Le Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral a annulé les mesu­res de sécu­ri­té pour les wagons de mar­chan­di­ses ordon­nées par l’Office fédé­ral des trans­ports. Pour l’Association des char­geurs (VAP), cette décis­i­on con­fir­me les cri­ti­ques for­mulées à l’encontre de démar­ches natio­na­les uni­la­té­ra­les dans un mar­ché inté­g­ré à l’échelle euro­pé­en­ne tel que celui du fret fer­ro­vi­ai­re. Il s’agit désor­mais de mett­re en œuvre les mesu­res éla­bo­rées au niveau euro­pé­en de maniè­re prag­ma­tique et en ten­ant comp­te des capa­ci­tés dis­po­nibles pour leur mise en œuvre.

Le 21 août 2026, le Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral a annon­cé qu’il avait annulé les mesu­res de sécu­ri­té pour les wagons de mar­chan­di­ses ordon­nées en 2025 par l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT). La VAP salue cette décis­i­on, qui fait suite à un recours dépo­sé par plu­s­ieurs déten­teurs de wagons. Parmi les prin­ci­paux points cri­ti­qués par ces der­niers figu­rai­ent l’absence de preu­ves suf­fi­san­tes et d’analyse des con­sé­quen­ces des mesu­res de l’OFT, ainsi qu’un délai de mise en œuvre trop rest­ric­tif. Mais les déten­teurs de wagons, tout comme la VAP, ont sur­tout cri­ti­qué la démar­che uni­la­té­ra­le de l’OFT dans un mar­ché for­te­ment inté­g­ré à l’échelle euro­pé­en­ne tel que celui du fret fer­ro­vi­ai­re. Le Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral con­fir­me désor­mais éga­le­ment cette cri­tique en annu­lant les mesu­res ordon­nées par l’OFT le 11 sep­tembre 2025 et adap­tées à deux repri­ses depuis lors.

La démar­che de l’OFT illus­tre de maniè­re exem­plai­re les pro­blè­mes que peu­vent poser des initia­ti­ves natio­na­les uni­la­té­ra­les dans un mar­ché lar­ge­ment inté­g­ré à l’échelle euro­pé­en­ne tel que celui du fret fer­ro­vi­ai­re. Elles cré­ent une insé­cu­ri­té juri­di­que et un man­que de visi­bi­li­té pour les ent­re­pri­ses, nui­sent à la répu­ta­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re et peu­vent, en fin de comp­te, même avoir un impact néga­tif sur la sécu­ri­té au lieu de l’améliorer. En effet, la frag­men­ta­ti­on régle­men­tai­re génè­re de la com­ple­xi­té et de l’incertitude, tout en dilu­ant les responsa­bi­li­tés. L’argument de l’urgence invo­quée ne suf­fit pas non plus: une démar­che coor­don­née dès le départ à l’échelle euro­pé­en­ne aurait, rétro­s­pec­ti­ve­ment, per­mis d’atteindre l’objectif plus rapi­de­ment que la voie uni­la­té­ra­le choi­sie par l’OFT. Dès le début, cette ques­ti­on aurait donc dû être trai­tée au niveau euro­pé­en, sous l’égide de l’Agence de l’Union euro­pé­en­ne pour les chem­ins de fer (ERA).

Tout porte désor­mais à cro­i­re que l’OFT devra lui aussi reprend­re les mesu­res et les délais com­mu­ni­qués entre-temps par le Joint Net­work Secre­ta­ri­at (JNS) de l’ERA et renon­cer aux pre­scrip­ti­ons natio­na­les qui ont été annulées. Sans les mesu­res éla­bo­rées par­al­lè­le­ment par le JNS, la situa­ti­on serait aujourd’hui très incer­taine et l’ensemble du pro­ces­sus visa­nt à intro­dui­re de nou­vel­les pre­scrip­ti­ons dev­rait pra­ti­quement repar­tir de zéro.

Les déten­teurs euro­pé­ens de wagons ont par­ti­ci­pé à l’élaboration des mesu­res pro­po­sées par le JNS et sou­ti­en­nent leur mise en œuvre. Celle-ci a d’ailleurs déjà com­men­cé à l’échelle euro­pé­en­ne. Afin que les délais défi­nis soi­ent non seu­le­ment ambi­ti­eux, mais éga­le­ment réa­li­sables, il con­vi­ent désor­mais de tenir comp­te des capa­ci­tés de main­ten­an­ce et d’atelier dis­po­nibles en Euro­pe. Sur cette base, les délais de pré­pa­ra­ti­on doi­vent être con­fir­més con­join­te­ment dans le cadre de la pro­cé­du­re du JNS ou, le cas éché­ant, adap­tés. La prio­ri­té abso­lue doit désor­mais être de défi­nir une voie prag­ma­tique et réa­li­sable. Il faut espé­rer que l’OFT s’orientera éga­le­ment, sur ce point, sur l’approche euro­pé­en­ne du JNS.

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