Dans sa prise de position sur «Transports ’45», la VAP demande des sillons attrayants, une prise en compte systématique des coûts complets lors des projets d’aménagement ainsi que des moyens ciblés pour de petites mesures d’infrastructure. Parallèlement, le financement du fonds d’infrastructure ferroviaire doit être garanti à long terme.
Avec «Transports ’45», la Confédération pose les bases du développement à long terme des infrastructures de transport et réunit pour la première fois dans un même projet le rail, les routes nationales et le trafic d’agglomération. L’Association des chargeurs (VAP) soutient cette approche et s’engage en faveur d’un projet solide et susceptible de rallier une majorité. Des adaptations ciblées sont toutefois indispensables.
Ces adaptations concernent en particulier le volet ferroviaire, sur lequel la VAP concentre sa prise de position. Les projets d’infrastructure ferroviaire prévus sont largement dictés par le transport de voyageurs, alors que, pour le fret ferroviaire, les capacités supplémentaires restent tout au plus ponctuelles. Le fret ferroviaire est déjà aujourd’hui sous pression en termes de capacités. Cette pression s’accentuera encore avec le développement de l’offre de transport de voyageurs. Cette situation est en contradiction flagrante avec les Perspectives d’évolution du transport 2050 de la Confédération, qui tablent sur une croissance de plus de 30 % du transport de marchandises et sur une part croissante du rail. Quiconque table sur une telle croissance et veut pouvoir l’absorber à l’avenir ne peut, en matière d’infrastructure, se limiter à préserver les capacités actuelles du fret ferroviaire. Faute de quoi, une part substantielle du trafic marchandises supplémentaire prévu risque d’être absorbée par la route. Un fret ferroviaire performant et compétitif contribue ainsi également à soulager le réseau routier.
Dans ce contexte, il ne suffit pas d’évaluer les différents projets d’infrastructure indépendamment de l’offre future. Avant de prendre une décision définitive sur des aménagements, il faut savoir quelle offre devra être exploitée à l’avenir et quelles capacités seront nécessaires au fret ferroviaire. La VAP demande donc des concepts d’offre solides, dans lesquels le fret ferroviaire est pris en compte dès le départ. Pour l’horizon 2035, un tel concept doit être disponible au plus tard lors de l’examen parlementaire du message 2027.
La qualité des sillons est déterminante
Dans la planification de l’offre, le nombre de sillons prévus pour le fret ferroviaire ne doit toutefois pas être le seul critère. Il est tout aussi déterminant de savoir à quels moments ils sont disponibles, quels lieux ils relient et s’ils peuvent être utilisés de manière judicieuse sur le plan de l’exploitation. Les trains de marchandises ont également besoin de sillons adaptés en journée et ne doivent en aucun cas être de plus en plus repoussés aux heures creuses et nocturnes.
Évaluer les projets d’aménagement sur la base de leurs coûts complets
Pour la VAP, il est essentiel de garantir le maintien de la qualité de l’infrastructure existante avant de parler de nouveaux aménagements. L’entretien et le renouvellement ont donc la priorité. Cela vaut d’autant plus que, par expérience, les restrictions de capacité touchent le fret ferroviaire en premier. Les nouveaux projets d’aménagement doivent eux aussi être évalués dans cette perspective.
De nombreux projets d’aménagement prévus dans «Transports ’45» permettent d’étoffer l’offre de transport de voyageurs. Ces trains supplémentaires sollicitent toutefois non seulement l’infrastructure nouvellement créée, mais aussi les lignes d’accès existantes. Cela peut créer de nouveaux goulets d’étranglement ailleurs et accentuer la pression sur les capacités du fret ferroviaire. Pour préserver ces capacités, des mesures d’infrastructure d’accompagnement supplémentaires sont donc parfois nécessaires.
La VAP demande par conséquent une prise en compte systématique des coûts complets. Lors de l’évaluation d’un projet d’aménagement, l’ensemble des coûts qu’il induit doit être pris en compte dès le départ et imputé au projet concerné. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible d’évaluer les coûts réels et l’utilité d’un projet pour l’ensemble du système ferroviaire.
300 millions de francs pour de petites mesures en faveur du fret ferroviaire
Toutes les améliorations en faveur du fret ferroviaire ne nécessitent pas de grands projets d’aménagement. Des mesures comparativement modestes, telles que des voies de croisement, de dépassement ou de réception supplémentaires ou allongées, ou des mesures ponctuelles de séparation des flux, peuvent apporter un bénéfice important en termes de capacité et de qualité du fret ferroviaire.
La VAP demande donc un budget affecté de 300 millions de francs pour de petites mesures d’infrastructure en faveur du fret ferroviaire. Les moyens doivent pouvoir être engagés de manière flexible et les projets concrets définis en fonction du développement de l’offre et des besoins effectifs du fret ferroviaire.
Assurer le financement du FIF à long terme et accroître la transparence
La VAP soutient la prolongation pour une durée illimitée du pour mille de la TVA en faveur du fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF). Un financement fiable est indispensable pour assurer l’entretien et le renouvellement de l’infrastructure existante ainsi que son aménagement là où des capacités supplémentaires sont nécessaires. Parallèlement, davantage de transparence est nécessaire quant à l’évolution à long terme du FIF, d’autant qu’un manque de liquidités pourrait se dessiner vers la fin des années 2020 et au début des années 2030.
La prise de position de la VAP est disponible ici.


