Exposé du Dr Peter Füglistaler «Sur le principe, je me félicite que de nouveaux acteurs du marché tentent leur chance.»

Exposé du Dr Peter Füglistaler «Sur le principe, je me félicite que de nouveaux acteurs du marché tentent leur chance.»

Dans le cadre de la poli­tique suis­se, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) encou­ra­ge un déve­lo­p­pe­ment dura­ble du trans­port de mar­chan­di­ses et une inter­ac­tion effi­cace entre tous les modes de trans­port. Il est responsable de l’octroi des con­ces­si­ons, du finance­ment et de la sur­veil­lan­ce de la sécu­ri­té dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re, les télé­phé­ri­ques et télé­siè­ges, les cars et la navi­ga­ti­on. Les con­di­ti­ons-cadre attra­yan­tes doi­vent per­mett­re de pra­ti­quer des off­res auto­fi­nan­cées en fret fer­ro­vi­ai­re. La Con­fé­dé­ra­ti­on peut de sur­croît accor­der des con­tri­bu­ti­ons d’investissements pour des inno­va­tions tech­ni­ques dans le sec­teur du fret fer­ro­vi­ai­re. L’OFT pilo­te et véri­fie le ver­se­ment de sub­ven­ti­ons en trans­port de mar­chan­di­ses dans le cas d’un con­trol­ling. Peter Füg­lis­ta­ler est direc­teur de l’OFT depuis 2010. Avant de faire son entrée à l’OFT, il a occu­pé diver­ses fon­c­tions au sein des Chem­ins de fer fédé­raux suis­ses (CFF).
VAP: Monsieur Füglistaler, CFF Cargo semble ne plus pouvoir sortir du mode de fonctionnement «assainissement et subventions». En même temps, les finances fédérales sont très tendues. Les clients du fret ferroviaire peuvent-ils être rassurés, CFF Cargo saura-t-il négocier le virage?
Dr Peter Füg­lis­ta­ler: La Con­fé­dé­ra­ti­on a clai­re­ment expri­mé sa volon­té de déve­lo­p­per le trans­port de mar­chan­di­ses – en ten­ant comp­te des objec­tifs de poli­tique éner­gé­tique et cli­ma­tique et bien con­sci­en­te que les trans­ports fer­ro­vi­ai­res jouent un rôle majeur dans la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se. Le Con­seil fédé­ral est éga­le­ment prêt à moder­nis­er le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur les plans tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel et pro­po­se à cet effet un sou­ti­en finan­cier ciblé. Néan­mo­ins, il est important que les char­geurs assu­ment eux aussi leur part dans l’organisation du fret de demain.
La commande de betteraves sucrières a été perdue, Coop gère avec succès sa propre ETF, qui s’inscrit désormais aussi dans le système de TWC. Les entreprises de gravier sont en train de mettre en place leur propre ETF. Comment jugez-vous cette évolution du marché du point de vue du propriétaire?
Je ne peux m’exprimer ici qu’en tant que direc­teur de l’autorité de finance­ment et de sur­veil­lan­ce. Sur le prin­ci­pe, je me féli­ci­te que le mar­ché fon­c­tion­ne et que de nou­veaux acteurs ten­tent leur chan­ce. CFF Cargo devra éga­le­ment s’affirmer sur le mar­ché et veil­ler à être finan­ciè­re­ment auto­no­me.
La pression de l’urbanisation a des effets sur les transports de marchandises dangereuses: on pense particulièrement à l’ordonnance sur la prévention des accidents. Que fait l’OFT pour que les transports de marchandises dangereuses continuent à être possibles dans le cadre actuel, afin d’assurer l’autoapprovisionnement et de défendre la place industrielle suisse?
L’OFT véri­fie régu­liè­re­ment les ris­ques liés aux trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses et met le cas éché­ant en œuvre des mesu­res à un stade pré­co­ce en con­cer­ta­ti­on avec les par­ties pren­an­tes. Un bon exemp­le en est la décla­ra­ti­on con­join­te de l’industrie, des ent­re­pri­ses de trans­port et des auto­ri­tés sur la réduc­tion des ris­ques dans le trans­port du chlore. Le fait d’identifier ainsi les ris­ques à un stade pré­co­ce et d’adopter une démar­che com­mu­ne per­met de con­tin­uer à réa­li­ser des trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses par rail en toute sécu­ri­té.
Alors que l’Europe se concentre le DAC, les CFF s’intéressent plutôt au couplage automatique non digital. Est-ce là aussi votre perception des choses et soutiendriez-vous cette position des CFF?
Je n’ai pas du tout l’impression que les CFF se démar­quent à cet égard. Comme l’OFT, la VAP et l’UTP, les CFF sont d’avis qu’il y a beso­in de fon­c­tions numé­ri­ques pour rend­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus sûr, plus rapi­de et plus fle­xi­ble et donc plus fia­ble et moins coû­teux. Avec le sou­ti­en de l’OFT, CFF Cargo a mis en place un train d’essai qui teste et opti­mi­se l’alimentation élec­tri­que et la trans­mis­si­on de don­nées dans les trains de mar­chan­di­ses. Les résul­tats sont inté­g­rés dans les travaux en cours à l’échelle euro­pé­en­ne, aux­quels les CFF par­ti­ci­pent acti­ve­ment, comme tous les aut­res chem­ins de fer d’Europe. La Suis­se ne fera pas cava­lier seul en ce qui con­cer­ne le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal. Néan­mo­ins, si les travaux pren­nent du retard en Euro­pe nous ne serons pas en mesu­re d’attendre. En effet, si nous atten­dons, nous ris­quons de mett­re en péril la réa­li­sa­ti­on d’un fret fer­ro­vi­ai­re des­ser­vant l’ensemble du ter­ri­toire. Nous avons l’intention de démar­rer dès que les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques seront inscri­tes dans les nor­mes STI.
Nombreux sont ceux qui demandent que le secteur parle d’une seule voix. Le secteur vient de réaliser conjointement la «vision 2050», mais celle-ci n’a malheureusement pas eu de retombées sur l’organisation de la consultation sur le transport ferroviaire de marchandises sur l’ensemble du territoire. La voix était-elle trop faible? Quelles sont les attentes de l’OFT?
La visi­on a été rédi­gée par le grou­pe d’accompagnement de l’OFT pour le déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re, au sein duquel sont repré­sen­tés les prin­ci­pa­les asso­cia­ti­ons et les acteurs majeurs du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se. Mais il en est ainsi: mal­gré cette visi­on, les asso­cia­ti­ons ont expri­mé dans le cadre de leurs pri­ses de posi­ti­on sur la con­sul­ta­ti­on des con­cep­ti­ons très hété­ro­gè­nes et for­mulé des lis­tes de vœux par­fois peu réa­lis­tes sur l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se.
Comment décririez-vous la VAP?
La VAP est une voix importan­te du sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses suis­se, qui joue lui-même un rôle exis­tentiel pour la sécu­ri­té de l’approvisionnement du pays.
Quels sont à votre avis les points forts de la VAP?
Les points forts de la VAP sont sa capa­ci­té à faire con­ver­ger les inté­rêts des acteurs ainsi que ses bon­nes rela­ti­ons avec les déci­deurs poli­ti­ques.
Que souhaiteriez-vous que la VAP vous apporte d’autre?
Dans l’avenir, il sera important de por­ter les inté­rêts du sec­teur des char­geurs de maniè­re enco­re plus ciblée vers l’extérieur. Sur ce point, la VAP est appelée à ren­forcer sa posi­ti­on.
À qui conseilleriez-vous de collaborer avec la VAP?
Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne fon­c­tion­ne pas sans voies de rac­cor­de­ment ni wagons de mar­chan­di­ses. C’est pour­quoi il est recom­man­dé de tra­vail­ler avec la VAP à tous ceux qui veu­lent avoir du suc­cès dans leurs acti­vi­tés de fret fer­ro­vi­ai­re.  
Dr Füglistaler, nous vous remercions pour cette intéressante interview.
 
Plutôt que d’empocher une enveloppe budgétaire de 3 milliards, les CFF doivent assumer leurs responsabilités

Plutôt que d’empocher une enveloppe budgétaire de 3 milliards, les CFF doivent assumer leurs responsabilités

Dans l’article de notre blog inti­tulé «Pas de sta­bi­li­sa­ti­on des CFF en dépit des 3 mil­li­ards de fonds fédé­raux sup­p­lé­men­tai­res», nous avons pris posi­ti­on sur la moti­on 22.3008. Dans le pré­sent artic­le, nous réca­pi­tu­lons les avis des repré­sen­tants du sec­teur et ceux qui défen­dent leurs inté­rêts en réac­tion au rap­port du 16 décembre 2022. L’économie refu­se l’aide finan­ciè­re de 3 mil­li­ards de francs suis­ses qui doit être ver­sée aux CFF et récla­me qu’on accor­de à la place aux CFF des responsa­bi­li­tés entrepreneuriales.

Les enjeux:
  • En rai­son de la pan­dé­mie, les CFF ont essuyé de mau­vais résul­tats dans le domaine des gran­des lignes
  • L’économie refu­se l’aide finan­ciè­re de 3 mil­li­ards de francs et récla­me une solu­ti­on entrepreneuriale
  • Rejet clair et net du détour­ne­ment de la RPLP pour d’autres finalités
  • Le chan­ge­ment de sys­tème en matiè­re de prêts est accu­eil­li favorablement
  • L’ouverture du mar­ché des gran­des lignes divi­se l’économie

La moti­on 22.3008 «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19» deman­de que la Con­fé­dé­ra­ti­on pren­ne en char­ge les défi­ci­ts des CFF dans le tra­fic des gran­des lignes. Dans son rap­port du 16 décembre 2022, le Con­seil fédé­ral for­mu­le ses pro­po­si­ti­ons sur le finance­ment des CFF. Il pro­po­se un apport de capi­taux éva­lué à 1,25 mil­li­ard de francs suis­ses et envi­sa­ge en outre de rédui­re le prix des sil­lons pour le tra­fic des gran­des lignes de 1,7 mil­li­ard de francs suis­ses. Sur le plan bud­gé­tai­re, ce «coup de pouce» doit être garan­ti par le ver­se­ment de l’intégralité des recet­tes de la rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds RTPL (part fédé­ra­le) dans le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re. Le but de ces mesu­res con­sis­te à com­pen­ser les per­tes essuyées par les CFF entre 2020 et 2022 dans le tra­fic des gran­des lignes et à main­te­nir l’endettement de l’entreprise au même niveau.

Non à l’injection de fonds, oui à la renonciation aux prêts de trésorerie

L’économie – repré­sen­tée par eco­no­mie­su­is­se, l’USAM, CFS, l’ASTAG et la VAP – et les par­tis pro­ches des milieux éco­no­mi­ques, à savoir le PLR et l’UDC, rejet­tent dans leur gran­de majo­ri­té tant l’injection de fonds que le détour­ne­ment de la RPLP au pro­fit d’autres fina­li­tés, en l’occurrence le tra­fic des gran­des lignes.

De même, ils se sont unani­me­ment féli­ci­tés du chan­ge­ment de sys­tème en matiè­re d’octroi de prêts et récla­ment la renon­cia­ti­on aux prêts de tré­sore­rie. Une majo­ri­té con­sidè­re que dans le domaine d’activité com­mer­cial, la solu­ti­on de finance­ment est à cher­cher dans le mar­ché des capi­taux. Une mino­ri­té peut aussi con­ce­voir que le Par­le­ment con­sen­te à un prêt fédé­ral d’un cer­tain mon­tant. Dans l’ensemble, il faut aug­men­ter la trans­pa­rence dans le domaine com­mer­cial et subventionné.

L’économie demande des responsabilités entrepreneuriales

Au lieu que la Con­fé­dé­ra­ti­on épon­ge les per­tes des CFF con­sé­cu­ti­ves à la crise du covid-19 aux frais des con­tri­bu­ables, les chem­ins de fers publics doi­vent assu­mer des responsa­bi­li­tés entre­pre­neu­ria­les. Ils ont à cet effet à leur dis­po­si­ti­on dif­fé­ren­tes mesu­res de mar­ché pour ali­gner les frais d’exploitation et les inves­tis­se­ments sur l’offre et les prix. Parmi les exemp­les réa­lis­tes, on cite­ra les éco­no­mies, les aug­men­ta­ti­ons de prix ou la vente de biens fon­ciers non néces­saires à l’exploitation.

Une conception du système de prix des sillons suivant le principe de causalité

L’UDC, eco­no­mie­su­is­se, l’USAM, CFS et la VAP refu­sent une baisse du prix des sil­lons pour les gran­des lignes. Le PLR et l’ASTAG peu­vent con­ce­voir une solu­ti­on assu­mée à parts éga­les entre la Con­fé­dé­ra­ti­on et les CFF. Le sys­tème suis­se de prix des sil­lons ne cor­re­spond pas au prin­ci­pe de cau­sa­li­té; le fret se voit impo­ser une char­ge trop lour­de. Les grou­pes d’intérêts sont d’accord sur le fait que la RPLP ne doit pas être détour­née de ses fina­li­tés pour résoud­re cette situa­ti­on déplo­rable. Au lieu de cela, la Con­fé­dé­ra­ti­on doit con­tin­uer à diri­ger les parts fédé­ra­les de la RPLP et redou­bler d’efforts pour décar­boner la route, le rail et la navigation.

Des désaccords sur l’ouverture du marché

Les asso­cia­ti­ons pro­ches du fret ASTAG, CFS et VAP récla­ment une stra­té­gie de migra­ti­on sur l’ouverture du mar­ché dans le tra­fic des gran­des lignes qui soit har­mo­ni­sée avec l’Union euro­pé­en­ne (UE). Les aut­res repré­sen­tants de l’économie et les par­tis pro­ches des milieux éco­no­mi­ques se mont­rent à cet égard plus dis­po­sés à por­ter des reven­dica­ti­ons de real­po­li­tik. Reste à voir si cette real­po­li­tik suis­se pour­ra enco­re être main­te­nue long­temps sur la scène européenne.

Le texte intégral des positions

Retrou­vez l’intégralité de notre répon­se du 7 mars 2023 à la con­sul­ta­ti­on à télé­char­ger sur notre site web.

Vous pou­vez aussi télé­char­ger ici d’autres répon­ses à des consultations:

Perfectionnement du transport de marchandises: il est grand temps de faire quelque chose

Perfectionnement du transport de marchandises: il est grand temps de faire quelque chose

Les repré­sen­tants du sec­teur et des grou­pes d’intérêts avai­ent jusqu’au 24 février 2023 la pos­si­bi­li­té de s’exprimer sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». La LITRA, l’UTP, la CI TCNA, l’ASTAG et la VAP ont pris posi­ti­on con­join­te­ment (blog Trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire: une solu­ti­on de bran­che en cours d’élaboration). Voici une réca­pi­tu­la­ti­on des élé­ments essentiels des répon­ses d’autres acteurs.

 

Les enjeux:
  • Un aban­don du tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) serait fatal.
  • Le finance­ment ne doit pas main­te­nir le statu quo.
  • Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) et la pla­te­for­me de don­nées doi­vent être encouragés.
  • Il doit res­ter pos­si­ble d’accéder au mar­ché sans discrimination.
  • Appro­ches inno­van­tes au niveau orga­ni­sa­ti­on­nel, coopé­ra­ti­ons entre les acteurs
  • Se con­cen­trer sur le béné­fice client.

 

Le Con­seil fédé­ral avait invi­té les repré­sen­tants du sec­teur et les par­tis à prend­re posi­ti­on jusqu’au 24 février 2023 sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Il a reçu de nombreu­ses répon­ses. Nous com­pa­rons ci-après les décla­ra­ti­ons des repré­sen­tants de cer­ta­ins grou­pes d’intérêts et tirons une con­clu­si­on. Le Con­seil fédé­ral intègrera dans un second temps les retours dans le mes­sa­ge qu’il adress­e­ra au Parlement.

Ne pas abandonner le TWCI

À l’exception de l’UDC, les répon­ses optent pour la vari­an­te 1, pré­co­nis­ent un per­fec­tion­ne­ment de la V1 ou une toute nou­vel­le vari­an­te. Les per­son­nes inter­ro­gées con­sidè­rent l’abandon du TWCI comme fatal. Elles redou­tent la perte de la sécu­ri­té d’approvisionnement, des man­ques de capa­ci­tés sur la route, un tra­vail et des dépen­ses sup­p­lé­men­tai­res en matiè­re de logis­tique et des efforts plus importants pour répond­re à la com­pa­ti­bi­li­té climatique.

Ne pas maintenir le statu quo par le financement

De nombreu­ses per­son­nes inter­ro­gées sont d’accord avec le finance­ment partiel tel qu’il est pro­po­sé. Plu­s­ieurs répon­ses sug­gè­rent que le finance­ment se fasse à par­tir des fonds existants – de pré­fé­rence à par­tir du FIF –, plu­tôt que par l’octroi d’un nou­veau cré­dit. Tou­te­fois, plu­s­ieurs des per­son­nes inter­ro­gées expri­ment des réser­ves quant au fait que le finance­ment est sous-esti­mé et qu’il sert donc tout au plus à main­te­nir l’état actuel. Elles deman­dent donc une aug­men­ta­ti­on des fonds qui per­met­tra d’obtenir la modi­fi­ca­ti­on du split modal visée. Il y a con­sen­sus sur le fait que le finance­ment doit per­mett­re une moder­ni­sa­ti­on et une ori­en­ta­ti­on cli­entèle, de sorte à assurer l’autonomie finan­ciè­re dans l’avenir.

Faire progresser la digitalisation et l’automatisation

Une majo­ri­té est favorable à la moder­ni­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du DAC. Elle approuve le finance­ment par la Con­fé­dé­ra­ti­on sous forme d’un finance­ment limi­té dans le temps jusqu’à l’achèvement de la mise en place du DAC.

Selon la majo­ri­té des répon­ses, la digi­ta­li­sa­ti­on com­prend aussi l’interconnexion entre des pla­te­for­mes de don­nées libre­ment acces­si­bles et la sim­pli­fi­ca­ti­on de la coopé­ra­ti­on entre les acteurs du mar­ché qui va de pair.

Préserver une économie de marché non discriminatoire

Cer­tai­nes voix récla­ment un man­dat de trans­fert pour le trans­port de mar­chan­di­ses, d’autres insis­tent sur le libre choix des moy­ens de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur. Dans l’ensemble, les répond­ants sou­hai­tent un encou­ra­ge­ment non dis­cri­mi­na­toire qui s’étende à dif­fér­ents types de tra­fics et modes de trans­port. L’économie libre de mar­ché doit être pré­ser­vée. Des appro­ches inno­van­tes à l’échelon orga­ni­sa­ti­on­nel et des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du mar­ché ren­dront le TFM plus inté­res­sant pour les clients.

Empêcher les distorsions de la concurrence dans le TWCI

La majo­ri­té ne sou­ti­ent pas CFF Cargo, ent­re­pri­se mono­po­lis­tique dans le TWCI. Les per­son­nes inter­ro­gées pro­po­sent des adapt­a­ti­ons desti­nées à empê­cher les dis­tor­si­ons de la con­cur­rence, par exemp­le une sépa­ra­ti­on orga­ni­sa­ti­on­nel­le et finan­ciè­re entre le TWCI et le train com­plet ainsi que des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du marché.

Améliorer le bénéfice client

Un beso­in abor­dé par plu­s­ieurs per­son­nes inter­ro­gées est celui d’orienter sys­té­ma­ti­quement la con­cep­ti­on glo­ba­le vers l’amélioration du béné­fice cli­ent. Cela impli­que notam­ment des capa­ci­tés d’infrastructure suf­fi­san­tes et cor­rec­te­ment attri­buées ainsi qu’un sys­tème de mar­ché appro­prié qui favo­ri­se l’innovation et les off­res inté­res­san­tes. En ce qui con­cer­ne les prix des sil­lons, les per­son­nes inter­ro­gées sou­hai­tent une réduc­tion – par exemp­le à l’échelle de l’Europe.

Une sous-estimation de la nécessité d’agir

Les nombreu­ses répon­ses met­tent en évi­dence une chose: la néces­si­té d’agir dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est bien plus importan­te que ce que le Con­seil fédé­ral a mon­tré. Les deux vari­an­tes de solu­ti­on se limi­tent à don­ner le choix entre deux maux moind­res au lieu d’offrir une solu­ti­on glo­ba­le. Afin de mener un débat étayé par des faits, jus­tem­ent pour ce qui est des alter­na­ti­ves de finance­ment, les par­ties et orga­ni­sa­ti­ons répond­an­tes sou­hai­tent se voir com­mu­ni­quer des don­nées fac­tu­el­les clai­res con­cer­nant les finan­ces de CFF Cargo.

À une écra­san­te majo­ri­té, elles déplo­rent que l’on ne dis­po­se pas d’une vue d’ensemble cohé­ren­te au lieu de n’avoir que le TFM et la navi­ga­ti­on. Elles citent la RPLP et la pro­chai­ne révi­si­on de la loi fédé­ra­le rela­ti­ve à une rede­van­ce sur le tra­fic des poids lourds, la LRPL, ainsi que la loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té, la LIDMo.

 

 

L’exploitation du DETEC est publiée ici: https://www.fedlex.admin.ch/fr/eli/dl/proj/2022/69/cons_1

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Pas de stabilisation des CFF en dépit des 3 milliards de fonds fédéraux supplémentaires

Par la moti­on 22.3008, le Par­le­ment se pro­po­se de modi­fier la loi sur les Chem­ins de fer fédé­raux (LCFF) et d’accorder aux CFF une aide finan­ciè­re de 1,2 mil­li­ard de francs desti­née à com­pen­ser les per­tes de recet­tes enre­gis­trées dans le tra­fic longue distance du fait de la pan­dé­mie et de sou­la­ger finan­ciè­re­ment ce type de tra­fic en dimi­nu­ant le prix du sil­lon de 1,7 mil­li­ard de francs dans le tra­fic longue distance. Voici une pre­miè­re réfle­xi­on cri­tique sur la question. 

L’enjeu:
  • La VAP refu­se le ver­se­ment d’un total de 3 mil­li­ards de francs de capi­taux aux CFF: ce dont il y a beso­in est la responsa­bi­li­té entrepreneuriale
  • Le main­ti­en du mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance pose pro­blè­me en matiè­re de poli­tique euro­pé­en­ne: il y a beso­in d’une stra­té­gie règle­men­tée de migra­ti­on vers l’ouverture du marché
  • La modi­fi­ca­ti­on de la loi dev­rait exi­ger davan­ta­ge de responsa­bi­li­té entre­pre­neu­ria­le et pré­voir un moni­to­rage des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance
  • La RPLP ne doit pas être détour­née pour la con­sti­tu­ti­on de réser­ves au sein du FIF. 

 

La moti­on 22.3008 inti­tulée «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19» exige un pro­jet de loi con­sidé­rant les défi­ci­ts des CFF cau­sés par la pan­dé­mie de Covid-19 comme excep­ti­on­nels et accordant aux CFF des aides finan­ciè­res en con­sé­quence, cen­sées per­mett­re d’assurer l’exécution des inves­tis­se­ments selon la pla­ni­fi­ca­ti­on et con­for­mé­ment aux décis­i­ons de l’Assemblée fédérale.

Situation initiale

Les amé­nage­ments de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re déci­dés au niveau poli­tique débou­ch­ent sur une exten­si­on de l’offre. Celle-ci impli­que des inves­tis­se­ments dans le maté­ri­el rou­lant. L’extension de l’offre pré­sen­te – au moins durant la phase de départ – des défi­ci­ts en matiè­re de tra­fic longue distance et régio­nal; ces der­niers sont en effet finan­cés par la Con­fé­dé­ra­ti­on et les can­tons via des arrêtés de cré­dit cor­re­spond­ant pour le tra­fic régio­nal de voy­a­ge­urs (TRV).

Pen­dant la pan­dé­mie, le tra­fic longue distance a essuyé de lourds défi­ci­ts, qui con­trai­re­ment au TRV, n’ont pas béné­fi­cié de com­pen­sa­ti­ons finan­ciè­res. Le Con­seil fédé­ral s’est au con­trai­re rangé au point de vue selon lequel la prise en char­ge des réper­cus­sions de la pan­dé­mie fai­sait par­tie du domaine des ris­ques entre­pre­neu­riaux du tra­fic longue distance rentable.

Les inves­tis­se­ments des CFF dans des immeubles de rap­port situés à pro­xi­mi­té des gares exi­gent des fonds con­sé­quents, mais amé­lio­rent glo­ba­le­ment l’attractivité de l’offre des chem­ins de fer en matiè­re de tra­fic de voy­a­ge­urs. On occul­te dans ce con­tex­te le fait que dans les sites des cen­tres d’agglomération, le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses souf­fre; là où se con­strui­sent des immeubles de rap­port, des sites logis­ti­ques dis­pa­rais­sent (cent­re judi­ciai­re de Zurich, Euro­pa-Allee à Zurich, etc.). CFF Immo­bi­lier a pro­fi­té d’un bilan d’ouverture géné­reux et géné­ré des béné­fices con­sé­quents uti­li­sés pour sa Caisse de pen­si­on (CP CFF), qui s’illustre régu­liè­re­ment dans la pres­se en affich­ant les taux de con­ver­si­on les plus élevés.

Proposition du Conseil fédéral

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se un apport uni­que en capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs (per­tes des années 2020 à 2022 dans le domaine du tra­fic longue distance). Les CFF ne sont donc obli­gés de four­nir une con­tri­bu­ti­on ni sur le plan entre­pre­neu­ri­al ni dans le TRV.

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se en outre de renon­cer aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re des années 2023 à 2029, d’un mon­tant de 1,7 mil­li­ard de francs, afin de por­ter la ren­ta­bi­li­té du tra­fic longue distance à un niveau cor­rect (4 à 8 % de marge béné­fi­ci­ai­re). Ces con­tri­bu­ti­ons doi­vent être com­pen­sées comme des per­tes de recet­tes au niveau de l’infrastructure par le ver­se­ment de con­tri­bu­ti­ons d’exploitation sup­p­lé­men­tai­res à CFF Infra­struc­tu­re pré­le­vées sur le fonds d’infrastructure fer­ro­vi­ai­re (FIF). Selon le Con­seil fédé­ral, les liqui­di­tés du FIF sont suf­fi­san­tes pour le permettre.

Par ail­leurs, il est ques­ti­on de cor­ri­ger les instru­ments de finance­ment. Les prêts de tré­sore­rie, qui ont jusqu’ici été accor­dés hors du cadre du frein à l’endettement et ont con­duit à l’endettement des CFF, doi­vent à l’avenir être rem­pla­cés par des prêts inté­g­rés au bud­get fédé­ral. Ainsi, ce sera désor­mais le Par­le­ment qui sta­tuera sur les cré­dits, et en même temps, le frein à l’endettement sera appli­qué. Le chan­ge­ment sera mis en œuvre à par­tir d’un taux d’endettement à défi­nir, esti­mé pour la fin 2023 à 11,7 mil­li­ards de francs. Les étapes d’aménagement débouch­ant sur des élar­gis­se­ments non ren­ta­bles de l’offre seront alors sou­mi­ses au frein à l’endettement. Une fois versé l’apport de capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs, la Con­fé­dé­ra­ti­on con­tin­uera à accor­der des prêts de tré­sore­rie jusqu’à ce que le seuil de 11,7 mil­li­ards de francs soit à nou­veau dépassé.

La Con­fé­dé­ra­ti­on garan­ti­ra en outre les liqui­di­tés du FIF. À cet effet, le Con­seil fédé­ral pro­po­se le ver­se­ment sys­té­ma­tique de deux tiers de la RPLP dans le FIF. La part fédé­ra­le de la RPLP ne sera uti­li­sée pour com­pen­ser les coûts non cou­verts du tra­fic rou­tier que lorsqu’aura été con­sti­tuée une réser­ve comp­ta­bi­li­sée d’au moins 300 mil­li­ons de francs.

Notre avis:

Nous refu­sons un apport de capi­taux, car les CFF ne sont ainsi obli­gés de four­nir aucu­ne con­tri­bu­ti­on pro­pre pour com­pen­ser les réper­cus­sions de la pan­dé­mie dans le tra­fic longue distance auto­fi­nan­cé et mono­po­li­sé. Il fau­drait au moins assor­tir l’apport de capi­taux d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le tra­fic longue distance.

Il est néces­saire de pro­cé­der à une cor­rec­tion des instru­ments de finance­ment. Étant donné que l’entreprise publi­que dis­po­se de facto d’une garan­tie de la part de l’État, les prêts de tré­sore­rie ne doi­vent plus être pos­si­bles à l’avenir. Au con­trai­re, le Par­le­ment devra sta­tuer sur les cré­dits en pren­ant en comp­te le frein à l’endettement et en gar­dant à l’esprit cette garan­tie de l’État. Nous reje­tons donc les réser­ves portant sur la limi­te d’endettement de 11,7 mil­li­ards de francs avec l’option d’autres prêts de tré­sore­rie, à moins que le pla­fon­ne­ment ne soit à nou­veau sen­si­blem­ent réduit.

Comp­te tenu des réser­ves, qui sont suf­fi­san­tes, la garan­tie des liqui­di­tés du FIF est super­flue. En renon­çant aux con­tri­bu­ti­ons de cou­ver­tu­re, la Con­fé­dé­ra­ti­on réduit la pres­si­on entre­pre­neu­ria­le exer­cée sur les CFF. En même temps, elle main­ti­ent le mono­po­le des CFF dans le tra­fic longue distance. Du point de vue de la poli­tique euro­pé­en­ne, cela est haute­ment pro­blé­ma­tique, car l’UE libé­ra­li­se le tra­fic longue distance et attend de la Suis­se qu’elle emboî­te le pas sur cette étape de la libé­ra­li­sa­ti­on. Nous deman­dons donc de la part du Con­seil fédé­ral une stra­té­gie de migra­ti­on vers l’ouverture du mar­ché en Suis­se dou­blée d’un moni­to­rage de l’activité entre­pre­neu­ria­le des CFF dans le domaine du tra­fic longue distance.

Nous reje­tons éga­le­ment tout détour­ne­ment de la RPLP afin de garan­tir les réser­ves du FIF. La RPLP est cen­sée com­pen­ser les coûts envi­ron­ne­men­taux du tra­fic rou­tier et con­tri­buer à un choix plus éco­lo­gi­que du mode de trans­port. La RPLP est une taxe d’incitation et ne doit pas être pré­le­vée pour l’aménagement et la main­ten­an­ce de l’infrastructure, qui pro­fi­tent pour l’essentiel au tra­fic de voy­a­ge­urs. La RPLP dev­rait au con­trai­re être obli­ga­toire­ment affec­tée au fret fer­ro­vi­ai­re et aux mesu­res d’un déve­lo­p­pe­ment du tra­fic rou­tier respec­tueux du cli­mat.

Les alter­na­ti­ves tel­les que les modi­fi­ca­ti­ons de l’offre, l’abandon d’investissements ou les ven­tes d’actifs sont cer­tes évo­quées dans les docu­ments de la con­sul­ta­ti­on, mais reje­tées. Nous ne nous ran­ge­ons pas à cet avis. Les actifs non néces­saires à l’exploitation tels que Gate­way Basel Nord et les aut­res socié­tés de trans­bor­de­ment du tra­fic com­bi­né, qui en vertu de l’art. 8 LTM doi­vent être dis­po­nibles sans dis­cri­mi­na­ti­on, pour­rai­ent être ven­dus. D’autres ven­tes serai­ent éga­le­ment pos­si­bles dans le reste du porte­feuille immo­bi­lier des CFF sans ent­raî­ner de rest­ric­tions d’exploitation. Des réduc­tions de l’offre aux heu­res creu­ses con­tri­buer­ai­ent en outre à détendre la situa­ti­on des chan­tiers durant la nuit.

 

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Subventionnement du trafic par wagon isolé: Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

Nous pre­nons posi­ti­on sur le pro­jet de con­sul­ta­ti­on du Con­seil fédé­ral inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Nous sou­met­tons les pro­po­si­ti­ons à une éva­lua­ti­on cri­tique du point de vue des cli­ents du fret fer­ro­vi­ai­re et démon­trons qu’il est néces­saire que le tra­fic con­ven­ti­on­nel accè­de à une auto­no­mie juridique.

Un oui à variante 1 assorti de réserves

Dans la vari­an­te 1, le Con­seil fédé­ral envi­sa­ge de digi­ta­li­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses au moyen du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Il posi­ti­onne ainsi le mode de trans­port «rail» en tant qu’élément de la logis­tique mul­ti­mo­da­le, pré­voy­ant des mesu­res d’accompagnement dans le domaine de l’aménagement du ter­ri­toire, des aides à l’investissement et des inci­ta­ti­ons pour le trans­bor­de­ment et le char­ge­ment de natu­re à atté­nuer les coûts sup­p­lé­men­tai­res de la rup­tu­re de char­ge entre le rail et les aut­res modes de trans­port. Le Con­seil fédé­ral a l’intention d’indemniser les coûts du tra­fic con­ven­ti­on­nel non cou­verts jusqu’à la mise en œuvre de l’automatisation. Sur le fond, nous nous féli­ci­tons de l’orientation de la vari­an­te 1, mais nous avons des réser­ves et con­sta­tons un beso­in de modi­fi­ca­ti­on essentiel.

Rendre autonome du premier et du dernier kilomètre subventionné

Nous vou­lons et devons rend­re le tra­fic con­ven­ti­on­nel plus apte à affron­ter l’avenir. Pour ce faire, il faut repen­ser l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­me de mar­ché et inter­faces au sein de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le. L’objectif doit être un sys­tème finan­ciè­re­ment auto­no­me qui ne dis­cri­mi­ne aucu­ne ent­re­pri­se de fret fer­ro­vi­ai­re et qui soit à la dis­po­si­ti­on des char­geurs de maniè­re fia­ble[1]. En atten­dant la mise en œuvre de ce nou­veau con­cept, nous don­nons notre accord au ver­se­ment d’aides finan­ciè­res au tra­fic de réseau de CFF Cargo. Ces aides finan­ciè­res sont basées sur des inci­ta­ti­ons liées aux résul­tats, neu­tres en ter­mes de con­cur­rence et non dis­cri­mi­na­toires ainsi que sur l’accession à l’autonomie juri­di­que du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re au sein d’une socié­té auto­no­me des CFF. Ce n’est qu’ainsi que l’on pour­ra con­tin­uer à garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se et la via­bi­li­té du rail dans l’avenir.

Empêcher la distorsion de la concurrence et la discrimination

En trans­fé­rant à CFF Cargo la responsa­bi­li­té du tra­fic con­ven­ti­on­nel, le Con­seil fédé­ral crée un mono­po­le sur quel­que 70 % du volu­me du fret. En effet, CFF Cargo est aussi le prin­ci­pal four­nis­seur de tra­fic par trains entiers et de tra­fic com­bi­né. La com­bi­nai­son de ces inté­rêts ris­que de se tra­dui­re d’une part par la dis­cri­mi­na­ti­on des cli­ents du tra­fic con­ven­ti­on­nel et du tra­fic par trains entiers, mais d’autre part éga­le­ment par des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence vis-à-vis d’autres four­nis­seurs de tra­fic par trains entiers et du tra­fic com­bi­né – et ce indé­pen­dam­ment du ver­se­ment d’indemnités au tra­fic con­ven­ti­on­nel. Celui-ci est con­sti­tué par la des­ser­te sur tout le ter­ri­toire des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment et doit donc accé­der à l’autonomie juri­di­que. Étant donné que les pre­sta­ti­ons et res­sour­ces cor­re­spond­an­tes sont d’ores et déjà regrou­pées au sein d’une unité d’organisation auto­no­me, la trans­for­ma­ti­on exi­ge­rait des efforts limi­tés. Le Con­seil fédé­ral dev­rait tou­te­fois pré­cis­er l’art. 9a al. 7 de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM).

Surveiller de manière systématique le nouvel opérateur de système

Dans la phase limi­tée dans le temps des indem­ni­tés publi­ques, mais aussi ulté­ri­eu­re­ment, l’opérateur de sys­tème devra faire l’objet d’un moni­to­rage sys­té­ma­tique dans le domaine des pre­sta­ti­ons, de la qua­li­té, de la pro­duc­ti­vi­té et des coûts. Ce faisant, il con­vi­en­dra de veil­ler à une sup­pres­si­on rapi­de de l’aide finan­ciè­re et à une moder­ni­sa­ti­on du modè­le com­mer­cial de CFF Cargo, qui pré­vi­en­dront les dis­cri­mi­na­ti­ons et assur­e­ront dura­blem­ent un tra­fic con­ven­ti­on­nel flui­de sur l’ensemble du ter­ri­toire. Ce der­nier aspect sera notam­ment garan­ti par un moni­to­rage ciblé du déve­lo­p­pe­ment des quan­ti­tés et de la struc­tu­re de la cli­entèle. Ce moni­to­rage néces­si­te l’ajout d’un com­plé­ment à l’art. 9a LTM.

Vous trou­verez des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et des avis sup­p­lé­men­tai­res dans notre répon­se à la con­sul­ta­ti­on «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se».


[1] Cf. vidéo «Le fret fer­ro­vi­ai­re du futur»: www.cargorail.ch/#video

Consultation «Fret ferroviaire sur tout le territoire»:  deux variantes, beaucoup de points d’interrogation

Consultation «Fret ferroviaire sur tout le territoire»: deux variantes, beaucoup de points d’interrogation

Le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on son rap­port inti­tulé «Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Sans avan­cer de preu­ves, il y qua­li­fie d’impossible l’autofinancement du tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI). À titre d’alternatives, la Con­fé­dé­ra­ti­on pré­voit de trans­fé­rer à moyen terme le fret fer­ro­vi­ai­re sur la route ou de le sub­ven­ti­on­ner dans la durée. Nous som­mes pour notre part d’avis que les cho­ses sont plus com­ple­xes que cela.

L’enjeu:
  • Deux vari­an­tes – et ce dont elles ne tien­nent pas compte.
  • Une réor­ga­ni­sa­ti­on fon­da­men­ta­le du réseau est nécessaire
  • L’externalisation du der­nier kilo­mèt­re est cru­cia­le pour avoir davan­ta­ge de concurrence.

 

Le déve­lo­p­pe­ment du fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le ter­ri­toire fait actu­el­le­ment l’objet de débats très ani­més. Le 2 novembre 2022, le Con­seil fédé­ral a mis en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge sur le «per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se». Le rap­port sug­gè­re que sans sou­ti­en finan­cier, il n’y aura plus de TWCI, les trains entiers n’étant de toute façon pas sub­ven­ti­onnés. Le Con­seil fédé­ral pro­po­se deux options:

  • Le TWCI sur tout le ter­ri­toire est déve­lo­p­pé et moder­ni­sé par la digi­ta­li­sa­ti­on, l’automatisation et la créa­ti­on d’une pla­te­for­me d’échange de don­nées. Les sites néces­saires à une des­ser­te per­for­man­te de tout le ter­ri­toire sont mieux inté­g­rés à l’aménagement du ter­ri­toire des can­tons et de la Con­fé­dé­ra­ti­on. En atten­dant que les mesu­res de moder­ni­sa­ti­on pro­dui­sent leurs effets, le TWCI sera sou­tenu finan­ciè­re­ment par une com­man­de de l’offre sous forme d’investissements et de sub­ven­ti­ons d’exploitation.
  • Le TWCI sur tout le ter­ri­toire est aban­don­né. Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re est réduit à des trains entiers, ce qui se tra­duit par une dimi­nu­tion mas­si­ve de CFF Cargo.

Les deux vari­an­tes sont sou­te­nues par la migra­ti­on vers le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC), l’encouragement de la mul­ti­mo­da­li­té et de la navi­ga­ti­on rhé­na­ne ainsi que par le finance­ment de pro­pul­si­ons cli­ma­ti­quement neu­tres sur le rail et sur le Rhin.

Une réorganisation fondamentale plutôt que de la rhétorique

Le TWCI sur tout le ter­ri­toire cou­vre au moins 70 % du volu­me de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur par rail. La ques­ti­on du Con­seil fédé­ral sur l’opportunité de le con­ser­ver est donc de natu­re plu­tôt rhé­to­ri­que. Le rai­son­ne­ment du CF selon lequel il pour­ra être pra­ti­qué de maniè­re ren­ta­ble par CFF Cargo après une moder­ni­sa­ti­on réa­li­sée au moyen du DAC n’est tou­te­fois, elle non plus, pas une opti­on réa­lis­te. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire doit au con­trai­re être réor­ga­ni­sé à la base et ouvert à d’autres acteurs du mar­ché. À cet égard, le Con­seil fédé­ral reste dans son rap­port bien en deçà des atten­tes des cli­ents et de ses pro­pres annonces.

La digi­ta­li­sa­ti­on et l’automatisation vont rend­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et sur­tout plus inté­res­sant pour le sec­teur de la logis­tique: pour la pre­miè­re fois, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses peut être inté­g­ré en ligne dans les chaî­nes logis­ti­ques de l’économie et dans la cou­ver­tu­re des trains des explo­itants d’infrastructures. Le DAC com­bi­né à la pla­te­for­me publi­que d’échange de don­nées telle qu’elle est pré­vue dans la Loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LIDMo) est ainsi LE levier essentiel pour la com­pé­ti­ti­vi­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et le fac­teur de suc­cès numé­ro un dudit pro­jet de loi.

Le TWCI, qui depuis la réfor­me des chem­ins de fer en 1999 était un mono­po­le des CFF, doit tou­te­fois être réor­ga­ni­sé de bout en bout. Les rôles et les pro­ces­sus doi­vent être radi­cal­e­ment repen­sés. Cette moder­ni­sa­ti­on inté­ri­eu­re est con­di­ti­onnée à la par­ti­ci­pa­ti­on d’autres acteurs du mar­ché afin de créer une offre com­portant moins de frais fixes et offrant donc d’autant plus de fle­xi­bi­li­té. À cet égard, le Con­seil fédé­ral reste en deçà de son rap­port du 30 mars 2022. Alors qu’il y expo­sait dans son sché­ma une inter­ac­tion des dif­fér­ents acteurs du TWCI (S. 50/75), dans son pro­jet de mes­sa­ge, il se con­tente de pro­po­ser une pour­suite du modè­le actuel «tou­tes les pre­sta­ti­ons d’un seul ten­ant» de CFF Cargo, modè­le peu per­for­mant. Une fois de plus, la ques­ti­on de la via­bi­li­té d’une large offre du TWCI en Suis­se est assi­milée au déve­lo­p­pe­ment de l’entreprise éta­tique CFF Cargo.

Pour­tant, les cli­ents sou­hai­tent avoir une vari­an­te 1+ qui, outre la digi­ta­li­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et des mesu­res d’encouragement en faveur d’une aug­men­ta­ti­on de la mobi­li­té, com­pren­drait aussi une réor­ga­ni­sa­ti­on du TWCI. Cela eng­lo­be la neu­tra­li­sa­ti­on et le sou­ti­en finan­cier du fret de pro­xi­mi­té (der­nier kilo­mèt­re), la créa­ti­on d’une pla­te­for­me numé­ri­que de réser­va­ti­on neu­tre et d’échange de don­nées et la pos­si­bi­li­té d’intégrer les off­res pri­vées de tra­fic par wagons complets.

Un secteur uni pour réaliser de grands changements

La Com­mun­au­té d’intérêts (CI) Tra­fic par wagons com­plets deman­de une offre de réseau per­for­man­te (hub and spoke, réseau en étoi­le) com­portant davan­ta­ge de con­cur­rence et moins de dis­cri­mi­na­ti­on. Le Con­seil fédé­ral dev­rait reprend­re dans son mes­sa­ge défi­ni­tif notre visi­on com­mu­ne du fret fer­ro­vi­ai­re – du reste sou­te­nue éga­le­ment par l’Office fédé­ral des trans­ports OFT (cf. blog­post de la VAP «Regard cri­tique sur la per­spec­ti­ve à long terme de la Con­fé­dé­ra­ti­on»). Il en est de même pour la posi­ti­on con­so­li­dée des respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP sur la maniè­re dont le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire peut être exploi­té de maniè­re ren­ta­ble sur le long terme (cf. blog­post «Une solu­ti­on de bran­che en cours d’élaboration»).

Le Con­seil fédé­ral attend une posi­ti­on com­mu­ne de la part du sec­teur du fret. Dans sa con­cep­ti­on de l’avenir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il dev­rait con­sidé­rer de maniè­re plus nuan­cée et mieux prend­re en comp­te l’avis com­mun du sec­teur et les mul­ti­ples vari­an­tes du fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le territoire.

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Transport ferroviaire de marchandises sur tout le territoire: une solution de branche en cours d’élaboration

Con­cer­nant la réor­ga­ni­sa­ti­on et la moder­ni­sa­ti­on à venir du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire et son encou­ra­ge­ment dura­ble, la VAP dia­lo­gue acti­ve­ment avec les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’organisation faî­tiè­re des trans­ports publics (UTP). Un résu­mé sur l’avancement des débats figu­re ci-des­sous avec les avan­ta­ges d’un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment basé sur des incitatifs.

Les respons­ables des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re de l’UTP et la VAP, en tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, veu­lent démon­trer ensem­ble que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le ter­ri­toire (TFM) peut être pra­ti­qué avec suc­cès sur le long terme. Les ent­re­ti­ens des repré­sen­tants de la bran­che sur l’avenir de la logis­tique du tra­fic inté­ri­eur bat­tent leur plein et devront about­ir à une posi­ti­on com­mu­ne envers le TMF, lors­que le Con­seil fédé­ral met­tra en con­sul­ta­ti­on son mes­sa­ge con­cer­nant «l’orientation future du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sur tout le territoire».

Développer une offre de réseau pleine d’avenir

Les acteurs de la bran­che aspi­rent à une offre de réseau per­for­man­te («hub and spoke») dont doi­vent pro­fi­ter de la même façon les explo­itants du fret fer­ro­vi­ai­re et les cli­ents dans le tra­fic inté­ri­eur. Pour ce faire, il faut une nou­vel­le répar­ti­ti­on des rôles dans la pro­duc­tion et un modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment finan­cier dura­ble avec des méca­nis­mes inci­ta­tifs déve­lo­p­pés. Celui-ci doit être conçu de maniè­re à ne pas faus­ser le jeu de la con­cur­rence tout en étant aussi simp­le que pos­si­ble. Il ne doit auto­ri­ser aucu­ne dis­tor­si­on du mar­ché et de la con­cur­rence entre les chem­ins de fer sub­ven­ti­onnés et non-sub­ven­ti­onnés et les pre­sta­ti­ons ou enco­re d’autres iné­ga­li­tés. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment doit com­prend­re un nombre fai­ble, mais réa­li­sable, de méca­nis­mes inci­ta­tifs avec une effi­ca­ci­té maxi­ma­le. Par ail­leurs, il doit s’adapter aux der­niers déve­lo­p­pe­ments; le plan de réduc­tion des sub­ven­ti­ons se déroule dans l’idéal par­al­lè­le­ment à l’EA 2035 et à la ligne de con­tour­ne­ment de Zurich.

Des conditions-cadres améliorées

Afin que le TFM puis­se déploy­er ses atouts, de meil­leu­res con­di­ti­ons-cad­res sont néces­saires – indé­pen­dam­ment du modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment et de la com­pré­hen­si­on des rôles. Cela comprend:

  • Réduc­tion du prix du sil­lon à l’échelon européen
  • Exten­si­on du rem­bour­se­ment de la RPLD à tous les trans­ports par route, rail, bateau
  • Exten­si­on de la pro­mo­ti­on des inves­tis­se­ments aux pro­prié­tai­res et explo­itants de voies de raccordement
  • Automatisation/digitalisation, en par­ti­cu­lier grâce au cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)
  • Pla­te­for­me de don­nées et d’information libre­ment acces­si­ble pour un dérou­le­ment opé­ra­ti­on­nel plus efficace
Des mécanismes incitatifs très efficaces

Les repré­sen­tants de la bran­che pré­voi­ent des inci­ta­tifs en faveur des char­geurs et le finance­ment ainsi que la neu­tra­li­sa­ti­on du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres. Les inci­ta­tifs en faveur des char­geurs com­pren­nent des dédom­ma­ge­ments pour les nou­veaux tra­fics, la remi­se en ser­vice de voies de rac­cor­de­ment après de longues inter­rup­ti­ons d’exploitation, des mesu­res d’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans les manœu­vres et pour les manœu­vres pro­pres sur le der­nier kilo­mèt­re. La des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mè­tres sera finan­cée par un dédom­ma­ge­ment au presta­tai­re. Celui-ci pro­po­se des des­ser­tes de pro­xi­mi­té pour l’ensemble des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re à des prix défi­nis (très loin de cou­vr­ir les coûts).

Un nouveau rôle pour CFF Cargo

CFF Cargo con­ti­nue d’assumer la fon­c­tion d’opérateur réseau. Elle se char­ge de la réa­li­sa­ti­on des cour­ses prin­ci­pa­les et des manœu­vres, super­vi­se la pla­ni­fi­ca­ti­on des tra­fics de réseau et garan­tit un grou­pe­ment effi­cace de trans­ports avec des wagons iso­lés ou des grou­pes de wagons. Pour ce faire, CFF Cargo est géné­ra­le­ment en seul cont­act avec les char­geurs, qui con­fi­ent des trans­ports dans le tra­fic réseau, et dia­lo­gue avec le presta­tai­re qui des­sert le premier/dernier kilomètre.

En faveur de la concurrence

Les repré­sen­tants de l’UTP et de la VAP s’engagent pour une solu­ti­on de bran­che dura­ble qui offre plus de sécu­ri­té en ter­mes de pla­ni­fi­ca­ti­on et d’investissement et accroît l’attractivité du mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Ils pré­voi­ent un méca­nis­me de sub­ven­ti­on­ne­ment qui ne fausse pas le jeu de la con­cur­rence et qui uti­li­se les struc­tures et métho­des d’indemnisation existan­tes. Le modè­le de sub­ven­ti­on­ne­ment de la bran­che peut aug­men­ter son impact sur le trans­fert du tra­fic en pro­po­sant des inci­ta­tifs sup­p­lé­men­tai­res à des tiers avec un pre­mier et der­nier kilo­mè­tres. De cette maniè­re, les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re n’ont pas à prend­re de décis­i­on «make or buy» (faire ou faire faire). CFF Cargo peut exploi­ter le réseau grâce à l’autofinancement. La solu­ti­on qui est apparue suite au dia­lo­gue entre les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re et les char­geurs doit ren­forcer la capa­ci­té com­pé­ti­ti­ve des acteurs et per­mett­re l’innovation ainsi que l’orientation clientèle.

 

À lire avec inté­rêt à ce sujet: en 2014 déjà, la recom­man­da­ti­on d’une «des­ser­te non dis­cri­mi­na­toire du der­nier kilo­mèt­re pour tou­tes les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re» est res­sor­tie de notre étude.

«RAIL 2050» – regard critique sur la perspective à long terme de la Confédération

«RAIL 2050» – regard critique sur la perspective à long terme de la Confédération

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­terait ren­forcer davan­ta­ge les chem­ins de fer à long terme. Pour ce faire, il a révi­sé sa stra­té­gie à long terme pour le rail. Il fixe désor­mais de nou­vel­les prio­ri­tés dans le cadre d’un accès amé­lio­ré au train et d’une aug­men­ta­ti­on des capa­ci­tés sur l’axe Est-Ouest avec de nou­vel­les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment mul­ti­mo­da­les et des instal­la­ti­ons pour la logis­tique urbai­ne. Ci-après une éva­lua­ti­on cri­tique de cette perspective. 

Pour ce qui est des futures étapes d’aménagement de l’infrastructure fer­ro­vi­ai­re, le Con­seil fédé­ral a adap­té sa per­spec­ti­ve à long terme RAIL de l’année 2012 et publié des détails de la réuni­on du 22 juin 2022. Jusqu’ici, le Con­seil fédé­ral s’est con­cen­tré avant tout sur les sup­pres­si­ons des gou­lets d’étranglement et les den­si­fi­ca­ti­ons de la cadence. Avec les étapes d’aménagement à venir dans le cadre de la per­spec­ti­ve RAIL 2050, il sou­hai­te en pre­mier lieu amé­lio­rer l’offre de chem­ins de fer sur les cour­tes et moy­ennes distances, par exemp­le avec des off­res sup­p­lé­men­tai­res de RER et une valo­ri­sa­ti­on des gares de trains de ban­lieue. Il tient donc comp­te du fait que le plus grand potentiel de trans­fert rési­de dans le rail à l’intérieur des agglo­mé­ra­ti­ons ainsi que dans les liai­sons entre les cen­tres régi­on­aux et les agglomérations.

Faire avancer le transfert dans le fret ferroviaire

Il s’agit d’améliorer l’accès au train et d’augmenter les capa­ci­tés sur l’axe Est-Ouest dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Ceci avec de nou­vel­les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment muli­mo­da­les et des instal­la­ti­ons pour la logis­tique urbai­ne. Avec le trans­fert du tra­fic visé, le Con­seil fédé­ral sou­hai­te ren­forcer sa stra­té­gie afin d’atteindre les objec­tifs cli­ma­ti­ques et de mieux coor­don­ner l’aménagement du ter­ri­toire et la pla­ni­fi­ca­ti­on des trans­ports. Il exprime cette pré­ten­ti­on dans sa visi­on: «Le rail con­tri­bue de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve, grâce à une uti­li­sa­ti­on effi­cace de ses atouts, à l’objectif cli­ma­tique 2050 et ren­force le lieu de vie et la place éco­no­mi­que suisse».

Conflit d’intérêts dans le libre choix du moyen de transport

Le Con­seil fédé­ral défi­nit l’augmentation de la part du rail dans le split modal, aussi bien dans le tra­fic de voy­a­ge­urs que dans le tra­fic de mar­chan­di­ses, comme l’un des prin­ci­paux objec­tifs de RAIL 2050. Cet objec­tif est con­trai­re à la con­sti­tu­ti­on qui garan­tit le libre choix du moyen de trans­port dans le tra­fic inté­ri­eur. De même, il exis­te une con­tra­dic­tion avec les objec­tifs actuels du Con­seil fédé­ral, en par­ti­cu­lier avec l’objectif n° 7 du Cadre de réfé­rence 2040 du DETEC, «Ave­nir de la mobi­li­té». Il en res­sort que les usa­gers de la route en Suis­se sont libres de déci­der quel­les sont les off­res de mobi­li­té qu’ils uti­li­sent et combinent.

Concurrence intramodale et offres répondant aux principes de l’économie de marché

Pour la VAP, le split modal est le résul­tat d’une poli­tique mûre­ment réflé­chie con­cer­nant l’infrastructure, les trans­ports et l’aménagement du ter­ri­toire. En tant que porte-paro­le du sec­teur des char­geurs, nous nous enga­ge­ons pour des con­di­ti­ons-cad­res favor­ables qui sti­mu­lent la con­cur­rence intra­mo­da­le sur le rail et assu­rent, avec des off­res répond­ant aux prin­cipes de l’économie de mar­ché, l’orientation cli­entèle et l’innovation. Pour que de tel­les off­res puis­sent déploy­er leur potentiel, il faut suf­fi­sam­ment de capa­ci­tés sur le réseau avec des sil­lons de gran­de qua­li­té et avan­ta­ge­ux et de sites logis­ti­ques bien des­ser­vis. C’est le seul moyen d’augmenter la part du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le split modal. C’est la rai­son pour laquel­le nous met­tons en garde cont­re les idées d’autres réseaux et de sil­lons sys­té­mi­ques coor­don­nés par CFF Cargo. Ceux-ci pré­vi­en­nent la con­cur­rence intra­mo­da­le visée et ont un impact néga­tif sur l’orientation cli­entèle et l’innovation.

Garantir l’adhésion à l’Europe

Nous nous féli­ci­tons du fait que le Con­seil fédé­ral se con­cent­re sur les cour­tes et moy­ennes distances. Il occul­te tou­te­fois le potentiel du tra­fic inter­na­tio­nal dans toute son hété­ro­gé­né­i­té, ce qui est par­fai­te­ment reg­rettable. À notre avis, la per­spec­ti­ve RAIL 2050 dev­rait pré­voir un rac­cor­de­ment judi­cieux du réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se aux cor­ri­dors inter­na­ti­on­aux et aux ports rhén­ans ainsi qu’aux ports du sud dans la zone visée. Le Con­seil fédé­ral est invi­té de façon expli­ci­te par la moti­on 22.3000 «Amé­na­ger la ligne d’accès à la NLFA Wörth-Stras­bourg afin de pour­suiv­re la poli­tique de trans­fert du tra­fic et de garan­tir la sécu­ri­té de l’approvisionnement de la Suis­se» et la moti­on 20.3003 «Accord inter­na­tio­nal au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gau­che du Rhin» à s’exprimer sur cette prétention.

Un oui franc en faveur de la digitalisation

Nous juge­ons posi­tifs l’intention d’utiliser de maniè­re con­sé­quen­te les gains d’efficacité par l’automatisation et de nou­vel­les tech­no­lo­gies, ainsi que l’objectif de mett­re en réseau l’offre de chem­ins de fer en tant que par­tie inté­gran­te de la mobi­li­té glo­ba­le de maniè­re fle­xi­ble et opti­ma­le avec les aut­res modes et off­res de trans­port. Outre les pla­te­for­mes de trans­bor­de­ment mul­ti­mo­da­les men­ti­onnées, les con­di­ti­ons-cad­res et du mar­ché pour les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re jouent prin­ci­pa­le­ment un rôle déter­mi­nant ici. Cela com­prend, outre le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC), en par­ti­cu­lier les pla­te­for­mes de don­nées et de réser­va­ti­on ouver­tes. Avec leur aide, des don­nées de l’ensemble de la chaî­ne de valeur sont sai­sies et échan­gées dans la trans­pa­rence, de sorte que les cli­ents des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re peu­vent réser­ver sim­ple­ment leurs envois et sui­v­re en temps réel les flux de marchandises.

Investir dans l’avenir avec le DAC

Investir dans l’avenir avec le DAC

Le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) est beau­coup plus que ce que sug­gè­re son nom. C’est la base d’une digi­ta­li­sa­ti­on et d’une auto­ma­tis­a­ti­on com­plè­tes du fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se – et par là même un inves­tis­se­ment proac­tif dans l’avenir.

Fret ferroviaire 4.0

À la VAP, nous œuvrons pour un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re con­cur­rentiel afin de garan­tir à nos mem­bres le libre choix du moyen de trans­port. Pour ce faire, nous som­mes actifs à dif­fér­ents niveaux. L’un est le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal, abré­gé DAC en ang­lais. Grâce à lui, le fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en pour­ra att­eind­re le pro­chain stade de la modernisation.

Comme son nom le sug­gè­re, le DAC per­met d’automatiser le pro­ces­sus de cou­pla­ge. Mais ce n’est pas tout, loin de là. Il nous faut repen­ser le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se avec ses pro­ces­sus inter­sys­tè­mes comme un tout. Au sein de cette con­cep­ti­on, le DAC rend pos­si­ble un trans­fert de flux et de don­nées inin­ter­rom­pu dans le train. Celui-ci est la con­di­ti­on pré­alable à la digi­ta­li­sa­ti­on et à l’automatisation du fret fer­ro­vi­ai­re. Il repré­sen­te un saut quan­tique en ter­mes de qua­li­té et d’avantage pour le cli­ent, car tou­tes les don­nées sur l’ensemble des inter­faces et des acteurs de la logis­tique seront dis­po­nibles sous forme numé­ri­que. La com­man­de numé­ri­que du train génè­rera en outre une fle­xi­bi­li­sa­ti­on révo­lu­ti­on­n­aire de l’utilisation du réseau et ainsi une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble de la capa­ci­té de celui-ci. Cela offri­ra au fret fer­ro­vi­ai­re une chan­ce uni­que de jouer un rôle clé dans la logis­tique multimodale.

La première véritable innovation depuis 100 ans

En matiè­re de fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en, la der­niè­re véri­ta­ble inno­va­ti­on a été l’électrification. Elle remon­te à un siè­cle. Cela expli­que que la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re ait con­stam­ment dimi­n­ué. En inves­tis­sant dans le DAC, le fret fer­ro­vi­ai­re est à pré­sent en mesu­re de rat­tra­per d’un coup plu­s­ieurs sta­des de déve­lo­p­pe­ment. En effet, il offre de nou­vel­les fon­c­tions com­portant des avan­ta­ges révo­lu­ti­on­n­aires (cf. Illus­tra­ti­on 1).

Illus­tra­ti­on 1: le DAC appor­te plus d’avantages que la simp­le auto­ma­tis­a­ti­on du pro­ces­sus de couplage.

Le fret ferroviaire, colonne vertébrale de l’approvisionnement

Le fret fer­ro­vi­ai­re est un élé­ment cru­cial de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses. Rien qu’en Suis­se, nous tablons sur une crois­sance du volu­me de trans­port de mar­chan­di­ses de 30 % d’ici 2050. Or les capa­ci­tés de trans­port rou­tier et fer­ro­vi­ai­re sont limi­tées. Une exten­si­on des capa­ci­tés sera en pre­mier lieu ren­due pos­si­ble par l’amélioration des inter­faces des chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les. En ter­mes de dura­bi­li­té aussi, le fret fer­ro­vi­ai­re pré­sen­te des atouts. Un tiers des émis­si­ons annuel­les de gaz à effet de serre sont dues aux trans­ports. Avec le pacte vert à l’échelon euro­pé­en et la stra­té­gie cli­ma­tique 2050 à long terme en Suis­se, la poli­tique s’est fixé des objec­tifs ambi­ti­eux. Dans ce con­tex­te, le rail, pau­vre en émis­si­ons, s’avère par­ti­cu­liè­re­ment concurrentiel.

Un soutien est indispensable

Faire ent­rer le fret fer­ro­vi­ai­re dans une nou­vel­le ère du pro­grès grâce au DAC ne pour­ra pas réus­sir en faisant cava­lier seul. Notre sec­teur est tri­bu­tai­re d’un sou­ti­en, qui com­por­te d’une part une impli­ca­ti­on poli­tique garan­tis­sant une coor­di­na­ti­on inin­ter­rompue entre la Suis­se et l’UE, et d’autre part une aide finan­ciè­re. En effet, les acteurs du sec­teur ne sont pas à même de sup­port­er seuls les inves­tis­se­ments de départ. La valeur ajou­tée du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du mar­ché (cf. Illus­tra­ti­on 2). Un finance­ment de départ volon­ta­ris­te de la part de la Con­fé­dé­ra­ti­on est à notre avis impé­ra­ti­ve­ment néces­saire. Mais l’objectif ulti­me doit res­ter l’autofinancement.

Illus­tra­ti­on 2: l’atout du DAC se déploie sur le long terme et se répar­tit sur plu­s­ieurs acteurs du marché.

Un rééquipement réfléchi

Nous con­sidé­rons comme judi­cieux de réé­qui­per la flot­te de wagons existan­te de maniè­re rest­ric­ti­ve en se con­cen­trant sur les wagons récents et per­tin­ents pour le mar­ché. Les pro­prié­tai­res de wagons ne dev­rai­ent réé­qui­per leurs wagons que si cela s’avère sur le long terme plus avan­ta­ge­ux qu’un nou­vel achat. Par ail­leurs, la Con­fé­dé­ra­ti­on dev­rait pré­voir pour les wagons non enco­re amor­tis une prime à la casse dont l’utilisation sera lais­sée à la dis­cré­ti­on des pro­prié­tai­res de wagons. Il faut se rend­re à l’évidence: pour que les wagons restent com­pa­ti­bles entre eux et que la DAC génè­re sa plus-value aussi rapi­de­ment que pos­si­ble, il fau­dra réé­qui­per un grand nombre de wagons de maniè­re coor­don­née dans un laps de temps court.

Vous trou­verez de plus amp­les infor­ma­ti­ons sur ce thème dans cette pré­sen­ta­ti­on.

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