La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#7): Le rapport du SESE apporte des éclaircissements

Tunnel de base du Saint-Gothard (#7): Le rapport du SESE apporte des éclaircissements

Le 28 sep­tembre 2023, le Ser­vice suis­se d’enquête de sécu­ri­té (SESE) a publié son rap­port inter­mé­di­ai­re sur le dérail­le­ment du train de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Il y docu­men­te le dérou­le­ment de l’accident et four­nit de pre­miè­res recom­man­da­ti­ons de sécu­ri­té. Cet évé­ne­ment est main­ten­ant trai­té par les ins­tances inter­na­tio­na­les com­pé­ten­tes. Tant le sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en que la Suis­se sont repré­sen­tés dans ce con­tex­te. Ce rap­port ne dev­rait pas être instru­men­ta­li­sé pour con­ce­voir une appro­che natio­na­le séparée.

Les enjeux:

  • Bris de roue causé par des fis­su­res d’usure
  • Pour­suite de l’enquête en bonne concertation
  • Pre­miè­res jus­tes recom­man­da­ti­ons de sécu­ri­té con­sé­cu­ti­ves à l’accident
  • Cau­ses de l’accident iden­ti­fiées – mais pas enco­re plei­ne­ment élucidées

 

Bris de roue causé par des fis­su­res d’usure

Le SESE a heu­reu­se­ment pré­sen­té son rap­port inter­mé­di­ai­re très rapi­de­ment. Il y reti­ent la rup­tu­re du dis­que de roue du onziè­me wagon de mar­chan­di­ses en tant que cause du dérail­le­ment dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Ce wagon est imma­tri­culé en Suède. La roue endom­ma­gée est de type BA 390 avec des semel­les de frein LL. Les zones de rup­tu­re pré­sen­tent tou­tes des fis­su­res d’usure qui par­tent de la bande de rou­le­ment. À pré­sent, elles font l’objet d’études métal­lo­gra­phi­ques appro­fon­dies par le SESE. Le rap­port du SESE ne fait pas état de défauts opé­ra­ti­on­nels pré­e­xistants qui aurai­ent pu pro­vo­quer un déraillement.

Pour­suite de l’enquête en bonne concertation

L’événement est à pré­sent trai­té par le «Joint Net­work Secre­ta­ri­at (JNS)». L’objectif de cette ins­tance est d’harmoniser à l’échelle de l’Union euro­pé­en­ne tou­tes les mesu­res pri­ses à la suite d’un acci­dent ou inci­dent sur­venu dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en. Le JNS sou­ti­ent l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne ERA dans l’organisation de l’échange d’expériences entre les auto­ri­tés natio­na­les de sur­veil­lan­ce et d’enquête et les orga­ni­sa­ti­ons du sec­teur accré­di­tées auprès de l’ERA. Parmi ces der­niers, on comp­te éga­le­ment les trois acteurs déter­mi­nants for­mant le tri­ang­le de responsa­bi­li­té dans le fret fer­ro­vi­ai­re, à savoir l’exploitant d’infrastructure (responsable de l’infrastructure), le déten­teur de wagons (responsable de l’entretien des wagons) et l’entreprise de fret fer­ro­vi­ai­re (responsable de l’exploitation des wagons). Le SESE déclen­che en par­al­lè­le une aler­te dite «Safe­ty Alert» dans le sys­tème d’information SIS, uti­li­sé par les auto­ri­tés natio­na­les de sur­veil­lan­ce et d’enquête. Enfin, le pro­prié­tai­re sué­dois du wagon dépo­se un mes­sa­ge d’alerte dans le «Safe­ty Alert IT Tool (SAIT)» de l’ERA.

Sur la base de ces noti­fi­ca­ti­ons et dans le cadre de ce pro­ces­sus coor­don­né, tous les acteurs euro­pé­ens doi­vent avoir accès aux infor­ma­ti­ons publiées. Il leur appar­tient désor­mais de tirer les con­clu­si­ons qui s’imposent, dans le cadre des éch­an­ges entre les auto­ri­tés natio­na­les, les repré­sen­tants du sec­teur et l’ERA. Grâce à l’accord sur les trans­ports ter­res­tres, le SESE est recon­nu par l’ERA en tant qu’organisme d’enquête, tout comme l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) est recon­nu en tant qu’autorité de sécu­ri­té. Cette affai­re est à pré­sent trai­tée par les ins­tances inter­na­tio­na­les com­pé­ten­tes. Cet état des cho­ses est à notre avis entiè­re­ment cor­rect et néces­saire, comp­te tenu de l’utilisation trans­fron­ta­liè­re des wagons de mar­chan­di­ses dans toute l’Europe. Les ins­tances com­pé­ten­tes éta­b­li­ront ensuite un lien avec des bris de roues simi­lai­res sur­ve­nus dans le passé.

Jus­tes recom­man­da­ti­ons de sécu­ri­té con­sé­cu­ti­ves à l’accident

Le rap­port SESE a rapi­de­ment émis deux recom­man­da­ti­ons de sécu­ri­té, que la VAP sou­ti­ent sans réser­ve. Par sa recom­man­da­ti­on no 183, elle se pro­non­ce pour que l’OFT éten­de la «JNS Urgent Pro­ce­du­re Bro­ken Wheels» de 2017 aux essieux de la série BA 390. La «JNS Task Force Bro­ken Wheels» mise en place à l’époque avait réagi à la suite de plu­s­ieurs bris de roues sur­ve­nus sur les types de roues BA 314 et BA 004 et avait exigé des inspec­tions plus pous­sées dans le cadre de l’exploitation et de la main­ten­an­ce afin de limi­ter les ris­ques pour ces types de roues. Nous saluons éga­le­ment la recom­man­da­ti­on de sécu­ri­té no 184. Par celle-ci, le SESE sug­gè­re à l’OFT de deman­der l’instauration d’une nou­vel­le «JNS Pro­ce­du­re» à l’échelle euro­pé­en­ne, qui se pen­cher­ait sur les bris de roues de la série BA 390, l’objectif étant d’éviter que des bris de roues simi­lai­res se reproduisent.

Cau­ses de l’accident iden­ti­fiées – mais pas enco­re plei­ne­ment élucidées

Le rap­port inter­mé­di­ai­re rec­ti­fie le comp­te-rendu média­tique trom­peur sur l’accident, selon lequel le wagon 11 qui a déraillé aurait éga­le­ment endom­ma­gé le por­tail de sécu­ri­té d’environ 100 ton­nes don­nant accès au tube est. Selon le SESE, ce n’est que le wagon 14 qui s’est enga­gé sur la voie déviée à l’aiguillage de la sta­ti­on mul­ti­fon­c­tion de Faido, où il s’est heur­té au por­tail de sécu­ri­té. Des inves­ti­ga­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res sont néces­saires afin d’élucider les cir­con­s­tances de l’accident de maniè­re com­plè­te et détail­lée. Cela com­prend par exemp­le des ana­ly­ses du wagon 14 qui a dévié et de l’aiguillage. Ce n’est que dans son rap­port défi­ni­tif que le SESE four­ni­ra des éclair­cis­se­ments com­plets sur le dérou­le­ment et les cau­ses de l’accident. Une fois celui-ci publié, il est de la responsa­bi­li­té de tous les acteurs impli­qués dans les pro­cé­du­res du JNS d’en tirer les con­clu­si­ons adé­qua­tes pour un trans­port fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en com­pé­ti­tif et sûr. Les recom­man­da­ti­ons du rap­port final de SESE seront mises en œuvre par l’ensemble du secteur.

Marco Rosso: «L’innovation dans le fret contribue à améliorer la qualité de vie et peut en même temps fonctionner de manière rentable.»

Marco Rosso: «L’innovation dans le fret contribue à améliorer la qualité de vie et peut en même temps fonctionner de manière rentable.»

VAP: Com­ment voyez-vous la rela­ti­on entre le fret fer­ro­vi­ai­re et CST dans l’avenir? Marco Rosso: Le rail et CST sont deux sys­tè­mes qui se com­plè­tent. CST coopè­re avec tous les modes de trans­port pour absor­ber con­join­te­ment la future crois­sance du fret, esti­mée à 30 % d’ici 2050, de maniè­re inno­van­te et dura­ble. Sach­ant que CST ne con­vi­ent pas à tous les trans­ports, l’entreprise sou­ti­ent par les tech­no­lo­gies nou­vel­les et le numé­ri­que les modè­les com­mer­ciaux du rail, des trans­por­teurs rou­tiers et d’autres acteurs de la logis­tique. Seu­les des coopé­ra­ti­ons (enca­drées par les règles de la con­cur­rence) per­mettront de garan­tir l’interopérabilité parmi les dif­fér­ents modes et ent­re­pri­ses de trans­port. C’est pour­quoi CST pré­voit de se rac­cor­der au che­min de fer, à la route, au bateau, au fret aéri­en et à d’autres sys­tè­mes enco­re. Au niveau des hubs CST, il y aura des rac­cor­de­ments mul­ti­mo­daux, notam­ment aussi un rac­cor­de­ment au che­min de fer. Lors de la phase de con­s­truc­tion, dès 2026 et jusqu’en 2045, CST uti­li­se­ra des trans­ports fer­ro­vi­ai­res d’un volu­me de 2000 trains de mar­chan­di­ses par an et sera ainsi un cli­ent important du rail. L’infrastructure ne dev­rait-elle pas être réa­li­sée par l’État? L’exploitation dans les tun­nels, de même que l’exploitation des ter­minaux et du premier/dernier kilo­mèt­re serai­ent alors libres et sou­mi­ses à la concurrence? CST est un sys­tème qui ne fon­c­tion­ne que comme un tout, parce que l’ensemble des pro­ces­sus sont gérés de bout en bout. Ce n’est qu’ainsi que les mar­chan­di­ses de détail pour­ront att­eind­re leur desti­na­ti­on de maniè­re fia­ble et dans les temps. Le sys­tème doit pour cette rai­son être géré par une seule et même ins­tance et pou­voir être rac­cor­dé à tou­tes les pla­te­for­mes par­ten­aires. CST a été dès le départ pla­ni­fié et conçu comme un pro­jet éma­n­ant du sec­teur privé. Comp­te tenu de ce con­cept de finance­ment, il est pos­si­ble et important d’avancer rapi­de­ment, et ce sans peser sur le bud­get fédé­ral. On comp­te aussi parmi les inves­tis­seurs d’importants futurs cli­ents. Ils aident à déve­lo­p­per le sys­tème pour qu’il soit adap­té au mar­ché. La Con­fé­dé­ra­ti­on a recon­nu qu’il ne serait pas effi­cace qu’elle agis­se elle-même comme con­s­truc­teur, mais qu’il est pré­fé­ra­ble qu’elle se limi­te à poser les con­di­ti­ons-cad­res léga­les. Avec des busi­ness plans éla­bo­rés avec soin, des prix con­cur­rentiels et s’appuyant sur la large base d’investisseurs qui porte le pro­jet, CST mont­re que l’innovation dans le fret con­tri­bue à amé­lio­rer la qua­li­té de vie dans les vil­les comme à la cam­pa­gne et peut en même temps fon­c­tion­ner de maniè­re ren­ta­ble. Quels sont à votre avis les prin­ci­paux défis ren­con­trés par votre projet? Un pro­jet de cette natu­re pré­sen­te les défis les plus divers, par exemp­le dans le domaine de la pla­ni­fi­ca­ti­on, des lois, du droit de l’environnement, des finan­ces et de la poli­tique. Ce qui distin­gue CST est le modè­le de l’innovation col­la­bo­ra­ti­ve, qui intèg­re tou­tes les par­ties pren­an­tes. Le pro­jet abor­de les défis de maniè­re prag­ma­tique et par étapes. Com­ment comp­tez-vous orga­nis­er un premier/dernier kilo­mèt­re non discriminatoire? La non-dis­cri­mi­na­ti­on a fait dès le départ par­tie de la pla­ni­fi­ca­ti­on de notre sys­tème, sans que la loi ne l’exige. Nous appli­quons de bout en bout la règle sui­van­te: tous ont accès au sys­tème pour le même prix et pour la même pre­sta­ti­on. Mais nous allons enco­re plus loin en déve­lo­pp­ant par exemp­le la logis­tique urbai­ne de CST sur un mode par­ten­ari­al et col­la­bo­ra­tif et en étant ouverts à toute col­la­bo­ra­ti­on avec des par­ten­aires de peti­te ou de gran­de tail­le, parmi les­quels des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res et la Poste. Ici aussi, notre prin­ci­pe est l’innovation col­la­bo­ra­ti­ve, que nous pra­ti­quons quo­ti­di­en­ne­ment. Quel sont le prin­ci­pal avan­ta­ge ou plus gran­de moti­va­ti­on qu’apporte CST à la popu­la­ti­on suisse? Le prin­ci­pal effet de CST sera l’augmentation de la qua­li­té de vie pour tous les habi­tants et habi­tan­tes de la Suis­se. Nous mon­tre­rons com­ment la logis­tique du futur peut être dura­ble, com­ment faire dis­pa­raît­re le tra­fic lourd de la route grâce à un regrou­pe­ment inter­entre­pri­se des char­geurs et un pre­mier tri dans le tun­nel, ou com­ment pas­ser sous un bouchon pour assurer l’approvisionnement en mar­chan­di­ses ou com­ment tirer au mieux parti des res­sour­ces en matiè­re d’émissions de CO2, de bruit, etc. L’espace en sur­face, qui est pré­cieux, doit en pre­mier lieu reve­nir à la popu­la­ti­on. CST faci­li­te le déve­lo­p­pe­ment de l’infrastructure comme celui des éner­gies renou­vel­ables en Suis­se. CST est un moteur d’innovation finan­cé par des fonds pri­vés qui ser­vi­ra l’économie suis­se et appor­te­ra davan­ta­ge de qua­li­té de vie dans les vil­les et les vil­la­ges en garan­tis­sant la sécu­ri­té de l’approvisionnement et donc la pro­spé­ri­té en Suis­se. Y a‑t-il des points que nous devri­ons à votre avis com­mu­ni­quer à nos membres? Il va y avoir des ori­en­ta­ti­ons et des dis­cus­sions décisi­ves, par­ti­cu­liè­re­ment dans le con­tex­te des débats poli­ti­ques sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Nous som­mes fer­me­ment con­vain­cus qu’en adop­tant une atti­tu­de entre­pre­neu­ria­le, nous pour­rons effi­ca­ce­ment con­tri­buer à faire de la Suis­se au 21e siè­cle un excel­lent site éco­no­mi­que offrant une qua­li­té de vie éle­vée, y com­pris pour les géné­ra­ti­ons futures. Nous y tra­vail­lons avec ent­housi­as­me et implication.
Renforcer la concurrence équitable entre les entreprises fédérales et les entreprises privées

Renforcer la concurrence équitable entre les entreprises fédérales et les entreprises privées

Le 15 sep­tembre 2023, le Con­seil fédé­ral a char­gé le Dépar­te­ment fédé­ral de l’économie, de la for­ma­ti­on et de la recher­che (DEFR) de pré­sen­ter un com­plé­ment aux prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise d’ici le troi­siè­me tri­mest­re 2024. Il entend ainsi ren­forcer la con­cur­rence équi­ta­ble entre les ent­re­pri­ses publi­ques et les ent­re­pri­ses privées.

Les enjeux:

  • Stra­té­gie de pro­prié­tai­re et prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise comme instru­ment de contrôle
  • Une con­cur­rence équi­ta­ble deman­dée par le Parlement
  • Une mono­po­li­sa­ti­on pré­oc­cu­p­an­te du fret de proximité
  • De nou­vel­les ten­dan­ces de finance­ment croi­sé évidentes
  • Un com­bat à armes inégales

 

Stra­té­gie de pro­prié­tai­re et prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise comme instru­ment de contrôle

Les ent­re­pri­ses fédé­ra­les sont cré­ées grâce à l’autonomisation d’unités admi­nis­tra­ti­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on qui exer­cent des acti­vi­tés mono­po­li­sées con­for­mé­ment à la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le. Par exemp­le, la socié­té par actions des Chem­ins de fer fédé­raux (CFF), régie par une loi spé-ciale, a été créée dans le cadre de la réfor­me des chem­ins de fer de 1999. En tant que pro­prié-taire à 100 %, la Con­fé­dé­ra­ti­on diri­ge ses nombreu­ses ent­re­pri­ses fédé­ra­les en défi­nis­sant et en met­tant en œuvre une stra­té­gie de pro­prié­tai­re et des prin­cipes de gou­ver­ne­ment d’entreprise. Elle élit en outre les con­seils d’administration. En plus de son rôle de pro­prié­tai­re, la Con­fé­dé­ra-tion joue d’autres rôles: en tant que régu­la­teur, elle co-régle­men­te les con­di­ti­ons du mar­ché et com­man­de par­fois même des pre­sta­ti­ons de ser­vice public, par exemp­le dans le domaine du tra-fic régio­nal des voy­a­ge­urs. Il en résul­te iné­vi­ta­blem­ent cer­ta­ins con­flits d’intérêts. Il serait tout à fait oppor­tun de véri­fier si cet enche­vêtre­ment de fon­c­tions est tou­jours d’actualité et adap­té au tra­fic par wagons com­plets iso­lés et quel orga­ne de con­trô­le en sur­veil­le l’utilisation.

Une con­cur­rence équi­ta­ble deman­dée par le Parlement

Les cri­ti­ques crois­san­tes du sec­teur privé à l’égard du com­porte­ment des ent­re­pri­ses fédé­ra­les qui, sur la base d’un man­dat con­sti­tu­ti­on­nel sou­vent très géné­ral, éten­dent tou­jours plus leur ac-tivi­té prin­ci­pa­le initia­le et vont même jusqu’à rache­ter des ent­re­pri­ses pri­vées, ont trou­vé un écho au Par­le­ment. Les Con­seils ont ainsi adop­té la moti­on 20.3531 «Pour une con­cur­rence plus équi-table avec les ent­re­pri­ses publi­ques» du con­seil­ler aux États PLR Andrea Caro­ni et la moti­on 20.3532 de la même teneur du con­seil­ler aux États du Cent­re Beat Rie­der. Avec le rap­port du DEFR, le Con­seil fédé­ral veut main­ten­ant répond­re à la deman­de de ces deux moti­ons. Il attend des pro­po­si­ti­ons sur la maniè­re dont les dépar­te­ments peu­vent orga­nis­er de maniè­re plus sys-téma­tique et garan­tir de maniè­re plus com­plè­te une con­cur­rence équi­ta­ble entre les ent­re­pri­ses fédé­ra­les et les ent­re­pri­ses pri­vées dans le cadre de la ges­ti­on des ent­re­pri­ses fédérales.

Une mono­po­li­sa­ti­on pré­oc­cu­p­an­te du fret de proximité

Le rap­port d’activité 2022 de la Rail­Com rend comp­te, entre aut­res, de l’enquête menée auprès des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret sur les ser­vices de fret de pro­xi­mi­té selon l’art. 6a de l’ordonnance sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM). Il s’agit en l’occurrence de pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, qui cou­vre le fret de pro­xi­mi­té en Suis­se de maniè­re pra­ti­quement mono­po­lis­tique. Pour jus­ti­fier le refus des ser­vices de fret de pro­xi­mi­té, le rap­port d’activité de la Rail­Com men-tion­ne le man­que de res­sour­ces. Les per­son­nes inter­ro­gées sup­po­sent tou­te­fois qu’elles sont désa­van­ta­gées en ce qui con­cer­ne les off­res et que dif­fér­ents tarifs sont en circulation.

Les ent­re­pri­ses pri­vées s’inquiètent tout autant de la mono­po­li­sa­ti­on de l’offre de réseau de CFF Cargo dans la Con­sul­ta­ti­on sur le pro­jet de loi «Moder­ni­sa­ti­on du trans­port suis­se de mar­chan-dises» (cf. artic­le de blog «Con­sul­ta­ti­on «Fret fer­ro­vi­ai­re sur tout le ter­ri­toire»: deux vari­an­tes, beau­coup de points d’interrogation»). Elles deman­dent une déli­mi­ta­ti­on stric­te entre l’offre de ré-seau et l’offre de train com­plet en matiè­re d’indemnisation et le main­ti­en d’un accès non dis­cri­mi­na-toire aux ser­vices du fret de pro­xi­mi­té (voir l’article du blog de la VAP «Exter­na­li­ser le der­nier kilo-mètre et l’organiser de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire»). Il s’agit d’empêcher, à l’aide de mesu­res orga­ni­sa­ti­on­nel­les ou d’une sépa­ra­ti­on juri­di­que, que cer­ta­ins ser­vices four­nis par l’État fas­sent l’objet d’un finance­ment croi­sé. C’est par exemp­le le cas aujourd’hui pour le refi­nance­ment de la caisse de pen­si­ons des CFF (CP CFF) par les béné­fices de CFF Immobilier.

De nou­vel­les ten­dan­ces de finance­ment croi­sé évidentes

Lors de l’audition sur la révi­si­on du prix du sil­lon 2025, les chem­ins de fer de mar­chan­di­ses de Suis­se ont fait alli­ance et ont donné une répon­se néga­ti­ve au Con­seil fédé­ral le 29 août 2023 Prise de posi­ti­on sur la révi­si­on par­ti­el­le de l’ordonnance de l’OFT sur l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re OARF (cf. artic­le du blog «Révi­si­on du prix du sil­lon 2025–2028: l’augmentation des prix n’est pas fon-dée»). Seul CFF Cargo, qui est entiè­re­ment inté­g­ré au grou­pe CFF et ne peut pas agir à sa guise, est resté à l’écart. Comme l’Office fédé­ral des trans­ports se réfè­re entre aut­res à la baisse des recet­tes des sil­lons lors de la révi­si­on du prix du sil­lon, tout laisse pen­ser qu’il s’agit d’un finance­ment croi­sé caché des CFF, que CFF Cargo n’a évi­dem­ment pas le droit de criti-quer.

Le pro­jet de loi éla­bo­ré par le Con­seil fédé­ral «Modi­fi­ca­ti­on de la loi sur les Chem­ins de fer fédé-raux (LCFF) – finance­ment dura­ble des CFF» du 15 sep­tembre 2023 cor­re­spond éga­le­ment à une att­ein­te fla­gran­te à la libre con­cur­rence. Selon ce docu­ment, les CFF dev­rai­ent béné­fi­ci­er d’un apport de capi­taux de 1,25 mil­li­ard de francs. L’utilisation exac­te de ces fonds n’est tou­jours pas clai­re et les con­di­ti­ons qui pour­rai­ent chan­ger cet état de fait à l’avenir font défaut. La filia­le CFF Cargo, qui a par ail­leurs béné­fi­cié d’un sou­ti­en finan­cier important suite à la pan­dé­mie de Covid, pro­fi­te éga­le­ment de cet apport de capi­taux. Elle est sur le point de con­clure une con­ven-tion de pre­sta­ti­ons pour indem­nis­er son tra­fic de réseau, qu’elle ne peut appa­rem­ment pas gérer de maniè­re auto­no­me. Les acteurs du sec­teur privé, en revan­che, n’ont pas reçu de fonds Covid et ne dis­po­sent pas non plus de res­sour­ces et de par­ti­ci­pa­ti­ons importan­tes non néces­saires à l’exploitation, qu’ils pour­rai­ent mett­re en vente pour ren­forcer leur capa­ci­té d’investissement.

Un com­bat à armes inégales

La com­plaisance du Con­seil fédé­ral avec le trai­te­ment iné­gal des ent­re­pri­ses publi­ques et des ent­re­pri­ses pri­vées saute aux yeux – et est reg­rettable. Mal­heu­reu­se­ment, cela n’engendre pas une saine con­cur­rence dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui ren­forcerait sa force d’innovation et sa per­for­mance. Ces deux élé­ments sont indis­pens­ables pour que les acteurs du mar­ché puis­sent con­ser­ver leurs cli­ents actuels et en gagner de nou­veaux. Ceci serait à son tour néces­saire pour par­ve­nir à un trans­fert du tra­fic dura­ble et pour inté­grer à l’avenir le rail dans des chaî­nes d’approvisionnement mul­ti­mo­da­les. Et pour créer éga­le­ment de nou­veaux em-plois ori­en­tés vers l’avenir.

Révision de la loi sur les chemins de fer: l’effet maximum risque de ne pas être atteint

Révision de la loi sur les chemins de fer: l’effet maximum risque de ne pas être atteint

Le 12 sep­tembre 2023, le Con­seil natio­nal a approu­vé la révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer (LCdF), à l’instar du Con­seil des États, qui l’avait déjà adop­tée à l’unanimité lors de la ses­si­on d’été 2023. Tou­te­fois, la révi­si­on de la LCdF ne pour­ra pas être mise en œuvre dans son inté­gra­li­té tant que le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE n’aura pas été inté­g­ré dans l’accord sur les trans­ports ter­res­tres ou que la solu­ti­on tran­si­toire con­clue avec l’UE n’aura pas été pro­lon­gée. Cer­ta­ins effets escomp­tés pour­rai­ent donc ne pas être au rendez-vous.

 Les enjeux:
  • Ce qui a été fait
  • La Suis­se a repris trois paquets fer­ro­vi­ai­res de l’UE
  • La LCdF révi­sée crée des con­di­ti­ons équivalentes
  • Il fau­dra éga­le­ment adap­ter les ordonnances
  • Il est néces­saire d’intégrer le 4epaquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE dans l’accord sur les trans­ports terrestres
 
Ce qui a été fait

Le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE est en vigueur depuis le 16 juin 2019, et l’Agence fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en­ne (ERA) est désor­mais char­gée de déli­v­rer des cer­ti­fi­cats de sécu­ri­té et homo­lo­ga­ti­ons uni­for­mes pour le maté­ri­el rou­lant desti­né au tra­fic trans­fron­ta­lier. Lors de la ses­si­on d’été 2023, le Con­seil des États a adop­té la pro­po­si­ti­on de sa com­mis­si­on con­sistant à approu­ver la modi­fi­ca­ti­on de la LCdF (mise en œuvre du volet tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE).

Le 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE com­prend trois élé­ments essentiels:

  1. Les direc­ti­ves appli­ca­bles doi­vent être sys­té­ma­ti­quement har­mo­ni­sées dans tous les États par­ti­ci­pan­ts. Cela se fait par le biais de pro­cé­du­res insti­tu­ti­on­nel­les de mise en vigueur des Spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI) et de leurs mises à jour. Ainsi, les STI publiées par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne sont désor­mais direc­te­ment appli­ca­bles dans tous les États; il n’y a plus beso­in de pro­ces­sus de mise en œuvre nationaux.
  2. L’ERA s’assure que les auto­ri­tés natio­na­les de sur­veil­lan­ce com­pé­ten­tes sup­p­ri­ment l’intégralité des pre­scrip­ti­ons natio­na­les obsolètes.
  3. L’ERA coor­don­ne désor­mais les pro­cé­du­res d’homologation et émet des auto­ri­sa­ti­ons d’exploitation uni­for­mes et val­ables dans tous les pays.

L’ERA pos­sè­de le por­tail d’homologation en ligne de véhi­cu­les «One-Stop Shop». Pour les véri­fi­ca­ti­ons des dos­siers d’homologation, elle tra­vail­le en étroi­te col­la­bo­ra­ti­on avec les auto­ri­tés natio­na­les de sur­veil­lan­ce. Aujourd’hui, il est pos­si­ble de faire une deman­de d’autorisation et de dépo­ser le dos­sier cor­re­spond­ant dans le «One-Stop Shop» de l’ERA. L’ERA exami­ne le dos­sier avec l’aide des auto­ri­tés natio­na­les de sur­veil­lan­ce con­cer­nées et déli­v­re une auto­ri­sa­ti­on d’exploitation direc­te­ment valable dans tous les pays demandés.

La Suisse a repris trois paquets ferroviaires de l’UE

La Suis­se a repris les dis­po­si­ti­ons tech­ni­ques per­ti­nen­tes des trois paquets fer­ro­vi­ai­res de l’UE dans le cadre de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres con­clu avec l’UE. Elle siège déjà en qua­li­té d’observatrice dans les ins­tances cor­re­spond­an­tes œuvrant au déve­lo­p­pe­ment de l’interopérabilité et coopè­re avec l’ERA. Une adhé­si­on à l’ERA n’était jusqu’ici pas possible.

La LCdF révisée crée des conditions équivalentes

Le volet tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE pré­voit le rema­nie­ment des pre­scrip­ti­ons rela­ti­ves à l’interopérabilité (direc­ti­ve (UE) 2016/797) et à la sécu­ri­té fer­ro­vi­ai­re (direc­ti­ve (UE) 2016/798)., de même que la trans­for­ma­ti­on de l’ERA en auto­ri­té de l’UE char­gée de la sur­veil­lan­ce avec le guichet uni­que (One-Stop Shop) pour la pro­cé­du­re sim­pli­fiée (cf. artic­le du blog «La Suis­se ris­que d’être iso­lée dans le tra­fic fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal»). La révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer pose les fon­da­ti­ons qui per­mettront la mise en œuvre du volet tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re. Elle pré­voit de sou­mett­re l’ensemble des ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res suis­ses tra­vail­lant sur le mode de l’interopérabilité à des con­di­ti­ons équi­va­len­tes à cel­les impo­sées aux États mem­bres de l’UE et d’ouvrir l’accès à la pro­cé­du­re d’homologation sim­pli­fiée pas­sant par l’ERA.

Il faudra également adapter les ordonnances

Sur la base des modi­fi­ca­ti­ons de la LCdF, l’OFT pour­ra dans un second temps réa­li­ser au niveau des ordon­nan­ces la con­for­mi­té néces­saire par rap­port aux direc­ti­ves de l’UE. L’OFT a donc déjà pré­pa­ré les pro­jets de modi­fi­ca­ti­ons des ordon­nan­ces cor­re­spond­ants et les a fait véri­fier par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne – avec un résul­tat posi­tif. La Suis­se a ainsi créé de maniè­re auto­no­me la base qui per­met­tra à sa légis­la­ti­on d’être équi­va­len­te de celle de l’UE.

Il est nécessaire d’intégrer le 4e paquet ferroviaire de l’UE dans l’accord sur les transports terrestres

Avec la mise en œuvre de la révi­si­on de la LCdF, la Suis­se a gagné un temps pré­cieux. En effet, plu­s­ieurs années s’écoulent géné­ra­le­ment avant qu’une révi­si­on de loi puis­se être mise en vigueur. Dans ce cas, les con­di­ti­ons-cad­res léga­les natio­na­les sont déjà don­nées. Pour déploy­er plei­ne­ment son effet, il est tou­te­fois néces­saire que le volet tech­ni­que du 4e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE soit repris dans l’accord sur les trans­ports ter­res­tres et qu’une adhé­si­on à l’ERA soit pos­si­ble. Vu le con­tex­te actuel, où les négo­cia­ti­ons entre l’UE et la Suis­se en sont au point mort, il est tou­te­fois peu pro­ba­ble qu’aucune de ces deux con­di­ti­ons se réa­li­se dans un ave­nir pro­che. L’UE con­di­ti­onne cela à une entente sur l’accord-cadre et sur l’ouverture du tra­fic de voy­a­ge­urs en Suis­se (par­tie du 3e paquet fer­ro­vi­ai­re de l’UE). Jusqu’ici, cette reven­dica­ti­on est res­tée lett­re morte; l’ensemble des ten­ta­ti­ves de l’OFT d’obtenir un geste de con­ci­lia­ti­on par un assou­plis­se­ment du ver­rouil­la­ge de son mar­ché de la part de la Suis­se ont jusqu’ici échoué.

La plei­ne interopé­ra­bi­li­té et une sim­pli­fi­ca­ti­on fon­da­men­ta­le des pro­cé­du­res d’homologation rédui­sent les frais admi­nis­tra­tifs et d’exploitation. Ceci est fon­da­men­tal pour un tra­fic fer­ro­vi­ai­re (de mar­chan­di­ses) sûr et con­cur­rentiel et donc pour la réus­si­te du trans­fert du trafic.

 

 
Tunnel de base du Saint-Gothard (#6): l’OFT soutient le trafic marchandises de manière pragmatique

Tunnel de base du Saint-Gothard (#6): l’OFT soutient le trafic marchandises de manière pragmatique

À la suite de l’accident du train de mar­chan­di­ses sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard, l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) encou­ra­ge le fret fer­ro­vi­ai­re par des mesu­res effi­caces: le tun­nel ne peut être uti­li­sé que par les trains de mar­chan­di­ses. Les indem­ni­tés par train cir­cu­lant en tra­fic com­bi­né non accom­pa­gné (TCNA) seront pro­chai­ne­ment rele­vées jusqu’à 1100 CHF. Notre asso­cia­ti­on des char­geurs l’en remer­cie vive­ment. À pro­pos: nous par­lons aussi au nom de char­geurs étrangers.

Les enjeux:

  • Le tun­nel de base du Saint-Got­hard n’est ouvert qu’aux trains de marchandises
  • Des indem­ni­tés plus éle­vées pour le TCNA transalpin
  • La VAP dit merci

Le tun­nel de base du Saint-Got­hard n’est ouvert qu’aux trains de mar­chan­di­ses
Depuis la remi­se en ser­vice du tube est du tun­nel de base du Saint-Got­hard, celui-ci est exclu­si­ve­ment ouvert au tra­fic de trains de mar­chan­di­ses. Une bonne cen­taine de sil­lons par jour sont pos­si­bles. 30 trains sup­p­lé­men­tai­res cir­cu­lent chaque jour par la ligne de faîte. Le fret fer­ro­vi­ai­re tran­sal­pin dis­po­se ainsi chaque jour de 130 sil­lons au total. À titre de com­pa­rai­son: en moy­enne, 120 trains tra­ver­sai­ent le tun­nel de base chaque jour en 2022.
Grâce à cette mesu­re, les trains de mar­chan­di­ses peu­vent assurer le fret fer­ro­vi­ai­re pra­ti­quement sans rest­ric­tion. Cer­tes, la dévia­ti­on par la ligne de faîte impli­que un sur­croît con­sidé­ra­ble. Mais elle con­cer­ne essen­ti­el­le­ment le tra­fic inté­ri­eur, qui n’est pas tri­bu­tai­re d’un cor­ri­dor de 4 mètres

Des indem­ni­tés plus éle­vées pour le TCNA tran­sal­pin
L’OFT se mobi­li­se en faveur du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes et notam­ment en faveur du tra­fic de tran­sit (cf. «L’OFT ren­force le tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes»). Dans les semain­es à venir, les indem­ni­tés par train cir­cu­lant en tra­fic com­bi­né TCNA seront aug­men­tées de 200 CHF, pour att­eind­re jusqu’à 1100 CHF. Pour 2024, l’OFT ne veut pas non plus rédui­re les indem­ni­tés par envoi, mais n’appliquer qu’une réduc­tion sym­bo­li­que de 1 CHF pour les por­ter à 57 CHF par envoi. L’OFT sou­ti­ent ainsi le TCNA tran­sal­pin de maniè­re très prag­ma­tique. Comp­te tenu des con­di­ti­ons ren­dues dif­fi­ci­les par les chan­tiers sur les lignes d’accès et de la situa­ti­on con­jon­c­tu­rel­le ten­due, l’OFT renon­ce à pour­suiv­re la voie actu­el­le de réduc­tion des indem­ni­tés du TCNA.

La VAP dit merci
L’OFT méri­te de vifs remer­cie­ments pour ce sou­ti­en prag­ma­tique. Il ren­force ainsi les efforts de toute la bran­che pour rend­re les rest­ric­tions de capa­ci­té aussi sup­port­a­bles que pos­si­ble, de maniè­re ciblée et en unis­sant les forces, tant sur l’axe du Saint-Got­hard que sur celui du Lötsch­berg. Nous y voy­ons le signe d’une poli­tique com­mu­ne de trans­fert du tra­fic de transit.

Révision des prix des sillons 2025–2028: une hausse des prix n’est pas justifiée

Révision des prix des sillons 2025–2028: une hausse des prix n’est pas justifiée

Le Con­seil fédé­ral pré­voit d’augmenter le prix des sil­lons dans le fret à par­tir de 2025. Plus pré­cis­é­ment, il envi­sa­ge d’augmenter le prix de base lié à l’usure de près de 20 %, au motif que les coûts mar­ginaux dépen­dant du poids ne sont pas cou­verts. Nous refu­sons cette aug­men­ta­ti­on du prix inju­s­ti­fiée. Elle accé­lè­re le trans­fert du tra­fic vers la route, qui per­du­re, et va à l’encontre de l’objectif de trans­fert du tra­fic du Con­seil fédéral.

Les enjeux:

  • Les prix de sil­lons ne sont pas cal­culés de maniè­re transparente
  • Les per­tes de trans­port inter­di­sent les aug­men­ta­ti­ons de prix
  • Respec­ter le prin­ci­pe de la cou­ver­tu­re des coûts et le prin­ci­pe de causalité
  • Inver­se­ment de l’incitation à faire cir­cu­ler des trains de mar­chan­di­ses à fai­ble usure
  • Mett­re davan­ta­ge les explo­itants d’infrastructure à contribution

Les prix de sil­lons ne sont pas cal­culés de maniè­re trans­pa­ren­te
Le rap­port expli­ca­tif de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) de juin 2023 n’est ni conçu de ma-nière trans­pa­ren­te, ni ne repo­se sur des jus­ti­fi­ca­ti­ons com­pré­hen­si­bles. Ainsi, les rai­sons de la défi­ni­ti­on actu­el­le du prix des sil­lons sont tota­le­ment opa­ques. Sach­ant que l’OFT ren­voie entre aut­res à une baisse des recet­tes des sil­lons, on a l’impression qu’il s’agit d’un finance­ment trans-ver­sal caché des CFF. Dans le con­tex­te du pro­jet de loi «Finance­ment dura­ble des CFF» et de la réduc­tion pré­vue de la con­tri­bu­ti­on de cou­ver­tu­re qu’il pré­voit dans le trans­port de voy­a­ge­urs des CFF, cette jus­ti­fi­ca­ti­on n’est pas accep­ta­ble pour les repré­sen­tants du trans­port de mar-chan­di­ses. Nous avons donc donné une répon­se néga­ti­ve au pro­jet de loi men­ti­onné, comme on peut le lire dans notre répon­se à l’audition du 7 mars 2023 et à l’article de notre blog inti­tulé «Plu­tôt que d’empocher une enve­lo­p­pe bud­gé­tai­re de 3 mil­li­ards, les CFF doi­vent assu­mer leurs responsa­bi­li­tés».

Les per­tes de trans­port inter­di­sent les aug­men­ta­ti­ons de prix
Une aug­men­ta­ti­on de prix est inac­cep­ta­ble comp­te tenu des per­tes de tra­fic dans les trans­ports inté­ri­eur, d’importation, d’exportation et de tran­sit et des prix de sil­lon net­te­ment plus avan­ta­ge­ux dans le con­tex­te euro­pé­en. Les char­geurs sont notam­ment expo­sés depuis des années à des haus­ses de prix dra­ma­ti­ques dans le tra­fic par wagons com­plets. Ces haus­ses sont jus­ti­fiées par des fac­teurs exo­gè­nes tels que les prix des sillons.

Respec­ter le prin­ci­pe de la cou­ver­tu­re des coûts et le prin­ci­pe de cau­sa­li­té
L’OFT jus­ti­fie l’augmentation de prix par le prin­ci­pe de la cou­ver­tu­re des coûts. Or celle-ci serait respec­tée même en cas de baisse des prix dans le trans­port de mar­chan­di­ses. Au con­trai­re, une réduc­tion des prix cor­re­spond au prin­ci­pe de cau­sa­li­té, car le trans­port de mar­chan­di­ses con­tri­bue à payer les coûts mar­ginaux stan­dards d’un réseau moy­enne­ment amé­na­gé prin­ci­pa-lement ori­en­té sur les beso­ins du trans­port des per­son­nes. Or les char­geurs ne remar­quent rien des efforts con­sen­tis par les explo­itants d’infrastructure pour réa­li­ser et main­te­nir l’infrastructure à des coûts plus avantageux.

Une inver­si­on de l’incitation à l’utilisation de wagons à fai­ble usure
Ce que l’on appel­le le fac­teur d’usure doit ser­vir d’incitation pour uti­li­ser du maté­ri­el rou­lant à fai­ble usure. Entre-temps, c’est le con­trai­re qui est vrai: le Con­seil fédé­ral obli­ge la bran­che non seu­le­ment à payer des prix de sil­lon tou­jours plus éle­vés, mais aussi à inves­tir des moy­ens fi-nan­ciers sup­p­lé­men­tai­res dans du maté­ri­el rou­lant à fai­ble usure.

Mett­re davan­ta­ge les explo­itants d’infrastructure à con­tri­bu­ti­on
La révi­si­on des prix des sil­lons pré­sen­tée pro­tège les explo­itants d’infrastructure. En tant que re-pré­sen­tants des explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et de ter­minaux direc­te­ment con­cer­nés par les coûts de pla­ni­fi­ca­ti­on, de con­s­truc­tion et de main­ten­an­ce de CFF Infra­struc­tu­re dans des voies de rac­cor­de­ment cen­tra­li­sées, nous obser­vons des inef­fi­ci­en­ces con­sidé­ra­bles et une maniè­re pres­que éhon­tée d’utiliser les moy­ens finan­ciers. Ceci est très pro­ba­blem­ent éga­le­ment vrai pour le réseau public. La con­fé­dé­ra­ti­on doit donc aussi obli­ger les explo­itants d’infrastructure à limi­ter les coûts.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#5): Trop tôt pour imputer la faute et la responsabilité

Tunnel de base du Saint-Gothard (#5): Trop tôt pour imputer la faute et la responsabilité

Selon le l’édition prin­ci­pa­le du jour­nal télé­vi­sé de la SRF du 27 août 2023 l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) esti­me que CFF Cargo est seule responsable des con­sé­quen­ces de l’accident fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Got­hard. Une omis­si­on dans la réfor­me des chem­ins de fer est poin­tée du doigt; aupa­ra­vant, tous les wagons de mar­chan­di­ses devai­ent être imma­tri­culés auprès des chem­ins de fer publics. Nous som­mes pour notre part d’avis: Les spé­cu­la­ti­ons sont pré­ma­tu­rées, sur­tout dans des médi­as de por­tée natio-nale. Cette polé­mi­que ne fait pas avan­cer d’un pouce la solu­ti­on du pro­blè­me. Seul le rap­port du Ser­vice d’enquête de sécu­ri­té suis­se (SESE) cla­ri­fie les faits et per­met de réa­gir de maniè­re ciblée.

Les enjeux:

  • L’État garde la main sur le mar­ché ferroviaire
  • La réfor­me des chem­ins de fer a effec­ti­ve­ment réfor­mé le droit de la responsa­bi­li­té civile
  • Les déten­teurs de wagons sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
  • Le Con­seil fédé­ral n’a pas pro­po­sé de modi­fier le droit
  • Les dis­po­si­ti­ons con­trac­tu­el­les sont publiques
  • Assu­mer ses responsa­bi­li­tés sur la base du rap­port SESE
  • Le régime de responsa­bi­li­té actuel est éco­no­mi­quement équilibré
  • Réflé­chir aux effets per­vers des modi­fi­ca­ti­ons législatives

 

L’État garde la main sur le mar­ché fer­ro­vi­ai­re
La Con­fé­dé­ra­ti­on con­sidè­re que la responsa­bi­li­té de l’accident fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard incom­be clai­re­ment à la filia­le des CFF, CFF Cargo. Un porte-paro­le de l’OFT a fait savoir, lors du jour­nal télé­vi­sé de la SRF du 27 août 2023, que le droit de la respon-sabi­li­té civi­le en vigueur datait de l’époque des chem­ins de fer publics. Eh bien: Les temps n’ont pas chan­gé. Les chem­ins de fer publics CFF domi­nent tou­jours le mar­ché du fret fer­ro­vi­ai­re. Il y a quel­ques semain­es, le Con­seil fédé­ral a approu­vé la rena­tio­na­li­sa­ti­on de CFF Cargo. En répon­se à l’interpellation du con­seil­ler natio­nal PLR Chris­ti­an Was­ser­fal­len, il a pré­cisé que les action­n­aires pri-vés n’avaient pas amé­lio­ré la situa­ti­on (finan­ciè­re) de CFF Cargo.

La réfor­me des chem­ins de fer a effec­ti­ve­ment réfor­mé le droit de la responsa­bi­li­té civi­le
À l’occasion de la réfor­me des chem­ins de fer, la Con­ven­ti­on rela­ti­ve aux trans­ports inter­na­ti­on­aux fer­ro­vi­ai­res (COTIF) a été révi­sée, tan­dis que l’infrastructure et l’exploitation ont été scin­dées. Dans le même temps, CFF Cargo a rési­lié les cont­rats d’immatriculation. Le pri­vilè­ge de mono­po­le en vertu duquel les wagons de mar­chan­di­ses devai­ent être imma­tri­culés auprès d’une socié­té de chem­ins de fer publics et être entre­te­nus par celle-ci a ainsi été aboli. En revan­che, les con­di­ti­ons d’utilisation des wagons de mar­chan­di­ses entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret et les déten­teurs de wagons ont fait l’objet d’une uni­for­mi­sa­ti­on inter­na­tio­na­le sur la base de la COTIF – con­nue sous l’appellation «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons (CUU)». La COTIV et le CUU pré­voi­ent un régime de res-ponsa­bi­li­té plus strict que ne le sou­hai­terait l’OFT, à en juger ses réser­ves sur les solu­ti­ons de bran­che uni­for­mi­sées au niveau inter­na­tio­nal. Mau­vai­se sur­pri­se pour les déten­teurs de wagons au moment où ils ont dû reprend­re et assu­mer l’entière responsa­bi­li­té pour l’entretien de leurs wagons: les CFF leur ont remis une docu­men­ta­ti­on extrê­me­ment indi­gen­te sur l’état et les acti­vi­tés de main­te-nance effec­tuées sur leurs wagons par CFF Cargo jusqu’à la rési­lia­ti­on des cont­rats d’immatriculation. Depuis lors, les déten­teurs sont eux-mêmes respons­ables de leurs wagons de mar­chan­di­ses et ont mis de l’ordre dans les char­ges du passé repri­ses des CFF.

Les déten­teurs de wagons sont respons­ables des défauts de leurs wagons
Par son com­men­tai­re au jour­nal télé­vi­sé de la SRF, le porte-paro­le de l’OFT a lais­sé entendre que les ent­re­pri­ses pri­vées de trans­port fer­ro­vi­ai­re ou les déten­teurs de wagons de mar­chan­di­ses n’avaient pas à répond­re des dom­mages cau­sés par les acci­dents. Ce n’est pas vrai. Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et déten­teurs de wagons euro­pé­ens et suis­ses engagent leur responsa­bi­li­té depuis la créa­ti­on en 2006 du CUU, lequel a été ren­for­cé en 2017. Aujourd’hui, les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re doi­vent en prin­ci­pe répond­re des dom­mages en cas d’accident impli­quant des trains de mar­chan­di­ses sur le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se, indé­pen­dam­ment de toute faute de leur part (responsa­bi­li­té objec­ti­ve aggra­vée). Si le dom­mage a été causé par des défauts affec­tant un wagon de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à un tiers, la faute du déten­teur du wagon con­cer­né est con-trac­tu­el­le­ment pré­su­mée. L’opérateur de fret fer­ro­vi­ai­re con­cer­né peut exer­cer une action récur­soi­re cont­re le déten­teur du wagon. Celui-ci ne peut s’exonérer de sa responsa­bi­li­té envers l’opérateur de fret fer­ro­vi­ai­re que s’il peut prou­ver l’absence de faute (ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve). Pour en savoir plus, con­sul­tez notre artic­le de blog «Tun­nel de base du Saint-Got­hard (#3): Les dis-posi­ti­ons en vigueur en matiè­re de responsa­bi­li­té civi­le sont suf­fi­san­tes».

Le Con­seil fédé­ral n’a pas pro­po­sé de modi­fier le droit
Chris­toph Lei­si­bach, réd­ac­teur à la SRF, a indi­qué qu’aux ter­mes d’un rap­port, le Con­seil fédé­ral aurait pro­po­sé d’apporter des modi­fi­ca­ti­ons au droit de la responsa­bi­li­té, par exemp­le, de ren­forcer la responsa­bi­li­té des déten­teurs de wagons. Cette affir­ma­ti­on est fausse. Le Con­seil fédé­ral a cer­tes pré­sen­té des opti­ons dans son rap­port de l’OFT du 21 juin 2023 en répon­se au pos­tu­lat 20.4259 inti­tulé «Vue d’ensemble de la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port de mar­chan­di­ses par rail», mais il a expli­ci­te­ment renon­cé à une modi­fi­ca­ti­on des dispositions.

Les dis­po­si­ti­ons con­trac­tu­el­les sont publi­ques
La SRF-Tages­schau a inter­ro­gé le pro­fes­seur Fré­dé­ric Kraus­kopf en tant qu’expert. À la ques­ti­on de savoir si CFF Cargo pou­vait recour­ir à une (co)responsabilité du déten­teur du wagon de mar­chan-dises endom­ma­gé, M. Kraus­kopf a ren­voyé au cont­rat entre les deux par­ties. Il s’agit du CUU, men-tionné pré­cé­dem­ment. Ce cont­rat étant publié, il est donc éga­le­ment acces­si­ble aux pro­fes­seurs et aux chaî­nes de télé­vi­si­on publi­ques. CFF Cargo a approu­vé le CUU à l’unanimité avec tou­tes les aut­res ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res natio­na­les en Europe.

Assu­mer ses responsa­bi­li­tés sur la base du rap­port SESE
À la VAP, nous nous pen­chons de maniè­re inten­si­ve sur la ques­ti­on des responsa­bi­li­tés et de leur éten­dues suite à l’accident de train de mar­chan­di­ses sur­venu le 10 août 2023. Pour appor­ter des répon­ses pré­ci­s­es en temps utile à ces ques­ti­ons, il faut attendre le dépôt du rap­port du SESE.

Le régime de responsa­bi­li­té actuel est éco­no­mi­quement équi­li­bré
Les déten­teurs de wagons doi­vent veil­ler à ce que leurs wagons soi­ent homo­lo­gués et entre­te­nus con­for­mé­ment aux dis­po­si­ti­ons légis­la­ti­ves et règle­men­tai­res et aux nor­mes en vigueur. C’est en comp­tant sur le respect de ces obli­ga­ti­ons par le déten­teur du wagon que les ent­re­pri­ses de trans-port de fret fer­ro­vi­ai­re pren­nent en char­ge les wagons. Ils effec­tu­ent tous les con­trô­les néces­saires afin que le train puis­se cir­cu­ler en toute sécu­ri­té. Les déten­teurs de wagons n’ont aucu­ne influence sur la pré­pa­ra­ti­on et le départ des trains. Les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re déci­dent de maniè­re auto­no­me de la natu­re et des moda­li­tés de ces con­trô­les, puisqu’ils sont éga­le­ment les seuls respons­ables de la sécu­ri­té de l’exploitation d’un train. Il est par con­sé­quent rai­sonnable, d’un point de vue éco­no­mi­que, que les ent­re­pri­ses de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re assu­ment à titre prin­ci-pal la responsa­bi­li­té des con­trô­les effec­tués avant le départ des trains et des con­sé­quen­ces éven-tuel­les. Si un défaut du wagon s’avère après coup être la cause du dom­mage (par exemp­le un bris de roue), le déten­teur du wagon enga­ge sa responsa­bi­li­té à l’égard de l’entreprise de trans­port de fret fer­ro­vi­ai­re au titre des dom­mages occa­si­onnés, à moins qu’il ne puis­se prou­ver qu’il n’est pas responsable du défaut (ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve). C’est exac­te­ment le même régime de responsa­bi­li­té que celui existant aujourd’hui en matiè­re de trans­port rou­tier entre le déten­teur du véhi­cu­le trac­teur et le déten­teur de la semi-remor­que ou de la remorque.

Réflé­chir aux effets per­vers des modi­fi­ca­ti­ons légis­la­ti­ves
Un ren­force­ment des dis­po­si­ti­ons, déjà fort détail­lées, en matiè­re de responsa­bi­li­té, n’accroîtra pas la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et ne fera pas cir­cu­ler le moind­re train de mar­chan-dises sup­p­lé­men­tai­re. Au con­trai­re. Tout chan­ge­ment appor­té aux règles en matiè­re de responsa­bi­li-té a des réper­cus­sions sur l’économie de mar­ché, ce qui peut par exemp­le se tra­dui­re par des majo-rati­ons de prix de loca­ti­on des wagons de mar­chan­di­ses et, sur­tout, des com­pli­ca­ti­ons et char­ges accrues pour les trans­ferts de wagons d’un domaine de responsa­bi­li­té à l’autre. L’accès à un pool de 550 000 wagons de mar­chan­di­ses issus de toute l’Europe et garan­ti par le CUU, pour­rait être brus-quement rest­reint en Suis­se suite à une modi­fi­ca­ti­on uni­la­té­ra­le incon­sidé­rée de la loi, ce qui porte-rait pré­ju­di­ce à l’environnement et nui­rait à la place éco­no­mi­que suisse.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#4): composants critiques pour la sécurité des wa-gons de marchandises

Tunnel de base du Saint-Gothard (#4): composants critiques pour la sécurité des wa-gons de marchandises

Les infor­ma­ti­ons offi­ci­el­les publiées sur le dérail­le­ment du train de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard font état du bris d’un dis­que de roue sur un wagon de mar­chan­di­ses qui a déraillé. Une sol­li­ci­ta­ti­on exces­si­ve ou un défaut de maté­ri­au sont des cau­ses pos­si­bles de la défail­lan­ce. Ce qui s’est réel­le­ment passé résul­te­ra de l’enquête en cours du Ser­vice d’enquête suis­se sur les acci­dents (SESE).

Les enjeux:

  • Com­ment sont fabri­qués les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécurité?
  • Com­ment sont-ils auto­ri­sés et mis en service?
  • Com­ment sont-ils entretenus?
  • Quel­le est l’importance de la sur­veil­lan­ce au quotidien?
  • Quel­les sont les pos­si­bi­li­tés de sur­veil­lan­ce disponibles?
  • Des règles uni­for­mes per­met­tent une inter­ac­tion sûre entre les acteurs
  • La per­spec­ti­ve du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)

Com­ment sont fabri­qués les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té?
Les com­po­sants per­tin­ents pour la sécu­ri­té et les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té, tels que les essieux, sont con­çus de maniè­re à rem­plir leur fon­c­tion pen­dant la durée d’utilisation pré­vue dans les con­di­ti­ons de ser­vice et d’utilisation pré­do­mi­nan­tes, garan­tis­sant ainsi une cir­cu­la­ti­on sûre. À cette fin, les ent­re­pri­ses pro­duc­tri­ces appli­quent des nor­mes recon­nues au niveau international:

  • Les spé­ci­fi­ca­ti­ons tech­ni­ques d’interopérabilité (STI) défi­nis­sent les exi­gen­ces essentielles.
  • Les nor­mes euro­pé­en­nes (EN) défi­nis­sent les pro­prié­tés spécifiques.
  • Pour le déve­lo­p­pe­ment et les essais, les fabri­cants uti­li­sent des métho­des de sécu­ri­té har­mo­ni­sées et normalisées.
  • Des rap­ports de sécu­ri­té et des exper­ti­ses nor­ma­li­sés docu­men­tent la sécu­ri­té et l’aptitude.

Le déve­lo­p­pe­ment des nor­mes et des STI est con­stam­ment enri­chi par l’expérience inter­na­tio-nale acqui­se lors d’incidents et d’accidents.

Com­ment sont-ils auto­ri­sés et mis en ser­vice?
La mise sur le mar­ché de com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té requiert l’autorisation inter­na-tio­na­le­ment uni­for­me de l’Agence de l’Union euro­pé­en­ne pour les chem­ins de fer (ERA) ou d’une auto­ri­té natio­na­le de sécu­ri­té. Les auto­ri­sa­ti­ons sont les suivantes:

  • Homo­lo­ga­ti­ons de série pour les com­po­sants ou les véhicules
  • Atte­sta­ti­ons de con­for­mi­té pour les com­po­sants de série ou de véhi­cu­les identiques
  • Mar­quage CE (Con­for­mi­té Euro­pé­en­ne) pour un com­po­sant con­for­me aux direc­ti­ves euro­pé­en­nes en vigueur
  • Auto­ri­sa­ti­on d’exploiter pour un véhi­cu­le con­for­me aux règles

L’attestation cer­ti­fi­ant que les com­po­sants ont été con­struits con­for­mé­ment aux exi­gen­ces des nor­mes et des STI est déli­v­rée par des «ser­vices men­ti­onnés», c’est-à-dire des orga­nis­mes auto­ri­sés par l’État. Ceux-ci con­trô­lent et éva­lu­ent la con­for­mi­té des pro­duits fabri­qués aux règles prescrites.

Com­ment sont-ils entre­te­nus?
Le fabri­cant est tenu de défi­nir et de publier les con­si­gnes de main­ten­an­ce à appli­quer pour tous les com­po­sants ou véhi­cu­les. Les déten­teurs de wagons sont tenus d’appliquer ces con-signes du fabri­cant en fon­c­tion des con­di­ti­ons d’utilisation. Ils désign­ent des enti­tés de main­te-nance cer­ti­fiées (Enti­ty in Char­ge of Main­ten­an­ce, ECM) pour leur maté­ri­el rou­lant. Ces enti­tés éla­bo­rent les con­si­gnes de main­ten­an­ce des véhi­cu­les qui leur sont attri­bués, en ten­ant comp­te de leurs pro­pres con­nais­sances et de cel­les du sec­teur. Elles pla­ni­fi­ent en outre des travaux péri­odi­ques, les exé­cu­tent et docu­men­tent leurs résul­tats. Tout véhi­cu­le ayant fait l’objet d’une auto­ri­sa­ti­on d’exploiter doit être inscrit dans un regist­re offi­ci­el des véhi­cu­les, avec men­ti­on du déten­teur du véhi­cu­le et de l’ECM.

Quel­le est l’importance de la sur­veil­lan­ce au quo­ti­di­en?
Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables de la sécu­ri­té de la cir­cu­la-tion, de la pré­pa­ra­ti­on des trains, du trai­te­ment des trains et d’autres aspects de la sécu­ri­té de leurs trains. Elles défi­nis­sent les con­trô­les et les tests qui garan­tis­sent que chaque départ puis­se se dérou­ler en toute sécu­ri­té. Pour con­stater cette apti­tu­de au fon­c­tion­ne­ment, du per-son­nel qua­li­fié effec­tue sur site des con­trô­les visuels défi­nis avant le départ. Ce tra­vail, qui se déroule à n’importe quel­le heure et par tous les temps, est extrê­me­ment exi­geant. Une atten­ti­on par­ti­cu­liè­re est éga­le­ment accor­dée aux com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té dans le cadre du trai­te­ment des trains et des con­trô­les et tests qui y sont liés.

Quel­les sont les pos­si­bi­li­tés de sur­veil­lan­ce dis­po­nibles?
Les déten­teurs de wagons sont respons­ables du bon ent­re­ti­en de leurs véhi­cu­les. Les compo-sants per­tin­ents pour la sécu­ri­té et les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té sont con­trôlés péri­odi­quement, par exemp­le au moyen de mesu­res par ultra­sons. Les com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té sont non seu­le­ment sou­mis à des con­trô­les stricts, mais éga­le­ment à des obli-gati­ons par­ti­cu­liè­res en matiè­re de mar­quage, de main­ten­an­ce et de tra­ça­bi­li­té des mesu­res. Les ETF peu­vent deman­der au déten­teur du wagon des infor­ma­ti­ons spé­ci­fi­ques au véhi­cu­le.
Sur le réseau suis­se à voie nor­ma­le, les explo­itants d’infrastructure exploi­tent aujourd’hui plus de 250 dis­po­si­tifs de con­trô­le des trains. Ils sur­veil­lent chaque véhi­cu­le qui passe pour détec­ter des irré­gu­la­ri­tés et peu­vent déclen­cher une alar­me en cas d’écart non auto­ri­sé. Dans ce cas, le train con­cer­né est immé­dia­te­ment arrêté et contrôlé.

Des règles uni­for­mes per­met­tent une inter­ac­tion sûre entre les acteurs
Dans l’exploitation fer­ro­vi­ai­re, dif­fé­ren­tes ent­re­pri­ses agis­sent de con­cert. Chaque acteur doit ainsi pou­voir comp­ter sur la fia­bi­li­té de l’autre dans leur inter­face. Leurs domain­es d’activité et leurs responsa­bi­li­tés sont clai­re­ment défi­nis et uni­for­mi­sés à l’échelle inter­na­tio­na­le. Des règles har­mo­ni­sées en matiè­re de fabri­ca­ti­on, d’exploitation et d’entretien garan­tis­sent la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re (vous en app­rend­rez davan­ta­ge sur le régu­la­teur de la coopé­ra­ti­on inter-natio­na­le pro­chai­ne­ment sur ce blog).

La per­spec­ti­ve du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC)
Outre la mise en œuvre des direc­ti­ves en vigueur par chaque acteur impli­qué dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re, les nou­vel­les tech­no­lo­gies occup­ent désor­mais une place cen­tra­le. L’automatisation et la digi­ta­li­sa­ti­on ne per­met­tent pas seu­le­ment de con­ce­voir des pro­ces­sus d’exploitation plus effi­caces, mais elles offrent éga­le­ment de nou­vel­les pos­si­bi­li­tés en matiè­re de sur­veil­lan­ce opé-rati­on­nel­le des com­po­sants per­tin­ents pour la sécu­ri­té et des com­po­sants cri­ti­ques pour la sécu­ri­té des trains de mar­chan­di­ses. Le rele­vé numé­ri­que per­ma­nent de l’état de ces compo-sants four­nit aux respons­ables un atout inté­res­sant. Le suivi numé­ri­que des pro­ces­sus d’usure et de vieil­lis­se­ment de chaque véhi­cu­le per­met de pla­ni­fier l’entretien de maniè­re effi­ci­en­te en fon­c­tion des beso­ins. Les com­po­sants défec­tueux peu­vent être iden­ti­fiés et rem­pla­cés en amont d’une défail­lan­ce tota­le. La sur­ven­an­ce inat­ten­due d’une défail­lan­ce d’un com­po­sant en cours de tra­jet peut déclen­cher immé­dia­te­ment une alarme.

Pour mett­re à pro­fit cette inno­va­ti­on dans le trans­port de mar­chan­di­ses, les wagons de mar-chan­di­ses doi­vent être équi­pés de cap­teurs, ali­men­tés en éner­gie élec­tri­que et ils doi­vent être capa­bles de com­mu­ni­quer des don­nées avec le con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, les sys­tè­mes des déten­teurs de wagons et l’ECM. Ces con­di­ti­ons sont cré­ées par l’introduction, pré­vue dans toute l’Europe, du DAC (cf. blog­post «Éco­sys­tè­mes de don­nées: par­ta­ger les don­nées pour dou­bler leur plus-value»). L’automatisation et la digi­ta­li­sa­ti­on trans­for­ment ainsi le trans­port tra-diti­onnel en un trans­port intel­li­gent, effi­cace, rési­li­ent et sûr.

Tunnel de base du Saint-Gothard (#3): les dispositions en vigueur en matière de responsabilité civile sont suffisantes

Tunnel de base du Saint-Gothard (#3): les dispositions en vigueur en matière de responsabilité civile sont suffisantes

L’accident de train de mar­chan­di­ses sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard a sou­le­vé des ques­ti­ons de responsa­bi­li­té que le Con­seil fédé­ral avait de toute façon mises à l’ordre du jour. Lors de sa séan­ce du 21 juin 2023, il a adop­té un rap­port sur les opti­ons d’action visa­nt à ren­for-cer les dis­po­si­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan-dises. Dans cet artic­le de blog, vous décou­vr­i­rez à quoi elles res­sem­blent et ce que nous en pen-sons. 

Les enjeux:

  • Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
  • Le Con­seil fédé­ral pro­po­se quat­re opti­ons d’action pré­sen­tant chacu­ne des avan­ta­ges et des inconvénients
  • Nous som­mes pour notre part d’avis que les responsa­bi­li­tés et les con­trô­les sont suffi-sam­ment réglementés
  • Les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés, même en l’absence de nou­vel­les dispositions

Les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) sont respons­ables indé­pen­dam­ment de leur faute
Actu­el­le­ment, les ETF doi­vent en prin­ci­pe assu­mer les dom­mages en cas d’accidents impli­quant des trains de mar­chan­di­ses sur le réseau fer­ro­vi­ai­re suis­se, indé­pen­dam­ment de toute faute de leur part. On parle de «responsa­bi­li­té objec­ti­ve». Il n’en est pas ainsi lors­que le dom­mage a été causé par des défauts sur un wagon de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à un tiers. Dans ce cas, la faute du déten­teur du wagon con­cer­né est con­trac­tu­el­le­ment pré­su­mée. Le déten­teur ne peut s’exonérer de cette responsa­bi­li­té que s’il peut prou­ver l’absence de faute. En jar­gon juri­di­que, cela s’appelle «ren­ver­se­ment de la char­ge de la preuve».

Le Con­seil fédé­ral pro­po­se quat­re opti­ons d’action pré­sen­tant chacu­ne des avan­ta­ges et des incon­vé­ni­ents
Le Con­seil fédé­ral donne suite au pos­tu­lat 20.4259 dans son rap­port du 21 juin 2023 inti­tulé «Vue d’en­sem­ble rela­ti­ve à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses». C’est l’aboutissement de la moti­on 20.3084
«Cla­ri­fier les règles rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té civi­le dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan-dise» de Fré­dé­ric Bor­loz (voir artic­le du blog de la VAP «Moti­on Bor­loz»). Dans le cadre de sa vue d’ensemble, le Con­seil fédé­ral pré­sen­te au Par­le­ment quat­re opti­ons d’action:

  1. Étendre la responsa­bi­li­té pour ris­que des ETF aux cas où le sinist­re n’est pas causé par le ris­que carac­té­ris­tique de l’exploitation fer­ro­vi­ai­re. Cette mesu­re s’accompagnerait d’une aug­men­ta­ti­on de la somme mini­ma­le assu­rée par les ETF.
  2. Obli­ger les ETF à sou­scr­i­re une assu­rance responsa­bi­li­té civi­le suf­fi­san­te, couvrant éga-lement les dom­mages cau­sés par les trans­ports de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses. Dans cette hypo­thè­se, ni la responsa­bi­li­té pour ris­que des ETF ni celle des déten­teurs de véhi-cules ne serai­ent étendues.
  3. Intro­dui­re une responsa­bi­li­té objec­ti­ve des déten­teurs de wagons pour les dom­mages dont il est prou­vé qu’ils ont été cau­sés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par leurs véhi­cu­les ou leur char­ge­ment, par exemp­le en cas de fuite de mar­chan­di­ses dan­ge­reu­ses d’un wagon en sta­ti­on­ne­ment. Les déten­teurs de wagons serai­ent ainsi tenus de sou­scr­i­re une assu-rance responsa­bi­li­té civi­le suf­fi­san­te à cet effet.
  4. Main­te­nir les dis­po­si­ti­ons existantes.

Le Con­seil fédé­ral souli­gne que chaque opti­on pré­sen­te des avan­ta­ges et des incon­vé­ni­ents. De son point de vue, il n’y a aucu­ne néces­si­té impé­rieu­se de légifé­rer à ce sujet. Il se mont­re cepen-dant dis­po­sé à appro­fon­dir cer­tai­nes vari­an­tes à la deman­de du Parlement.

Nous som­mes pour notre part d’avis que les responsa­bi­li­tés et les con­trô­les sont suffi-sam­ment régle­men­tés
En tant qu’association des char­geurs, nous som­mes d’avis que les responsa­bi­li­tés et les con-trô­les sont déjà clai­re­ment régis par le droit inter­na­tio­nal et les cont­rats inter­na­ti­on­aux. Les dispo-siti­ons inter­na­tio­na­les de trans­port, con­nues sous l’appellation de «Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons (CUU)», entre plus de 750 ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res et les déten­teurs de wagons rem-plis­sent déjà, dans leur ver­si­on actua­li­sée de 2017, les con­di­ti­ons de ren­force­ment de la respon-sabi­li­té à la char­ge des déten­teurs de wagons, résul­tant de l’option 3 pré­sen­tée par le Con­seil fé-déral. Le CUU pré­voit que les déten­teurs de wagons sont respons­ables des défauts de leurs wa-gons, sauf s’ils peu­vent prou­ver l’absence de faute.

Les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés, même en l’absence de nou­vel­les dis­po­si­ti­ons
Sous le régime de responsa­bi­li­té actu­el­le­ment en vigueur, les déten­teurs de wagons qui sont mem­bres de notre asso­cia­ti­on dis­po­sent de lar­ges cou­ver­tures d’assurance, car ils sont respon-sables de l’entretien de leurs wagons. L’introduction d’une obli­ga­ti­on léga­le sup­p­lé­men­tai­re d’assurance ou l’instauration d’une responsa­bi­li­té pour ris­que pour les wagons de mar­chan­di­ses cir­cu­lant en Suis­se ent­ra­ver­ait mas­si­ve­ment la libre uti­li­sa­ti­on des wagons de mar­chan­di­ses étran­gers (qu’ils soi­ent pri­vés ou appar­ten­ant à des ETF). Une telle mesu­re ent­raî­nerait une perte con­sidé­ra­ble de fle­xi­bi­li­té dans le trans­port inter­na­tio­nal de mar­chan­di­ses, tant dans l’import/export que, notam­ment, dans le tra­fic en tran­sit. Nous con­tin­ue­rons à sui­v­re de près cette ques­ti­on et à rend­re comp­te des der­niers développements.

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