CFF Cargo entend réo­ri­en­ter le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à par­tir de décembre 2026 au moyen d’un nou­veau modè­le de pro­duc­tion. La VAP salue l’engagement en faveur du tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais deman­de une mise en œuvre trans­pa­ren­te et com­pa­ti­ble avec les beso­ins de la bran­che. Il est essentiel que les char­geurs con­cer­nés puis­sent con­tin­uer à uti­li­ser des solu­ti­ons fer­ro­vi­ai­res fia­bles et éco­no­mi­quement viables.

CFF Cargo a com­mu­ni­qué aujourd’hui la maniè­re dont elle entend réo­ri­en­ter le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à par­tir de décembre 2026 au moyen d’un nou­veau modè­le de pro­duc­tion. L’Association des char­geurs (VAP) salue sur le prin­ci­pe le fait que CFF Cargo n’abandonne pas le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais sou­hai­te le main­te­nir et le ren­forcer éco­no­mi­quement en tant qu’élément important de l’approvisionnement en mar­chan­di­ses en Suis­se. Pour l’économie char­geu­se en par­ti­cu­lier, le tra­fic par wagons com­plets iso­lés reste un élé­ment cen­tral d’un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses per­for­mant, rési­li­ent et respec­tueux du climat.

La sup­pres­si­on de points de des­ser­te soulè­ve des questions
La réo­ri­en­ta­ti­on com­mu­ni­quée aujourd’hui soulè­ve tou­te­fois des ques­ti­ons essen­ti­el­les. CFF Cargo annon­ce notam­ment qu’elle ne des­ser­vi­ra plus à l’avenir envi­ron 50 des quel­que 280 points de des­ser­te actuels dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, tout en affir­mant pou­voir con­tin­uer à trans­por­ter 98% des volu­mes actuels. Du point de vue de la VAP, cette affir­ma­ti­on néces­si­te des expli­ca­ti­ons. Si des points de des­ser­te dis­pa­rais­sent, les char­geurs con­cer­nés se trou­vent con­crè­te­ment con­fron­tés à la ques­ti­on de savoir com­ment leurs tra­fics pour­ront con­tin­uer à être ache­mi­nés par le rail de maniè­re pra­ti­ca­ble, pla­ni­fia­ble et éco­no­mi­quement via­ble – ou si, dans les faits, un trans­fert vers la route menace.

Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est déjà sous pression
Les chif­fres mont­rent à quel point la situa­ti­on de départ est déjà exi­ge­an­te aujourd’hui. L’analyse pré­sen­tée par INFRAS lors du Forum Fret fer­ro­vi­ai­re 2026 mont­re que la pre­sta­ti­on de trans­port dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a reculé de 11% entre 2000 et 2025, tan­dis que la part du rail dans le trans­port ter­rest­re est pas­sée de 42% en 2000 à 37% en 2024. La pres­si­on est par­ti­cu­liè­re­ment forte dans le tra­fic par wagons com­plets, qui a reculé de 36% depuis 2008.

Les retours de la bran­che sont eux aussi clairs. Dans l’enquête menée par INFRAS sur man­dat de la VAP, la hausse des coûts et des prix est citée comme le prin­ci­pal défi pour le rail. Le trans­fert de responsa­bi­li­té vers les cli­ents et les coûts sup­p­lé­men­tai­res qui en décou­lent sont éga­le­ment très sou­vent men­ti­onnés comme une char­ge. De nombreu­ses ent­re­pri­ses s’attendent en outre à une nou­vel­le baisse du volu­me de trans­port par le rail à court ou moyen terme.

Des signaux con­tra­dic­toires de la part de CFF Cargo
Dans ce con­tex­te, il est con­tra­dic­toire que CFF Cargo veuille, d’une part, ren­forcer le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais dété­rio­re, d’autre part, les con­di­ti­ons-cad­res pour les char­geurs et les déten­teurs de wagons par dif­fé­ren­tes mesu­res. Il s’agit notam­ment du trans­fert de responsa­bi­li­té prévu vers les cli­ents, com­bi­né à la réduc­tion de l’offre de wagons de mar­chan­di­ses appar­ten­ant à CFF Cargo, ainsi que de la limi­ta­ti­on des points de des­ser­te. Qui­con­que veut ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne doit pas, dans le même temps, impo­ser aux char­geurs des ris­ques sup­p­lé­men­tai­res, des coûts plus éle­vés et une marge de manœu­vre réduite.

La VAP deman­de une mise en œuvre transparente
La VAP deman­de donc à CFF Cargo une mise en œuvre trans­pa­ren­te, ori­en­tée vers les cli­ents et com­pa­ti­ble avec les beso­ins de la bran­che de la réo­ri­en­ta­ti­on annon­cée. Ce qui est déter­mi­nant n’est pas seu­le­ment de savoir si, sta­tis­ti­quement, 98% des volu­mes actuels peu­vent être main­te­nus, mais aussi si les ent­re­pri­ses con­cer­nées pour­ront con­tin­uer à ache­mi­ner leurs tra­fics con­crets par le rail de maniè­re fia­ble, éco­no­mi­quement via­ble et sans obs­ta­cles supplémentaires.

Du point de vue de la VAP, il faut donc:

  • une com­mu­ni­ca­ti­on trans­pa­ren­te sur les alter­na­ti­ves fer­ro­vi­ai­res con­crè­tes dont dis­po­sent les char­geurs con­cer­nés par la fer­me­tu­re de points de desserte;
  • des solu­ti­ons réa­lis­tes pour les petits et moy­ens char­geurs, qui ne peu­vent pas sim­ple­ment se rab­att­re sur des trains complets;
  • un renon­ce­ment immé­di­at à des char­ges supplémentaires.

La Suis­se s’est clai­re­ment enga­gée sur le plan poli­tique en faveur du ren­force­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour que cet objec­tif pro­dui­se ses effets, l’offre, la qua­li­té, le prix et la fia­bi­li­té doi­vent aller de pair. La réo­ri­en­ta­ti­on du tra­fic par wagons com­plets iso­lés ne doit donc pas ent­raî­ner un recul du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses tel que les char­geurs con­cer­nés ne puis­sent plus uti­li­ser de solu­ti­ons fer­ro­vi­ai­res fia­bles et éco­no­mi­quement viables.

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