports Simo­net­ta Som­ma­ru­ga accep­te de faire une inter­ven­ti­on en tant qu’invitée à l’occasion de notre assem­blée géné­ra­le. Dans son dis­cours, elle a souli­g­né que la Con­fé­dé­ra­ti­on sou­hai­tait con­tin­uer à ren­forcer le rail en accordant davan­ta­ge d’attention au tra­fic inté­ri­eur, qui selon elle est lui aussi d’une gran­de importance pour l’approvisionnement de la Suisse.

«Nous devons amé­lio­rer et déve­lo­p­per le sys­tème», esti­me ainsi la chef­fe du DETEC. Le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on un pro­jet à ce sujet à l’automne. «Nous som­mes à la veil­le d’une décis­i­on qui fera date. C’est pour­quoi nous ne devri­ons pas perd­re de vue la recet­te du suc­cès de la Suis­se, ce qui a fait la force de notre pays depuis tou­jours: la meil­leu­re façon d’aborder les chan­ge­ments néces­saires est de le faire ensem­ble et de prend­re nos responsa­bi­li­tés con­join­te­ment, les chem­ins de fer, le sec­teur et, bien sûr, la Confédération.»

Élections réussies

Parmi les points à l’ordre du jour sou­mis au vote dans la par­tie sta­tu­tai­re, tous ont été accep­tés. Nous sou­hai­tons la bien­ve­nue aux nou­veaux mem­bres du comi­té direc­teur sui­vants: Titus Büt­ler, Bern­hard Hoff­mann, Bern­hard Kunz. Nous féli­ci­tons tous ceux qui ont été élus ou réé­lus et nous nous réjouis­sons d’une col­la­bo­ra­ti­on con­s­truc­ti­ve au sein du comi­té directeur.

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Si la Suis­se devait elle aussi être con­cer­née par une pénurie d’électricité impu­ta­ble à la crise géo­po­li­tique et aux dif­fi­cul­tés d’approvisionnement, les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses doi­vent impé­ra­ti­ve­ment pou­voir con­tin­uer à être ser­vis. Cela impli­que que les ent­re­pri­ses de trans­port cla­ri­fi­ent leurs beso­ins en éner­gie en cas de pénurie et répon­dent aujourd’hui à cer­tai­nes ques­ti­ons clés.

Les chem­ins de fer suis­ses con­tri­buent de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à maî­tri­ser la forte deman­de dans le tra­fic de voy­a­ge­urs et le trans­port de mar­chan­di­ses. Ils dépen­dent d’un appro­vi­si­on­ne­ment garan­ti en éner­gie électrique.

Assurer l’approvisionnement par rail

Si le cou­rant de trac­tion dis­po­nible ne suf­fi­sait plus à un moment donné pour tous les trains pré­vus, des tra­jets dev­rai­ent être sup­p­ri­més. Reste à savoir les­quels. La VAP s’engage réso­lu­ment pour que ses mem­bres puis­sent con­tin­uer à ser­vir tous les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses. La popu­la­ti­on et l’économie sont tri­bu­tai­res de chaî­nes de trans­port fia­bles. C’est pour­quoi, même en situa­ti­on de pénurie d’électricité, les trains du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent con­tin­uer à cir­cu­ler aussi long­temps que pos­si­ble, comme ils l’ont d’ailleurs fait dans l’horaire allé­gé pen­dant la pan­dé­mie de Covid-19.

Nécessité d’une direction politique

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se fon­c­tion­ne pres­que sans excep­ti­on à l’électricité. Le cou­rant de trac­tion néces­saire (16,7 Hz) pro­vi­ent en gran­de par­tie de nos pro­pres cen­tra­les hydro­élec­tri­ques. Trans­fé­rer les trans­ports du rail vers la route lors­que le cou­rant de trac­tion se fait rare n’est guère pro­met­teur. En effet, en cas de pénurie grave, les car­bu­rants fos­si­les se raré­fierai­ent éga­le­ment. Pour que les chaî­nes de trans­port en fon­c­tion­ne­ment puis­sent être main­te­nues, les ent­re­pri­ses impli­quées dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re ont éga­le­ment beso­in de cou­rant indus­tri­el (50 Hz). Ici aussi, il faut veil­ler à la sécu­ri­té de l’approvisionnement. La sécu­ri­té et la fia­bi­li­té sont de mise: le sec­teur des trans­ports et le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent pou­voir comp­ter sur la direc­tion poli­tique en cas de crise. Car même dans ce cas, les trains de mar­chan­di­ses doi­vent cir­cu­ler tant qu’une deman­de exis­te. Nous sou­hai­tons ren­forcer cette prise de con­sci­ence chez les décideurs.

Un manque d’énergie n’est pas exclu

Ne nous leur­rons pas: une con­jon­c­tion défa­vorable d’évolutions réel­le­ment néga­ti­ves pour­rait pla­cer la Suis­se dans une situa­ti­on de grave pénurie éner­gé­tique dès l’hiver pro­chain. Comme l’ont expli­qué des repré­sen­tants du sec­teur de l’électricité et de l’industrie gaziè­re lors du web­i­n­aire d’Economiesuisse du 9 août 2022, la mobi­li­sa­ti­on d’énergie est très com­ple­xe et dépend de nombreu­ses influences.

La Confédération prend ses responsabilités

La Con­fé­dé­ra­ti­on est con­sci­en­te de sa responsa­bi­li­té. Elle prend des mesu­res pour garan­tir l’approvisionnement en éner­gie et se prépa­re à des scé­na­ri­os cri­ti­ques de pénurie aiguë d’électricité. Cel­les-ci pré­voi­ent des mesu­res éche­lon­nées selon la situa­ti­on, allant d’appels aux éco­no­mies volon­tai­res et spé­ci­fi­ques à la bran­che à des mesu­res ordon­nées de ges­ti­on régle­men­tée (con­tin­gen­te­ment).

Identifier les besoins et le potentiel d’économie

Réflé­chir dès main­ten­ant à ses beso­ins en éner­gie per­met de se prépa­rer à une réel­le pénurie d’électricité et d’être moins sur­pris. Il est donc temps d’évaluer les beso­ins en éner­gie, les réser­ves, les alter­na­ti­ves et le potentiel d’économie. Cette éva­lua­ti­on aide à déci­der com­ment, en cas de pénurie d’électricité, il est pos­si­ble de rédui­re la con­som­ma­ti­on con­for­mé­ment aux direc­ti­ves supé­ri­eu­res tout en con­tri­buant à l’approvisionnement en biens essentiels. Les ques­ti­ons con­crè­tes en ent­re­pri­se sont par exemple:

  • Quel­le quan­ti­té d’énergie néces­si­te telle ou telle acti­vi­té? Quel­le est l’im­portance de chaque acti­vi­té dans la production?
  • Quel est le potentiel d’économie d’énergie le plus efficace?
  • De quel­les réser­ves dis­po­se-t-on? De quel­le quan­ti­té d’énergie peut-on se pas­ser et pen­dant com­bien de temps?
  • Où peut-on pas­ser à d’autres agents éner­gé­ti­ques et à quel­le vitesse?
  • La com­mu­ni­ca­ti­on dans les chaî­nes de pro­duc­tion est-elle bonne? Les cont­acts sont-ils à jour?
  • Quel­les rest­ric­tions met­tons-nous en œuvre pour satis­fai­re à un contingentement?
Coopération et communication

Les ent­re­pri­ses dev­rai­ent mener cette réfle­xi­on de maniè­re ouver­te. En effet, il est impos­si­ble de pré­voir quels scé­na­ri­os se pro­dui­ront réel­le­ment et quand ils se pro­dui­ront. Les acteurs du sec­teur peu­vent main­te­nir au mieux l’approvisionnement en biens essentiels s’ils col­la­bo­rent entre ent­re­pri­ses et com­mu­ni­quent acti­ve­ment. C’est pour­quoi, en tant que repré­sen­tants des char­geurs, la VAP s’implique déjà acti­ve­ment dans divers comi­tés et grou­pes de travail.

«Nous voulons continuer à être plus rapides et meilleurs que les autres dans l’avenir.»

«Nous voulons continuer à être plus rapides et meilleurs que les autres dans l’avenir.»

En juin 2022, on a app­ris le rachat de l’entreprise fami­lia­le WASCOSA de la famil­le Mül­ler-Sand­mei­er par Swiss Life et Vau­ban. Nous avons voulu en savoir plus sur le con­tex­te de cette vente et sur la visi­on de WASCOSA de la part du repré­sen­tant de l’an­ci­en­ne famil­le pro­prié­tai­re et futur pré­si­dent du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on, Phil­ipp Müller.

Monsieur Müller, l’annonce de la vente de votre entreprise familiale performante a été une surprise. Qu’est-ce qui va changer?

Phil­ipp Mül­ler: Moins de cho­ses qu’on ne l’on pense au pre­mier abord. Mais cette décis­i­on nous per­met d’assurer l’avenir de WASCOSA. Bien enten­du, nous allons pas­ser d’une ent­re­pri­se gérée par une famil­le à une ent­re­pri­se por­tée par l’investissement, mais l’esprit de WASCOSA per­du­rera. Nous vou­lons agir plus rapi­de­ment et mieux que les aut­res dans l’avenir, être une équi­pe per­for­man­te et faire pas­ser les inté­rêts des cli­ents avant les nôtres. Ces objec­tifs sont ambi­ti­eux, mais réalisables.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à franchir cette étape?

Le désir d’assurer la suc­ces­si­on et de garan­tir l’avenir de l’entreprise. Aucun de nos enfants n’était dési­reux de me suc­cé­der. Nous avons donc été obli­gés de trou­ver une solu­ti­on exter­ne. Il y a huit ans déjà, nous avi­ons enga­gé un CEO exter­ne à la famil­le: Peter Bal­zer. À cela s’ajoute qu’on assis­te actu­el­le­ment sur notre mar­ché à un énor­me assai­nis­se­ment. Parmi les dix plus grands loueurs de wagons à l’échelon euro­pé­en, nous som­mes les seuls à n’avoir connu ni fusi­on ni rachat. Les acteurs qui restent ne ces­sent de gran­dir, font de gros inves­tis­se­ments sur le long terme et pren­nent des ris­ques finan­ciers con­sidé­ra­bles. Pour WASCOSA, nous avi­ons tout sim­ple­ment beso­in d’une plus gran­de force finan­ciè­re pour con­tin­uer à exis­ter en tant que PME sur ce mar­ché. Nous avons trou­vé en Swiss Life et Vau­ban des par­ten­aires finan­ciers forts.

Quelles autres solutions s’offraient encore à vous?

Nous avons dans un pre­mier temps envi­sa­gé une par­ti­ci­pa­ti­on mino­ri­taire d’actionnaires tiers. Cela ne con­sti­tuait tou­te­fois pas une solu­ti­on opti­ma­le pour les par­ties pren­an­tes. Il n’a jamais été ques­ti­on de vend­re à un con­cur­rent. Au final, la col­la­bo­ra­ti­on sur le long terme avec un par­ten­aire finan­cier fort s’est avé­rée être la solu­ti­on la plus por­teu­se d’avenir.

«WASCOSA, à l’origine peti­te ent­re­pri­se incon­nue de loca­ti­on, s’est déve­lo­p­pée et éta­b­lie grâce à l’innovation, la pro­xi­mi­té cli­ent et l’agilité pour deve­nir un four­nis­seur de wagons de mar­chan­di­ses per­for­mant à l’échelle européenne.»

Quelles expériences du passé seront déterminantes pour l’avenir de l’entreprise?

WASCOSA, à l’origine peti­te ent­re­pri­se incon­nue de loca­ti­on, s’est déve­lo­p­pée et éta­b­lie grâce à l’innovation, la pro­xi­mi­té cli­ent et l’agilité pour deve­nir un four­nis­seur de wagons de mar­chan­di­ses per­for­mant à l’échelle euro­pé­en­ne. C’est cette posi­ti­on que nous enten­dons con­ser­ver. Un exemp­le de notre force d’innovation: on note actu­el­le­ment une forte ten­dance vers les con­cepts modu­lai­res de wagons de mar­chan­di­ses. Or nous les avons déjà lan­cés il y a 15 ans. Main­ten­ant que cette ten­dance prend le des­sus, nous som­mes prêts à affron­ter le mar­ché. Au cours des 60 der­niè­res années de notre ent­re­pri­se, c’est notre ori­en­ta­ti­on cli­ent sans com­pro­mis qui a fait la dif­fé­rence dans nos acti­vi­tés quo­ti­di­en­nes. Et cela doit res­ter ainsi. Il est de l’intérêt des nou­veaux pro­prié­tai­res que WASCOSA reste fon­da­men­ta­le­ment ce qu’elle a tou­jours été: une ent­re­pri­se inno­van­te et ori­en­tée sur le client.

Comment allez-vous gérer ce processus de changement?

La par­ti­ci­pa­ti­on de Swiss Life et Vau­ban comme action­n­aires tiers a découlé d’un pro­ces­sus stra­té­gique inten­se impli­quant une quin­zai­ne de col­la­bo­ra­teurs. Une fois la décis­i­on prise, nous avons intro­duit le nou­vel action­na­ri­at dans le cadre d’une mani­fes­ta­ti­on d’une jour­née au sein de notre ent­re­pri­se. Tout au long du pro­ces­sus stra­té­gique, nous nous som­mes atta­chés à évi­ter toute incer­ti­tu­de, méfi­ance ou spé­cu­la­ti­on inju­s­ti­fiée de la part du manage­ment et des col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs. Nous y som­mes par­ve­nus et fai­sons tout pour y par­ve­nir aussi avec les nou­veaux pro­prié­tai­res. Le CEO Peter Bal­zer et moi-même con­tin­ue­rons à sié­ger au con­seil d’administration. C’est un mes­sa­ge fort en ce qui con­cer­ne la con­ti­nui­té et l’avenir de WASCOSA.

«La migra­ti­on du DAC est un pro­jet clé qui recè­le un potentiel énor­me capa­ble de faire avan­cer le tra­fic de wagons de marchandises.»

Où voyez-vous le besoin le plus urgent d’agir dans le transport ferroviaire de marchandises? 

Il y a à cet égard plu­s­ieurs appro­ches. Nous avons beso­in de capa­ci­tés suf­fi­san­tes sur le réseau, autre­ment dit de davan­ta­ge de sil­lons. Ensuite, il faut déman­te­ler les bar­riè­res spé­ci­fi­ques aux dif­fér­ents pays. Enfin, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en finan­cier ciblé pour mett­re en œuvre des inno­va­tions, par exemp­le le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC).

À propos du DAC: qu’en pensez-vous?

C’est un pro­jet clé qui recè­le un potentiel énor­me capa­ble de faire avan­cer le tra­fic de wagons de mar­chan­di­ses. Nous n’avons tou­te­fois que peu d’influence sur cette ques­ti­on haute­ment poli­tique. Depuis quel­ques années, nous tra­vail­lons à l’électrification des wagons de mar­chan­di­ses. Dans ce con­tex­te, le DAC est bien évi­dem­ment un moteur supplémentaire.

Le secteur reconnaît-il la véritable valeur ajoutée apportée par le DAC?

Notre sec­teur n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment porté sur les inno­va­tions ni nota­blem­ent tour­né vers l’avenir. L’automatisation du cou­pla­ge par le DAC est un prin­ci­pe acté. En ce qui con­cer­ne son potentiel pour la digi­ta­li­sa­ti­on, j’en suis en revan­che un peu moins sûr. Il faut pro­ba­blem­ent comme tou­jours d’abord quelqu’un qui pren­ne les devants et joue le rôle de pionnier et mette en évi­dence le gain en efficacité.

Pendant des années, vous vous êtes impliqué dans le comité directeur (CD) de la VAP. Comment décririez-vous le travail de la VAP? 

La VAP se distin­gue par son haut niveau de com­pé­tence et une atmo­sphè­re de col­la­bo­ra­ti­on agréa­ble. Les acti­vi­tés de l’association se con­cent­rent sur la cause com­mu­ne et non sur l’ego d’individus. Dans cer­ta­ins domain­es, c’est la VAP qui fait auto­ri­té sur les thè­mes importants. Cela se mani­fes­te par le nombre élevé de par­ti­ci­pan­ts suis­ses et étran­gers lors de mani­fes­ta­ti­ons comme les forums. Cet inté­rêt prouve que la VAP s’empare des thè­mes poli­ti­ques, éco­no­mi­ques et juri­di­ques de maniè­re proac­ti­ve et con­s­truc­ti­ve. J’ai res­sen­ti les réuni­ons au sein du CD comme très posi­ti­ves. Dans le dia­lo­gue avec les CFF, l’association a fait preuve de téna­ci­té. Pour ceux-ci, c’est le tra­fic de voy­a­ge­urs qui vient en pre­mier, puis l’infrastructure et les biens immo­bi­liers et seu­le­ment ensuite le fret fer­ro­vi­ai­re. Il est d’autant plus important de ne pas céder. La pati­ence et la col­la­bo­ra­ti­on con­stan­te sous la direc­tion de Frank Fur­rer avec son équi­pe sont payantes.

Quels sont à votre avis les points forts de la VAP? 

Parmi ses prin­ci­paux points forts, il y a le grand nombre de char­geurs parmi ses mem­bres. La VAP met en réseau tous les acteurs du fret. Elle offre en outre au sec­teur des char­geurs une pla­te­for­me extrê­me­ment inté­res­san­te et per­ti­nen­te. Je veux dire que l’on ne peut faire de la poli­tique avec suc­cès que si l’on défend tous les intérêts.

Comment la VAP vous a‑t-elle soutenus, vous et votre entreprise, WASCOSA?

Nous avons fait de très bon­nes expé­ri­en­ces avec la VAP. Elle a nous a même sou­te­nus avec com­pé­tence et suc­cès jus­que devant le Tri­bu­nal fédéral.

Que souhaiteriez-vous que la VAP vous apporte d’autre?

Qu’elle soit plus pré­sen­te dans les médi­as. La VAP pour­rait se poser davan­ta­ge comme un expert dont l’opinion fait auto­ri­té dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re et être ainsi plus con­nue du grand public, comme c’est le cas pour le TCS ou l’ASTAG.

À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?

À tous ceux qui s’intéressent au fret fer­ro­vi­ai­re. Je pense ici notam­ment aux asso­cia­ti­ons d’autres mode de trans­port. Il y a bien long­temps que l’enjeu n’est plus seu­le­ment l’opposition entre le rail et la route, mais une coexis­tence mul­ti­mo­da­le judicieuse.

Quels sujets notre conversation n’a‑t-elle pas encore abordés?

La ques­ti­on de la dura­bi­li­té. Le fret fer­ro­vi­ai­re fait par­tie des prin­ci­paux moteurs et piliers d’un trans­port dura­ble. C’est du reste aussi l’une des rai­sons qui m’ont inci­té à prend­re la suite de mon beau-père à la tête de WASCOSA il y a 30 ans.

 

Mon­sieur Mül­ler, merci beau­coup pour cet ent­re­ti­en intéressant.

Les atouts d’un secteur de fret ferroviaire compétitif pour l’économie nationale

Les atouts d’un secteur de fret ferroviaire compétitif pour l’économie nationale

Le fret joue un rôle décisif pour l’économie natio­na­le, car il rend pos­si­bles les éch­an­ges de mar­chan­di­ses et de ser­vices. Comp­te tenu des dif­fi­cul­tés tel­les que la capa­ci­té limi­tée des rou­tes et le chan­ge­ment cli­ma­tique, le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail devi­ent de plus en plus important. Nous vous expli­quons ci-après quels sont les atouts d’un trans­fert du tra­fic pour l’économie nationale.

Capacité limitée des routes:

L’infrastructure rou­tiè­re est rest­rein­te et se heur­te déjà à ses limi­tes dans de nombreu­ses régions. L’utilisation accrue de cami­ons dans le trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­ne une aug­men­ta­ti­on de la cir­cu­la­ti­on rou­tiè­re, ce qui se solde par des embou­teil­la­ges, des retards et une hausse des prix des trans­ports. Le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses sur le rail déseng­or­ge la route. Cela per­met d’utiliser l’infrastructure existan­te de maniè­re plus effi­ci­en­te et réduit la néces­si­té de pro­cé­der à de coû­teux élar­gis­se­ments de chaussées.

Changement climatique et pollution:

Le sec­teur des trans­ports con­tri­bue de maniè­re con­sidé­ra­ble aux émis­si­ons de CO2 et à d’autres nui­sances envi­ron­ne­men­ta­les. Par rap­port au trans­port rou­tier, le trans­port fer­ro­vi­ai­re est beau­coup plus éco­lo­gi­que, car les trains génè­rent en moy­enne moins d’émissions par tonne-kilo­mèt­re. Par ail­leurs, le trans­port fer­ro­vi­ai­re réduit le niveau de bruit et limi­te la pol­lu­ti­on atmo­sphé­ri­que dans les zones urbai­nes, ce qui se tra­duit par une meil­leu­re qua­li­té de vie pour la population.

Efficience et rentabilité:

Le rail pré­sen­te une haute effi­ci­ence dans le trans­port de mar­chan­di­ses, car les trains peu­vent trans­por­ter des char­ges plus importan­tes que les cami­ons. Le recours aux trains de mar­chan­di­ses per­met de trans­por­ter de gran­des quan­ti­tés de mar­chan­di­ses en une seule fois et donc d’optimiser les coûts de trans­port. Cela per­met aux ent­re­pri­ses d’améliorer leurs pro­ces­sus logis­ti­ques et d’augmenter l’efficacité de leurs chaî­nes d’approvisionnement. Une des­ser­te plus effi­cace du trans­port de mar­chan­di­ses se tra­duit par une baisse des coûts de trans­port, ce qui accroît la com­pé­ti­ti­vi­té des ent­re­pri­ses et a des réper­cus­sions posi­ti­ves sur l’économie natio­na­le. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on, les wagons de mar­chan­di­ses néces­saires peu­vent être inter­con­nec­tés de maniè­re effi­cace, ce qui per­met d’économiser sur les coûts fixes.

Sécurité et prévention des accidents:

Le trans­fert du tra­fic de mar­chan­di­ses sur le rail con­tri­bue à l’amélioration de la sécu­ri­té rou­tiè­re. Par rap­port au tra­fic rou­tier, les acci­dents du tra­fic fer­ro­vi­ai­re sont plus rares et génè­rent en géné­ral un impact plus fai­ble sur la vie, la santé et l’environnement. La réduc­tion du trans­port par cami­ons sur les rou­tes limi­te les sources de dan­gers potentiels et amé­lio­re la sécu­ri­té pour les aut­res usa­gers de la route.

Des experts logisticiens chevronnés sont indispensables

Il est néces­saire d’avoir des experts indé­pen­dants appar­ten­ant pré­cis­é­ment à ce sec­teur éco­no­mi­que et spé­cia­li­sés dans des pro­duits spé­ci­fi­ques. Les chem­ins de fer dev­rai­ent donc se con­cen­trer sur l’exploitation des trains, alors que la logis­tique glo­ba­le repo­se entre les mains spé­cia­li­sées des logisticiens.

Pénurie d’électricité: prévention et développement de scénarios

Pénurie d’électricité: prévention et développement de scénarios

Tran­si­ti­on éner­gé­tique, cri­ses géo­po­li­ti­ques, dif­fi­cul­tés d’approvisionnement: voici quel­ques-uns des fac­teurs qui pour­rai­ent débou­ch­er sur une pénurie d’électricité. Les grands con­som­ma­teurs sont tenus de mett­re au point des scé­na­ri­os pour le cas d’un con­tin­gen­te­ment. À la VAP, nous tra­vail­lons d’arrache-pied sur la question.

Il y a de l’électricité: voilà qui pen­dant des décen­nies était con­sidé­ré en Suis­se comme une évi­dence. Une évi­dence aujourd’hui remi­se en cause: d’une part, le rem­pla­ce­ment des sources d’énergie fos­si­les par des éner­gies dur­a­bles limi­te les res­sour­ces éner­gé­ti­ques dis­po­nibles pour les années à venir. D’autre part, des con­flits géo­po­li­ti­ques et des dif­fi­cul­tés d’approvisionnement ris­quent d’avoir en plus un effet néga­tif sur la dis­po­ni­bi­li­té de ces sources d’énergie, comme nous le mont­re l’actualité.

Une participation active s’impose

Dans ce con­tex­te, la Con­fé­dé­ra­ti­on a deman­dé à tous les grands con­som­ma­teurs de par­ti­ci­per aux pré­pa­ra­tifs à l’éventualité d’une pénurie d’électricité. Si l’on en arri­ve effec­ti­ve­ment à un con­tin­gen­te­ment de l’électricité, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re devra limi­ter l’offre de trans­port de voy­a­ge­urs. Le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses devra être main­tenu en fon­c­tion de la demande.

Le fret joue un rôle-clé

Avec le tra­fic inté­ri­eur, d’import et d’export, les chem­ins de fer jouent un rôle sys­té­mi­que essentiel pour l’approvisionnement de l’économie et de la socié­té. Si une pénurie mas­si­ve d’électricité se pré­sen­te, la capa­ci­té logis­tique de fret devra tou­jours être pré­ser­vée. Elle devra tou­te­fois s’adapter aux modi­fi­ca­ti­ons de la demande.

Or cette der­niè­re est la gran­de incon­nue. Il n’est actu­el­le­ment pas pos­si­ble d’élaborer des scé­na­ri­os sûrs con­cer­nant l’évolution de la deman­de en cas de pénurie d’électricité. Tant en Suis­se que dans les pays voi­sins, la deman­de évo­luera sans doute de maniè­re nota­ble en fon­c­tion de la capa­ci­té de trans­port. Mais d’un sec­teur à l’autre, elle pour­ra aussi bien aug­men­ter que diminuer.

Considérer le service ferroviaire comme un système

Pour que le fret fer­ro­vi­ai­re puis­se con­tin­uer à rou­ler même dans une situa­ti­on de crise, il faut que le sec­teur réa­gis­se à temps aux évo­lu­ti­ons des deman­des en pro­po­sant une offre de trans­port adap­tée. Cela n’est pos­si­ble que si l’on con­sidè­re l’ensemble du ser­vice fer­ro­vi­ai­re comme un sys­tème. En d’autres ter­mes, tou­tes les fon­c­tions per­ti­nen­tes pour l’exploitation doi­vent res­ter à même de fonctionner.

Des scénarios en cours d’élaboration

Afin de limi­ter la con­som­ma­ti­on d’énergie en cas de crise, le tra­fic de voy­a­ge­urs s’oriente sur les horai­res réduits déjà éla­bo­rés et réa­li­sés durant la pan­dé­mie de l’année 2020. Dans le trans­port de mar­chan­di­ses, des scé­na­ri­os pos­si­bles sont en cours d’élaboration en dia­lo­gue étroit avec le sec­teur de la logis­tique dans le but d’assurer l’approvisionnement éco­no­mi­que du pays. Con­for­mé­ment à la mis­si­on impar­tie, des scé­na­ri­os devront être pro­po­sés d’ici la fin 2022. À la VAP, nous con­tri­buons à ce pro­ces­sus avec nos con­nais­sances et notre expérience.

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