La VAP promouvoit le fret ferroviaire.


 

Vers le rapport

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Perfectionnement du transport de marchandises: il est grand temps de faire quelque chose

Perfectionnement du transport de marchandises: il est grand temps de faire quelque chose

Les repré­sen­tants du sec­teur et des grou­pes d’intérêts avai­ent jusqu’au 24 février 2023 la pos­si­bi­li­té de s’exprimer sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». La LITRA, l’UTP, la CI TCNA, l’ASTAG et la VAP ont pris posi­ti­on con­join­te­ment (blog Trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire: une solu­ti­on de bran­che en cours d’élaboration). Voici une réca­pi­tu­la­ti­on des élé­ments essentiels des répon­ses d’autres acteurs.

 

Les enjeux:
  • Un aban­don du tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) serait fatal.
  • Le finance­ment ne doit pas main­te­nir le statu quo.
  • Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) et la pla­te­for­me de don­nées doi­vent être encouragés.
  • Il doit res­ter pos­si­ble d’accéder au mar­ché sans discrimination.
  • Appro­ches inno­van­tes au niveau orga­ni­sa­ti­on­nel, coopé­ra­ti­ons entre les acteurs
  • Se con­cen­trer sur le béné­fice client.

 

Le Con­seil fédé­ral avait invi­té les repré­sen­tants du sec­teur et les par­tis à prend­re posi­ti­on jusqu’au 24 février 2023 sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Il a reçu de nombreu­ses répon­ses. Nous com­pa­rons ci-après les décla­ra­ti­ons des repré­sen­tants de cer­ta­ins grou­pes d’intérêts et tirons une con­clu­si­on. Le Con­seil fédé­ral intègrera dans un second temps les retours dans le mes­sa­ge qu’il adress­e­ra au Parlement.

Ne pas abandonner le TWCI

À l’exception de l’UDC, les répon­ses optent pour la vari­an­te 1, pré­co­nis­ent un per­fec­tion­ne­ment de la V1 ou une toute nou­vel­le vari­an­te. Les per­son­nes inter­ro­gées con­sidè­rent l’abandon du TWCI comme fatal. Elles redou­tent la perte de la sécu­ri­té d’approvisionnement, des man­ques de capa­ci­tés sur la route, un tra­vail et des dépen­ses sup­p­lé­men­tai­res en matiè­re de logis­tique et des efforts plus importants pour répond­re à la com­pa­ti­bi­li­té climatique.

Ne pas maintenir le statu quo par le financement

De nombreu­ses per­son­nes inter­ro­gées sont d’accord avec le finance­ment partiel tel qu’il est pro­po­sé. Plu­s­ieurs répon­ses sug­gè­rent que le finance­ment se fasse à par­tir des fonds existants – de pré­fé­rence à par­tir du FIF –, plu­tôt que par l’octroi d’un nou­veau cré­dit. Tou­te­fois, plu­s­ieurs des per­son­nes inter­ro­gées expri­ment des réser­ves quant au fait que le finance­ment est sous-esti­mé et qu’il sert donc tout au plus à main­te­nir l’état actuel. Elles deman­dent donc une aug­men­ta­ti­on des fonds qui per­met­tra d’obtenir la modi­fi­ca­ti­on du split modal visée. Il y a con­sen­sus sur le fait que le finance­ment doit per­mett­re une moder­ni­sa­ti­on et une ori­en­ta­ti­on cli­entèle, de sorte à assurer l’autonomie finan­ciè­re dans l’avenir.

Faire progresser la digitalisation et l’automatisation

Une majo­ri­té est favorable à la moder­ni­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du DAC. Elle approuve le finance­ment par la Con­fé­dé­ra­ti­on sous forme d’un finance­ment limi­té dans le temps jusqu’à l’achèvement de la mise en place du DAC.

Selon la majo­ri­té des répon­ses, la digi­ta­li­sa­ti­on com­prend aussi l’interconnexion entre des pla­te­for­mes de don­nées libre­ment acces­si­bles et la sim­pli­fi­ca­ti­on de la coopé­ra­ti­on entre les acteurs du mar­ché qui va de pair.

Préserver une économie de marché non discriminatoire

Cer­tai­nes voix récla­ment un man­dat de trans­fert pour le trans­port de mar­chan­di­ses, d’autres insis­tent sur le libre choix des moy­ens de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur. Dans l’ensemble, les répond­ants sou­hai­tent un encou­ra­ge­ment non dis­cri­mi­na­toire qui s’étende à dif­fér­ents types de tra­fics et modes de trans­port. L’économie libre de mar­ché doit être pré­ser­vée. Des appro­ches inno­van­tes à l’échelon orga­ni­sa­ti­on­nel et des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du mar­ché ren­dront le TFM plus inté­res­sant pour les clients.

Empêcher les distorsions de la concurrence dans le TWCI

La majo­ri­té ne sou­ti­ent pas CFF Cargo, ent­re­pri­se mono­po­lis­tique dans le TWCI. Les per­son­nes inter­ro­gées pro­po­sent des adapt­a­ti­ons desti­nées à empê­cher les dis­tor­si­ons de la con­cur­rence, par exemp­le une sépa­ra­ti­on orga­ni­sa­ti­on­nel­le et finan­ciè­re entre le TWCI et le train com­plet ainsi que des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du marché.

Améliorer le bénéfice client

Un beso­in abor­dé par plu­s­ieurs per­son­nes inter­ro­gées est celui d’orienter sys­té­ma­ti­quement la con­cep­ti­on glo­ba­le vers l’amélioration du béné­fice cli­ent. Cela impli­que notam­ment des capa­ci­tés d’infrastructure suf­fi­san­tes et cor­rec­te­ment attri­buées ainsi qu’un sys­tème de mar­ché appro­prié qui favo­ri­se l’innovation et les off­res inté­res­san­tes. En ce qui con­cer­ne les prix des sil­lons, les per­son­nes inter­ro­gées sou­hai­tent une réduc­tion – par exemp­le à l’échelle de l’Europe.

Une sous-estimation de la nécessité d’agir

Les nombreu­ses répon­ses met­tent en évi­dence une chose: la néces­si­té d’agir dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est bien plus importan­te que ce que le Con­seil fédé­ral a mon­tré. Les deux vari­an­tes de solu­ti­on se limi­tent à don­ner le choix entre deux maux moind­res au lieu d’offrir une solu­ti­on glo­ba­le. Afin de mener un débat étayé par des faits, jus­tem­ent pour ce qui est des alter­na­ti­ves de finance­ment, les par­ties et orga­ni­sa­ti­ons répond­an­tes sou­hai­tent se voir com­mu­ni­quer des don­nées fac­tu­el­les clai­res con­cer­nant les finan­ces de CFF Cargo.

À une écra­san­te majo­ri­té, elles déplo­rent que l’on ne dis­po­se pas d’une vue d’ensemble cohé­ren­te au lieu de n’avoir que le TFM et la navi­ga­ti­on. Elles citent la RPLP et la pro­chai­ne révi­si­on de la loi fédé­ra­le rela­ti­ve à une rede­van­ce sur le tra­fic des poids lourds, la LRPL, ainsi que la loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té, la LIDMo.

 

 

L’exploitation du DETEC est publiée ici: https://www.fedlex.admin.ch/fr/eli/dl/proj/2022/69/cons_1

Prescriptions de circulation des trains: les simplifier et les harmoniser au niveau international

Prescriptions de circulation des trains: les simplifier et les harmoniser au niveau international

L’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) déve­lo­p­pe dans le cadre du cycle de modi­fi­ca­ti­on 2024 des Pre­scrip­ti­ons suis­ses de cir­cu­la­ti­on des trains (PCT 2024). Les modi­fi­ca­ti­ons sys­té­ma­ti­ques sont cru­cia­les. Voici une prise de posi­ti­on du point de vue du sec­teur des chargeurs.

 

L’enjeu:
  • Entrée en vigueur du déve­lo­p­pe­ment des Pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains ent­rera en vigueur à par­tir de 2024.
  • Une sim­pli­fi­ca­ti­on du sys­tème s’impose pour le per­son­nel des chem­ins de fer.
  • L’application sys­té­ma­tique des STI OPE aug­men­te enco­re l’interopérabilité.
  • Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit assu­mer la responsa­bi­li­té des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains.
  • La VAP sou­hai­te davan­ta­ge de marge de manœu­vre entre­pre­neu­ria­le pour les explo­itants de voies de raccordement.

 

Depuis plus de 20 ans, il y a en Suis­se des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains uni­for­mes appli­ca­bles à tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Ces pre­scrip­ti­ons sont essen­ti­el­les pour le ser­vice fer­ro­vi­ai­re, car elles défi­nis­sent des acti­vi­tés et des mesu­res de col­la­bo­ra­ti­on per­ti­nen­tes pour la sécu­ri­té et déter­mi­nent les tâches, les com­pé­ten­ces et les responsa­bi­li­tés de tou­tes les par­ties pren­an­tes du ser­vice fer­ro­vi­ai­re. L’OFT col­la­bo­re étroi­te­ment avec le sec­teur fer­ro­vi­ai­re pour déve­lo­p­per les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains et les actua­li­ser tous les quat­re ans. Ce cycle de modi­fi­ca­ti­ons fait sens, car il per­met de prend­re en comp­te tant les expé­ri­en­ces quo­ti­di­en­nes fai­tes au niveau de l’exploitation que les déve­lo­p­pe­ments tech­ni­ques du sec­teur fer­ro­vi­ai­re; mais il a aussi des effets second­ai­res néga­tifs: ainsi, les PCT ont pro­li­fé­ré au point de deve­nir une jungle de pre­scrip­ti­ons inex­tri­ca­ble, qui doit de toute urgence être éclair­cie et s’orienter vers des pre­scrip­ti­ons d’interopérabilité. Ce pro­ces­sus devra accor­der davan­ta­ge de marge de manœu­vre entre­pre­neu­ria­le aux ent­re­pri­ses respons­ables. La mise en vigueur du rema­nie­ment en cours est pré­vue pour le 1er juil­let 2024[1].

Cycle de modifications 2024 et sous-projets importants

À la VAP, nous nous féli­ci­tons des déve­lo­p­pe­ments sys­té­ma­ti­ques des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains pro­po­sées par l’OFT dans les pro­jets partiels con­cep­tuels (cf. Illus­tra­ti­on 1). Nous sug­gé­rons par ail­leurs de mett­re en œuvre rapi­de­ment les nou­veau­tés fondamentales.

  • Le pro­jet partiel 1 de l’OFT inti­tulé «STRUCTURE» a pour but de struc­tu­rer les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains de maniè­re sys­té­ma­tique pour les rend­re plus com­pré­hen­si­bles et plus uni­for­mes pour ceux qui les appli­quent. La mise en œuvre com­plè­te de cette sim­pli­fi­ca­ti­on néces­si­te­ra plu­s­ieurs séries de modi­fi­ca­ti­ons. Il est en géné­ral indi­qué de com­bi­ner une har­mo­ni­sa­ti­on struc­tu­rel­le avec des adapt­a­ti­ons techniques.
  • Dans les pro­jets partiels 2a, 2b et 2c inti­tulés «Appli­ca­ti­on», l’OFT vise à créer les con­di­ti­ons pour une uti­li­sa­ti­on numé­ri­que sys­té­ma­tique des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains. Chacu­ne de ces pre­scrip­ti­ons est rat­ta­chée à un champ d’application ou à une opti­on. Le texte déter­mi­ne désor­mais qui assu­me quel­le fon­c­tion. Dès que ce pro­jet partiel sera réa­li­sé, il sera pos­si­ble de fil­trer sans ambi­güi­té les pre­scrip­ti­ons selon les champs d’application et de les rat­ta­cher à des fon­c­tions. Il en résul­te­ra une amé­lio­ra­ti­on con­sidé­ra­ble de l’efficacité de la réd­ac­tion des pre­scrip­ti­ons, et ce pour tou­tes leurs appli­ca­ti­ons, car cela auto­ri­se les pos­si­bi­li­tés d’application numériques.
  • Dans le cadre du pro­jet partiel 3 inti­tulé «Inci­dence», il est deman­dé à l’OFT de trou­ver une stra­té­gie adap­tée aux uti­li­sa­teurs, pour garan­tir une trans­mis­si­on sûre de la responsa­bi­li­té aux ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re durant le ser­vice. Selon les STI OPE (cf. Enca­dré), les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res sont respons­ables des pre­scrip­ti­ons d’exploitation; cela doit aussi valoir à l’avenir pour la Suis­se. Le déve­lo­p­pe­ment des STI OPE en cours per­met­tra en outre d’élever par étapes les règles natio­na­les des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains existan­tes et de ne con­ser­ver que les pre­scrip­ti­ons natio­na­les abso­lu­ment néces­saires, enre­gis­trées auprès de l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA comme règles tech­ni­ques natio­na­les noti­fiées (RTNN)[2].
  • Le pro­jet partiel 4 inti­tulé «Con­tenu» con­ti­ent un cer­tain nombre d’adaptations du con­tenu, qui actua­li­sent les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains.
Règlementer la collaboration de toutes les parties prenantes

Le déve­lo­p­pe­ment des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains appelé à ent­rer en vigueur en 2024 pré­voit des chan­ge­ments pro­fonds. Nous som­mes con­vain­cus que le ser­vice fer­ro­vi­ai­re ne doit pas être en soi éva­lué comme com­ple­xe. Il a beso­in de règles clai­res pour la col­la­bo­ra­ti­on de tou­tes les par­ties pren­an­tes – jus­tem­ent parce que l’on assis­te dans le ser­vice fer­ro­vi­ai­re à une aug­men­ta­ti­on du par­ta­ge du tra­vail, de l’automation et de la spé­cia­li­sa­ti­on. C’est pour­quoi nous som­mes d’avis qu’il est néces­saire de prend­re en comp­te les aspects suivants:

Viser des simplifications

Il y a beso­in de pre­scrip­ti­ons uni­for­mes, com­pré­hen­si­bles et adap­tées à leurs desti­na­tai­res qui soi­ent appli­ca­bles à tou­tes les ent­re­pri­ses. Les col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs doi­vent avoir à leur dis­po­si­ti­on tou­tes les règles néces­saires à leur fon­c­tion et pou­voir sys­té­ma­ti­quement tra­vail­ler en étant débar­ras­sés de tout poids inutile.

Les pre­scrip­ti­ons d’exploitation dev­rai­ent être for­mulées sur la base des ris­ques, les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res doi­vent éla­bo­rer dans un cadre glo­bal défi­ni des solu­ti­ons simp­les et peu coû­teu­ses tail­lées sur mesu­re pour elles afin de pro­dui­re de maniè­re concurrentielle.

Tirer profit de la digitalisation

Grâce aux fil­tres rela­tifs à la fon­c­tion, la digi­ta­li­sa­ti­on per­met une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble de l’efficience dans l’application des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains. Les per­son­nes qui exer­cent une acti­vi­té liée à la sécu­ri­té doi­vent con­naît­re les pre­scrip­ti­ons per­ti­nen­tes pour leurs tâches, mais uni­quement celles-ci.

Garantir les libertés entrepreneuriales

À la VAP, nous visons pour les voies de rac­cor­de­ment des solu­ti­ons fais­ables, car il n’est à cet égard pas tou­jours pos­si­ble de respec­ter stric­te­ment les pre­scrip­ti­ons défi­nies pour le ser­vice fer­ro­vi­ai­re. Notam­ment pour les ent­re­pri­ses explo­itant des voies de rac­cor­de­ment, nous prô­nons une appro­che basée sur le ris­que afin de garan­tir plus de liber­té entre­pre­neu­ria­le. Pour orga­nis­er le dérou­le­ment de l’exploitation des voies de rac­cor­de­ment dans le respect de la sécu­ri­té et de maniè­re ren­ta­ble pour les socié­tés explo­itan­tes et pour le per­son­nel, il est néces­saire d’avoir des pre­scrip­ti­ons spécifiques.

Assurer l’interopérabilité

Des chem­ins de fer interopé­ra­bles cir­cu­lant sur dif­fé­ren­tes infra­struc­tures et dans plu­s­ieurs pays et en fran­chis­sant des fron­tiè­res ont d’autres exi­gen­ces que des chem­ins de fer régi­on­aux et des rac­cor­dés cir­cu­lant uni­quement à l’échelle loca­le. Comp­te tenu de la diver­si­té des con­di­ti­ons des gares et des voies de rac­cor­de­ment, les pre­scrip­ti­ons d’exploitation doi­vent être con­çues dans le cadre d’une struc­tu­re glo­ba­le uni­que, mais de maniè­re dif­fé­ren­ciée, com­pré­hen­si­ble et con­cen­trée sur l’essentiel en fon­c­tion du tra­fic et de l’infrastructure.

Dans le domaine des voies nor­ma­les, le déve­lo­p­pe­ment des STI OPE débou­ch­era sur une har­mo­ni­sa­ti­on crois­san­te des pre­scrip­ti­ons d’exploitation à l’échelle inter­na­tio­na­le. Le nombre de pre­scrip­ti­ons natio­na­les restan­tes devra être limi­té à un mini­mum afin d’améliorer l’applicabilité pra­tique. Tous les pays par­ti­ci­pan­ts sont appelés à abro­ger les pre­scrip­ti­ons natio­na­les qui ne sont plus néces­saires. L’application sys­té­ma­tique des STI OPE con­dui­ra sur le long terme à l’instauration de règles plus uni­for­mes pour le tra­fic trans­fron­ta­lier et au déman­tèle­ment pro­gres­sif des barrières.

Assumer des responsabilités

Les STI OPE attri­buent la responsa­bi­li­té des pre­scrip­ti­ons d’exploitation aux ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Par con­sé­quent, l’OFT doit céder au sec­teur fer­ro­vi­ai­re sa sou­ve­rai­ne­té en matiè­re de pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re suis­se doit assu­mer acti­ve­ment la responsa­bi­li­té de l’ensemble des pre­scrip­ti­ons d’exploitation et de leur déve­lo­p­pe­ment. La VAP se féli­ci­te que la responsa­bi­li­té des PCT soit trans­fé­rée au sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Cela doit être com­bi­né avec les étapes d’innovation à venir. À cet effet, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re devra trou­ver une solu­ti­on com­mu­ne à tou­tes les ent­re­pri­ses pré­voy­ant des pre­scrip­ti­ons d’exploitation uni­for­mes. De l’avis de la VAP, il serait utile de recour­ir à un modè­le de col­la­bo­ra­ti­on coopé­ra­tif dans lequel l’OFT serait char­gé d’assurer la coor­di­na­ti­on et déve­lo­p­pe­ment et adop­terait en coopé­ra­ti­on avec les experts tech­ni­ques du sec­teur fer­ro­vi­ai­re des pre­scrip­ti­ons d’exploitation sous forme d’une direc­ti­ve (telle que l’art. 3a OTM selon le pro­jet du Con­seil fédé­ral du 2 novembre 2022). Une fois publiées, ces direc­ti­ves pour­ront être uti­li­sées par chacu­ne des ent­re­pri­ses pour la réd­ac­tion de leurs pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains.

STI OPE 2019/773
Cette abré­via­ti­on dési­gne l’ordonnance d’exécution de l’Union euro­pé­en­ne con­cer­nant la spé­ci­fi­ca­ti­on tech­ni­que d’interopérabilité «Explo­ita­ti­on et ges­ti­on du tra­fic», ver­si­on de 2019. Selon ce texte, le rail doit recon­quérir des parts de mar­ché en étant à même de cir­cu­ler sans bar­riè­res y com­pris en fran­chis­sant des fron­tiè­res et con­tri­buer à la réduc­tion des émis­si­ons de CO2. À cet effet, il y a entre aut­res beso­in d’une har­mo­ni­sa­ti­on géné­ra­le des règle­ments d’exploitation à l’échelle euro­pé­en­ne. Aujourd’hui enco­re, on appli­que dif­fé­ren­tes direc­ti­ves natio­na­les selon les pays. En déve­lo­pp­ant les STI OPE, l’UE fait pro­gresser l’harmonisation. Elle déter­mi­ne dans ce texte les responsa­bi­li­tés pour les ent­re­pri­ses, sans tou­te­fois pré­voir des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains émi­ses par les auto­ri­tés, comme c’est actu­el­le­ment le cas en Suis­se. Cela reste la tâche des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Cel­les-ci doi­vent adap­ter les pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains aux pre­scrip­ti­ons des STI OPE dans le sens de l’interopérabilité. De fait, au sein du Comi­té mixte (accord CH-UE sur les trans­ports ter­res­tres), la Suis­se s’est enga­gée à appli­quer les STI OPE.
 
Un calendrier bien audacieux

Pour le déve­lo­p­pe­ment des pre­scrip­ti­ons de cir­cu­la­ti­on des trains, l’OFT a publié le cal­en­drier suivant:

Étape de mise en œuvre Date butoir
Publi­ca­ti­on des PCT 2024 Fin novembre 2023
Mise en vigueur des PCT 2024 1er juil­let 2024
Cycle inter­mé­di­ai­re PCT 2025
(pro­jets partiels tram et STI OPE)
Fin 2025
Pro­chain cycle régulier Fin du 1er semes­t­re 2028

 

[1] https://www.bav.admin.ch/bav/fr/home/publications/consultations/consultations-terminees/devloppement-des-pct-a2024.html

[2] https://www.bav.admin.ch/bav/fr/home/droit/bases-legales-prescriptions/rtnn.html

À l’ordre du jour de la session de printemps 2023

À l’ordre du jour de la session de printemps 2023

L’ordre du jour de la ses­si­on de prin­temps, qui a eu lieu du 27 février au 17 mars 2023, con­te­nait plu­s­ieurs points per­tin­ents pour notre sec­teur. En voici une brève vue d’ensemble assor­tie d’un avis critique.

L’enjeu:
  • Davan­ta­ge de moy­ens finan­ciers pour la chaus­sée rou­lan­te (RoLa)
  • Achè­ve­ment de la «Croix fédé­ra­le de la mobilité»
  • Déve­lo­p­pe­ment du fonds d’infrastructure ferroviaire
 
Trafic combiné accompagné (chaussée roulante, RoLa)

Le 8 mars 2023, le Con­seil natio­nal a trai­té le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral du 30 sep­tembre 2022 sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses et sur un arrêté fédé­ral all­ouant un pla­fond de dépen­ses pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses accom­pa­gné à tra­vers les Alpes (objet du Con­seil fédé­ral 22.064). Notre avis: il man­que un sub­ven­ti­on­ne­ment des tra­fics indé­pen­dam­ment de la tech­no­lo­gie employée, notam­ment dans cer­tai­nes régions pos­sé­dant un potentiel de volu­me. Le con­trô­le qua­li­té doit aussi être éten­du aux tra­fics con­ven­ti­on­nels. Le pro­lon­ge­ment de la RoLa jusqu’en 2026 selon la pro­po­si­ti­on du CF fait l’unanimité et est effi­cace. Nous auri­ons con­sidé­ré la pro­lon­ga­ti­on de la RoLa jus­qu’en 2026 selon la pro­po­si­ti­on du CF, comme incon­tes­tée et effi­cace. Lors de la ses­si­on de prin­temps, le Con­seil natio­nal s’est pro­non­cé en faveur de la pour­suite de la RoLa jus­qu’en 2028. La Chambre haute a approu­vé à cet effet 106 mil­li­ons de francs pour les années 2024 à 2028. Le pro­jet passe main­ten­ant au Con­seil des Etats.

«Croix fédérale de la mobilité»

Le 9 mars 2023, le Con­seil des Etats s’est pen­ché en deu­xiè­me ins­tance sur la moti­on 22.4258 inti­tulée «Per­spec­ti­ve Rail 2050. Con­cen­tra­ti­on éga­le­ment sur la réa­li­sa­ti­on et l’achèvement de la ‹Croix fédé­ra­le de la mobi­li­té›». Du point de vue du trans­port de mar­chan­di­ses, cette moti­on n’est pas équi­ta­ble et ne mène­ra pas au but, car une uti­li­sa­ti­on mixte mélan­geant le tra­fic de voy­a­ge­urs dans des trains à haute vites­se et des tra­fics de mar­chan­di­ses ne fon­c­tion­ne pas en rai­son des trop gran­des dis­pa­ri­tés de vites­se sur l’infrastructure suis­se. Il ris­que d’en résul­ter une dégra­da­ti­on de la qua­li­té dans le trans­port de mar­chan­di­ses, ce qui va fon­da­men­ta­le­ment à l’encontre des objec­tifs de la Suis­se en matiè­re d’environnement, d’énergie et d’approvisionnement. La VAP sou­ti­ent en revan­che fon­da­men­ta­le­ment Rail 2050. Le Con­seil des Etats a adop­té la moti­on. La prio­ri­té accor­dée au réseau longue distance a donné lieu à des dis­cus­sions ; le tra­fic à cour­te et moy­enne distance dev­rait éga­le­ment être pris en comp­te en con­sé­quence. Le minist­re des trans­ports Albert Rösti a con­sta­té que les diver­gen­ces entre le Par­le­ment et le Con­seil fédé­ral n’é­tai­ent pas importan­tes et a pro­mis que le Con­seil fédé­ral pré­s­en­ter­ait le mes­sa­ge sur la stra­té­gie “Per­spec­ti­ve Rail 2050” à la fin de l’été et qu’il tien­drait comp­te de la deman­de de la motion.

Fonds d’infrastructure ferroviaire

Le con­seil­ler aux États Mat­thi­as Michel a dépo­sé l’interpellation 22.4367 «Déve­lo­p­pe­ment du fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re», qui a été trai­té au Con­seil des États le 9 mars 2023. Nous som­mes d’avis que le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est sain, et nous ne voy­ons pour l’instant pas de néces­si­té d’agir pour la VAP. Les liqui­di­tés du fonds sont un aspect moins cri­tique que celui de savoir si les pro­jets sont suf­fi­sam­ment mûrs pour être mis en œuvre ou que la con­s­truc­tion ou l’entretien en cours d’exploitation. Le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti con­fir­me lui aussi que, selon les pré­vi­si­ons actu­el­les, le fonds pour­ra finan­cer jus­qu’à fin 2030 l’ex­plo­ita­ti­on, le main­ti­en de la sub­s­tance ainsi que les amé­nage­ments décidés.

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Par la moti­on 22.3008, le Par­le­ment se pro­po­se de modi­fier la loi sur les Chem­ins de fer fédé­raux (LCFF) et d’accorder aux CFF une aide finan­ciè­re de 1,2 mil­li­ard de francs desti­née à com­pen­ser les per­tes de recet­tes enre­gis­trées dans le tra­fic longue distance du fait de la pan­dé­mie et de sou­la­ger finan­ciè­re­ment ce type de tra­fic en dimi­nu­ant le prix du sil­lon de 1,7 mil­li­ard de francs dans le tra­fic longue distance. Voici une pre­miè­re réfle­xi­on cri­tique sur la question. 

L’enjeu:
  • La VAP refu­se le ver­se­ment d’un total de 3 mil­li­ards de francs de capi­taux aux CFF: ce dont il y a beso­in est la responsa­bi­li­té entrepreneuriale
  • Le main­ti­en du mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance pose pro­blè­me en matiè­re de poli­tique euro­pé­en­ne: il y a beso­in d’une stra­té­gie règle­men­tée de migra­ti­on vers l’ouverture du marché
  • La modi­fi­ca­ti­on de la loi dev­rait exi­ger davan­ta­ge de responsa­bi­li­té entre­pre­neu­ria­le et pré­voir un moni­to­rage des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance
  • La RPLP ne doit pas être détour­née pour la con­sti­tu­ti­on de réser­ves au sein du FIF. 

 

La moti­on 22.3008 inti­tulée «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19» exige un pro­jet de loi con­sidé­rant les défi­ci­ts des CFF cau­sés par la pan­dé­mie de Covid-19 comme excep­ti­on­nels et accordant aux CFF des aides finan­ciè­res en con­sé­quence, cen­sées per­mett­re d’assurer l’exécution des inves­tis­se­ments selon la pla­ni­fi­ca­ti­on et con­for­mé­ment aux décis­i­ons de l’Assemblée fédérale.

Situation initiale

Les amé­nage­ments de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re déci­dés au niveau poli­tique débou­ch­ent sur une exten­si­on de l’offre. Celle-ci impli­que des inves­tis­se­ments dans le maté­ri­el rou­lant. L’extension de l’offre pré­sen­te – au moins durant la phase de départ – des défi­ci­ts en matiè­re de tra­fic longue distance et régio­nal; ces der­niers sont en effet finan­cés par la Con­fé­dé­ra­ti­on et les can­tons via des arrêtés de cré­dit cor­re­spond­ant pour le tra­fic régio­nal de voy­a­ge­urs (TRV).

Pen­dant la pan­dé­mie, le tra­fic longue distance a essuyé de lourds défi­ci­ts, qui con­trai­re­ment au TRV, n’ont pas béné­fi­cié de com­pen­sa­ti­ons finan­ciè­res. Le Con­seil fédé­ral s’est au con­trai­re rangé au point de vue selon lequel la prise en char­ge des réper­cus­sions de la pan­dé­mie fai­sait par­tie du domaine des ris­ques entre­pre­neu­riaux du tra­fic longue distance rentable.

Les inves­tis­se­ments des CFF dans des immeubles de rap­port situés à pro­xi­mi­té des gares exi­gent des fonds con­sé­quents, mais amé­lio­rent glo­ba­le­ment l’attractivité de l’offre des chem­ins de fer en matiè­re de tra­fic de voy­a­ge­urs. On occul­te dans ce con­tex­te le fait que dans les sites des cen­tres d’agglomération, le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses souf­fre; là où se con­strui­sent des immeubles de rap­port, des sites logis­ti­ques dis­pa­rais­sent (cent­re judi­ciai­re de Zurich, Euro­pa-Allee à Zurich, etc.). CFF Immo­bi­lier a pro­fi­té d’un bilan d’ouverture géné­reux et géné­ré des béné­fices con­sé­quents uti­li­sés pour sa Caisse de pen­si­on (CP CFF), qui s’illustre régu­liè­re­ment dans la pres­se en affich­ant les taux de con­ver­si­on les plus élevés.

Proposition du Conseil fédéral

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se un apport uni­que en capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs (per­tes des années 2020 à 2022 dans le domaine du tra­fic longue distance). Les CFF ne sont donc obli­gés de four­nir une con­tri­bu­ti­on ni sur le plan entre­pre­neu­ri­al ni dans le TRV.

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se en outre de renon­cer aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re des années 2023 à 2029, d’un mon­tant de 1,7 mil­li­ard de francs, afin de por­ter la ren­ta­bi­li­té du tra­fic longue distance à un niveau cor­rect (4 à 8 % de marge béné­fi­ci­ai­re). Ces con­tri­bu­ti­ons doi­vent être com­pen­sées comme des per­tes de recet­tes au niveau de l’infrastructure par le ver­se­ment de con­tri­bu­ti­ons d’exploitation sup­p­lé­men­tai­res à CFF Infra­struc­tu­re pré­le­vées sur le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Selon le Con­seil fédé­ral, les liqui­di­tés du FIF sont suf­fi­san­tes pour le permettre.

Par ail­leurs, il est ques­ti­on de cor­ri­ger les instru­ments de finance­ment. Les prêts de tré­sore­rie, qui ont jusqu’ici été accor­dés hors du cadre du frein à l’endettement et ont con­duit à l’endettement des CFF, doi­vent à l’avenir être rem­pla­cés par des prêts inté­g­rés au bud­get fédé­ral. Ainsi, ce sera désor­mais le Par­le­ment qui sta­tuera sur les cré­dits, et en même temps, le frein à l’endettement sera appli­qué. Le chan­ge­ment sera mis en œuvre à par­tir d’un taux d’endettement à défi­nir, esti­mé pour la fin 2023 à 11,7 mil­li­ards de francs. Les étapes d’aménagement débouch­ant sur des élar­gis­se­ments non ren­ta­bles de l’offre seront alors sou­mi­ses au frein à l’endettement. Une fois versé l’apport de capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs, la Con­fé­dé­ra­ti­on con­tin­uera à accor­der des prêts de tré­sore­rie jusqu’à ce que le seuil de 11,7 mil­li­ards de francs soit à nou­veau dépassé.

La Con­fé­dé­ra­ti­on garan­ti­ra en outre les liqui­di­tés du FIF. À cet effet, le Con­seil fédé­ral pro­po­se le ver­se­ment sys­té­ma­tique de deux tiers de la RPLP dans le FIF. La part fédé­ra­le de la RPLP ne sera uti­li­sée pour com­pen­ser les coûts non cou­verts du tra­fic rou­tier que lorsqu’aura été con­sti­tuée une réser­ve comp­ta­bi­li­sée d’au moins 300 mil­li­ons de francs.

Notre avis:

Nous refu­sons un apport de capi­taux, car les CFF ne sont ainsi obli­gés de four­nir aucu­ne con­tri­bu­ti­on pro­pre pour com­pen­ser les réper­cus­sions de la pan­dé­mie dans le tra­fic longue distance auto­fi­nan­cé et mono­po­li­sé. Il fau­drait au moins assor­tir l’apport de capi­taux d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le tra­fic longue distance.

Il est néces­saire de pro­cé­der à une cor­rec­tion des instru­ments de finance­ment. Étant donné que l’entreprise publi­que dis­po­se de facto d’une garan­tie de la part de l’État, les prêts de tré­sore­rie ne doi­vent plus être pos­si­bles à l’avenir. Au con­trai­re, le Par­le­ment devra sta­tuer sur les cré­dits en pren­ant en comp­te le frein à l’endettement et en gar­dant à l’esprit cette garan­tie de l’État. Nous reje­tons donc les réser­ves portant sur la limi­te d’endettement de 11,7 mil­li­ards de francs avec l’option d’autres prêts de tré­sore­rie, à moins que le pla­fon­ne­ment ne soit à nou­veau sen­si­blem­ent réduit.

Comp­te tenu des réser­ves, qui sont suf­fi­san­tes, la garan­tie des liqui­di­tés du FIF est super­flue. En renon­çant aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re, la Con­fé­dé­ra­ti­on réduit la pres­si­on entre­pre­neu­ria­le exer­cée sur les CFF. En même temps, elle main­ti­ent le mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance. Du point de vue de la poli­tique euro­pé­en­ne, cela est haute­ment pro­blé­ma­tique, car l’UE libé­ra­li­se le tra­fic longue distance et attend de la Suis­se qu’elle emboî­te le pas sur cette étape de la libé­ra­li­sa­ti­on. Nous deman­dons donc de la part du Con­seil fédé­ral une stra­té­gie de migra­ti­on vers l’ouverture du mar­ché en Suis­se dou­blée d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance.

Nous reje­tons éga­le­ment tout détour­ne­ment de la RPLP afin de garan­tir les réser­ves du FIF. La RPLP est cen­sée com­pen­ser les coûts envi­ron­ne­men­taux du tra­fic rou­tier et con­tri­buer à un choix plus éco­lo­gi­que du mode de trans­port. La RPLP est une taxe d’incitation et ne doit pas être pré­le­vée pour l’aménagement et la main­ten­an­ce de l’infrastructure, qui pro­fi­tent pour l’essentiel au tra­fic de voy­a­ge­urs. La RPLP dev­rait au con­trai­re être obli­ga­toire­ment affec­tée au fret fer­ro­vi­ai­re et aux mesu­res d’un déve­lo­p­pe­ment du tra­fic rou­tier respec­tueux du cli­mat.

Les alter­na­ti­ves tel­les que les modi­fi­ca­ti­ons de l’offre, l’abandon d’investissements ou les ven­tes d’actifs sont cer­tes évo­quées dans les docu­ments de la con­sul­ta­ti­on, mais reje­tées. Nous ne nous ran­ge­ons pas à cet avis. Les actifs non néces­saires à l’exploitation tels que Gate­way Basel Nord et les aut­res socié­tés de trans­bor­de­ment du tra­fic com­bi­né, qui en vertu de l’art. 8 LTM doi­vent être dis­po­nibles sans dis­cri­mi­na­ti­on, pour­rai­ent être ven­dus. D’autres ven­tes serai­ent éga­le­ment pos­si­bles dans le reste du porte­feuille immo­bi­lier des CFF sans ent­raî­ner de rest­ric­tions d’exploitation. Des réduc­tions de l’offre aux heu­res creu­ses con­tri­buer­ai­ent en outre à détendre la situa­ti­on des chan­tiers durant la nuit.

 

Innovation dans le fret ferroviaire: la DAC ouvre la voie

Innovation dans le fret ferroviaire: la DAC ouvre la voie

La migra­ti­on vers la DAC réus­si­ra en avan­çant à la même cadence que l’Europe et avec un finance­ment con­sé­quent à fonds perdu. Unis­sant nos forces avec l’OFT, l’UTP, les ent­re­pri­ses par­ten­aires et en con­cer­ta­ti­on avec les insti­tu­ti­ons euro­pé­en­nes, nous, à la VAP, éla­bo­rons le pro­jet de digi­ta­li­sa­ti­on et d’automatisation du fret trans­port fer­ro­vi­ai­re suis­se. Nous vous pré­sen­tons dans cet artic­le de notre blog une vue d’ensemble actuelle.

L’enjeu:
  • Pour­quoi la migra­ti­on vers le DAC est tel­lement importan­te pour le fret fer­ro­vi­ai­re suisse?
  • À quoi doit res­sem­bler un finance­ment réa­lis­te et équitable?
  • Com­ment peut réus­sir une migra­ti­on flui­de et trans­na­tio­na­le vers le DAC?

 

En Suis­se, le débat poli­tique sur l’avenir de fret fer­ro­vi­ai­re a été lancé. La Con­fé­dé­ra­ti­on mène une con­sul­ta­ti­on qui durera jusqu’à la mi-février 2023 sur la ques­ti­on sui­van­te: com­bien de trans­port de mar­chan­di­ses vou­lons-nous voir dans l’avenir sur le rail? Un élé­ment essentiel de cette réfle­xi­on est la vaste moder­ni­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re au moyen d’un attelage moder­ne, le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC): ceci per­met­tra une moder­ni­sa­ti­on com­plè­te des pro­ces­sus de tra­vail du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, inten­sifs en ter­mes de main‑d’œuvre et de temps. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation, le fret fer­ro­vi­ai­re devi­en­dra ensuite plus effi­ci­ent, plus per­for­mant et par con­sé­quent plus com­pé­ti­tif, et il jouera à l’avenir un rôle pri­mor­di­al dans la logis­tique mul­ti­mo­da­le. L’innovation du fret fer­ro­vi­ai­re est une ques­ti­on euro­pé­en­ne, car la Suis­se fait par­tie du réseau fer­ro­vi­ai­re interopé­ra­ble euro­pé­en. Les trans­ports, y com­pris trans­fron­ta­liers, doi­vent con­tin­uer à se faire sans obs­ta­cle. C’est pour­quoi les ent­re­pri­ses suis­ses s’impliquent acti­ve­ment dans le pro­gram­me d’innovation de l’UE, Europe’s Rail.

Nous sou­hai­tons ici vous resti­tuer l’état pro­vi­so­i­re de nos travaux et défis actuels.

Généralités

La VAP œuvre pour une con­cer­ta­ti­on très étroi­te avec le pro­jet euro­pé­en «Euro­pean DAC Deli­very Pro­gram (EDDP)» d’Europe’s Rail. Pour­quoi?

  • Le trans­port euro­pé­en de mar­chan­di­ses a de toute urgence beso­in d’une inno­va­ti­on com­plè­te afin de pou­voir s’imposer dans l’avenir dans le sec­teur âpre­ment dis­pu­té des trans­ports et de faire par­tie d’une chaî­ne de liv­rai­son moder­ne – or le DAC con­sti­tue un pro­jet clé pour cet objectif.
  • La plu­part des flot­tes de wagons étant uti­li­sées ou louées à l’international, la migra­ti­on doit par con­sé­quent être aussi coor­don­née par-delà les frontières.
  • Les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques défi­nies au niveau de l’UE sont appli­ca­bles à tous les pays, et elles doi­vent éga­le­ment l’être pour la Suisse.
  • Une poli­tique com­mu­ne d’achat des nou­veaux attel­ages aide­ra à bais­ser le prix unitaire et per­met­tra d’appuyer des exi­gen­ces uniformes.
  • Les défis – à de rares excep­ti­ons près – sont iden­ti­ques dans de nombreux pays. En ce qui con­cer­ne le cré­neau tem­po­rel de la migra­ti­on, on note en revan­che de gran­des différences.
  • La coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le sup­po­se une opti­mi­sa­ti­on de l’utilisation des res­sour­ces limi­tées et des experts.

En Suis­se, nous nous con­cen­trons actu­el­le­ment sur des travaux pré­pa­ra­toires importants pour la con­cré­ti­sa­ti­on de la migra­ti­on glo­ba­le et sur le con­tenu du mes­sa­ge qui ser­vi­ra de base à la mise en œuvre de la migration.

Financement

L’UTP, la VAP et les CFF, repré­sen­tants majeurs de la bran­che fer­ro­vi­ai­re, s’accordent pour souli­gner qu’un inves­tis­se­ment d’une telle ampleur dans la migra­ti­on vers le DAC doit être sou­tenu par des outils et méca­nis­mes de finance­ment correspondants.

Il y a unani­mi­té pour dire qu’il est néces­saire d’avoir de la part de Con­fé­dé­ra­ti­on une par­ti­ci­pa­ti­on lar­ge­ment à fonds perdu, que vien­dront com­plé­ter des cré­dits sans inté­rêts. En outre, la VAP en par­ti­cu­lier a insis­té à plu­s­ieurs repri­ses sur la néces­si­té de trou­ver un équi­lib­re sain entre les coûts et les avan­ta­ges. Cette deman­de a fina­le­ment été inté­g­rée dans les accords sur le DAC con­clus avec l’OFT. Les inves­tis­se­ments liés à la migra­ti­on vers le DAC sont prin­ci­pa­le­ment assu­més par les déten­teurs des véhi­cu­les, alors que les avan­ta­ges ne se mani­feste­ront que beau­coup plus tard, une fois le déploie­ment inté­gra­le­ment ache­vé. Il con­vi­ent donc d’une part de règle­men­ter la phase la plus longue allant du pré­fi­nance­ment à la mani­fes­ta­ti­on des avan­ta­ges. Mais d’autre part, les avan­ta­ges sont sur­tout très net­te­ment per­cep­ti­bles bien avant pour les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) ainsi que pour les explo­itants d’infrastructures (EI). Ces ent­re­pri­ses pro­fi­te­r­ont de l’amélioration de l’efficience des pro­ces­sus, alors que pour les déten­teurs de véhi­cu­les, il n’en résul­te­ra que des avan­ta­ges limi­tés. L’investissement doit donc être sup­porté con­join­te­ment en fon­c­tion des avan­ta­ges potentiels des acteurs. Comp­te tenu des con­di­ti­ons régnant sur le mar­ché, il ne sera pos­si­ble que dans une mesu­re limi­tée de géné­rer ce pro­ces­sus au moyen d’une aug­men­ta­ti­on des recet­tes loca­ti­ves. Le finance­ment poste sur un cré­neau tem­po­rel d’au moins 15 ans. Nous avons donc sug­gé­ré donc de fixer dans le pro­jet de loi des méca­nis­mes adap­tés per­met­tant un finance­ment com­mun cal­culé sur la base des ana­ly­ses coûts-avan­ta­ges en fon­c­tion des avan­ta­ges qui se mani­fes­tent effec­ti­ve­ment et qui soit con­traignant et équi­ta­ble pour tou­tes les par­ties prenantes.

À cet effet, la VAP four­ni­ra – avec l’association faî­tiè­re, l’UIP – des don­nées et des infor­ma­ti­ons sur les pla­ni­fi­ca­ti­ons rela­ti­ves aux inves­tis­se­ments et aux coûts et avan­ta­ges, et elle par­ti­ci­pe­ra acti­ve­ment au processus.

Les moda­li­tés con­crè­tes de finance­ment au sein de l’UE ne sont pour l’instant pas enco­re défi­nies, et il fau­dra notam­ment enco­re trou­ver des solu­ti­ons pour ce qui est des par­ti­ci­pa­ti­ons de l’UE et des États membres.

Ingénierie

Pour que la réa­li­sa­ti­on de la migra­ti­on vers le DAC réus­sis­se et soit effi­cace, il y a beso­in d’une ingé­nie­rie com­pé­ten­te qui déter­mi­ne les mesu­res de réé­qui­pe­ment en fon­c­tion des spé­ci­fi­ci­tés des flot­tes, four­nis­se les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques pour les com­man­des et les travaux de réé­qui­pe­ment, et enfin défi­nis­se les jus­ti­fi­ca­tifs à pro­dui­re pour l’assurance qua­li­té. Les bases néces­saires seront éla­bo­rées con­join­te­ment au cours des pro­chains mois dans le cadre du pro­gram­me euro­pé­en EDDP, et c’est sur elles que devront être éla­bo­rées les con­di­ti­ons pré­al­ables à la migra­ti­on natio­na­le vers le DAC.

Migration

Chaque pays doit effec­tuer d’importants travaux pré­pa­ra­toires pour que les infor­ma­ti­ons et les bases soi­ent dis­po­nibles au moment X de la mise en œuvre effec­ti­ve. En con­sé­quence, nous tra­vail­lons dans le cadre du pro­jet entre aut­res sur les ques­ti­ons suivantes :

Déter­mi­na­ti­on des capa­ci­tés des ateliers

  • Ate­liers «pop-up» nécessaires
  • Res­sour­ces nécessaires

Pla­ni­fi­ca­ti­on du réé­qui­pe­ment spé­ci­fi­que aux détenteurs

  • Type de véhi­cu­les et tail­les des flottes
  • Élé­ments cri­ti­ques et solu­ti­ons pos­si­bles en coopé­ra­ti­on avec l’EDDP
  • Cal­en­drier sou­hai­té par les détenteurs

Pool de don­nées et d’informations

  • Actua­li­sa­ti­on du regist­re des véhi­cu­les comme base de financement
  • Four­ni­tu­re en temps utile d’informations aux dif­fér­ents acteurs et grou­pes de par­ties prenantes

Pool de matériel

  • Achat des com­po­sants pour la migra­ti­on vers le DAC
  • Pla­ni­fi­ca­ti­on des quan­ti­tés de maté­ri­el et des dates de livraison
  • Coor­di­na­ti­on des flux de maté­ri­el vers les ate­liers de rééquipement
  • Garan­tie de l’assistance tech­ni­que dans l’exploitation (maté­ri­el de réparation)

Nous voy­ons à pré­sent l’attention se con­cen­trer sur les loco­mo­ti­ves devant être réé­qui­pées, car dans le TWC, cel­les-ci cir­cu­lent en pre­mier lieu sur le ter­ri­toire natio­nal et devront impé­ra­ti­ve­ment être équi­pées dès que l’on com­men­cera à faire cir­cu­ler des trains dotés de DAC.

En Suis­se, on pla­ni­fie­ra – comme CFF Cargo le pra­tique déjà – aussi tôt que pos­si­ble des «tra­fics pilo­tes» afin d’intégrer au niveau de l’UE les con­clu­si­ons et résul­tats qui en res­sor­ti­ront et de faire avan­cer le pro­jet dans son ensemble.

Organisation

La VAP a d’une part aug­men­té ses res­sour­ces au sein de son secré­ta­ri­at géné­ral, et d’autre part, elle est repré­sen­tée avec ses mem­bres dans plu­s­ieurs assem­blées et grou­pes de tra­vail nati­on­aux et internationaux.

Pour l’avenir et afin de mett­re en œuvre le pro­jet de maniè­re effi­ci­en­te, nous voy­ons plu­s­ieurs défis en ce qui con­cer­ne la struc­tu­re de l’organisation glo­ba­le et le choix des per­son­nes qui y siè­ge­ront – que ce soit dans le con­tex­te inter­na­tio­nal (à quel end­roit tel ou tel aspect sera-t-il coor­don­né ou éga­le­ment sur­veil­lé) de même que dans l’organisation suprasec­to­ri­el­le de la migra­ti­on suis­se vers le DAC.

Saviez-vous que..
  • ..sans le DAC, aucun train de mar­chan­di­ses – TWC, wagons com­plets ou chaus­sée rou­lan­te – ne pour­ra dans l’avenir cir­cu­ler sur des lignes entiè­re­ment équi­pées du sys­tème ETCS niveau 3 (Euro­pean Train Con­trol Sys­tem), car les con­di­ti­ons tech­ni­ques, notam­ment l’intégrité des trains, ne serai­ent pas rem­pli­es. La mise à niveau de l’infrastructure au niveau ETCS 3 se fera prin­ci­pa­le­ment sur les lignes prin­ci­pa­les très fré­quen­tées et per­met­tra d’augmenter les capa­ci­tés grâce au bloc dyna­mi­que. Sur les tron­çons de lignes exploi­tés de cette maniè­re, on ne pour­ra con­tin­uer à faire cir­cu­ler des trains sans inté­gri­té qu’au prix d’efforts considérables.
  • ..le DAC sera un élé­ment important pour les éch­an­ges numé­ri­ques de don­nées et une logis­tique dura­ble au ser­vice du cli­ent et du cli­mat n’est réa­li­sable qu’avec la par­ti­ci­pa­ti­on de tous les acteurs. C’est la rai­son pour laquel­le la VAP s’implique avec déter­mi­na­ti­on en faveur de la réa­li­sa­ti­on d’une pla­te­for­me de don­nées sur la base de la LIDMo. Avec le DAC, nous obti­en­drons une amé­lio­ra­ti­on de l’efficience de l’ensemble chaî­ne d’approvisionnement.
  • ..le DAC per­met de réa­li­ser le TWC tra­di­ti­onnel de maniè­re plus effi­ci­en­te et con­tri­buera à ce que celui-ci soit auto­fi­nan­cé au plus tard à la fin de la migration.

 

Si vous sou­hai­tez en savoir davan­ta­ge sur le pro­gram­me DAC, cli­quez sur https://rail-research.europa.eu/european-dac-delivery-programme/.

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Nous pre­nons posi­ti­on sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Nous sou­met­tons les pro­po­si­ti­ons à une éva­lua­ti­on cri­tique du point de vue des cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re et démon­trons qu’il est néces­saire que le tra­fic con­ven­ti­on­nel accè­de à une auto­no­mie juridique.

Un oui à variante 1 assorti de réserves

Dans la vari­an­te 1, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de digi­ta­li­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Il posi­ti­onne ainsi le mode de trans­port «rail» en tant qu’élément de la logis­tique mul­ti­mo­da­le, pré­voy­ant des mesu­res d’accompagnement dans le domaine de l’aménagement du ter­ri­toire, des aides à l’investissement et des inci­ta­ti­ons pour le trans­bor­de­ment et le char­ge­ment de natu­re à atté­nuer les coûts sup­p­lé­men­tai­res de la rup­tu­re de char­ge entre le rail et les aut­res modes de trans­port. Le Con­seil fédé­ral a l’intention d’indemniser les coûts du tra­fic con­ven­ti­on­nel non cou­verts jusqu’à la mise en œuvre de l’automatisation. Sur le fond, nous nous féli­ci­tons de l’orientation de la vari­an­te 1, mais nous avons des réser­ves et con­sta­tons un beso­in de modi­fi­ca­ti­on essentiel.

Rendre autonome du premier et du dernier kilomètre subventionné

Nous vou­lons et devons rend­re le tra­fic con­ven­ti­on­nel plus apte à affron­ter l’avenir. Pour ce faire, il faut repen­ser l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­me de mar­ché et inter­faces au sein de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le. L’objectif doit être un sys­tème finan­ciè­re­ment auto­no­me qui ne dis­cri­mi­ne aucu­ne ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re et qui soit à la dis­po­si­ti­on des char­geurs de maniè­re fia­ble[1]. En atten­dant la mise en œuvre de ce nou­veau con­cept, nous don­nons notre accord au ver­se­ment d’aides finan­ciè­res au tra­fic de réseau de CFF Cargo. Ces aides finan­ciè­res sont basées sur des inci­ta­ti­ons liées aux résul­tats, neu­tres en ter­mes de con­cur­rence et non dis­cri­mi­na­toires ainsi que sur l’accession à l’autonomie juri­di­que du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re au sein d’une socié­té auto­no­me des CFF. Ce n’est qu’ainsi que l’on pour­ra con­tin­uer à garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se et la via­bi­li­té du rail dans l’avenir.

Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

En trans­fé­rant à CFF Cargo la responsa­bi­li­té du tra­fic con­ven­ti­on­nel, le Con­seil fédé­ral crée un mono­po­le sur quel­que 70 % du volu­me du fret. En effet, CFF Cargo est aussi le prin­ci­pal four­nis­seur de tra­fic par trains entiers et de tra­fic com­bi­né. La com­bi­nai­son de ces inté­rêts ris­que de se tra­dui­re d’une part par la dis­cri­mi­na­ti­on des cli­ents du tra­fic con­ven­ti­on­nel et du tra­fic par trains entiers, mais d’autre part éga­le­ment par des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence vis-à-vis d’autres four­nis­seurs de tra­fic par trains entiers et du tra­fic com­bi­né – et ce indé­pen­dam­ment du ver­se­ment d’indemnités au tra­fic con­ven­ti­on­nel. Celui-ci est con­sti­tué par la des­ser­te sur tout le ter­ri­toire des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment et doit donc accé­der à l’autonomie juri­di­que. Étant donné que les pre­sta­ti­ons et res­sour­ces cor­re­spond­an­tes sont d’ores et déjà regrou­pées au sein d’une unité d’organisation auto­no­me, la trans­for­ma­ti­on exi­ge­rait des efforts limi­tés. Le Con­seil fédé­ral dev­rait tou­te­fois pré­cis­er l’art. 9a al. 7 de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM).

Surveiller de manière systématique le nouvel opérateur de système

Dans la phase limi­tée dans le temps des indem­ni­tés publi­ques, mais aussi ulté­ri­eu­re­ment, l’opérateur de sys­tème devra faire l’objet d’un moni­to­rage sys­té­ma­tique dans le domaine des pre­sta­ti­ons, de la qua­li­té, de la pro­duc­ti­vi­té et des coûts. Ce faisant, il con­vi­en­dra de veil­ler à une sup­pres­si­on rapi­de de l’aide finan­ciè­re et à une moder­ni­sa­ti­on du modè­le com­mer­cial de CFF Cargo, qui pré­vi­en­dront les dis­cri­mi­na­ti­ons et assur­e­ront dura­blem­ent un tra­fic con­ven­ti­on­nel flui­de sur l’ensemble du ter­ri­toire. Ce der­nier aspect sera notam­ment garan­ti par un moni­to­rage ciblé du déve­lo­p­pe­ment des quan­ti­tés et de la struc­tu­re de la cli­entèle. Ce moni­to­rage néces­si­te l’ajout d’un com­plé­ment à l’art. 9a LTM.

Vous trou­verez des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et des avis sup­p­lé­men­tai­res dans notre répon­se à la con­sul­ta­ti­on «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se».


[1] Cf. vidéo «Le fret fer­ro­vi­ai­re du futur»: www.cargorail.ch/#video

«Un excellent négociateur neutre»

«Un excellent négociateur neutre»

Le grou­pe Vetro­pack est un fabri­cant suis­se d’emballages en verre, coté en bour­se et diri­gé par une famil­le. La VAP a mené pour Vetro­pack les négo­cia­ti­ons du nou­veau cont­rat de rac­cor­de­ment et la réno­va­ti­on des voies de rac­cor­de­ment. Nous par­lons de cette col­la­bo­ra­ti­on et de l’a­ve­nir du fret fer­ro­vi­ai­re avec Phil­ip­pe Clerc, direc­teur du site Vetro­pack de St-Prex.

Monsieur Clerc, comment est née la collaboration entre Vetropack et VAP?

Phil­ip­pe Clerc: Nous avons pré­ala­blem­ent effec­tué une ana­ly­se opé­ra­ti­on­nel­le afin de prou­ver que Vetro­pack s’é­tait vu attri­buer trop de voies. L’ex­per­ti­se et les capa­ci­tés de négo­cia­ti­on de la VAP en matiè­re de négo­cia­ti­on ont per­mis d’ob­te­nir un cont­rat de rac­cor­de­ment et un renou­vel­le­ment avec des éco­no­mies considérables.

Quelle est l’importance des voies de raccordement pour Vetropack?

Si nous vou­lons con­ser­ver une posi­ti­on de lea­der sur un mar­ché où les con­di­ti­ons sont deve­nues enco­re plus dif­fi­ci­les, il nous faut être plus agi­les et plus vifs. La VAP nous a sou­tenu acti­ve­ment dans l’amélioration de la ges­ti­on glo­ba­le de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re ainsi que des pro­ces­sus de pro­duc­tion. Cela nous a per­mis d’augmenter notre com­pé­ti­ti­vi­té et la sécu­ri­té de l’approvisionnement. La stra­té­gie de Vetro­pack se fonde sur le déve­lo­p­pe­ment d’une usine verte en uti­li­sant au mieux l’énergie dura­ble afin de dimi­n­uer con­sidé­ra­blem­ent les émis­si­ons de CO2. L’utilisation du domaine fer­ro­vi­ai­re est une pièce maî­tres­se dans cette direc­tion. L’utilisation accrue du réseau fer­ro­vi­ai­re est une lumiè­re pour l’avenir. Nos cli­ents y sont sen­si­bles et approu­vent notre mode de trans­port dans le domaine du recy­cla­ge du verre.

Comment la VAP vous a‑t-elle accompagné?

La VAP nous a sou­tenu avec effi­ca­ci­té dans le trai­te­ment du dos­sier des voies de rac­cor­de­ment avec CFF Infra­struc­tu­re. Grâce aux excel­len­tes com­pé­ten­ces juri­di­ques, la VAP a réus­si à négo­cier un cont­rat final nous per­met­tant de pour­suiv­re notre stra­té­gie envi­ron­ne­men­ta­le par le déve­lo­p­pe­ment du trans­port par le rail.

Comment avez-vous vécu la collaboration avec la VAP? 

La VAP est une asso­cia­ti­on qui défend les inté­rêts des pro­prié­tai­res de voies de rac­cor­de­ment. Par sa neu­tra­li­té, elle a la pos­si­bi­li­té de sou­te­nir les mem­bres avec effi­ca­ci­té. Dans notre cas, elle nous a per­mis de trou­ver des solu­ti­ons opti­ma­les pour con­tin­uer à uti­li­ser nos voies ferroviaires.

Aviez-vous déjà des points de contact avec la VAP?

Nous som­mes mem­bres de la VAP de plu­s­ieurs années et nous pou­vons qu’apprécier les tâches effec­tuées par cette association.

Quels sont les points forts que vous attribuez à la VAP? 

L’association fait preuve d’innovation dans le déve­lo­p­pe­ment de nou­veaux sys­tè­mes ou infra­struc­tures tout en respec­tant les direc­ti­ves de l’Office fédé­ral des trans­ports OFT. Elle s’engage aussi bien au nom des pro­prié­tai­res d’in­stal­la­ti­ons au déve­lo­p­pe­ment du réseau fer­ro­vi­ai­re qu’à l’amélioration des pre­sta­ti­ons de trans­port par les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses. C’est grâce à la grand com­pé­tence juri­di­que de la VAP que nous a per­mis de con­clure un cont­rat de rac­cor­de­ment idéal pour notre ent­re­pri­se et la pour­suite de nos acti­vi­tés par le rail. Cette nou­vel­le donne nous a per­mis d’améliorer la pro­duc­tion fer­ro­vi­ai­re sur notre site de St. Prex et de dimi­n­uer les coûts d’exploitation. La VAP est un excel­lent par­ten­aire neu­tre lors de négo­cia­ti­ons avec CFF Infra­struc­tu­re, respec­ti­ve­ment les ETF.

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié pendant la collaboration?

L’approche pro­fes­si­on­nel­le, les com­pé­ten­ces dans le domaine fer­ro­vi­ai­re et juri­di­que, le savoir dans le sec­teur de l’exploitation, ainsi que les rela­ti­ons avec la poli­tique qui a per­mis d’arriver rapi­de­ment à la solu­ti­on idéa­le que nous avons négociée.

Comment décririez-vous la VAP?

C’est une asso­cia­ti­on com­pé­ten­te, qui maî­tri­se le domaine fer­ro­vi­ai­re et qui s’engage à 100% dans le sou­ti­en des pro­prié­tai­res d’installations ou de wagons.

Qu’attendez-vous en plus de la VAP?

Qu’elle s’engage enco­re plus dans le déve­lo­p­pe­ment du trans­port de wagons iso­lés afin de pou­voir aug­men­ter les fenê­tres de liv­rai­son qui sont beau­coup trop étroi­tes. D’augmenter les capa­ci­tés de trans­port mar­chan­di­ses sur le réseau ferroviaire.

À qui recommanderiez-vous de collaborer avec la VAP?

A chaque ent­re­pri­se qui sou­hai­te con­strui­re une instal­la­ti­on fer­ro­vi­ai­re dans son cent­re d’exploitation. A tou­tes les ent­re­pri­ses qui dis­po­sent d’une infra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re et n’ont pas les con­nais­sances néces­saires qui per­met­tent de négo­cier et fina­li­ser des cont­rats dans ce domaine.

Où voyez-vous le besoin le plus urgent d’agir en matière de transport ferroviaire? 
  • Ouvr­ir les fenê­tres de liv­rai­son des wagons
  • Aug­men­ter le nombre de trains mar­chan­di­ses (horai­re cadencé)
  • Ame­ner le tra­fic fer­ro­vi­ai­re au même niveau que le tra­fic de personnes
  • Amé­lio­rer les con­ne­xi­ons avec l’Europe afin d’éviter de se retrou­ver iso­lée en Europe

Quels sont les avan­ta­ges du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises?

  • L’un des modes de trans­port les plus sûrs
  • Le trans­port fer­ro­vi­ai­re est plé­bi­s­ci­té par­tout en Europe
  • La meil­leu­re alter­na­ti­ve aux trans­ports par la route
  • L’empreinte car­bo­ne lais­sée par le trans­port fer­ro­vi­ai­re est net­te­ment infé­ri­eu­re à celle du trans­port routier.
  • Trans­port de gran­de quan­ti­té en une fois
  • Trans­fert de la mar­chan­di­se la nuit et liv­rai­son de bonne heure le matin
Que souhaitez-vous pour l’avenir du transport ferroviaire de marchandises en Suisse?
  • Con­ser­ver et respec­ti­ve­ment aug­men­ter le réseau de trans­port de mar­chan­di­ses par le rail (capa­ci­té) pour favo­ri­ser le respect de l’environnement
  • Inno­ver pour res­ter com­pé­ti­tif dans le futur (dimi­n­uer les coûts d’exploitation, de la manœu­vre, des tâches admi­nis­tra­ti­ves, etc.)
  • Amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vi­té du réseau fer­ro­vi­ai­re (des­ser­te des wagons isolés)
  • Prépa­rer l’avenir pour évi­ter un eng­or­ge­ment rou­tier ou une explo­si­on des infra­struc­tures routière

 

Bon à savoir: La VAP conseille et accompagne

Les mem­bres VAP béné­fi­ci­ent de notre soli­de exper­ti­se dans tous les domain­es du trans­port de mar­chan­di­ses, aussi bien au niveau natio­nal qu’international, ainsi que nos rela­ti­ons fruc­tueu­ses dans les sec­teurs éco­no­mi­ques et poli­ti­ques. Au cours des années 2020 à 2022, nous avons sou­tenu nos mem­bres avec les ser­vices suivants:

  • 22 con­sul­ta­ti­ons en matiè­re d’e­xi­gen­ces régle­men­tai­res (enten­tes d’embranchement, etc.)
  • 12 con­sul­ta­ti­ons d’audit
  • 40 pre­scrip­ti­ons d’exploitation
  • 20 ges­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment de com­mu­nes et de groupements
  • 96 con­sul­ta­ti­ons de con­s­truc­tion tel­les que réno­va­tions, exten­si­ons, pro­cé­du­res de sub­ven­ti­on et d’ap­pro­ba­ti­on, con­trô­le de la qua­li­té et des coûts, main­ten­an­ce neu­tre à long terme et pla­ni­fi­ca­ti­on financière

 

 
La Suisse risque d’être isolée dans le trafic ferroviaire international

La Suisse risque d’être isolée dans le trafic ferroviaire international

A par­tir de 2024, la Suis­se per­dra l’ac­cès à la pla­te­for­me de l’UE pour les pro­cé­du­res d’homologation har­mo­ni­sées du nou­veau maté­ri­el rou­lant. Cela équiv­aut à un pas sup­p­lé­men­tai­re vers l’i­so­le­ment dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal. A moins que les rela­ti­ons hel­vé­ti­co-euro­pé­en­nes ne se normalisent.

L’enjeu:
  • L’ac­cès au «One-Stop-Shop» ne sera pro­lon­gé que jus­qu’à fin 2023
  • À par­tir de cette date, l’UE trai­te­ra la Suis­se comme un État tiers
  • Le trans­fert modal, la numé­ri­sa­ti­on et l’au­to­ma­tis­a­ti­on sont menacés

 

La décis­i­on du comi­té mixte rela­tif à l’ac­cord sur les trans­ports ter­res­tres avec l’UE con­cer­nant le qua­triè­me paquet fer­ro­vi­ai­re a assu­ré jus­qu’à pré­sent l’ac­cès de la Suis­se à la base de don­nées “One Stop Shop” (OSS) de l’A­gence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne (ERA). L’OSS con­ti­ent des pro­cé­du­res com­mu­nes sim­pli­fiées pour l’homologation de nou­veaux véhi­cu­les et l’établissement de cer­ti­fi­cats de sécu­ri­té en tra­fic fer­ro­vi­ai­re trans­fron­ta­lier. Selon l’OFT (cf. publi­ca­ti­on), cet accès ne sera pro­lon­gé que jus­qu’à fin 2023.

Cette décis­i­on est due aux ques­ti­ons non réso­lues dans les rela­ti­ons bila­té­ra­les entre la Suis­se et l’UE. Des pro­cé­du­res sépa­rées seront pro­ba­blem­ent néces­saires à par­tir de 2024. Ceci vaut éga­le­ment pour les accords sur les lignes d’ex­plo­ita­ti­on frontalières.

Il est urgent que la Suis­se se pro­non­ce clai­re­ment en faveur d’une coopé­ra­ti­on avec les États euro­pé­ens. Sinon, tant le trans­fert du tra­fic que la numé­ri­sa­ti­on et l’au­to­ma­tis­a­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re seront menacés.

Consultation «Fret ferroviaire sur tout le territoire»:  deux variantes, beaucoup de points d’interrogation

Consultation «Fret ferroviaire sur tout le territoire»: deux variantes, beaucoup de points d’interrogation

Le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on son rap­port inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Sans avan­cer de preu­ves, il y qua­li­fie d’impossible l’autofinancement du tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI). À titre d’alternatives, la Con­fé­dé­ra­ti­on pré­voit de trans­fé­rer à moyen terme le fret fer­ro­vi­ai­re sur la route ou de le sub­ven­ti­on­ner dans la durée. Nous som­mes pour notre part d’avis que les cho­ses sont plus com­ple­xes que cela.

L’enjeu:
  • Deux vari­an­tes – et ce dont elles ne tien­nent pas compte.
  • Une réor­ga­ni­sa­ti­on fon­da­men­ta­le du réseau est nécessaire
  • L’externalisation du der­nier kilo­mèt­re est cru­cia­le pour avoir davan­ta­ge de concurrence.

 

Le déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le ter­ri­toire fait actu­el­le­ment l’objet de débats très ani­més. Le 2 novembre 2022, le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge sur le «per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Le rap­port sug­gè­re que sans sou­ti­en finan­cier, il n’y aura plus de TWCI, les trains entiers n’étant de toute façon pas sub­ven­ti­onnés. Le Con­seil fédé­ral pro­po­se deux options:

  • Le TWCI sur tout le ter­ri­toire est déve­lo­p­pé et moder­ni­sé par la digi­ta­li­sa­ti­on, l’automatisation et la créa­ti­on d’une pla­te­for­me d’échange de don­nées. Les sites néces­saires à une des­ser­te per­for­man­te de tout le ter­ri­toire sont mieux inté­g­rés à l’aménagement du ter­ri­toire des can­tons et de la Con­fé­dé­ra­ti­on. En atten­dant que les mesu­res de moder­ni­sa­ti­on pro­dui­sent leurs effets, le TWCI sera sou­tenu finan­ciè­re­ment par une com­man­de de l’offre sous forme d’investissements et de sub­ven­ti­ons d’exploitation.
  • Le TWCI sur tout le ter­ri­toire est aban­don­né. Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re est réduit à des trains entiers, ce qui se tra­duit par une dimi­nu­tion mas­si­ve de CFF Cargo.

Les deux vari­an­tes sont sou­te­nues par la migra­ti­on vers le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC), l’encouragement de la mul­ti­mo­da­li­té et de la navi­ga­ti­on rhé­na­ne ainsi que par le finance­ment de pro­pul­si­ons cli­ma­ti­quement neu­tres sur le rail et sur le Rhin.

Une réorganisation fondamentale plutôt que de la rhétorique

Le TWCI sur tout le ter­ri­toire cou­vre au moins 70 % du volu­me de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur par rail. La ques­ti­on du Con­seil fédé­ral sur l’opportunité de le con­ser­ver est donc de natu­re plu­tôt rhé­to­ri­que. Le rai­son­ne­ment du CF selon lequel il pour­ra être pra­ti­qué de maniè­re ren­ta­ble par CFF Cargo après une moder­ni­sa­ti­on réa­li­sée au moyen du DAC n’est tou­te­fois, elle non plus, pas une opti­on réa­lis­te. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire doit au con­trai­re être réor­ga­ni­sé à la base et ouvert à d’autres acteurs du mar­ché. À cet égard, le Con­seil fédé­ral reste dans son rap­port bien en deçà des atten­tes des cli­ents et de ses pro­pres annonces.

La digi­ta­li­sa­ti­on et l’automatisation vont rend­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et sur­tout plus inté­res­sant pour le sec­teur de la logis­tique: pour la pre­miè­re fois, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses peut être inté­g­ré en ligne dans les chaî­nes logis­ti­ques de l’économie et dans la cou­ver­tu­re des trains des explo­itants d’infrastructures. Le DAC com­bi­né à la pla­te­for­me publi­que d’échange de don­nées telle qu’elle est pré­vue dans la Loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LIDMo) est ainsi LE levier essentiel pour la com­pé­ti­ti­vi­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et le fac­teur de suc­cès numé­ro un dudit pro­jet de loi.

Le TWCI, qui depuis la réfor­me des chem­ins de fer en 1999 était un mono­po­le des CFF, doit tou­te­fois être réor­ga­ni­sé de bout en bout. Les rôles et les pro­ces­sus doi­vent être radi­cal­e­ment repen­sés. Cette moder­ni­sa­ti­on inté­ri­eu­re est con­di­ti­onnée à la par­ti­ci­pa­ti­on d’autres acteurs du mar­ché afin de créer une offre com­portant moins de frais fixes et offrant donc d’autant plus de fle­xi­bi­li­té. À cet égard, le Con­seil fédé­ral reste en deçà de son rap­port du 30 mars 2022. Alors qu’il y expo­sait dans son sché­ma une inter­ac­tion des dif­fér­ents acteurs du TWCI (S. 50/75), dans son pro­jet de mes­sa­ge, il se con­tente de pro­po­ser une pour­suite du modè­le actuel «tou­tes les pre­sta­ti­ons d’un seul ten­ant» de CFF Cargo, modè­le peu per­for­mant. Une fois de plus, la ques­ti­on de la via­bi­li­té d’une large offre du TWCI en Suis­se est assi­milée au déve­lo­p­pe­ment de l’entreprise éta­tique CFF Cargo.

Pour­tant, les cli­ents sou­hai­tent avoir une vari­an­te 1+ qui, outre la digi­ta­li­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et des mesu­res d’encouragement en faveur d’une aug­men­ta­ti­on de la mobi­li­té, com­pren­drait aussi une réor­ga­ni­sa­ti­on du TWCI. Cela eng­lo­be la neu­tra­li­sa­ti­on et le sou­ti­en finan­cier du fret de pro­xi­mi­té (der­nier kilo­mèt­re), la créa­ti­on d’une pla­te­for­me numé­ri­que de réser­va­ti­on neu­tre et d’échange de don­nées et la pos­si­bi­li­té d’intégrer les off­res pri­vées de tra­fic par wagons complets.

Un secteur uni pour réaliser de grands changements

La Com­mun­au­té d’intérêts (CI) Tra­fic par wagons com­plets deman­de une offre de réseau per­for­man­te (hub and spoke, réseau en étoi­le) com­portant davan­ta­ge de con­cur­rence et moins de dis­cri­mi­na­ti­on. Le Con­seil fédé­ral dev­rait reprend­re dans son mes­sa­ge défi­ni­tif notre visi­on com­mu­ne du fret fer­ro­vi­ai­re – du reste sou­te­nue éga­le­ment par l’Office fédé­ral des trans­ports OFT (cf. blog­post de la VAP «Regard cri­tique sur la per­spec­ti­ve à long terme de la Con­fé­dé­ra­ti­on»). Il en est de même pour la posi­ti­on con­so­li­dée des respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP sur la maniè­re dont le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire peut être exploi­té de maniè­re ren­ta­ble sur le long terme (cf. blog­post «Une solu­ti­on de bran­che en cours d’élaboration»).

Le Con­seil fédé­ral attend une posi­ti­on com­mu­ne de la part du sec­teur du fret. Dans sa con­cep­ti­on de l’avenir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il dev­rait con­sidé­rer de maniè­re plus nuan­cée et mieux prend­re en comp­te l’avis com­mun du sec­teur et les mul­ti­ples vari­an­tes du fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le territoire.

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