La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Forum voies de raccordement 2022: rétrospective

Forum voies de raccordement 2022: rétrospective

Le 15 novembre 2022, le Forum voies de rac­cor­de­ment fai­sait son retour: c’était la pre­miè­re édi­ti­on depuis 2018. Les inter­venants étai­ent unani­mes: il est tout à fait pos­si­ble d’exploiter effi­ca­ce­ment des voies de rac­cor­de­ment, à con­di­ti­on que les opé­ra­teurs inves­tis­sent de l’argent et du temps dans la pla­ni­fi­ca­ti­on, les con­nais­sances tech­ni­ques et la sécurité.

La thèse:
  • Il est pos­si­ble d’exploiter les voies de rac­cor­de­ment effi­ca­ce­ment. Mais cela exige de l’argent et des efforts de planification.
  • Des con­trô­les de sécu­ri­té prag­ma­ti­ques per­met­tent de compa­rer la thé­o­rie et la pratique.
  • Les éch­an­ges d’expériences au sein de la bran­che et le sou­ti­en tech­ni­que de la VAP sont appréciés.
Un regard critique

Durant la pre­miè­re par­tie du forum, nous avons évo­qué les nou­veaux rôles qui appa­rais­sent dans le domaine du tra­fic par wagons com­plets. Dans son dis­cours de bien­ve­nue, Frank Fur­rer, secré­tai­re géné­ral de la VAP, a porté un regard cri­tique sur l’actuelle con­sul­ta­ti­on. Il inci­te les per­son­nes pré­sen­tes à sou­mett­re dans les ent­re­ti­ens de la bran­che leurs idées pour un fret fer­ro­vi­ai­re per­for­mant, et pré­cise qu’il est néces­saire de réor­ga­nis­er les rôles des acteurs au niveau du der­nier kilo­mèt­re, de la dis­tri­bu­ti­on et de la pro­duc­tion. De même, il faut uti­li­ser les res­sour­ces tel­les que les wagons et les loco­mo­ti­ves avec une plus gran­de fle­xi­bi­li­té grâce à de nou­veaux modè­les com­mer­ciaux. Une étude de la VAP de 2013 mon­trait à l’époque déjà que la coopé­ra­ti­on axée sur la con­cur­rence con­dui­sait à un sys­tème carac­té­ri­sé par une four­ni­tu­re de pre­sta­ti­ons plus effi­cace et davan­ta­ge de trafic.

Exploitation

Tho­mas Kel­ler, direc­teur de la logis­tique chez Per­len Papier AG, a parlé de l’exploitation effi­cace des voies de rac­cor­de­ment. À ses yeux, le recru­tement de col­la­bo­ra­teurs qua­li­fiés est un grand défi auquel il se voit con­fron­té dans le con­tex­te de ses voies de rac­cor­de­ment de Gisikon/Root. Il a expli­qué que la for­ma­ti­on néces­saire coû­tait cher et pas­sait par une pla­ni­fi­ca­ti­on à long terme, men­ti­on­nant ensuite parmi les aut­res fac­teurs la com­ple­xi­té des pre­scrip­ti­ons d’exploitation ainsi que la main­ten­an­ce des loco­mo­ti­ves appar­ten­ant à l’entreprise. Tho­mas Kel­ler par­ta­ge avec les invi­tés les expé­ri­en­ces qu’il a fai­tes avec l’art. 6a de l’ordonnance sur le trans­port de mar­chan­di­ses et avec la Rail­Com. Grâce au bon con­seil dont il a béné­fi­cié de la part de la VAP, il a été pos­si­ble de trou­ver une solu­ti­on spé­cia­le pour l’accès à la voie de rac­cor­de­ment de Per­len Papier AG, selon laquel­le une uti­li­sa­ti­on par des tiers n’est pas pos­si­ble, parce que les instal­la­ti­ons ne sont pas adap­tées à cela et qu’il exis­te des pro­jets d’aménagement.

Contrôles de sécurité

Ueli Remund, membre de l’unité Voies de rac­cor­de­ment chez Plan­zer Trans­port AG, a mon­tré à l’aide de l’organisation et des pro­ces­sus l’importance d’une docu­men­ta­ti­on par­fai­te et des con­trô­les de sécu­ri­té, p. ex. pour garan­tir la sécu­ri­té et la tra­ça­bi­li­té. Celle-ci est essen­ti­el­le pour exploi­ter effi­ca­ce­ment les voies de rac­cor­de­ment. Plan­zer a dû affi­ner les con­trô­les inter­nes des voies de rac­cor­de­ment. Pour le cas où une ent­re­pri­se ne dis­po­se pas des com­pé­ten­ces tech­ni­ques en inter­ne, Ueli Remund a con­seil­lé de con­fier ces tâches au presta­tai­re spé­cia­li­sé de la VAP.

Maintenance

Se fond­ant sur l’exemple de la voie de rac­cor­de­ment appar­te­ment à son ent­re­pri­se, Hein­rich Mau­rer, direc­teur de l’immobilier chez mobi­log AG, a donné un éclai­ra­ge sur la main­ten­an­ce et la maniè­re dont pla­ni­fier celle-ci de maniè­re fia­ble avec le sou­ti­en de la VAP. La voie de rac­cor­de­ment est un élé­ment important de la logis­tique de trans­port; n’oublions pas que jus­tem­ent dans les arri­vées, 70 % du volu­me est ache­mi­né par le train. mobi­log AG a déci­dé de pas­ser au train pour ses char­ge­ments après la longue fer­me­tu­re du tun­nel du Saint-Got­hard inter­ve­nue suite à un acci­dent. Hein­rich Mau­rer juge cette décis­i­on bonne sur le long terme.

Devoir de surveillance

Dans la deu­xiè­me par­tie, Hen­rik Lipp­mann, audi­teur en chef de la sec­tion Sur­veil­lan­ce de la sécu­ri­té de l’OFT, a parlé des expé­ri­en­ces fai­tes dans le cadre de la sur­veil­lan­ce de la sécu­ri­té des rac­cor­dés. Ce devoir de sur­veil­lan­ce appor­te une plus-value aux ent­re­pri­ses. De nombreux rac­cor­dés n’ont pas d’affinités avec le che­min de fer, ce qui expli­que que les audits s’apparentent sou­vent à un con­seil. Le réper­toire en ligne des voies de rac­cor­de­ment con­sti­tue un instru­ment important, que les pro­prié­tai­res de voies de rac­cor­de­ment peu­vent uti­li­ser pour con­ser­ver des docu­ments sous forme numé­ri­que, mett­re en place des noti­fi­ca­ti­ons auto­ma­ti­ques ou pro­fi­ter d’autres fon­c­tions uti­les. Hen­rik Lipp­mann a en outre infor­mé l’assistance sur les nou­veau­tés pré­vues dans le cadre du cycle de modi­fi­ca­ti­ons 2024 du règle­ment rela­tif à la com­po­si­ti­on et à la cir­cu­la­ti­on des trains (RCT), qui se tra­dui­ront par des sim­pli­fi­ca­ti­ons dans le domaine des manœu­vres des voies de raccordement.

Dialogue

Lors de la dis­cus­sion-débat sur le podi­um, les inter­venants ont échan­gé sur le thème «La sécu­ri­té dans la réa­li­té et en thé­o­rie: y a‑t-il des dif­fé­ren­ces?». Les par­ti­ci­pan­ts au forum étai­ent des char­geurs, chem­ins de fer et presta­tai­res inté­res­sés, qui ont pu reti­rer des expo­sés et de la dis­cus­sion des ens­eig­ne­ments pré­cieux et des con­seils pra­ti­ques. Bien enten­du, le lunch debout qui a suivi a aussi lais­sé une bonne place au réseautage.

 

Le secteur ferroviaire doit se réinventer

Le secteur ferroviaire doit se réinventer

Le rail n’est vrai­ment pas connu pour sa pro­pen­si­on à se renou­ve­ler. Cela doit chan­ger et chan­ge­ra s’il veut res­ter un moyen de trans­port apte à affron­ter l’avenir. Lors du 7e forum fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal IRFC 2022, les experts ont pré­sen­té un vaste éven­tail d’initiatives, d’innovations et de res­truc­tu­ra­ti­ons. Nous en avons résu­mé et éva­lué ici les prin­ci­pa­les d’un œil critique.

Les enjeux:
  • Afin de mett­re en œuvre le Pacte vert, il y a beso­in d’innovations, de nou­vel­les tech­no­lo­gies et d’une moder­ni­sa­ti­on com­plè­te du sec­teur ferroviaire.
  • La modu­la­ri­té des inno­va­tions ne réus­sit qu’avec de la coopé­ra­ti­on et de la coordination.
  • La Suis­se ne doit pas rater le train des pro­gram­mes d’innovation de l’UE.

 

Sous la pré­si­dence tchè­que, le pré­si­dent du Con­seil de l’UE a invi­té les minis­tres des trans­ports de l’UE du 5 au 7 octobre 2022 à la IRFC à Pra­gue. La devi­se du con­grès était: «Let’s build a new gene­ra­ti­on of rail­ways tog­e­ther» (Con­strui­sons ensem­ble une nou­vel­le géné­ra­ti­on de chem­ins de fer). Le minist­re tchè­que des trans­ports, Mar­tin Kupka, a souli­g­né le rôle clé du rail pour la réus­si­te de la mise en œuvre du Pacte vert. Celui-ci défi­nit la répon­se clai­re de l’UE au chan­ge­ment cli­ma­tique en cours. D’ici 2050, la mobi­li­té et les trans­ports en Euro­pe devront avoir att­eint la neu­tra­li­té car­bo­ne. En Suis­se, avec ses objec­tifs cli­ma­ti­ques 2050, le Con­seil fédé­ral aspi­re à rem­pla­cer les sources d’énergie fos­si­les dans un cadre tem­po­rel comparable.

Depuis quel­ques années déjà, on voit se pro­fi­ler un chan­ge­ment de para­dig­me dans le sec­teur fer­ro­vi­ai­re. La poli­tique fixe des objec­tifs assor­tis d’un cal­en­drier et donne aux sec­teurs des mis­si­ons con­crè­tes. Pour que les chem­ins de fer euro­pé­ens puis­sent réa­gir en fon­c­tion des mis­si­ons, on a beso­in de davan­ta­ge de coopé­ra­ti­on dans le déve­lo­p­pe­ment de nou­vel­les tech­no­lo­gies et dans leur mise en œuvre. Le pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re est la base de la créa­ti­on du sys­tème fer­ro­vi­ai­re uni­for­mi­sé euro­pé­en qui est prévu.

D’ici que de nou­vel­les tech­no­lo­gies att­eig­n­ent le stade de l’application, il y aura dans un pre­mier temps beso­in d’une coor­di­na­ti­on de l’innovation (cf. illus­tra­ti­on) et d’une recher­che ciblée visa­nt à pro­dui­re les bases sci­en­ti­fi­ques. À cet effet, l’UE a mis en place au cours de ces der­niè­res années des orga­ni­sa­ti­ons per­for­man­tes et com­pé­ten­tes: le pro­gram­me «Hori­zon» diri­ge et finan­ce divers pro­jets de recher­che. Grâce à un réseau inter­sec­to­ri­el, les con­clu­si­ons et résul­tats sont mis rapi­de­ment à la dis­po­si­ti­on d’un vaste domaine d’utilisation. Le par­ten­ari­at d’innovation Ent­re­pri­se com­mu­ne «Sys­tème fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en» (EU-Rail) forme un cadre au sein duquel sont con­cré­ti­sées de nou­vel­les appro­ches inno­van­tes sur la base des résul­tats four­nis par la recher­che. Les prin­ci­paux pro­jets pour l’exploitation fer­ro­vi­ai­re et pour la tech­ni­que s’appuient sur deux piliers: le pilier «sys­tème» et le pilier «tech­ni­que». L’Agence fer­ro­vi­ai­re ERA défi­nit les nou­vel­les spé­ci­fi­ca­ti­ons uni­for­mi­sées pour les appli­ca­ti­ons fer­ro­vi­ai­res euro­pé­en­nes et garan­tit ainsi l’interopérabilité. Ce regrou­pe­ment des con­nais­sances per­met d’élaborer en peu de temps des solu­ti­ons mûres pour être appli­quées à l’échelle internationale.

L’énergie de demain est renouvelable

Les éco­no­mies indus­tria­li­sées uti­li­sai­ent jusqu’ici prin­ci­pa­le­ment des sources d’énergie fos­si­les, long­temps dis­po­nibles sur le mar­ché inter­na­tio­nal à des prix avan­ta­ge­ux. Avec le Pacte vert, l’UE entend rédui­re de 90 % les émis­si­ons liées aux trans­ports d’ici 2050 et trans­fé­rer 75 % du volu­me de trans­port de la route vers le rail ou les voies flu­via­les. Les sources d’énergie importan­tes dans l’avenir seront l’hydrogène et l’électricité, pro­duits l’un et l’autre à par­tir de res­sour­ces renouvelables.

La communication moderne de données se fait numériquement

Les pro­ces­sus indus­tria­li­sés fon­c­tion­nent bien quand les don­nées néces­saires sont dis­po­nibles direc­te­ment et immé­dia­te­ment pour tou­tes les par­ties pren­an­tes. L’utilisation actu­el­le des don­nées est enco­re limi­tée, et pour beau­coup de sous-pro­ces­sus, la sai­sie des don­nées est sans cesse réi­té­rée. Ces démar­ches indi­vi­du­el­les sont gour­man­des en res­sour­ces et en temps ainsi que sources d’erreurs. À l’avenir, les don­nées devront être mises à la dis­po­si­ti­on de tous les par­ti­ci­pan­ts auto­ri­sés, sans que l’on ait à chan­ger de média et dans des délais très brefs. L’accès direct aux don­nées est essentiel pour la réa­li­sa­ti­on de pro­ces­sus auto­ma­ti­sés, de même qu’une pro­tec­tion effi­cace des don­nées. La cyber­sé­cu­ri­té va deve­nir le thème cen­tral de la com­mu­ni­ca­ti­on moder­ne de données.

Une restructuration du système ferroviaire est incontournable

Au 19e et au début du 20e siè­cle, le che­min de fer a été essentiel pour l’industrialisation. Ce n’est qu’à par­tir de la moi­tié du 20e siè­cle que la route et l’aéronautique ont fait recu­ler le rail dans les trans­ports grâce à des étapes d’innovation réus­sies. Dans cette évo­lu­ti­on, l’élément décisif a été la con­cur­rence intra­mo­da­le et la rigou­reu­se ori­en­ta­ti­on sur le cli­ent. La prin­ci­pa­le ques­ti­on des cli­ents était: com­ment pou­vons-nous répond­re à nos beso­ins plus sim­ple­ment, plus con­for­ta­blem­ent et à moind­res frais? Or c’est sur la route qu’ils ont eu des répon­ses adaptées.

Aujourd’hui, ce sont les chem­ins de fer qui doi­vent enfin se poser eux aussi cette ques­ti­on. Le rail est un sys­tème de trans­port per­for­mant et éco­no­me en res­sour­ces pré­sen­tant de nombreux atouts. Si l’on compa­re direc­te­ment les beso­ins éner­gé­ti­ques, le vain­queur est incon­test­a­blem­ent le che­min de fer élec­tri­fié. À con­di­ti­ons éga­les, le rail con­som­me 10 fois moins d’énergie que la route. Les gran­des lignes fer­ro­vi­ai­res euro­pé­en­nes sont déjà élec­tri­fiées, de sorte que l’énergie de trac­tion néces­saire peut y être uti­li­sée avec une effi­ca­ci­té éle­vée. Un réseau fer­ro­vi­ai­re très rami­fié relie aujourd’hui les régions importan­tes d’Europe, une gran­de par­tie des lignes sont à écar­te­ment nor­mal, seu­les quel­ques régions euro­pé­en­nes uti­li­sant de nos jours des écar­te­ments différents.

Pour que le trans­fert du tra­fic vers le rail tel qu’il est prévu puis­se se réa­li­ser effec­ti­ve­ment, il faut d’abord qu’ait lieu une muta­ti­on cul­tu­rel­le au sein des chem­ins de fer vers une con­cur­rence intra­mo­da­le et une ori­en­ta­ti­on cli­ent ainsi qu’un renou­vel­le­ment com­plet et sys­té­ma­tique du sys­tème ferroviaire:

  • RTE‑T: l’UE a défi­ni le réseau fer­ro­vi­ai­re trans­eu­ro­pé­en pour reli­er tous les cen­tres euro­pé­ens importants. Les trains doi­vent pou­voir cir­cu­ler sans obs­ta­cle sur une infra­struc­tu­re uni­for­mi­sée et har­mo­ni­sée, le fon­c­tion­ne­ment à l’hydrogène ou sur bat­te­ries pou­vant assurer la neu­tra­li­té car­bo­ne visée sur les lignes second­ai­res. L’aménagement du réseau fer­ro­vi­ai­re se fait selon deux axes dif­fér­ents: pour le trans­port de voy­a­ge­urs, il faut mett­re en place un réseau à gran­de vites­se qui relie les cen­tres importants et rende pos­si­bles des temps de tra­jet attra­yants. Pour le trans­port de mar­chan­di­ses, il con­vi­ent de mett­re à dis­po­si­ti­on les sil­lons néces­saires, de sorte que le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­se croît­re con­for­mé­ment aux direc­ti­ves poli­ti­ques. Les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses devront plus que dou­bler leur capa­ci­té de trans­port au cours des décen­nies à venir. Cet objec­tif ambi­ti­eux ne pour­ra être att­eint qu’à l’aide de l’innovation. En outre, les ges­ti­on­n­aires de cor­ri­dors doi­vent être dotés de com­pé­ten­ces éten­dues afin de mett­re un terme aux pra­ti­ques de «pico­ra­ge» des chem­ins de fer nati­on­aux à ges­ti­on intégrée.
  • Interopé­ra­bi­li­té et stan­dar­di­s­a­ti­on: les dif­fér­ents sys­tè­mes fer­ro­vi­ai­res euro­pé­ens sont enco­re sou­mis à une multi­tu­de de pre­scrip­ti­ons natio­na­les sou­vent diver­gen­tes. L’obligation de les respec­ter nuit jusqu’à pré­sent de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à la liber­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re trans­fron­ta­lier et per­met des avan­ta­ges con­cur­rentiels déloyaux sur le mar­ché natio­nal. Mal­gré les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI), les règles natio­na­les con­ti­nuent d’entraver con­sidé­ra­blem­ent le tra­fic trans­fron­ta­lier. L’UE a fait de l’élimination de ces règles natio­na­les une mis­si­on de manage­ment importan­te en lan­çant son «rules clea­ning-up pro­gram­me». C’est là un pro­gram­me décisif du pilier tech­ni­que du 4epaquet fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en desti­né à créer un Sin­gle Euro­pean Rail­way Area (espace fer­ro­vi­ai­re uni­que euro­pé­en, SERA). Alors que le déve­lo­p­pe­ment des Spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI) relè­ve de la responsa­bi­li­té de l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA, c’est au sec­teur fer­ro­vi­ai­re qu’il incom­be de mett­re à jour et de déve­lo­p­per les nor­mes et stan­dards affér­ents. Dans le cas idéal visé, les STI et les nor­mes spé­ci­fie­ront suf­fi­sam­ment tous les sous-sys­tè­mes fer­ro­vi­ai­res dans tous les pays euro­pé­ens impli­qués. La Suis­se s’appuie elle aussi sys­té­ma­ti­quement sur les STI dans le domaine des voies nor­ma­les. Dans le cadre de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres en vigueur, elle a repris de pre­miers élé­ments du pilier tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE. Sach­ant que le dia­lo­gue entre l’UE et la Suis­se est actu­el­le­ment au point mort, il n’est mal­heu­reu­se­ment pas pos­si­ble de pour­suiv­re ce pro­jet comme prévu.
  • Cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC): les chem­ins de fer doi­vent rem­pla­cer sur tout le ter­ri­toire leurs nor­mes, mises en place au fil de leur his­toire, mais dépas­sées, comme l’attelage à vis clas­si­que, par des sys­tè­mes moder­nes numé­ri­ques comme le DAC4. Ceci con­sti­tuera une base décisi­ve pour une future auto­ma­tis­a­ti­on com­plè­te du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Mais il y a plus important enco­re: la mise en réseau de l’ensemble des acteurs tout au long de la chaî­ne logis­tique – au-delà de la simp­le cir­cu­la­ti­on sur le rail – grâce aux pos­si­bi­li­tés offer­tes par la digi­ta­li­sa­ti­on. Les pla­te­for­mes de don­nées et de réser­va­ti­on libre­ment acces­si­bles ouvrent la voie à des gains d’efficacité et de qua­li­té insoup­çon­nés. Par leur savoir-faire, les mem­bres de la VAP et les CFF con­tri­buent eux aussi acti­ve­ment à la réus­si­te de ce pro­jet important.
  • Éner­gie: dans le domaine de l’énergie, on tra­vail­le sur les pro­ces­sus néces­saires à la pro­duc­tion d’hydrogène neu­tre en car­bo­ne, à la dis­tri­bu­ti­on de cette source d’énergie et son uti­li­sa­ti­on simp­le. Pour une explo­ita­ti­on sur les longues lignes fer­ro­vi­ai­res non élec­tri­fiées, l’hydrogène con­sti­tue une source d’énergie pro­met­teu­se pour rem­pla­cer rapi­de­ment les car­bu­rants fossiles.
Un marathon jalonné d’obstacles

Avec son Pacte vert, l’UE a défi­ni un vaste pro­gram­me pour une con­cep­ti­on d’une Euro­pe neu­tre en car­bo­ne. Tou­te­fois, les pays mem­bres ont des situa­tions de départ, des prio­ri­tés et des inté­rêts dif­fér­ents. Pour la mise en œuvre de ce pro­gram­me ambi­ti­eux, il fau­dra donc sur­mon­ter plu­s­ieurs obs­ta­cles. On verra si les inté­rêts nati­on­aux des chem­ins de fer éta­ti­ques pour­ront suf­fi­sam­ment s’effacer au pro­fit d’une solu­ti­on euro­pé­en­ne commune.

Le rail est appelé à jouer dans l’avenir un rôle clé dans le trans­port euro­pé­en de voy­a­ge­urs et de mar­chan­di­ses. Il pré­sen­te des atouts sédui­sants. Mais il doit aussi sur­mon­ter son aver­si­on pour le renou­veau, le chan­ge­ment et la con­cur­rence qui s’est déve­lo­p­pée au fil de longues décen­nies. Le repli des mar­chés sur eux-mêmes, notam­ment de la part des chem­ins de fer nati­on­aux, con­sti­tue enco­re un obs­ta­cle majeur en de nombreux end­roits. En se cram­pon­nant à des pre­scrip­ti­ons natio­na­les, sou­vent sous le pré­tex­te de con­sidé­ra­ti­ons de sécu­ri­té, les chem­ins de fer nati­on­aux veu­lent con­tin­uer à se pro­té­ger cont­re une con­cur­rence inter­na­tio­na­le indé­si­ra­ble. C’est aux États mem­bres qu’il appar­tient d’aider l’idée euro­pé­en­ne à s’imposer et de mett­re un terme aux métho­des déloya­les de leurs chem­ins de fer nationaux.

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit défi­nir de nou­vel­les nor­mes par l’innovation. Il doit uni­for­mi­ser et allé­ger son uni­vers règle­men­tai­re au niveau inter­na­tio­nal. Lorsqu’ils déve­lo­p­pent de nou­veaux sys­tè­mes, les grands four­nis­seurs du sec­teur fer­ro­vi­ai­re ne doi­vent pas cher­cher à s’assurer un avan­ta­ge uni­la­té­ral sur le mar­ché en pro­po­sant des pro­duits exclu­sifs et incom­pa­ti­bles. Pour que la migra­ti­on réus­sis­se dura­blem­ent, le sec­teur a beso­in de pro­duits inno­vants com­pa­ti­bles, abou­tis et fia­bles. On ne peut pas dire que les con­s­truc­teurs se soi­ent vrai­ment distin­gués dans ce domaine au cours de ces der­niè­res années.

La faisa­bi­li­té du trans­fert des trans­ports vers le rail dans l’ampleur pré­vue dépen­dra des moy­ens finan­ciers dis­po­nibles. Pour la migra­ti­on, il n’y aura pas de coff­re de l’UE débord­ant d’argent, dans lequel les dif­fé­ren­tes ent­re­pri­ses pour­ront pui­ser selon leurs beso­ins. Les dif­fér­ents États mem­bres vont devoir con­tri­buer au renou­vel­le­ment et à l’extension de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re moy­enn­ant des finance­ments initiaux importants. La Suis­se ne fera pas excep­ti­on. Les pro­jets clés tels que le DAC devront être coor­don­nés au niveau inter­na­tio­nal, sans quoi leur effet sera réduit à néant.

La Suisse fait partie de l’Europe

La Suis­se aura elle aussi tout à gagner à par­ti­ci­per acti­ve­ment à ces pro­gram­mes de l’UE. Avec ses grands axes de tran­sit, le réseau suis­se à voie nor­ma­le con­tri­bue au réseau fer­ro­vi­ai­re trans­eu­ro­pé­en de l’UE. Il con­sti­tue une par­tie importan­te du sys­tème fer­ro­vi­ai­re uni­que euro­pé­en SERA. Sach­ant que de nombreux trans­ports suis­ses pas­sent la fron­tiè­re, des solu­ti­ons interopé­ra­bles sont indis­pens­ables. La Suis­se a rem­pli son objec­tif en déve­lo­pp­ant de bout en bout les trans­ver­sa­les Nord-Sud, comme elle l’avait annon­cé. Le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se doit con­tin­uer à être déve­lo­p­pé pour les trans­ports inté­ri­eurs afin d’être dans l’avenir en mesu­re de réa­li­ser l’objectif de crois­sance dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Nos experts peu­vent four­nir acti­ve­ment des con­tri­bu­ti­ons pré­cieu­ses et se mesurer avec les meil­leurs au niveau inter­na­tio­nal. Nos ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res peu­vent ren­forcer leur posi­ti­on sur le mar­ché grâce à de nou­veaux con­cepts, notam­ment dans le tra­fic d’importation et d’exportation.

La VAP sou­ti­ent les acti­vi­tés com­mu­nes visa­nt à déve­lo­p­per le sec­teur fer­ro­vi­ai­re pour en faire un par­ten­aire important du sys­tème de trans­port mul­ti­mo­dal. Dans ce con­tex­te, la coopé­ra­ti­on au niveau euro­pé­en et la con­cur­rence intra­mo­da­le sont des con­di­ti­ons décisi­ves pour att­eind­re les objec­tifs poli­ti­ques dans les délais impar­tis. En matiè­re de trans­port, nous som­mes si étroi­te­ment liés aux pays voi­sins que notre éco­no­mie a beso­in de pre­sta­ti­ons de trans­port et de cir­cu­la­ti­on trans­fron­ta­liè­res libé­rées de tout obs­ta­cle. Du point de vue éner­gé­tique, le rail est par­ti­cu­liè­re­ment pré­des­ti­né pour les gran­des distances. Les dif­fé­rends poli­ti­ques entre la Suis­se et l’UE con­ti­nuent d’entraver la coopé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le, pour­tant urgen­te et néces­saire. En dépit les obs­ta­cles, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re serait bien avisé de recher­cher et d’entretenir acti­ve­ment les éch­an­ges tech­ni­ques. Ce n’est qu’ensemble que nous réus­si­rons l’avenir du rail.

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Con­cer­nant la réor­ga­ni­sa­ti­on et la moder­ni­sa­ti­on à venir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire et son encou­ra­ge­ment dura­ble, la VAP dia­lo­gue acti­ve­ment avec les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’organisation faî­tiè­re des trans­ports publics (UTP). Un résu­mé sur l’avancement des débats figu­re ci-des­sous avec les avan­ta­ges d’un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment basé sur des incitatifs.

Les respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP et la VAP, en tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, veu­lent démon­trer ensem­ble que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire (TFM) peut être pra­ti­qué avec suc­cès sur le long terme. Les ent­re­ti­ens des repré­sen­tants de la bran­che sur l’avenir de la logis­tique du tra­fic inté­ri­eur bat­tent leur plein et devront about­ir à une posi­ti­on com­mu­ne envers le TMF, lors­que le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge con­cer­nant «l’orientation future du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le territoire».

Développer une offre de réseau pleine d’avenir

Les acteurs de la bran­che aspi­rent à une offre de réseau per­for­man­te («hub and spoke») dont doi­vent pro­fi­ter de la même façon les explo­itants du fret fer­ro­vi­ai­re et les cli­ents dans le tra­fic inté­ri­eur. Pour ce faire, il faut une nou­vel­le répar­ti­ti­on des rôles dans la pro­duc­tion et un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment finan­cier dura­ble avec des méca­nis­mes inci­ta­tifs déve­lo­p­pés. Celui-ci doit être conçu de maniè­re à ne pas faus­ser le jeu de la con­cur­rence tout en étant aussi simp­le que pos­si­ble. Il ne doit auto­ri­ser aucu­ne dis­tor­si­on du mar­ché et de la con­cur­rence entre les chem­ins de fer sub­ven­ti­onnés et non-sub­ven­ti­onnés et les pre­sta­ti­ons ou enco­re d’autres iné­ga­li­tés. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment doit com­prend­re un nombre fai­ble, mais réa­li­sable, de méca­nis­mes inci­ta­tifs avec une effi­ca­ci­té maxi­ma­le. Par ail­leurs, il doit s’adapter aux der­niers déve­lo­p­pe­ments; le plan de réduc­tion des sub­ven­ti­ons se déroule dans l’idéal par­al­lè­le­ment à l’EA 2035 et à la ligne de con­tour­ne­ment de Zurich.

Des conditions-cadres améliorées

Afin que le TFM puis­se déploy­er ses atouts, de meil­leu­res con­di­ti­ons-cad­res sont néces­saires – indé­pen­dam­ment du modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment et de la com­pré­hen­si­on des rôles. Cela comprend:

  • Réduc­tion du prix du sil­lon à l’échelon européen
  • Exten­si­on du rem­bour­se­ment de la RPLD à tous les trans­ports par route, rail, bateau
  • Exten­si­on de la pro­mo­ti­on des inves­tis­se­ments aux pro­prié­tai­res et explo­itants de voies de raccordement
  • Automatisation/digitalisation, en par­ti­cu­lier grâce au cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)
  • Pla­te­for­me de don­nées et d’information libre­ment acces­si­ble pour un dérou­le­ment opé­ra­ti­on­nel plus efficace
Des mécanismes incitatifs très efficaces

Les repré­sen­tants de la bran­che pré­voi­ent des inci­ta­tifs en faveur des char­geurs et le finance­ment ainsi que la neu­tra­li­sa­ti­on du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres. Les inci­ta­tifs en faveur des char­geurs com­pren­nent des dédom­ma­ge­ments pour les nou­veaux tra­fics, la remi­se en ser­vice de voies de rac­cor­de­ment après de longues inter­rup­ti­ons d’exploitation, des mesu­res d’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans les manœu­vres et pour les manœu­vres pro­pres sur le der­nier kilo­mèt­re. La des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres sera finan­cée par un dédom­ma­ge­ment au presta­tai­re. Celui-ci pro­po­se des des­ser­tes de pro­xi­mi­té pour l’ensemble des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re à des prix défi­nis (très loin de cou­vr­ir les coûts).

Un nouveau rôle pour CFF Cargo

CFF Cargo con­ti­nue d’assumer la fon­c­tion d’opérateur réseau. Elle se char­ge de la réa­li­sa­ti­on des cour­ses prin­ci­pa­les et des manœu­vres, super­vi­se la pla­ni­fi­ca­ti­on des tra­fics de réseau et garan­tit un grou­pe­ment effi­cace de trans­ports avec des wagons iso­lés ou des grou­pes de wagons. Pour ce faire, CFF Cargo est géné­ra­le­ment en seul cont­act avec les char­geurs, qui con­fi­ent des trans­ports dans le tra­fic réseau, et dia­lo­gue avec le presta­tai­re qui des­sert le premier/dernier kilomètre.

En faveur de la concurrence

Les repré­sen­tants de l’UTP et de la VAP s’engagent pour une solu­ti­on de bran­che dura­ble qui offre plus de sécu­ri­té en ter­mes de pla­ni­fi­ca­ti­on et d’investissement et accroît l’attractivité du mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Ils pré­voi­ent un méca­nis­me de sub­ven­ti­on­ne­ment qui ne fausse pas le jeu de la con­cur­rence et qui uti­li­se les struc­tures et métho­des d’indemnisation existan­tes. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment de la bran­che peut aug­men­ter son impact sur le trans­fert du tra­fic en pro­po­sant des inci­ta­tifs sup­p­lé­men­tai­res à des tiers avec un pre­mier et der­nier kilo­mè­tres. De cette maniè­re, les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re n’ont pas à prend­re de décis­i­on «make or buy» (faire ou faire faire). CFF Cargo peut exploi­ter le réseau grâce à l’autofinancement. La solu­ti­on qui est apparue suite au dia­lo­gue entre les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et les char­geurs doit ren­forcer la capa­ci­té com­pé­ti­ti­ve des acteurs et per­mett­re l’innovation ainsi que l’orientation clientèle.

 

À lire avec inté­rêt à ce sujet: en 2014 déjà, la recom­man­da­ti­on d’une «des­ser­te non dis­cri­mi­na­toire du der­nier kilo­mèt­re pour tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re» est res­sor­tie de notre étude.

«RAIL 2050» – regard critique sur la perspective à long terme de la Confédération

«RAIL 2050» – regard critique sur la perspective à long terme de la Confédération

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­terait ren­forcer davan­ta­ge les chem­ins de fer à long terme. Pour ce faire, il a révi­sé sa stra­té­gie à long terme pour le rail. Il fixe désor­mais de nou­vel­les prio­ri­tés dans le cadre d’un accès amé­lio­ré au train et d’une aug­men­ta­ti­on des capa­ci­tés sur l’axe Est-Ouest avec de nou­vel­les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment mul­ti­mo­da­les et des instal­la­ti­ons pour la logis­tique urbai­ne. Ci-après une éva­lua­ti­on cri­tique de cette perspective. 

Pour ce qui est des futures étapes d’aménagement de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re, le Con­seil fédé­ral a adap­té sa per­spec­ti­ve à long terme RAIL de l’année 2012 et publié des détails de la réuni­on du 22 juin 2022. Jusqu’ici, le Con­seil fédé­ral s’est con­cen­tré avant tout sur les sup­pres­si­ons des gou­lets d’étranglement et les den­si­fi­ca­ti­ons de la cadence. Avec les étapes d’aménagement à venir dans le cadre de la per­spec­ti­ve RAIL 2050, il sou­hai­te en pre­mier lieu amé­lio­rer l’offre de chem­ins de fer sur les cour­tes et moy­ennes distances, par exemp­le avec des off­res sup­p­lé­men­tai­res de RER et une valo­ri­sa­ti­on des gares de trains de ban­lieue. Il tient donc comp­te du fait que le plus grand potentiel de trans­fert rési­de dans le rail à l’intérieur des agglo­mé­ra­ti­ons ainsi que dans les liai­sons entre les cen­tres régi­on­aux et les agglomérations.

Faire avancer le transfert dans le fret ferroviaire

Il s’agit d’améliorer l’accès au train et d’augmenter les capa­ci­tés sur l’axe Est-Ouest dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Ceci avec de nou­vel­les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment muli­mo­da­les et des instal­la­ti­ons pour la logis­tique urbai­ne. Avec le trans­fert du tra­fic visé, le Con­seil fédé­ral sou­hai­te ren­forcer sa stra­té­gie afin d’atteindre les objec­tifs cli­ma­ti­ques et de mieux coor­don­ner l’aménagement du ter­ri­toire et la pla­ni­fi­ca­ti­on des trans­ports. Il exprime cette pré­ten­ti­on dans sa visi­on: «Le rail con­tri­bue de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve, grâce à une uti­li­sa­ti­on effi­cace de ses atouts, à l’objectif cli­ma­tique 2050 et ren­force le lieu de vie et la place éco­no­mi­que suisse».

Conflit d’intérêts dans le libre choix du moyen de transport

Le Con­seil fédé­ral défi­nit l’augmentation de la part du rail dans le split modal, aussi bien dans le tra­fic de voy­a­ge­urs que dans le tra­fic de mar­chan­di­ses, comme l’un des prin­ci­paux objec­tifs de RAIL 2050. Cet objec­tif est con­trai­re à la con­sti­tu­ti­on qui garan­tit le libre choix du moyen de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur. De même, il exis­te une con­tra­dic­tion avec les objec­tifs actuels du Con­seil fédé­ral, en par­ti­cu­lier avec l’objectif n° 7 du Cadre de réfé­rence 2040 du DETEC, «Ave­nir de la mobi­li­té». Il en res­sort que les usa­gers de la route en Suis­se sont libres de déci­der quel­les sont les off­res de mobi­li­té qu’ils uti­li­sent et combinent.

Concurrence intramodale et offres répondant aux principes de l’économie de marché

Pour la VAP, le split modal est le résul­tat d’une poli­tique mûre­ment réflé­chie con­cer­nant l’infrastructure, les trans­ports et l’aménagement du ter­ri­toire. En tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour des con­di­ti­ons-cad­res favor­ables qui sti­mu­lent la con­cur­rence intra­mo­da­le sur le rail et assu­rent, avec des off­res répond­ant aux prin­cipes de l’économie de mar­ché, l’orientation cli­entèle et l’innovation. Pour que de tel­les off­res puis­sent déploy­er leur potentiel, il faut suf­fi­sam­ment de capa­ci­tés sur le réseau avec des sil­lons de gran­de qua­li­té et avan­ta­ge­ux et de sites logis­ti­ques bien des­ser­vis. C’est le seul moyen d’augmenter la part du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le split modal. C’est la rai­son pour laquel­le nous met­tons en garde cont­re les idées d’autres réseaux et de sil­lons sys­té­mi­ques coor­don­nés par CFF Cargo. Ceux-ci pré­vi­en­nent la con­cur­rence intra­mo­da­le visée et ont un impact néga­tif sur l’orientation cli­entèle et l’innovation.

Garantir l’adhésion à l’Europe

Nous nous féli­ci­tons du fait que le Con­seil fédé­ral se con­cent­re sur les cour­tes et moy­ennes distances. Il occul­te tou­te­fois le potentiel du tra­fic inter­na­tio­nal dans toute son hété­ro­gé­né­i­té, ce qui est par­fai­te­ment reg­rettable. À notre avis, la per­spec­ti­ve RAIL 2050 dev­rait pré­voir un rac­cor­de­ment judi­cieux du réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se aux cor­ri­dors inter­na­ti­on­aux et aux ports rhén­ans ainsi qu’aux ports du sud dans la zone visée. Le Con­seil fédé­ral est invi­té de façon expli­ci­te par la moti­on 22.3000 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se» et la moti­on 20.3003 «Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin» à s’exprimer sur cette prétention.

Un oui franc en faveur de la digitalisation

Nous juge­ons posi­tifs l’intention d’utiliser de maniè­re con­sé­quen­te les gains d’efficacité par l’automatisation et de nou­vel­les tech­no­lo­gies, ainsi que l’objectif de mett­re en réseau l’offre de chem­ins de fer en tant que par­tie inté­gran­te de la mobi­li­té glo­ba­le de maniè­re fle­xi­ble et opti­ma­le avec les aut­res modes et off­res de trans­port. Outre les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment mul­ti­mo­da­les men­ti­onnées, les con­di­ti­ons-cad­res et du mar­ché pour les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re jouent prin­ci­pa­le­ment un rôle déter­mi­nant ici. Cela com­prend, outre le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC), en par­ti­cu­lier les pla­te­for­mes de don­nées et de réser­va­ti­on ouver­tes. Avec leur aide, des don­nées de l’ensemble de la chaî­ne de valeur sont sai­sies et échan­gées dans la trans­pa­rence, de sorte que les cli­ents des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re peu­vent réser­ver sim­ple­ment leurs envois et sui­v­re en temps réel les flux de marchandises.

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

Pénurie d’électricité (partie 3): soutenons les appels réduire la consommation

La pénurie d’électricité est une ques­ti­on urgen­te pour la poli­tique et l’économie. Il nous tient donc à cœur d’informer nos mem­bres au plus près de l’actualité. Dans ce troi­siè­me volet de notre blog, nous expli­quons com­ment le sec­teur fer­ro­vi­ai­re peut appli­quer les appels du Con­seil fédé­ral à prend­re des mesu­res volon­tai­res d’économie d’énergie.

La Con­fé­dé­ra­ti­on a fixé les tâches de maî­tri­se d’une éven­tu­el­le crise éner­gé­tique. En fon­c­tion de la maniè­re dont la situa­ti­on éner­gé­tique évo­luera, elle pour­ra recour­ir à des mesu­res d’économie de l’énergie. Cel­les-ci pré­voi­ent quat­re niveaux pos­si­bles. Nous nous trou­vons actu­el­le­ment au niveau 1, inti­tulé «appels à rédui­re volon­tai­re­ment la con­som­ma­ti­on». La coor­di­na­ti­on cen­tra­le des pré­oc­cu­pa­ti­ons rela­ti­ves aux trans­ports est prise en char­ge par l’Office fédé­ral des trans­ports. Le Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) a créé une «Alli­ance pour les éco­no­mies d’énergie» qui s’accompagne d’une vaste cam­pa­gne. Cette alli­ance deman­de aux orga­ni­sa­ti­ons de la Suis­se entiè­re de sou­te­nir les efforts pour assurer l’approvisionnement durant l’hiver en pren­ant des mesu­res d’économies de l’énergie. L’objectif doit con­sis­ter à mett­re en œuvre à l’échelle du sec­teur des mesu­res aussi uni­for­mes que pos­si­ble en Suis­se. C’est ce qui sera le plus com­pré­hen­si­ble pour les béné­fi­ci­ai­res de pre­sta­ti­ons de transports.

La VAP emboîte le pas

À la VAP, nous sou­te­nons la recom­man­da­ti­on d’adhérer à l’«Alliance pour les éco­no­mies d’énergie». Nous trans­met­tons donc à nos mem­bres l’appel à une prise de con­sci­ence émis par l’Union des trans­ports publics (UTP). Lors de sa réuni­on du 9 sep­tembre 2022, le comi­té a publié son docu­ment de recom­man­da­ti­ons pour le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, dans lequel il recom­man­de à celui-ci de se prépa­rer acti­ve­ment à des scé­na­ri­os pos­si­bles de pénurie d’électricité et de réa­li­ser rapi­de­ment de pre­miè­res mesu­res con­crè­tes de mise en œuvre de ceux-ci.

Afin de pou­voir mett­re en œuvre de maniè­re har­mo­ni­sée les mesu­res d’économie de l’énergie de tous les acteurs de la bran­che, la coor­di­na­ti­on de cette mesu­re a été prise en char­ge par le grou­pe de tra­vail «Pénurie d’électricité dans les TP». Nous par­ti­ci­pons acti­ve­ment à celui-ci. Le grou­pe de tra­vail col­la­bo­re étroi­te­ment avec les CFF et Car­Pos­tal Suis­se SA, qui jouent le rôle de maî­tres d’œuvre. L’objectif com­mun con­sis­te à évi­ter toute limi­ta­ti­on de l’exploitation tant dans le domaine du trans­port de per­son­nes que de celui du fret. Les capa­ci­tés ne doi­vent être rédui­tes qu’en répon­se à un recul de la deman­de. Nous nous pré­pa­rons inten­si­ve­ment à d’autres niveaux d’escalade dans plu­s­ieurs grou­pes de tra­vail. Notre sec­teur doit faire preuve vis-à-vis des pou­voirs publics de sa com­pé­tence et de sa pro­pen­si­on à coopérer.

L’énergie est limitée

«L’énergie est limi­tée. Ne la gas­pil­lons pas.» C’est sous cette devi­se que le DETEC a com­pilé des con­seils d’économies à l’intention des par­ti­cu­liers et des ent­re­pri­ses. Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re doit lui aussi faire des éco­no­mies volon­tai­res d’énergie. Cet appel com­prend des mesu­res de mise en œuvre appli­ca­bles aux nombreux bâti­ments uti­li­sés par les chem­ins de fer. Ces mesu­res ne limi­tent pas l’offre de fret fer­ro­vi­ai­re. L’attention se con­cent­re actu­el­le­ment sur la baisse de la tempé­ra­tu­re de chauf­fa­ge ainsi que sur la réduc­tion de l’eau chau­de et de l’éclairage. Par ail­leurs, chaque ent­re­pri­se de trans­port est appelée à effec­tuer des opti­mi­sa­ti­ons d’exploitation éner­gé­ti­ques dans ses bâti­ments de bureaux et d’exploitation. Des mesu­res d’économies for­mulées de maniè­re adap­tée aux col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs (con­duc­tri­ces et con­duc­teurs de train, per­son­nel des bureaux et des ate­liers) vien­dront com­plé­ter le train de mesures.

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

«Qui manque de courage a perdu d’emblée.»

Le Dr Heiko Fischer est pré­si­dent de l’International Union of Wagon Kee­pers UIP. Dans son ent­re­ti­en avec la VAP, l’ancien PDG de VTG parle de l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il sou­hai­te que ce sec­teur sus­ci­te davan­ta­ge d’enthousiasme et expli­que pour­quoi il con­sidè­re comme fatal l’abandon du tra­fic par wagons com­plets iso­lés en Suisse.

 

Monsieur le Dr Fischer, quels sont à votre avis les principaux défis et outils de régulation concernant le marché ferroviaire?

Ils sont nombreux. L’infrastructure fer­ro­vi­ai­re est obsolè­te ou est deve­nue en de nombreux end­roits un patch­work au fil du temps. Il y a enco­re des fron­tiè­res entre les sous-sys­tè­mes. Chaque année d’inaction aggra­ve le pro­blè­me, car le vieil­lis­se­ment du sys­tème se pour­su­it. C’est à cet égard que je vois un outil de régu­la­ti­on: dans la coor­di­na­ti­on en Euro­pe cen­tra­le des plans d’aménagement, des itin­é­rai­res de déles­ta­ge et des mesu­res de con­s­truc­tion cor­re­spond­an­tes. Effec­ti­ve­ment, les réseaux trans­eu­ro­pé­ens sui­vent cette appro­che inté­gra­ti­ve. Mais les lignes second­ai­res et les réseaux de dis­tri­bu­ti­on fine ne doi­vent pas être mis de côté lorsqu’il s’agit des allo­ca­ti­ons d’investissements, de la pla­ni­fi­ca­ti­on de l’aménagement et des réno­va­tions, des sys­tè­mes de com­man­de des trains ainsi que de la règlementation.

Un autre instru­ment de régu­la­ti­on est à mes yeux la digi­ta­li­sa­ti­on inté­gra­le du sec­teur fer­ro­vi­ai­re, de la mise en réseau de l’infrastructure à l’exploitation opé­ra­ti­on­nel­le en pas­sant par le maté­ri­el rou­lant. Il dev­rait à cet égard y avoir une logi­que uni­fiée avec des inter­faces cor­re­spond­an­tes. On pour­ra ensuite réa­li­ser une élec­tri­fi­ca­ti­on mesu­rée et ciblée. Les lignes peu sol­li­ci­tées pour­rai­ent aussi être opé­rées par des loco­mo­ti­ves hybri­des à hydrogène.

«Pour cer­tai­nes urgen­ces, le fret fer­ro­vi­ai­re est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. »

Le capi­tal dis­po­nible est lui aussi un point clé. Le mar­ché fer­ro­vi­ai­re n’a pas seu­le­ment beso­in de suf­fi­sam­ment de capi­taux pri­vés. Pour cer­tai­nes urgen­ces, il est tri­bu­tai­re des fonds publics, par exemp­le pour la digi­ta­li­sa­ti­on de base, le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure, l’électrification, la mise en œuvre du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal DAC et d’autres inno­va­tions dis­rup­ti­ves ayant un carac­tère urgent. Ces inves­tis­se­ments dépas­sent les forces finan­ciè­res du sec­teur privé et de la plu­part des ent­re­pri­ses de chem­ins de fer publi­ques. Enfin, per­son­ne ne sou­hai­te inves­tir dans des tech­no­lo­gies qui ne por­te­ront leurs fruits qu’à la décen­nie sui­van­te, et ce peut-être même chez d’autres acteurs du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Cela m’amène à abor­der un autre outil de régu­la­ti­on: il faut aussi que les gou­ver­ne­ments, régu­la­teurs et poli­ti­ci­ens aient une com­pré­hen­si­on éco­no­mi­que pro­fon­de des méca­nis­mes de fon­c­tion­ne­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Cela passe par un chan­ge­ment de men­ta­li­té de tous les acteurs du système.

Dans quelle mesure?

Le sec­teur fer­ro­vi­ai­re n’est pas pré­cis­é­ment renom­mé pour pen­ser de maniè­re proac­ti­ve ni pour mett­re en place les nou­veau­tés rapi­de­ment. Beau­coup se con­sidè­rent comme des vic­ti­mes, que ce soit du passé, de mau­vai­ses décis­i­ons, de la route, de la météo ou d’autre chose enco­re. À mon avis, cela doit abso­lu­ment chan­ger. Après tout, nous ne fai­sons pas cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses pour notre plai­sir, mais dans le but de géné­rer une valeur ajou­tée pour les char­geurs et pour notre coll­ec­ti­vi­té. Les acteurs du fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent repla­cer le cli­ent au cent­re de leurs pré­oc­cu­pa­ti­ons et prend­re aujourd’hui en comp­te ses beso­ins futurs. Pour que la muta­ti­on qui s’impose puis­se réel­le­ment avoir lieu, il faut que se déve­lo­p­pent une men­ta­li­té de chan­ge­ment, une atti­tu­de du «can do».

Quelles innovations avez-vous fait avancer au cours des dernières années chez VTG, et lesquelles étaient révolutionnaires? 

Spon­ta­né­ment, il me vient à l’esprit VTG Con­nect. Cette tech­no­lo­gie télé­ma­tique coll­ec­te les don­nées per­ti­nen­tes de l’ensemble de la flot­te et de nombreux trans­ports. Elle crée la base d’une ges­ti­on numé­ri­que effi­cace de la flot­te, car elle rend les don­nées uti­li­sables pour les cli­ents et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et à des fins de main­ten­an­ce. Avec cette inno­va­ti­on, nous avons pour ainsi dire mis sur les rails le pas­sa­ge à la trans­mis­si­on de don­nées en temps réel dans le fret, à l’instar de ce que vise le DAC.

Quelle importance voyez-vous pour le DAC dans l’avenir?

Le DAC est un cata­ly­seur de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que du sec­teur fer­ro­vi­ai­re. Il per­met de repro­dui­re une nou­vel­le logi­que de com­man­de et des flux de don­nées en temps réel. Aujourd’hui, nous en som­mes enco­re bien loin. Le DAC fait plus qu’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Il met en réseau le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, le char­ge­ment, les sup­ports de char­ge­ment et l’énergie, c’est-à-dire l’électricité. Com­bi­né avec les nou­vel­les tech­no­lo­gies numé­ri­ques, le potentiel qui en résul­te est immense. Le DAC n’est pas seu­le­ment un sys­tème intel­li­gent de com­man­de des trains et des char­ge­ments, il rend éga­le­ment pos­si­ble d’autres offen­si­ves de digi­ta­li­sa­ti­on, comme par exemp­le les pla­te­for­mes numé­ri­ques de don­nées, de com­man­de des trains et de réservation.

«Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opérationnelle.»

Quel rôle joueront celles-ci dans l’avenir?

Il y aura cer­tai­ne­ment plu­s­ieurs pla­te­for­mes, car chaque ent­re­pri­se con­tin­uera à coll­ec­ter des infor­ma­ti­ons qu’elle ne peut ou ne doit pas par­ta­ger. Une ou même plu­s­ieurs de ces pla­te­for­mes s’avèreront jouer le rôle de plaques tour­nan­tes cen­tra­les qui gère­ront l’exploitation fer­ro­vi­ai­re opé­ra­ti­on­nel­le. En tant que tel­les, elles four­niront aux acteurs du fret des infor­ma­ti­ons fia­bles qui per­mettront de rédui­re les distances entre les trains, de cal­cu­ler les cré­neaux horai­res et de mett­re sur le rail davan­ta­ge de ton­na­ge par unité de temps. Un sys­tème élec­tro­ni­que de ges­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses à l’échelle euro­pé­en­ne ne doit pas pro­ve­nir d’un géant de la tech­no­lo­gie du genre de Goog­le, mais dev­rait se déve­lo­p­per à par­tir du sec­teur fer­ro­vi­ai­re lui-même. Nous démon­tre­rons ainsi que nous avons une capa­ci­té d’innovation supé­ri­eu­re à celle des aut­res modes de transport.

Peut-être y aura-t-il même dans l’avenir une ins­tance supé­ri­eu­re du type d’Eurocontrol, qui assu­re la coor­di­na­ti­on cen­tra­le du con­trô­le du tra­fic aéri­en. Un cock­pit de ce genre pour­rait com­man­der le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’échelle de l’Europe, don­ner cer­tai­nes direc­ti­ves aux con­duc­teurs de loco­mo­ti­ves, le cas éché­ant inter­ve­nir et un jour faire cir­cu­ler des trains auto­no­mes. Des bonds en avant d’une telle ampleur ne seront tou­te­fois pos­si­bles que si les tech­no­lo­gies numé­ri­ques dotées de l’intelligence arti­fi­ci­el­le sont mises en œuvre et fon­c­tion­nent. Elles seu­les appor­te­ront une dyna­mi­que et garan­ti­ront le ryth­me néces­saire, qui est abso­lu­ment essentiel pour la réus­si­te de la trans­for­ma­ti­on numérique.

Comment le fret ferroviaire pourrait-il se développer dans le sens de la durabilité en Europe?

Avec quel­que chose qui mette tout le monde d’accord sur l’impact éco­no­mi­que du fret et sur lequel tous les acteurs s’engagent. Je peux ima­gi­ner qu’il y aura un jour un plan direc­teur à long terme sous forme de décla­ra­ti­on d’intention auto­ré­gu­la­tri­ce et néan­mo­ins con­traignan­te. Elle dev­rait être cosi­gnée par tou­tes les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res publi­ques et non publi­ques impli­quées. Ce plan direc­teur pour­rait sti­pu­ler que l’on œuvre con­join­te­ment à un trans­fert du tra­fic. Je rap­pel­le le Cont­rat uni­fié d’utilisation (CUU) de 2006, qui règle­men­te l’interaction entre les déten­teurs de wagons et les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res en tant qu’exploitants de wagons. L’avantage d’une con­ven­ti­on supra­na­tio­na­le sans carac­tère légal est qu’elle peut être com­plé­tée ou adap­tée rapi­de­ment et faci­le­ment. Les voies d’accès à la NLFA sont le meil­leur exemp­le de ce qui ne dev­rait pas se pro­dui­re: la com­mun­au­té des États fer­ro­vi­ai­res, Suis­se com­pri­se, s’est enga­gée à déve­lo­p­per l’axe nord-sud. Lors­que la Suis­se a ouvert le tun­nel de la NLFA, d’autres États n’avaient même pas enco­re com­men­cé la pla­ni­fi­ca­ti­on. Un plan direc­teur pour le trans­port de mar­chan­di­ses en Euro­pe pour­rait rend­re cette inten­ti­on plus con­traignan­te et mon­trer clai­re­ment que le Pacte vert pour l’Europe et les objec­tifs de trans­fert sont pris au sérieux. Mais ce plan n’est pour l’instant qu’une uto­pie. Tout le monde est en géné­ral d’accord sur les reven­dica­ti­ons fon­da­men­ta­les. Mais dès qu’il s’agit d’élaborer quel­que chose de con­cret et d’un seul ten­ant, les avis divergent.

Que pensez-vous du rapport du Conseil fédéral sur le «transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire»? Que cela signifierait-il que le Conseil fédéral le supprime?

À mon avis, ce serait là la plus gran­de err­eur en matiè­re de poli­tique des trans­ports depuis des décen­nies. La Suis­se prouve que le trans­port par wagons com­plets fon­c­tion­ne. Mais il est enco­re trop cher. Tou­te­fois, si la for­ma­ti­on et la sépa­ra­ti­on des trains se font auto­ma­ti­quement, si la com­po­si­ti­on des trains est com­man­dée numé­ri­quement et si le mar­ché pro­fi­te des nombreux avan­ta­ges des off­res numé­ri­ques, alors, logi­quemen­tes coûts bais­se­ront – et les beso­ins de sub­ven­ti­on­ne­ment avec. Le Con­seil fédé­ral dev­rait réflé­chir à la maniè­re de rend­re les off­res plus attra­yan­tes pour les cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re. Aban­don­ner tout cela avant même que la numé­ri­sa­ti­on ne porte ses fruits serait cri­mi­nel. Trans­fé­rer du fret fer­ro­vi­ai­re sur des cami­ons coûte de l’argent aussi, et il n’est pas pos­si­ble de con­teneu­ri­ser n’importe quel fret pour obte­nir des trains com­plets. À cet égard, le gou­ver­ne­ment suis­se dev­rait à mon avis se mon­trer plus con­fi­ant. Qui man­que de cou­ra­ge a perdu d’emblée.

À la VAP, nous sommes membres de l’UIP. Comment décririez-vous la VAP?

C’est une pré­cieu­se asso­cia­ti­on membre de notre famil­le euro­pé­en­ne de déten­teurs de wagons. Je la per­çois comme inno­van­te et por­teu­se d’une opi­ni­on affir­mée. La struc­tu­re uni­que de ses mem­bres lui con­fè­re un poids par­ti­cu­lier chez nous. La VAP repré­sen­te non seu­le­ment les cinq plus grands déten­teurs de wagons suis­ses, mais aussi les inté­rêts des char­geurs, des embran­chés et des repré­sen­tants des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. Cette diver­si­té génè­re chez nous un impact et une rich­es­se d’idées que je con­sidè­re comme un atout pré­cieux. Grâce à la diver­si­té de ses mem­bres, la VAP peut ori­en­ter ses reven­dica­ti­ons de maniè­re plus glo­ba­le sur les uti­li­sa­teurs et les por­ter avec une plus gran­de auto­ri­té. Je sou­ti­ens l’approche cen­trée sur le cli­ent qui est celle la VAP et qui intèg­re l’utilisateur final dans le pro­ces­sus de dis­cus­sion et de décis­i­on. L’Europe peut pro­fi­ter de l’expérience suis­se en matiè­re de tra­fic de mar­chan­di­ses par wagons com­plets ou de rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons. Nous la con­sidé­rons sou­vent comme un labo­ra­toire minia­tu­re qui nous ren­voie des thè­mes. Par ail­leurs, la VAP nous fait la démons­tra­ti­on écla­tan­te de la maniè­re dont on peut con­vain­cre la popu­la­ti­on ou dont on orga­ni­se quel­que chose sur un mode posi­tif en tant que collectivité.

En quoi la VAP pourrait-elle s’améliorer?

On peut tou­jours s’améliorer. L’appel que je fais ne s’adresse pas uni­quement à la VAP, mais à tou­tes les asso­cia­ti­ons et per­son­nes impli­quées dans la poli­tique des trans­ports. Nous avons beso­in de per­son­nes enga­gées prêtes à for­mu­ler les inté­rêts en regar­dant de l’avant. Ceux qui pen­sent en ter­mes de bil­ans tri­mestri­els sont légion. Mais ce n’est pas ainsi que l’on maî­tri­se­ra l’avenir.

Que souhaitez-vous justement pour cet avenir?

Davan­ta­ge d’intérêt, davan­ta­ge de con­fi­ance. Davan­ta­ge d’enthousiasme. Les char­geurs dev­rai­ent être impa­ti­ents de mett­re enco­re plus de ton­nes sur le rail. Ce n’est qu’ainsi que nous pour­rons att­eind­re les ambi­ti­eux objec­tifs fixés en matiè­re de trans­fert et de cli­mat. La popu­la­ti­on dev­rait avoir con­sci­ence de l’importance du fret fer­ro­vi­ai­re – et du fait que cela a un prix. En effet, un défer­le­ment incon­trôlé de cami­ons n’est pas une alter­na­ti­ve. Je sou­hai­te que vous, à la VAP, et nous, à l’UIP, con­ti­nui­ons à nous enga­ger jour après jour pour ce changement.

Monsieur le Dr Fischer, merci beaucoup pour cet entretien intéressant.

Dr Heiko Fischer

Le Dr Heiko Fischer a été jusqu’en 2021 au total plus de 25 ans au ser­vice de VTG, dont 17 ans en qua­li­té de PDG. Depuis 2015, il est – comme déjà entre 2004 et 2007 – pré­si­dent de l’association faî­tiè­re de déten­teurs de wagons UIP, Inter­na­tio­nal Union of Wagon Kee­pers UIP, dont le siège se trouve à Bru­xel­les. L’UIP repré­sen­te plus de 250 déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses et ser­vices de main­ten­an­ce eng­lo­bant 223 000 wagons, qui effec­tu­ent 50 % des ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rues par le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en. VTG AG, l’ancien employ­eur du Dr Heiko Fischer, exploi­te la plus gran­de flot­te de wagons de mar­chan­di­ses d’Europe, à savoir 88 500 wagons fer­ro­vi­ai­res de mar­chan­di­ses. Outre la loca­ti­on de wagons de mar­chan­di­ses et de con­teneurs-citer­nes, VTG offre des pre­sta­ti­ons de ser­vices logis­ti­ques mul­ti­mo­daux et des solu­ti­ons numé­ri­ques intégrées.

Assemblée générale de la VAP du 19 août 2022

Assemblée générale de la VAP du 19 août 2022

Notre assem­blée géné­ra­le l’a clai­re­ment mon­tré: 2050 se rappro­che rapi­de­ment. Sur place et vir­tu­el­le­ment, de nombreux mem­bres de la VAP et invi­tés ont suivi la par­tie sta­tu­tai­re avec un dis­cours d’ouverture mémo­rable du pré­si­dent Josef Ditt­li. Le dis­cours de la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Som­ma­ru­ga sur l’importance du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses pour la Suis­se a été un moment par­ti­cu­liè­re­ment fort.

Assem­blée géné­ra­le, asso­cia­ti­on, trans­port de mar­chan­di­ses: en enten­dant ces mots, l’attention de la plu­part des gens a ten­dance à se relâcher. Aujourd’hui, lire la suite est recom­man­dé. En effet, lors de notre assem­blée géné­ra­le du 19 août 2022, il n’a pas été uni­quement ques­ti­on de ques­ti­ons sta­tu­tai­res con­cer­nant l’économie des char­geurs. Dans son inter­ven­ti­on en tant qu’invitée, la con­seil­lè­re fédé­ra­le Simo­net­ta Som­ma­ru­ga a donné au monde fer­ro­vi­ai­re un signal digne d’attention: «Pour le Con­seil fédé­ral, une chose est clai­re: nous sou­hai­tons con­tin­uer à ren­forcer le potentiel que repré­sen­te le rail pour le trans­port de marchandises.»
Des faits marquants d’hier, d’aujourd’hui et d’après-demain

Le dis­cours d’ouverture du pré­si­dent de la VAP, Josef Ditt­li, a donné aux par­ti­ci­pan­ts de pré­cieu­ses pis­tes de réfle­xi­on pour tout ce qui a été, est et dev­rait être en matiè­re de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a lar­ge­ment con­tri­bué à ce que la Suis­se puis­se sur­mon­ter la crise du coro­na­vi­rus sans dom­mages du point de vue de l’approvisionnement, parce qu’il a pu, du jour au len­de­main, cir­cu­ler comme il aurait dû le faire en temps nor­mal en rai­son de lignes pau­vres en tra­fic de voy­a­ge­urs. M. Ditt­li a qua­li­fié l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que d’incarnation de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, car il repré­sen­te le type de déve­lo­p­pe­ment inno­vant dont nous avons beso­in de toute urgence. Par exemp­le, pour que tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses puis­sent éta­b­lir ensem­ble et sans être désa­van­ta­gées un trans­port en réseau coopé­ra­tif et fle­xi­ble sur le ter­ri­toire. Le pré­si­dent jette un regard inquiet sur l’Europe. Selon lui, la Suis­se ne doit en aucun cas man­quer le coche du sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en et des pro­gram­mes d’innovation de l’UE.

Une décision qui fera date

Nous avons été très heu­reux que la minist­re des trans­ports Simo­net­ta Som­ma­ru­ga accep­te de faire une inter­ven­ti­on en tant qu’invitée à l’occasion de notre assem­blée géné­ra­le. Dans son dis­cours, elle a souli­g­né que la Con­fé­dé­ra­ti­on sou­hai­tait con­tin­uer à ren­forcer le rail en accordant davan­ta­ge d’attention au tra­fic inté­ri­eur, qui selon elle est lui aussi d’une gran­de importance pour l’approvisionnement de la Suisse.

«Nous devons amé­lio­rer et déve­lo­p­per le sys­tème», esti­me ainsi la chef­fe du DETEC. Le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on un pro­jet à ce sujet à l’automne. «Nous som­mes à la veil­le d’une décis­i­on qui fera date. C’est pour­quoi nous ne devri­ons pas perd­re de vue la recet­te du suc­cès de la Suis­se, ce qui a fait la force de notre pays depuis tou­jours: la meil­leu­re façon d’aborder les chan­ge­ments néces­saires est de le faire ensem­ble et de prend­re nos responsa­bi­li­tés con­join­te­ment, les chem­ins de fer, le sec­teur et, bien sûr, la Confédération.»

Élections réussies

Parmi les points à l’ordre du jour sou­mis au vote dans la par­tie sta­tu­tai­re, tous ont été accep­tés. Nous sou­hai­tons la bien­ve­nue aux nou­veaux mem­bres du comi­té direc­teur sui­vants: Titus Büt­ler, Bern­hard Hoff­mann, Bern­hard Kunz. Nous féli­ci­tons tous ceux qui ont été élus ou réé­lus et nous nous réjouis­sons d’une col­la­bo­ra­ti­on con­s­truc­ti­ve au sein du comi­té directeur.

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Pénurie d’électricité (partie 2): se préparer maintenant pour plus tard

Si la Suis­se devait elle aussi être con­cer­née par une pénurie d’électricité impu­ta­ble à la crise géo­po­li­tique et aux dif­fi­cul­tés d’approvisionnement, les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses doi­vent impé­ra­ti­ve­ment pou­voir con­tin­uer à être ser­vis. Cela impli­que que les ent­re­pri­ses de trans­port cla­ri­fi­ent leurs beso­ins en éner­gie en cas de pénurie et répon­dent aujourd’hui à cer­tai­nes ques­ti­ons clés.

Les chem­ins de fer suis­ses con­tri­buent de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve à maî­tri­ser la forte deman­de dans le tra­fic de voy­a­ge­urs et le trans­port de mar­chan­di­ses. Ils dépen­dent d’un appro­vi­si­on­ne­ment garan­ti en éner­gie électrique.

Assurer l’approvisionnement par rail

Si le cou­rant de trac­tion dis­po­nible ne suf­fi­sait plus à un moment donné pour tous les trains pré­vus, des tra­jets dev­rai­ent être sup­p­ri­més. Reste à savoir les­quels. La VAP s’engage réso­lu­ment pour que ses mem­bres puis­sent con­tin­uer à ser­vir tous les cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses. La popu­la­ti­on et l’économie sont tri­bu­tai­res de chaî­nes de trans­port fia­bles. C’est pour­quoi, même en situa­ti­on de pénurie d’électricité, les trains du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent con­tin­uer à cir­cu­ler aussi long­temps que pos­si­ble, comme ils l’ont d’ailleurs fait dans l’horaire allé­gé pen­dant la pan­dé­mie de Covid-19.

Nécessité d’une direction politique

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se fon­c­tion­ne pres­que sans excep­ti­on à l’électricité. Le cou­rant de trac­tion néces­saire (16,7 Hz) pro­vi­ent en gran­de par­tie de nos pro­pres cen­tra­les hydro­élec­tri­ques. Trans­fé­rer les trans­ports du rail vers la route lors­que le cou­rant de trac­tion se fait rare n’est guère pro­met­teur. En effet, en cas de pénurie grave, les car­bu­rants fos­si­les se raré­fierai­ent éga­le­ment. Pour que les chaî­nes de trans­port en fon­c­tion­ne­ment puis­sent être main­te­nues, les ent­re­pri­ses impli­quées dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re ont éga­le­ment beso­in de cou­rant indus­tri­el (50 Hz). Ici aussi, il faut veil­ler à la sécu­ri­té de l’approvisionnement. La sécu­ri­té et la fia­bi­li­té sont de mise: le sec­teur des trans­ports et le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doi­vent pou­voir comp­ter sur la direc­tion poli­tique en cas de crise. Car même dans ce cas, les trains de mar­chan­di­ses doi­vent cir­cu­ler tant qu’une deman­de exis­te. Nous sou­hai­tons ren­forcer cette prise de con­sci­ence chez les décideurs.

Un manque d’énergie n’est pas exclu

Ne nous leur­rons pas: une con­jon­c­tion défa­vorable d’évolutions réel­le­ment néga­ti­ves pour­rait pla­cer la Suis­se dans une situa­ti­on de grave pénurie éner­gé­tique dès l’hiver pro­chain. Comme l’ont expli­qué des repré­sen­tants du sec­teur de l’électricité et de l’industrie gaziè­re lors du web­i­n­aire d’Economiesuisse du 9 août 2022, la mobi­li­sa­ti­on d’énergie est très com­ple­xe et dépend de nombreu­ses influences.

La Confédération prend ses responsabilités

La Con­fé­dé­ra­ti­on est con­sci­en­te de sa responsa­bi­li­té. Elle prend des mesu­res pour garan­tir l’approvisionnement en éner­gie et se prépa­re à des scé­na­ri­os cri­ti­ques de pénurie aiguë d’électricité. Cel­les-ci pré­voi­ent des mesu­res éche­lon­nées selon la situa­ti­on, allant d’appels aux éco­no­mies volon­tai­res et spé­ci­fi­ques à la bran­che à des mesu­res ordon­nées de ges­ti­on régle­men­tée (con­tin­gen­te­ment).

Identifier les besoins et le potentiel d’économie

Réflé­chir dès main­ten­ant à ses beso­ins en éner­gie per­met de se prépa­rer à une réel­le pénurie d’électricité et d’être moins sur­pris. Il est donc temps d’évaluer les beso­ins en éner­gie, les réser­ves, les alter­na­ti­ves et le potentiel d’économie. Cette éva­lua­ti­on aide à déci­der com­ment, en cas de pénurie d’électricité, il est pos­si­ble de rédui­re la con­som­ma­ti­on con­for­mé­ment aux direc­ti­ves supé­ri­eu­res tout en con­tri­buant à l’approvisionnement en biens essentiels. Les ques­ti­ons con­crè­tes en ent­re­pri­se sont par exemple:

  • Quel­le quan­ti­té d’énergie néces­si­te telle ou telle acti­vi­té? Quel­le est l’im­portance de chaque acti­vi­té dans la production?
  • Quel est le potentiel d’économie d’énergie le plus efficace?
  • De quel­les réser­ves dis­po­se-t-on? De quel­le quan­ti­té d’énergie peut-on se pas­ser et pen­dant com­bien de temps?
  • Où peut-on pas­ser à d’autres agents éner­gé­ti­ques et à quel­le vitesse?
  • La com­mu­ni­ca­ti­on dans les chaî­nes de pro­duc­tion est-elle bonne? Les cont­acts sont-ils à jour?
  • Quel­les rest­ric­tions met­tons-nous en œuvre pour satis­fai­re à un contingentement?
Coopération et communication

Les ent­re­pri­ses dev­rai­ent mener cette réfle­xi­on de maniè­re ouver­te. En effet, il est impos­si­ble de pré­voir quels scé­na­ri­os se pro­dui­ront réel­le­ment et quand ils se pro­dui­ront. Les acteurs du sec­teur peu­vent main­te­nir au mieux l’approvisionnement en biens essentiels s’ils col­la­bo­rent entre ent­re­pri­ses et com­mu­ni­quent acti­ve­ment. C’est pour­quoi, en tant que repré­sen­tants des char­geurs, la VAP s’implique déjà acti­ve­ment dans divers comi­tés et grou­pes de travail.

«Nous voulons continuer à être plus rapides et meilleurs que les autres dans l’avenir.»

«Nous voulons continuer à être plus rapides et meilleurs que les autres dans l’avenir.»

En juin 2022, on a app­ris le rachat de l’entreprise fami­lia­le WASCOSA de la famil­le Mül­ler-Sand­mei­er par Swiss Life et Vau­ban. Nous avons voulu en savoir plus sur le con­tex­te de cette vente et sur la visi­on de WASCOSA de la part du repré­sen­tant de l’an­ci­en­ne famil­le pro­prié­tai­re et futur pré­si­dent du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on, Phil­ipp Müller.

Monsieur Müller, l’annonce de la vente de votre entreprise familiale performante a été une surprise. Qu’est-ce qui va changer?

Phil­ipp Mül­ler: Moins de cho­ses qu’on ne l’on pense au pre­mier abord. Mais cette décis­i­on nous per­met d’assurer l’avenir de WASCOSA. Bien enten­du, nous allons pas­ser d’une ent­re­pri­se gérée par une famil­le à une ent­re­pri­se por­tée par l’investissement, mais l’esprit de WASCOSA per­du­rera. Nous vou­lons agir plus rapi­de­ment et mieux que les aut­res dans l’avenir, être une équi­pe per­for­man­te et faire pas­ser les inté­rêts des cli­ents avant les nôtres. Ces objec­tifs sont ambi­ti­eux, mais réalisables.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à franchir cette étape?

Le désir d’assurer la suc­ces­si­on et de garan­tir l’avenir de l’entreprise. Aucun de nos enfants n’était dési­reux de me suc­cé­der. Nous avons donc été obli­gés de trou­ver une solu­ti­on exter­ne. Il y a huit ans déjà, nous avi­ons enga­gé un CEO exter­ne à la famil­le: Peter Bal­zer. À cela s’ajoute qu’on assis­te actu­el­le­ment sur notre mar­ché à un énor­me assai­nis­se­ment. Parmi les dix plus grands loueurs de wagons à l’échelon euro­pé­en, nous som­mes les seuls à n’avoir connu ni fusi­on ni rachat. Les acteurs qui restent ne ces­sent de gran­dir, font de gros inves­tis­se­ments sur le long terme et pren­nent des ris­ques finan­ciers con­sidé­ra­bles. Pour WASCOSA, nous avi­ons tout sim­ple­ment beso­in d’une plus gran­de force finan­ciè­re pour con­tin­uer à exis­ter en tant que PME sur ce mar­ché. Nous avons trou­vé en Swiss Life et Vau­ban des par­ten­aires finan­ciers forts.

Quelles autres solutions s’offraient encore à vous?

Nous avons dans un pre­mier temps envi­sa­gé une par­ti­ci­pa­ti­on mino­ri­taire d’actionnaires tiers. Cela ne con­sti­tuait tou­te­fois pas une solu­ti­on opti­ma­le pour les par­ties pren­an­tes. Il n’a jamais été ques­ti­on de vend­re à un con­cur­rent. Au final, la col­la­bo­ra­ti­on sur le long terme avec un par­ten­aire finan­cier fort s’est avé­rée être la solu­ti­on la plus por­teu­se d’avenir.

«WASCOSA, à l’origine peti­te ent­re­pri­se incon­nue de loca­ti­on, s’est déve­lo­p­pée et éta­b­lie grâce à l’innovation, la pro­xi­mi­té cli­ent et l’agilité pour deve­nir un four­nis­seur de wagons de mar­chan­di­ses per­for­mant à l’échelle européenne.»

Quelles expériences du passé seront déterminantes pour l’avenir de l’entreprise?

WASCOSA, à l’origine peti­te ent­re­pri­se incon­nue de loca­ti­on, s’est déve­lo­p­pée et éta­b­lie grâce à l’innovation, la pro­xi­mi­té cli­ent et l’agilité pour deve­nir un four­nis­seur de wagons de mar­chan­di­ses per­for­mant à l’échelle euro­pé­en­ne. C’est cette posi­ti­on que nous enten­dons con­ser­ver. Un exemp­le de notre force d’innovation: on note actu­el­le­ment une forte ten­dance vers les con­cepts modu­lai­res de wagons de mar­chan­di­ses. Or nous les avons déjà lan­cés il y a 15 ans. Main­ten­ant que cette ten­dance prend le des­sus, nous som­mes prêts à affron­ter le mar­ché. Au cours des 60 der­niè­res années de notre ent­re­pri­se, c’est notre ori­en­ta­ti­on cli­ent sans com­pro­mis qui a fait la dif­fé­rence dans nos acti­vi­tés quo­ti­di­en­nes. Et cela doit res­ter ainsi. Il est de l’intérêt des nou­veaux pro­prié­tai­res que WASCOSA reste fon­da­men­ta­le­ment ce qu’elle a tou­jours été: une ent­re­pri­se inno­van­te et ori­en­tée sur le client.

Comment allez-vous gérer ce processus de changement?

La par­ti­ci­pa­ti­on de Swiss Life et Vau­ban comme action­n­aires tiers a découlé d’un pro­ces­sus stra­té­gique inten­se impli­quant une quin­zai­ne de col­la­bo­ra­teurs. Une fois la décis­i­on prise, nous avons intro­duit le nou­vel action­na­ri­at dans le cadre d’une mani­fes­ta­ti­on d’une jour­née au sein de notre ent­re­pri­se. Tout au long du pro­ces­sus stra­té­gique, nous nous som­mes atta­chés à évi­ter toute incer­ti­tu­de, méfi­ance ou spé­cu­la­ti­on inju­s­ti­fiée de la part du manage­ment et des col­la­bora­tri­ces et col­la­bo­ra­teurs. Nous y som­mes par­ve­nus et fai­sons tout pour y par­ve­nir aussi avec les nou­veaux pro­prié­tai­res. Le CEO Peter Bal­zer et moi-même con­tin­ue­rons à sié­ger au con­seil d’administration. C’est un mes­sa­ge fort en ce qui con­cer­ne la con­ti­nui­té et l’avenir de WASCOSA.

«La migra­ti­on du DAC est un pro­jet clé qui recè­le un potentiel énor­me capa­ble de faire avan­cer le tra­fic de wagons de marchandises.»

Où voyez-vous le besoin le plus urgent d’agir dans le transport ferroviaire de marchandises? 

Il y a à cet égard plu­s­ieurs appro­ches. Nous avons beso­in de capa­ci­tés suf­fi­san­tes sur le réseau, autre­ment dit de davan­ta­ge de sil­lons. Ensuite, il faut déman­te­ler les bar­riè­res spé­ci­fi­ques aux dif­fér­ents pays. Enfin, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en finan­cier ciblé pour mett­re en œuvre des inno­va­tions, par exemp­le le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC).

À propos du DAC: qu’en pensez-vous?

C’est un pro­jet clé qui recè­le un potentiel énor­me capa­ble de faire avan­cer le tra­fic de wagons de mar­chan­di­ses. Nous n’avons tou­te­fois que peu d’influence sur cette ques­ti­on haute­ment poli­tique. Depuis quel­ques années, nous tra­vail­lons à l’électrification des wagons de mar­chan­di­ses. Dans ce con­tex­te, le DAC est bien évi­dem­ment un moteur supplémentaire.

Le secteur reconnaît-il la véritable valeur ajoutée apportée par le DAC?

Notre sec­teur n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment porté sur les inno­va­tions ni nota­blem­ent tour­né vers l’avenir. L’automatisation du cou­pla­ge par le DAC est un prin­ci­pe acté. En ce qui con­cer­ne son potentiel pour la digi­ta­li­sa­ti­on, j’en suis en revan­che un peu moins sûr. Il faut pro­ba­blem­ent comme tou­jours d’abord quelqu’un qui pren­ne les devants et joue le rôle de pionnier et mette en évi­dence le gain en efficacité.

Pendant des années, vous vous êtes impliqué dans le comité directeur (CD) de la VAP. Comment décririez-vous le travail de la VAP? 

La VAP se distin­gue par son haut niveau de com­pé­tence et une atmo­sphè­re de col­la­bo­ra­ti­on agréa­ble. Les acti­vi­tés de l’association se con­cent­rent sur la cause com­mu­ne et non sur l’ego d’individus. Dans cer­ta­ins domain­es, c’est la VAP qui fait auto­ri­té sur les thè­mes importants. Cela se mani­fes­te par le nombre élevé de par­ti­ci­pan­ts suis­ses et étran­gers lors de mani­fes­ta­ti­ons comme les forums. Cet inté­rêt prouve que la VAP s’empare des thè­mes poli­ti­ques, éco­no­mi­ques et juri­di­ques de maniè­re proac­ti­ve et con­s­truc­ti­ve. J’ai res­sen­ti les réuni­ons au sein du CD comme très posi­ti­ves. Dans le dia­lo­gue avec les CFF, l’association a fait preuve de téna­ci­té. Pour ceux-ci, c’est le tra­fic de voy­a­ge­urs qui vient en pre­mier, puis l’infrastructure et les biens immo­bi­liers et seu­le­ment ensuite le fret fer­ro­vi­ai­re. Il est d’autant plus important de ne pas céder. La pati­ence et la col­la­bo­ra­ti­on con­stan­te sous la direc­tion de Frank Fur­rer avec son équi­pe sont payantes.

Quels sont à votre avis les points forts de la VAP? 

Parmi ses prin­ci­paux points forts, il y a le grand nombre de char­geurs parmi ses mem­bres. La VAP met en réseau tous les acteurs du fret. Elle offre en outre au sec­teur des char­geurs une pla­te­for­me extrê­me­ment inté­res­san­te et per­ti­nen­te. Je veux dire que l’on ne peut faire de la poli­tique avec suc­cès que si l’on défend tous les intérêts.

Comment la VAP vous a‑t-elle soutenus, vous et votre entreprise, WASCOSA?

Nous avons fait de très bon­nes expé­ri­en­ces avec la VAP. Elle a nous a même sou­te­nus avec com­pé­tence et suc­cès jus­que devant le Tri­bu­nal fédéral.

Que souhaiteriez-vous que la VAP vous apporte d’autre?

Qu’elle soit plus pré­sen­te dans les médi­as. La VAP pour­rait se poser davan­ta­ge comme un expert dont l’opinion fait auto­ri­té dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re et être ainsi plus con­nue du grand public, comme c’est le cas pour le TCS ou l’ASTAG.

À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?

À tous ceux qui s’intéressent au fret fer­ro­vi­ai­re. Je pense ici notam­ment aux asso­cia­ti­ons d’autres mode de trans­port. Il y a bien long­temps que l’enjeu n’est plus seu­le­ment l’opposition entre le rail et la route, mais une coexis­tence mul­ti­mo­da­le judicieuse.

Quels sujets notre conversation n’a‑t-elle pas encore abordés?

La ques­ti­on de la dura­bi­li­té. Le fret fer­ro­vi­ai­re fait par­tie des prin­ci­paux moteurs et piliers d’un trans­port dura­ble. C’est du reste aussi l’une des rai­sons qui m’ont inci­té à prend­re la suite de mon beau-père à la tête de WASCOSA il y a 30 ans.

 

Mon­sieur Mül­ler, merci beau­coup pour cet ent­re­ti­en intéressant.

No results found.