Avec les Bila­té­ra­les III, l’accord sur les trans­ports ter­res­tres est éga­le­ment déve­lo­p­pé. Qu’est-ce que cela signi­fie pour le fret fer­ro­vi­ai­re? Des élé­ments cen­traux ont pu être pré­ser­vés, tout en lais­sant sub­sis­ter des beso­ins d’action dans cer­ta­ins domain­es. Il s’agit désor­mais d’exploiter de maniè­re ciblée les mar­ges de manœu­vre restan­tes dans la mise en œuvre en Suisse.

Les accords bila­té­raux con­sti­tu­ent le fon­de­ment des rela­ti­ons éco­no­mi­ques entre la Suis­se et l’Union euro­pé­en­ne. Avec les Bila­té­ra­les III, cette appro­che est déve­lo­p­pée et com­plé­tée par un nou­veau cadre insti­tu­ti­on­nel visa­nt à sta­bi­li­ser les accords existants et à garan­tir leur évo­lu­ti­on. Cette évo­lu­ti­on con­cer­ne éga­le­ment l’accord sur les trans­ports ter­res­tres, qui con­sti­tue la base du tra­fic trans­fron­ta­lier par rail et par route.

Le fret fer­ro­vi­ai­re (FF) est enco­re plus que le tra­fic voy­a­ge­urs orga­ni­sé à l’échelle trans­fron­ta­liè­re et inté­g­ré dans un mar­ché euro­pé­en. Un cadre régle­men­tai­re sta­ble et fia­ble dans les rela­ti­ons avec l’UE est donc une con­di­ti­on indis­pensable au bon fon­c­tion­ne­ment du FF. Les mesu­res uni­la­té­ra­les ne met­tent pas seu­le­ment en péril l’interopérabilité, elles affai­blis­sent éga­le­ment le niveau de sécu­ri­té en cré­ant des inter­faces sup­p­lé­men­tai­res. Dans ce con­tex­te, les résul­tats des négo­cia­ti­ons entre la Suis­se et l’UE dans le domaine de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres sont glo­ba­le­ment posi­tifs du point de vue de la VAP. Dans plu­s­ieurs domain­es cen­traux, des résul­tats importants ont pu être obte­nus en faveur du FF.

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se reste glo­ba­le­ment intact
Les acquis essentiels du sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se sont pré­ser­vés. Ainsi, la prim­au­té du cadence­ment suis­se a pu être garan­tie, ce qui per­met de con­tin­uer à attri­buer les capa­ci­tés de maniè­re coor­don­née dans le sys­tème existant. Il est en outre garan­ti que les trains nati­on­aux de mar­chan­di­ses et de voy­a­ge­urs con­ser­vent leur prio­ri­té. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment important dans le con­tex­te du déve­lo­p­pe­ment du tra­fic inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs, afin d’éviter que les tra­fics existants ne soi­ent évin­cés ou relé­gués au second plan. Tout comme le tra­fic voy­a­ge­urs, le fret fer­ro­vi­ai­re dépend de sil­lons fia­bles et pla­ni­fia­bles, d’autant plus que le tra­fic voy­a­ge­urs est déjà prio­ri­taire en Suisse.

Poli­tique de trans­fert maintenue
Du point de vue du rail, il est éga­le­ment posi­tif que des élé­ments cen­traux de la poli­tique suis­se de trans­fert aient pu être pré­ser­vés. La RPLP (rede­van­ce sur le tra­fic des poids lourds liée aux pre­sta­ti­ons) demeu­re ainsi un instru­ment de pilo­ta­ge cen­tral. L’interdiction de cir­cu­ler la nuit et le diman­che pour les poids lourds ainsi que l’interdiction du cabo­ta­ge sont éga­le­ment main­te­nues. Cette der­niè­re empê­che une inten­si­fi­ca­ti­on de la con­cur­rence sur la route et donc une pres­si­on accrue sur les prix au détri­ment du fret fer­ro­vi­ai­re. Avec le main­ti­en de la limi­te des 40 ton­nes pour les poids lourds, les con­di­ti­ons d’une poli­tique de trans­fert effi­cace et d’une con­cur­rence équi­li­brée entre rail et route restent glo­ba­le­ment réunies. Il con­vi­ent tou­te­fois de rele­ver que les objec­tifs de trans­fert n’ont une nou­vel­le fois pas été att­eints en 2024. Il est donc d’autant plus important de pré­ser­ver ces con­di­ti­ons afin de pou­voir relan­cer la poli­tique de trans­fert à l’avenir.

Régime d’aides d’État: le sou­ti­en reste pos­si­ble, mais davan­ta­ge encadré
Avec les Bila­té­ra­les III, un régime d’aides d’État est intro­duit, ce qui impli­que un con­trô­le accru des sou­ti­ens publics. Les instru­ments de sou­ti­en essentiels pour le fret fer­ro­vi­ai­re – notam­ment les con­tri­bu­ti­ons d’investissement dans les instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment ainsi que les con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment dans le trans­port com­bi­né – restent pos­si­bles. Leur con­cep­ti­on con­crè­te et leur mise en œuvre seront tou­te­fois sou­mi­ses à des exi­gen­ces sup­p­lé­men­tai­res. Il est essentiel que ces instru­ments puis­sent con­tin­uer à être uti­li­sés de maniè­re praticable.

Les capa­ci­tés rési­du­el­les de sil­lons doi­vent être garanties
Le fret fer­ro­vi­ai­re est déjà aujourd’hui for­te­ment sous pres­si­on en ter­mes de capa­ci­tés. La VAP cri­tique dès lors la prio­ri­té accor­dée au tra­fic inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs dans l’attribution des capa­ci­tés rési­du­el­les de sil­lons pré­vue dans le cadre de la mise à jour de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres. Ces capa­ci­tés sont essen­ti­el­les pour les tra­fics fle­xi­bles et sup­p­lé­men­tai­res. La VAP deman­de donc que le pro­ces­sus d’attribution des sil­lons en Suis­se soit conçu de maniè­re à garan­tir à l’avenir des capa­ci­tés rési­du­el­les suf­fi­san­tes pour le fret fer­ro­vi­ai­re. Cela est d’autant plus important que des rest­ric­tions de capa­ci­té exis­tent actu­el­le­ment sur les lignes d’accès inter­na­tio­na­les en rai­son de travaux. Avec la levée de ces con­train­tes, la deman­de dev­rait à nou­veau aug­men­ter. Il est dès lors cru­cial que la Suis­se ne devi­en­ne pas elle-même un gou­let d’étranglement sur l’axe nord-sud en rai­son d’un man­que de sillons.

Il s’agit désor­mais d’exploiter les mar­ges de manœu­vre dans la mise en œuvre en Suisse
Les résul­tats des négo­cia­ti­ons pré­ser­vent des acquis essentiels pour le fret fer­ro­vi­ai­re. Il s’agit désor­mais d’utiliser de maniè­re ciblée les mar­ges de manœu­vre restan­tes dans la mise en œuvre en Suis­se – notam­ment en matiè­re d’attribution des sil­lons – afin de garan­tir la com­pé­ti­ti­vi­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Un fret fer­ro­vi­ai­re per­for­mant est une con­di­ti­on essen­ti­el­le à la com­pé­ti­ti­vi­té de la place éco­no­mi­que suisse.

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