EXPLOITATION

Nous repré­sen­tons les acteurs du fret et met­tons l’ac­cent dans ce cha­pit­re sur l’uti­li­sa­ti­on de l’in­fra­struc­tu­re, c’est-à-dire sur le trans­port. Nous nous enga­ge­ons pour une explo­ita­ti­on libre sur le réseau et sur le premier/dernier kilo­mèt­re. Pour favo­ri­ser une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser et com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le la force de tout moyen de trans­port. Car le tra­jet est ainsi plus court et plus éco­no­mi­que pour chacun.

Acteurs dans le domaine de l’exploitation:

Ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (EF)

Fabricants/détenteurs de maté­ri­el rou­lant (loueurs de wagons privés)

Opé­ra­teurs

Informatif

L’avenir du fret ferroviaire sur l’ensemble du territoire
Valeurs limites d’émission pour le bruit

 

Transport ferroviaire de marchandises
Prescriptions de circulation des trains (PCT)

 

Prescriptions d’exploitation pour les voies de raccordement

La responsa­bi­li­té de l’ex­plo­ita­ti­on sûre incom­be à l’entre­pri­se responsable. Les pre­scrip­ti­ons d’ex­plo­ita­ti­on cor­re­spond­an­tes doi­vent être éta­b­lies par l’ex­plo­itant de la voie de raccordement.

La VAP met des outils à la dis­po­si­ti­on de ses mem­bres. Nous appor­tons notre sou­ti­en dans les tâches juri­di­ques et admi­nis­tra­ti­ves. Pre­nez direc­te­ment cont­act avec nous pour une cla­ri­fi­ca­ti­on, un con­seil ou un accom­pa­gne­ment d’audit.

Entreprises de transport ferroviaire de marchandises (EF) en Suisse

DB Cargo GATX  Hupac rail­Ca­re
 
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS  
DB Cargo GATX  Hupac
SRT swiss rail traffic TR Trans Rail WRS
   
rail­Ca­re    

Loueurs de wagons en Europe

VTG was­co­sa erme­wa Grou­pe Millet
MFD Rail Logo      
MFD Rail
     
VTG was­co­sa erme­wa
MFD Rail Logo  
Grou­pe Millet MFD Rail

Chargeur (exemples)

Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log Has­tag
Holcim Logo
Die Post Hol­cim Pan­log
   
Has­tag    
Tunnel de base du Saint-Gothard (#6): l’OFT soutient le trafic marchandises de manière pragmatique

Tunnel de base du Saint-Gothard (#6): l’OFT soutient le trafic marchandises de manière pragmatique

À la suite de l’accident du train de mar­chan­di­ses sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard, l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) encou­ra­ge le fret fer­ro­vi­ai­re par des mesu­res effi­caces: le tun­nel ne peut être uti­li­sé que par les trains de mar­chan­di­ses. Les indem­ni­tés par train cir­cu­lant en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) seront pro­chai­ne­ment rele­vées jusqu’à 1100 CHF. Notre asso­cia­ti­on des char­geurs l’en remer­cie vive­ment. À pro­pos: nous par­lons aussi au nom de char­geurs étrangers.

Les enjeux:

  • Le tun­nel de base du Saint-Got­hard n’est ouvert qu’aux trains de marchandises
  • Des indem­ni­tés plus éle­vées pour le TCNA transalpin
  • La VAP dit merci

Le tun­nel de base du Saint-Got­hard n’est ouvert qu’aux trains de mar­chan­di­ses
Depuis la remi­se en ser­vice du tube est du tun­nel de base du Saint-Got­hard, celui-ci est exclu­si­ve­ment ouvert au tra­fic de trains de mar­chan­di­ses. Une bonne cen­taine de sil­lons par jour sont pos­si­bles. 30 trains sup­p­lé­men­tai­res cir­cu­lent chaque jour par la ligne de faîte. Le fret fer­ro­vi­ai­re tran­sal­pin dis­po­se ainsi chaque jour de 130 sil­lons au total. À titre de com­pa­rai­son: en moy­enne, 120 trains tra­ver­sai­ent le tun­nel de base chaque jour en 2022.
Grâce à cette mesu­re, les trains de mar­chan­di­ses peu­vent assurer le fret fer­ro­vi­ai­re pra­ti­quement sans rest­ric­tion. Cer­tes, la dévia­ti­on par la ligne de faîte impli­que un sur­croît con­sidé­ra­ble. Mais elle con­cer­ne essen­ti­el­le­ment le tra­fic inté­ri­eur, qui n’est pas tri­bu­tai­re d’un cor­ri­dor de 4 mètres

Des indem­ni­tés plus éle­vées pour le TCNA tran­sal­pin
L’OFT se mobi­li­se en faveur du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes et notam­ment en faveur du tra­fic de tran­sit (cf. «L’OFT ren­force le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes»). Dans les semain­es à venir, les indem­ni­tés par train cir­cu­lant en tra­fic com­bi­né TCNA seront aug­men­tées de 200 CHF, pour att­eind­re jusqu’à 1100 CHF. Pour 2024, l’OFT ne veut pas non plus rédui­re les indem­ni­tés par envoi, mais n’appliquer qu’une réduc­tion sym­bo­li­que de 1 CHF pour les por­ter à 57 CHF par envoi. L’OFT sou­ti­ent ainsi le TCNA tran­sal­pin de maniè­re très prag­ma­tique. Comp­te tenu des con­di­ti­ons ren­dues dif­fi­ci­les par les chan­tiers sur les lignes d’accès et de la situa­ti­on con­jon­c­tu­rel­le ten­due, l’OFT renon­ce à pour­suiv­re la voie actu­el­le de réduc­tion des indem­ni­tés du TCNA.

La VAP dit merci
L’OFT méri­te de vifs remer­cie­ments pour ce sou­ti­en prag­ma­tique. Il ren­force ainsi les efforts de toute la bran­che pour rend­re les rest­ric­tions de capa­ci­té aussi sup­port­a­bles que pos­si­ble, de maniè­re ciblée et en unis­sant les forces, tant sur l’axe du Saint-Got­hard que sur celui du Lötsch­berg. Nous y voy­ons le signe d’une poli­tique com­mu­ne de trans­fert du tra­fic de transit.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#5): Trop tôt pour imputer la faute et la responsabilité

Tunnel de base du Saint-Gothard (#5): Trop tôt pour imputer la faute et la responsabilité

Selon le l’édition prin­ci­pa­le du jour­nal télé­vi­sé de la SRF du 27 août 2023 l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) esti­me que CFF Cargo est seule responsable des con­sé­quen­ces de l’accident fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Got­hard. Une omis­si­on dans la réfor­me des chem­ins de fer est poin­tée du doigt; aupa­ra­vant, tous les wagons de mar­chan­di­ses devai­ent être imma­tri­culés auprès des chem­ins de fer publics. Nous som­mes pour notre part d’avis: Les spé­cu­la­ti­ons sont pré­ma­tu­rées, sur­tout dans des médi­as de por­tée natio-nale. Cette polé­mi­que ne fait pas avan­cer d’un pouce la solu­ti­on du pro­blè­me. Seul le rap­port du Ser­vice d’enquête de sécu­ri­té suis­se (SESE) cla­ri­fie les faits et per­met de réa­gir de maniè­re ciblée.

Les enjeux:

  • L’État garde la main sur le mar­ché ferroviaire
  • La réfor­me des chem­ins de fer a effec­ti­ve­ment réfor­mé le droit de la responsa­bi­li­té civile
  • Les déten­teurs de wagons sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
  • Le Con­seil fédé­ral n’a pas pro­po­sé de modi­fier le droit
  • Les dis­po­si­ti­ons con­trac­tu­el­les sont publiques
  • Assu­mer ses responsa­bi­li­tés sur la base du rap­port SESE
  • Le régime de responsa­bi­li­té actuel est éco­no­mi­quement équilibré
  • Réflé­chir aux effets per­vers des modi­fi­ca­ti­ons législatives

 

L’État garde la main sur le mar­ché fer­ro­vi­ai­re
La Con­fé­dé­ra­ti­on con­sidè­re que la responsa­bi­li­té de l’accident fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard incom­be clai­re­ment à la filia­le des CFF, CFF Cargo. Un porte-paro­le de l’OFT a fait savoir, lors du jour­nal télé­vi­sé de la SRF du 27 août 2023, que le droit de la respon-sabi­li­té civi­le en vigueur datait de l’époque des chem­ins de fer publics. Eh bien: Les temps n’ont pas chan­gé. Les chem­ins de fer publics CFF domi­nent tou­jours le mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Il y a quel­ques semain­es, le Con­seil fédé­ral a approu­vé la rena­tio­na­li­sa­ti­on de CFF Cargo. En répon­se à l’interpellation du con­seil­ler natio­nal PLR Chris­ti­an Was­ser­fal­len, il a pré­cisé que les action­n­aires pri-vés n’avaient pas amé­lio­ré la situa­ti­on (finan­ciè­re) de CFF Cargo.

La réfor­me des chem­ins de fer a effec­ti­ve­ment réfor­mé le droit de la responsa­bi­li­té civi­le
À l’occasion de la réfor­me des chem­ins de fer, la Con­ven­ti­on rela­ti­ve aux trans­ports inter­na­ti­on­aux fer­ro­vi­ai­res (COTIF) a été révi­sée, tan­dis que l’infrastructure et l’exploitation ont été scin­dées. Dans le même temps, CFF Cargo a rési­lié les cont­rats d’immatriculation. Le pri­vilè­ge de mono­po­le en vertu duquel les wagons de mar­chan­di­ses devai­ent être imma­tri­culés auprès d’une socié­té de chem­ins de fer publics et être entre­te­nus par celle-ci a ainsi été aboli. En revan­che, les con­di­ti­ons d’utilisation des wagons de mar­chan­di­ses entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret et les déten­teurs de wagons ont fait l’objet d’une uni­for­mi­sa­ti­on inter­na­tio­na­le sur la base de la COTIF – con­nue sous l’appellation «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons (CUU)». La COTIV et le CUU pré­voi­ent un régime de res-ponsa­bi­li­té plus strict que ne le sou­hai­terait l’OFT, à en juger ses réser­ves sur les solu­ti­ons de bran­che uni­for­mi­sées au niveau inter­na­tio­nal. Mau­vai­se sur­pri­se pour les déten­teurs de wagons au moment où ils ont dû reprend­re et assu­mer l’entière responsa­bi­li­té pour l’entretien de leurs wagons: les CFF leur ont remis une docu­men­ta­ti­on extrê­me­ment indi­gen­te sur l’état et les acti­vi­tés de main­te-nance effec­tuées sur leurs wagons par CFF Cargo jusqu’à la rési­lia­ti­on des cont­rats d’immatriculation. Depuis lors, les déten­teurs sont eux-mêmes respons­ables de leurs wagons de mar­chan­di­ses et ont mis de l’ordre dans les char­ges du passé repri­ses des CFF.

Les déten­teurs de wagons sont respons­ables des défauts de leurs wagons
Par son com­men­tai­re au jour­nal télé­vi­sé de la SRF, le porte-paro­le de l’OFT a lais­sé entendre que les ent­re­pri­ses pri­vées de trans­port fer­ro­vi­ai­re ou les déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses n’avaient pas à répond­re des dom­mages cau­sés par les acci­dents. Ce n’est pas vrai. Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et déten­teurs de wagons euro­pé­ens et suis­ses engagent leur responsa­bi­li­té depuis la créa­ti­on en 2006 du CUU, lequel a été ren­for­cé en 2017. Aujourd’hui, les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent en prin­ci­pe répond­re des dom­mages en cas d’accident impli­quant des trains de mar­chan­di­ses sur le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se, indé­pen­dam­ment de toute faute de leur part (responsa­bi­li­té objec­ti­ve aggra­vée). Si le dom­mage a été causé par des défauts affec­tant un wagon de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à un tiers, la faute du déten­teur du wagon con­cer­né est con-trac­tu­el­le­ment pré­su­mée. L’opérateur de fret fer­ro­vi­ai­re con­cer­né peut exer­cer une action récur­soi­re cont­re le déten­teur du wagon. Celui-ci ne peut s’exonérer de sa responsa­bi­li­té envers l’opérateur de fret fer­ro­vi­ai­re que s’il peut prou­ver l’absence de faute (ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve). Pour en savoir plus, con­sul­tez notre artic­le de blog «Tun­nel de base du Saint-Got­hard (#3): Les dis-posi­ti­ons en vigueur en matiè­re de responsa­bi­li­té civi­le sont suf­fi­san­tes».

Le Con­seil fédé­ral n’a pas pro­po­sé de modi­fier le droit
Chris­toph Lei­si­bach, réd­ac­teur à la SRF, a indi­qué qu’aux ter­mes d’un rap­port, le Con­seil fédé­ral aurait pro­po­sé d’apporter des modi­fi­ca­ti­ons au droit de la responsa­bi­li­té, par exemp­le, de ren­forcer la responsa­bi­li­té des déten­teurs de wagons. Cette affir­ma­ti­on est fausse. Le Con­seil fédé­ral a cer­tes pré­sen­té des opti­ons dans son rap­port de l’OFT du 21 juin 2023 en répon­se au pos­tu­lat 20.4259 inti­tulé «Vue d’ensemble de la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port de mar­chan­di­ses par rail», mais il a expli­ci­te­ment renon­cé à une modi­fi­ca­ti­on des dispositions.

Les dis­po­si­ti­ons con­trac­tu­el­les sont publi­ques
La SRF-Tages­schau a inter­ro­gé le pro­fes­seur Fré­dé­ric Kraus­kopf en tant qu’expert. À la ques­ti­on de savoir si CFF Cargo pou­vait recour­ir à une (co)responsabilité du déten­teur du wagon de mar­chan-dises endom­ma­gé, M. Kraus­kopf a ren­voyé au cont­rat entre les deux par­ties. Il s’agit du CUU, men-tionné pré­cé­dem­ment. Ce cont­rat étant publié, il est donc éga­le­ment acces­si­ble aux pro­fes­seurs et aux chaî­nes de télé­vi­si­on publi­ques. CFF Cargo a approu­vé le CUU à l’unanimité avec tou­tes les aut­res ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res natio­na­les en Europe.

Assu­mer ses responsa­bi­li­tés sur la base du rap­port SESE
À la VAP, nous nous pen­chons de maniè­re inten­si­ve sur la ques­ti­on des responsa­bi­li­tés et de leur éten­dues suite à l’accident de train de mar­chan­di­ses sur­venu le 10 août 2023. Pour appor­ter des répon­ses pré­ci­s­es en temps utile à ces ques­ti­ons, il faut attendre le dépôt du rap­port du SESE.

Le régime de responsa­bi­li­té actuel est éco­no­mi­quement équi­li­bré
Les déten­teurs de wagons doi­vent veil­ler à ce que leurs wagons soi­ent homo­lo­gués et entre­te­nus con­for­mé­ment aux dis­po­si­ti­ons légis­la­ti­ves et règle­men­tai­res et aux nor­mes en vigueur. C’est en comp­tant sur le respect de ces obli­ga­ti­ons par le déten­teur du wagon que les ent­re­pri­ses de trans-port de fret fer­ro­vi­ai­re pren­nent en char­ge les wagons. Ils effec­tu­ent tous les con­trô­les néces­saires afin que le train puis­se cir­cu­ler en toute sécu­ri­té. Les déten­teurs de wagons n’ont aucu­ne influence sur la pré­pa­ra­ti­on et le départ des trains. Les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re déci­dent de maniè­re auto­no­me de la natu­re et des moda­li­tés de ces con­trô­les, puisqu’ils sont éga­le­ment les seuls respons­ables de la sécu­ri­té de l’exploitation d’un train. Il est par con­sé­quent rai­sonnable, d’un point de vue éco­no­mi­que, que les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re assu­ment à titre prin­ci-pal la responsa­bi­li­té des con­trô­les effec­tués avant le départ des trains et des con­sé­quen­ces éven-tuel­les. Si un défaut du wagon s’avère après coup être la cause du dom­mage (par exemp­le un bris de roue), le déten­teur du wagon enga­ge sa responsa­bi­li­té à l’égard de l’entreprise de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re au titre des dom­mages occa­si­onnés, à moins qu’il ne puis­se prou­ver qu’il n’est pas responsable du défaut (ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve). C’est exac­te­ment le même régime de responsa­bi­li­té que celui existant aujourd’hui en matiè­re de trans­port rou­tier entre le déten­teur du véhi­cu­le trac­teur et le déten­teur de la semi-remor­que ou de la remorque.

Réflé­chir aux effets per­vers des modi­fi­ca­ti­ons légis­la­ti­ves
Un ren­force­ment des dis­po­si­ti­ons, déjà fort détail­lées, en matiè­re de responsa­bi­li­té, n’accroîtra pas la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et ne fera pas cir­cu­ler le moind­re train de mar­chan-dises sup­p­lé­men­tai­re. Au con­trai­re. Tout chan­ge­ment appor­té aux règles en matiè­re de responsa­bi­li-té a des réper­cus­sions sur l’économie de mar­ché, ce qui peut par exemp­le se tra­dui­re par des majo-rati­ons de prix de loca­ti­on des wagons de mar­chan­di­ses et, sur­tout, des com­pli­ca­ti­ons et char­ges accrues pour les trans­ferts de wagons d’un domaine de responsa­bi­li­té à l’autre. L’accès à un pool de 550 000 wagons de mar­chan­di­ses issus de toute l’Europe et garan­ti par le CUU, pour­rait être brus-quement rest­reint en Suis­se suite à une modi­fi­ca­ti­on uni­la­té­ra­le incon­sidé­rée de la loi, ce qui porte-rait pré­ju­di­ce à l’environnement et nui­rait à la place éco­no­mi­que suisse.

Aides de l’UE: sur la corde raide, entre protection du climat et distorsion de la concurrence

Aides de l’UE: sur la corde raide, entre protection du climat et distorsion de la concurrence

Dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) à l’intérieur de l’Union euro­pé­en­ne (UE), nous assis­tons à une évo­lu­ti­on plus poli­tique qu’axée sur le mar­ché. L’UE sou­ti­ent à grand ren­fort de publi­ci­té le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses vers des modes de trans­port respec­tueux du cli­mat comme le rail et la navi­ga­ti­on au moyen de dif­fér­ents pro­gram­mes et fonds et sur le prin­ci­pe, on ne peut que s’en féli­ci­ter.
Les ent­re­pri­ses publi­ques de fret, sou­te­nues par les syn­di­cats, qua­li­fi­ent le TWCI de «ser­vice public». Cepen­dant, ce ne sont pas elles qui en sup­port­ent les con­sé­quen­ces, mais les États et les char­geurs. De fait, ces sub­ven­ti­ons redis­tri­buées par l’UE aux frais des con­tri­bu­ables se tra­dui­sent par un fort sub­ven­ti­on­ne­ment du TWCI sans inci­ta­ti­on à l’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans le sens d’un déve­lo­p­pe­ment dura­ble. Cela signi­fie que le TWCI cimen­te avec l’argent des con­tri­bu­ables, de la socié­té et de l’économie, un mono­po­le dénué de toute obli­ga­ti­on de ser­vice public comme l’obligation de trans­por­ter ou l’obligation de publier les tarifs.
Ce man­que d’orientation sur le mar­ché et d’esprit d’entreprise de la part des chem­ins de fer publics et des syn­di­cats ne per­met­tra d’atteindre ni les objec­tifs de trans­fert du tra­fic, ni les objec­tifs cli­ma­ti­ques. De plus, en tant que pro­prié­tai­res des chem­ins de fer publics, les États pren­nent à long terme un ris­que impon­dé­ra­ble tant en matiè­re de finan­ces que de poli­tique des trans­ports en ce qui con­cer­ne la sécu­ri­té de l’approvisionnement dans leur pays.
Pour les char­geurs, les con­sé­quen­ces ne sont pas moins gra­ves. Pour réa­li­ser des trans­ports mul­ti­mo­daux, les char­geurs doi­vent inves­tir dans le sys­tème fer­ro­vi­ai­re, alors qu’ils sont dépen­dants d’une ent­re­pri­se mono­po­lis­tique elle-même en situa­ti­on de dépen­dance finan­ciè­re et gérée par la main­mi­se poli­tique. Ce n’est vrai­ment pas ce que l’on peut appe­l­er une sécu­ri­té de l’approvisionnement et des inves­tis­se­ments.
Les sub­ven­ti­ons doi­vent être uti­li­sées de maniè­re ciblée et limi­tée dans le temps afin de pré­ser­ver les emplois sur le long terme et de mett­re le TWCI sur la voie du suc­cès.
Dans cet artic­le du blog, nous exami­nons de près les sub­ven­ti­ons publi­ques en Alle­ma­gne, France, Autri­che et Suis­se sous l’angle de leur objec­tif et de leur ampleur et abordons la ques­ti­on des con­flits d’intérêts et des néces­si­tés qui en découlent.

Les enjeux:

  • Les aides d’État visent à instau­rer une mobi­li­té dura­ble et viable.
  • Elles peu­vent tou­te­fois don­ner lieu à des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence et à une discrimination.
  • Les aides finan­ciè­res de l’État doi­vent ser­vir à assurer la tran­si­ti­on jusqu’à l’autonomie financière.
  • Les acteurs du mar­ché ont pré­cis­é­ment beso­in d’une aide finan­ciè­re pour les inno­va­tions tel­les que le DAC.
  • Les ins­tances qui accor­dent les aides dev­rai­ent véri­fier l’efficacité de cel­les-ci et les vio­la­ti­ons des règles rela­ti­ves aux subventions.
  • Le cas éché­ant, il s’avèrera néces­saire de pro­cé­der à des modi­fi­ca­ti­ons de la loi.

 

La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne accor­de un sou­ti­en finan­cier au trans­fert du fret de la route vers des modes de trans­port plus respec­tueux de l’environnement, comme la navi­ga­ti­on inté­ri­eu­re et le rail. Elle met à dis­po­si­ti­on des aides finan­ciè­res con­for­mes aux lignes direc­tri­ces de l’UE en matiè­re d’aides d’État. L’objectif de ces aides de l’UE est une mobi­li­té dura­ble et intel­li­gen­te, elle-même cen­sée per­mett­re de rédui­re les émis­si­ons de CO2 et de déseng­or­ger les rou­tes dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Comme c’est sou­vent le cas pour les aides publi­ques au finance­ment, il faut aussi s’assurer dans le domaine du trans­port de mar­chan­di­ses que la con­cur­rence dans le mar­ché inté­ri­eur n’est pas faus­sée et que l’autofinancement et la trans­pa­rence sont atteints.

Comparaison du financement des déficits dans le trafic par wagons complets isolés (TWCI)
Pays
Programme de subventionnement et avantages
Montant de la subvention
Période
Alle­ma­gne

Sub­ven­ti­on­ne­ment tem­po­rai­re des frais d’exploitation non dis­cri­mi­na­toire et ori­en­té sur la crois­sance (BK-EWV)

Cette sub­ven­ti­on du minis­tère fédé­ral alle­mand du Numé­ri­que et des Trans­ports se veut être une mesu­re tran­si­toire desti­née à aug­men­ter la ren­ta­bi­li­té du TWCI par le déploie­ment du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Le minis­tère vise ainsi à sou­te­nir les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res appar­ten­ant ou non à la Répu­bli­que fédé­ra­le dans les trans­ports nati­on­aux et trans­fron­ta­liers dans le cadre d’une descrip­ti­on du sys­tème de TWCI devant être four­nie. Des détails sur le pro­gram­me BK-EWV sont atten­dus pour juillet.

80 mil­li­ons d’euros

100 mil­li­ons d’euros

100 mil­li­ons d’euros

2023

2024

2025

France

Sou­ti­en de l’offre de trans­port du TWCI

Des sub­ven­ti­ons direc­tes ont pour fon­c­tion d’indemniser les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res pour la dif­fé­rence de coût entre le trans­port rou­tier et le trans­port fer­ro­vi­ai­re. Les béné­fi­ci­ai­res en sont les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res acti­ves dans le domaine du TWCI.

450 mil­li­ons d’euros soit

150 mil­li­ons d’euros par an

2023–2025
Autri­che

«SGV-Plus» (TFM Plus) 

Ce pro­gram­me de sub­ven­ti­on­ne­ment aide les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re à réa­li­ser par le rail des trans­ports de mar­chan­di­ses qui sans ce sou­ti­en dev­rai­ent en gran­de par­tie se faire par la route, par cami­ons. SGV-Plus se com­po­se d’un sou­ti­en des pre­sta­ti­ons de fret fer­ro­vi­ai­re et d’une sub­ven­ti­on pour la rede­van­ce d’utilisation de l’infrastructure.

Sub­ven­ti­on­ne­ment des rac­cor­de­ments et des terminaux

L’État aide les ent­re­pri­ses à trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses sur un mode dura­ble par le rail à l’aide de mesu­res comme celles-ci:

  • Con­s­truc­tion, exten­si­on et réac­ti­va­ti­on de voies de rac­cor­de­ment et de terminaux
  • Inves­tis­se­ments dans l’existant dans le domaine des voies de raccordement
  • Inves­tis­se­ments dans l’existant pour les équi­pe­ments de trans­bor­de­ment mobi­les dans le domaine du terminal

Env. 90 mil­li­ons d’euros

 

 

 

 

13 mil­li­ons
d’euros
par an

2023–2027

 

 

 

 

 

À par­tir de 2023

Suis­se

Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suisse

Le Con­seil fédé­ral pré­voit des pro­gram­mes de sub­ven­ti­on­ne­ment apportant les avan­ta­ges suivants:

  • Indem­nis­er finan­ciè­re­ment les four­nis­seurs de TWCI
  • Appor­ter un finance­ment de départ au lance­ment du DAC
  • Sou­te­nir finan­ciè­re­ment les appareils de trans­bor­de­ment ainsi que les off­res d’infrastructure de la navi­ga­ti­on rhénane
  • Dimi­n­uer le prix du char­ge­ment sur le rail

600 mil­li­ons de CHF soit

150 mil­li­ons de CHF par an

2024–2027

 

Pertinence limitée de la comparaison

Les sub­ven­ti­ons men­ti­onnées dans le tableau ci-des­sus sont expri­mées en chif­fres abso­lus. Cela les rend dif­fi­ci­les à compa­rer, faute de mon­tant de réfé­rence. Par exemp­le, la SNCF (France) réa­li­se plu­s­ieurs fois le nombre de ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rus par les CFF, mais reçoit en com­pa­rai­son con­sidé­ra­blem­ent moins d’argent. Con­trai­re­ment aux pays de l’Union euro­pé­en­ne, en Suis­se, le mon­tant total des sub­ven­ti­ons com­prend aussi la migra­ti­on vers le DAC. C’est pré­cis­é­ment parce que la plu­part des pays dis­po­sent par­al­lè­le­ment de nombreu­ses sources de finance­ment qu’il est extrê­me­ment dif­fi­ci­le de compa­rer les aides de maniè­re pertinente.

Conflit d’intérêts protection du climat vs concurrence

Les gou­ver­ne­ments uti­li­sent prin­ci­pa­le­ment leurs sub­ven­ti­ons dans le but d’encourager le trans­fert du tra­fic vers des modes de trans­port dur­a­bles. L’objectif ulti­me com­por­te le ris­que de faus­ser la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Pour que celui-ci reste via­ble d’un point de vue non seu­le­ment éco­lo­gi­que, mais aussi éco­no­mi­que, les respons­ables doi­vent viser un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re auto­no­me et axé sur l’économie de mar­ché qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tou­tes les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et soit un par­ten­aire fia­ble aux côtés des char­geurs. La Suis­se s’est fixé pour objec­tif l’autofinancement, et elle est sur la bonne voie pour l’atteindre.

Garantir la non-discrimination

Là où les acteurs publics et pri­vés du mar­ché se ren­cont­rent, on voit vite sur­gir le repro­che de la dis­cri­mi­na­ti­on. Un exemp­le clas­si­que en est le sub­ven­ti­on­ne­ment du der­nier kilo­mèt­re. Celui-ci fait l’objet de débats enflam­més tant sur le plan inter­na­tio­nal qu’en Suis­se (cf. Rail­Busi­ness no 6 et 7/2023). Dans l’article de notre blog inti­tulé «Exter­na­li­ser le der­nier kilo­mèt­re et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire», nous esquis­sons la forme que pour­rait prend­re un der­nier kilo­mèt­re non dis­cri­mi­na­toire en Suis­se. Nous y pré­co­ni­sons que la ges­ti­on du sys­tème ne soit plus con­fiée à un seul grand opé­ra­teur – comme c’est actu­el­le­ment le cas avec CFF Cargo – et pro­po­sons qu’à la place, la des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re soit assu­rée par un presta­tai­re uni­que. Celui-ci sera dans l’idéal l’exploitant d’infrastructure, qui, ceci mis à part, ne four­nit aucu­ne pre­sta­ti­on de trans­port. Dans l’article de notre blog inti­tulé «Sub­ven­ti­on­ne­ment du tra­fic par wagon isolé: empê­cher la dis­tor­si­on de la con­cur­rence et la dis­cri­mi­na­ti­on», vous trou­verez de plus amp­les expli­ca­ti­ons sur les rai­sons pour les­quel­les la non-dis­cri­mi­na­ti­on est pri­mor­dia­le en matiè­re d’aides d’État.

En Alle­ma­gne, le «Ver­band deut­scher Ver­kehrs­un­ter­neh­men» (Fédé­ra­ti­on des ent­re­pri­ses de trans­port alle­man­des VDV) et l’association «Die Güter­bah­nen» (Les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses) récla­ment un sub­ven­ti­on­ne­ment non dis­cri­mi­na­toire des tra­jets de des­ser­te entre le point de char­ge­ment chez le cli­ent et la der­niè­re com­po­si­ti­on fon­c­tion­nel­le d’un train. Des règle­men­ta­ti­ons cor­re­spond­an­tes garan­ti­ront que le sub­ven­ti­on­ne­ment irri­guera des régions par­ti­cu­liè­re­ment peu des­ser­vies et non ren­ta­bles ainsi que les nou­veaux tra­fics afin d’attirer aussi le trans­port fer­ro­vi­ai­re dans ces endroits.

Renforcer financièrement la force d’innovation

À notre avis, les finance­ments d’État doi­vent con­sti­tuer une tran­si­ti­on desti­née à durer jusqu’à ce que les acteurs par­vi­en­nent à s’autofinancer. Cette appro­che est tout par­ti­cu­liè­re­ment pri­mor­dia­le pour les inno­va­tions, par exemp­le pour la migra­ti­on vers le DAC et pour la digi­ta­li­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re qui va de pair. Les déten­teurs de wagons ne peu­vent pas tirer parti du DAC direc­te­ment, mais doi­vent con­sen­tir des inves­tis­se­ments énor­mes dans le réé­qui­pe­ment du maté­ri­el rou­lant. Pour savoir pour­quoi nous nous impli­quons pour le finance­ment de départ du DAC, qui ouvre la voie à une nou­vel­le ère du rail, plu­tôt qu’en faveur du sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent d’un sys­tème obsolè­te, lisez l’article de notre blog inti­tulé «Inno­va­ti­on dans le fret fer­ro­vi­ai­re: le DAC ouvre la voie».

Repenser le système ferroviaire

Pour que les avan­ta­ges de la digi­ta­li­sa­ti­on se con­cré­ti­sent dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il faut plus que le DAC. Il faut une trans­for­ma­ti­on et une opti­mi­sa­ti­on fon­da­men­ta­les des pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Ce n’est qu’ainsi que les acteurs du mar­ché pour­ront aug­men­ter leur pro­duc­ti­vi­té, rédui­re les coûts et adop­ter sys­té­ma­ti­quement une ori­en­ta­ti­on cli­ent afin de res­ter com­pé­ti­tifs en uti­li­sant le rail. Cela passe par une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique de l’ensemble du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Celle-ci va lar­ge­ment au-delà du simp­le finance­ment (de départ) du TWCI ou du DAC. Elle con­cer­ne l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Créer de la transparence grâce au monitoring

Pour pou­voir uti­li­ser les fonds publics de maniè­re ciblée, il faut défi­nir clai­re­ment les objec­tifs devant être att­eints grâce à ce sou­ti­en. Il s’agit – comme cela est habi­tuel dans les ent­re­pri­ses pri­vées – d’opérer une véri­fi­ca­ti­on à l’aide de paramè­tres mesur­a­bles, par exemp­le «com­bien de DAC seront mis en œuvre d’ici 2025 pour quel­le somme», «com­bien de voies ont été réa­li­sées» ou enco­re «com­bien de char­ge­ments de cami­ons ont été mis sur le rail». La mesu­ra­bi­li­té d’un taux de réus­si­te per­met aux acteurs d’adapter leur stra­té­gie en conséquence.

Empêcher les abus des lignes directrices de l’UE en matière d’aides d’État

En 2020, la Deut­sche Bahn s’est vu repro­cher une dis­tor­si­on mas­si­ve du mar­ché, car elle devait rece­voir de la part de l’État une aug­men­ta­ti­on de ses capi­taux pro­pres à hauteur de 5 mil­li­ards d’euros en rai­son de la crise du COVID-19. Au début de l’année 2023, la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a lancé une enquête sur de pos­si­bles aides publi­ques illé­ga­les de l’ordre de dix à vingt mil­li­ards ver­sées au sec­teur Fret de la socié­té fer­ro­vi­ai­re éta­tique SNCF. Ces exemp­les récents mont­rent que les aides publi­ques com­portent tou­jours un ris­que d’abus. Il est d’autant plus important que les gou­ver­ne­ments cré­ent les mêmes con­di­ti­ons de con­cur­rence pour tous et au beso­in affi­nent a pos­te­rio­ri le cadre juri­di­que.[1]

Affiner a posteriori les lignes directrices

Les lignes direc­tri­ces euro­pé­en­nes con­cer­nant le sec­teur fer­ro­vi­ai­re sont l’exemple d’une telle révi­si­on. La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a pro­po­sé de les révi­ser afin de trans­fé­rer le tra­fic sur des solu­ti­ons plus dur­a­bles et moins pol­lu­an­tes tout en con­ser­vant des con­di­ti­ons de con­cur­rence équi­ta­bles au sein de l’Union euro­pé­en­ne. La con­sul­ta­ti­on des États mem­bres sur la pro­mo­ti­on de pro­gram­mes trans­par­ents et non dis­cri­mi­na­toires, la limi­ta­ti­on des aides indi­vi­du­el­les à des cas excep­ti­on­nels et la modi­fi­ca­ti­on du pla­fon­ne­ment des aides s’est ache­vée le 16 mars 2022. La majo­ri­té des répondant·e·s ont donné leur pré­fé­rence à une pro­mo­ti­on de pro­gram­mes offrant des chan­ces éga­les à tou­tes les ent­re­pri­ses et à ce que des aides indi­vi­du­el­les ne soi­ent accor­dées que dans des cas excep­ti­on­nels. La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne pré­voit d’approuver la révi­si­on des lignes direc­tri­ces rela­ti­ves aux aides d’État appli­ca­bles au sec­teur du trans­port fer­ro­vi­ai­re au 4e tri­mest­re 2023.

[1] Cf. Artic­le paru dans la DVZ le 30.05.2023 (en allemand)

Un transfert du trafic qui fait sens: du chargeur au transporteur ferroviaire

Un transfert du trafic qui fait sens: du chargeur au transporteur ferroviaire

Dans le can­ton de Zurich, depuis le 1er juil­let 2021, le maît­re d’ouvrage est tenu d’évacuer par voie fer­ro­vi­ai­re les déb­lais pro­pres pro­ven­ant d’excavations d’un volu­me supé­ri­eur à 25 000 mètres cubes, sous peine de devoir payer une taxe de rem­pla­ce­ment. Le 8 mars 2022, les socié­tés HASTAG (Zurich) AG, Schnei­der Umwelt­ser­vice AG et Eber­hard Bau AG ont fusi­onné afin d’offrir cette pre­sta­ti­on, cré­ant l’entreprise Ter­ra­Rail Modal­split AG.

Les enjeux:

  • Can­ton de Zurich: Ver­ord­nung über den Bahn­trans­port von Aus­hub und Gesteins­kör­nung (ordon­nan­ce sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re des déb­lais et gra­nu­lats) (BTV)
  • Ter­ra­Rail: un four­nis­seur de trans­port des maté­riaux d’excavation et de gra­nu­lats par rail
  • Dans l’esprit d’une con­cur­rence loya­le: appel d’offres pour les ETF

 

Ter­ra­Rail Modal­split AG offre le trans­port fer­ro­vi­ai­re des maté­riaux d’excavation et des gra­nu­lats sur quat­re sites. Pour ce faire, l’entreprise tire parti de la longue expé­ri­ence et des sites idéaux des trois ent­re­pri­ses, qui sont dotés d’un rac­cor­de­ment fer­ro­vi­ai­re. La trac­tion entre les sites et le ou les lieux de déchar­ge­ment est actu­el­le­ment assu­rée par CFF Cargo.

Les maté­riaux d’excavation sont trans­por­tés par train hors de l’agglomération et dépo­sés ou valo­ri­sés dans une déchar­ge. Idéa­le­ment, le maté­ri­au direc­te­ment retrans­por­té est alors de la matiè­re pre­miè­re, par exemp­le du gra­vier. L’offre com­prend éga­le­ment l’élaboration d’un con­cept de trans­port qui doit être dépo­sé en même temps que la deman­de de per­mis de construire.

Si Ter­ra­Rail fait actu­el­le­ment inter­ve­nir CFF Cargo pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re, d’autres ETF ont été envi­sa­gées. Ter­ra­Rail Modal­split AG agit indé­pen­dam­ment des four­nis­seurs du mar­ché et se fait éta­b­lir plu­s­ieurs devis lors de la pla­ni­fi­ca­ti­on des off­res et de la pro­duc­tion. Le devis con­fir­mé est celui qui est le plus adap­té. Dans ce domaine, il faut donc tabler sur des agence­ments changeants.

On s’attend à ce qu’il y ait des off­res con­cur­ren­ti­el­les, car les devis de Ter­ra­Rail sont émis dans une situa­ti­on de con­cur­rence. De fait, plu­s­ieurs mar­chés ont déjà été adju­gés à d’autres four­nis­seurs du mar­ché. Cela mont­re qu’il exis­te bel et bien une concurrence.

Les trans­ports fer­ro­vi­ai­res sont inté­res­sants à con­di­ti­on que l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re relie direc­te­ment les sites de char­ge­ment et de déchar­ge­ment et cou­vre de longues distances. Dans le domaine du split modal, ce n’est tou­te­fois que rare­ment le cas. En géné­ral, il s’avère néces­saire d’effectuer un pro­ces­sus de trans­bor­de­ment sup­p­lé­men­tai­re, ce qui ent­raî­ne un sur­croît de tra­vail et exige des places de char­ge­ment. C’est pour­quoi il est aux yeux de Ter­ra­Rail indi­qué d’avoir des pre­scrip­ti­ons léga­les pour aug­men­ter la part du trans­port fer­ro­vi­ai­re dans le split modal et déseng­or­ger les rou­tes. Par­al­lè­le­ment, Ter­ra­Rail s’emploie à amé­lio­rer con­tinuel­le­ment la com­pé­ti­ti­vi­té de cette chaî­ne de transport.

La VAP salue le regrou­pe­ment des com­pé­ten­ces des ent­re­pri­ses du sec­teur privé et l’aménagement de l’organisation d’une chaî­ne de trans­port met­tant à pro­fit les points forts de tous les par­ten­aires. Dans leur rôle de spé­cia­lis­tes du ter­ras­se­ment et de l’exploitation miniè­re et d’exploitants de pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment appro­priées, les trois char­geurs trans­fè­rent dans leurs instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment et désor­mais en tant qu’opérateurs de trans­port fer­ro­vi­ai­re des trans­ports vers le rail et déseng­or­gent la route. Ils portent un juge­ment posi­tif sur con­cur­rence et sur la recher­che d’une véri­ta­ble com­pé­ti­ti­vi­té par rap­port au trans­port pure­ment rou­tier. Il est sou­hai­ta­ble que les char­geurs aient le choix et que la sécu­ri­té d’approvisionnement soit ren­for­cée par l’existence de plu­s­ieurs presta­tai­res ferroviaires.

La solu­ti­on trou­vée dans le can­ton de Zurich, qui pré­voit le pai­ement d’une taxe de rem­pla­ce­ment par les maî­tres d’ouvrage, est une mesu­re coer­ci­ti­ve con­çue selon les prin­cipes de l’économie de mar­ché, dont les recet­tes sont rever­sées au bud­get géné­ral de l’État sans être affec­tées à un but pré­cis. Nous sou­hai­ter­ions qu’elles soi­ent rem­bour­sées de maniè­re ciblée aux acteurs du mar­ché, par exemp­le sous la forme d’un sou­ti­en finan­cier de la part du can­ton pour la con­s­truc­tion de pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment ou pour la mise en place de nou­vel­les solu­ti­ons logis­ti­ques multimodales.

Pour d’autres pro­duits, il est beau­coup plus dif­fi­ci­le de mett­re en œuvre un modè­le com­pa­ra­ble, car il man­que les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment néces­saires. À cet égard, la pla­ni­fi­ca­ti­on can­to­na­le des trans­ports et de l’aménagement du ter­ri­toire doit veil­ler à ce que les sites soi­ent bien des­ser­vis par la route et par le rail.

Afin d’encourager d’autres trans­ferts posi­tifs, la VAP joue éga­le­ment un rôle de con­seil auprès des can­tons, qui béné­fi­ci­ent dans ce cadre des vastes con­nais­sances tech­ni­ques, de la longue expé­ri­ence et du vaste réseau de l’association, soli­de­ment ancrée dans le sec­teur des transports.

CFF Cargo à nouveau filiale à 100% des CFF

CFF Cargo à nouveau filiale à 100% des CFF

Intégration – refus d’une orientation vers le marché?

CFF Cargo perd aussi bien son expé­ri­ence logis­tique au sein de l’ac­tion­na­ri­at et du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on que la pré­si­dence exter­ne du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on, sym­bo­le de la liber­té d’entre­pri­se. Stig­ma­ti­sée comme n’a­yant pas réus­si, elle est de retour à la table de la direc­tion du grou­pe. Que peu­vent attendre les cli­ents et les respons­ables poli­ti­ques du trans­fert de la route au rail?

Les enjeux :

  • Les logi­sti­ci­ens Plan­zer, Cami­on Trans­port, Gal­li­ker et Bert­schi ren­dent leur part minoritaire
  • CFF Cargo est à nou­veau entiè­re­ment inté­g­ré à la Direc­tion du grou­pe CFF
  • Sup­pres­si­on de la pré­si­dence exter­ne du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on et de la liber­té de décis­i­on de CFF Cargo
  • Aucun signe de la réor­ga­ni­sa­ti­on néces­saire du tra­fic par wagons com­plets n’est perceptible
  • Indem­ni­sa­ti­on et inter­pré­ta­ti­on en tant que ser­vice public
  • Les per­tes de tra­fic se poursuivent

 

Les CFF restent fidè­les à eux-mêmes. Les chem­ins de fer inté­g­rés se sépa­rent des action­n­aires mino­ri­taires de leur com­pa­gnie de fret CFF Cargo et l’in­tègrent à nou­veau plei­ne­ment dans le cer­cle de la direc­tion du grou­pe et de sa famil­le fer­ro­vi­ai­re. Et la chef­fe, Mme Baer, est rem­pla­cée par un expert en immo­bi­lier. Les rai­sons de ces mesu­res ne sont pas expliquées.

De même, on ne sait pas pour­quoi le wagon isolé ne peut pas être exploi­té de maniè­re auto­no­me et dev­rait con­tin­uer à être sou­tenu à long terme par l’ar­gent des con­tri­bu­ables. La seule chose qui est clai­re, c’est que le tra­fic par wagons com­plets doit être trans­for­mé en un ser­vice public indem­ni­sé et que le tra­fic com­bi­né doit éga­le­ment être repris par les CFF avec “Suis­se Cargo Logi­stics” et la nou­vel­le socié­té CFF Inter­mo­dal SA et reti­ré stra­té­giquement du mar­ché. Il est impé­ra­tif de sou­le­ver cer­tai­nes ques­ti­ons, tel­les que des con­di­ti­ons non dis­cri­mi­na­toires et équi­ta­bles pour tous les acteurs.

La résur­rec­tion de CFF Cargo en tant que reli­que avant OBI Orga­ni­sa­ti­on de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re 16.075 n’est pas seu­le­ment une sur­pri­se pour la VAP, en tant que repré­sen­tan­te de l’é­co­no­mie des char­geurs. Le rôle joué par la poli­tique, le DETEC en tant que pro­prié­tai­re, trans­met­teur de l’ar­gent des con­tri­bu­ables et auto­ri­té de sur­veil­lan­ce dans cette décis­i­on n’est pas clair.

A la VAP, nous ana­ly­sons et son­dons pour l’in­stant. Nous cher­chons le dia­lo­gue avec les milieux poli­ti­ques, le DETEC, les CFF et le nou­veau CEO de CFF Cargo. Sur la base de ces con­nais­sances et, nous l’e­spé­rons, de faits satis­faisants, nous déter­mi­ne­rons la suite de notre action et vous infor­me­rons à nou­veau de cette situa­ti­on actuelle.

Les valeurs tel­les que la con­cur­rence, l’o­ri­en­ta­ti­on vers le mar­ché, l’in­no­va­ti­on, la non-dis­cri­mi­na­ti­on, les moy­ens de trans­port pro­duc­tifs et la ren­ta­bi­li­té pro­pre font par­tie de l’ADN de la VAP. Et fina­le­ment, nos “vieil­les” idées comme les “chem­ins de fer de bran­che” et une exter­na­li­sa­ti­on de la des­ser­te du premier/dernier kilo­mèt­re pour­rai­ent être la bonne répon­se pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses fort en Suisse.

 

Rétro­s­pec­ti­ve de l’an­née 2018, repor­ta­ge de SRF: Dis­cus­sion sur le tra­fic mar­chan­di­ses – CFF Cargo à côté de la plaque (en allemand)

Plutôt que d’empocher une enveloppe budgétaire de 3 milliards, les CFF doivent assumer leurs responsabilités

Plutôt que d’empocher une enveloppe budgétaire de 3 milliards, les CFF doivent assumer leurs responsabilités

Dans l’article de notre blog inti­tulé «Pas de sta­bi­li­sa­ti­on des CFF en dépit des 3 mil­li­ards de fonds fédé­raux sup­p­lé­men­tai­res», nous avons pris posi­ti­on sur la moti­on 22.3008. Dans le pré­sent artic­le, nous réca­pi­tu­lons les avis des repré­sen­tants du sec­teur et ceux qui défen­dent leurs inté­rêts en réac­tion au rap­port du 16 décembre 2022. L’économie refu­se l’aide finan­ciè­re de 3 mil­li­ards de francs suis­ses qui doit être ver­sée aux CFF et récla­me qu’on accor­de à la place aux CFF des responsa­bi­li­tés entrepreneuriales.

Les enjeux:
  • En rai­son de la pan­dé­mie, les CFF ont essuyé de mau­vais résul­tats dans le domaine des gran­des lignes
  • L’économie refu­se l’aide finan­ciè­re de 3 mil­li­ards de francs et récla­me une solu­ti­on entrepreneuriale
  • Rejet clair et net du détour­ne­ment de la RPLP pour d’autres finalités
  • Le chan­ge­ment de sys­tème en matiè­re de prêts est accu­eil­li favorablement
  • L’ouverture du mar­ché des gran­des lignes divi­se l’économie

La moti­on 22.3008 «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19» deman­de que la Con­fé­dé­ra­ti­on pren­ne en char­ge les défi­ci­ts des CFF dans le tra­fic des gran­des lignes. Dans son rap­port du 16 décembre 2022, le Con­seil fédé­ral for­mu­le ses pro­po­si­ti­ons sur le finance­ment des CFF. Il pro­po­se un apport de capi­taux éva­lué à 1,25 mil­li­ard de francs suis­ses et envi­sa­ge en outre de rédui­re le prix des sil­lons pour le tra­fic des gran­des lignes de 1,7 mil­li­ard de francs suis­ses. Sur le plan bud­gé­tai­re, ce «coup de pouce» doit être garan­ti par le ver­se­ment de l’intégralité des recet­tes de la rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds RTPL (part fédé­ra­le) dans le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re. Le but de ces mesu­res con­sis­te à com­pen­ser les per­tes essuyées par les CFF entre 2020 et 2022 dans le tra­fic des gran­des lignes et à main­te­nir l’endettement de l’entreprise au même niveau.

Non à l’injection de fonds, oui à la renonciation aux prêts de trésorerie

L’économie – repré­sen­tée par eco­no­mie­su­is­se, l’USAM, CFS, l’ASTAG et la VAP – et les par­tis pro­ches des milieux éco­no­mi­ques, à savoir le PLR et l’UDC, rejet­tent dans leur gran­de majo­ri­té tant l’injection de fonds que le détour­ne­ment de la RPLP au pro­fit d’autres fina­li­tés, en l’occurrence le tra­fic des gran­des lignes.

De même, ils se sont unani­me­ment féli­ci­tés du chan­ge­ment de sys­tème en matiè­re d’octroi de prêts et récla­ment la renon­cia­ti­on aux prêts de tré­sore­rie. Une majo­ri­té con­sidè­re que dans le domaine d’activité com­mer­cial, la solu­ti­on de finance­ment est à cher­cher dans le mar­ché des capi­taux. Une mino­ri­té peut aussi con­ce­voir que le Par­le­ment con­sen­te à un prêt fédé­ral d’un cer­tain mon­tant. Dans l’ensemble, il faut aug­men­ter la trans­pa­rence dans le domaine com­mer­cial et subventionné.

L’économie demande des responsabilités entrepreneuriales

Au lieu que la Con­fé­dé­ra­ti­on épon­ge les per­tes des CFF con­sé­cu­ti­ves à la crise du covid-19 aux frais des con­tri­bu­ables, les chem­ins de fers publics doi­vent assu­mer des responsa­bi­li­tés entre­pre­neu­ria­les. Ils ont à cet effet à leur dis­po­si­ti­on dif­fé­ren­tes mesu­res de mar­ché pour ali­gner les frais d’exploitation et les inves­tis­se­ments sur l’offre et les prix. Parmi les exemp­les réa­lis­tes, on cite­ra les éco­no­mies, les aug­men­ta­ti­ons de prix ou la vente de biens fon­ciers non néces­saires à l’exploitation.

Une conception du système de prix des sillons suivant le principe de causalité

L’UDC, eco­no­mie­su­is­se, l’USAM, CFS et la VAP refu­sent une baisse du prix des sil­lons pour les gran­des lignes. Le PLR et l’ASTAG peu­vent con­ce­voir une solu­ti­on assu­mée à parts éga­les entre la Con­fé­dé­ra­ti­on et les CFF. Le sys­tème suis­se de prix des sil­lons ne cor­re­spond pas au prin­ci­pe de cau­sa­li­té; le fret se voit impo­ser une char­ge trop lour­de. Les grou­pes d’intérêts sont d’accord sur le fait que la RPLP ne doit pas être détour­née de ses fina­li­tés pour résoud­re cette situa­ti­on déplo­rable. Au lieu de cela, la Con­fé­dé­ra­ti­on doit con­tin­uer à diri­ger les parts fédé­ra­les de la RPLP et redou­bler d’efforts pour décar­boner la route, le rail et la navigation.

Des désaccords sur l’ouverture du marché

Les asso­cia­ti­ons pro­ches du fret ASTAG, CFS et VAP récla­ment une stra­té­gie de migra­ti­on sur l’ouverture du mar­ché dans le tra­fic des gran­des lignes qui soit har­mo­ni­sée avec l’Union euro­pé­en­ne (UE). Les aut­res repré­sen­tants de l’économie et les par­tis pro­ches des milieux éco­no­mi­ques se mont­rent à cet égard plus dis­po­sés à por­ter des reven­dica­ti­ons de real­po­li­tik. Reste à voir si cette real­po­li­tik suis­se pour­ra enco­re être main­te­nue long­temps sur la scène européenne.

Le texte intégral des positions

Retrou­vez l’intégralité de notre répon­se du 7 mars 2023 à la con­sul­ta­ti­on à télé­char­ger sur notre site web.

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Prescriptions de circulation des trains: les simplifier et les harmoniser au niveau international

Prescriptions de circulation des trains: les simplifier et les harmoniser au niveau international

L’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) déve­lo­p­pe dans le cadre du cycle de modi­fi­ca­ti­on 2024 des Pre­scrip­ti­ons suis­ses de cir­cu­la­ti­on des trains (PCT 2024). Les modi­fi­ca­ti­ons sys­té­ma­ti­ques sont cru­cia­les. Voici une prise de posi­ti­on du point de vue du sec­teur des chargeurs.

 

L’enjeu:
  • Entrée en vigueur du déve­lo­p­pe­ment des Pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains ent­rera en vigueur à par­tir de 2024.
  • Une sim­pli­fi­ca­ti­on du sys­tème s’impose pour le per­son­nel des chem­ins de fer.
  • L’application sys­té­ma­tique des STI OPE aug­men­te enco­re l’interopérabilité.
  • Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit assu­mer la responsa­bi­li­té des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains.
  • La VAP sou­hai­te davan­ta­ge de marge de manœu­vre entre­pre­neu­ria­le pour les explo­itants de voies de raccordement.

 

Depuis plus de 20 ans, il y a en Suis­se des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains uni­for­mes appli­ca­bles à tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Ces pre­scrip­ti­ons sont essen­ti­el­les pour le ser­vice fer­ro­vi­ai­re, car elles défi­nis­sent des acti­vi­tés et des mesu­res de col­la­bo­ra­ti­on per­ti­nen­tes pour la sécu­ri­té et déter­mi­nent les tâches, les com­pé­ten­ces et les responsa­bi­li­tés de tou­tes les par­ties pren­an­tes du ser­vice fer­ro­vi­ai­re. L’OFT col­la­bo­re étroi­te­ment avec le sec­teur fer­ro­vi­ai­re pour déve­lo­p­per les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains et les actua­li­ser tous les quat­re ans. Ce cycle de modi­fi­ca­ti­ons fait sens, car il per­met de prend­re en comp­te tant les expé­ri­en­ces quo­ti­di­en­nes fai­tes au niveau de l’exploitation que les déve­lo­p­pe­ments tech­ni­ques du sec­teur fer­ro­vi­ai­re; mais il a aussi des effets second­ai­res néga­tifs: ainsi, les PCT ont pro­li­fé­ré au point de deve­nir une jungle de pre­scrip­ti­ons inex­tri­ca­ble, qui doit de toute urgence être éclair­cie et s’orienter vers des pre­scrip­ti­ons d’interopérabilité. Ce pro­ces­sus devra accor­der davan­ta­ge de marge de manœu­vre entre­pre­neu­ria­le aux ent­re­pri­ses respons­ables. La mise en vigueur du rema­nie­ment en cours est pré­vue pour le 1er juil­let 2024[1].

Cycle de modifications 2024 et sous-projets importants

À la VAP, nous nous féli­ci­tons des déve­lo­p­pe­ments sys­té­ma­ti­ques des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains pro­po­sées par l’OFT dans les pro­jets partiels con­cep­tuels (cf. Illus­tra­ti­on 1). Nous sug­gé­rons par ail­leurs de mett­re en œuvre rapi­de­ment les nou­veau­tés fondamentales.

  • Le pro­jet partiel 1 de l’OFT inti­tulé «STRUCTURE» a pour but de struc­tu­rer les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains de maniè­re sys­té­ma­tique pour les rend­re plus com­pré­hen­si­bles et plus uni­for­mes pour ceux qui les appli­quent. La mise en œuvre com­plè­te de cette sim­pli­fi­ca­ti­on néces­si­te­ra plu­s­ieurs séries de modi­fi­ca­ti­ons. Il est en géné­ral indi­qué de com­bi­ner une har­mo­ni­sa­ti­on struc­tu­rel­le avec des adapt­a­ti­ons techniques.
  • Dans les pro­jets partiels 2a, 2b et 2c inti­tulés «Appli­ca­ti­on», l’OFT vise à créer les con­di­ti­ons pour une uti­li­sa­ti­on numé­ri­que sys­té­ma­tique des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains. Chacu­ne de ces pre­scrip­ti­ons est rat­ta­chée à un champ d’application ou à une opti­on. Le texte déter­mi­ne désor­mais qui assu­me quel­le fon­c­tion. Dès que ce pro­jet partiel sera réa­li­sé, il sera pos­si­ble de fil­trer sans ambi­güi­té les pre­scrip­ti­ons selon les champs d’application et de les rat­ta­cher à des fon­c­tions. Il en résul­te­ra une amé­lio­ra­ti­on con­sidé­ra­ble de l’efficacité de la réd­ac­tion des pre­scrip­ti­ons, et ce pour tou­tes leurs appli­ca­ti­ons, car cela auto­ri­se les pos­si­bi­li­tés d’application numériques.
  • Dans le cadre du pro­jet partiel 3 inti­tulé «Inci­dence», il est deman­dé à l’OFT de trou­ver une stra­té­gie adap­tée aux uti­li­sa­teurs, pour garan­tir une trans­mis­si­on sûre de la responsa­bi­li­té aux ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re durant le ser­vice. Selon les STI OPE (cf. Enca­dré), les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res sont respons­ables des pre­scrip­ti­ons d’exploitation; cela doit aussi valoir à l’avenir pour la Suis­se. Le déve­lo­p­pe­ment des STI OPE en cours per­met­tra en outre d’élever par étapes les règles natio­na­les des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains existan­tes et de ne con­ser­ver que les pre­scrip­ti­ons natio­na­les abso­lu­ment néces­saires, enre­gis­trées auprès de l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA comme règles tech­ni­ques natio­na­les noti­fiées (RTNN)[2].
  • Le pro­jet partiel 4 inti­tulé «Con­tenu» con­ti­ent un cer­tain nombre d’adaptations du con­tenu, qui actua­li­sent les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains.
Règlementer la collaboration de toutes les parties prenantes

Le déve­lo­p­pe­ment des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains appelé à ent­rer en vigueur en 2024 pré­voit des chan­ge­ments pro­fonds. Nous som­mes con­vain­cus que le ser­vice fer­ro­vi­ai­re ne doit pas être en soi éva­lué comme com­ple­xe. Il a beso­in de règles clai­res pour la col­la­bo­ra­ti­on de tou­tes les par­ties pren­an­tes – jus­tem­ent parce que l’on assis­te dans le ser­vice fer­ro­vi­ai­re à une aug­men­ta­ti­on du par­ta­ge du tra­vail, de l’automation et de la spé­cia­li­sa­ti­on. C’est pour­quoi nous som­mes d’avis qu’il est néces­saire de prend­re en comp­te les aspects suivants:

Viser des simplifications

Il y a beso­in de pre­scrip­ti­ons uni­for­mes, com­pré­hen­si­bles et adap­tées à leurs desti­na­tai­res qui soi­ent appli­ca­bles à tou­tes les ent­re­pri­ses. Les col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs doi­vent avoir à leur dis­po­si­ti­on tou­tes les règles néces­saires à leur fon­c­tion et pou­voir sys­té­ma­ti­quement tra­vail­ler en étant débar­ras­sés de tout poids inutile.

Les pre­scrip­ti­ons d’exploitation dev­rai­ent être for­mulées sur la base des ris­ques, les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res doi­vent éla­bo­rer dans un cadre glo­bal défi­ni des solu­ti­ons simp­les et peu coû­teu­ses tail­lées sur mesu­re pour elles afin de pro­dui­re de maniè­re concurrentielle.

Tirer profit de la digitalisation

Grâce aux fil­tres rela­tifs à la fon­c­tion, la digi­ta­li­sa­ti­on per­met une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble de l’efficience dans l’application des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains. Les per­son­nes qui exer­cent une acti­vi­té liée à la sécu­ri­té doi­vent con­naît­re les pre­scrip­ti­ons per­ti­nen­tes pour leurs tâches, mais uni­quement celles-ci.

Garantir les libertés entrepreneuriales

À la VAP, nous visons pour les voies de rac­cor­de­ment des solu­ti­ons fais­ables, car il n’est à cet égard pas tou­jours pos­si­ble de respec­ter stric­te­ment les pre­scrip­ti­ons défi­nies pour le ser­vice fer­ro­vi­ai­re. Notam­ment pour les ent­re­pri­ses explo­itant des voies de rac­cor­de­ment, nous prô­nons une appro­che basée sur le ris­que afin de garan­tir plus de liber­té entre­pre­neu­ria­le. Pour orga­nis­er le dérou­le­ment de l’exploitation des voies de rac­cor­de­ment dans le respect de la sécu­ri­té et de maniè­re ren­ta­ble pour les socié­tés explo­itan­tes et pour le per­son­nel, il est néces­saire d’avoir des pre­scrip­ti­ons spécifiques.

Assurer l’interopérabilité

Des chem­ins de fer interopé­ra­bles cir­cu­lant sur dif­fé­ren­tes infra­struc­tures et dans plu­s­ieurs pays et en fran­chis­sant des fron­tiè­res ont d’autres exi­gen­ces que des chem­ins de fer régi­on­aux et des rac­cor­dés cir­cu­lant uni­quement à l’échelle loca­le. Comp­te tenu de la diver­si­té des con­di­ti­ons des gares et des voies de rac­cor­de­ment, les pre­scrip­ti­ons d’exploitation doi­vent être con­çues dans le cadre d’une struc­tu­re glo­ba­le uni­que, mais de maniè­re dif­fé­ren­ciée, com­pré­hen­si­ble et con­cen­trée sur l’essentiel en fon­c­tion du tra­fic et de l’infrastructure.

Dans le domaine des voies nor­ma­les, le déve­lo­p­pe­ment des STI OPE débou­ch­era sur une har­mo­ni­sa­ti­on crois­san­te des pre­scrip­ti­ons d’exploitation à l’échelle inter­na­tio­na­le. Le nombre de pre­scrip­ti­ons natio­na­les restan­tes devra être limi­té à un mini­mum afin d’améliorer l’applicabilité pra­tique. Tous les pays par­ti­ci­pan­ts sont appelés à abro­ger les pre­scrip­ti­ons natio­na­les qui ne sont plus néces­saires. L’application sys­té­ma­tique des STI OPE con­dui­ra sur le long terme à l’instauration de règles plus uni­for­mes pour le tra­fic trans­fron­ta­lier et au déman­tèle­ment pro­gres­sif des barrières.

Assumer des responsabilités

Les STI OPE attri­buent la responsa­bi­li­té des pre­scrip­ti­ons d’exploitation aux ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Par con­sé­quent, l’OFT doit céder au sec­teur fer­ro­vi­ai­re sa sou­ve­rai­ne­té en matiè­re de pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re suis­se doit assu­mer acti­ve­ment la responsa­bi­li­té de l’ensemble des pre­scrip­ti­ons d’exploitation et de leur déve­lo­p­pe­ment. La VAP se féli­ci­te que la responsa­bi­li­té des PCT soit trans­fé­rée au sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Cela doit être com­bi­né avec les étapes d’innovation à venir. À cet effet, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re devra trou­ver une solu­ti­on com­mu­ne à tou­tes les ent­re­pri­ses pré­voy­ant des pre­scrip­ti­ons d’exploitation uni­for­mes. De l’avis de la VAP, il serait utile de recour­ir à un modè­le de col­la­bo­ra­ti­on coopé­ra­tif dans lequel l’OFT serait char­gé d’assurer la coor­di­na­ti­on et déve­lo­p­pe­ment et adop­terait en coopé­ra­ti­on avec les experts tech­ni­ques du sec­teur fer­ro­vi­ai­re des pre­scrip­ti­ons d’exploitation sous forme d’une direc­ti­ve (telle que l’art. 3a OTM selon le pro­jet du Con­seil fédé­ral du 2 novembre 2022). Une fois publiées, ces direc­ti­ves pour­ront être uti­li­sées par chacu­ne des ent­re­pri­ses pour la réd­ac­tion de leurs pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains.

STI OPE 2019/773
Cette abré­via­ti­on dési­gne l’ordonnance d’exécution de l’Union euro­pé­en­ne con­cer­nant la spé­ci­fi­ca­ti­on tech­ni­que d’interopérabilité «Explo­ita­ti­on et ges­ti­on du tra­fic», ver­si­on de 2019. Selon ce texte, le rail doit recon­quérir des parts de mar­ché en étant à même de cir­cu­ler sans bar­riè­res y com­pris en fran­chis­sant des fron­tiè­res et con­tri­buer à la réduc­tion des émis­si­ons de CO2. À cet effet, il y a entre aut­res beso­in d’une har­mo­ni­sa­ti­on géné­ra­le des règle­ments d’exploitation à l’échelle euro­pé­en­ne. Aujourd’hui enco­re, on appli­que dif­fé­ren­tes direc­ti­ves natio­na­les selon les pays. En déve­lo­pp­ant les STI OPE, l’UE fait pro­gresser l’harmonisation. Elle déter­mi­ne dans ce texte les responsa­bi­li­tés pour les ent­re­pri­ses, sans tou­te­fois pré­voir des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains émi­ses par les auto­ri­tés, comme c’est actu­el­le­ment le cas en Suis­se. Cela reste la tâche des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Cel­les-ci doi­vent adap­ter les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains aux pre­scrip­ti­ons des STI OPE dans le sens de l’interopérabilité. De fait, au sein du Comi­té mixte (accord CH-UE sur les trans­ports ter­res­tres), la Suis­se s’est enga­gée à appli­quer les STI OPE.
 
Un calendrier bien audacieux

Pour le déve­lo­p­pe­ment des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains, l’OFT a publié le cal­en­drier suivant:

Étape de mise en œuvre Date butoir
Publi­ca­ti­on des PCT 2024 Fin novembre 2023
Mise en vigueur des PCT 2024 1er juil­let 2024
Cycle inter­mé­di­ai­re PCT 2025
(pro­jets partiels tram et STI OPE)
Fin 2025
Pro­chain cycle régulier Fin du 1er semes­t­re 2028

 

[1] https://www.bav.admin.ch/bav/fr/home/publications/consultations/consultations-terminees/devloppement-des-pct-a2024.html

[2] https://www.bav.admin.ch/bav/fr/home/droit/bases-legales-prescriptions/rtnn.html

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Par la moti­on 22.3008, le Par­le­ment se pro­po­se de modi­fier la loi sur les Chem­ins de fer fédé­raux (LCFF) et d’accorder aux CFF une aide finan­ciè­re de 1,2 mil­li­ard de francs desti­née à com­pen­ser les per­tes de recet­tes enre­gis­trées dans le tra­fic longue distance du fait de la pan­dé­mie et de sou­la­ger finan­ciè­re­ment ce type de tra­fic en dimi­nu­ant le prix du sil­lon de 1,7 mil­li­ard de francs dans le tra­fic longue distance. Voici une pre­miè­re réfle­xi­on cri­tique sur la question. 

L’enjeu:
  • La VAP refu­se le ver­se­ment d’un total de 3 mil­li­ards de francs de capi­taux aux CFF: ce dont il y a beso­in est la responsa­bi­li­té entrepreneuriale
  • Le main­ti­en du mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance pose pro­blè­me en matiè­re de poli­tique euro­pé­en­ne: il y a beso­in d’une stra­té­gie règle­men­tée de migra­ti­on vers l’ouverture du marché
  • La modi­fi­ca­ti­on de la loi dev­rait exi­ger davan­ta­ge de responsa­bi­li­té entre­pre­neu­ria­le et pré­voir un moni­to­rage des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance
  • La RPLP ne doit pas être détour­née pour la con­sti­tu­ti­on de réser­ves au sein du FIF. 

 

La moti­on 22.3008 inti­tulée «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19» exige un pro­jet de loi con­sidé­rant les défi­ci­ts des CFF cau­sés par la pan­dé­mie de Covid-19 comme excep­ti­on­nels et accordant aux CFF des aides finan­ciè­res en con­sé­quence, cen­sées per­mett­re d’assurer l’exécution des inves­tis­se­ments selon la pla­ni­fi­ca­ti­on et con­for­mé­ment aux décis­i­ons de l’Assemblée fédérale.

Situation initiale

Les amé­nage­ments de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re déci­dés au niveau poli­tique débou­ch­ent sur une exten­si­on de l’offre. Celle-ci impli­que des inves­tis­se­ments dans le maté­ri­el rou­lant. L’extension de l’offre pré­sen­te – au moins durant la phase de départ – des défi­ci­ts en matiè­re de tra­fic longue distance et régio­nal; ces der­niers sont en effet finan­cés par la Con­fé­dé­ra­ti­on et les can­tons via des arrêtés de cré­dit cor­re­spond­ant pour le tra­fic régio­nal de voy­a­ge­urs (TRV).

Pen­dant la pan­dé­mie, le tra­fic longue distance a essuyé de lourds défi­ci­ts, qui con­trai­re­ment au TRV, n’ont pas béné­fi­cié de com­pen­sa­ti­ons finan­ciè­res. Le Con­seil fédé­ral s’est au con­trai­re rangé au point de vue selon lequel la prise en char­ge des réper­cus­sions de la pan­dé­mie fai­sait par­tie du domaine des ris­ques entre­pre­neu­riaux du tra­fic longue distance rentable.

Les inves­tis­se­ments des CFF dans des immeubles de rap­port situés à pro­xi­mi­té des gares exi­gent des fonds con­sé­quents, mais amé­lio­rent glo­ba­le­ment l’attractivité de l’offre des chem­ins de fer en matiè­re de tra­fic de voy­a­ge­urs. On occul­te dans ce con­tex­te le fait que dans les sites des cen­tres d’agglomération, le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses souf­fre; là où se con­strui­sent des immeubles de rap­port, des sites logis­ti­ques dis­pa­rais­sent (cent­re judi­ciai­re de Zurich, Euro­pa-Allee à Zurich, etc.). CFF Immo­bi­lier a pro­fi­té d’un bilan d’ouverture géné­reux et géné­ré des béné­fices con­sé­quents uti­li­sés pour sa Caisse de pen­si­on (CP CFF), qui s’illustre régu­liè­re­ment dans la pres­se en affich­ant les taux de con­ver­si­on les plus élevés.

Proposition du Conseil fédéral

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se un apport uni­que en capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs (per­tes des années 2020 à 2022 dans le domaine du tra­fic longue distance). Les CFF ne sont donc obli­gés de four­nir une con­tri­bu­ti­on ni sur le plan entre­pre­neu­ri­al ni dans le TRV.

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se en outre de renon­cer aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re des années 2023 à 2029, d’un mon­tant de 1,7 mil­li­ard de francs, afin de por­ter la ren­ta­bi­li­té du tra­fic longue distance à un niveau cor­rect (4 à 8 % de marge béné­fi­ci­ai­re). Ces con­tri­bu­ti­ons doi­vent être com­pen­sées comme des per­tes de recet­tes au niveau de l’infrastructure par le ver­se­ment de con­tri­bu­ti­ons d’exploitation sup­p­lé­men­tai­res à CFF Infra­struc­tu­re pré­le­vées sur le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Selon le Con­seil fédé­ral, les liqui­di­tés du FIF sont suf­fi­san­tes pour le permettre.

Par ail­leurs, il est ques­ti­on de cor­ri­ger les instru­ments de finance­ment. Les prêts de tré­sore­rie, qui ont jusqu’ici été accor­dés hors du cadre du frein à l’endettement et ont con­duit à l’endettement des CFF, doi­vent à l’avenir être rem­pla­cés par des prêts inté­g­rés au bud­get fédé­ral. Ainsi, ce sera désor­mais le Par­le­ment qui sta­tuera sur les cré­dits, et en même temps, le frein à l’endettement sera appli­qué. Le chan­ge­ment sera mis en œuvre à par­tir d’un taux d’endettement à défi­nir, esti­mé pour la fin 2023 à 11,7 mil­li­ards de francs. Les étapes d’aménagement débouch­ant sur des élar­gis­se­ments non ren­ta­bles de l’offre seront alors sou­mi­ses au frein à l’endettement. Une fois versé l’apport de capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs, la Con­fé­dé­ra­ti­on con­tin­uera à accor­der des prêts de tré­sore­rie jusqu’à ce que le seuil de 11,7 mil­li­ards de francs soit à nou­veau dépassé.

La Con­fé­dé­ra­ti­on garan­ti­ra en outre les liqui­di­tés du FIF. À cet effet, le Con­seil fédé­ral pro­po­se le ver­se­ment sys­té­ma­tique de deux tiers de la RPLP dans le FIF. La part fédé­ra­le de la RPLP ne sera uti­li­sée pour com­pen­ser les coûts non cou­verts du tra­fic rou­tier que lorsqu’aura été con­sti­tuée une réser­ve comp­ta­bi­li­sée d’au moins 300 mil­li­ons de francs.

Notre avis:

Nous refu­sons un apport de capi­taux, car les CFF ne sont ainsi obli­gés de four­nir aucu­ne con­tri­bu­ti­on pro­pre pour com­pen­ser les réper­cus­sions de la pan­dé­mie dans le tra­fic longue distance auto­fi­nan­cé et mono­po­li­sé. Il fau­drait au moins assor­tir l’apport de capi­taux d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le tra­fic longue distance.

Il est néces­saire de pro­cé­der à une cor­rec­tion des instru­ments de finance­ment. Étant donné que l’entreprise publi­que dis­po­se de facto d’une garan­tie de la part de l’État, les prêts de tré­sore­rie ne doi­vent plus être pos­si­bles à l’avenir. Au con­trai­re, le Par­le­ment devra sta­tuer sur les cré­dits en pren­ant en comp­te le frein à l’endettement et en gar­dant à l’esprit cette garan­tie de l’État. Nous reje­tons donc les réser­ves portant sur la limi­te d’endettement de 11,7 mil­li­ards de francs avec l’option d’autres prêts de tré­sore­rie, à moins que le pla­fon­ne­ment ne soit à nou­veau sen­si­blem­ent réduit.

Comp­te tenu des réser­ves, qui sont suf­fi­san­tes, la garan­tie des liqui­di­tés du FIF est super­flue. En renon­çant aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re, la Con­fé­dé­ra­ti­on réduit la pres­si­on entre­pre­neu­ria­le exer­cée sur les CFF. En même temps, elle main­ti­ent le mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance. Du point de vue de la poli­tique euro­pé­en­ne, cela est haute­ment pro­blé­ma­tique, car l’UE libé­ra­li­se le tra­fic longue distance et attend de la Suis­se qu’elle emboî­te le pas sur cette étape de la libé­ra­li­sa­ti­on. Nous deman­dons donc de la part du Con­seil fédé­ral une stra­té­gie de migra­ti­on vers l’ouverture du mar­ché en Suis­se dou­blée d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance.

Nous reje­tons éga­le­ment tout détour­ne­ment de la RPLP afin de garan­tir les réser­ves du FIF. La RPLP est cen­sée com­pen­ser les coûts envi­ron­ne­men­taux du tra­fic rou­tier et con­tri­buer à un choix plus éco­lo­gi­que du mode de trans­port. La RPLP est une taxe d’incitation et ne doit pas être pré­le­vée pour l’aménagement et la main­ten­an­ce de l’infrastructure, qui pro­fi­tent pour l’essentiel au tra­fic de voy­a­ge­urs. La RPLP dev­rait au con­trai­re être obli­ga­toire­ment affec­tée au fret fer­ro­vi­ai­re et aux mesu­res d’un déve­lo­p­pe­ment du tra­fic rou­tier respec­tueux du cli­mat.

Les alter­na­ti­ves tel­les que les modi­fi­ca­ti­ons de l’offre, l’abandon d’investissements ou les ven­tes d’actifs sont cer­tes évo­quées dans les docu­ments de la con­sul­ta­ti­on, mais reje­tées. Nous ne nous ran­ge­ons pas à cet avis. Les actifs non néces­saires à l’exploitation tels que Gate­way Basel Nord et les aut­res socié­tés de trans­bor­de­ment du tra­fic com­bi­né, qui en vertu de l’art. 8 LTM doi­vent être dis­po­nibles sans dis­cri­mi­na­ti­on, pour­rai­ent être ven­dus. D’autres ven­tes serai­ent éga­le­ment pos­si­bles dans le reste du porte­feuille immo­bi­lier des CFF sans ent­raî­ner de rest­ric­tions d’exploitation. Des réduc­tions de l’offre aux heu­res creu­ses con­tri­buer­ai­ent en outre à détendre la situa­ti­on des chan­tiers durant la nuit.

 

Innovation dans le fret ferroviaire: la DAC ouvre la voie

Innovation dans le fret ferroviaire: la DAC ouvre la voie

La migra­ti­on vers la DAC réus­si­ra en avan­çant à la même cadence que l’Europe et avec un finance­ment con­sé­quent à fonds perdu. Unis­sant nos forces avec l’OFT, l’UTP, les ent­re­pri­ses par­ten­aires et en con­cer­ta­ti­on avec les insti­tu­ti­ons euro­pé­en­nes, nous, à la VAP, éla­bo­rons le pro­jet de digi­ta­li­sa­ti­on et d’automatisation du fret trans­port fer­ro­vi­ai­re suis­se. Nous vous pré­sen­tons dans cet artic­le de notre blog une vue d’ensemble actuelle.

L’enjeu:
  • Pour­quoi la migra­ti­on vers le DAC est tel­lement importan­te pour le fret fer­ro­vi­ai­re suisse?
  • À quoi doit res­sem­bler un finance­ment réa­lis­te et équitable?
  • Com­ment peut réus­sir une migra­ti­on flui­de et trans­na­tio­na­le vers le DAC?

 

En Suis­se, le débat poli­tique sur l’avenir de fret fer­ro­vi­ai­re a été lancé. La Con­fé­dé­ra­ti­on mène une con­sul­ta­ti­on qui durera jusqu’à la mi-février 2023 sur la ques­ti­on sui­van­te: com­bien de trans­port de mar­chan­di­ses vou­lons-nous voir dans l’avenir sur le rail? Un élé­ment essentiel de cette réfle­xi­on est la vaste moder­ni­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re au moyen d’un attelage moder­ne, le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC): ceci per­met­tra une moder­ni­sa­ti­on com­plè­te des pro­ces­sus de tra­vail du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, inten­sifs en ter­mes de main‑d’œuvre et de temps. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation, le fret fer­ro­vi­ai­re devi­en­dra ensuite plus effi­ci­ent, plus per­for­mant et par con­sé­quent plus com­pé­ti­tif, et il jouera à l’avenir un rôle pri­mor­di­al dans la logis­tique mul­ti­mo­da­le. L’innovation du fret fer­ro­vi­ai­re est une ques­ti­on euro­pé­en­ne, car la Suis­se fait par­tie du réseau fer­ro­vi­ai­re interopé­ra­ble euro­pé­en. Les trans­ports, y com­pris trans­fron­ta­liers, doi­vent con­tin­uer à se faire sans obs­ta­cle. C’est pour­quoi les ent­re­pri­ses suis­ses s’impliquent acti­ve­ment dans le pro­gram­me d’innovation de l’UE, Europe’s Rail.

Nous sou­hai­tons ici vous resti­tuer l’état pro­vi­so­i­re de nos travaux et défis actuels.

Généralités

La VAP œuvre pour une con­cer­ta­ti­on très étroi­te avec le pro­jet euro­pé­en «Euro­pean DAC Deli­very Pro­gram (EDDP)» d’Europe’s Rail. Pour­quoi?

  • Le trans­port euro­pé­en de mar­chan­di­ses a de toute urgence beso­in d’une inno­va­ti­on com­plè­te afin de pou­voir s’imposer dans l’avenir dans le sec­teur âpre­ment dis­pu­té des trans­ports et de faire par­tie d’une chaî­ne de liv­rai­son moder­ne – or le DAC con­sti­tue un pro­jet clé pour cet objectif.
  • La plu­part des flot­tes de wagons étant uti­li­sées ou louées à l’international, la migra­ti­on doit par con­sé­quent être aussi coor­don­née par-delà les frontières.
  • Les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques défi­nies au niveau de l’UE sont appli­ca­bles à tous les pays, et elles doi­vent éga­le­ment l’être pour la Suisse.
  • Une poli­tique com­mu­ne d’achat des nou­veaux attel­ages aide­ra à bais­ser le prix unitaire et per­met­tra d’appuyer des exi­gen­ces uniformes.
  • Les défis – à de rares excep­ti­ons près – sont iden­ti­ques dans de nombreux pays. En ce qui con­cer­ne le cré­neau tem­po­rel de la migra­ti­on, on note en revan­che de gran­des différences.
  • La coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le sup­po­se une opti­mi­sa­ti­on de l’utilisation des res­sour­ces limi­tées et des experts.

En Suis­se, nous nous con­cen­trons actu­el­le­ment sur des travaux pré­pa­ra­toires importants pour la con­cré­ti­sa­ti­on de la migra­ti­on glo­ba­le et sur le con­tenu du mes­sa­ge qui ser­vi­ra de base à la mise en œuvre de la migration.

Financement

L’UTP, la VAP et les CFF, repré­sen­tants majeurs de la bran­che fer­ro­vi­ai­re, s’accordent pour souli­gner qu’un inves­tis­se­ment d’une telle ampleur dans la migra­ti­on vers le DAC doit être sou­tenu par des outils et méca­nis­mes de finance­ment correspondants.

Il y a unani­mi­té pour dire qu’il est néces­saire d’avoir de la part de Con­fé­dé­ra­ti­on une par­ti­ci­pa­ti­on lar­ge­ment à fonds perdu, que vien­dront com­plé­ter des cré­dits sans inté­rêts. En outre, la VAP en par­ti­cu­lier a insis­té à plu­s­ieurs repri­ses sur la néces­si­té de trou­ver un équi­lib­re sain entre les coûts et les avan­ta­ges. Cette deman­de a fina­le­ment été inté­g­rée dans les accords sur le DAC con­clus avec l’OFT. Les inves­tis­se­ments liés à la migra­ti­on vers le DAC sont prin­ci­pa­le­ment assu­més par les déten­teurs des véhi­cu­les, alors que les avan­ta­ges ne se mani­feste­ront que beau­coup plus tard, une fois le déploie­ment inté­gra­le­ment ache­vé. Il con­vi­ent donc d’une part de règle­men­ter la phase la plus longue allant du pré­fi­nance­ment à la mani­fes­ta­ti­on des avan­ta­ges. Mais d’autre part, les avan­ta­ges sont sur­tout très net­te­ment per­cep­ti­bles bien avant pour les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) ainsi que pour les explo­itants d’infrastructures (EI). Ces ent­re­pri­ses pro­fi­te­r­ont de l’amélioration de l’efficience des pro­ces­sus, alors que pour les déten­teurs de véhi­cu­les, il n’en résul­te­ra que des avan­ta­ges limi­tés. L’investissement doit donc être sup­porté con­join­te­ment en fon­c­tion des avan­ta­ges potentiels des acteurs. Comp­te tenu des con­di­ti­ons régnant sur le mar­ché, il ne sera pos­si­ble que dans une mesu­re limi­tée de géné­rer ce pro­ces­sus au moyen d’une aug­men­ta­ti­on des recet­tes loca­ti­ves. Le finance­ment poste sur un cré­neau tem­po­rel d’au moins 15 ans. Nous avons donc sug­gé­ré donc de fixer dans le pro­jet de loi des méca­nis­mes adap­tés per­met­tant un finance­ment com­mun cal­culé sur la base des ana­ly­ses coûts-avan­ta­ges en fon­c­tion des avan­ta­ges qui se mani­fes­tent effec­ti­ve­ment et qui soit con­traignant et équi­ta­ble pour tou­tes les par­ties prenantes.

À cet effet, la VAP four­ni­ra – avec l’association faî­tiè­re, l’UIP – des don­nées et des infor­ma­ti­ons sur les pla­ni­fi­ca­ti­ons rela­ti­ves aux inves­tis­se­ments et aux coûts et avan­ta­ges, et elle par­ti­ci­pe­ra acti­ve­ment au processus.

Les moda­li­tés con­crè­tes de finance­ment au sein de l’UE ne sont pour l’instant pas enco­re défi­nies, et il fau­dra notam­ment enco­re trou­ver des solu­ti­ons pour ce qui est des par­ti­ci­pa­ti­ons de l’UE et des États membres.

Ingénierie

Pour que la réa­li­sa­ti­on de la migra­ti­on vers le DAC réus­sis­se et soit effi­cace, il y a beso­in d’une ingé­nie­rie com­pé­ten­te qui déter­mi­ne les mesu­res de réé­qui­pe­ment en fon­c­tion des spé­ci­fi­ci­tés des flot­tes, four­nis­se les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques pour les com­man­des et les travaux de réé­qui­pe­ment, et enfin défi­nis­se les jus­ti­fi­ca­tifs à pro­dui­re pour l’assurance qua­li­té. Les bases néces­saires seront éla­bo­rées con­join­te­ment au cours des pro­chains mois dans le cadre du pro­gram­me euro­pé­en EDDP, et c’est sur elles que devront être éla­bo­rées les con­di­ti­ons pré­al­ables à la migra­ti­on natio­na­le vers le DAC.

Migration

Chaque pays doit effec­tuer d’importants travaux pré­pa­ra­toires pour que les infor­ma­ti­ons et les bases soi­ent dis­po­nibles au moment X de la mise en œuvre effec­ti­ve. En con­sé­quence, nous tra­vail­lons dans le cadre du pro­jet entre aut­res sur les ques­ti­ons suivantes :

Déter­mi­na­ti­on des capa­ci­tés des ateliers

  • Ate­liers «pop-up» nécessaires
  • Res­sour­ces nécessaires

Pla­ni­fi­ca­ti­on du réé­qui­pe­ment spé­ci­fi­que aux détenteurs

  • Type de véhi­cu­les et tail­les des flottes
  • Élé­ments cri­ti­ques et solu­ti­ons pos­si­bles en coopé­ra­ti­on avec l’EDDP
  • Cal­en­drier sou­hai­té par les détenteurs

Pool de don­nées et d’informations

  • Actua­li­sa­ti­on du regist­re des véhi­cu­les comme base de financement
  • Four­ni­tu­re en temps utile d’informations aux dif­fér­ents acteurs et grou­pes de par­ties prenantes

Pool de matériel

  • Achat des com­po­sants pour la migra­ti­on vers le DAC
  • Pla­ni­fi­ca­ti­on des quan­ti­tés de maté­ri­el et des dates de livraison
  • Coor­di­na­ti­on des flux de maté­ri­el vers les ate­liers de rééquipement
  • Garan­tie de l’assistance tech­ni­que dans l’exploitation (maté­ri­el de réparation)

Nous voy­ons à pré­sent l’attention se con­cen­trer sur les loco­mo­ti­ves devant être réé­qui­pées, car dans le TWC, cel­les-ci cir­cu­lent en pre­mier lieu sur le ter­ri­toire natio­nal et devront impé­ra­ti­ve­ment être équi­pées dès que l’on com­men­cera à faire cir­cu­ler des trains dotés de DAC.

En Suis­se, on pla­ni­fie­ra – comme CFF Cargo le pra­tique déjà – aussi tôt que pos­si­ble des «tra­fics pilo­tes» afin d’intégrer au niveau de l’UE les con­clu­si­ons et résul­tats qui en res­sor­ti­ront et de faire avan­cer le pro­jet dans son ensemble.

Organisation

La VAP a d’une part aug­men­té ses res­sour­ces au sein de son secré­ta­ri­at géné­ral, et d’autre part, elle est repré­sen­tée avec ses mem­bres dans plu­s­ieurs assem­blées et grou­pes de tra­vail nati­on­aux et internationaux.

Pour l’avenir et afin de mett­re en œuvre le pro­jet de maniè­re effi­ci­en­te, nous voy­ons plu­s­ieurs défis en ce qui con­cer­ne la struc­tu­re de l’organisation glo­ba­le et le choix des per­son­nes qui y siè­ge­ront – que ce soit dans le con­tex­te inter­na­tio­nal (à quel end­roit tel ou tel aspect sera-t-il coor­don­né ou éga­le­ment sur­veil­lé) de même que dans l’organisation suprasec­to­ri­el­le de la migra­ti­on suis­se vers le DAC.

Saviez-vous que..
  • ..sans le DAC, aucun train de mar­chan­di­ses – TWC, wagons com­plets ou chaus­sée rou­lan­te – ne pour­ra dans l’avenir cir­cu­ler sur des lignes entiè­re­ment équi­pées du sys­tème ETCS niveau 3 (Euro­pean Train Con­trol Sys­tem), car les con­di­ti­ons tech­ni­ques, notam­ment l’intégrité des trains, ne serai­ent pas rem­pli­es. La mise à niveau de l’infrastructure au niveau ETCS 3 se fera prin­ci­pa­le­ment sur les lignes prin­ci­pa­les très fré­quen­tées et per­met­tra d’augmenter les capa­ci­tés grâce au bloc dyna­mi­que. Sur les tron­çons de lignes exploi­tés de cette maniè­re, on ne pour­ra con­tin­uer à faire cir­cu­ler des trains sans inté­gri­té qu’au prix d’efforts considérables.
  • ..le DAC sera un élé­ment important pour les éch­an­ges numé­ri­ques de don­nées et une logis­tique dura­ble au ser­vice du cli­ent et du cli­mat n’est réa­li­sable qu’avec la par­ti­ci­pa­ti­on de tous les acteurs. C’est la rai­son pour laquel­le la VAP s’implique avec déter­mi­na­ti­on en faveur de la réa­li­sa­ti­on d’une pla­te­for­me de don­nées sur la base de la LIDMo. Avec le DAC, nous obti­en­drons une amé­lio­ra­ti­on de l’efficience de l’ensemble chaî­ne d’approvisionnement.
  • ..le DAC per­met de réa­li­ser le TWC tra­di­ti­onnel de maniè­re plus effi­ci­en­te et con­tri­buera à ce que celui-ci soit auto­fi­nan­cé au plus tard à la fin de la migration.

 

Si vous sou­hai­tez en savoir davan­ta­ge sur le pro­gram­me DAC, cli­quez sur https://rail-research.europa.eu/european-dac-delivery-programme/.

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