La VAP promouvoit le fret ferroviaire.


 

Vers le rapport

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#5): Trop tôt pour imputer la faute et la responsabilité

Tunnel de base du Saint-Gothard (#5): Trop tôt pour imputer la faute et la responsabilité

Selon le l’édition prin­ci­pa­le du jour­nal télé­vi­sé de la SRF du 27 août 2023 l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) esti­me que CFF Cargo est seule responsable des con­sé­quen­ces de l’accident fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Got­hard. Une omis­si­on dans la réfor­me des chem­ins de fer est poin­tée du doigt; aupa­ra­vant, tous les wagons de mar­chan­di­ses devai­ent être imma­tri­culés auprès des chem­ins de fer publics. Nous som­mes pour notre part d’avis: Les spé­cu­la­ti­ons sont pré­ma­tu­rées, sur­tout dans des médi­as de por­tée natio-nale. Cette polé­mi­que ne fait pas avan­cer d’un pouce la solu­ti­on du pro­blè­me. Seul le rap­port du Ser­vice d’enquête de sécu­ri­té suis­se (SESE) cla­ri­fie les faits et per­met de réa­gir de maniè­re ciblée.

Les enjeux:

  • L’État garde la main sur le mar­ché ferroviaire
  • La réfor­me des chem­ins de fer a effec­ti­ve­ment réfor­mé le droit de la responsa­bi­li­té civile
  • Les déten­teurs de wagons sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
  • Le Con­seil fédé­ral n’a pas pro­po­sé de modi­fier le droit
  • Les dis­po­si­ti­ons con­trac­tu­el­les sont publiques
  • Assu­mer ses responsa­bi­li­tés sur la base du rap­port SESE
  • Le régime de responsa­bi­li­té actuel est éco­no­mi­quement équilibré
  • Réflé­chir aux effets per­vers des modi­fi­ca­ti­ons législatives

 

L’État garde la main sur le mar­ché fer­ro­vi­ai­re
La Con­fé­dé­ra­ti­on con­sidè­re que la responsa­bi­li­té de l’accident fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard incom­be clai­re­ment à la filia­le des CFF, CFF Cargo. Un porte-paro­le de l’OFT a fait savoir, lors du jour­nal télé­vi­sé de la SRF du 27 août 2023, que le droit de la respon-sabi­li­té civi­le en vigueur datait de l’époque des chem­ins de fer publics. Eh bien: Les temps n’ont pas chan­gé. Les chem­ins de fer publics CFF domi­nent tou­jours le mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Il y a quel­ques semain­es, le Con­seil fédé­ral a approu­vé la rena­tio­na­li­sa­ti­on de CFF Cargo. En répon­se à l’interpellation du con­seil­ler natio­nal PLR Chris­ti­an Was­ser­fal­len, il a pré­cisé que les action­n­aires pri-vés n’avaient pas amé­lio­ré la situa­ti­on (finan­ciè­re) de CFF Cargo.

La réfor­me des chem­ins de fer a effec­ti­ve­ment réfor­mé le droit de la responsa­bi­li­té civi­le
À l’occasion de la réfor­me des chem­ins de fer, la Con­ven­ti­on rela­ti­ve aux trans­ports inter­na­ti­on­aux fer­ro­vi­ai­res (COTIF) a été révi­sée, tan­dis que l’infrastructure et l’exploitation ont été scin­dées. Dans le même temps, CFF Cargo a rési­lié les cont­rats d’immatriculation. Le pri­vilè­ge de mono­po­le en vertu duquel les wagons de mar­chan­di­ses devai­ent être imma­tri­culés auprès d’une socié­té de chem­ins de fer publics et être entre­te­nus par celle-ci a ainsi été aboli. En revan­che, les con­di­ti­ons d’utilisation des wagons de mar­chan­di­ses entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret et les déten­teurs de wagons ont fait l’objet d’une uni­for­mi­sa­ti­on inter­na­tio­na­le sur la base de la COTIF – con­nue sous l’appellation «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons (CUU)». La COTIV et le CUU pré­voi­ent un régime de res-ponsa­bi­li­té plus strict que ne le sou­hai­terait l’OFT, à en juger ses réser­ves sur les solu­ti­ons de bran­che uni­for­mi­sées au niveau inter­na­tio­nal. Mau­vai­se sur­pri­se pour les déten­teurs de wagons au moment où ils ont dû reprend­re et assu­mer l’entière responsa­bi­li­té pour l’entretien de leurs wagons: les CFF leur ont remis une docu­men­ta­ti­on extrê­me­ment indi­gen­te sur l’état et les acti­vi­tés de main­te-nance effec­tuées sur leurs wagons par CFF Cargo jusqu’à la rési­lia­ti­on des cont­rats d’immatriculation. Depuis lors, les déten­teurs sont eux-mêmes respons­ables de leurs wagons de mar­chan­di­ses et ont mis de l’ordre dans les char­ges du passé repri­ses des CFF.

Les déten­teurs de wagons sont respons­ables des défauts de leurs wagons
Par son com­men­tai­re au jour­nal télé­vi­sé de la SRF, le porte-paro­le de l’OFT a lais­sé entendre que les ent­re­pri­ses pri­vées de trans­port fer­ro­vi­ai­re ou les déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses n’avaient pas à répond­re des dom­mages cau­sés par les acci­dents. Ce n’est pas vrai. Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et déten­teurs de wagons euro­pé­ens et suis­ses engagent leur responsa­bi­li­té depuis la créa­ti­on en 2006 du CUU, lequel a été ren­for­cé en 2017. Aujourd’hui, les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent en prin­ci­pe répond­re des dom­mages en cas d’accident impli­quant des trains de mar­chan­di­ses sur le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se, indé­pen­dam­ment de toute faute de leur part (responsa­bi­li­té objec­ti­ve aggra­vée). Si le dom­mage a été causé par des défauts affec­tant un wagon de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à un tiers, la faute du déten­teur du wagon con­cer­né est con-trac­tu­el­le­ment pré­su­mée. L’opérateur de fret fer­ro­vi­ai­re con­cer­né peut exer­cer une action récur­soi­re cont­re le déten­teur du wagon. Celui-ci ne peut s’exonérer de sa responsa­bi­li­té envers l’opérateur de fret fer­ro­vi­ai­re que s’il peut prou­ver l’absence de faute (ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve). Pour en savoir plus, con­sul­tez notre artic­le de blog «Tun­nel de base du Saint-Got­hard (#3): Les dis-posi­ti­ons en vigueur en matiè­re de responsa­bi­li­té civi­le sont suf­fi­san­tes».

Le Con­seil fédé­ral n’a pas pro­po­sé de modi­fier le droit
Chris­toph Lei­si­bach, réd­ac­teur à la SRF, a indi­qué qu’aux ter­mes d’un rap­port, le Con­seil fédé­ral aurait pro­po­sé d’apporter des modi­fi­ca­ti­ons au droit de la responsa­bi­li­té, par exemp­le, de ren­forcer la responsa­bi­li­té des déten­teurs de wagons. Cette affir­ma­ti­on est fausse. Le Con­seil fédé­ral a cer­tes pré­sen­té des opti­ons dans son rap­port de l’OFT du 21 juin 2023 en répon­se au pos­tu­lat 20.4259 inti­tulé «Vue d’ensemble de la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port de mar­chan­di­ses par rail», mais il a expli­ci­te­ment renon­cé à une modi­fi­ca­ti­on des dispositions.

Les dis­po­si­ti­ons con­trac­tu­el­les sont publi­ques
La SRF-Tages­schau a inter­ro­gé le pro­fes­seur Fré­dé­ric Kraus­kopf en tant qu’expert. À la ques­ti­on de savoir si CFF Cargo pou­vait recour­ir à une (co)responsabilité du déten­teur du wagon de mar­chan-dises endom­ma­gé, M. Kraus­kopf a ren­voyé au cont­rat entre les deux par­ties. Il s’agit du CUU, men-tionné pré­cé­dem­ment. Ce cont­rat étant publié, il est donc éga­le­ment acces­si­ble aux pro­fes­seurs et aux chaî­nes de télé­vi­si­on publi­ques. CFF Cargo a approu­vé le CUU à l’unanimité avec tou­tes les aut­res ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res natio­na­les en Europe.

Assu­mer ses responsa­bi­li­tés sur la base du rap­port SESE
À la VAP, nous nous pen­chons de maniè­re inten­si­ve sur la ques­ti­on des responsa­bi­li­tés et de leur éten­dues suite à l’accident de train de mar­chan­di­ses sur­venu le 10 août 2023. Pour appor­ter des répon­ses pré­ci­s­es en temps utile à ces ques­ti­ons, il faut attendre le dépôt du rap­port du SESE.

Le régime de responsa­bi­li­té actuel est éco­no­mi­quement équi­li­bré
Les déten­teurs de wagons doi­vent veil­ler à ce que leurs wagons soi­ent homo­lo­gués et entre­te­nus con­for­mé­ment aux dis­po­si­ti­ons légis­la­ti­ves et règle­men­tai­res et aux nor­mes en vigueur. C’est en comp­tant sur le respect de ces obli­ga­ti­ons par le déten­teur du wagon que les ent­re­pri­ses de trans-port de fret fer­ro­vi­ai­re pren­nent en char­ge les wagons. Ils effec­tu­ent tous les con­trô­les néces­saires afin que le train puis­se cir­cu­ler en toute sécu­ri­té. Les déten­teurs de wagons n’ont aucu­ne influence sur la pré­pa­ra­ti­on et le départ des trains. Les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re déci­dent de maniè­re auto­no­me de la natu­re et des moda­li­tés de ces con­trô­les, puisqu’ils sont éga­le­ment les seuls respons­ables de la sécu­ri­té de l’exploitation d’un train. Il est par con­sé­quent rai­sonnable, d’un point de vue éco­no­mi­que, que les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re assu­ment à titre prin­ci-pal la responsa­bi­li­té des con­trô­les effec­tués avant le départ des trains et des con­sé­quen­ces éven-tuel­les. Si un défaut du wagon s’avère après coup être la cause du dom­mage (par exemp­le un bris de roue), le déten­teur du wagon enga­ge sa responsa­bi­li­té à l’égard de l’entreprise de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re au titre des dom­mages occa­si­onnés, à moins qu’il ne puis­se prou­ver qu’il n’est pas responsable du défaut (ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve). C’est exac­te­ment le même régime de responsa­bi­li­té que celui existant aujourd’hui en matiè­re de trans­port rou­tier entre le déten­teur du véhi­cu­le trac­teur et le déten­teur de la semi-remor­que ou de la remorque.

Réflé­chir aux effets per­vers des modi­fi­ca­ti­ons légis­la­ti­ves
Un ren­force­ment des dis­po­si­ti­ons, déjà fort détail­lées, en matiè­re de responsa­bi­li­té, n’accroîtra pas la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et ne fera pas cir­cu­ler le moind­re train de mar­chan-dises sup­p­lé­men­tai­re. Au con­trai­re. Tout chan­ge­ment appor­té aux règles en matiè­re de responsa­bi­li-té a des réper­cus­sions sur l’économie de mar­ché, ce qui peut par exemp­le se tra­dui­re par des majo-rati­ons de prix de loca­ti­on des wagons de mar­chan­di­ses et, sur­tout, des com­pli­ca­ti­ons et char­ges accrues pour les trans­ferts de wagons d’un domaine de responsa­bi­li­té à l’autre. L’accès à un pool de 550 000 wagons de mar­chan­di­ses issus de toute l’Europe et garan­ti par le CUU, pour­rait être brus-quement rest­reint en Suis­se suite à une modi­fi­ca­ti­on uni­la­té­ra­le incon­sidé­rée de la loi, ce qui porte-rait pré­ju­di­ce à l’environnement et nui­rait à la place éco­no­mi­que suisse.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#4): composants critiques pour la sécurité des wa-gons de marchandises

Tunnel de base du Saint-Gothard (#4): composants critiques pour la sécurité des wa-gons de marchandises

Les infor­ma­ti­ons offi­ci­el­les publiées sur le dérail­le­ment du train de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard font état du bris d’un dis­que de roue sur un wagon de mar­chan­di­ses qui a déraillé. Une sol­li­ci­ta­ti­on exces­si­ve ou un défaut de maté­ri­au sont des cau­ses pos­si­bles de la défail­lan­ce. Ce qui s’est réel­le­ment passé résul­te­ra de l’enquête en cours du Ser­vice d’enquête suis­se sur les acci­dents (SESE).

Les enjeux:

  • Com­ment sont fabri­qués les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécurité?
  • Com­ment sont-ils auto­ri­sés et mis en service?
  • Com­ment sont-ils entretenus?
  • Quel­le est l’importance de la sur­veil­lan­ce au quotidien?
  • Quel­les sont les pos­si­bi­li­tés de sur­veil­lan­ce disponibles?
  • Des règles uni­for­mes per­met­tent une inter­ac­tion sûre entre les acteurs
  • La per­spec­ti­ve du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)

Com­ment sont fabri­qués les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té?
Les com­po­sants per­tin­ents pour la sécu­ri­té et les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té, tels que les essieux, sont con­çus de maniè­re à rem­plir leur fon­c­tion pen­dant la durée d’utilisation pré­vue dans les con­di­ti­ons de ser­vice et d’utilisation pré­do­mi­nan­tes, garan­tis­sant ainsi une cir­cu­la­ti­on sûre. À cette fin, les ent­re­pri­ses pro­duc­tri­ces appli­quent des nor­mes recon­nues au niveau international:

  • Les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI) défi­nis­sent les exi­gen­ces essentielles.
  • Les nor­mes euro­pé­en­nes (EN) défi­nis­sent les pro­prié­tés spécifiques.
  • Pour le déve­lo­p­pe­ment et les essais, les fabri­cants uti­li­sent des métho­des de sécu­ri­té har­mo­ni­sées et normalisées.
  • Des rap­ports de sécu­ri­té et des exper­ti­ses nor­ma­li­sés docu­men­tent la sécu­ri­té et l’aptitude.

Le déve­lo­p­pe­ment des nor­mes et des STI est con­stam­ment enri­chi par l’expérience inter­na­tio-nale acqui­se lors d’incidents et d’accidents.

Com­ment sont-ils auto­ri­sés et mis en ser­vice?
La mise sur le mar­ché de com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té requiert l’autorisation inter­na-tio­na­le­ment uni­for­me de l’Agence de l’Union euro­pé­en­ne pour les chem­ins de fer (ERA) ou d’une auto­ri­té natio­na­le de sécu­ri­té. Les auto­ri­sa­ti­ons sont les suivantes:

  • Homo­lo­ga­ti­ons de série pour les com­po­sants ou les véhicules
  • Atte­sta­ti­ons de con­for­mi­té pour les com­po­sants de série ou de véhi­cu­les identiques
  • Mar­quage CE (Con­for­mi­té Euro­pé­en­ne) pour un com­po­sant con­for­me aux direc­ti­ves euro­pé­en­nes en vigueur
  • Auto­ri­sa­ti­on d’exploiter pour un véhi­cu­le con­for­me aux règles

L’attestation cer­ti­fi­ant que les com­po­sants ont été con­struits con­for­mé­ment aux exi­gen­ces des nor­mes et des STI est déli­v­rée par des «ser­vices men­ti­onnés», c’est-à-dire des orga­nis­mes auto­ri­sés par l’État. Ceux-ci con­trô­lent et éva­lu­ent la con­for­mi­té des pro­duits fabri­qués aux règles prescrites.

Com­ment sont-ils entre­te­nus?
Le fabri­cant est tenu de défi­nir et de publier les con­si­gnes de main­ten­an­ce à appli­quer pour tous les com­po­sants ou véhi­cu­les. Les déten­teurs de wagons sont tenus d’appliquer ces con-signes du fabri­cant en fon­c­tion des con­di­ti­ons d’utilisation. Ils désign­ent des enti­tés de main­te-nance cer­ti­fiées (Enti­ty in Char­ge of Main­ten­an­ce, ECM) pour leur maté­ri­el rou­lant. Ces enti­tés éla­bo­rent les con­si­gnes de main­ten­an­ce des véhi­cu­les qui leur sont attri­bués, en ten­ant comp­te de leurs pro­pres con­nais­sances et de cel­les du sec­teur. Elles pla­ni­fi­ent en outre des travaux péri­odi­ques, les exé­cu­tent et docu­men­tent leurs résul­tats. Tout véhi­cu­le ayant fait l’objet d’une auto­ri­sa­ti­on d’exploiter doit être inscrit dans un regist­re offi­ci­el des véhi­cu­les, avec men­ti­on du déten­teur du véhi­cu­le et de l’ECM.

Quel­le est l’importance de la sur­veil­lan­ce au quo­ti­di­en?
Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables de la sécu­ri­té de la cir­cu­la-tion, de la pré­pa­ra­ti­on des trains, du trai­te­ment des trains et d’autres aspects de la sécu­ri­té de leurs trains. Elles défi­nis­sent les con­trô­les et les tests qui garan­tis­sent que chaque départ puis­se se dérou­ler en toute sécu­ri­té. Pour con­stater cette apti­tu­de au fon­c­tion­ne­ment, du per-son­nel qua­li­fié effec­tue sur site des con­trô­les visuels défi­nis avant le départ. Ce tra­vail, qui se déroule à n’importe quel­le heure et par tous les temps, est extrê­me­ment exi­geant. Une atten­ti­on par­ti­cu­liè­re est éga­le­ment accor­dée aux com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té dans le cadre du trai­te­ment des trains et des con­trô­les et tests qui y sont liés.

Quel­les sont les pos­si­bi­li­tés de sur­veil­lan­ce dis­po­nibles?
Les déten­teurs de wagons sont respons­ables du bon ent­re­ti­en de leurs véhi­cu­les. Les compo-sants per­tin­ents pour la sécu­ri­té et les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té sont con­trôlés péri­odi­quement, par exemp­le au moyen de mesu­res par ultra­sons. Les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té sont non seu­le­ment sou­mis à des con­trô­les stricts, mais éga­le­ment à des obli-gati­ons par­ti­cu­liè­res en matiè­re de mar­quage, de main­ten­an­ce et de tra­ça­bi­li­té des mesu­res. Les ETF peu­vent deman­der au déten­teur du wagon des infor­ma­ti­ons spé­ci­fi­ques au véhi­cu­le.
Sur le réseau suis­se à voie nor­ma­le, les explo­itants d’infrastructure exploi­tent aujourd’hui plus de 250 dis­po­si­tifs de con­trô­le des trains. Ils sur­veil­lent chaque véhi­cu­le qui passe pour détec­ter des irré­gu­la­ri­tés et peu­vent déclen­cher une alar­me en cas d’écart non auto­ri­sé. Dans ce cas, le train con­cer­né est immé­dia­te­ment arrêté et contrôlé.

Des règles uni­for­mes per­met­tent une inter­ac­tion sûre entre les acteurs
Dans l’exploitation fer­ro­vi­ai­re, dif­fé­ren­tes ent­re­pri­ses agis­sent de con­cert. Chaque acteur doit ainsi pou­voir comp­ter sur la fia­bi­li­té de l’autre dans leur inter­face. Leurs domain­es d’activité et leurs responsa­bi­li­tés sont clai­re­ment défi­nis et uni­for­mi­sés à l’échelle inter­na­tio­na­le. Des règles har­mo­ni­sées en matiè­re de fabri­ca­ti­on, d’exploitation et d’entretien garan­tis­sent la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re (vous en app­rend­rez davan­ta­ge sur le régu­la­teur de la coopé­ra­ti­on inter-natio­na­le pro­chai­ne­ment sur ce blog).

La per­spec­ti­ve du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)
Outre la mise en œuvre des direc­ti­ves en vigueur par chaque acteur impli­qué dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re, les nou­vel­les tech­no­lo­gies occup­ent désor­mais une place cen­tra­le. L’automatisation et la digi­ta­li­sa­ti­on ne per­met­tent pas seu­le­ment de con­ce­voir des pro­ces­sus d’exploitation plus effi­caces, mais elles offrent éga­le­ment de nou­vel­les pos­si­bi­li­tés en matiè­re de sur­veil­lan­ce opé-rati­on­nel­le des com­po­sants per­tin­ents pour la sécu­ri­té et des com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té des trains de mar­chan­di­ses. Le rele­vé numé­ri­que per­ma­nent de l’état de ces compo-sants four­nit aux respons­ables un atout inté­res­sant. Le suivi numé­ri­que des pro­ces­sus d’usure et de vieil­lis­se­ment de chaque véhi­cu­le per­met de pla­ni­fier l’entretien de maniè­re effi­ci­en­te en fon­c­tion des beso­ins. Les com­po­sants défec­tueux peu­vent être iden­ti­fiés et rem­pla­cés en amont d’une défail­lan­ce tota­le. La sur­ven­an­ce inat­ten­due d’une défail­lan­ce d’un com­po­sant en cours de tra­jet peut déclen­cher immé­dia­te­ment une alarme.

Pour mett­re à pro­fit cette inno­va­ti­on dans le trans­port de mar­chan­di­ses, les wagons de mar-chan­di­ses doi­vent être équi­pés de cap­teurs, ali­men­tés en éner­gie élec­tri­que et ils doi­vent être capa­bles de com­mu­ni­quer des don­nées avec le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, les sys­tè­mes des déten­teurs de wagons et l’ECM. Ces con­di­ti­ons sont cré­ées par l’introduction, pré­vue dans toute l’Europe, du DAC (cf. blog­post «Éco­sys­tè­mes de don­nées: par­ta­ger les don­nées pour dou­bler leur plus-value»). L’automatisation et la digi­ta­li­sa­ti­on trans­for­ment ainsi le trans­port tra-diti­onnel en un trans­port intel­li­gent, effi­cace, rési­li­ent et sûr.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#3): les dispositions en vigueur en matière de responsabilité civile sont suffisantes

Tunnel de base du Saint-Gothard (#3): les dispositions en vigueur en matière de responsabilité civile sont suffisantes

L’accident de train de mar­chan­di­ses sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard a sou­le­vé des ques­ti­ons de responsa­bi­li­té que le Con­seil fédé­ral avait de toute façon mises à l’ordre du jour. Lors de sa séan­ce du 21 juin 2023, il a adop­té un rap­port sur les opti­ons d’action visa­nt à ren­for-cer les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan-dises. Dans cet artic­le de blog, vous décou­vr­i­rez à quoi elles res­sem­blent et ce que nous en pen-sons. 

Les enjeux:

  • Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
  • Le Con­seil fédé­ral pro­po­se quat­re opti­ons d’action pré­sen­tant chacu­ne des avan­ta­ges et des inconvénients
  • Nous som­mes pour notre part d’avis que les responsa­bi­li­tés et les con­trô­les sont suffi-sam­ment réglementés
  • Les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés, même en l’absence de nou­vel­les dispositions

Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
Actu­el­le­ment, les ETF doi­vent en prin­ci­pe assu­mer les dom­mages en cas d’accidents impli­quant des trains de mar­chan­di­ses sur le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se, indé­pen­dam­ment de toute faute de leur part. On parle de «responsa­bi­li­té objec­ti­ve». Il n’en est pas ainsi lors­que le dom­mage a été causé par des défauts sur un wagon de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à un tiers. Dans ce cas, la faute du déten­teur du wagon con­cer­né est con­trac­tu­el­le­ment pré­su­mée. Le déten­teur ne peut s’exonérer de cette responsa­bi­li­té que s’il peut prou­ver l’absence de faute. En jar­gon juri­di­que, cela s’appelle «ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve».

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se quat­re opti­ons d’action pré­sen­tant chacu­ne des avan­ta­ges et des incon­vé­ni­ents
Le Con­seil fédé­ral donne suite au pos­tu­lat 20.4259 dans son rap­port du 21 juin 2023 inti­tulé «Vue d’en­sem­ble rela­ti­ve à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses». C’est l’aboutissement de la moti­on 20.3084
«Cla­ri­fier les règles rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan-dise» de Fré­dé­ric Bor­loz (voir artic­le du blog de la VAP «Moti­on Bor­loz»). Dans le cadre de sa vue d’ensemble, le Con­seil fédé­ral pré­sen­te au Par­le­ment quat­re opti­ons d’action:

  1. Étendre la responsa­bi­li­té pour ris­que des ETF aux cas où le sinist­re n’est pas causé par le ris­que carac­té­ris­tique de l’exploitation fer­ro­vi­ai­re. Cette mesu­re s’accompagnerait d’une aug­men­ta­ti­on de la somme mini­ma­le assu­rée par les ETF.
  2. Obli­ger les ETF à sou­scr­i­re une assu­rance responsa­bi­li­té civi­le suf­fi­san­te, couvrant éga-lement les dom­mages cau­sés par les trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses. Dans cette hypo­thè­se, ni la responsa­bi­li­té pour ris­que des ETF ni celle des déten­teurs de véhi-cules ne serai­ent étendues.
  3. Intro­dui­re une responsa­bi­li­té objec­ti­ve des déten­teurs de wagons pour les dom­mages dont il est prou­vé qu’ils ont été cau­sés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par leurs véhi­cu­les ou leur char­ge­ment, par exemp­le en cas de fuite de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses d’un wagon en sta­ti­on­ne­ment. Les déten­teurs de wagons serai­ent ainsi tenus de sou­scr­i­re une assu-rance responsa­bi­li­té civi­le suf­fi­san­te à cet effet.
  4. Main­te­nir les dis­po­si­ti­ons existantes.

Le Con­seil fédé­ral souli­gne que chaque opti­on pré­sen­te des avan­ta­ges et des incon­vé­ni­ents. De son point de vue, il n’y a aucu­ne néces­si­té impé­rieu­se de légifé­rer à ce sujet. Il se mont­re cepen-dant dis­po­sé à appro­fon­dir cer­tai­nes vari­an­tes à la deman­de du Parlement.

Nous som­mes pour notre part d’avis que les responsa­bi­li­tés et les con­trô­les sont suffi-sam­ment régle­men­tés
En tant qu’association des char­geurs, nous som­mes d’avis que les responsa­bi­li­tés et les con-trô­les sont déjà clai­re­ment régis par le droit inter­na­tio­nal et les cont­rats inter­na­ti­on­aux. Les dispo-siti­ons inter­na­tio­na­les de trans­port, con­nues sous l’appellation de «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons (CUU)», entre plus de 750 ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res et les déten­teurs de wagons rem-plis­sent déjà, dans leur ver­si­on actua­li­sée de 2017, les con­di­ti­ons de ren­force­ment de la respon-sabi­li­té à la char­ge des déten­teurs de wagons, résul­tant de l’option 3 pré­sen­tée par le Con­seil fé-déral. Le CUU pré­voit que les déten­teurs de wagons sont respons­ables des défauts de leurs wa-gons, sauf s’ils peu­vent prou­ver l’absence de faute.

Les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés, même en l’absence de nou­vel­les dis­po­si­ti­ons
Sous le régime de responsa­bi­li­té actu­el­le­ment en vigueur, les déten­teurs de wagons qui sont mem­bres de notre asso­cia­ti­on dis­po­sent de lar­ges cou­ver­tures d’assurance, car ils sont respon-sables de l’entretien de leurs wagons. L’introduction d’une obli­ga­ti­on léga­le sup­p­lé­men­tai­re d’assurance ou l’instauration d’une responsa­bi­li­té pour ris­que pour les wagons de mar­chan­di­ses cir­cu­lant en Suis­se ent­ra­ver­ait mas­si­ve­ment la libre uti­li­sa­ti­on des wagons de mar­chan­di­ses étran­gers (qu’ils soi­ent pri­vés ou appar­ten­ant à des ETF). Une telle mesu­re ent­raî­nerait une perte con­sidé­ra­ble de fle­xi­bi­li­té dans le trans­port inter­na­tio­nal de mar­chan­di­ses, tant dans l’import/export que, notam­ment, dans le tra­fic en tran­sit. Nous con­tin­ue­rons à sui­v­re de près cette ques­ti­on et à rend­re comp­te des der­niers développements.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#2): Dispositifs automatiques de contrôle des trains

Tunnel de base du Saint-Gothard (#2): Dispositifs automatiques de contrôle des trains

Le 10 août 2023, un train de mar­chan­di­ses a déraillé dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Quel­ques minu­tes avant son entrée par le por­tail sud, il a été con­trôlé par des dis­po­si­tifs auto­ma-tiques de con­trô­le des trains (DCT). Selon les don­nées de con­trô­le, le train est entré dans le tun-nel sans problème.

Les enjeux:

  • Que sont les DCT fixes?
  • Que peu­vent faire les DCT?
  • Com­ment les DCT sont-ils perfectionnés?
  • Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) et l’avenir

Que sont les DCT fixes?
Les dis­po­si­tifs de con­trô­le des trains (DCT) fixes font par­tie de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re et sont mis en œuvre à des end­roits stra­té­giques sur le réseau. Grâce à des cap­teurs et d’autres tech­no­lo­gies, ils con­trô­lent le train cir­cu­lant, c’est-à-dire chacun des véhi­cu­les. Les don­nées ainsi recu­eil­lies sont trai­tées et uti­li­sées dans le cadre de l’exploitation fer­ro­vi­ai­re quo­ti­di­en­ne pour assurer la sécu­ri­té, amé­lio­rer la pon­c­tua­li­té et rédui­re l’entretien.

Que peu­vent faire les DCT?
Leur domaine d’application initi­al visa­it à pro­té­ger l’infrastructure afin de rédui­re les per­tur­ba­ti­ons et les dom­mages et accroît­re la sécu­ri­té du ser­vice ferroviaire.

  • Détec­ter les boî­tes chaudes
  • Détec­ter les sur­faces de rou­le­ment des roues
  • Con­trô­ler les pantographes
  • Pré­ve­nir les incen­dies et les inci­dents chimiques
  • Mesurer la char­ge par essieu
  • Pro­té­ger le gaba­rit d’espace libre
  • Con­stater les phé­nomè­nes naturels
  • Aut­res

Sur l’axe nord-sud et sur l’axe est-ouest, plus de 10 000 trains font quo­ti­di­en­ne­ment l’objet d’un con­trô­le dyna­mi­que par plus de 250 DCT. En moy­enne, une bonne ving­taine d’alarmes sont déclen­chées chaque jour.

Com­ment les DCT sont-ils per­fec­tion­nés?
CFF Infra­struc­tu­re per­fec­tion­ne la struc­tu­re de con­trô­le actu­el­le dans le cadre du pro­jet d’innovation «Way­si­de Intel­li­gence» (WIN), sou­tenu par des fonds publics de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT).  En com­plé­ment des don­nées des cap­teurs, des don­nées d’image seront désor­mais sai­sies et les dif­fér­ents véhi­cu­les seront iden­ti­fiés au moyen du sys­tème «Radio-Fre­quen­cy Iden­ti­fi­ca­ti­on» (RFID). Les don­nées sont ana­ly­sées de maniè­re algo­rith­mi­que, agré­gées et mises à la dis­po­si­ti­on des uti­li­sa­teurs pour un usage ciblé par le biais d’interfaces nor­ma­li­sées d’échange de don­nées. Cette évo­lu­ti­on vise à amé­lio­rer la main­ten­an­ce en se réfé­rant à l’état actuel du véhi­cu­le. Elle per­met en même temps de sim­pli­fier les pro­ces­sus de main­ten­an­ce grâce à l’intelligence arti­fi­ci­el­le et à l’automatisation. Ce pro­jet est déjà bien avan­cé et dev­rait per­mett­re d’améliorer la sécu­ri­té et la dis­po­ni­bi­li­té du réseau et des véhicules.

 

Le DAC et l’avenir
Avec l’introduction du DAC, les véhi­cu­les ali­g­nés dans les trains seront con­nec­tés entre eux par une ligne de trans­mis­si­on de don­nées. L’exploitant d’infrastructure sait à tout moment quel véhi­cu­le cir­cu­le sur le réseau, dans quel train, et ce à la minu­te près. Grâce à cette inté­gri­té des trains, les don­nées pro­ven­ant des DCT seront dis­po­nibles de maniè­re plus rapi­de et plus fia­ble. Pour en savoir plus sur le DAC et les éco­sys­tè­mes de don­nées, lisez notre blog­post «Éco­sys­tè­mes de don­nées: par­ta­ger les don­nées pour dou­bler leur plus-value». Lors d’une inter­view accor­dée à l’émission «10 vor 10», Jür­gen Maier, expert en trans­port de mar­chan­di­ses de la VAP, expli­que dans quel­le mesu­re le DAC peut con­tri­buer à évi­ter des acci­dents fer­ro­vi­ai­res comme celui qui s’est pro­duit dans le tun­nel de base du Saint-Gothard.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#1): engagés en faveur d’un traitement global

Tunnel de base du Saint-Gothard (#1): engagés en faveur d’un traitement global

Le 10 août 2023, un train de mar­chan­di­ses a déraillé dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Le Ser­vice suis­se d’enquête de sécu­ri­té (SESE) pri­vilé­gie l’hypothèse d’un bris de dis­que de roue. À la VAP, nous allons trai­ter l’événement de maniè­re sys­té­ma­tique et ori­en­tée vers les risques.

Les enjeux:

  • Le plan d’urgence fon­c­tion­ne, appro­vi­si­on­ne­ment assuré
  • Tri­ang­le des responsa­bi­li­tés éprouvé
  • Nor­mes de sécu­ri­té respectées
  • Rela­ti­ons juri­di­ques glo­ba­le­ment réglées
  • Les bris sont rares, mais ne sont pas exclus
  • Pour­suiv­re l’objectif de transfert

Les con­cepts d’urgence fon­c­tion­nent
Grâce à des con­cepts d’urgence plus éla­bo­rés, les acteurs clés ont réagi rapi­de­ment et de ma-nière appro­priée après l’accident: l’approvisionnement en mar­chan­di­ses est assu­ré, les wagons de mar­chan­di­ses et de voy­a­ge­urs cir­cu­lent à nou­veau. Les con­cepts d’urgence des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re inclu­ant des tra­fics de dévia­ti­on par le cor­ri­dor de tran­sit ont fait leurs preu­ves. Les leçons de Ras­tatt ont été tirées et le sec­teur est prêt à faire face à une situa­ti­on d’urgence.

Tri­ang­le de responsa­bi­li­té éprou­vé
Le sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re repo­se sur l’interaction, sur un pied d’égalité, entre le ges­ti­on­n­aire de l’infrastructure (dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard: les CFF) et les ent­re­pri­ses de trans-port fer­ro­vi­ai­re (chem­ins de fer de mar­chan­di­ses), ainsi que d’autres acteurs, tels que les déten-teurs de wagons, qui ont une influence poten­ti­el­le sur l’exploitation sûre du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Tous les inter­venants dis­po­sent de sys­tè­mes de sécu­ri­té per­fec­tion­nés et appli­quent les mêmes règles euro­pé­en­nes quant aux inter­faces entre les acteurs.

Nor­mes de sécu­ri­té respec­tées
En l’état actuel des infor­ma­ti­ons, tous les acteurs ont respec­té les métho­des et nor­mes tech-niques de sécu­ri­té. Les trains qui ent­rent dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard par le por­tail sud sont con­trôlés en der­nier lieu à Claro (TI) par des instal­la­ti­ons de con­trô­le auto­ma­ti­ques des trains. Selon les don­nées dis­po­nibles, le train qui a déraillé ne pré­sen­tait pas d’anomalie lors de son entrée dans le tun­nel. Les déten­teurs de wagons et leur «Enti­ty in Char­ge of Main­ten­an­ce» (ECM, en fran­çais: «bureau responsable de la main­ten­an­ce») sont respons­ables de la main­te-nance et de la sécu­ri­té de l’état opé­ra­ti­on­nel des wagons lors de leur remi­se à l’entreprise ferro-viai­re de fret. L’ECM, qui est cer­ti­fiée par des orga­nis­mes indé­pen­dants, défi­nit ainsi des mesu­res de main­ten­an­ce et veil­le à leur mise en œuvre et à leur docu­men­ta­ti­on con­for­mé­ment aux mé-tho­des et nor­mes tech­ni­ques de sécurité.

Rela­ti­ons juri­di­ques glo­ba­le­ment réglées
Les déten­teurs de wagons met­tent leurs wagons à la dis­po­si­ti­on des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret en vue de leur uti­li­sa­ti­on par ces der­niè­res. Les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re uti­li­sent pour leur part les réseaux des ges­ti­on­n­aires d’infrastructure. Tou­tes les con­di­ti­ons d’utilisation sont con­trac­tu­el­le­ment réglées de maniè­re uni­for­me en Suis­se et au niveau inter­na­tio­nal. En ce qui con­cer­ne les rela­ti­ons entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret et les déten­teurs de wagons, l’article 20 de la loi suis­se sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) ren­voie à la Con­ven­ti­on rela­ti­ve aux trans­ports inter­na­ti­on­aux fer­ro­vi­ai­res (COTIF). Sur la base de cet accord inter­na­tio­nal, plus de 770 ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et déten­teurs de wagons en Euro­pe ont instau­ré depuis 2006 un cont­rat mul­ti­la­té­ral sup­p­lé­men­tai­re, le «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons» (CUU), qui règle en détail les rela­ti­ons juri­di­ques entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses ferro-viaires.

Les bris sont rares, mais pas exclus
On igno­re enco­re com­ment le dérail­le­ment s’est pro­duit et le SESE pour­su­it ses inves­ti­ga­ti­ons. Dans le cadre de la ges­ti­on du sinist­re qui suiv­ra, il y aura lieu d’élucider les cau­ses, cla­ri­fier les ques­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té et à l’indemnisation et ana­ly­ser les dis­po­si­tifs de sécu­ri­té actuels. Les bris de dis­ques de roue sont très rares. En pareil cas, une influence exté­ri­eu­re et une usure maté­ri­el­le sont tou­tes deux des cau­ses pos­si­bles. Les bris de piè­ces de fon­c­tion cri­tique, tel­les que les rails ou les dis­ques de roue, sont extrê­me­ment dif­fi­ci­les à pré­voir et ont des cau­ses mul­ti­ples. Leur ent­re­ti­en pré­ven­tif accom­pa­gné de con­trô­les régu­liers est de rigueur, mais il a ses limi­tes. En Suis­se, les con­trô­les des trains et des wagons par les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re et les ges­ti­on­n­aires d’infrastructures et les con­trô­les effec­tués par plus de 250 instal­la­ti­ons de con-trôle des trains sont bien étab­lis sur l’ensemble du territoire.

Pour­suiv­re l’objectif de trans­fert
L’ampleur des réper­cus­sions d’un tel évé­ne­ment sur l’ensemble du sys­tème de trans­port et l’importance des dom­mages qu’il peut cau­ser sont évi­dents. C’est pour­quoi, au sein du grou­pe de tra­vail sec­to­ri­el «CI sécu­ri­té», avec notre éch­an­ge d’expériences ECM annu­el et en col­la­bo­ra­ti­on avec l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), nous entre­te­nons une étroi­te coopé­ra­ti­on avec tous les acteurs per­tin­ents du fret fer­ro­vi­ai­re, afin de faire con­stam­ment évo­luer l’état de la tech­ni­que et d’améliorer enco­re le niveau de sécu­ri­té déjà très élevé. Nous sug­gé­rons d’aborder les ques­ti­ons et les mesu­res à venir sur la base du rap­port que ren­dra le SESE. C’est la seule façon de rédui­re davan­ta­ge le ris­que qu’un nou­vel acci­dent se pro­dui­se, tout en pour­suivant l’objectif, inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on, de trans­fert du tra­fic tran­sal­pin de mar­chan­di­ses. Il est donc d’autant plus impor-tant que le tun­nel de base du Saint-Got­hard puis­se à nou­veau être emprun­té le plus rapi­de­ment pos­si­ble, sur­tout dans la per­spec­ti­ve de la repri­se de l’économie ita­li­en­ne après la pause esti­vale. Par ail­leurs, le recours à l’alternative du trans­port rou­tier dis­po­nible et fle­xi­ble est indis­pensable. Pour ce faire, nous pro­po­sons notre assis­tance, con­join­te­ment avec nos mem­bres et nos parte-naires du sec­teur, dans l’organisation effi­cace des tra­fics de dévia­ti­on et la recon­fi­gu­ra­ti­on des compositions.

Aides de l’UE: sur la corde raide, entre protection du climat et distorsion de la concurrence

Aides de l’UE: sur la corde raide, entre protection du climat et distorsion de la concurrence

Dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) à l’intérieur de l’Union euro­pé­en­ne (UE), nous assis­tons à une évo­lu­ti­on plus poli­tique qu’axée sur le mar­ché. L’UE sou­ti­ent à grand ren­fort de publi­ci­té le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses vers des modes de trans­port respec­tueux du cli­mat comme le rail et la navi­ga­ti­on au moyen de dif­fér­ents pro­gram­mes et fonds et sur le prin­ci­pe, on ne peut que s’en féli­ci­ter.
Les ent­re­pri­ses publi­ques de fret, sou­te­nues par les syn­di­cats, qua­li­fi­ent le TWCI de «ser­vice public». Cepen­dant, ce ne sont pas elles qui en sup­port­ent les con­sé­quen­ces, mais les États et les char­geurs. De fait, ces sub­ven­ti­ons redis­tri­buées par l’UE aux frais des con­tri­bu­ables se tra­dui­sent par un fort sub­ven­ti­on­ne­ment du TWCI sans inci­ta­ti­on à l’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans le sens d’un déve­lo­p­pe­ment dura­ble. Cela signi­fie que le TWCI cimen­te avec l’argent des con­tri­bu­ables, de la socié­té et de l’économie, un mono­po­le dénué de toute obli­ga­ti­on de ser­vice public comme l’obligation de trans­por­ter ou l’obligation de publier les tarifs.
Ce man­que d’orientation sur le mar­ché et d’esprit d’entreprise de la part des chem­ins de fer publics et des syn­di­cats ne per­met­tra d’atteindre ni les objec­tifs de trans­fert du tra­fic, ni les objec­tifs cli­ma­ti­ques. De plus, en tant que pro­prié­tai­res des chem­ins de fer publics, les États pren­nent à long terme un ris­que impon­dé­ra­ble tant en matiè­re de finan­ces que de poli­tique des trans­ports en ce qui con­cer­ne la sécu­ri­té de l’approvisionnement dans leur pays.
Pour les char­geurs, les con­sé­quen­ces ne sont pas moins gra­ves. Pour réa­li­ser des trans­ports mul­ti­mo­daux, les char­geurs doi­vent inves­tir dans le sys­tème fer­ro­vi­ai­re, alors qu’ils sont dépen­dants d’une ent­re­pri­se mono­po­lis­tique elle-même en situa­ti­on de dépen­dance finan­ciè­re et gérée par la main­mi­se poli­tique. Ce n’est vrai­ment pas ce que l’on peut appe­l­er une sécu­ri­té de l’approvisionnement et des inves­tis­se­ments.
Les sub­ven­ti­ons doi­vent être uti­li­sées de maniè­re ciblée et limi­tée dans le temps afin de pré­ser­ver les emplois sur le long terme et de mett­re le TWCI sur la voie du suc­cès.
Dans cet artic­le du blog, nous exami­nons de près les sub­ven­ti­ons publi­ques en Alle­ma­gne, France, Autri­che et Suis­se sous l’angle de leur objec­tif et de leur ampleur et abordons la ques­ti­on des con­flits d’intérêts et des néces­si­tés qui en découlent.

Les enjeux:

  • Les aides d’État visent à instau­rer une mobi­li­té dura­ble et viable.
  • Elles peu­vent tou­te­fois don­ner lieu à des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence et à une discrimination.
  • Les aides finan­ciè­res de l’État doi­vent ser­vir à assurer la tran­si­ti­on jusqu’à l’autonomie financière.
  • Les acteurs du mar­ché ont pré­cis­é­ment beso­in d’une aide finan­ciè­re pour les inno­va­tions tel­les que le DAC.
  • Les ins­tances qui accor­dent les aides dev­rai­ent véri­fier l’efficacité de cel­les-ci et les vio­la­ti­ons des règles rela­ti­ves aux subventions.
  • Le cas éché­ant, il s’avèrera néces­saire de pro­cé­der à des modi­fi­ca­ti­ons de la loi.

 

La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne accor­de un sou­ti­en finan­cier au trans­fert du fret de la route vers des modes de trans­port plus respec­tueux de l’environnement, comme la navi­ga­ti­on inté­ri­eu­re et le rail. Elle met à dis­po­si­ti­on des aides finan­ciè­res con­for­mes aux lignes direc­tri­ces de l’UE en matiè­re d’aides d’État. L’objectif de ces aides de l’UE est une mobi­li­té dura­ble et intel­li­gen­te, elle-même cen­sée per­mett­re de rédui­re les émis­si­ons de CO2 et de déseng­or­ger les rou­tes dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Comme c’est sou­vent le cas pour les aides publi­ques au finance­ment, il faut aussi s’assurer dans le domaine du trans­port de mar­chan­di­ses que la con­cur­rence dans le mar­ché inté­ri­eur n’est pas faus­sée et que l’autofinancement et la trans­pa­rence sont atteints.

Comparaison du financement des déficits dans le trafic par wagons complets isolés (TWCI)
Pays
Programme de subventionnement et avantages
Montant de la subvention
Période
Alle­ma­gne

Sub­ven­ti­on­ne­ment tem­po­rai­re des frais d’exploitation non dis­cri­mi­na­toire et ori­en­té sur la crois­sance (BK-EWV)

Cette sub­ven­ti­on du minis­tère fédé­ral alle­mand du Numé­ri­que et des Trans­ports se veut être une mesu­re tran­si­toire desti­née à aug­men­ter la ren­ta­bi­li­té du TWCI par le déploie­ment du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Le minis­tère vise ainsi à sou­te­nir les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res appar­ten­ant ou non à la Répu­bli­que fédé­ra­le dans les trans­ports nati­on­aux et trans­fron­ta­liers dans le cadre d’une descrip­ti­on du sys­tème de TWCI devant être four­nie. Des détails sur le pro­gram­me BK-EWV sont atten­dus pour juillet.

80 mil­li­ons d’euros

100 mil­li­ons d’euros

100 mil­li­ons d’euros

2023

2024

2025

France

Sou­ti­en de l’offre de trans­port du TWCI

Des sub­ven­ti­ons direc­tes ont pour fon­c­tion d’indemniser les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res pour la dif­fé­rence de coût entre le trans­port rou­tier et le trans­port fer­ro­vi­ai­re. Les béné­fi­ci­ai­res en sont les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res acti­ves dans le domaine du TWCI.

450 mil­li­ons d’euros soit

150 mil­li­ons d’euros par an

2023–2025
Autri­che

«SGV-Plus» (TFM Plus) 

Ce pro­gram­me de sub­ven­ti­on­ne­ment aide les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re à réa­li­ser par le rail des trans­ports de mar­chan­di­ses qui sans ce sou­ti­en dev­rai­ent en gran­de par­tie se faire par la route, par cami­ons. SGV-Plus se com­po­se d’un sou­ti­en des pre­sta­ti­ons de fret fer­ro­vi­ai­re et d’une sub­ven­ti­on pour la rede­van­ce d’utilisation de l’infrastructure.

Sub­ven­ti­on­ne­ment des rac­cor­de­ments et des terminaux

L’État aide les ent­re­pri­ses à trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses sur un mode dura­ble par le rail à l’aide de mesu­res comme celles-ci:

  • Con­s­truc­tion, exten­si­on et réac­ti­va­ti­on de voies de rac­cor­de­ment et de terminaux
  • Inves­tis­se­ments dans l’existant dans le domaine des voies de raccordement
  • Inves­tis­se­ments dans l’existant pour les équi­pe­ments de trans­bor­de­ment mobi­les dans le domaine du terminal

Env. 90 mil­li­ons d’euros

 

 

 

 

13 mil­li­ons
d’euros
par an

2023–2027

 

 

 

 

 

À par­tir de 2023

Suis­se

Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suisse

Le Con­seil fédé­ral pré­voit des pro­gram­mes de sub­ven­ti­on­ne­ment apportant les avan­ta­ges suivants:

  • Indem­nis­er finan­ciè­re­ment les four­nis­seurs de TWCI
  • Appor­ter un finance­ment de départ au lance­ment du DAC
  • Sou­te­nir finan­ciè­re­ment les appareils de trans­bor­de­ment ainsi que les off­res d’infrastructure de la navi­ga­ti­on rhénane
  • Dimi­n­uer le prix du char­ge­ment sur le rail

600 mil­li­ons de CHF soit

150 mil­li­ons de CHF par an

2024–2027

 

Pertinence limitée de la comparaison

Les sub­ven­ti­ons men­ti­onnées dans le tableau ci-des­sus sont expri­mées en chif­fres abso­lus. Cela les rend dif­fi­ci­les à compa­rer, faute de mon­tant de réfé­rence. Par exemp­le, la SNCF (France) réa­li­se plu­s­ieurs fois le nombre de ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rus par les CFF, mais reçoit en com­pa­rai­son con­sidé­ra­blem­ent moins d’argent. Con­trai­re­ment aux pays de l’Union euro­pé­en­ne, en Suis­se, le mon­tant total des sub­ven­ti­ons com­prend aussi la migra­ti­on vers le DAC. C’est pré­cis­é­ment parce que la plu­part des pays dis­po­sent par­al­lè­le­ment de nombreu­ses sources de finance­ment qu’il est extrê­me­ment dif­fi­ci­le de compa­rer les aides de maniè­re pertinente.

Conflit d’intérêts protection du climat vs concurrence

Les gou­ver­ne­ments uti­li­sent prin­ci­pa­le­ment leurs sub­ven­ti­ons dans le but d’encourager le trans­fert du tra­fic vers des modes de trans­port dur­a­bles. L’objectif ulti­me com­por­te le ris­que de faus­ser la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Pour que celui-ci reste via­ble d’un point de vue non seu­le­ment éco­lo­gi­que, mais aussi éco­no­mi­que, les respons­ables doi­vent viser un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re auto­no­me et axé sur l’économie de mar­ché qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tou­tes les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et soit un par­ten­aire fia­ble aux côtés des char­geurs. La Suis­se s’est fixé pour objec­tif l’autofinancement, et elle est sur la bonne voie pour l’atteindre.

Garantir la non-discrimination

Là où les acteurs publics et pri­vés du mar­ché se ren­cont­rent, on voit vite sur­gir le repro­che de la dis­cri­mi­na­ti­on. Un exemp­le clas­si­que en est le sub­ven­ti­on­ne­ment du der­nier kilo­mèt­re. Celui-ci fait l’objet de débats enflam­més tant sur le plan inter­na­tio­nal qu’en Suis­se (cf. Rail­Busi­ness no 6 et 7/2023). Dans l’article de notre blog inti­tulé «Exter­na­li­ser le der­nier kilo­mèt­re et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire», nous esquis­sons la forme que pour­rait prend­re un der­nier kilo­mèt­re non dis­cri­mi­na­toire en Suis­se. Nous y pré­co­ni­sons que la ges­ti­on du sys­tème ne soit plus con­fiée à un seul grand opé­ra­teur – comme c’est actu­el­le­ment le cas avec CFF Cargo – et pro­po­sons qu’à la place, la des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re soit assu­rée par un presta­tai­re uni­que. Celui-ci sera dans l’idéal l’exploitant d’infrastructure, qui, ceci mis à part, ne four­nit aucu­ne pre­sta­ti­on de trans­port. Dans l’article de notre blog inti­tulé «Sub­ven­ti­on­ne­ment du tra­fic par wagon isolé: empê­cher la dis­tor­si­on de la con­cur­rence et la dis­cri­mi­na­ti­on», vous trou­verez de plus amp­les expli­ca­ti­ons sur les rai­sons pour les­quel­les la non-dis­cri­mi­na­ti­on est pri­mor­dia­le en matiè­re d’aides d’État.

En Alle­ma­gne, le «Ver­band deut­scher Ver­kehrs­un­ter­neh­men» (Fédé­ra­ti­on des ent­re­pri­ses de trans­port alle­man­des VDV) et l’association «Die Güter­bah­nen» (Les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses) récla­ment un sub­ven­ti­on­ne­ment non dis­cri­mi­na­toire des tra­jets de des­ser­te entre le point de char­ge­ment chez le cli­ent et la der­niè­re com­po­si­ti­on fon­c­tion­nel­le d’un train. Des règle­men­ta­ti­ons cor­re­spond­an­tes garan­ti­ront que le sub­ven­ti­on­ne­ment irri­guera des régions par­ti­cu­liè­re­ment peu des­ser­vies et non ren­ta­bles ainsi que les nou­veaux tra­fics afin d’attirer aussi le trans­port fer­ro­vi­ai­re dans ces endroits.

Renforcer financièrement la force d’innovation

À notre avis, les finance­ments d’État doi­vent con­sti­tuer une tran­si­ti­on desti­née à durer jusqu’à ce que les acteurs par­vi­en­nent à s’autofinancer. Cette appro­che est tout par­ti­cu­liè­re­ment pri­mor­dia­le pour les inno­va­tions, par exemp­le pour la migra­ti­on vers le DAC et pour la digi­ta­li­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re qui va de pair. Les déten­teurs de wagons ne peu­vent pas tirer parti du DAC direc­te­ment, mais doi­vent con­sen­tir des inves­tis­se­ments énor­mes dans le réé­qui­pe­ment du maté­ri­el rou­lant. Pour savoir pour­quoi nous nous impli­quons pour le finance­ment de départ du DAC, qui ouvre la voie à une nou­vel­le ère du rail, plu­tôt qu’en faveur du sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent d’un sys­tème obsolè­te, lisez l’article de notre blog inti­tulé «Inno­va­ti­on dans le fret fer­ro­vi­ai­re: le DAC ouvre la voie».

Repenser le système ferroviaire

Pour que les avan­ta­ges de la digi­ta­li­sa­ti­on se con­cré­ti­sent dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il faut plus que le DAC. Il faut une trans­for­ma­ti­on et une opti­mi­sa­ti­on fon­da­men­ta­les des pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Ce n’est qu’ainsi que les acteurs du mar­ché pour­ront aug­men­ter leur pro­duc­ti­vi­té, rédui­re les coûts et adop­ter sys­té­ma­ti­quement une ori­en­ta­ti­on cli­ent afin de res­ter com­pé­ti­tifs en uti­li­sant le rail. Cela passe par une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique de l’ensemble du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Celle-ci va lar­ge­ment au-delà du simp­le finance­ment (de départ) du TWCI ou du DAC. Elle con­cer­ne l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Créer de la transparence grâce au monitoring

Pour pou­voir uti­li­ser les fonds publics de maniè­re ciblée, il faut défi­nir clai­re­ment les objec­tifs devant être att­eints grâce à ce sou­ti­en. Il s’agit – comme cela est habi­tuel dans les ent­re­pri­ses pri­vées – d’opérer une véri­fi­ca­ti­on à l’aide de paramè­tres mesur­a­bles, par exemp­le «com­bien de DAC seront mis en œuvre d’ici 2025 pour quel­le somme», «com­bien de voies ont été réa­li­sées» ou enco­re «com­bien de char­ge­ments de cami­ons ont été mis sur le rail». La mesu­ra­bi­li­té d’un taux de réus­si­te per­met aux acteurs d’adapter leur stra­té­gie en conséquence.

Empêcher les abus des lignes directrices de l’UE en matière d’aides d’État

En 2020, la Deut­sche Bahn s’est vu repro­cher une dis­tor­si­on mas­si­ve du mar­ché, car elle devait rece­voir de la part de l’État une aug­men­ta­ti­on de ses capi­taux pro­pres à hauteur de 5 mil­li­ards d’euros en rai­son de la crise du COVID-19. Au début de l’année 2023, la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a lancé une enquête sur de pos­si­bles aides publi­ques illé­ga­les de l’ordre de dix à vingt mil­li­ards ver­sées au sec­teur Fret de la socié­té fer­ro­vi­ai­re éta­tique SNCF. Ces exemp­les récents mont­rent que les aides publi­ques com­portent tou­jours un ris­que d’abus. Il est d’autant plus important que les gou­ver­ne­ments cré­ent les mêmes con­di­ti­ons de con­cur­rence pour tous et au beso­in affi­nent a pos­te­rio­ri le cadre juri­di­que.[1]

Affiner a posteriori les lignes directrices

Les lignes direc­tri­ces euro­pé­en­nes con­cer­nant le sec­teur fer­ro­vi­ai­re sont l’exemple d’une telle révi­si­on. La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a pro­po­sé de les révi­ser afin de trans­fé­rer le tra­fic sur des solu­ti­ons plus dur­a­bles et moins pol­lu­an­tes tout en con­ser­vant des con­di­ti­ons de con­cur­rence équi­ta­bles au sein de l’Union euro­pé­en­ne. La con­sul­ta­ti­on des États mem­bres sur la pro­mo­ti­on de pro­gram­mes trans­par­ents et non dis­cri­mi­na­toires, la limi­ta­ti­on des aides indi­vi­du­el­les à des cas excep­ti­on­nels et la modi­fi­ca­ti­on du pla­fon­ne­ment des aides s’est ache­vée le 16 mars 2022. La majo­ri­té des répondant·e·s ont donné leur pré­fé­rence à une pro­mo­ti­on de pro­gram­mes offrant des chan­ces éga­les à tou­tes les ent­re­pri­ses et à ce que des aides indi­vi­du­el­les ne soi­ent accor­dées que dans des cas excep­ti­on­nels. La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne pré­voit d’approuver la révi­si­on des lignes direc­tri­ces rela­ti­ves aux aides d’État appli­ca­bles au sec­teur du trans­port fer­ro­vi­ai­re au 4e tri­mest­re 2023.

[1] Cf. Artic­le paru dans la DVZ le 30.05.2023 (en allemand)

Écosystèmes de données: partager les données pour doubler leur plus-value

Écosystèmes de données: partager les données pour doubler leur plus-value

À la VAP, nous tra­vail­lons depuis long­temps d’arrache-pied sur le sujet des éco­sys­tè­mes de don­nées. En 2022, nous avons sug­gé­ré au Bureau de coor­di­na­ti­on pour la mobi­li­té dura­ble (COMO) de mett­re au point une pla­te­for­me de don­nées, et nous fai­sons pro­gresser le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (MODI). Dans cet artic­le de notre blog, nous nous pro­po­sons de pour­suiv­re le dia­lo­gue et de mon­trer pour­quoi les éco­sys­tè­mes de don­nées dev­rai­ent faire par­tie de la visi­on de tous les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re. 

Les enjeux:

  • La com­ple­xi­té, un défi de taille
  • À petits pas vers la gran­de vision
  • Exploi­ter à fond l’inépuisable potentiel de données
  • Pour une pour­suite de notre dialogue
La complexité, un défi de taille

Les éco­sys­tè­mes de don­nées sont haute­ment com­ple­xes et cou­vrent plu­s­ieurs champs thé­ma­ti­ques (cf. illus­tra­ti­on 1). Pour rend­re ces éco­sys­tè­mes de don­nées uti­li­sables et ren­ta­bles, nous devons prend­re en comp­te l’ensemble des sou­haits et beso­ins des acteurs ainsi que les éven­tu­el­les restrictions.

Illus­tra­ti­on 1: la visi­on de l’interconnectivité numé­ri­que et opé­ra­ti­on­nel­le com­prend des domain­es thé­ma­ti­ques extrê­me­ment exigeants.

À l’occasion de notre Forum Fret fer­ro­vi­ai­re 2023, le Dr Mat­thi­as Prandt­stet­ter, Seni­or Sci­en­tist et The­ma­tic Coor­di­na­tor à l’AIT, Aus­tri­an Insti­tu­te of Tech­no­lo­gy AIT, ainsi que Moni­ka Zosso Lunds­gaard-Han­sen, co-chef­fe de la sec­tion Affai­res direc­to­ria­les à l’OFT, ont donné des aper­çus de l’état actuel d’avancement des initia­ti­ves et réfle­xi­ons. Les deux expert·e·s sont unani­mes: les pro­grès à accom­plir dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re seront une tâche de longue hal­ei­ne et ardue.

À petits pas vers la grande vision

La visi­on d’un éco­sys­tème de don­nées intel­li­gent et peut-être capa­ble de prend­re ses décis­i­ons de maniè­re auto­no­me pour­rait par exemp­le être réa­li­sée selon les pha­ses sui­van­tes (descrip­ti­on non exhaustive):

1. Mise à dis­po­si­ti­on des don­nées de base (p. ex. avec MODI)

  • Qua­li­té garantie
  • Carac­tère uni­que de tout bloc de don­nées (c’est-à-dire défi­ni­ti­ons univoques)
  • Acces­si­bi­li­té / trans­pa­rence pour tou­tes les par­ties prenantes
  • Pos­si­bi­li­té de déve­lo­p­per des appli­ca­ti­ons mobi­les sur le mar­ché et d’élargir les fonctionnalités

2. Acti­va­ti­on de la plaque tour­nan­te d’échange de don­nées (p. ex. DX Inter­mo­dal de Hupac)

  • Éch­an­ges entre 2 ou plu­s­ieurs ent­re­pri­ses acti­ves sur la plaque tournante
  • Blocs de don­nées sup­p­lé­men­tai­res (avec ou sans rest­ric­tions pour des acteurs ou ent­re­pri­ses donnés)
  • Pos­si­bi­li­tés de réser­va­ti­on de rela­ti­ons par­ti­el­les ou complètes

3. Créa­ti­on d’un éco­sys­tème de données

  • Don­ner accès aux don­nées his­to­ri­ques pour les pre­miè­res pos­si­bi­li­tés d’analyse
  • Ban­ques de don­nées (rac­cor­der les don­nées de base et/ou les blocs de don­nées dis­po­nibles avec des restrictions)

4. Uti­li­sa­ti­on de la tech­no­lo­gie du blockchain

  • Les don­nées et blocs de don­nées sont con­nec­tés de maniè­re optimale.
  • Trans­pa­rence abso­lue des coûts et des prix
  • Aug­men­ta­ti­on de la sécu­ri­té dans les éch­an­ges de données
  • Déve­lo­p­pe­ment et exé­cu­ti­on plus effi­caces de l’ensemble

5. Mise en œuvre de la visi­on d’un inter­net physique

  • Sys­tème mon­di­al ouvert basé sur une con­nec­ti­vi­té inter­net phy­si­que, numé­ri­que et opérationnelle
  • Appli­que les pro­to­co­les, les inter­faces et la modularisation.
  • Cer­tai­nes décis­i­ons sont pri­ses par l’écosystème – et non par des acteurs donnés.

Actu­el­le­ment, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re se trouve en phase 1 et 2, quoi­que seu­le­ment pon­c­tu­el­le­ment. La loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (MODIG) de l’OFT abor­de tous les champs thé­ma­ti­ques per­tin­ents. DX Inter­mo­dal est déjà opé­ra­ti­on­nel dans le tra­fic com­bi­né (TC) et reprend cer­ta­ins points de la phase 2. Il ne sera pos­si­ble d’obtenir des avan­ta­ges glo­baux pour la logis­tique de fret fer­ro­vi­ai­re que si l’on prend en comp­te tou­tes les for­mes de pro­duc­tion du trans­port de mar­chan­di­ses et l’ensemble de la chaî­ne de trans­port («porte-à-porte»). Pour ce faire, il fau­dra inté­grer des élé­ments de l’intelligence arti­fi­ci­el­le. 

Exploiter à fond l’inépuisable potentiel de données

Parti d’un simp­le engouement, le big data est devenu une véri­ta­ble méga­ten­dance; les don­nées coll­ec­tées recè­lent un potentiel qua­si­ment infi­ni et per­met­tent de créer des modè­les com­mer­ciaux numé­ri­ques inno­vants et dis­rup­tifs et d’améliorer les pré­vi­si­ons pour prend­re les bon­nes décis­i­ons com­mer­cia­les. Tou­te­fois, cela ne vaut que pour les don­nées dis­po­nibles dans la qua­li­té et la gra­nu­la­ri­té appro­priées. De plus, les acteurs doi­vent être en mesu­re d’extraire des don­nées les bon­nes infor­ma­ti­ons et donc les con­nais­sances sou­hai­tées, puis de les inter­pré­ter et les uti­li­ser cor­rec­te­ment. Cela pose un cer­tain nombre de défis aux par­ten­aires de l’écosystème:

Avantages pour le système vs avantages individuels

Cer­tai­nes ent­re­pri­ses dis­po­sent déjà de sys­tè­mes de don­nées inter­nes. Elles coll­ec­tent les don­nées des appareils mon­tés sur les loco­mo­ti­ves et les wagons et les uti­li­sent pour pro­cé­der à des opti­mi­sa­ti­ons ou les trans­met­tent à des tiers. Les ent­re­pri­ses acquiè­rent ainsi des avan­ta­ges con­cur­rentiels et des sources de reve­nus sup­p­lé­men­tai­res. Pour­quoi ces ent­re­pri­ses dev­rai­ent-elles donc par­ti­ci­per à des éco­sys­tè­mes de don­nées? Parce que l’optimisation de son pro­pre sys­tème ne béné­fi­cie pas néces­saire­ment au sys­tème dans son ensem­ble ou au cli­ent final. Si par exemp­le divers acteurs indi­vi­du­els ven­dent les mêmes don­nées à des tiers cont­re rému­né­ra­ti­on, le sys­tème ren­ché­rit, car pour chaque trans­fert de don­nées, de l’argent cir­cu­le. De plus, les dif­fér­ents acteurs peu­vent com­bi­ner leurs blocs de don­nées dans le cadre d’un éco­sys­tème de don­nées et ainsi con­tri­buer à l’efficience de l’ensemble du sys­tème, par exemp­le les horai­res de départ ou d’arrivée pré­vus. Dans ce con­tex­te, il est indis­pensable de cla­ri­fier les ques­ti­ons de la sou­ve­rai­ne­té sur les données.

Obligation vs volontariat

L’État est et reste le plus grand bail­leur de fonds du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Il dev­rait être dési­reux de sou­la­ger ses pro­pres finan­ces et donc les con­tri­bu­ables. La mise à dis­po­si­ti­on de don­nées d’utilité publi­que est de natu­re à amé­lio­rer l’efficience. À cet égard aussi, cer­tai­nes ques­ti­ons atten­dent une répon­se: les par­ten­aires de l’écosystème doi­vent-ils être obli­gés de four­nir des blocs de don­nées? Au sein d’un éco­sys­tème de don­nées, doit-il être pos­si­ble de com­pen­ser des inves­tis­se­ments indi­vi­du­els anté­ri­eurs ou de les mett­re en balan­ce avec les sub­ven­ti­ons reçues? Ou bien la par­ti­ci­pa­ti­on à un éco­sys­tème de don­nées doit-elle res­ter volon­tai­re, avec le ris­que que trop peu de par­ti­ci­pan­ts ali­men­tent la pla­te­for­me en données?

Données vs données

Tous les élé­ments de don­nées n’ont pas la même valeur pour un éco­sys­tème de don­nées. Ainsi, il faut défi­nir clai­re­ment dès le départ avec quel objec­tif et pour ser­vir quel­le uti­li­té géné­ra­le un acteur dépo­se­ra ses élé­ments de don­nées sur une pla­te­for­me de don­nées. En outre, afin d’éviter les dis­cus­sions à carac­tère affec­tif, il con­vi­ent de distin­guer les don­nées opé­ra­ti­on­nel­les, tech­ni­ques et com­mer­cia­les. Enfin, un cri­tère décisif pour la cré­di­bi­li­té et la dura­bi­li­té d’un éco­sys­tème de don­nées est la qua­li­té garan­tie par le pro­prié­tai­re des don­nées ou par un ser­vice char­gé de la qua­li­té nou­vel­le­ment créé.

Pour une poursuite de notre dialogue

À la VAP, nous sou­hai­tons faire béné­fi­ci­er l’ensemble du sec­teur fer­ro­vi­ai­re du potentiel des éco­sys­tè­mes de don­nées et ainsi amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vi­té de la bran­che. C’est pour­quoi nous nous enga­ge­ons dans ce con­tex­te en faveur de plu­s­ieurs initia­ti­ves, pro­jets de recher­che et pro­duits étab­lis, à savoir:

  • Déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té MODI, en coopé­ra­ti­on avec l’OFT.
  • Espace euro­pé­en com­mun des don­nées rela­ti­ves à la mobi­li­té (EMDS), une initia­ti­ve de l’UE.
  • Arbeits­kreis der Logis­tik (AKL) (Cer­cle de tra­vail de la logis­tique), dont nous avons repris la direction.

 

Si vous aussi, vous sou­hai­tez con­tri­buer à for­ger l’avenir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, Jür­gen Maier se fera un plai­sir de vous écouter.

Keepers’ Summit 2023: l’adaptation aux exigences des clients et un avenir visionnaire pour le fret ferroviaire

Keepers’ Summit 2023: l’adaptation aux exigences des clients et un avenir visionnaire pour le fret ferroviaire

Les enjeux:

  • Kee­pers’ Sum­mit de l’UIP À Nice
  • Ori­en­ta­ti­on cli­ent et trans­for­ma­ti­on pour le fret fer­ro­vi­ai­re en Europe
  • David Zindo, nou­veau pré­si­dent de l’UIP

 

En coopé­ra­ti­on avec l’AFWP, sa fédé­ra­ti­on membre fran­çai­se, l’International Union of Wagon Kee­pers (UIP) a accu­eil­li le 15 juin 2023 à Nice (France), 120 acteurs du sec­teur des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de toute l’Europe à sa con­fé­rence phare annuel­le, le «Kee­pers’ Sum­mit». Les dis­cus­sions se sont con­cen­trées sur la maniè­re dont il est pos­si­ble de tirer parti des carac­té­ris­ti­ques éco­lo­gi­ques du fret fer­ro­vi­ai­re pour lut­ter cont­re le chan­ge­ment cli­ma­tique tout en att­i­rant les cli­ents et les jeu­nes talents. Les panel­lis­tes et le public étai­ent unani­mes: le fret fer­ro­vi­ai­re a un rôle important à jouer dans l’avenir de notre socié­té. Mais cela ne sera pos­si­ble que si l’exploitation du fret fer­ro­vi­ai­re se trans­for­me pour s’éloigner des mono­po­les d’État et s’orienter vers la con­cur­rence du sec­teur privé.

À la recher­che du chan­ge­ment, l’ancien pré­si­dent de l’UIP, le Dr Heiko Fischer, a invi­té le public à se tour­ner vers le passé pour mieux se prépa­rer à affron­ter l’avenir. Initia­teur du cont­rat géné­ral d’utilisation (Gene­ral Con­tract of Use ou CGU), Mon­sieur Fischer a souli­g­né le rôle important des déten­teurs de wagons pri­vés dans le déve­lo­p­pe­ment des solu­ti­ons de fret fer­ro­vi­ai­re. Homme de con­vic­tion et visi­on­n­aire, il a tou­jours accor­dé beau­coup d’importance à la néces­si­té d’innover en matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re et de trans­for­mer celui-ci pour qu’il soit en mesu­re de rele­ver les défis à venir et de répond­re aux atten­tes des cli­ents et de la socié­té. Le public a salué par des applau­dis­se­ments debout l’implication et les réa­li­sa­ti­ons du Dr Fischer, qui a pré­si­dé aux desti­nées de l’UIP pen­dant 11 ans.

Mon­sieur Joris D’Incà, Glo­bal Head of Logi­stics au cabi­net inter­na­tio­nal de con­seil en ent­re­pri­se Oli­ver Wyman, a con­fir­mé dans son dis­cours d’ouverture la néces­si­té pour le fret fer­ro­vi­ai­re de s’adapter à l’évolution des exi­gen­ces des cli­ents: «Les cli­ents atten­dent une trans­pa­rence com­plè­te tout au long de la chaî­ne de trans­port. Ils atta­chent entre aut­res beau­coup d’importance à la dis­po­ni­bi­li­té des infor­ma­ti­ons en temps réel et à une ges­ti­on effi­cace des cor­ri­dors. Ce n’est qu’en s’adaptant à ces exi­gen­ces et à d’autres enco­re que le fret fer­ro­vi­ai­re sera en mesu­re de gagner des parts de mar­ché sur le trans­port rou­tier de mar­chan­di­ses et de jouer un rôle plus important dans la lutte cont­re le chan­ge­ment cli­ma­tique.» Pré­sen­ta­ti­on de Joris D’Incà

Le panel d’experts, animé par Madame Emi­lie Sou­lez et com­po­sé de Mon­sieur Charles Puech d’Alissac (VIIA/Naviland), Mon­sieur Paul Maza­t­aud (SNCF Réseau) et Mon­sieur Sté­pha­ne Gavard (Streem), s’est plon­gé en pro­fon­deur sur les élé­ments clés de la trans­for­ma­ti­on qui sera néces­saire pour répond­re aux nou­vel­les atten­tes. Mon­sieur Maza­t­aud a con­fir­mé les beso­ins et les inten­ti­ons de SNCF Réseau con­sistant à offrir davan­ta­ge de trans­pa­rence en matiè­re de travaux de main­ten­an­ce de même que les pro­jets de RNE d’augmenter la fle­xi­bi­li­té du réseau en adap­tant le pro­ces­sus de mise au point des horai­res. Mon­sieur Puech d’Alissac a souli­g­né les élé­ments et les avan­ta­ges du trans­port com­bi­né et du modè­le com­mer­cial qui sous-tend les acti­vi­tés de Navi­l­and et de VIIA. Il a évo­qué les pro­grès réa­li­sés dans la digi­ta­li­sa­ti­on de l’interface cli­ents et encou­ra­gé tous les acteurs à redou­bler d’efforts dans la digi­ta­li­sa­ti­on des inter­faces entre les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re. Mon­sieur Gavard a donné des aper­çus de l’innovation en matiè­re de wagons, tant au niveau du con­cept que de la fabri­ca­ti­on indus­tri­el­le, mais a éga­le­ment expli­qué le pro­jet de Streem portant sur le déve­lo­p­pe­ment des com­pé­ten­ces et des con­nais­sances dans le secteur.

Enfin, Mon­sieur David Zindo, CEO du grou­pe Streem et pré­si­dent nou­vel­le­ment élu de l’UIP, a con­clu par une pro­mes­se: sou­te­nir la trans­for­ma­ti­on avec des prio­ri­tés clai­res, tout en faisant pro­fi­ter les déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et les asso­cia­ti­ons du suc­cès passé, afin d’accroître l’attractivité et la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Il a souli­g­né l’importance du tra­vail de l’UIP et des asso­cia­ti­ons natio­na­les, qui en sont les voix bien éta­b­lies et ser­vent de lien avec les insti­tu­ti­ons poli­ti­ques loca­les et européennes.

«Nos socié­tés doi­vent com­prend­re le carac­tère uni­que du fret fer­ro­vi­ai­re comme un moyen décisif de décar­boner le sec­teur des trans­ports. En tant que sys­tème, nous devons amé­lio­rer notre offre pour répond­re aux exi­gen­ces des cli­ents, mais aussi pour atti­rer de jeu­nes talents et les for­mer.» – David Zindo

 

David Zindo est le nou­veau pré­si­dent de l’UIP: une visi­on pour l’avenir du fret ferroviaire

David Zindo est le nou­veau pré­si­dent de l’UIP et suc­cè­de au Dr Heiko Fischer, qui a diri­gé l’UIP pen­dant 11 ans en qua­li­té de pré­si­dent. Mon­sieur Zindo a été élu lors de l’assemblée géné­ra­le de l’UIP le 15 juin 2023 à Nice (France). Il est assis­té par les vice-pré­si­dents Per-Anders Ben­thin (CEO de Trans­wag­gon) et Johann Fein­dert (CEO de GATX Rail Europe).

Mon­sieur Zindo appor­te une très vaste expé­ri­ence à la pré­si­dence, car il est CEO du grou­pe Streem (anci­en­ne­ment Erme­wa Group) et depuis 2015 membre du Comi­té exé­cu­tif de l’UIP. Il a aupa­ra­vant occu­pé des pos­tes de direc­teur finan­cier à la SNCF, chez Geo­dis et chez Veo­lia Envi­ron­men­tal Services.

En sa qua­li­té de nou­veau pré­si­dent de l’UIP, David Zindo a pour visi­on de con­tin­uer à con­so­li­der l’UIP en fix­ant des prio­ri­tés clai­res, en ren­for­çant l’équipe et en con­clu­ant des alli­ances avec d’autres asso­cia­ti­ons. Il sou­hai­te ren­forcer le rôle des déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses dans la chaî­ne logis­tique et expli­quer le pay­sa­ge règle­men­tai­re com­ple­xe de l’Union euro­pé­en­ne. Fort de sa longue expé­ri­ence et de son impli­ca­ti­on pour le fret fer­ro­vi­ai­re, Mon­sieur Zindo vise une trans­for­ma­ti­on du sec­teur afin d’être en mesu­re de rele­ver les futurs défis et de répond­re aux atten­tes des cli­ents et de la société.

Pour en savoir plus sur la visi­on du pré­si­dent nou­vel­le­ment élu, lisez l’interview de David Zindo par l’UIP. Inter­view de David Zindo

 

 


Fon­dée en 1950, l’Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers (UIP) est basée à Bru­xel­les. Asso­cia­ti­on faî­tiè­re des fédé­ra­ti­ons natio­na­les de 14 pays euro­pé­ens, elle repré­sen­te ainsi plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et d’Entities in Char­ge of Main­ten­an­ce (ECM). Ses qua­tor­ze mem­bres sont les pays sui­vants: Autri­che, Bel­gi­que, Tché­quie, France, Alle­ma­gne, Hon­grie, Ita­lie, Pays-Bas, Polo­gne, Espa­gne, Slo­va­quie, Suède, Suis­se et Royau­me-Uni. L’UIP, qui est la voix de plus de 234 000 wagons de mar­chan­di­ses, repré­sen­te la moi­tié de l’ensemble des wagons de mar­chan­di­ses existant en Euro­pe et est l’une des prin­ci­pa­les res­sour­ces pour le fret fer­ro­vi­ai­re en Euro­pe. La recher­che, le lob­by­is­me et les éch­an­ges per­ma­nents avec tous les grou­pes d’intérêts et orga­ni­sa­ti­ons inté­res­sés par le sec­teur du fret fer­ro­vi­ai­re jouent un rôle important pour la fédé­ra­ti­on, qui ori­en­te tous ses efforts sur l’augmentation de l’efficacité du ser­vice de fret fer­ro­vi­ai­re. En par­ti­ci­pant à de nombreux grou­pes de tra­vail et com­mis­si­ons à l’échelle euro­pé­en­ne et inter­na­tio­na­le, l’UIP fait valoir la per­spec­ti­ve et les inté­rêts des déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et coopè­re avec tou­tes les par­ties inté­res­sées pour assurer l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re à long terme. L’UIP est recon­nue par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne comme orga­ne de repré­sen­ta­ti­on dans le sec­teur ferroviaire.

Titus Bütler de La Poste Suisse appelle de ses vœux des trains de marchandises rapides et ponctuels

Titus Bütler de La Poste Suisse appelle de ses vœux des trains de marchandises rapides et ponctuels

Titus Büt­ler est responsable Trans­port de la Poste Suis­se SA, et depuis début 2022 en char­ge de l’ensemble des trans­ports de let­t­res, colis et jour­naux par le rail et la route en Suis­se. Il a aupa­ra­vant diri­gé pen­dant plus de 20 ans le cent­re de colis de Frau­en­feld, où sont trai­tés chaque jour jusqu’à un demi-mil­li­on de colis. Il a par ail­leurs conçu le déve­lo­p­pe­ment du réseau avec les nou­veaux cen­tres de colis de Caden­az­zo, Vétroz, Unter­vaz et Oster­mun­di­gen. Dans son inter­view avec la VAP, il expli­que l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re pour la Poste. 

Les enjeux:

  • Quel­le est la part du rail dans le split modal de la Poste?
  • La deman­de des cli­ents en solu­ti­ons de liv­rai­son rapi­de est en augmentation.
  • «Pain Points» ou le potentiel d’optimisation dans le fret ferroviaire
  • La Poste Suis­se est le lea­der du trans­port de mar­chan­di­ses par rail en Europe.
VAP: Monsieur Bütler, les trains jaunes de la Poste attirent l’attention. Mais on voit aussi de plus en plus de camions jaunes sur les routes. Est-ce seulement une impression? 

Titus Büt­ler: Nos cami­ons qui trans­portent les con­teneurs jau­nes atti­rent effec­ti­ve­ment l’attention. Nos cli­entes et cli­ents exi­gent de plus en plus une liv­rai­son rapi­de: ramas­sa­ge le soir et dis­tri­bu­ti­on le len­de­main matin. Nous ne par­lons donc pas d’une liv­rai­son dans les 24 heu­res, mais en env. 15 à 20 heu­res – et ce dans n’importe quel­le loca­li­té suis­se, que ce soit en ville ou à la cam­pa­gne. Tout au long de la chaî­ne d’approvisionnement, nous nous trou­vons donc sous pres­si­on en ter­mes de temps. Cela rend dif­fi­ci­le le regrou­pe­ment des quan­ti­tés de colis néces­saires pour rem­plir des trains entiers. Nous optons donc pour le rail dans tous les cas où cela fait sens éco­lo­gi­quement et éco­no­mi­quement. Quel­que 50 % de l’ensemble des let­t­res et colis par­cou­rent aujourd’hui au moins une par­tie de leur tra­jet par le train. Un train court d’un ou de deux wagons n’a pas de sens – y com­pris écologiquement.

Qu’est-ce qui empêche la Poste de réaliser les transports que nous voyons sur la route par le rail? 

Avec notre par­ten­aire de trans­port CFF-Cargo, nous som­mes en train de retrans­fé­rer davan­ta­ge de trans­ports de colis sur le rail. Nous avons beso­in de lignes express rapi­des et régu­liè­res. La vites­se moy­enne des trains de la Poste est par­fois infé­ri­eu­re à 50 km/h, bien que nous ayons du maté­ri­el rou­lant rapi­de et fas­si­ons cir­cu­ler des trains légers. C’est trop lent.

Comment envisagez-vous l’avenir de la logistique de la Poste: verra-t-on encore plus de marchandises sur le rail ou sur la route?

Nous vou­lons clai­re­ment mett­re plus de quan­ti­tés sur le rail, sur­tout sur l’axe Ouest-Est.

Les centres de la Poste en préparation ne disposeront pas de raccord ferroviaire. Pourquoi?

Au cours de ces der­niè­res années, nous avons mis en ser­vice plu­s­ieurs petits cen­tres de colis. Les ter­minaux ont beso­in de ter­rain, ils ren­dent le pro­jet plus cher et ralen­tis­sent la réa­li­sa­ti­on. La pla­ni­fi­ca­ti­on et la con­s­truc­tion se font sous pres­si­on tem­po­rel­le: entre la décis­i­on sur le choix du site et l’ouverture, il s’est par­fois écoulé moins de 2 ans. Nous uti­li­sons par­tout où nous le pou­vons des ter­minaux à pro­xi­mi­té, p. ex. dans le cas de Caden­az­zo, le ter­mi­nal des CFF. Les colis pro­ven­ant du sud de la Suis­se ou qui y vont rou­lent sur le rail.

Les colis et les lettres ne sont pas considérés comme ce qu’on appelle des marchandises «adaptées au rail». De quelles compétences disposez-vous à la Poste en tant que chargeur pour que ces marchandises soient tout de même transportées par rail?

Nous som­mes la seule poste d’Europe à trans­por­ter ce genre de mar­chan­di­ses en si gran­des quan­ti­tés par le rail. La con­di­ti­on est que l’implication du rail soit prise en comp­te dès le stade de la con­cep­ti­on et – plus important enco­re – qu’il exis­te une infra­struc­tu­re de natu­re à per­mett­re les trains de mar­chan­di­ses rapi­des ayant une gran­de pon­c­tua­li­té. Nous avons dans notre équi­pe des spé­cia­lis­tes très com­pé­tents sur les ques­ti­ons de fret ferroviaire.

La Poste a le même propriétaire que CFF Cargo. Est-ce pour vous plutôt une chance, une simplification? Comment décririez-vous cette relation?

Les trans­ports ont fait l’objet d’un appel d’offres public. Le pro­prié­tai­re ne joue aucun rôle. Nous avons une rela­ti­on cli­ent-four­nis­seur aussi clai­re que dans toute autre ent­re­pri­se de trans­port. Nos exi­gen­ces en matiè­re de pon­c­tua­li­té et de fia­bi­li­té sont très éle­vées, et nous som­mes très satis­faits des pre­sta­ti­ons de CFF Cargo.

Si une bonne fée pouvait vous exaucer un vœu logistique, lequel serait-ce?

Je sou­hai­terais des lignes régu­liè­res et rapi­des sur l’axe Ouest-Est.

Comment décririez-vous la VAP?

Nous som­mes l’un des plus grands pro­prié­tai­res de voies de rac­cor­de­ment et l’un des plus grands char­geurs fer­ro­vi­ai­res de Suis­se. La VAP défend leurs inté­rêts légiti­mes à dif­fér­ents niveaux et met les acteurs en réseau.

Quels sont à votre avis les points forts de la VAP? 

La VAP est indis­pensable pour le tra­vail poli­tique de tous les acteurs du fret ferroviaire.

À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?

Chaque ent­re­pri­se qui pos­sè­de des voies ou des wagons ou est acti­ve dans le fret fer­ro­vi­ai­re – que ce soit en tant que cli­ent ou qu’ETF – pro­fi­te de la VAP.

Ce qui n’a pas été encore dit:

Nos trains post­aux sont importants pour nous. Ils nous per­met­tent de reli­er la Suis­se rapi­de­ment, en toute fia­bi­li­té et éco­lo­gi­quement. C’est pour­quoi il nous tient à cœur que l’image des trains de mar­chan­di­ses lents et même sou­vent cou­verts de graf­fi­tis ne dét­eig­ne par sur nos trains postaux.

 

Monsieur Bütler, nous vous remercions pour cet entretien et les aperçus intéressants.
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