Révision partielle de la LCFF: la responsabilité et l’ouverture du marché encore repoussées

Révision partielle de la LCFF: la responsabilité et l’ouverture du marché encore repoussées

La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons (CTT‑N) sou­ti­ent à l’unanimité le pro­jet de sta­bi­li­sa­ti­on des Chem­ins de fer fédé­raux (LCFF). Con­trai­re­ment au Con­seil fédé­ral, elle est d’avis qu’en ce qui con­cer­ne la pra­tique con­sistant à accor­der des cré­dits de tré­sore­rie aux CFF, il n’est pas indi­qué de chan­ger de sys­tème. La CTT‑N nég­li­ge ainsi de prend­re en comp­te l’ensemble des recom­man­da­ti­ons de la VAP.

Les enjeux:

  • Une injec­tion de 3 mil­li­ards pour les CFF
  • La révi­si­on par­ti­el­le de la LCFF a été trans­mi­se au Con­seil national
  • La voix du sec­teur reste tou­jours ignorée
  • Tou­jours aucu­ne ouver­tu­re de mar­ché en vue

 

-> Vers l’a­ven­ant du 08.07.2024

Une injection de 3 milliards pour les CFF

Dans son rap­port du 16 décembre 2022 sur la moti­on 22.3008 «Sou­te­nir l’exécution des inves­tis­se­ments des CFF et une visi­on à long terme en péri­ode de Covid-19», la Con­fé­dé­ra­ti­on pro­po­se de prend­re en char­ge les défi­ci­ts des CFF dans le domaine des gran­des lignes par le biais d’un apport uni­que de capi­tal esti­mé à 1,25 mil­li­ard de francs suis­ses. Elle entend en outre allé­ger les rede­van­ces de sil­lons pour les gran­des lignes de 1,7 mil­li­ard de francs suis­ses sup­p­lé­men­tai­res. Par ail­leurs, elle sug­gè­re une cor­rec­tion des instru­ments de financement.

La révision partielle de la LCFF a été transmise au Conseil national

La CTT‑N a trans­mis à l’unanimité le pro­jet de modi­fi­ca­ti­on de la LCFF au Con­seil natio­nal. De plus, la majo­ri­té de la com­mis­si­on refu­se un chan­ge­ment de sys­tème en ce qui con­cer­ne les instru­ments de finance­ment, car les cré­dits bud­gé­tai­res, con­trai­re­ment aux cré­dits de tré­sore­rie, sont sou­mis au frein à l’endettement. Ainsi, la com­mis­si­on est d’avis que la situa­ti­on de con­cur­rence qui en résul­te vis-à-vis d’autres dépen­ses fédé­ra­les n’est pas sou­hai­ta­ble, comp­te tenu de l’offre de trans­ports publics. Le Con­seil natio­nal sta­tuera lors de la ses­si­on d’hiver 2023 sur la pro­po­si­ti­on de la CTT‑N.

La voix du secteur reste toujours ignorée

Comme nous l’avions fait savoir dans notre com­mu­ni­qué de pres­se du 30 mars 2023, nous, à la VAP, refu­sons l’assainissement extra­or­di­naire des gran­des lignes pré­sen­té, qui pré­voit quel­que 3 mil­li­ards de francs et doit être finan­cé par l’argent des con­tri­bu­ables. La VAP se féli­ci­te en revan­che de la pro­po­si­ti­on de cor­rec­tion des instru­ments de finance­ment, à savoir la renon­cia­ti­on à l’octroi de cré­dits de tré­sore­rie aux CFF pas­sant outre le frein à l’endettement de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Dans les artic­les du blog inti­tulés «Plu­tôt que d’empocher une enve­lo­p­pe bud­gé­tai­re de 3 mil­li­ards, les CFF doi­vent assu­mer leurs responsa­bi­li­tés» et «Pas de sta­bi­li­sa­ti­on des CFF en dépit des 3 mil­li­ards de fonds fédé­raux sup­p­lé­men­tai­res», nous résu­mons la posi­ti­on de notre sec­teur et nos argu­ments correspondants.

Toujours aucune ouverture de marché en vue

En adop­tant le pro­jet, le Con­seil natio­nal ren­forcerait enco­re le mono­po­le des CFF dans le tra­fic des gran­des lignes. Du point de vue de la poli­tique euro­pé­en­ne, cela serait haute­ment pro­blé­ma­tique, car l’UE deman­de de la part de la Suis­se une ouver­tu­re du mar­ché des gran­des lignes. Cette reven­dica­ti­on, res­tée lett­re morte, ass­om­brit les négo­cia­ti­ons avec l’UE sur la pro­lon­ga­ti­on de la coopé­ra­ti­on limi­tée dans le temps avec l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA pour l’instauration des homo­lo­ga­ti­ons «One Stop Shop» et davan­ta­ge d’interopérabilité entre la Suis­se et l’UE. Par rap­port aux mem­bres de l’UE, la Suis­se ne dis­po­se actu­el­le­ment enco­re d’aucun accès à part entiè­re au mar­ché; le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se ne fait actu­el­le­ment pas par­tie inté­gran­te du réseau euro­pé­en interopé­ra­ble. C’est pour­quoi les asso­cia­ti­ons pro­ches du fret, à savoir l’Astag, CFS et nous, la VAP, deman­dons une stra­té­gie natio­na­le de migra­ti­on sur l’ouverture du mar­ché en har­mo­nie avec l’UE. Si le Con­seil natio­nal approuve la pro­po­si­ti­on de la CTT‑N, il repous­se­ra enco­re plus cette reven­dica­ti­on dans le temps.

Aven­ant 20.12.2023, actua­li­sa­ti­on de la ses­si­on d’hi­ver:
Lors de la ses­si­on d’hi­ver, le Con­seil natio­nal a approu­vé à la majo­ri­té l’oc­troi aux Chem­ins de fer fédé­raux (CFF) d’une aide uni­que en capi­tal de 1,15 mil­li­ard de francs pour rédui­re leur dette. Ce mon­tant a en outre déjà été prévu dans le bud­get 2024. Le Con­seil natio­nal a en revan­che reje­té la pro­po­si­ti­on du Con­seil fédé­ral de pas­ser des cré­dits de tré­sore­rie aux cré­dits bud­gé­tai­res de la Con­fé­dé­ra­ti­on lors­que l’en­det­te­ment att­eint un cer­tain niveau. L’ar­gu­ment avan­cé est qu’en cas d’ap­pli­ca­ti­on du frein à l’en­det­te­ment, l’ex­ten­si­on pour­rait être retar­dée en cas de cré­dits bud­gé­tai­res. En outre, la Chambre des can­tons a déci­dé de fixer la réser­ve appro­priée du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF) à 300 mil­li­ons de francs au mini­mum, les deux tiers au maxi­mum du pro­duit net de la rede­van­ce sur le tra­fic de poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons (RPLP) devant être ver­sés dans le fonds. Le Con­seil natio­nal n’a ainsi pas tenu comp­te de tou­tes les recom­man­da­ti­ons de la VAP. Le pro­jet passe main­ten­ant au Con­seil des Etats qui, espé­rons-le, inter­vi­en­dra pour cor­ri­ger le tir.

Aven­ant du 08.07.2024
Après le débat du pro­jet au Con­seil natio­nal et au Con­seil aux Etat, il reste des diver­gen­ces con­cer­nant deux artic­les (art. 20 et art. 26b LCFF). Le Con­seil des États sou­hai­te durcir les instru­ments de finance­ment de la Con­fé­dé­ra­ti­on en faveur des CFF de telle maniè­re que l’octroi de prêts de tré­sore­rie de la Con­fé­dé­ra­ti­on en faveur des CFF ne soit pos­si­ble que dans la limi­te du pla­fond de l’endettement net fixé dans les objec­tifs stra­té­giques. Les prêts d’un mon­tant supé­ri­eur dev­rai­ent être sou­mis aux exi­gen­ces du frein à l’endettement, comme le pro­po­se déjà le Con­seil fédé­ral. La majo­ri­té de la CTT‑N est cepen­dant tou­jours d’avis que la situa­ti­on de con­cur­rence avec d’autres dépen­ses de la Con­fé­dé­ra­ti­on résul­tant du chan­ge­ment de sys­tème des instru­ments de finance­ment n’est pas sou­hai­ta­ble du point de vue de l’offre de trans­ports publics. Par 12 voix cont­re 11, elle pro­po­se donc à son con­seil de main­te­nir sa décis­i­on. L’autre diver­gence con­cer­ne le ver­se­ment d’un apport uni­que en capi­tal (art. 26b LCFF). Le Con­seil des États a reje­té la pro­po­si­ti­on du CE Josef Ditt­li visa­nt à rédui­re la con­tri­bu­ti­on à 0,6 mil­li­ard de francs (par 21 voix cont­re 20), mais a déci­dé de s’en tenir au frein à l’endettement. Sur ce point éga­le­ment, la CTT‑N pro­po­se à son con­seil de s’en tenir à la décis­i­on du Con­seil natio­nal, qui pré­voit un apport uni­que en capi­tal de 1,15 mil­li­ard de francs en faveur des CFF (par 13 voix cont­re 12). La majo­ri­té de la com­mis­si­on sou­hai­te ainsi con­so­li­der dura­blem­ent la situa­ti­on finan­ciè­re des CFF. Une mino­ri­té de la com­mis­si­on sou­hai­te en revan­che limi­ter l’apport uni­que en capi­tal à 0,6 mil­li­ard de francs, con­for­mé­ment à la pro­po­si­ti­on du CE Josef Ditt­li. Le pro­jet a été trans­mis au Con­seil natio­nal à la ses­si­on d’automne.

Renforcer la concurrence équitable entre les entreprises fédérales et les entreprises privées

Renforcer la concurrence équitable entre les entreprises fédérales et les entreprises privées

Le 15 sep­tembre 2023, le Con­seil fédé­ral a char­gé le Dépar­te­ment fédé­ral de l’économie, de la for­ma­ti­on et de la recher­che (DEFR) de pré­sen­ter un com­plé­ment aux prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise d’ici le troi­siè­me tri­mest­re 2024. Il entend ainsi ren­forcer la con­cur­rence équi­ta­ble entre les ent­re­pri­ses publi­ques et les ent­re­pri­ses privées.

Les enjeux:

  • Stra­té­gie de pro­prié­tai­re et prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise comme instru­ment de contrôle
  • Une con­cur­rence équi­ta­ble deman­dée par le Parlement
  • Une mono­po­li­sa­ti­on pré­oc­cu­p­an­te du fret de proximité
  • De nou­vel­les ten­dan­ces de finance­ment croi­sé évidentes
  • Un com­bat à armes inégales

 

Stra­té­gie de pro­prié­tai­re et prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise comme instru­ment de contrôle

Les ent­re­pri­ses fédé­ra­les sont cré­ées grâce à l’autonomisation d’unités admi­nis­tra­ti­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on qui exer­cent des acti­vi­tés mono­po­li­sées con­for­mé­ment à la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le. Par exemp­le, la socié­té par actions des Chem­ins de fer fédé­raux (CFF), régie par une loi spé-ciale, a été créée dans le cadre de la réfor­me des chem­ins de fer de 1999. En tant que pro­prié-taire à 100 %, la Con­fé­dé­ra­ti­on diri­ge ses nombreu­ses ent­re­pri­ses fédé­ra­les en défi­nis­sant et en met­tant en œuvre une stra­té­gie de pro­prié­tai­re et des prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise. Elle élit en outre les con­seils d’administration. En plus de son rôle de pro­prié­tai­re, la Con­fé­dé­ra-tion joue d’autres rôles: en tant que régu­la­teur, elle co-régle­men­te les con­di­ti­ons du mar­ché et com­man­de par­fois même des pre­sta­ti­ons de ser­vice public, par exemp­le dans le domaine du tra-fic régio­nal des voy­a­ge­urs. Il en résul­te iné­vi­ta­blem­ent cer­ta­ins con­flits d’intérêts. Il serait tout à fait oppor­tun de véri­fier si cet enche­vêtre­ment de fon­c­tions est tou­jours d’actualité et adap­té au tra­fic par wagons com­plets iso­lés et quel orga­ne de con­trô­le en sur­veil­le l’utilisation.

Une con­cur­rence équi­ta­ble deman­dée par le Parlement

Les cri­ti­ques crois­san­tes du sec­teur privé à l’égard du com­porte­ment des ent­re­pri­ses fédé­ra­les qui, sur la base d’un man­dat con­sti­tu­ti­on­nel sou­vent très géné­ral, éten­dent tou­jours plus leur ac-tivi­té prin­ci­pa­le initia­le et vont même jusqu’à rache­ter des ent­re­pri­ses pri­vées, ont trou­vé un écho au Par­le­ment. Les Con­seils ont ainsi adop­té la moti­on 20.3531 «Pour une con­cur­rence plus équi-table avec les ent­re­pri­ses publi­ques» du con­seil­ler aux États PLR Andrea Caro­ni et la moti­on 20.3532 de la même teneur du con­seil­ler aux États du Cent­re Beat Rie­der. Avec le rap­port du DEFR, le Con­seil fédé­ral veut main­ten­ant répond­re à la deman­de de ces deux moti­ons. Il attend des pro­po­si­ti­ons sur la maniè­re dont les dépar­te­ments peu­vent orga­nis­er de maniè­re plus sys-téma­tique et garan­tir de maniè­re plus com­plè­te une con­cur­rence équi­ta­ble entre les ent­re­pri­ses fédé­ra­les et les ent­re­pri­ses pri­vées dans le cadre de la ges­ti­on des ent­re­pri­ses fédérales.

Une mono­po­li­sa­ti­on pré­oc­cu­p­an­te du fret de proximité

Le rap­port d’activité 2022 de la Rail­Com rend comp­te, entre aut­res, de l’enquête menée auprès des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret sur les ser­vices de fret de pro­xi­mi­té selon l’art. 6a de l’ordonnance sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM). Il s’agit en l’occurrence de pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, qui cou­vre le fret de pro­xi­mi­té en Suis­se de maniè­re pra­ti­quement mono­po­lis­tique. Pour jus­ti­fier le refus des ser­vices de fret de pro­xi­mi­té, le rap­port d’activité de la Rail­Com men-tion­ne le man­que de res­sour­ces. Les per­son­nes inter­ro­gées sup­po­sent tou­te­fois qu’elles sont désa­van­ta­gées en ce qui con­cer­ne les off­res et que dif­fér­ents tarifs sont en circulation.

Les ent­re­pri­ses pri­vées s’inquiètent tout autant de la mono­po­li­sa­ti­on de l’offre de réseau de CFF Cargo dans la Con­sul­ta­ti­on sur le pro­jet de loi «Moder­ni­sa­ti­on du trans­port suis­se de mar­chan-dises» (cf. artic­le de blog «Con­sul­ta­ti­on «Fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le ter­ri­toire»: deux vari­an­tes, beau­coup de points d’interrogation»). Elles deman­dent une déli­mi­ta­ti­on stric­te entre l’offre de ré-seau et l’offre de train com­plet en matiè­re d’indemnisation et le main­ti­en d’un accès non dis­cri­mi­na-toire aux ser­vices du fret de pro­xi­mi­té (voir l’article du blog de la VAP «Exter­na­li­ser le der­nier kilo-mètre et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire»). Il s’agit d’empêcher, à l’aide de mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les ou d’une sépa­ra­ti­on juri­di­que, que cer­ta­ins ser­vices four­nis par l’État fas­sent l’objet d’un finance­ment croi­sé. C’est par exemp­le le cas aujourd’hui pour le refi­nance­ment de la caisse de pen­si­ons des CFF (CP CFF) par les béné­fices de CFF Immobilier.

De nou­vel­les ten­dan­ces de finance­ment croi­sé évidentes

Lors de l’audition sur la révi­si­on du prix du sil­lon 2025, les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses de Suis­se ont fait alli­ance et ont donné une répon­se néga­ti­ve au Con­seil fédé­ral le 29 août 2023 Prise de posi­ti­on sur la révi­si­on par­ti­el­le de l’ordonnance de l’OFT sur l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re OARF (cf. artic­le du blog «Révi­si­on du prix du sil­lon 2025–2028: l’augmentation des prix n’est pas fon-dée»). Seul CFF Cargo, qui est entiè­re­ment inté­g­ré au grou­pe CFF et ne peut pas agir à sa guise, est resté à l’écart. Comme l’Office fédé­ral des trans­ports se réfè­re entre aut­res à la baisse des recet­tes des sil­lons lors de la révi­si­on du prix du sil­lon, tout laisse pen­ser qu’il s’agit d’un finance­ment croi­sé caché des CFF, que CFF Cargo n’a évi­dem­ment pas le droit de criti-quer.

Le pro­jet de loi éla­bo­ré par le Con­seil fédé­ral «Modi­fi­ca­ti­on de la loi sur les Chem­ins de fer fédé-raux (LCFF) – finance­ment dura­ble des CFF» du 15 sep­tembre 2023 cor­re­spond éga­le­ment à une att­ein­te fla­gran­te à la libre con­cur­rence. Selon ce docu­ment, les CFF dev­rai­ent béné­fi­ci­er d’un apport de capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs. L’utilisation exac­te de ces fonds n’est tou­jours pas clai­re et les con­di­ti­ons qui pour­rai­ent chan­ger cet état de fait à l’avenir font défaut. La filia­le CFF Cargo, qui a par ail­leurs béné­fi­cié d’un sou­ti­en finan­cier important suite à la pan­dé­mie de Covid, pro­fi­te éga­le­ment de cet apport de capi­taux. Elle est sur le point de con­clure une con­ven-tion de pre­sta­ti­ons pour indem­nis­er son tra­fic de réseau, qu’elle ne peut appa­rem­ment pas gérer de maniè­re auto­no­me. Les acteurs du sec­teur privé, en revan­che, n’ont pas reçu de fonds Covid et ne dis­po­sent pas non plus de res­sour­ces et de par­ti­ci­pa­ti­ons importan­tes non néces­saires à l’exploitation, qu’ils pour­rai­ent mett­re en vente pour ren­forcer leur capa­ci­té d’investissement.

Un com­bat à armes inégales

La com­plaisance du Con­seil fédé­ral avec le trai­te­ment iné­gal des ent­re­pri­ses publi­ques et des ent­re­pri­ses pri­vées saute aux yeux – et est reg­rettable. Mal­heu­reu­se­ment, cela n’engendre pas une saine con­cur­rence dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui ren­forcerait sa force d’innovation et sa per­for­mance. Ces deux élé­ments sont indis­pens­ables pour que les acteurs du mar­ché puis­sent con­ser­ver leurs cli­ents actuels et en gagner de nou­veaux. Ceci serait à son tour néces­saire pour par­ve­nir à un trans­fert du tra­fic dura­ble et pour inté­grer à l’avenir le rail dans des chaî­nes d’approvisionnement mul­ti­mo­da­les. Et pour créer éga­le­ment de nou­veaux em-plois ori­en­tés vers l’avenir.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#6): l’OFT soutient le trafic marchandises de manière pragmatique

Tunnel de base du Saint-Gothard (#6): l’OFT soutient le trafic marchandises de manière pragmatique

À la suite de l’accident du train de mar­chan­di­ses sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard, l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) encou­ra­ge le fret fer­ro­vi­ai­re par des mesu­res effi­caces: le tun­nel ne peut être uti­li­sé que par les trains de mar­chan­di­ses. Les indem­ni­tés par train cir­cu­lant en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) seront pro­chai­ne­ment rele­vées jusqu’à 1100 CHF. Notre asso­cia­ti­on des char­geurs l’en remer­cie vive­ment. À pro­pos: nous par­lons aussi au nom de char­geurs étrangers.

Les enjeux:

  • Le tun­nel de base du Saint-Got­hard n’est ouvert qu’aux trains de marchandises
  • Des indem­ni­tés plus éle­vées pour le TCNA transalpin
  • La VAP dit merci

Le tun­nel de base du Saint-Got­hard n’est ouvert qu’aux trains de mar­chan­di­ses
Depuis la remi­se en ser­vice du tube est du tun­nel de base du Saint-Got­hard, celui-ci est exclu­si­ve­ment ouvert au tra­fic de trains de mar­chan­di­ses. Une bonne cen­taine de sil­lons par jour sont pos­si­bles. 30 trains sup­p­lé­men­tai­res cir­cu­lent chaque jour par la ligne de faîte. Le fret fer­ro­vi­ai­re tran­sal­pin dis­po­se ainsi chaque jour de 130 sil­lons au total. À titre de com­pa­rai­son: en moy­enne, 120 trains tra­ver­sai­ent le tun­nel de base chaque jour en 2022.
Grâce à cette mesu­re, les trains de mar­chan­di­ses peu­vent assurer le fret fer­ro­vi­ai­re pra­ti­quement sans rest­ric­tion. Cer­tes, la dévia­ti­on par la ligne de faîte impli­que un sur­croît con­sidé­ra­ble. Mais elle con­cer­ne essen­ti­el­le­ment le tra­fic inté­ri­eur, qui n’est pas tri­bu­tai­re d’un cor­ri­dor de 4 mètres

Des indem­ni­tés plus éle­vées pour le TCNA tran­sal­pin
L’OFT se mobi­li­se en faveur du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes et notam­ment en faveur du tra­fic de tran­sit (cf. «L’OFT ren­force le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes»). Dans les semain­es à venir, les indem­ni­tés par train cir­cu­lant en tra­fic com­bi­né TCNA seront aug­men­tées de 200 CHF, pour att­eind­re jusqu’à 1100 CHF. Pour 2024, l’OFT ne veut pas non plus rédui­re les indem­ni­tés par envoi, mais n’appliquer qu’une réduc­tion sym­bo­li­que de 1 CHF pour les por­ter à 57 CHF par envoi. L’OFT sou­ti­ent ainsi le TCNA tran­sal­pin de maniè­re très prag­ma­tique. Comp­te tenu des con­di­ti­ons ren­dues dif­fi­ci­les par les chan­tiers sur les lignes d’accès et de la situa­ti­on con­jon­c­tu­rel­le ten­due, l’OFT renon­ce à pour­suiv­re la voie actu­el­le de réduc­tion des indem­ni­tés du TCNA.

La VAP dit merci
L’OFT méri­te de vifs remer­cie­ments pour ce sou­ti­en prag­ma­tique. Il ren­force ainsi les efforts de toute la bran­che pour rend­re les rest­ric­tions de capa­ci­té aussi sup­port­a­bles que pos­si­ble, de maniè­re ciblée et en unis­sant les forces, tant sur l’axe du Saint-Got­hard que sur celui du Lötsch­berg. Nous y voy­ons le signe d’une poli­tique com­mu­ne de trans­fert du tra­fic de transit.

Révision des prix des sillons 2025–2028: une hausse des prix n’est pas justifiée

Révision des prix des sillons 2025–2028: une hausse des prix n’est pas justifiée

Le Con­seil fédé­ral pré­voit d’augmenter le prix des sil­lons dans le fret à par­tir de 2025. Plus pré­cis­é­ment, il envi­sa­ge d’augmenter le prix de base lié à l’usure de près de 20 %, au motif que les coûts mar­ginaux dépen­dant du poids ne sont pas cou­verts. Nous refu­sons cette aug­men­ta­ti­on du prix inju­s­ti­fiée. Elle accé­lè­re le trans­fert du tra­fic vers la route, qui per­du­re, et va à l’encontre de l’objectif de trans­fert du tra­fic du Con­seil fédéral.

Les enjeux:

  • Les prix de sil­lons ne sont pas cal­culés de maniè­re transparente
  • Les per­tes de trans­port inter­di­sent les aug­men­ta­ti­ons de prix
  • Respec­ter le prin­ci­pe de la cou­ver­tu­re des coûts et le prin­ci­pe de causalité
  • Inver­se­ment de l’incitation à faire cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses à fai­ble usure
  • Mett­re davan­ta­ge les explo­itants d’infrastructure à contribution

Les prix de sil­lons ne sont pas cal­culés de maniè­re trans­pa­ren­te
Le rap­port expli­ca­tif de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) de juin 2023 n’est ni conçu de ma-nière trans­pa­ren­te, ni ne repo­se sur des jus­ti­fi­ca­ti­ons com­pré­hen­si­bles. Ainsi, les rai­sons de la défi­ni­ti­on actu­el­le du prix des sil­lons sont tota­le­ment opa­ques. Sach­ant que l’OFT ren­voie entre aut­res à une baisse des recet­tes des sil­lons, on a l’impression qu’il s’agit d’un finance­ment trans-ver­sal caché des CFF. Dans le con­tex­te du pro­jet de loi «Finance­ment dura­ble des CFF» et de la réduc­tion pré­vue de la con­tri­bu­ti­on de cou­ver­tu­re qu’il pré­voit dans le trans­port de voy­a­ge­urs des CFF, cette jus­ti­fi­ca­ti­on n’est pas accep­ta­ble pour les repré­sen­tants du trans­port de mar-chan­di­ses. Nous avons donc donné une répon­se néga­ti­ve au pro­jet de loi men­ti­onné, comme on peut le lire dans notre répon­se à l’audition du 7 mars 2023 et à l’article de notre blog inti­tulé «Plu­tôt que d’empocher une enve­lo­p­pe bud­gé­tai­re de 3 mil­li­ards, les CFF doi­vent assu­mer leurs responsa­bi­li­tés».

Les per­tes de trans­port inter­di­sent les aug­men­ta­ti­ons de prix
Une aug­men­ta­ti­on de prix est inac­cep­ta­ble comp­te tenu des per­tes de tra­fic dans les trans­ports inté­ri­eur, d’importation, d’exportation et de tran­sit et des prix de sil­lon net­te­ment plus avan­ta­ge­ux dans le con­tex­te euro­pé­en. Les char­geurs sont notam­ment expo­sés depuis des années à des haus­ses de prix dra­ma­ti­ques dans le tra­fic par wagons com­plets. Ces haus­ses sont jus­ti­fiées par des fac­teurs exo­gè­nes tels que les prix des sillons.

Respec­ter le prin­ci­pe de la cou­ver­tu­re des coûts et le prin­ci­pe de cau­sa­li­té
L’OFT jus­ti­fie l’augmentation de prix par le prin­ci­pe de la cou­ver­tu­re des coûts. Or celle-ci serait respec­tée même en cas de baisse des prix dans le trans­port de mar­chan­di­ses. Au con­trai­re, une réduc­tion des prix cor­re­spond au prin­ci­pe de cau­sa­li­té, car le trans­port de mar­chan­di­ses con­tri­bue à payer les coûts mar­ginaux stan­dards d’un réseau moy­enne­ment amé­na­gé prin­ci­pa-lement ori­en­té sur les beso­ins du trans­port des per­son­nes. Or les char­geurs ne remar­quent rien des efforts con­sen­tis par les explo­itants d’infrastructure pour réa­li­ser et main­te­nir l’infrastructure à des coûts plus avantageux.

Une inver­si­on de l’incitation à l’utilisation de wagons à fai­ble usure
Ce que l’on appel­le le fac­teur d’usure doit ser­vir d’incitation pour uti­li­ser du maté­ri­el rou­lant à fai­ble usure. Entre-temps, c’est le con­trai­re qui est vrai: le Con­seil fédé­ral obli­ge la bran­che non seu­le­ment à payer des prix de sil­lon tou­jours plus éle­vés, mais aussi à inves­tir des moy­ens fi-nan­ciers sup­p­lé­men­tai­res dans du maté­ri­el rou­lant à fai­ble usure.

Mett­re davan­ta­ge les explo­itants d’infrastructure à con­tri­bu­ti­on
La révi­si­on des prix des sil­lons pré­sen­tée pro­tège les explo­itants d’infrastructure. En tant que re-pré­sen­tants des explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et de ter­minaux direc­te­ment con­cer­nés par les coûts de pla­ni­fi­ca­ti­on, de con­s­truc­tion et de main­ten­an­ce de CFF Infra­struc­tu­re dans des voies de rac­cor­de­ment cen­tra­li­sées, nous obser­vons des inef­fi­ci­en­ces con­sidé­ra­bles et une maniè­re pres­que éhon­tée d’utiliser les moy­ens finan­ciers. Ceci est très pro­ba­blem­ent éga­le­ment vrai pour le réseau public. La con­fé­dé­ra­ti­on doit donc aussi obli­ger les explo­itants d’infrastructure à limi­ter les coûts.

Aides de l’UE: sur la corde raide, entre protection du climat et distorsion de la concurrence

Aides de l’UE: sur la corde raide, entre protection du climat et distorsion de la concurrence

Dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI) à l’intérieur de l’Union euro­pé­en­ne (UE), nous assis­tons à une évo­lu­ti­on plus poli­tique qu’axée sur le mar­ché. L’UE sou­ti­ent à grand ren­fort de publi­ci­té le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses vers des modes de trans­port respec­tueux du cli­mat comme le rail et la navi­ga­ti­on au moyen de dif­fér­ents pro­gram­mes et fonds et sur le prin­ci­pe, on ne peut que s’en féli­ci­ter.
Les ent­re­pri­ses publi­ques de fret, sou­te­nues par les syn­di­cats, qua­li­fi­ent le TWCI de «ser­vice public». Cepen­dant, ce ne sont pas elles qui en sup­port­ent les con­sé­quen­ces, mais les États et les char­geurs. De fait, ces sub­ven­ti­ons redis­tri­buées par l’UE aux frais des con­tri­bu­ables se tra­dui­sent par un fort sub­ven­ti­on­ne­ment du TWCI sans inci­ta­ti­on à l’augmentation de la pro­duc­ti­vi­té dans le sens d’un déve­lo­p­pe­ment dura­ble. Cela signi­fie que le TWCI cimen­te avec l’argent des con­tri­bu­ables, de la socié­té et de l’économie, un mono­po­le dénué de toute obli­ga­ti­on de ser­vice public comme l’obligation de trans­por­ter ou l’obligation de publier les tarifs.
Ce man­que d’orientation sur le mar­ché et d’esprit d’entreprise de la part des chem­ins de fer publics et des syn­di­cats ne per­met­tra d’atteindre ni les objec­tifs de trans­fert du tra­fic, ni les objec­tifs cli­ma­ti­ques. De plus, en tant que pro­prié­tai­res des chem­ins de fer publics, les États pren­nent à long terme un ris­que impon­dé­ra­ble tant en matiè­re de finan­ces que de poli­tique des trans­ports en ce qui con­cer­ne la sécu­ri­té de l’approvisionnement dans leur pays.
Pour les char­geurs, les con­sé­quen­ces ne sont pas moins gra­ves. Pour réa­li­ser des trans­ports mul­ti­mo­daux, les char­geurs doi­vent inves­tir dans le sys­tème fer­ro­vi­ai­re, alors qu’ils sont dépen­dants d’une ent­re­pri­se mono­po­lis­tique elle-même en situa­ti­on de dépen­dance finan­ciè­re et gérée par la main­mi­se poli­tique. Ce n’est vrai­ment pas ce que l’on peut appe­l­er une sécu­ri­té de l’approvisionnement et des inves­tis­se­ments.
Les sub­ven­ti­ons doi­vent être uti­li­sées de maniè­re ciblée et limi­tée dans le temps afin de pré­ser­ver les emplois sur le long terme et de mett­re le TWCI sur la voie du suc­cès.
Dans cet artic­le du blog, nous exami­nons de près les sub­ven­ti­ons publi­ques en Alle­ma­gne, France, Autri­che et Suis­se sous l’angle de leur objec­tif et de leur ampleur et abordons la ques­ti­on des con­flits d’intérêts et des néces­si­tés qui en découlent.

Les enjeux:

  • Les aides d’État visent à instau­rer une mobi­li­té dura­ble et viable.
  • Elles peu­vent tou­te­fois don­ner lieu à des dis­tor­si­ons de la con­cur­rence et à une discrimination.
  • Les aides finan­ciè­res de l’État doi­vent ser­vir à assurer la tran­si­ti­on jusqu’à l’autonomie financière.
  • Les acteurs du mar­ché ont pré­cis­é­ment beso­in d’une aide finan­ciè­re pour les inno­va­tions tel­les que le DAC.
  • Les ins­tances qui accor­dent les aides dev­rai­ent véri­fier l’efficacité de cel­les-ci et les vio­la­ti­ons des règles rela­ti­ves aux subventions.
  • Le cas éché­ant, il s’avèrera néces­saire de pro­cé­der à des modi­fi­ca­ti­ons de la loi.

 

La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne accor­de un sou­ti­en finan­cier au trans­fert du fret de la route vers des modes de trans­port plus respec­tueux de l’environnement, comme la navi­ga­ti­on inté­ri­eu­re et le rail. Elle met à dis­po­si­ti­on des aides finan­ciè­res con­for­mes aux lignes direc­tri­ces de l’UE en matiè­re d’aides d’État. L’objectif de ces aides de l’UE est une mobi­li­té dura­ble et intel­li­gen­te, elle-même cen­sée per­mett­re de rédui­re les émis­si­ons de CO2 et de déseng­or­ger les rou­tes dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Comme c’est sou­vent le cas pour les aides publi­ques au finance­ment, il faut aussi s’assurer dans le domaine du trans­port de mar­chan­di­ses que la con­cur­rence dans le mar­ché inté­ri­eur n’est pas faus­sée et que l’autofinancement et la trans­pa­rence sont atteints.

Comparaison du financement des déficits dans le trafic par wagons complets isolés (TWCI)
Pays
Programme de subventionnement et avantages
Montant de la subvention
Période
Alle­ma­gne

Sub­ven­ti­on­ne­ment tem­po­rai­re des frais d’exploitation non dis­cri­mi­na­toire et ori­en­té sur la crois­sance (BK-EWV)

Cette sub­ven­ti­on du minis­tère fédé­ral alle­mand du Numé­ri­que et des Trans­ports se veut être une mesu­re tran­si­toire desti­née à aug­men­ter la ren­ta­bi­li­té du TWCI par le déploie­ment du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Le minis­tère vise ainsi à sou­te­nir les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res appar­ten­ant ou non à la Répu­bli­que fédé­ra­le dans les trans­ports nati­on­aux et trans­fron­ta­liers dans le cadre d’une descrip­ti­on du sys­tème de TWCI devant être four­nie. Des détails sur le pro­gram­me BK-EWV sont atten­dus pour juillet.

80 mil­li­ons d’euros

100 mil­li­ons d’euros

100 mil­li­ons d’euros

2023

2024

2025

France

Sou­ti­en de l’offre de trans­port du TWCI

Des sub­ven­ti­ons direc­tes ont pour fon­c­tion d’indemniser les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res pour la dif­fé­rence de coût entre le trans­port rou­tier et le trans­port fer­ro­vi­ai­re. Les béné­fi­ci­ai­res en sont les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res acti­ves dans le domaine du TWCI.

450 mil­li­ons d’euros soit

150 mil­li­ons d’euros par an

2023–2025
Autri­che

«SGV-Plus» (TFM Plus) 

Ce pro­gram­me de sub­ven­ti­on­ne­ment aide les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re à réa­li­ser par le rail des trans­ports de mar­chan­di­ses qui sans ce sou­ti­en dev­rai­ent en gran­de par­tie se faire par la route, par cami­ons. SGV-Plus se com­po­se d’un sou­ti­en des pre­sta­ti­ons de fret fer­ro­vi­ai­re et d’une sub­ven­ti­on pour la rede­van­ce d’utilisation de l’infrastructure.

Sub­ven­ti­on­ne­ment des rac­cor­de­ments et des terminaux

L’État aide les ent­re­pri­ses à trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses sur un mode dura­ble par le rail à l’aide de mesu­res comme celles-ci:

  • Con­s­truc­tion, exten­si­on et réac­ti­va­ti­on de voies de rac­cor­de­ment et de terminaux
  • Inves­tis­se­ments dans l’existant dans le domaine des voies de raccordement
  • Inves­tis­se­ments dans l’existant pour les équi­pe­ments de trans­bor­de­ment mobi­les dans le domaine du terminal

Env. 90 mil­li­ons d’euros

 

 

 

 

13 mil­li­ons
d’euros
par an

2023–2027

 

 

 

 

 

À par­tir de 2023

Suis­se

Per­fec­tion­ne­ment des con­di­ti­ons-cad­res du trans­port de mar­chan­di­ses en Suisse

Le Con­seil fédé­ral pré­voit des pro­gram­mes de sub­ven­ti­on­ne­ment apportant les avan­ta­ges suivants:

  • Indem­nis­er finan­ciè­re­ment les four­nis­seurs de TWCI
  • Appor­ter un finance­ment de départ au lance­ment du DAC
  • Sou­te­nir finan­ciè­re­ment les appareils de trans­bor­de­ment ainsi que les off­res d’infrastructure de la navi­ga­ti­on rhénane
  • Dimi­n­uer le prix du char­ge­ment sur le rail

600 mil­li­ons de CHF soit

150 mil­li­ons de CHF par an

2024–2027

 

Pertinence limitée de la comparaison

Les sub­ven­ti­ons men­ti­onnées dans le tableau ci-des­sus sont expri­mées en chif­fres abso­lus. Cela les rend dif­fi­ci­les à compa­rer, faute de mon­tant de réfé­rence. Par exemp­le, la SNCF (France) réa­li­se plu­s­ieurs fois le nombre de ton­nes-kilo­mè­tres par­cou­rus par les CFF, mais reçoit en com­pa­rai­son con­sidé­ra­blem­ent moins d’argent. Con­trai­re­ment aux pays de l’Union euro­pé­en­ne, en Suis­se, le mon­tant total des sub­ven­ti­ons com­prend aussi la migra­ti­on vers le DAC. C’est pré­cis­é­ment parce que la plu­part des pays dis­po­sent par­al­lè­le­ment de nombreu­ses sources de finance­ment qu’il est extrê­me­ment dif­fi­ci­le de compa­rer les aides de maniè­re pertinente.

Conflit d’intérêts protection du climat vs concurrence

Les gou­ver­ne­ments uti­li­sent prin­ci­pa­le­ment leurs sub­ven­ti­ons dans le but d’encourager le trans­fert du tra­fic vers des modes de trans­port dur­a­bles. L’objectif ulti­me com­por­te le ris­que de faus­ser la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Pour que celui-ci reste via­ble d’un point de vue non seu­le­ment éco­lo­gi­que, mais aussi éco­no­mi­que, les respons­ables doi­vent viser un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re auto­no­me et axé sur l’économie de mar­ché qui intèg­re sans dis­cri­mi­na­ti­on tou­tes les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re sur la base d’une con­cur­rence intra­mo­da­le et soit un par­ten­aire fia­ble aux côtés des char­geurs. La Suis­se s’est fixé pour objec­tif l’autofinancement, et elle est sur la bonne voie pour l’atteindre.

Garantir la non-discrimination

Là où les acteurs publics et pri­vés du mar­ché se ren­cont­rent, on voit vite sur­gir le repro­che de la dis­cri­mi­na­ti­on. Un exemp­le clas­si­que en est le sub­ven­ti­on­ne­ment du der­nier kilo­mèt­re. Celui-ci fait l’objet de débats enflam­més tant sur le plan inter­na­tio­nal qu’en Suis­se (cf. Rail­Busi­ness no 6 et 7/2023). Dans l’article de notre blog inti­tulé «Exter­na­li­ser le der­nier kilo­mèt­re et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire», nous esquis­sons la forme que pour­rait prend­re un der­nier kilo­mèt­re non dis­cri­mi­na­toire en Suis­se. Nous y pré­co­ni­sons que la ges­ti­on du sys­tème ne soit plus con­fiée à un seul grand opé­ra­teur – comme c’est actu­el­le­ment le cas avec CFF Cargo – et pro­po­sons qu’à la place, la des­ser­te du pre­mier et du der­nier kilo­mèt­re soit assu­rée par un presta­tai­re uni­que. Celui-ci sera dans l’idéal l’exploitant d’infrastructure, qui, ceci mis à part, ne four­nit aucu­ne pre­sta­ti­on de trans­port. Dans l’article de notre blog inti­tulé «Sub­ven­ti­on­ne­ment du tra­fic par wagon isolé: empê­cher la dis­tor­si­on de la con­cur­rence et la dis­cri­mi­na­ti­on», vous trou­verez de plus amp­les expli­ca­ti­ons sur les rai­sons pour les­quel­les la non-dis­cri­mi­na­ti­on est pri­mor­dia­le en matiè­re d’aides d’État.

En Alle­ma­gne, le «Ver­band deut­scher Ver­kehrs­un­ter­neh­men» (Fédé­ra­ti­on des ent­re­pri­ses de trans­port alle­man­des VDV) et l’association «Die Güter­bah­nen» (Les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses) récla­ment un sub­ven­ti­on­ne­ment non dis­cri­mi­na­toire des tra­jets de des­ser­te entre le point de char­ge­ment chez le cli­ent et la der­niè­re com­po­si­ti­on fon­c­tion­nel­le d’un train. Des règle­men­ta­ti­ons cor­re­spond­an­tes garan­ti­ront que le sub­ven­ti­on­ne­ment irri­guera des régions par­ti­cu­liè­re­ment peu des­ser­vies et non ren­ta­bles ainsi que les nou­veaux tra­fics afin d’attirer aussi le trans­port fer­ro­vi­ai­re dans ces endroits.

Renforcer financièrement la force d’innovation

À notre avis, les finance­ments d’État doi­vent con­sti­tuer une tran­si­ti­on desti­née à durer jusqu’à ce que les acteurs par­vi­en­nent à s’autofinancer. Cette appro­che est tout par­ti­cu­liè­re­ment pri­mor­dia­le pour les inno­va­tions, par exemp­le pour la migra­ti­on vers le DAC et pour la digi­ta­li­sa­ti­on du fret fer­ro­vi­ai­re qui va de pair. Les déten­teurs de wagons ne peu­vent pas tirer parti du DAC direc­te­ment, mais doi­vent con­sen­tir des inves­tis­se­ments énor­mes dans le réé­qui­pe­ment du maté­ri­el rou­lant. Pour savoir pour­quoi nous nous impli­quons pour le finance­ment de départ du DAC, qui ouvre la voie à une nou­vel­le ère du rail, plu­tôt qu’en faveur du sub­ven­ti­on­ne­ment per­ma­nent d’un sys­tème obsolè­te, lisez l’article de notre blog inti­tulé «Inno­va­ti­on dans le fret fer­ro­vi­ai­re: le DAC ouvre la voie».

Repenser le système ferroviaire

Pour que les avan­ta­ges de la digi­ta­li­sa­ti­on se con­cré­ti­sent dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, il faut plus que le DAC. Il faut une trans­for­ma­ti­on et une opti­mi­sa­ti­on fon­da­men­ta­les des pro­ces­sus inter­sys­tè­mes. Ce n’est qu’ainsi que les acteurs du mar­ché pour­ront aug­men­ter leur pro­duc­ti­vi­té, rédui­re les coûts et adop­ter sys­té­ma­ti­quement une ori­en­ta­ti­on cli­ent afin de res­ter com­pé­ti­tifs en uti­li­sant le rail. Cela passe par une nou­vel­le con­cep­ti­on holis­tique de l’ensemble du sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Celle-ci va lar­ge­ment au-delà du simp­le finance­ment (de départ) du TWCI ou du DAC. Elle con­cer­ne l’ensemble des pro­ces­sus, instru­ments d’incitation, méca­nis­mes de mar­ché et inter­faces de la logis­tique de fret mul­ti­mo­da­le en Suisse.

Créer de la transparence grâce au monitoring

Pour pou­voir uti­li­ser les fonds publics de maniè­re ciblée, il faut défi­nir clai­re­ment les objec­tifs devant être att­eints grâce à ce sou­ti­en. Il s’agit – comme cela est habi­tuel dans les ent­re­pri­ses pri­vées – d’opérer une véri­fi­ca­ti­on à l’aide de paramè­tres mesur­a­bles, par exemp­le «com­bien de DAC seront mis en œuvre d’ici 2025 pour quel­le somme», «com­bien de voies ont été réa­li­sées» ou enco­re «com­bien de char­ge­ments de cami­ons ont été mis sur le rail». La mesu­ra­bi­li­té d’un taux de réus­si­te per­met aux acteurs d’adapter leur stra­té­gie en conséquence.

Empêcher les abus des lignes directrices de l’UE en matière d’aides d’État

En 2020, la Deut­sche Bahn s’est vu repro­cher une dis­tor­si­on mas­si­ve du mar­ché, car elle devait rece­voir de la part de l’État une aug­men­ta­ti­on de ses capi­taux pro­pres à hauteur de 5 mil­li­ards d’euros en rai­son de la crise du COVID-19. Au début de l’année 2023, la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a lancé une enquête sur de pos­si­bles aides publi­ques illé­ga­les de l’ordre de dix à vingt mil­li­ards ver­sées au sec­teur Fret de la socié­té fer­ro­vi­ai­re éta­tique SNCF. Ces exemp­les récents mont­rent que les aides publi­ques com­portent tou­jours un ris­que d’abus. Il est d’autant plus important que les gou­ver­ne­ments cré­ent les mêmes con­di­ti­ons de con­cur­rence pour tous et au beso­in affi­nent a pos­te­rio­ri le cadre juri­di­que.[1]

Affiner a posteriori les lignes directrices

Les lignes direc­tri­ces euro­pé­en­nes con­cer­nant le sec­teur fer­ro­vi­ai­re sont l’exemple d’une telle révi­si­on. La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a pro­po­sé de les révi­ser afin de trans­fé­rer le tra­fic sur des solu­ti­ons plus dur­a­bles et moins pol­lu­an­tes tout en con­ser­vant des con­di­ti­ons de con­cur­rence équi­ta­bles au sein de l’Union euro­pé­en­ne. La con­sul­ta­ti­on des États mem­bres sur la pro­mo­ti­on de pro­gram­mes trans­par­ents et non dis­cri­mi­na­toires, la limi­ta­ti­on des aides indi­vi­du­el­les à des cas excep­ti­on­nels et la modi­fi­ca­ti­on du pla­fon­ne­ment des aides s’est ache­vée le 16 mars 2022. La majo­ri­té des répondant·e·s ont donné leur pré­fé­rence à une pro­mo­ti­on de pro­gram­mes offrant des chan­ces éga­les à tou­tes les ent­re­pri­ses et à ce que des aides indi­vi­du­el­les ne soi­ent accor­dées que dans des cas excep­ti­on­nels. La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne pré­voit d’approuver la révi­si­on des lignes direc­tri­ces rela­ti­ves aux aides d’État appli­ca­bles au sec­teur du trans­port fer­ro­vi­ai­re au 4e tri­mest­re 2023.

[1] Cf. Artic­le paru dans la DVZ le 30.05.2023 (en allemand)

Décisions de politique des transports de la session d’été 2023

Décisions de politique des transports de la session d’été 2023

Lors de la ses­si­on d’été, qui a eu lieu du 30 mai au 16 juin 2023, les con­sul­ta­ti­ons ont porté sur plu­s­ieurs points per­tin­ents pour notre sec­teur. Les résul­tats con­cor­dent lar­ge­ment avec nos atten­tes. Nous déplo­rons tou­te­fois qu’on ait lais­sé pas­ser la chan­ce de lier le pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération à l’ex­ten­si­on du réseau des rou­tes natio­na­les afin de déve­lo­p­per les pro­jets et les modes de trans­port en tant que sys­tème global.

Les enjeux:

  • Davan­ta­ge de moy­ens finan­ciers pour la chaus­sée rou­lan­te (RoLa), nous deman­dons un con­trô­le de la qualité
  • Oui à la sim­pli­fi­ca­ti­on de l’homologation du maté­ri­el rou­lant pour le tra­fic fer­ro­vi­ai­re international
  • Oui à la moder­ni­sa­ti­on et au déve­lo­p­pe­ment du réseau des rou­tes nationales
  • Oui au pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération – reg­rettablem­ent sans lien avec l’ex­ten­si­on du réseau des rou­tes nationales
  • Inter­pel­la­ti­on sur la rena­tio­na­li­sa­ti­on de CFF Cargo

 

Trafic combiné accompagné (chaussée roulante, Rola)

Le 1.6.2023, le Con­seil natio­nal a trai­té le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral du 30 sep­tembre 2022 sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses et sur un arrêté fédé­ral all­ouant un pla­fond de dépen­ses pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses accom­pa­gné à tra­vers les Alpes (objet du Con­seil fédé­ral 22.064). À l’instar du Con­seil natio­nal, le Con­seil natio­nal vient de déci­der de sou­te­nir la «chaus­sée rou­lan­te» (Rola) jusqu’en 2028 et non jusqu’en 2026 seu­le­ment, comme le pro­po­sait le Con­seil natio­nal. Entre 2024 et 2028, la Con­fé­dé­ra­ti­on pour­ra au total déb­lo­quer 106 mil­li­ons de francs pour ce soutien.

Comp­te tenu du rap­port 2023 sur le trans­fert du tra­fic, la VAP rap­pel­le ses reven­dica­ti­ons non enco­re satisfaites:

  • Sub­ven­ti­on­ne­ment des tra­fics indé­pen­dam­ment de la tech­no­lo­gie employée, notam­ment dans cer­tai­nes régions pos­sé­dant un potentiel de volume
  • Con­trô­le de la qua­li­té, y com­pris pour les tra­fics conventionnels

Nous con­sidé­rons le carac­tère uni­la­té­ral du sou­ti­en et le fait que le con­trô­le de la qua­li­té se limi­te au TCNA comme une chan­ce per­due. Les potentiels du tra­fic con­ven­ti­on­nel dev­rai­ent eux aussi être exploi­tés inté­gra­le­ment – et accom­pa­gnés des mesu­res de trans­fert du tra­fic adé­qua­tes, à savoir le sou­ti­en finan­cier et le con­trô­le de la qualité.

Modifications de la loi sur les chemins de fer dans le cadre du 4e paquet ferroviaire. 

Le 13.6.23, le Con­seil des États a approu­vé le pro­jet 23.024, selon lequel l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne (ERA) doit être com­pé­ten­te pour l’homologation de maté­ri­el rou­lant dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal. Pour l’introduction de nou­veaux trains, les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res ne seront ainsi plus obli­gées de sui­v­re des pro­cé­du­res d’homologation sépa­rées. Le Con­seil fédé­ral vise donc une repri­se inté­gra­le de cette solu­ti­on de l’UE, ce qui passe par une modi­fi­ca­ti­on de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres con­clu avec l’UE. L’objet va à pré­sent être pré­sen­té au Con­seil natio­nal. La VAP a sou­tenu ce pro­jet de modi­fi­ca­ti­on (cf. artic­le du blog: La révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer garan­tit l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re de l’UE), car il per­met de con­tin­uer à avan­cer dans l’harmonisation des direc­ti­ves en matiè­re d’exploitation fer­ro­vi­ai­re et faci­li­te la repri­se de ce paquet dans l’accord sur les trans­ports terrestres.

Cadre de paiement pour les routes nationales 2024–2027 et étape d’aménagement 2023:

Le Con­seil fédé­ral pré­voit une moder­ni­sa­ti­on et un élar­gis­se­ment du réseau des rou­tes natio­na­les suis­ses pour un bud­get d’environ 12 mil­li­ards de francs. Quel­que 8 mil­li­ards de francs sont pré­vus pour l’exploitation et la main­ten­an­ce, tan­dis que 4 mil­li­ards de francs doi­vent être affec­tés à des pro­jets de déve­lo­p­pe­ment ciblés. À la VAP, nous sou­te­nons ce pro­jet et réaf­firm­ons l’importance d’une infra­struc­tu­re de trans­ports dura­ble pour la mul­ti­mo­da­li­té et le trans­fert du tra­fic sur le rail. Le 30.5.2023, le Con­seil natio­nal a même déci­dé de déb­lo­quer pour les pro­jets d’aménagement 5,3 mil­li­ards de francs au lieu des 4,4 mil­li­ards deman­dés par le Con­seil fédé­ral. En plus des cinq pro­jets con­te­nus dans l’arrêté fédé­ral, le Con­seil natio­nal con­sidè­re l’aménagement de la A1 près du lac de Genè­ve comme tout aussi urgent. La pro­chai­ne étape sera le vote du Con­seil des États sur le projet.

Crédits d’engagement pour le trafic d’agglomération à partir de 2024:

Le Con­seil natio­nal a approu­vé des con­tri­bu­ti­ons de plus de 1,6  mil­li­ard de francs pour les nou­veaux pro­gram­mes en faveur du tra­fic d’agglomération. Une légè­re aug­men­ta­ti­on a été effec­tuée pour le tun­nel rou­tier Moscia-Aca­pul­co dans le Tes­sin. Nous sou­te­nons cet arrêté fédé­ral qui per­met­tra de sou­te­nir des pro­jets d’infrastructure de trans­port dans les agglo­mé­ra­ti­ons suis­ses afin de créer un sys­tème de trans­port plus effi­ci­ent et plus durable.

Mal­heu­reu­se­ment, la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire du CN Was­ser­fal­len a tou­te­fois été reje­tée. Celle-ci deman­dait de reli­er le pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération à l’ex­ten­si­on du réseau des rou­tes natio­na­les, afin de con­sidé­rer les pro­jets et les modes de trans­port comme un sys­tème glo­bal, et ainsi empê­cher que les pro­jets et modes de trans­port ne soi­ent oppo­sés les uns aux aut­res. Nous con­sidé­rons ceci comme une chan­ce man­quée. En cas de réfé­ren­dum, nous nous inscr­i­rons en faux cont­re ce pro­jet, dans l’intérêt de la sécu­ri­té d’approvisionnement du pays.

Voir éga­le­ment notre com­men­tai­re sur Lin­ke­dIn: Mil­li­ar­den für Agglo­me­ra­ti­ons­ver­kehrs­pro­gram­me bewil­ligt: Natio­nal­rat lässt Chan­ce auf ganz­heit­li­ches Ver­kehrs­sys­tem ver­strei­chen (Des mil­li­ards pour les pro­gram­mes en faveur du tra­fic d’agglomération; le Con­seil natio­nal lais­ser filer une chan­ce d’instaurer un sys­tème de trans­port global)

CFF Cargo retourne dans le giron de l’État: à quoi cela rime-t-il?

Avec son inter­pel­la­ti­on «SBB Cargo zurück im Schoss des Staa­tes. Was soll das?» (CFF Cargo retourne dans le giron de l’État: à quoi cela rime-t-il?), le CN Chris­ti­an Was­ser­fal­len PLR/BE deman­de au Con­seil fédé­ral son avis sur l’arrêté du grou­pe CFF con­cer­nant le rachat de 100 % du capi­tal-actions de CFF Cargo et la ges­ti­on direc­te de CFF Cargo par la direc­tion du grou­pe. Ce chan­ge­ment uni­la­té­ral des struc­tures du mar­ché et des rap­ports de pou­voir com­pro­met les pré­mic­es de la réfor­me atten­due des con­di­ti­ons-cad­res pour le trans­port suis­se de mar­chan­di­ses. La VAP se féli­ci­te des ques­ti­ons posées au Con­seil fédéral.

 

CFF Cargo à nouveau filiale à 100% des CFF

CFF Cargo à nouveau filiale à 100% des CFF

Intégration – refus d’une orientation vers le marché?

CFF Cargo perd aussi bien son expé­ri­ence logis­tique au sein de l’ac­tion­na­ri­at et du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on que la pré­si­dence exter­ne du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on, sym­bo­le de la liber­té d’entre­pri­se. Stig­ma­ti­sée comme n’a­yant pas réus­si, elle est de retour à la table de la direc­tion du grou­pe. Que peu­vent attendre les cli­ents et les respons­ables poli­ti­ques du trans­fert de la route au rail?

Les enjeux :

  • Les logi­sti­ci­ens Plan­zer, Cami­on Trans­port, Gal­li­ker et Bert­schi ren­dent leur part minoritaire
  • CFF Cargo est à nou­veau entiè­re­ment inté­g­ré à la Direc­tion du grou­pe CFF
  • Sup­pres­si­on de la pré­si­dence exter­ne du con­seil d’ad­mi­nis­tra­ti­on et de la liber­té de décis­i­on de CFF Cargo
  • Aucun signe de la réor­ga­ni­sa­ti­on néces­saire du tra­fic par wagons com­plets n’est perceptible
  • Indem­ni­sa­ti­on et inter­pré­ta­ti­on en tant que ser­vice public
  • Les per­tes de tra­fic se poursuivent

 

Les CFF restent fidè­les à eux-mêmes. Les chem­ins de fer inté­g­rés se sépa­rent des action­n­aires mino­ri­taires de leur com­pa­gnie de fret CFF Cargo et l’in­tègrent à nou­veau plei­ne­ment dans le cer­cle de la direc­tion du grou­pe et de sa famil­le fer­ro­vi­ai­re. Et la chef­fe, Mme Baer, est rem­pla­cée par un expert en immo­bi­lier. Les rai­sons de ces mesu­res ne sont pas expliquées.

De même, on ne sait pas pour­quoi le wagon isolé ne peut pas être exploi­té de maniè­re auto­no­me et dev­rait con­tin­uer à être sou­tenu à long terme par l’ar­gent des con­tri­bu­ables. La seule chose qui est clai­re, c’est que le tra­fic par wagons com­plets doit être trans­for­mé en un ser­vice public indem­ni­sé et que le tra­fic com­bi­né doit éga­le­ment être repris par les CFF avec “Suis­se Cargo Logi­stics” et la nou­vel­le socié­té CFF Inter­mo­dal SA et reti­ré stra­té­giquement du mar­ché. Il est impé­ra­tif de sou­le­ver cer­tai­nes ques­ti­ons, tel­les que des con­di­ti­ons non dis­cri­mi­na­toires et équi­ta­bles pour tous les acteurs.

La résur­rec­tion de CFF Cargo en tant que reli­que avant OBI Orga­ni­sa­ti­on de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re 16.075 n’est pas seu­le­ment une sur­pri­se pour la VAP, en tant que repré­sen­tan­te de l’é­co­no­mie des char­geurs. Le rôle joué par la poli­tique, le DETEC en tant que pro­prié­tai­re, trans­met­teur de l’ar­gent des con­tri­bu­ables et auto­ri­té de sur­veil­lan­ce dans cette décis­i­on n’est pas clair.

A la VAP, nous ana­ly­sons et son­dons pour l’in­stant. Nous cher­chons le dia­lo­gue avec les milieux poli­ti­ques, le DETEC, les CFF et le nou­veau CEO de CFF Cargo. Sur la base de ces con­nais­sances et, nous l’e­spé­rons, de faits satis­faisants, nous déter­mi­ne­rons la suite de notre action et vous infor­me­rons à nou­veau de cette situa­ti­on actuelle.

Les valeurs tel­les que la con­cur­rence, l’o­ri­en­ta­ti­on vers le mar­ché, l’in­no­va­ti­on, la non-dis­cri­mi­na­ti­on, les moy­ens de trans­port pro­duc­tifs et la ren­ta­bi­li­té pro­pre font par­tie de l’ADN de la VAP. Et fina­le­ment, nos “vieil­les” idées comme les “chem­ins de fer de bran­che” et une exter­na­li­sa­ti­on de la des­ser­te du premier/dernier kilo­mèt­re pour­rai­ent être la bonne répon­se pour un sys­tème fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses fort en Suisse.

 

Rétro­s­pec­ti­ve de l’an­née 2018, repor­ta­ge de SRF: Dis­cus­sion sur le tra­fic mar­chan­di­ses – CFF Cargo à côté de la plaque (en allemand)

À l’ordre du jour de la session d’été 2023

À l’ordre du jour de la session d’été 2023

L’ordre du jour de la ses­si­on d’été, qui aura lieu du 30 mai au 16 juin 2023, con­ti­ent plu­s­ieurs points per­tin­ents pour notre sec­teur. En voici une brève vue d’ensemble assor­tie d’un avis critique.

Les enjeux:

  • Davan­ta­ge de moy­ens finan­ciers pour la chaus­sée rou­lan­te (RoLa)
  • Oui à la sim­pli­fi­ca­ti­on de l’homologation du maté­ri­el rou­lant pour le tra­fic fer­ro­vi­ai­re international
  • Oui à la moder­ni­sa­ti­on et au déve­lo­p­pe­ment du réseau de rou­tes nationales
  • Oui au Pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération – à la même cadence que les rou­tes nationales

 

Trafic combiné accompagné (chaussée roulante, RoLa)

Après le Con­seil natio­nal, le Con­seil des États trai­te­ra à son tour le mes­sa­ge du Con­seil fédé­ral du 30 sep­tembre 2022 sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur le trans­fert du trans­port de mar­chan­di­ses et sur un arrêté fédé­ral all­ouant un pla­fond de dépen­ses pour pro­mou­voir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses accom­pa­gné à tra­vers les Alpes (objet du Con­seil fédé­ral 22.064). Notre avis: Il est reg­rettable que ce texte ne pré­voie pas de sub­ven­ti­on­ne­ment des tra­fics indé­pen­dant de la tech­no­lo­gie employée, notam­ment dans cer­tai­nes régions pos­sé­dant un potentiel de volu­me. Le con­trô­le qua­li­té doit aussi être éten­du aux tra­fics con­ven­ti­on­nels. Le pro­lon­ge­ment de la RoLa jusqu’en 2026 selon la pro­po­si­ti­on du CF fait l’unanimité et est efficace.

23.024 Loi sur les chemins de fer. Modification (Mise en œuvre du volet technique du 4e paquet ferroviaire de l’UE)

Le Con­seil fédé­ral vise un ren­force­ment du tra­fic fer­ro­vi­ai­re trans­fron­ta­lier et envi­sa­ge de sim­pli­fier l’homologation du maté­ri­el rou­lant pour les tra­jets inter­na­ti­on­aux. Une étape importan­te dans cette direc­tion est l’instauration de pro­cé­du­res d’homologation uni­for­mes à l’échelon euro­pé­en pour le nou­veau maté­ri­el rou­lant. Après un retour posi­tif dans la con­sul­ta­ti­on, le Con­seil fédé­ral a déci­dé lors de sa séan­ce du 22 février 2023 de modi­fier la loi sur les chem­ins de fer afin de créer les bases néces­saires à cet effet. La VAP sou­ti­ent le pro­jet de modi­fi­ca­ti­on (cf. artic­le du blog: La révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer garan­tit l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re de l’UE), car il per­met de con­tin­uer à avan­cer dans l’harmonisation des direc­ti­ves en matiè­re d’exploitation fer­ro­vi­ai­re et faci­li­te la repri­se de ce paquet dans l’accord sur les trans­ports terrestres.

23.032 Plafond des dépenses pour les routes nationales sur la période 2024–2027, étape d’aménagement 2023 des routes nationales, crédit d’engagement et modification de l’arrêté fédéral sur le réseau des routes nationales

Le Con­seil fédé­ral pré­voit de moder­nis­er et de déve­lo­p­per le réseau de rou­tes natio­na­les suis­se, moy­enn­ant un bud­get de 12 mil­li­ards de francs. Le déve­lo­p­pe­ment a pour but de sou­la­ger la cir­cu­la­ti­on et d’améliorer la sécu­ri­té des trans­ports. Quel­que 8 mil­li­ards de francs sont pré­vus pour l’exploitation et la main­ten­an­ce, tan­dis que 4 mil­li­ards de francs seront affec­tés à des pro­jets de déve­lo­p­pe­ment ciblés. Ces inves­tis­se­ments sont importants, car les rou­tes natio­na­les repré­sen­tent une part importan­te du volu­me des tra­fics. La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs sou­ti­ent le pro­jet et souli­gne l’importance d’une infra­struc­tu­re de trans­port dura­ble pour la mul­ti­mo­da­li­té et le trans­fert du tra­fic. Un rejet serait une régres­si­on et le retour à l’opposition entre la route et le rail que l’on con­nais­sait autrefois.

23.033 Arrêté fédéral sur les crédits d’engagement alloués à partir de 2024 pour les contributions aux mesures prises dans le cadre du programme en faveur du trafic d’agglomération

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs sou­ti­ent l’arrêté fédé­ral sur les cré­dits d’engagement octroyés dans le cadre du Pro­gram­me en faveur du tra­fic d’agglomération. Cette somme tota­le de quel­que 1,5 mil­li­ard de francs per­met­tra de pro­mou­voir des pro­jets d’infrastructure de trans­port dans les agglo­mé­ra­ti­ons suis­ses afin de créer un sys­tème de trans­port plus effi­cace et plus dura­ble. Ces mesu­res con­tri­buent à apai­ser le tra­fic et à amé­lio­rer la sécu­ri­té et la qua­li­té de vie dans les cen­tres urbains tout en aug­men­tant l’activité de ceux-ci en tant que sites économiques.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs souli­gne tou­te­fois la néces­si­té que le pro­jet entre en vigueur par­al­lè­le­ment au déve­lo­p­pe­ment du réseau de rou­tes natio­na­les, comme le pro­po­se la mino­ri­té Was­ser­fal­len. Il est indis­pensable d’investir dans les rou­tes natio­na­les pour apai­ser le tra­fic dans les cen­tres tout en met­tant à dis­po­si­ti­on suf­fi­sam­ment de capa­ci­tés en péri­phé­rie. Comp­te tenu de ces élé­ments, nous recom­man­dons d’adopter le pro­jet.

Statu quo DAC: entre souhait et réalité

Statu quo DAC: entre souhait et réalité

Nous sou­te­nons le cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC) depuis ses débuts. C’est pour­quoi nous nous mobi­li­sons auprès de la fédé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le des déten­teurs de wagons UIP, du Euro­pean DAC Deli­very Pro­gram­me (EDDP) et du pro­jet suis­se de migra­ti­on vers le DAC. Tou­te­fois, il reste enco­re beau­coup à faire à tous les niveaux. Nous vous infor­mons ici de l’état d’avancement sur le plan tech­ni­que et du point de vue de l’économie de marché. 

Les enjeux:

  • La tech­no­lo­gie sus­ci­te enco­re des questions.
  • L’objectif est un trans­fert équi­ta­ble entre coûts et bénéfices.
  • La hausse des prix des trans­ports ris­que de se tra­dui­re par une inver­si­on du trans­fert vers la route.
  • Coopé­ra­ti­on avec l’Europe: une obligation
  • Le DAC comme base pour un chan­ge­ment de sys­tème fondamental

 

Avec l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), CFF Cargo et l’Union des trans­ports publics (UTP), nous, à la VAP, fai­sons avan­cer le pro­jet suis­se du DAC. Les pre­miè­res con­clu­si­ons résul­tant de cette coopé­ra­ti­on ont été con­si­gnées dans le rap­port con­cep­tuel inti­tulé «Auto­ma­tis­a­ti­on en fret fer­ro­vi­ai­re suis­se, com­men­çant par la migra­ti­on vers l’attelage auto­ma­tique numé­ri­que» du 24 octobre 2022. Ces con­clu­si­ons ont par ail­leurs été inté­g­rées dans l’actuel pro­jet de con­sul­ta­ti­on sur l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se et – avec quel­ques com­plé­ments – dans le mes­sa­ge que le Con­seil fédé­ral s’apprête à rédi­ger à l’intention du Par­le­ment à l’été 2023. Les nombreux ate­liers et ent­re­ti­ens bila­té­raux du sec­teur fer­ro­vi­ai­re ont per­mis de déga­ger des ques­ti­ons, points de cri­tique et appro­ches de solu­ti­on qu’il s’agit à pré­sent d’approfondir.

La technologie suscite des questions

La déter­mi­na­ti­on de la tête d’attelage a été une pre­miè­re gran­de avan­cée. Il s’agit à pré­sent de déve­lo­p­per les élé­ments numé­ri­ques et de les tes­ter. On suit à cet effet deux appro­ches tech­ni­ques. Dans le cas du «Power­line-Plus», la trans­mis­si­on des impul­si­ons et don­nées élec­tri­ques se fait par le même câble, avec un nombre limi­té de cont­acts. Un con­sor­ti­um d’experts va tes­ter cette appro­che en Suis­se au cours des mois à venir. Le modè­le «Sin­gle Pair Ether­net» (SPE) néces­si­te au con­trai­re des con­dui­tes sépa­rées pour la trans­mis­si­on de l’énergie et celle des données.

Ces deux appro­ches tech­ni­ques posent des ques­ti­ons tel­les que:

  • Dans quel­les con­di­ti­ons météo­ro­lo­gi­ques et cli­ma­ti­ques sera-t-il pos­si­ble d’avoir une explo­ita­ti­on fiable?
  • Les mul­ti­ples pro­ces­sus d’exploitation (manœu­vres, tra­jets (ray­ons étroits, pen­tes…) peu­vent-ils ent­raî­ner des inter­rup­ti­ons de la trans­mis­si­on des données?
  • Enfin, quel­les fon­c­tion­na­li­tés com­por­te la com­po­san­te numérique?
  • Com­ment est orga­ni­sée la com­pa­ti­bi­li­té ascen­dan­te, notam­ment du DAC4 vers le DAC5?
  • Com­ment est assu­rée à l’échelle euro­pé­en­ne la com­pa­ti­bi­li­té du futur maté­ri­el rou­lant équi­pé de DAC?

Actu­el­le­ment, le sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en ne dis­po­se que de peu d’expertes et experts sur ce thème, ce qui con­sti­tue un pro­blè­me de tail­le. Par ail­leurs, il y a beso­in d’apporter des cla­ri­fi­ca­ti­ons pour ce qui est des aspects méca­ni­ques tels que les effets de la force du nou­vel attelage (ou cou­pla­ge) sur les dif­fér­ents types de wagons ou en ce qui con­cer­ne l’installation du DAC dans les loco­mo­ti­ves en rai­son de pro­blè­mes de poids et/ou d’espace ou de la sécu­ri­té de l’intégration dans la tech­ni­que de pilo­ta­ge du maté­ri­el rou­lant. Les ques­ti­ons de ce genre devront se voir appor­ter une répon­se d’ici 2026.

Le transfert coûts-bénéfices risque de provoquer un retransfert du trafic

Les inves­tis­se­ments qu’implique la migra­ti­on vers le DAC sont con­sé­quents, tout par­ti­cu­liè­re­ment pour les déten­teurs de wagons. Nous tablons sur des coûts de CHF 20 000 à 40 000 pour les wagons (en fon­c­tion du type de wagon) et de 60 000 CHF à 250 000 CHF pour les loco­mo­ti­ves. Pour les déten­teurs de wagons, les effets posi­tifs ne com­men­ce­ront tou­te­fois à se faire sen­tir qu’une fois la migra­ti­on entiè­re­ment ache­vée, c’est-à-dire au plus tôt dans dix ans. Cela signi­fie que durant les pre­miè­res années, les coûts aug­m­en­te­ront sans que soi­ent géné­rées de recet­tes sup­p­lé­men­tai­res, ce qui se tra­dui­ra par une hausse du prix des loca­ti­ons de wagons. À cause de l’exploitation des deux sys­tè­mes en par­al­lè­le, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) auront des dépen­ses sup­p­lé­men­tai­res durant la phase de migra­ti­on, qui durera plu­s­ieurs années. Une sen­si­bi­li­té éle­vée aux prix pour­rait avoir pour con­sé­quence un retrans­fert vers la route. Nous con­sta­tons cet effet dès 2023 pour les aug­men­ta­ti­ons de prix réper­cu­tées en rai­son des haus­ses du prix du cou­rant de traction.

À la VAP, nous recher­chons des solu­ti­ons à ces problèmes:

  • Com­ment les ETF, prin­ci­pa­les béné­fi­ci­ai­res du DAC, peu­vent-elles réper­cu­ter les amé­lio­ra­ti­ons de l’efficience et les éco­no­mies de coûts sur les déten­teurs de wagons? Dans des struc­tures mono­po­lis­ti­ques tel­les que le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, les méca­nis­mes de l’économie de mar­ché ne fon­c­tion­nent pas.
  • Quel doit être le mon­tant des sub­ven­ti­ons (con­tri­bu­ti­ons à fonds perdu, prêts, fonds) pour qu’elles com­pen­sent l’iniquité du trans­fert coûts-béné­fices, et com­ment évi­ter un retrans­fert important vers la route pen­dant la migra­ti­on? Que se pas­se­ra-t-il si les sub­ven­ti­ons ou finance­ments ver­sés a pos­te­rio­ri aux ETF publi­ques se retrou­vent pres­que tota­le­ment sup­p­ri­més du fait du DAC?

Pour de nombreux déten­teurs de wagons, inves­tir dans du nou­veau maté­ri­el rou­lant est cer­tai­ne­ment envi­sa­geable, voire néces­saire. Mais tout tourne en fait autour de la ques­ti­on de savoir com­ment les flot­tes existan­tes pour­ront être réé­qui­pées de maniè­re effi­ci­en­te, tout en ten­ant comp­te des aspects sui­vants, sans désa­van­ta­ger des acteurs qui n’y sont pour rien:

  • Sur le nou­veau maté­ri­el rou­lant aussi, on a des dif­fi­cul­tés à mon­ter un DAC a posteriori.
  • Le prix d’achat de wagons neufs a aug­men­té de 50 % en rai­son de la hausse des matiè­res premières.
  • La pro­duc­tion de wagons neufs équi­pés d’un DAC ne pour­ra com­men­cer qu’une fois les spé­ci­fi­ca­ti­ons ache­vées. En fon­c­tion du type de wagon, le nombre de piè­ces sera au début limité.
  • Le maté­ri­el rou­lant anci­en, doté d’un réé­qui­pe­ment simp­le, ent­raî­ne des frais sup­p­lé­men­tai­res inférieurs.
  • Plu­s­ieurs déten­teurs de wagons pos­sè­dent des types de struc­tu­re iden­tique. Le réé­qui­pe­ment du véhi­cu­le de struc­tu­re type doit se faire indé­pen­dam­ment du déten­teur, et les frais uni­ques éle­vés doi­vent être couverts.
Faire voie commune avec l’Europe

Les per­son­nes con­cer­nées sont majo­ri­taire­ment d’accord: seule une coopé­ra­ti­on étroi­te avec l’Europe nous per­met­tra de maî­tri­ser une migra­ti­on dura­ble. Les dif­fi­cul­tés tech­ni­ques et opé­ra­ti­on­nel­les liées au réé­qui­pe­ment sont simi­lai­res des deux côtés de la fron­tiè­re. Les ques­ti­ons allant du pro­ces­sus de réé­qui­pe­ment jusqu’à l’achèvement de la mise en œuvre et au finance­ment ne peu­vent trou­ver de répon­se que si tous les experts et déci­deurs se retrou­vent autour d’une même table. Mal­heu­reu­se­ment, il ne s’agit que d’une poi­g­née de personnes.

La con­tri­bu­ti­on suis­se con­sis­te à réflé­chir aux con­di­ti­ons natio­na­les et à bien prépa­rer les bases. Cela impli­que de lan­cer des tra­fics pilo­tes; depuis avril 2023, les pre­miers trains à DAC cir­cu­lent en Suis­se. Nous devri­ons ras­sem­bler ces expé­ri­en­ces et les inté­grer dans le pro­jet paneuropéen.

Nous n’obtiendrons une inno­va­ti­on effi­ci­en­te et dura­ble à l’échelon euro­pé­en qu’ensemble, ce que nous pro­po­sons de vous mon­trer à l’aide des exemp­les suivants:

  • Coor­di­na­ti­on des capa­ci­tés des ate­liers: la coor­di­na­ti­on entre les pays et les déten­teurs de wagons doit être assu­rée pour pou­voir ache­mi­ner les wagons devant être réé­qui­pés pen­dant leur ser­vice (rela­ti­ons natio­na­les et inter­na­tio­na­les) vers l’atelier le plus pro­che ou le plus adap­té et les rapatrier.
  • Har­mo­nis­er les con­di­ti­ons de finance­ment: l’obtention d’un finance­ment est géné­ra­le­ment con­di­ti­onnée à une inscrip­ti­on au regist­re des wagons et/ou à un siège social dans le pays en ques­ti­on. Cepen­dant les wagons ne sont pas tou­jours uti­li­sés dans ce pays mais cir­cu­lent dans toute l’Europe. Au moment de la migra­ti­on, le finance­ment devra donc être assu­ré pour les déten­teurs de wagons dans tous les pays.
  • Con­ve­nir d’un cal­en­drier pour la migra­ti­on: une migra­ti­on pré­co­ce se tra­duit par de nou­vel­les inter­faces dans le fret fer­ro­vi­ai­re. Con­crè­te­ment, un wagon réé­qui­pé et sub­ven­ti­onné en Suis­se ne peut pas cir­cu­ler en Alle­ma­gne tant que la migra­ti­on vers le DAC n’y a pas démar­ré et que les tra­fics d’importation et d’exportation cor­re­spond­ants n’ont pas été har­mo­ni­sés. Par ail­leurs, le déten­teur du wagon ne peut plus uti­li­ser ses valeurs d’investissement que de maniè­re limitée.
  • Regrou­per les orga­nes de décis­i­on: les solu­ti­ons tech­ni­ques sont adop­tées au sein des orga­nes de l’UE défi­nis, puis repri­ses par la Suis­se. Une inté­gra­ti­on de ces res­sour­ces dans le pro­jet de l’UE serait plus effi­cace qu’une orga­ni­sa­ti­on pro­pre à la Suisse.

Pour con­tri­buer à la réa­li­sa­ti­on inté­gra­le à l’échelon de l’UE, nous devons nous con­cen­trer en Suis­se sur les travaux pré­pa­ra­toires avec l’ensemble des ent­re­pri­ses con­cer­nées et faire pro­gresser acti­ve­ment nos pha­ses de test et nos tra­fics pilo­tes. En matiè­re de pro­duits et de spé­ci­fi­ca­ti­ons, nous ne pou­vons nous per­mett­re le moind­re raté au démarrage.

La base d’un changement de système fondamental

Le DAC n’est pas un pro­jet tech­ni­que, mais le début de deux pro­ces­sus néces­saires, à savoir la digi­ta­li­sa­ti­on et l’intégration du fret fer­ro­vi­ai­re dans une chaî­ne logis­tique capa­ble d’affronter l’avenir. Outre le pro­ces­sus d’attelage, le DAC ira de pair avec d’autres nou­veau­tés: élé­ments tels que l’essai de frein auto­ma­tique, enre­gis­tre­ment auto­ma­tique de l’agencement des wagons, con­trô­le de l’intégrité des trains ou frein électropneumatique.

Pour que le DAC déploie toute la palet­te de ses effets tech­ni­ques et insuff­le au fret fer­ro­vi­ai­re la dyna­mi­que de mar­ché néces­saire, nous allons devoir tra­vail­ler sur les aspects sui­vants d’ici le début de la migration:

  • Redé­fi­ni­ti­on des pro­ces­sus d’exploitation
  • Adapt­a­ti­on et sim­pli­fi­ca­ti­on dans le temps des direc­ti­ves et pre­scrip­ti­ons règlementaires
  • Pré­pa­ra­ti­on et adapt­a­ti­on de l’infrastructure et des voies de raccordement
  • For­ma­ti­on des grou­pes con­cer­nés à la migra­ti­on et à l’exploitation
  • Auto­ma­tis­a­ti­on des inspec­tions et de la maintenance
  • Auto­ma­tis­a­ti­on des infor­ma­ti­ons sur le trans­port à desti­na­ti­on des chargeurs
  • Pro­tec­tion effi­cace des don­nées numé­ri­ques cont­re l’accès de la part de per­son­nes non autorisées

À la VAP, nous visons en outre le lance­ment d’une pla­te­for­me de don­nées et des éch­an­ges de don­nées for­mant un éco­sys­tème de don­nées. Nous som­mes con­vain­cus que le DAC n’apportera au sec­teur fer­ro­vi­ai­re la plus-value néces­saire sur tout le ter­ri­toire que s’il s’accompagne d’échanges de don­nées. Nous som­mes donc très heu­reux que, mal­gré le scep­ti­cis­me dont le sec­teur a fait preuve au début, l’OFT ait pris en comp­te cet aspect, tout comme il a l’intention de tenir comp­te du fret dans l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LIDMo) qu’il est en train de mett­re en place. Pour savoir en quoi le DAC peut appor­ter une con­tri­bu­ti­on à un sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re inno­vant auto­fi­nan­cé et ori­en­té sur le cli­ent et dans quel­le mesu­re la lett­re C pour­rait sur­tout être tra­duite par con­nec­ti­vi­té, ren­dez-vous sur notre pro­chain blog sur le DAC.

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