La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Par la moti­on 22.3008, le Par­le­ment se pro­po­se de modi­fier la loi sur les Chem­ins de fer fédé­raux (LCFF) et d’accorder aux CFF une aide finan­ciè­re de 1,2 mil­li­ard de francs desti­née à com­pen­ser les per­tes de recet­tes enre­gis­trées dans le tra­fic longue distance du fait de la pan­dé­mie et de sou­la­ger finan­ciè­re­ment ce type de tra­fic en dimi­nu­ant le prix du sil­lon de 1,7 mil­li­ard de francs dans le tra­fic longue distance. Voici une pre­miè­re réfle­xi­on cri­tique sur la question. 

L’enjeu:
  • La VAP refu­se le ver­se­ment d’un total de 3 mil­li­ards de francs de capi­taux aux CFF: ce dont il y a beso­in est la responsa­bi­li­té entrepreneuriale
  • Le main­ti­en du mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance pose pro­blè­me en matiè­re de poli­tique euro­pé­en­ne: il y a beso­in d’une stra­té­gie règle­men­tée de migra­ti­on vers l’ouverture du marché
  • La modi­fi­ca­ti­on de la loi dev­rait exi­ger davan­ta­ge de responsa­bi­li­té entre­pre­neu­ria­le et pré­voir un moni­to­rage des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance
  • La RPLP ne doit pas être détour­née pour la con­sti­tu­ti­on de réser­ves au sein du FIF. 

 

La moti­on 22.3008 inti­tulée «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19» exige un pro­jet de loi con­sidé­rant les défi­ci­ts des CFF cau­sés par la pan­dé­mie de Covid-19 comme excep­ti­on­nels et accordant aux CFF des aides finan­ciè­res en con­sé­quence, cen­sées per­mett­re d’assurer l’exécution des inves­tis­se­ments selon la pla­ni­fi­ca­ti­on et con­for­mé­ment aux décis­i­ons de l’Assemblée fédérale.

Situation initiale

Les amé­nage­ments de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re déci­dés au niveau poli­tique débou­ch­ent sur une exten­si­on de l’offre. Celle-ci impli­que des inves­tis­se­ments dans le maté­ri­el rou­lant. L’extension de l’offre pré­sen­te – au moins durant la phase de départ – des défi­ci­ts en matiè­re de tra­fic longue distance et régio­nal; ces der­niers sont en effet finan­cés par la Con­fé­dé­ra­ti­on et les can­tons via des arrêtés de cré­dit cor­re­spond­ant pour le tra­fic régio­nal de voy­a­ge­urs (TRV).

Pen­dant la pan­dé­mie, le tra­fic longue distance a essuyé de lourds défi­ci­ts, qui con­trai­re­ment au TRV, n’ont pas béné­fi­cié de com­pen­sa­ti­ons finan­ciè­res. Le Con­seil fédé­ral s’est au con­trai­re rangé au point de vue selon lequel la prise en char­ge des réper­cus­sions de la pan­dé­mie fai­sait par­tie du domaine des ris­ques entre­pre­neu­riaux du tra­fic longue distance rentable.

Les inves­tis­se­ments des CFF dans des immeubles de rap­port situés à pro­xi­mi­té des gares exi­gent des fonds con­sé­quents, mais amé­lio­rent glo­ba­le­ment l’attractivité de l’offre des chem­ins de fer en matiè­re de tra­fic de voy­a­ge­urs. On occul­te dans ce con­tex­te le fait que dans les sites des cen­tres d’agglomération, le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses souf­fre; là où se con­strui­sent des immeubles de rap­port, des sites logis­ti­ques dis­pa­rais­sent (cent­re judi­ciai­re de Zurich, Euro­pa-Allee à Zurich, etc.). CFF Immo­bi­lier a pro­fi­té d’un bilan d’ouverture géné­reux et géné­ré des béné­fices con­sé­quents uti­li­sés pour sa Caisse de pen­si­on (CP CFF), qui s’illustre régu­liè­re­ment dans la pres­se en affich­ant les taux de con­ver­si­on les plus élevés.

Proposition du Conseil fédéral

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se un apport uni­que en capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs (per­tes des années 2020 à 2022 dans le domaine du tra­fic longue distance). Les CFF ne sont donc obli­gés de four­nir une con­tri­bu­ti­on ni sur le plan entre­pre­neu­ri­al ni dans le TRV.

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se en outre de renon­cer aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re des années 2023 à 2029, d’un mon­tant de 1,7 mil­li­ard de francs, afin de por­ter la ren­ta­bi­li­té du tra­fic longue distance à un niveau cor­rect (4 à 8 % de marge béné­fi­ci­ai­re). Ces con­tri­bu­ti­ons doi­vent être com­pen­sées comme des per­tes de recet­tes au niveau de l’infrastructure par le ver­se­ment de con­tri­bu­ti­ons d’exploitation sup­p­lé­men­tai­res à CFF Infra­struc­tu­re pré­le­vées sur le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Selon le Con­seil fédé­ral, les liqui­di­tés du FIF sont suf­fi­san­tes pour le permettre.

Par ail­leurs, il est ques­ti­on de cor­ri­ger les instru­ments de finance­ment. Les prêts de tré­sore­rie, qui ont jusqu’ici été accor­dés hors du cadre du frein à l’endettement et ont con­duit à l’endettement des CFF, doi­vent à l’avenir être rem­pla­cés par des prêts inté­g­rés au bud­get fédé­ral. Ainsi, ce sera désor­mais le Par­le­ment qui sta­tuera sur les cré­dits, et en même temps, le frein à l’endettement sera appli­qué. Le chan­ge­ment sera mis en œuvre à par­tir d’un taux d’endettement à défi­nir, esti­mé pour la fin 2023 à 11,7 mil­li­ards de francs. Les étapes d’aménagement débouch­ant sur des élar­gis­se­ments non ren­ta­bles de l’offre seront alors sou­mi­ses au frein à l’endettement. Une fois versé l’apport de capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs, la Con­fé­dé­ra­ti­on con­tin­uera à accor­der des prêts de tré­sore­rie jusqu’à ce que le seuil de 11,7 mil­li­ards de francs soit à nou­veau dépassé.

La Con­fé­dé­ra­ti­on garan­ti­ra en outre les liqui­di­tés du FIF. À cet effet, le Con­seil fédé­ral pro­po­se le ver­se­ment sys­té­ma­tique de deux tiers de la RPLP dans le FIF. La part fédé­ra­le de la RPLP ne sera uti­li­sée pour com­pen­ser les coûts non cou­verts du tra­fic rou­tier que lorsqu’aura été con­sti­tuée une réser­ve comp­ta­bi­li­sée d’au moins 300 mil­li­ons de francs.

Notre avis:

Nous refu­sons un apport de capi­taux, car les CFF ne sont ainsi obli­gés de four­nir aucu­ne con­tri­bu­ti­on pro­pre pour com­pen­ser les réper­cus­sions de la pan­dé­mie dans le tra­fic longue distance auto­fi­nan­cé et mono­po­li­sé. Il fau­drait au moins assor­tir l’apport de capi­taux d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le tra­fic longue distance.

Il est néces­saire de pro­cé­der à une cor­rec­tion des instru­ments de finance­ment. Étant donné que l’entreprise publi­que dis­po­se de facto d’une garan­tie de la part de l’État, les prêts de tré­sore­rie ne doi­vent plus être pos­si­bles à l’avenir. Au con­trai­re, le Par­le­ment devra sta­tuer sur les cré­dits en pren­ant en comp­te le frein à l’endettement et en gar­dant à l’esprit cette garan­tie de l’État. Nous reje­tons donc les réser­ves portant sur la limi­te d’endettement de 11,7 mil­li­ards de francs avec l’option d’autres prêts de tré­sore­rie, à moins que le pla­fon­ne­ment ne soit à nou­veau sen­si­blem­ent réduit.

Comp­te tenu des réser­ves, qui sont suf­fi­san­tes, la garan­tie des liqui­di­tés du FIF est super­flue. En renon­çant aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re, la Con­fé­dé­ra­ti­on réduit la pres­si­on entre­pre­neu­ria­le exer­cée sur les CFF. En même temps, elle main­ti­ent le mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance. Du point de vue de la poli­tique euro­pé­en­ne, cela est haute­ment pro­blé­ma­tique, car l’UE libé­ra­li­se le tra­fic longue distance et attend de la Suis­se qu’elle emboî­te le pas sur cette étape de la libé­ra­li­sa­ti­on. Nous deman­dons donc de la part du Con­seil fédé­ral une stra­té­gie de migra­ti­on vers l’ouverture du mar­ché en Suis­se dou­blée d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance.

Nous reje­tons éga­le­ment tout détour­ne­ment de la RPLP afin de garan­tir les réser­ves du FIF. La RPLP est cen­sée com­pen­ser les coûts envi­ron­ne­men­taux du tra­fic rou­tier et con­tri­buer à un choix plus éco­lo­gi­que du mode de trans­port. La RPLP est une taxe d’incitation et ne doit pas être pré­le­vée pour l’aménagement et la main­ten­an­ce de l’infrastructure, qui pro­fi­tent pour l’essentiel au tra­fic de voy­a­ge­urs. La RPLP dev­rait au con­trai­re être obli­ga­toire­ment affec­tée au fret fer­ro­vi­ai­re et aux mesu­res d’un déve­lo­p­pe­ment du tra­fic rou­tier respec­tueux du cli­mat.

Les alter­na­ti­ves tel­les que les modi­fi­ca­ti­ons de l’offre, l’abandon d’investissements ou les ven­tes d’actifs sont cer­tes évo­quées dans les docu­ments de la con­sul­ta­ti­on, mais reje­tées. Nous ne nous ran­ge­ons pas à cet avis. Les actifs non néces­saires à l’exploitation tels que Gate­way Basel Nord et les aut­res socié­tés de trans­bor­de­ment du tra­fic com­bi­né, qui en vertu de l’art. 8 LTM doi­vent être dis­po­nibles sans dis­cri­mi­na­ti­on, pour­rai­ent être ven­dus. D’autres ven­tes serai­ent éga­le­ment pos­si­bles dans le reste du porte­feuille immo­bi­lier des CFF sans ent­raî­ner de rest­ric­tions d’exploitation. Des réduc­tions de l’offre aux heu­res creu­ses con­tri­buer­ai­ent en outre à détendre la situa­ti­on des chan­tiers durant la nuit.

 

Innovation dans le fret ferroviaire: la DAC ouvre la voie

Innovation dans le fret ferroviaire: la DAC ouvre la voie

La migra­ti­on vers la DAC réus­si­ra en avan­çant à la même cadence que l’Europe et avec un finance­ment con­sé­quent à fonds perdu. Unis­sant nos forces avec l’OFT, l’UTP, les ent­re­pri­ses par­ten­aires et en con­cer­ta­ti­on avec les insti­tu­ti­ons euro­pé­en­nes, nous, à la VAP, éla­bo­rons le pro­jet de digi­ta­li­sa­ti­on et d’automatisation du fret trans­port fer­ro­vi­ai­re suis­se. Nous vous pré­sen­tons dans cet artic­le de notre blog une vue d’ensemble actuelle.

L’enjeu:
  • Pour­quoi la migra­ti­on vers le DAC est tel­lement importan­te pour le fret fer­ro­vi­ai­re suisse?
  • À quoi doit res­sem­bler un finance­ment réa­lis­te et équitable?
  • Com­ment peut réus­sir une migra­ti­on flui­de et trans­na­tio­na­le vers le DAC?

 

En Suis­se, le débat poli­tique sur l’avenir de fret fer­ro­vi­ai­re a été lancé. La Con­fé­dé­ra­ti­on mène une con­sul­ta­ti­on qui durera jusqu’à la mi-février 2023 sur la ques­ti­on sui­van­te: com­bien de trans­port de mar­chan­di­ses vou­lons-nous voir dans l’avenir sur le rail? Un élé­ment essentiel de cette réfle­xi­on est la vaste moder­ni­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re au moyen d’un attelage moder­ne, le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC): ceci per­met­tra une moder­ni­sa­ti­on com­plè­te des pro­ces­sus de tra­vail du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, inten­sifs en ter­mes de main‑d’œuvre et de temps. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation, le fret fer­ro­vi­ai­re devi­en­dra ensuite plus effi­ci­ent, plus per­for­mant et par con­sé­quent plus com­pé­ti­tif, et il jouera à l’avenir un rôle pri­mor­di­al dans la logis­tique mul­ti­mo­da­le. L’innovation du fret fer­ro­vi­ai­re est une ques­ti­on euro­pé­en­ne, car la Suis­se fait par­tie du réseau fer­ro­vi­ai­re interopé­ra­ble euro­pé­en. Les trans­ports, y com­pris trans­fron­ta­liers, doi­vent con­tin­uer à se faire sans obs­ta­cle. C’est pour­quoi les ent­re­pri­ses suis­ses s’impliquent acti­ve­ment dans le pro­gram­me d’innovation de l’UE, Europe’s Rail.

Nous sou­hai­tons ici vous resti­tuer l’état pro­vi­so­i­re de nos travaux et défis actuels.

Généralités

La VAP œuvre pour une con­cer­ta­ti­on très étroi­te avec le pro­jet euro­pé­en «Euro­pean DAC Deli­very Pro­gram (EDDP)» d’Europe’s Rail. Pour­quoi?

  • Le trans­port euro­pé­en de mar­chan­di­ses a de toute urgence beso­in d’une inno­va­ti­on com­plè­te afin de pou­voir s’imposer dans l’avenir dans le sec­teur âpre­ment dis­pu­té des trans­ports et de faire par­tie d’une chaî­ne de liv­rai­son moder­ne – or le DAC con­sti­tue un pro­jet clé pour cet objectif.
  • La plu­part des flot­tes de wagons étant uti­li­sées ou louées à l’international, la migra­ti­on doit par con­sé­quent être aussi coor­don­née par-delà les frontières.
  • Les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques défi­nies au niveau de l’UE sont appli­ca­bles à tous les pays, et elles doi­vent éga­le­ment l’être pour la Suisse.
  • Une poli­tique com­mu­ne d’achat des nou­veaux attel­ages aide­ra à bais­ser le prix unitaire et per­met­tra d’appuyer des exi­gen­ces uniformes.
  • Les défis – à de rares excep­ti­ons près – sont iden­ti­ques dans de nombreux pays. En ce qui con­cer­ne le cré­neau tem­po­rel de la migra­ti­on, on note en revan­che de gran­des différences.
  • La coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le sup­po­se une opti­mi­sa­ti­on de l’utilisation des res­sour­ces limi­tées et des experts.

En Suis­se, nous nous con­cen­trons actu­el­le­ment sur des travaux pré­pa­ra­toires importants pour la con­cré­ti­sa­ti­on de la migra­ti­on glo­ba­le et sur le con­tenu du mes­sa­ge qui ser­vi­ra de base à la mise en œuvre de la migration.

Financement

L’UTP, la VAP et les CFF, repré­sen­tants majeurs de la bran­che fer­ro­vi­ai­re, s’accordent pour souli­gner qu’un inves­tis­se­ment d’une telle ampleur dans la migra­ti­on vers le DAC doit être sou­tenu par des outils et méca­nis­mes de finance­ment correspondants.

Il y a unani­mi­té pour dire qu’il est néces­saire d’avoir de la part de Con­fé­dé­ra­ti­on une par­ti­ci­pa­ti­on lar­ge­ment à fonds perdu, que vien­dront com­plé­ter des cré­dits sans inté­rêts. En outre, la VAP en par­ti­cu­lier a insis­té à plu­s­ieurs repri­ses sur la néces­si­té de trou­ver un équi­lib­re sain entre les coûts et les avan­ta­ges. Cette deman­de a fina­le­ment été inté­g­rée dans les accords sur le DAC con­clus avec l’OFT. Les inves­tis­se­ments liés à la migra­ti­on vers le DAC sont prin­ci­pa­le­ment assu­més par les déten­teurs des véhi­cu­les, alors que les avan­ta­ges ne se mani­feste­ront que beau­coup plus tard, une fois le déploie­ment inté­gra­le­ment ache­vé. Il con­vi­ent donc d’une part de règle­men­ter la phase la plus longue allant du pré­fi­nance­ment à la mani­fes­ta­ti­on des avan­ta­ges. Mais d’autre part, les avan­ta­ges sont sur­tout très net­te­ment per­cep­ti­bles bien avant pour les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) ainsi que pour les explo­itants d’infrastructures (EI). Ces ent­re­pri­ses pro­fi­te­r­ont de l’amélioration de l’efficience des pro­ces­sus, alors que pour les déten­teurs de véhi­cu­les, il n’en résul­te­ra que des avan­ta­ges limi­tés. L’investissement doit donc être sup­porté con­join­te­ment en fon­c­tion des avan­ta­ges potentiels des acteurs. Comp­te tenu des con­di­ti­ons régnant sur le mar­ché, il ne sera pos­si­ble que dans une mesu­re limi­tée de géné­rer ce pro­ces­sus au moyen d’une aug­men­ta­ti­on des recet­tes loca­ti­ves. Le finance­ment poste sur un cré­neau tem­po­rel d’au moins 15 ans. Nous avons donc sug­gé­ré donc de fixer dans le pro­jet de loi des méca­nis­mes adap­tés per­met­tant un finance­ment com­mun cal­culé sur la base des ana­ly­ses coûts-avan­ta­ges en fon­c­tion des avan­ta­ges qui se mani­fes­tent effec­ti­ve­ment et qui soit con­traignant et équi­ta­ble pour tou­tes les par­ties prenantes.

À cet effet, la VAP four­ni­ra – avec l’association faî­tiè­re, l’UIP – des don­nées et des infor­ma­ti­ons sur les pla­ni­fi­ca­ti­ons rela­ti­ves aux inves­tis­se­ments et aux coûts et avan­ta­ges, et elle par­ti­ci­pe­ra acti­ve­ment au processus.

Les moda­li­tés con­crè­tes de finance­ment au sein de l’UE ne sont pour l’instant pas enco­re défi­nies, et il fau­dra notam­ment enco­re trou­ver des solu­ti­ons pour ce qui est des par­ti­ci­pa­ti­ons de l’UE et des États membres.

Ingénierie

Pour que la réa­li­sa­ti­on de la migra­ti­on vers le DAC réus­sis­se et soit effi­cace, il y a beso­in d’une ingé­nie­rie com­pé­ten­te qui déter­mi­ne les mesu­res de réé­qui­pe­ment en fon­c­tion des spé­ci­fi­ci­tés des flot­tes, four­nis­se les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques pour les com­man­des et les travaux de réé­qui­pe­ment, et enfin défi­nis­se les jus­ti­fi­ca­tifs à pro­dui­re pour l’assurance qua­li­té. Les bases néces­saires seront éla­bo­rées con­join­te­ment au cours des pro­chains mois dans le cadre du pro­gram­me euro­pé­en EDDP, et c’est sur elles que devront être éla­bo­rées les con­di­ti­ons pré­al­ables à la migra­ti­on natio­na­le vers le DAC.

Migration

Chaque pays doit effec­tuer d’importants travaux pré­pa­ra­toires pour que les infor­ma­ti­ons et les bases soi­ent dis­po­nibles au moment X de la mise en œuvre effec­ti­ve. En con­sé­quence, nous tra­vail­lons dans le cadre du pro­jet entre aut­res sur les ques­ti­ons suivantes :

Déter­mi­na­ti­on des capa­ci­tés des ateliers

  • Ate­liers «pop-up» nécessaires
  • Res­sour­ces nécessaires

Pla­ni­fi­ca­ti­on du réé­qui­pe­ment spé­ci­fi­que aux détenteurs

  • Type de véhi­cu­les et tail­les des flottes
  • Élé­ments cri­ti­ques et solu­ti­ons pos­si­bles en coopé­ra­ti­on avec l’EDDP
  • Cal­en­drier sou­hai­té par les détenteurs

Pool de don­nées et d’informations

  • Actua­li­sa­ti­on du regist­re des véhi­cu­les comme base de financement
  • Four­ni­tu­re en temps utile d’informations aux dif­fér­ents acteurs et grou­pes de par­ties prenantes

Pool de matériel

  • Achat des com­po­sants pour la migra­ti­on vers le DAC
  • Pla­ni­fi­ca­ti­on des quan­ti­tés de maté­ri­el et des dates de livraison
  • Coor­di­na­ti­on des flux de maté­ri­el vers les ate­liers de rééquipement
  • Garan­tie de l’assistance tech­ni­que dans l’exploitation (maté­ri­el de réparation)

Nous voy­ons à pré­sent l’attention se con­cen­trer sur les loco­mo­ti­ves devant être réé­qui­pées, car dans le TWC, cel­les-ci cir­cu­lent en pre­mier lieu sur le ter­ri­toire natio­nal et devront impé­ra­ti­ve­ment être équi­pées dès que l’on com­men­cera à faire cir­cu­ler des trains dotés de DAC.

En Suis­se, on pla­ni­fie­ra – comme CFF Cargo le pra­tique déjà – aussi tôt que pos­si­ble des «tra­fics pilo­tes» afin d’intégrer au niveau de l’UE les con­clu­si­ons et résul­tats qui en res­sor­ti­ront et de faire avan­cer le pro­jet dans son ensemble.

Organisation

La VAP a d’une part aug­men­té ses res­sour­ces au sein de son secré­ta­ri­at géné­ral, et d’autre part, elle est repré­sen­tée avec ses mem­bres dans plu­s­ieurs assem­blées et grou­pes de tra­vail nati­on­aux et internationaux.

Pour l’avenir et afin de mett­re en œuvre le pro­jet de maniè­re effi­ci­en­te, nous voy­ons plu­s­ieurs défis en ce qui con­cer­ne la struc­tu­re de l’organisation glo­ba­le et le choix des per­son­nes qui y siè­ge­ront – que ce soit dans le con­tex­te inter­na­tio­nal (à quel end­roit tel ou tel aspect sera-t-il coor­don­né ou éga­le­ment sur­veil­lé) de même que dans l’organisation suprasec­to­ri­el­le de la migra­ti­on suis­se vers le DAC.

Saviez-vous que..
  • ..sans le DAC, aucun train de mar­chan­di­ses – TWC, wagons com­plets ou chaus­sée rou­lan­te – ne pour­ra dans l’avenir cir­cu­ler sur des lignes entiè­re­ment équi­pées du sys­tème ETCS niveau 3 (Euro­pean Train Con­trol Sys­tem), car les con­di­ti­ons tech­ni­ques, notam­ment l’intégrité des trains, ne serai­ent pas rem­pli­es. La mise à niveau de l’infrastructure au niveau ETCS 3 se fera prin­ci­pa­le­ment sur les lignes prin­ci­pa­les très fré­quen­tées et per­met­tra d’augmenter les capa­ci­tés grâce au bloc dyna­mi­que. Sur les tron­çons de lignes exploi­tés de cette maniè­re, on ne pour­ra con­tin­uer à faire cir­cu­ler des trains sans inté­gri­té qu’au prix d’efforts considérables.
  • ..le DAC sera un élé­ment important pour les éch­an­ges numé­ri­ques de don­nées et une logis­tique dura­ble au ser­vice du cli­ent et du cli­mat n’est réa­li­sable qu’avec la par­ti­ci­pa­ti­on de tous les acteurs. C’est la rai­son pour laquel­le la VAP s’implique avec déter­mi­na­ti­on en faveur de la réa­li­sa­ti­on d’une pla­te­for­me de don­nées sur la base de la LIDMo. Avec le DAC, nous obti­en­drons une amé­lio­ra­ti­on de l’efficience de l’ensemble chaî­ne d’approvisionnement.
  • ..le DAC per­met de réa­li­ser le TWC tra­di­ti­onnel de maniè­re plus effi­ci­en­te et con­tri­buera à ce que celui-ci soit auto­fi­nan­cé au plus tard à la fin de la migration.

 

Si vous sou­hai­tez en savoir davan­ta­ge sur le pro­gram­me DAC, cli­quez sur https://rail-research.europa.eu/european-dac-delivery-programme/.

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Nous pre­nons posi­ti­on sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Nous sou­met­tons les pro­po­si­ti­ons à une éva­lua­ti­on cri­tique du point de vue des cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re et démon­trons qu’il est néces­saire que le tra­fic con­ven­ti­on­nel accè­de à une auto­no­mie juridique.

Un oui à variante 1 assorti de réserves

Dans la vari­an­te 1, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de digi­ta­li­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Il posi­ti­onne ainsi le mode de trans­port «rail» en tant qu’élément de la logis­tique mul­ti­mo­da­le, pré­voy­ant des mesu­res d’accompagnement dans le domaine de l’aménagement du ter­ri­toire, des aides à l’investissement et des inci­ta­ti­ons pour le trans­bor­de­ment et le char­ge­ment de natu­re à atté­nuer les coûts sup­p­lé­men­tai­res de la rup­tu­re de char­ge entre le rail et les aut­res modes de trans­port. Le Con­seil fédé­ral a l’intention d’indemniser les coûts du tra­fic con­ven­ti­on­nel non cou­verts jusqu’à la mise en œuvre de l’automatisation. Sur le fond, nous nous féli­ci­tons de l’orientation de la vari­an­te 1, mais nous avons des réser­ves et con­sta­tons un beso­in de modi­fi­ca­ti­on essentiel.

Rendre autonome du premier et du dernier kilomètre subventionné

Nous vou­lons et devons rend­re le tra­fic con­ven­ti­on­nel plus apte à affron­ter l’avenir. Pour ce faire, il faut repen­ser l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­me de mar­ché et inter­faces au sein de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le. L’objectif doit être un sys­tème finan­ciè­re­ment auto­no­me qui ne dis­cri­mi­ne aucu­ne ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re et qui soit à la dis­po­si­ti­on des char­geurs de maniè­re fia­ble[1]. En atten­dant la mise en œuvre de ce nou­veau con­cept, nous don­nons notre accord au ver­se­ment d’aides finan­ciè­res au tra­fic de réseau de CFF Cargo. Ces aides finan­ciè­res sont basées sur des inci­ta­ti­ons liées aux résul­tats, neu­tres en ter­mes de con­cur­rence et non dis­cri­mi­na­toires ainsi que sur l’accession à l’autonomie juri­di­que du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re au sein d’une socié­té auto­no­me des CFF. Ce n’est qu’ainsi que l’on pour­ra con­tin­uer à garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se et la via­bi­li­té du rail dans l’avenir.

Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

En trans­fé­rant à CFF Cargo la responsa­bi­li­té du tra­fic con­ven­ti­on­nel, le Con­seil fédé­ral crée un mono­po­le sur quel­que 70 % du volu­me du fret. En effet, CFF Cargo est aussi le prin­ci­pal four­nis­seur de tra­fic par trains entiers et de tra­fic com­bi­né. La com­bi­nai­son de ces inté­rêts ris­que de se tra­dui­re d’une part par la dis­cri­mi­na­ti­on des cli­ents du tra­fic con­ven­ti­on­nel et du tra­fic par trains entiers, mais d’autre part éga­le­ment par des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence vis-à-vis d’autres four­nis­seurs de tra­fic par trains entiers et du tra­fic com­bi­né – et ce indé­pen­dam­ment du ver­se­ment d’indemnités au tra­fic con­ven­ti­on­nel. Celui-ci est con­sti­tué par la des­ser­te sur tout le ter­ri­toire des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment et doit donc accé­der à l’autonomie juri­di­que. Étant donné que les pre­sta­ti­ons et res­sour­ces cor­re­spond­an­tes sont d’ores et déjà regrou­pées au sein d’une unité d’organisation auto­no­me, la trans­for­ma­ti­on exi­ge­rait des efforts limi­tés. Le Con­seil fédé­ral dev­rait tou­te­fois pré­cis­er l’art. 9a al. 7 de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM).

Surveiller de manière systématique le nouvel opérateur de système

Dans la phase limi­tée dans le temps des indem­ni­tés publi­ques, mais aussi ulté­ri­eu­re­ment, l’opérateur de sys­tème devra faire l’objet d’un moni­to­rage sys­té­ma­tique dans le domaine des pre­sta­ti­ons, de la qua­li­té, de la pro­duc­ti­vi­té et des coûts. Ce faisant, il con­vi­en­dra de veil­ler à une sup­pres­si­on rapi­de de l’aide finan­ciè­re et à une moder­ni­sa­ti­on du modè­le com­mer­cial de CFF Cargo, qui pré­vi­en­dront les dis­cri­mi­na­ti­ons et assur­e­ront dura­blem­ent un tra­fic con­ven­ti­on­nel flui­de sur l’ensemble du ter­ri­toire. Ce der­nier aspect sera notam­ment garan­ti par un moni­to­rage ciblé du déve­lo­p­pe­ment des quan­ti­tés et de la struc­tu­re de la cli­entèle. Ce moni­to­rage néces­si­te l’ajout d’un com­plé­ment à l’art. 9a LTM.

Vous trou­verez des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et des avis sup­p­lé­men­tai­res dans notre répon­se à la con­sul­ta­ti­on «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se».


[1] Cf. vidéo «Le fret fer­ro­vi­ai­re du futur»: www.cargorail.ch/#video

«Un excellent négociateur neutre»

«Un excellent négociateur neutre»

Le grou­pe Vetro­pack est un fabri­cant suis­se d’emballages en verre, coté en bour­se et diri­gé par une famil­le. La VAP a mené pour Vetro­pack les négo­cia­ti­ons du nou­veau cont­rat de rac­cor­de­ment et la réno­va­ti­on des voies de rac­cor­de­ment. Nous par­lons de cette col­la­bo­ra­ti­on et de l’a­ve­nir du fret fer­ro­vi­ai­re avec Phil­ip­pe Clerc, direc­teur du site Vetro­pack de St-Prex.

Monsieur Clerc, comment est née la collaboration entre Vetropack et VAP?

Phil­ip­pe Clerc: Nous avons pré­ala­blem­ent effec­tué une ana­ly­se opé­ra­ti­on­nel­le afin de prou­ver que Vetro­pack s’é­tait vu attri­buer trop de voies. L’ex­per­ti­se et les capa­ci­tés de négo­cia­ti­on de la VAP en matiè­re de négo­cia­ti­on ont per­mis d’ob­te­nir un cont­rat de rac­cor­de­ment et un renou­vel­le­ment avec des éco­no­mies considérables.

Quelle est l’importance des voies de raccordement pour Vetropack?

Si nous vou­lons con­ser­ver une posi­ti­on de lea­der sur un mar­ché où les con­di­ti­ons sont deve­nues enco­re plus dif­fi­ci­les, il nous faut être plus agi­les et plus vifs. La VAP nous a sou­tenu acti­ve­ment dans l’amélioration de la ges­ti­on glo­ba­le de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re ainsi que des pro­ces­sus de pro­duc­tion. Cela nous a per­mis d’augmenter notre com­pé­ti­ti­vi­té et la sécu­ri­té de l’approvisionnement. La stra­té­gie de Vetro­pack se fonde sur le déve­lo­p­pe­ment d’une usine verte en uti­li­sant au mieux l’énergie dura­ble afin de dimi­n­uer con­sidé­ra­blem­ent les émis­si­ons de CO2. L’utilisation du domaine fer­ro­vi­ai­re est une pièce maî­tres­se dans cette direc­tion. L’utilisation accrue du réseau fer­ro­vi­ai­re est une lumiè­re pour l’avenir. Nos cli­ents y sont sen­si­bles et approu­vent notre mode de trans­port dans le domaine du recy­cla­ge du verre.

Comment la VAP vous a‑t-elle accompagné?

La VAP nous a sou­tenu avec effi­ca­ci­té dans le trai­te­ment du dos­sier des voies de rac­cor­de­ment avec CFF Infra­struc­tu­re. Grâce aux excel­len­tes com­pé­ten­ces juri­di­ques, la VAP a réus­si à négo­cier un cont­rat final nous per­met­tant de pour­suiv­re notre stra­té­gie envi­ron­ne­men­ta­le par le déve­lo­p­pe­ment du trans­port par le rail.

Comment avez-vous vécu la collaboration avec la VAP? 

La VAP est une asso­cia­ti­on qui défend les inté­rêts des pro­prié­tai­res de voies de rac­cor­de­ment. Par sa neu­tra­li­té, elle a la pos­si­bi­li­té de sou­te­nir les mem­bres avec effi­ca­ci­té. Dans notre cas, elle nous a per­mis de trou­ver des solu­ti­ons opti­ma­les pour con­tin­uer à uti­li­ser nos voies ferroviaires.

Aviez-vous déjà des points de contact avec la VAP?

Nous som­mes mem­bres de la VAP de plu­s­ieurs années et nous pou­vons qu’apprécier les tâches effec­tuées par cette association.

Quels sont les points forts que vous attribuez à la VAP? 

L’association fait preuve d’innovation dans le déve­lo­p­pe­ment de nou­veaux sys­tè­mes ou infra­struc­tures tout en respec­tant les direc­ti­ves de l’Office fédé­ral des trans­ports OFT. Elle s’engage aussi bien au nom des pro­prié­tai­res d’in­stal­la­ti­ons au déve­lo­p­pe­ment du réseau fer­ro­vi­ai­re qu’à l’amélioration des pre­sta­ti­ons de trans­port par les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses. C’est grâce à la grand com­pé­tence juri­di­que de la VAP que nous a per­mis de con­clure un cont­rat de rac­cor­de­ment idéal pour notre ent­re­pri­se et la pour­suite de nos acti­vi­tés par le rail. Cette nou­vel­le donne nous a per­mis d’améliorer la pro­duc­tion fer­ro­vi­ai­re sur notre site de St. Prex et de dimi­n­uer les coûts d’exploitation. La VAP est un excel­lent par­ten­aire neu­tre lors de négo­cia­ti­ons avec CFF Infra­struc­tu­re, respec­ti­ve­ment les ETF.

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié pendant la collaboration?

L’approche pro­fes­si­on­nel­le, les com­pé­ten­ces dans le domaine fer­ro­vi­ai­re et juri­di­que, le savoir dans le sec­teur de l’exploitation, ainsi que les rela­ti­ons avec la poli­tique qui a per­mis d’arriver rapi­de­ment à la solu­ti­on idéa­le que nous avons négociée.

Comment décririez-vous la VAP?

C’est une asso­cia­ti­on com­pé­ten­te, qui maî­tri­se le domaine fer­ro­vi­ai­re et qui s’engage à 100% dans le sou­ti­en des pro­prié­tai­res d’installations ou de wagons.

Qu’attendez-vous en plus de la VAP?

Qu’elle s’engage enco­re plus dans le déve­lo­p­pe­ment du trans­port de wagons iso­lés afin de pou­voir aug­men­ter les fenê­tres de liv­rai­son qui sont beau­coup trop étroi­tes. D’augmenter les capa­ci­tés de trans­port mar­chan­di­ses sur le réseau ferroviaire.

À qui recommanderiez-vous de collaborer avec la VAP?

A chaque ent­re­pri­se qui sou­hai­te con­strui­re une instal­la­ti­on fer­ro­vi­ai­re dans son cent­re d’exploitation. A tou­tes les ent­re­pri­ses qui dis­po­sent d’une infra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re et n’ont pas les con­nais­sances néces­saires qui per­met­tent de négo­cier et fina­li­ser des cont­rats dans ce domaine.

Où voyez-vous le besoin le plus urgent d’agir en matière de transport ferroviaire? 
  • Ouvr­ir les fenê­tres de liv­rai­son des wagons
  • Aug­men­ter le nombre de trains mar­chan­di­ses (horai­re cadencé)
  • Ame­ner le tra­fic fer­ro­vi­ai­re au même niveau que le tra­fic de personnes
  • Amé­lio­rer les con­ne­xi­ons avec l’Europe afin d’éviter de se retrou­ver iso­lée en Europe

Quels sont les avan­ta­ges du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises?

  • L’un des modes de trans­port les plus sûrs
  • Le trans­port fer­ro­vi­ai­re est plé­bi­s­ci­té par­tout en Europe
  • La meil­leu­re alter­na­ti­ve aux trans­ports par la route
  • L’empreinte car­bo­ne lais­sée par le trans­port fer­ro­vi­ai­re est net­te­ment infé­ri­eu­re à celle du trans­port routier.
  • Trans­port de gran­de quan­ti­té en une fois
  • Trans­fert de la mar­chan­di­se la nuit et liv­rai­son de bonne heure le matin
Que souhaitez-vous pour l’avenir du transport ferroviaire de marchandises en Suisse?
  • Con­ser­ver et respec­ti­ve­ment aug­men­ter le réseau de trans­port de mar­chan­di­ses par le rail (capa­ci­té) pour favo­ri­ser le respect de l’environnement
  • Inno­ver pour res­ter com­pé­ti­tif dans le futur (dimi­n­uer les coûts d’exploitation, de la manœu­vre, des tâches admi­nis­tra­ti­ves, etc.)
  • Amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vi­té du réseau fer­ro­vi­ai­re (des­ser­te des wagons isolés)
  • Prépa­rer l’avenir pour évi­ter un eng­or­ge­ment rou­tier ou une explo­si­on des infra­struc­tures routière

 

Bon à savoir: La VAP conseille et accompagne

Les mem­bres VAP béné­fi­ci­ent de notre soli­de exper­ti­se dans tous les domain­es du trans­port de mar­chan­di­ses, aussi bien au niveau natio­nal qu’international, ainsi que nos rela­ti­ons fruc­tueu­ses dans les sec­teurs éco­no­mi­ques et poli­ti­ques. Au cours des années 2020 à 2022, nous avons sou­tenu nos mem­bres avec les ser­vices suivants:

  • 22 con­sul­ta­ti­ons en matiè­re d’e­xi­gen­ces régle­men­tai­res (enten­tes d’embranchement, etc.)
  • 12 con­sul­ta­ti­ons d’audit
  • 40 pre­scrip­ti­ons d’exploitation
  • 20 ges­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment de com­mu­nes et de groupements
  • 96 con­sul­ta­ti­ons de con­s­truc­tion tel­les que réno­va­tions, exten­si­ons, pro­cé­du­res de sub­ven­ti­on et d’ap­pro­ba­ti­on, con­trô­le de la qua­li­té et des coûts, main­ten­an­ce neu­tre à long terme et pla­ni­fi­ca­ti­on financière

 

 
La Suisse risque d’être isolée dans le trafic ferroviaire international

La Suisse risque d’être isolée dans le trafic ferroviaire international

A par­tir de 2024, la Suis­se per­dra l’ac­cès à la pla­te­for­me de l’UE pour les pro­cé­du­res d’homologation har­mo­ni­sées du nou­veau maté­ri­el rou­lant. Cela équiv­aut à un pas sup­p­lé­men­tai­re vers l’i­so­le­ment dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal. A moins que les rela­ti­ons hel­vé­ti­co-euro­pé­en­nes ne se normalisent.

L’enjeu:
  • L’ac­cès au «One-Stop-Shop» ne sera pro­lon­gé que jus­qu’à fin 2023
  • À par­tir de cette date, l’UE trai­te­ra la Suis­se comme un État tiers
  • Le trans­fert modal, la numé­ri­sa­ti­on et l’au­to­ma­tis­a­ti­on sont menacés

 

La décis­i­on du comi­té mixte rela­tif à l’ac­cord sur les trans­ports ter­res­tres avec l’UE con­cer­nant le qua­triè­me paquet fer­ro­vi­ai­re a assu­ré jus­qu’à pré­sent l’ac­cès de la Suis­se à la base de don­nées “One Stop Shop” (OSS) de l’A­gence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne (ERA). L’OSS con­ti­ent des pro­cé­du­res com­mu­nes sim­pli­fiées pour l’homologation de nou­veaux véhi­cu­les et l’établissement de cer­ti­fi­cats de sécu­ri­té en tra­fic fer­ro­vi­ai­re trans­fron­ta­lier. Selon l’OFT (cf. publi­ca­ti­on), cet accès ne sera pro­lon­gé que jus­qu’à fin 2023.

Cette décis­i­on est due aux ques­ti­ons non réso­lues dans les rela­ti­ons bila­té­ra­les entre la Suis­se et l’UE. Des pro­cé­du­res sépa­rées seront pro­ba­blem­ent néces­saires à par­tir de 2024. Ceci vaut éga­le­ment pour les accords sur les lignes d’ex­plo­ita­ti­on frontalières.

Il est urgent que la Suis­se se pro­non­ce clai­re­ment en faveur d’une coopé­ra­ti­on avec les États euro­pé­ens. Sinon, tant le trans­fert du tra­fic que la numé­ri­sa­ti­on et l’au­to­ma­tis­a­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re seront menacés.

Consultation «Fret ferroviaire sur tout le territoire»:  deux variantes, beaucoup de points d’interrogation

Consultation «Fret ferroviaire sur tout le territoire»: deux variantes, beaucoup de points d’interrogation

Le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on son rap­port inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Sans avan­cer de preu­ves, il y qua­li­fie d’impossible l’autofinancement du tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI). À titre d’alternatives, la Con­fé­dé­ra­ti­on pré­voit de trans­fé­rer à moyen terme le fret fer­ro­vi­ai­re sur la route ou de le sub­ven­ti­on­ner dans la durée. Nous som­mes pour notre part d’avis que les cho­ses sont plus com­ple­xes que cela.

L’enjeu:
  • Deux vari­an­tes – et ce dont elles ne tien­nent pas compte.
  • Une réor­ga­ni­sa­ti­on fon­da­men­ta­le du réseau est nécessaire
  • L’externalisation du der­nier kilo­mèt­re est cru­cia­le pour avoir davan­ta­ge de concurrence.

 

Le déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le ter­ri­toire fait actu­el­le­ment l’objet de débats très ani­més. Le 2 novembre 2022, le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge sur le «per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Le rap­port sug­gè­re que sans sou­ti­en finan­cier, il n’y aura plus de TWCI, les trains entiers n’étant de toute façon pas sub­ven­ti­onnés. Le Con­seil fédé­ral pro­po­se deux options:

  • Le TWCI sur tout le ter­ri­toire est déve­lo­p­pé et moder­ni­sé par la digi­ta­li­sa­ti­on, l’automatisation et la créa­ti­on d’une pla­te­for­me d’échange de don­nées. Les sites néces­saires à une des­ser­te per­for­man­te de tout le ter­ri­toire sont mieux inté­g­rés à l’aménagement du ter­ri­toire des can­tons et de la Con­fé­dé­ra­ti­on. En atten­dant que les mesu­res de moder­ni­sa­ti­on pro­dui­sent leurs effets, le TWCI sera sou­tenu finan­ciè­re­ment par une com­man­de de l’offre sous forme d’investissements et de sub­ven­ti­ons d’exploitation.
  • Le TWCI sur tout le ter­ri­toire est aban­don­né. Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re est réduit à des trains entiers, ce qui se tra­duit par une dimi­nu­tion mas­si­ve de CFF Cargo.

Les deux vari­an­tes sont sou­te­nues par la migra­ti­on vers le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC), l’encouragement de la mul­ti­mo­da­li­té et de la navi­ga­ti­on rhé­na­ne ainsi que par le finance­ment de pro­pul­si­ons cli­ma­ti­quement neu­tres sur le rail et sur le Rhin.

Une réorganisation fondamentale plutôt que de la rhétorique

Le TWCI sur tout le ter­ri­toire cou­vre au moins 70 % du volu­me de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur par rail. La ques­ti­on du Con­seil fédé­ral sur l’opportunité de le con­ser­ver est donc de natu­re plu­tôt rhé­to­ri­que. Le rai­son­ne­ment du CF selon lequel il pour­ra être pra­ti­qué de maniè­re ren­ta­ble par CFF Cargo après une moder­ni­sa­ti­on réa­li­sée au moyen du DAC n’est tou­te­fois, elle non plus, pas une opti­on réa­lis­te. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire doit au con­trai­re être réor­ga­ni­sé à la base et ouvert à d’autres acteurs du mar­ché. À cet égard, le Con­seil fédé­ral reste dans son rap­port bien en deçà des atten­tes des cli­ents et de ses pro­pres annonces.

La digi­ta­li­sa­ti­on et l’automatisation vont rend­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et sur­tout plus inté­res­sant pour le sec­teur de la logis­tique: pour la pre­miè­re fois, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses peut être inté­g­ré en ligne dans les chaî­nes logis­ti­ques de l’économie et dans la cou­ver­tu­re des trains des explo­itants d’infrastructures. Le DAC com­bi­né à la pla­te­for­me publi­que d’échange de don­nées telle qu’elle est pré­vue dans la Loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LIDMo) est ainsi LE levier essentiel pour la com­pé­ti­ti­vi­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et le fac­teur de suc­cès numé­ro un dudit pro­jet de loi.

Le TWCI, qui depuis la réfor­me des chem­ins de fer en 1999 était un mono­po­le des CFF, doit tou­te­fois être réor­ga­ni­sé de bout en bout. Les rôles et les pro­ces­sus doi­vent être radi­cal­e­ment repen­sés. Cette moder­ni­sa­ti­on inté­ri­eu­re est con­di­ti­onnée à la par­ti­ci­pa­ti­on d’autres acteurs du mar­ché afin de créer une offre com­portant moins de frais fixes et offrant donc d’autant plus de fle­xi­bi­li­té. À cet égard, le Con­seil fédé­ral reste en deçà de son rap­port du 30 mars 2022. Alors qu’il y expo­sait dans son sché­ma une inter­ac­tion des dif­fér­ents acteurs du TWCI (S. 50/75), dans son pro­jet de mes­sa­ge, il se con­tente de pro­po­ser une pour­suite du modè­le actuel «tou­tes les pre­sta­ti­ons d’un seul ten­ant» de CFF Cargo, modè­le peu per­for­mant. Une fois de plus, la ques­ti­on de la via­bi­li­té d’une large offre du TWCI en Suis­se est assi­milée au déve­lo­p­pe­ment de l’entreprise éta­tique CFF Cargo.

Pour­tant, les cli­ents sou­hai­tent avoir une vari­an­te 1+ qui, outre la digi­ta­li­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et des mesu­res d’encouragement en faveur d’une aug­men­ta­ti­on de la mobi­li­té, com­pren­drait aussi une réor­ga­ni­sa­ti­on du TWCI. Cela eng­lo­be la neu­tra­li­sa­ti­on et le sou­ti­en finan­cier du fret de pro­xi­mi­té (der­nier kilo­mèt­re), la créa­ti­on d’une pla­te­for­me numé­ri­que de réser­va­ti­on neu­tre et d’échange de don­nées et la pos­si­bi­li­té d’intégrer les off­res pri­vées de tra­fic par wagons complets.

Un secteur uni pour réaliser de grands changements

La Com­mun­au­té d’intérêts (CI) Tra­fic par wagons com­plets deman­de une offre de réseau per­for­man­te (hub and spoke, réseau en étoi­le) com­portant davan­ta­ge de con­cur­rence et moins de dis­cri­mi­na­ti­on. Le Con­seil fédé­ral dev­rait reprend­re dans son mes­sa­ge défi­ni­tif notre visi­on com­mu­ne du fret fer­ro­vi­ai­re – du reste sou­te­nue éga­le­ment par l’Office fédé­ral des trans­ports OFT (cf. blog­post de la VAP «Regard cri­tique sur la per­spec­ti­ve à long terme de la Con­fé­dé­ra­ti­on»). Il en est de même pour la posi­ti­on con­so­li­dée des respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP sur la maniè­re dont le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire peut être exploi­té de maniè­re ren­ta­ble sur le long terme (cf. blog­post «Une solu­ti­on de bran­che en cours d’élaboration»).

Le Con­seil fédé­ral attend une posi­ti­on com­mu­ne de la part du sec­teur du fret. Dans sa con­cep­ti­on de l’avenir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il dev­rait con­sidé­rer de maniè­re plus nuan­cée et mieux prend­re en comp­te l’avis com­mun du sec­teur et les mul­ti­ples vari­an­tes du fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le territoire.

Externaliser le dernier kilomètre et l’organiser de manière non discriminatoire

Externaliser le dernier kilomètre et l’organiser de manière non discriminatoire

Pour les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re, il est décisif d’accéder libre­ment au der­nier kilo­mèt­re. Cela est actu­el­le­ment ordon­né par la loi. Nous som­mes pour notre part d’avis que plu­tôt que d’être ordon­né, cela dev­rait être rendu pos­si­ble. Pour ce faire, le der­nier kilo­mèt­re dev­rait être extrait de CFF Cargo et placé sous la responsa­bi­li­té d’une ins­tance indé­pen­dan­te. Car au fond, on a beso­in de con­di­ti­ons-cad­res que l’on peut résu­mer à une noti­on: l’économie de marché.

L’enjeu:

  • pour­quoi l’accès libre au der­nier kilo­mèt­re est important
  • Empê­cher la dis­cri­mi­na­ti­on plu­tôt que lut­ter contre
  • Redis­tri­buer les forces et les regrou­per autrement

 

L’importance du dernier kilomètre

Le par­cours du der­nier kilo­mèt­re (fret de pro­xi­mi­té) est entre les seu­les mains d’un presta­tai­re local ou régio­nal. L’accès non dis­cri­mi­na­toire au der­nier kilo­mèt­re déter­mi­ne donc si une offre est com­pé­ti­ti­ve ou non dans le par­cours prin­ci­pal. Qui­con­que four­nit des pre­sta­ti­ons de fret de pro­xi­mi­té par rail est tenu de les réa­li­ser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire. C’est ce que sti­pu­le l’art. 6a de l’ordonnance sur le trans­port de mar­chan­di­ses (cf. encadré).

Artic­le 6a de l’ordonnance sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM)

L’ensemble des ent­re­pri­ses qui four­nis­sent des pre­sta­ti­ons (par­ti­el­les) sur le der­nier kilo­mèt­re doi­vent octroy­er un accès non dis­cri­mi­na­toire à leurs pre­sta­ti­ons dans le fret de pro­xi­mi­té par rail. Cela signi­fie qu’elles doi­vent aussi four­nir leurs pre­sta­ti­ons à des tiers, si tant est qu’il exis­te des capa­ci­tés pour ce faire. Outre les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re, cette obli­ga­ti­on con­cer­ne les opé­ra­teurs de voies de rac­cor­de­ment pos­sé­dant leur pro­pre maté­ri­el rou­lant et leur pro­pre per­son­nel, les ent­re­pri­ses de loca­ti­ons de ser­vices spé­cia­li­sées et les presta­tai­res de ser­vices de manœu­vre. Sont con­sidé­rées comme pre­sta­ti­ons de ser­vices sur le der­nier kilo­mèt­re les manœu­vres et aut­res pre­sta­ti­ons liées au fret de pro­xi­mi­té comme p. ex. les con­trô­les tech­ni­ques ou les essais de frein.

> Infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res de la RailCom

 

Empêcher la discrimination plutôt que lutter contre

L’art. 6a OTM s’appuie sur des pre­scrip­ti­ons, con­trô­les du mar­ché et moy­ens juri­di­ques. Il serait néan­mo­ins plus judi­cieux d’empêcher la dis­cri­mi­na­ti­on en faisant en sorte qu’un seul four­nis­seur assu­re le ser­vice du premier/dernier kilo­mèt­re. Celui-ci est dans l’idéal l’exploitant d’infrastructure qui ne four­nit à part cela aucu­ne pre­sta­ti­on de transport.

Dans un con­tex­te d’économie de mar­ché, l’accès du fret fer­ro­vi­ai­re aux voies de rac­cor­de­ment, instal­la­ti­ons de manœu­vre, voies de débord ou ter­minaux locaux ou cen­tra­li­sés est règle­men­té de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire. La responsa­bi­li­té de l’attribution des sil­lons et de l’exploitation des infra­struc­tures per­ti­nen­tes pour le sys­tème est assu­mée par des insti­tu­ti­ons indé­pen­dan­tes. Or il n’existe pas de maî­tri­se de sys­tème assu­ré par un seul grand opé­ra­teur – comme c’est actu­el­le­ment le cas pour CFF Cargo. Les limi­tes entre les tra­fics par wagons iso­lés et par trains entiers sont sup­p­ri­mées, le ser­vice du der­nier kilo­mèt­re est exploi­té par un opé­ra­teur d’infrastructure.

Réorganisation des forces

Afin d’atteindre l’état idéal décrit plus haut, il faut redis­tri­buer les rôles et regrou­per les forces. Une telle réor­ga­ni­sa­ti­on ne fon­c­tion­ne que si l’on crée les con­di­ti­ons-cad­res suivantes:

  • CFF Cargo con­ser­ve dans un pre­mier temps son rôle de four­nis­seur de réseau. Il est responsable de la pla­ni­fi­ca­ti­on des trans­ports sur le réseau et assu­re un regrou­pe­ment effi­ci­ent des trans­ports com­pren­ant des wagons iso­lés ou des grou­pes de wagons. Pour la réa­li­sa­ti­on des pre­sta­ti­ons, il se limi­te aux par­cours de trans­port prin­ci­paux entre les gares de for­ma­ti­on et de tria­ge, si tant que ces par­cours ne sont pas assu­rés par des tiers.
  • L’ensemble de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re telle que le réseau, les ter­minaux du tra­fic com­bi­né et les instal­la­ti­ons de tria­ge loca­les sont libre­ment acces­si­bles aux opé­ra­teurs de fret ferroviaire.
  • Le ser­vice du premier/dernier kilo­mèt­re est pour tous les opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re un ser­vice non dis­cri­mi­na­toire des explo­itants d’infrastructures. Ceux-ci ont à leur dis­po­si­ti­on les res­sour­ces de CFF Cargo per­ti­nen­tes pour le sys­tème tel­les que les véhi­cu­les moteurs, équipes de tria­ge, voies et gares de tria­ge, pre­sta­ti­ons de manœu­vre ou dépla­ce­ments inter­nes à l’entreprise.
  • Cela débou­che sur une con­cur­rence entre les acteurs ainsi que sur la trans­pa­rence des frais.

Pour en savoir plus, lisez notre publi­ca­ti­on «Von der inte­grier­ten zur markt­wirt­schaft­li­chen Bahn» (Des chem­ins de fer inté­g­rés aux chem­ins de fer de l’économie de marché).

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Pénurie d’électricité (partie 4): concrétisation des mesures d’urgence

Pénurie d’électricité (partie 4): concrétisation des mesures d’urgence

La sécu­ri­té éner­gé­tique est et reste l’un de nos sujets prio­ri­taires. Le Con­seil fédé­ral est actu­el­le­ment en train de con­cré­ti­ser les mesu­res de ges­ti­on d’une pénurie d’électricité en pré­parant des ordon­nan­ces. Il pré­voit des dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res pour les ent­re­pri­ses con­ces­si­on­n­aires de trans­ports publics, y com­pris cel­les du fret fer­ro­vi­ai­re. En col­la­bo­ra­ti­on avec le grou­pe de tra­vail des asso­cia­ti­ons du sec­teur, l’OFT prépa­re un pro­jet d’ordonnance pour les trans­ports publics; la VAP y repré­sen­te les inté­rêts du trans­port de marchandises. 

L’enjeu:
  • Le Con­seil fédé­ral fait éla­bo­rer un plan de mesu­res pour la sécu­ri­té de l’approvisionnement en électricité.
  • Le con­tin­gen­te­ment par paliers a pour but d’éviter les déles­ta­ges critiques.
  • Étape sui­van­te: éla­bo­ra­ti­on de pro­jets d’ordonnances spécifiques.
  • Le prix du cou­rant fer­ro­vi­ai­re va aug­men­ter l’année prochaine.

 

Lors de sa séan­ce du 23 novembre 2022, le Con­seil fédé­ral a trai­té les mesu­res de ges­ti­on pour le cas d’une pénurie d’électricité. Pour les pro­jets d’ordonnances avec mesu­res gra­du­el­les, il a réa­li­sé une con­sul­ta­ti­on jusqu’au 12 décembre 2022. Le lea­der du sys­tème «rail» a pris posi­ti­on pour le secteur.

Chaque palier de mesures permet d’éviter une situation pire

Avec les mesu­res déci­dées jusqu’ici, le Con­seil fédé­ral ren­force la sécu­ri­té de l’approvisionnement en élec­tri­ci­té: mise en place de réser­ves hydro­élec­tri­ques, mise à dis­po­si­ti­on de cen­tra­les ther­mi­ques de réser­ve et aug­men­ta­ti­on des capa­ci­tés des réseaux de trans­port d’électricité. Le CF veut en outre prépa­rer des mesu­res gra­du­el­les desti­nées à rédui­re la con­som­ma­ti­on d’électricité. Des appels à une con­som­ma­ti­on d’électricité éco­no­me et l’Alliance pour les éco­no­mies d’énergie de l’économie se pro­po­sent de sen­si­bi­li­ser les ent­re­pri­ses sur ce sujet sur l’ensemble du territoire.

Si une pénurie devait mal­gré tout se pro­dui­re en hiver, le Con­seil fédé­ral règ­lerait l’approvisionnement en élec­tri­ci­té au moyen de mesu­res limi­tées dans le temps. En cas de crise, il pren­drait des décis­i­ons afin d’imposer des rest­ric­tions de con­som­ma­ti­on ciblées. Cela per­met­tra de garan­tir la sta­bi­li­té du réseau et donc l’approvisionnement en élec­tri­ci­té. Chaque palier de mesu­res vise à évi­ter des mesu­res plus drastiques.

Le contingentement vise à éviter les délestages

Le Con­seil fédé­ral con­sidè­re le con­tin­gen­te­ment comme une mesu­re clé pour évi­ter les déles­ta­ges cri­ti­ques. Afin de garan­tir son effi­ca­ci­té, il ne veut en exclure aucun con­som­ma­teur de courant.

Pour les ent­re­pri­ses con­ces­si­on­n­aires de trans­ports publics (TP), il pré­voit néan­mo­ins des dis­po­si­ti­ons par­ti­cu­liè­res. Les TP, ser­vice fon­da­men­tal, doi­vent être assu­rés aussi long­temps que pos­si­ble. Pour que leur fon­c­tion­ne­ment puis­se être assu­ré même en cas de pénurie d’électricité, on met­tra en œuvre des mesu­res cor­re­spond­ant au «modè­le de ges­ti­on des TP».

Mesures de gestion pour les TP 

Dans le cadre d’un grou­pe de tra­vail impli­quant l’UTP, les CFF, l’OFT et la VAP, nous avons éla­bo­ré au cours de ces der­niers mois les mesu­res gra­du­el­les pour le tra­fic de voy­a­ge­urs et pour le trans­port de mar­chan­di­ses. En cas de con­tin­gen­te­ment de l’électricité, la logis­tique des mar­chan­di­ses devra tou­jours être main­te­nue de maniè­re gra­du­el­le en fon­c­tion de l’évolution de la deman­de. Le sec­teur doit se prépa­rer à réa­gir rapi­de­ment. En effet, il est impos­si­ble de préd­ire aujourd’hui dans quels domain­es on assis­te­ra à des reculs ou à des aug­men­ta­ti­ons de la deman­de. Sur la base du «modè­le de ges­ti­on des TP», notre grou­pe de tra­vail rédi­ge­ra un pro­jet d’ordonnance cor­re­spond­ant sur les mesu­res de ges­ti­on gra­du­el­les pour les TP. À la VAP, nous sou­te­nons la pro­cé­du­re éla­bo­rée, prin­ci­pa­le­ment les mesu­res spé­cia­les appli­ca­bles aux TP.

Le prix du courant de traction va augmenter

Le cou­rant de trac­tion n’est lui non plus pas exempt de tur­bu­len­ces sou­da­i­nes: c’est ce que mont­re le récent com­mu­ni­qué des CFF. La divi­si­on Éner­gie y annon­ce un lourd défi­cit de 180 mil­li­ons de CHF pour l’année 2022. Les CFF indi­quent que du fait de la sécher­es­se per­sistan­te de l’été der­nier, il n’a pas été pos­si­ble de pro­dui­re comme d’habitude 90 % du cou­rant fer­ro­vi­ai­re à par­tir des cen­tra­les hydro­élec­tri­ques de l’entreprise. Les CFF ont dû ache­ter à court terme de l’électricité chère sur le marché.

Après des négo­cia­ti­ons avec l’OFT, les CFF aug­m­en­te­ront pour 2023 le prix de l’électricité de 3 cen­ti­mes, le portant ainsi à 13,5 cen­ti­mes par kilo­watt-heure. L’OFT envi­sa­ge de réper­cu­ter l’augmentation du prix de l’électricité con­tenu dans le prix du sil­lon de maniè­re dif­fé­ren­te selon les sec­teurs de trans­port. Les gran­des lignes se ver­ront réper­cu­ter l’intégralité du mon­tant, à savoir 3 cen­ti­mes, alors que les trans­ports régi­on­aux et le fret ne devront en sup­port­er qu’une par­tie, à savoir 1 cen­ti­me. Le fait que l’OFT n’ait pas accé­dé à la deman­de des CFF, qui récla­mai­ent une cou­ver­tu­re inté­gra­le du défi­cit par un sup­p­lé­ment de 10 cen­ti­mes, est peut-être dans un pre­mier temps une bonne nou­vel­le pour les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res. Mais l’incertitude con­cer­nant d’autres sup­p­lé­ments à venir per­du­re, et elle influen­cera aussi le futur cal­cul des offres.

Un besoin de transparence

Nous som­mes d’avis que la mise à dis­po­si­ti­on de l’énergie élec­tri­que à un taux de coûts per­met­tant des pla­ni­fi­ca­ti­ons est cru­cia­le pour l’organisation future des off­res. Les récen­tes tur­bu­len­ces de prix sem­blent vrai­ment déjà très fan­tai­sis­tes; et ce d’autant plus si l’on con­sidè­re a pos­te­rio­ri les nombreu­ses années clô­tu­rées sur un bilan posi­tif. Nous atten­dons un trai­te­ment trans­pa­rent des évè­ne­ments récents.

Actualités de la session d’hiver 2022

Actualités de la session d’hiver 2022

Le 6 décembre 2022, le Con­seil des États a adop­té deux moti­ons en secon­de ins­tance. Cel­les-ci, importan­tes pour le trans­fert du tra­fic en tran­sit, con­cer­nent aussi la ligne Bâle-Nord­hä­fen, cru­cia­le pour le tra­fic d’import et d’export. À la VAP, nous sou­te­nons deux initia­ti­ves et pré­co­ni­sons une exten­si­on des sub­ven­ti­ons publi­ques aux trans­ports de fret fer­ro­vi­ai­re conventionnel.

L’enjeu:
  • Le Con­seil des États adop­te deux moti­ons en faveur du cor­ri­dor de fret tra­vers­ant la Suisse.
  • À la VAP, nous sou­te­nons le con­tenu des moti­ons – et nous met­tons l’accent sur cer­ta­ins points.
  • En effet, les trans­ports de fret fer­ro­vi­ai­re con­ven­ti­on­nel sont à ce jour enco­re mis de côté.

 

Promotion du corridor de fret traversant la Suisse

La moti­on 22.3013 «Ren­forcer l’attrait et la com­pé­ti­ti­vi­té du cor­ri­dor de fret tra­vers­ant la Suis­se» pro­po­se de char­ger le Con­seil fédé­ral d’étendre de maniè­re ciblée les mesu­res d’encouragement dans le domaine du tran­sit à cer­tai­nes régions et à cer­ta­ins grou­pes de mar­chan­di­ses. À la VAP, nous sou­te­nons cette moti­on. Néan­mo­ins, elle exclut les trans­ports de fret fer­ro­vi­ai­re con­ven­ti­on­nel et leur potentiel inex­ploi­té. Cette défi­ci­ence doit être cor­ri­gée dans les meil­leurs délais.

L’artic­le 8 de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses per­met la pro­mo­ti­on de l’ensemble du fret en tran­sit – et donc du fret tran­sal­pin. Le Con­seil fédé­ral doit en con­sé­quence être char­gé d’encourager l’ensemble du fret et de pré­voir une pano­p­lie d’instruments de pro­mo­ti­on com­po­sée d’encouragement finan­cier, de moni­to­rage de la qua­li­té et d’extension des lignes d’accès, y com­pris pour les trans­ports con­ven­ti­on­nels. En effet, pour ceux-ci aussi, l’extension des mesu­res d’encouragement à cer­tai­nes régions et à cer­ta­ins grou­pes de mar­chan­di­ses fait sens. En se cram­pon­nant au dogme du «trans­port com­bi­né», la Suis­se se prive de chan­ces inté­res­san­tes pour un trans­fert sup­p­lé­men­tai­re du tra­fic de la route vers le rail.

Le Con­seil fédé­ral dev­rait con­ce­voir sa pano­p­lie d’instruments de pro­mo­ti­on comme tech­no­lo­gi­quement neu­tre et l’étendre à tous les trans­ports de fret en tran­sit, indé­pen­dam­ment de leur mode de production.

Amé­nage­ment sur la rive gau­che du Rhin de la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Strasbourg

La moti­on 22.3000 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se» deman­de au Con­seil fédé­ral de s’occuper de l’électrification et de l’aménager au stan­dard de la NLFA. Il con­sidè­re la pos­si­bi­li­té d’un finance­ment de la part de la Suisse.

À la VAP, nous sou­te­nons cette moti­on comme nous avons aussi sou­tenu la moti­on 20.3003 «Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin». Un tracé de ligne effi­cace de la ligne de plai­ne dans l’accès nord à la NLFA s’impose de toute urgence dans une optique de sécu­ri­té d’approvisionnement, de capa­ci­té de con­tour­ne­ment pour les pha­ses de travaux, de pon­c­tua­li­té et de qua­li­té. L’électrification et l’avènement du stan­dard de la NLFA sur le tron­çon de ligne con­cer­né avec en par­al­lè­le l’aménagement du tun­nel de Kan­nen­feld et de Schüt­zen­matt à 4 mètres per­met­tent une pre­miè­re aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble des capa­ci­tés dans l’accès nord à la NLFA.

 

Lisez ici le com­mu­ni­qué de la SDA du 6 décembre 2022 (en allemand)

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