La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Écosystèmes de données: le secteur participe à une table ronde avec le conseiller fédéral Rösti

Écosystèmes de données: le secteur participe à une table ronde avec le conseiller fédéral Rösti

Le 24 juin 2024, le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti a ras­sem­blé des repré­sen­tan­tes et repré­sen­tants des pou­voirs publics et du sec­teur de la logis­tique autour d’une table ronde afin de déb­att­re de l’importance d’une infra­struc­tu­re natio­na­le de don­nées desti­née aux éch­an­ges d’informations. À la VAP, cela fait déjà long­temps que nous fai­sons avan­cer la mise en réseau des don­nées au sein de notre sec­teur. Nous con­tin­ue­rons à jouer ce rôle de pionnier dans l’avenir.

Les enjeux:

  • Évè­ne­ments passés
  • Coup d’envoi d’un vaste dialogue
  • Mett­re l’avantage cli­ent au cent­re des préoccupations
  • Des étapes peti­tes, mais durables
  • La base d’un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses viable

 

Évènements passés

Le thème des éco­sys­tè­mes de don­nées figu­re depuis long­temps sur notre agen­da de poli­tique des trans­ports. Ainsi, nous nous impli­quons depuis des années pour la mise en place d’une pla­te­for­me judi­cieu­se et pour la mise en réseau des don­nées per­ti­nen­tes au sein de l’ensemble de la chaî­ne logis­tique et parmi ses acteurs. Nous avons décrit les avan­ta­ges d’une inté­gra­ti­on des don­nées et retra­cé les der­niers déve­lo­p­pe­ments. (cf. «Éco­sys­tè­mes de don­nées: par­ta­ger les don­nées pour dou­bler leur plus-value»», «Prêts à pas­ser au pro­chain niveau de digi­ta­li­sa­ti­on» et «Le tra­fic par wagons com­plets peut deve­nir com­pé­ti­tif»).

Au départ, seuls les déci­deurs et les enti­tés con­cer­nées par le tra­fic de voy­a­ge­urs avai­ent été invi­tés à par­ti­ci­per aux dis­cus­sions sur la loi fédé­ra­le con­cer­nant l’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (LiDMo) et sur l’infrastructure natio­na­le de mise en réseau des don­nées sur la mobi­li­té (NADIM). Nous nous réjouis­sons que, réa­gis­sant à notre sug­ges­ti­on, les respons­ables aient pris en comp­te les pré­oc­cu­pa­ti­ons du trans­port de mar­chan­di­ses et les beso­ins des char­geurs. Nous avons ainsi pu sou­te­nir l’administration publi­que en lui four­nis­sant des argu­ments et des cas d’application et inté­grer par la suite notre bran­che dans les éch­an­ges de points de vue.

Coup d’envoi d’un vaste dialogue

Le 24 juin 2024, le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti, chef du Dépar­te­ment fédé­ral de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC), a accu­eil­li à la table ronde des repré­sen­tan­tes et repré­sen­tants de l’administration publi­que et du sec­teur de la logis­tique. Étai­ent invi­tés des chefs et chef­fes de ser­vice ainsi que des repré­sen­tan­tes et repré­sen­tants du DETEC, du Par­le­ment, de nombreu­ses asso­cia­ti­ons et ent­re­pri­ses de divers domain­es du trans­port fer­ro­vi­ai­re et de l’ensemble du sec­teur de la logistique.

Albert Rösti vou­lait con­naît­re la posi­ti­on de notre sec­teur sur une infra­struc­tu­re de don­nées desti­née aux éch­an­ges d’informations et savoir quel rôle la Con­fé­dé­ra­ti­on dev­rait jouer. En nous invi­tant à cet ent­re­ti­en, il a donné à nos mem­bres et à nos asso­cia­ti­ons par­ten­aires l’occasion de par­ti­ci­per de maniè­re déter­mi­nan­te au déve­lo­p­pe­ment de la mise en réseau des don­nées. Les per­son­nes pré­sen­tes sont tom­bées d’accord sur la néces­si­té de créer une pla­te­for­me d’échange de don­nées pour une infra­struc­tu­re de don­nées sur la mobi­li­té (MODI) afin de faci­li­ter les solu­ti­ons logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les et les par­ten­ari­ats fle­xi­bles dans les réseaux tels que le tra­fic par wagons com­plets iso­lés. Cer­ta­ins ont émis des cri­ti­ques con­s­truc­ti­ves, qui ne remet­tent tou­te­fois pas fon­da­men­ta­le­ment en cause l’idée dans son ensemble.

La pré­si­dence de séan­ce a déter­mi­né comme base de dis­cus­sion cinq cas d’application con­sidé­rés selon dif­fé­ren­tes per­spec­ti­ves pour la pre­miè­re phase de la MODI. L’un des ces cas pré­sen­tait les atouts d’une meil­leu­re uti­li­sa­ti­on des capa­ci­tés fer­ro­vi­ai­res et de la trans­pa­rence des infor­ma­ti­ons de base et expli­quait dans quel­le mesu­re ces don­nées pou­vai­ent pro­fi­ter aux char­geurs et com­ment il était pos­si­ble de rédui­re les obs­ta­cles de départ.

Mettre l’avantage client au centre des préoccupations 

Nous som­mes d’avis qu’il faut éga­le­ment prend­re en comp­te les aspects qui ont des réper­cus­sions sur l’offre de ser­vices de fret. Les éco­sys­tè­mes de don­nées aident à ori­en­ter les chaî­nes logis­ti­ques mul­ti­mo­da­les vers les beso­ins des cli­ents et à géné­rer pour ceux-ci une plus-value. Cela passe par des appro­ches inno­van­tes au niveau de l’organisation et des coopé­ra­ti­ons entre les acteurs du mar­ché. Ce n’est qu’ainsi que l’on pour­ra rend­re le trans­port de mar­chan­di­ses plus dura­ble, plus com­pé­ti­tif et plus ori­en­té vers le cli­ent final.

Les infor­ma­ti­ons sur les flux de fret (tra­fic inté­ri­eur, tra­fic de com­mer­ce exté­ri­eur, tran­sit) dev­rai­ent être mises à la dis­po­si­ti­on de tou­tes les par­ties pren­an­tes dans de brefs délais et dans leur inté­gra­li­té, indé­pen­dam­ment des modes de trans­port. Cela per­met­trait aux respons­ables aux éche­lons fédé­ral, can­to­nal et com­mu­nal d’utiliser de maniè­re plus fle­xi­ble les élé­ments d’infrastructure tels que les capa­ci­tés du réseau ou les sur­faces de trans­bor­de­ment, de mieux les coor­don­ner, de les pla­ni­fier de maniè­re plus ciblée et le cas éché­ant de les redi­men­si­on­ner. Sach­ant que beau­coup des don­nées néces­saires se trou­vent à l’échelon fédé­ral ou sont coll­ec­tées pour le comp­te de celui-ci, l’administration publi­que doit à notre avis abso­lu­ment assu­mer une fon­c­tion cen­tra­le dans les efforts tels que la MODI et la NADIM. De plus, la mise en place de la CAD per­met de trans­fé­rer judi­cieu­se­ment les sources de don­nées nou­vel­le­ment valo­ri­sées dans le cadre de ces deux pro­jets dans cette infra­struc­tu­re de don­nées, qu’elles vien­dront compléter.

Des étapes petites, mais durables

Au cours des semain­es à venir, le DETEC prépa­re­ra un pro­jet à l’intention du Con­seil fédé­ral et du Par­le­ment et invi­te­ra à nou­veau le sec­teur à réflé­chir à ce pro­jet. Pour une pour­suite coor­don­née du pro­ces­sus, les élé­ments sui­vants nous sem­blent importants:

  • Res­ter prag­ma­tique pour mett­re à dis­po­si­ti­on des don­nées au niveau stra­té­gique et opé­ra­ti­on­nel dans une optique pra­tique et de maniè­re à géné­rer un avan­ta­ge maxi­mum pour les acteurs
  • Uti­li­ser les instru­ments existant en Suis­se et à l’étranger ainsi que des (sources de) don­nées bien préparées
  • L’économie et le sec­teur de la logis­tique dev­rai­ent impri­mer de maniè­re déter­mi­nan­te leur mar­que à ce pro­ces­sus; les tâches pos­si­bles pour les pha­ses con­cep­tu­el­les et opé­ra­ti­on­nel­les feront l’objet de débats au cours des pro­chains mois

À la VAP, nous nous mobi­li­se­rons dans l’objectif que nos mem­bres pro­fi­tent dès le départ d’une plus-value sub­stan­ti­el­le et que les beso­ins de notre sec­teur soi­ent cou­verts. C’est avec cet objec­tif ambi­ti­eux que nous posons déjà les pre­miers jalons en amont en trans­for­mant dans de brefs délais la base de don­nées inter­ne des rac­cor­dés pri­vés en un instru­ment moder­ne et recon­nu au niveau inter­na­tio­nal, tout en en actua­li­sant les con­te­nus. Nous som­mes pour ce faire en étroit cont­act avec nos col­lè­gues alle­mands et autri­chiens afin de réa­li­ser de nou­veaux progrès.

La base d’un transport ferroviaire de marchandises viable

Nous som­mes con­vain­cus que les pou­voirs publics et l’économie doi­vent con­tri­buer ensem­ble et dans la même mesu­re à la créa­ti­on d’un éco­sys­tème de don­nées pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re (de mar­chan­di­ses) et l’ensemble du sec­teur de la logis­tique. Un sys­tème de cette natu­re per­met une pla­ni­fi­ca­ti­on plus effi­cace et une ges­ti­on plus effi­ci­en­te et une uti­li­sa­ti­on enco­re plus ciblée des inves­tis­se­ments. Il con­sti­tue en outre la base de nou­veaux modè­les com­mer­ciaux, d’améliorations de l’offre et de par­ten­ari­ats entre four­nis­seurs et clients.

Un ajustement «modéré» du prix du sillon: une charge fatale pour le transport ferroviaire de marchandises

Un ajustement «modéré» du prix du sillon: une charge fatale pour le transport ferroviaire de marchandises

L’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) a annon­cé qu’il aug­m­en­ter­ait le prix du sil­lon dans les trans­ports fer­ro­vi­ai­res de 2,1 % à par­tir de 2025. Si cette mesu­re vise à rem­plir l’exigence léga­le de cou­ver­tu­re des coûts, elle fait tou­te­fois cour­ir le ris­que de faire peser un poids con­sidé­ra­ble sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et de mett­re en dan­ger le trans­fert du tra­fic sur le rail.

Les enjeux:

  • L’augmentation du prix du sil­lon est inacceptable
  • La crise éco­no­mi­que, la hausse des prix de l’énergie, la réces­si­on mon­dia­le aug­men­tent le prix du fret ferroviaire
  • Ce que nous pou­vons faire pour le trans­fert du tra­fic sur le rail

 

Nous avons sur cette ques­ti­on un avis clair: nous refu­sons une aug­men­ta­ti­on du prix du sil­lon dans le trans­port de mar­chan­di­ses. Dans le cas d’une aug­men­ta­ti­on de 2,1 %, il est du reste extrê­me­ment trom­peur de qua­li­fier l’ajustement de «modé­ré», car elle est sus­cep­ti­ble de débou­ch­er sur des con­sé­quen­ces fata­les et irré­ver­si­bles. Comp­te tenu des per­tes de tra­fic dans les trans­ports inté­ri­eur, d’importation, d’exportation et de tran­sit et des prix de sil­lon net­te­ment plus avan­ta­ge­ux à l’échelon euro­pé­en, une aug­men­ta­ti­on des prix est inacceptable.

Contexte économique et défis

L’économie euro­pé­en­ne est actu­el­le­ment en butte à une pro­fon­de crise qui se voit ren­for­cée par la pour­suite du con­flit en Ukrai­ne, la hausse des prix de l’énergie et la réces­si­on mon­dia­le, notam­ment en Chine. Ces fac­teurs se tra­dui­sent par un recul des éch­an­ges de mar­chan­di­ses et pèsent con­sidé­ra­blem­ent sur le sec­teur des transports.

Depuis la mi-2022, nous assis­tons ici en Euro­pe à un recul con­tinu des volu­mes des trans­ports dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. L’augmentation de 10 % en moy­enne de la trac­tion fer­ro­vi­ai­re pous­se de nombreu­ses ent­re­pri­ses à trans­fé­rer une part de plus en plus importan­te de leurs mar­chan­di­ses sur la route. L’organisation faî­tiè­re des presta­tai­res de tra­fic com­bi­né UIRR enre­gist­re pour 2023 une baisse d’env. 15 % du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, alors que le trans­port rou­tier n’a reculé que très faiblement.

Les hausses de prix et leurs effets toxiques

Dans ce con­tex­te dif­fi­ci­le, les haus­ses de prix pré­vues pour l’énergie et le fac­teur d’usure pèsent de maniè­re dis­pro­por­ti­onnée sur le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses. Le fac­teur d’usure se voit aug­men­té de 9 % et porté de 0,33 à 0,36 CHF/t km bru­tes, et le mon­tant de la hausse des prix de l’énergie sera fixé en juillet.

Les élé­ments avan­cés pour jus­ti­fier l’augmentation du prix de base usure sont la hausse des coûts mar­ginaux dépen­dant du poids, dont le cal­cul n’est tou­te­fois pas trans­pa­rent, et les nor­mes d’aménagement de l’infrastructure pour le trans­port de voy­a­ge­urs. Ces com­po­san­tes des prix, con­çues comme une inci­ta­ti­on à l’acquisition de maté­ri­el rou­lant ména­geant les voies, n’accélèrent pas le rem­pla­ce­ment des wagons de che­min de fer, qui ont une longue durée de vie de 2 à 3 décen­nies. L’incitation est trop fai­ble pour cou­vr­ir les coûts sup­p­lé­men­tai­res pour l’achat de maté­ri­el rou­lant à fai­ble usure, ce qui aug­men­te con­sidé­ra­blem­ent les coûts du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et en affai­blit la compétitivité.

Conclusion

Si l’augmentation de 2,1 % du prix du sil­lon est cen­sée rend­re comp­te des pre­scrip­ti­ons léga­les en matiè­re de cou­ver­tu­re des coûts, elle va néan­mo­ins con­dui­re à une aug­men­ta­ti­on con­sidé­ra­ble des coûts pour le trans­port de mar­chan­di­ses. Cette mesu­re pour­rait saper les efforts four­nis pour trans­fé­rer le tra­fic sur le rail et aggra­ver enco­re plus la char­ge éco­no­mi­que dans un con­tex­te déjà dif­fi­ci­le. Il serait sou­hai­ta­ble que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, qui souf­fre des nor­mes d’aménagement éle­vées du trans­port de voy­a­ge­urs régis­sant l’exploitation mixte du trans­port de per­son­nes et de mar­chan­di­ses, soit fon­da­men­ta­le­ment déchar­gé. Ce n’est qu’ainsi que le trans­port de mar­chan­di­ses par rail devi­en­dra com­pé­ti­tif et réus­si­ra à faire pro­gresser la tran­si­ti­on mobilitaire.

RailCom: promouvoir un système ferroviaire compétitif par l’innovation et la transparence

RailCom: promouvoir un système ferroviaire compétitif par l’innovation et la transparence

Patri­zia Danioth est avo­ca­te et notai­re et depuis 2013 pré­si­den­te de la Rail­Com. Dans cette inter­view, elle nous donne une vue d’ensemble des tâches de la Rail­Com, sa posi­ti­on sur le pro­jet de loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses et nous parle de la future infra­struc­tu­re de don­nées sur la mobi­li­té (MODI).

Les enjeux:

  • La Rail­Com garan­tit l’accès non dis­cri­mi­na­toire au réseau ferroviaire
  • Pro­mo­ti­on de la con­cur­rence dans le sys­tème ferroviaire
  • Sou­ti­en du ren­force­ment du TWCI
  • Accès aux don­nées pour davan­ta­ge de trans­pa­rence et d’innovation

 

Madame Danioth, quel­le est la mis­si­on qui incom­be à la RailCom?

La Rail­Com garan­tit l’accès non dis­cri­mi­na­toire au réseau fer­ro­vi­ai­re, aux instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment en TC ainsi qu’aux ser­vices de fret de pro­xi­mi­té. La Rail­Com appor­te ainsi une con­tri­bu­ti­on à un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se com­pé­ti­tif. La Rail­Com s’exprime éga­le­ment dans le cadre du pro­ces­sus légis­la­tif sur des sujets touch­ant à son domaine de com­pé­ten­ces. C’est le cas pour l’actuel pro­jet de loi sur l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suisse.

Quel­le est la posi­ti­on de la Rail­Com sur l’actuel pro­jet de loi sur l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re suis­se? À quel niveau vous sem­ble-t-il néces­saire d’agir?

La Rail­Com sou­ti­ent le ren­force­ment du tra­fic par wagons com­plets iso­lés et le déve­lo­p­pe­ment des chaî­nes de trans­port mul­ti­mo­da­les. Dans le pro­jet de loi sur le trans­port suis­se de mar­chan­di­ses, elle iden­ti­fie tou­te­fois en par­ti­cu­lier deux aspects cri­ti­ques, qui devront être réglés en cohé­rence avec la légis­la­ti­on actuelle.

De quels aspects cri­ti­ques s’agit-il? Quel­les exi­gen­ces le pro­jet de loi dev­rait-il rem­plir pour être cohé­rent avec la légis­la­ti­on actuelle?

D’abord, la pro­mo­ti­on par l’État du tra­fic par wagons com­plets iso­lés doit se faire de maniè­re neu­tre en ter­mes de con­cur­rence. Le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, qui s’autofinance, ne doit en effet pas être indi­rec­te­ment sub­ven­ti­onné par le tra­fic par wagons com­plets iso­lés, qui reçoit des sub­ven­ti­ons. Il faut empê­cher une telle dis­tor­si­on de la con­cur­rence dans le fret fer­ro­vi­ai­re suis­se grâce à ce pro­jet de loi. Soit le four­nis­seur de tra­fic par wagons com­plets iso­lés opère une sépa­ra­ti­on finan­ciè­re, juri­di­que et orga­ni­sa­ti­on­nel­le entre les pre­sta­ti­ons auto­fi­nan­cées du tra­fic par trains com­plets et le tra­fic par wagons com­plets iso­lés. Soit des pre­scrip­ti­ons plus stric­tes et des pos­si­bi­li­tés de con­trô­le et de sanc­tions empê­chent effec­ti­ve­ment les sub­ven­ti­ons indirectes.

Le pro­jet de loi se pro­po­se en effet de sou­te­nir une offre inno­van­te dans le tra­fic par wagons com­plets iso­lés à l’aide d’une ori­en­ta­ti­on cli­ent éle­vée. À cet effet, il est indis­pensable d’avoir des con­di­ti­ons-cad­res équitables.

Deu­xiè­me­ment, la légis­la­ti­on actu­el­le rela­ti­ve aux chem­ins de fer et au trans­port de mar­chan­di­ses sti­pu­le que lorsqu’une ent­re­pri­se est finan­ciè­re­ment sou­te­nue par l’État, elle est tenue de mett­re à la dis­po­si­ti­on de tiers ses ser­vices ou l’accès à ses instal­la­ti­ons de maniè­re non dis­cri­mi­na­toire. Le pro­jet de loi sur le trans­port suis­se de mar­chan­di­ses pré­voit cer­tes sur le prin­ci­pe un accès non dis­cri­mi­na­toire aux ser­vices de tra­fic par wagons com­plets iso­lés, mais il ne con­cré­ti­se pas enco­re suf­fi­sam­ment cette pre­scrip­ti­on. C’est ce que met en évi­dence la com­pa­rai­son avec la légis­la­ti­on sur le sub­ven­ti­on­ne­ment des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment en TC ou la loi sur le trans­port sou­ter­rain de mar­chan­di­ses: ainsi, le légis­la­teur règle par exemp­le les droits et les obli­ga­ti­ons des explo­itants d’installations de trans­bor­de­ment en TC de maniè­re plus détail­lée que ceux du tra­fic par wagons com­plets isolés.

La LIDMo est un pro­jet de loi en cours d’élaboration visa­nt à per­mett­re l’exploitation et l’utilisation opti­ma­les de l’infrastructure et de l’offre de trans­ports publics et pri­vés grâce à un meil­leur flux d’informations. L’infrastructure de don­nées sur la mobi­li­té (MODI) per­met­tra un jour de mett­re en réseau les dif­fér­ents acteurs et de mett­re à dis­po­si­ti­on et d’échanger des don­nées. Que pense la Rail­Com de la MODI?

Les don­nées et les éch­an­ges de don­nées sont une con­di­ti­on indis­pensable pour la mobi­li­té. C’est pour­quoi les don­nées, en plus du rail et des aut­res instal­la­ti­ons de trans­port, con­sti­tu­ent une infra­struc­tu­re per­ti­nen­te pour le sys­tème. Les don­nées repré­sen­tent aussi une con­di­ti­on néces­saire pour l’utilisation de l’infrastructure: les don­nées par exemp­le per­ti­nen­tes pour l’accès au réseau fer­ro­vi­ai­re, aux instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment en TC et à la pre­sta­ti­on du der­nier kilo­mèt­re doi­vent être mises de maniè­re trans­pa­ren­te et aussi con­vi­via­le que pos­si­ble à la dis­po­si­ti­on de tous les uti­li­sa­teurs et être faci­les à trou­ver. Les don­nées doi­vent être ren­dues acces­si­bles sans dis­cri­mi­na­ti­on, c’est-à-dire dans leur inté­gra­li­té, cor­rec­te­ment et sans con­tra­dic­tions. La MODI peut appor­ter une con­tri­bu­ti­on importan­te à cette démarche.

La MODI et de maniè­re plus géné­ra­le les don­nées ouver­tes (open data) ren­for­cent éga­le­ment l’absence de dis­cri­mi­na­ti­on par une trans­pa­rence accrue, l’égalité de trai­te­ment et la pos­si­bi­li­té de par­ti­ci­pa­ti­on de tiers. Les don­nées ouver­tes encou­ragent ainsi la ren­ta­bi­li­té et l’orientation cli­ent en ren­for­çant la con­cur­rence. Le potentiel d’innovation de la bran­che s’en trouve aug­men­té. Par exemp­le, le site web privé www.puenktlichkeit.ch (en alle­mand) per­met de faire des com­pa­rai­sons inté­res­san­tes sur la pon­c­tua­li­té des trains.

 Madame Danioth, merci beau­coup pour cette interview!

Le trafic par wagons complets peut devenir compétitif

Le trafic par wagons complets peut devenir compétitif

Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, 7 mai 2024. Le tra­fic par wagons com­plets sur l’ensemble du ter­ri­toire déti­ent une part de mar­ché très éle­vée dans le tra­fic inté­ri­eur dans toute l’Europe. En revan­che, il chute dans le tra-fic d’exportation et d’importation mal­gré les longues distances. Cela est dû au cloi­son­ne­ment du mar­ché et aux struc­tures de pro­duc­tion vieil­lis­san­tes. La devi­se est la sui­van­te: «Exclu­si­ve­ment les chem­ins de fer publics, exclu­si­ve­ment sur leur mar­ché natio­nal». Le tra­fic par wagons com­plets est con­sidé­ré comme un tra­fic con­ven­ti­on­nel. Une col­la­bo­ra­ti­on en réseau, telle qu’elle est usu­el­le­ment pra­ti­quée avec suc­cès sur la route, n’est pas envi­sa­gée sur le rail.

Une trans­for­ma­ti­on du tra­fic par wagons com­plets dans un sys­tème fer­ro­vi­ai­re auto­ma­ti­sé, con­nec­té numé­ri­quement et ouvert à l’international est tou­te­fois pos­si­ble. Les États offrent dans ce but un sou­ti­en poli­tique et finan­cier au sec­teur ferroviaire.

 

C’est de cela qu’il s’agit :

  • Les lea­ders du sec­teur euro­pé­en des trans­ports et de la logis­tique à Zurich au Forum Fret Ferroviaire
  • Mati­née avec aper­çu du cadre légal actuel
  • Thème de l’a­près-midi : la trans­for­ma­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises
  • Focus sur amé­nage­ment d’un pay­sa­ge du fret fer­ro­vi­ai­re apte à affron­ter l’avenir

 

Le 7 mai 2024, des lea­ders du sec­teur euro­pé­en des trans­ports et de la logis­tique se sont réunis au Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re à Zurich afin de dis­cu­ter de l’avenir du trans­port de mar­chan­di­ses par rail.

Dans son dis­cours de bien­ve­nue, Frank Fur­rer, secré­tai­re géné­ral de la VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs, est revenu sur les pré­cé­dents Forums des années 2018 à 2024, au cours des­quels une dis­cus­sion con­ti­nue a été menée sur le déve­lo­p­pe­ment du trans­port de mar­chan­di­ses. Des thè­mes tels que la mul­ti­mo­da­li­té, la sécu­ri­té, l’in­no­va­ti­on et la numé­ri­sa­ti­on ont été au cent­re des débats. Il a par­ti­cu­liè­re­ment insis­té sur le rôle de la poli­tique des trans­ports en tant que moteur du chan­ge­ment.
En 2024, l’ac­cent sera mis sur de nou­vel­les con­di­ti­ons-cad­res pour un trans­port de mar­chan­di­ses dura­ble, en par­ti­cu­lier sur la trans­for­ma­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Frank Fur­rer a souli­g­né l’im­portance de con­di­ti­ons cad­res favor­ables à la con­cur­rence pour per­mett­re la mul­ti­mo­da­li­té, l’in­no­va­ti­on et la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment.
Le par­ten­ari­at entre la poli­tique et l’é­co­no­mie, la coopé­ra­ti­on entre les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res de fret, les presta­tai­res logis­ti­ques et les char­geurs ainsi que le prin­ci­pe de sub­si­dia­ri­té sont des prin­cipes fon­da­men­taux selon lui. Le pro­jet de loi actuel sur la moder­ni­sa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a été dis­cu­té au Par­le­ment. La VAP sou­ti­ent des mesu­res tel­les que l’in­tro­duc­tion du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­ta­le (DAC) et le finance­ment tran­si­toire pour le tra­fic par wagons com­plets sous cer­tai­nes conditions.

Le Dr Peter Füg­lis­ta­ler, direc­teur de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), a donné un aper­çu du cadre légal actuel et des défis aux­quels est con­fron­té le trans­port de mar­chan­di­ses en Suis­se. Il est d’a­vis que «l’encouragement finan­cier tem­po­rai­re du tra­fic par wagons com­plets est une der­niè­re ten­ta­ti­ve de sau­ver le trans­port inté­ri­eur de mar­chan­di­ses par rail». Le DAC est le moyen néces­saire pour y par­ve­nir, et c’est une belle offre avec une sub­ven­ti­on de 30 % aux pro­prié­tai­res. Peter Wes­ten­ber­ger, direc­teur de l’association «Die Güter­bah­nen» en Alle­ma­gne, a pré­sen­té le rail numé­ri­que et la char­te VDV du point de vue alle­mand. Il a deman­dé un encou­ra­ge­ment finan­cier du tra­fic par wagons com­plets exclu­si­ve­ment par le biais des lignes de des­ser­te, c’est-à-dire la réac­ti­va­ti­on ou l’augmentation du volu­me sur le plus grand nombre pos­si­ble de points de des­ser­te. Selon lui, la situa­ti­on est très dif­fi­ci­le pour les con­curr­ents, car les don­nées ne sont abso­lu­ment pas trans­pa­ren­tes. Mag. Clau­dia Neme­th, du Minis­tère fédé­ral du Cli­mat, de l’Environnement, de l’Énergie, des Mobi­li­tés, de l’Innovation et de la Tech­no­lo­gie (BMK) en Autri­che, a expli­qué les instru­ments et les stra­té­gies de la poli­tique des trans­ports autri­chi­en­ne en ce qui con­cer­ne le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et a com­pa­ré les inves­tis­se­ments par habi­tant en Suis­se, en Alle­ma­gne et en Autri­che. L’Autri­che mise sur un suivi actif des mesu­res du Mas­ter­plan Trans­port de mar­chan­di­ses 2030 et a récem­ment pré­sen­té le pre­mier rap­port de suivi à ce sujet. L’une de ces mesu­res est la mise en place, fin 2023, d’un coach en matiè­re de trans­fert modal, qui con­seil­le les ent­re­pri­ses ou les com­mu­nes en matiè­re de trans­fert vers le rail. Avec le minist­re alle­mand des trans­ports Wiss­mann et le con­seil­ler fédé­ral Rösti, la minist­re autri­chi­en­ne Leo­no­re Gewess­ler sou­ti­ent l’introduction rapi­de du DAC. Ueli Mau­rer, Head of Inter­mo­dal Net­work dans la socié­té Bert­schi AG, a appor­té un pré­cieux feed-back du point de vue éco­no­mi­que. Selon lui, il est impos­si­ble d’attendre le DAC au vu des pro­grès réa­li­sés sur la route, il doit être mis en œuvre immé­dia­te­ment. Les chan­tiers actuels, dont la coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le est enco­re tota­le­ment insuf­fi­san­te, ainsi que les prix de l’énergie et des sil­lons men­a­cent fon­da­men­ta­le­ment pour l’heure la via­bi­li­té com­mer­cia­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Il a en outre deman­dé aux explo­itants d’infrastructures de réper­cu­ter sur le fret fer­ro­vi­ai­re les éco­no­mies réa­li­sées grâce à des fer­me­tures com­plè­tes, en com­pen­sa­ti­on de leurs coûts supplémentaires.

Lors de la dis­cus­sion-débat qui a suivi, Wes­ten­ber­ger a parlé de la situa­ti­on chao­tique actu­el­le des chan­tiers et des coûts sup­p­lé­men­tai­res qui en décou­lent, et a deman­dé une amé­lio­ra­ti­on de la qua­li­té du fret fer­ro­vi­ai­re. Neme­th était d’accord, mais s’est mon­trée opti­mis­te quant à l’avenir du fret fer­ro­vi­ai­re : « es défis actuels sont comme un petit enfant qui app­rend à mar­cher: il y a des revers, mais ça va de mieux en mieux.» Mon­sieur Füg­lis­ta­ler a souli­g­né l’absence d’alternative à l’as­sai­nis­se­ment des cor­ri­dors et a insis­té sur la néces­si­té d’investir dans l’infrastructure. Le Dr Jens Engel­mann, qui a animé la dis­cus­sion-débat, a sou­le­vé la ques­ti­on de l’efficacité des mesu­res d’encouragement et a dis­cu­té des dif­fé­ren­tes appro­ches visa­nt à sou­te­nir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Mon­sieur Füg­lis­ta­ler et Madame Neme­th ont défen­du le rôle des chem­ins de fer publics pour le tra­fic de wagons iso­lés. Con­clu­si­on de la dis­cus­sion par Engel­mann: le rail appor­te une con­tri­bu­ti­on importan­te au déve­lo­p­pe­ment dura­ble et doit con­tin­uer à être encou­ra­gé, mais il faut aussi rele­ver des défis tels que le man­que de capa­ci­tés et les coûts des inno­va­tions technologiques.

Après une cour­te pause, la mani­fes­ta­ti­on a abor­dé la trans­for­ma­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’avenir. Gil­les Peter­hans, secré­tai­re géné­ral de l’Union inter­na­tio­na­le des wagons pri­vés (UIP), a mis en lumiè­re l’état actuel de l’attelage auto­ma­tique digi­tal (DAC). Il a souli­g­né la dif­fé­rence entre le réé­qui­pe­ment tech­ni­que et la trans­for­ma­ti­on affé­ren­te du fret fer­ro­vi­ai­re archaï­que. Celui-ci doit être sérieu­se­ment réor­ga­ni­sé pour être com­pé­ti­tif et trans­for­mé en un tout nou­veau sys­tème fer­ro­vi­ai­re. Gre­gor Och­sen­bein, direc­teur adjoint du pro­gram­me Don­nées pour un sys­tème de mobi­li­té effi­cace à l’OFT et Jür­gen Maier-Gyom­lay, responsable du GT Logis­tique / CI TWC à la VAP ont mis en évi­dence l’importance des éco­sys­tè­mes de don­nées pour une logis­tique effi­cace. Peter Sut­ter­lü­ti, CEO de Cargo sous ter­rain SA, a pré­sen­té le con­cept de Cargo Sous Ter­rain (CST). Cette solu­ti­on logis­tique, finan­cée uni­quement par des fonds pri­vés, est dis­po­nible exclu­si­ve­ment pour les mar­chan­di­ses en vrac. L’interaction entre le par­cours prin­ci­pal sou­ter­rain et la répar­ti­ti­on fine en sur­face a le potentiel de deve­nir un com­plé­ment déter­mi­nant du rail et de la route. Ste­fan Kirch, co-fon­da­teur et membre de la direc­tion de NEVOMO, a pré­sen­té les potentiels de la tech­no­lo­gie du train magné­tique pour une solu­ti­on de tra­fic des mar­chan­di­ses plus effi­cace et de plus gran­de capa­ci­té. En par­ti­cu­lier, la con­duite auto­no­me de wagons de mar­chan­di­ses sur des voies de rac­cor­de­ment sur tout le ter­ri­toire avec une multi­tu­de de sta­ti­ons de char­ge­ment et de déchar­ge­ment ainsi que des points de con­so­li­da­ti­on pour l’expédition et la récep­ti­on offre des potentiels d’économie extraordinaires.

La mani­fes­ta­ti­on a cul­mi­né avec une autre dis­cus­sion-débat con­s­acrée à l’ave­nir de la logis­tique en 2035. Outre le carac­tère volon­tai­re de la remi­se des don­nées, les défis de la trans­for­ma­ti­on numé­ri­que, notam­ment en ter­mes de coûts et de col­la­bo­ra­ti­on avec dif­fé­ren­tes par­ties pren­an­tes, ont éga­le­ment été dis­cu­tés. En con­clu­si­on, il a été souli­g­né qu’il fall­ait être ouvert aux solu­ti­ons inno­van­tes et ne pas se lais­ser décou­ra­ger par les pro­blè­mes. Frank Fur­rer a résu­mé la mani­fes­ta­ti­on par une con­sta­ta­ti­on aussi con­fi­an­te que pro­vo­can­te: «Tout est pos­si­ble, à con­di­ti­on que tous les acteurs du sec­teur unis­sent leurs forces et avan­cent en rangs ser­rés, de maniè­re prag­ma­tique et dans un esprit de compromis.»

Ce fut une jour­née riche en ren­con­tres pas­si­on­nan­tes, en pré­sen­ta­ti­ons infor­ma­ti­ves, en dis­cus­sions sti­mu­lan­tes, avec une foca­li­sa­ti­on clai­re sur l’aménagement d’un pay­sa­ge du fret fer­ro­vi­ai­re apte à affron­ter l’avenir. Les par­ti­ci­pan­ts ont quit­té la réuni­on avec de nou­vel­les con­nais­sances et des impul­si­ons pour le déve­lo­p­pe­ment futur de la branche.

Nous atten­dons avec impa­ti­ence le Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re 2025!

Accords bilatéraux III: la Suisse doit participer à l’avenir du fret ferroviaire

Accords bilatéraux III: la Suisse doit participer à l’avenir du fret ferroviaire

Avec le man­dat de négo­cia­ti­on défi­ni­tif, le Con­seil fédé­ral a donné le signal de départ des accords bila­té­raux III. Les négo­cia­ti­ons sur les accords bila­té­raux III ont débu­té le 18 mars 2024. À la VAP, nous sou­te­nons les efforts du man­dat dans le domaine du trans­port ter­rest­re. La Suis­se doit pou­voir par­ti­ci­per au remo­del­age pro­fond du sys­tème de fret ferroviaire.

Les enjeux:

  • Sta­bi­li­ser les rela­ti­ons entre la Suis­se et l’UE
  • Le man­dat prend en comp­te les crain­tes des CFF et des syndicats
  • La VAP se féli­ci­te de la pour­suite du dialogue
  • Fédé­rer les forces favor­ables au rail en tant que mode de trans­port de l’avenir

 

Stabiliser les relations entre la Suisse et l’UE

Lors de sa séan­ce du 8 mars 2024, le Con­seil fédé­ral a adop­té le man­dat de négo­cia­ti­on avec l’Union euro­pé­en­ne (UE). Les négo­cia­ti­ons sur ce vaste train de dis­po­si­ti­ons ont pour but de sta­bi­li­ser et de déve­lo­p­per les rela­ti­ons bila­té­ra­les entre la Suis­se et l’Union euro­pé­en­ne. Elles ont débu­té le 18 mars 2024. Dans son man­dat, le Con­seil fédé­ral a repris une série de recom­man­da­ti­ons, parmi les­quel­les l’ouverture du mar­ché du sec­teur de l’électricité, la pré­ser­va­ti­on du modè­le de coopé­ra­ti­on dans le domaine des trans­ports ter­res­tres et le main­ti­en des tarifs doua­ni­ers dans le sec­teur agri­co­le. Les aut­res recom­man­da­ti­ons repri­ses con­cer­nent entre aut­res l’immigration, la pro­tec­tion des salai­res et des élé­ments institutionnels.

Le mandat prend en compte les craintes des CFF et des syndicats

Dans son «Rap­port sur les résul­tats de la con­sul­ta­ti­on du pro­jet de man­dat de négo­cia­ti­on entre la Suis­se et l’Union euro­pé­en­ne con­cer­nant la sta­bi­li­sa­ti­on et le déve­lo­p­pe­ment de leurs rela­ti­ons», le Con­seil fédé­ral con­sta­te que le modè­le des coopé­ra­ti­ons CFF reste pos­si­ble dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs, que la Suis­se pour­ra con­tin­uer de déci­der de l’attribution de sil­lons et que les règles con­cer­nant le trans­port inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs ne doi­vent pas affec­ter la qua­li­té suis­se du trans­port public fer­ro­vi­ai­re. Le Con­seil fédé­ral garan­tit par ail­leurs dans son man­dat de négo­cia­ti­on l’intégration tarifai­re, l’horaire caden­cé ainsi que le trans­fert de la route au rail. Le dia­lo­gue règle­men­tai­re entre la Suis­se et l’UE dans le domaine des finan­ces va reprend­re. Le Con­seil fédé­ral dis­si­pe ainsi les crain­tes inju­s­ti­fiées des CFF et des syn­di­cats envers les «forces obscu­res» de la concurrence.

La VAP se félicite de la reprise du dialogue

Dans notre prise de posi­ti­on du 12 février 2024, nous, à la VAP, nous féli­ci­ti­ons que le gou­ver­ne­ment – notam­ment l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT) et le Dépar­te­ment de l’environnement, des trans­ports, de l’énergie et de la com­mu­ni­ca­ti­on (DETEC) – con­ti­nue à s’efforcer, en dépit du blo­ca­ge poli­tique existant entre la Suis­se et l’UE, de faire avan­cer par étapes réa­lis­tes ce dos­sier clé pour le sec­teur fer­ro­vi­ai­re. En fin de comp­te, une ouver­tu­re du mar­ché offre à la Suis­se des chan­ces inté­res­san­tes tel­les qu’une garan­tie de l’interopérabilité, davan­ta­ge de force d’innovation et une per­for­mance plus éle­vée. Dans ce con­tex­te, nous sou­te­nons éga­le­ment la révi­si­on de la loi sur les chem­ins de fer et nous féli­ci­tons qu’il y ait déjà des pro­po­si­ti­ons de modi­fi­ca­ti­ons con­crè­tes à l’échelon de l’ordonnance.

Nous con­sidé­rons tout par­ti­cu­liè­re­ment la réa­li­sa­ti­on de l’adhésion à l’ERA, qui inter­vi­en­dra dans la foulée de l’aboutissement des négo­cia­ti­ons, comme la pro­chai­ne étape importan­te pour la Suis­se. En effet, l’ERA a créé spé­cia­le­ment pour la Suis­se le sta­tut d’expert, selon lequel les experts suis­ses peu­vent d’ores et déjà par­ti­ci­per aux orga­nes de l’ERA sur le déve­lo­p­pe­ment des spé­ci­fi­ca­ti­ons com­mu­nes. Par ail­leurs, la Suis­se reprend depuis des années sys­té­ma­ti­quement les règles de la direc­ti­ve sur l’interopérabilité et de la direc­ti­ve sur la sécu­ri­té de l’UE. Glo­ba­le­ment, la Suis­se est très dési­reu­se de s’assurer dura­blem­ent et dans les meil­leurs délais l’accès au sec­teur fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en en deven­ant un membre à part entiè­re de l’ERA – et donc de non seu­le­ment col­la­bo­rer, mais aussi par­ti­ci­per à la prise de décisions.

Nous sou­te­nons le pré­sent man­dat de négo­cia­ti­on dans le domaine des trans­ports ter­res­tres. L’ouverture du mar­ché dans le domaine du trans­port inter­na­tio­nal de voy­a­ge­urs, qui attend depuis des années d’être mise en œuvre, est de notre point de vue néces­saire et offre, mal­gré les rest­ric­tions impo­sées, des chan­ces pour des déve­lo­p­pe­ments inté­res­sants. La pro­cé­du­re d’intégration des élé­ments insti­tu­ti­on­nels dans les accords sec­to­ri­els est défen­da­ble sur la base de nos expé­ri­en­ces pas­sées en matiè­re de déve­lo­p­pe­ment juri­di­que si elle inclut la par­ti­ci­pa­ti­on des experts suisses.

Fédérer les forces favorables au rail en tant que mode de transport de l’avenir

Grâce à l’innovation, le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses doit récup­é­rer des parts de mar­ché – c’est ce que veut l’UE et aussi la Suis­se. Tou­te­fois, il nous fait pour cela des stra­té­gies à long terme et des inves­tis­seurs forts. La sta­bi­li­té est la base indis­pensable de la coopé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le en matiè­re de trans­ports (cf. artic­le du blog «La sta­bi­li­té comme base indis­pensable pour la coopé­ra­ti­on inter­na­tio­na­le en matiè­re de trans­ports»). L’innovation pour le fret fer­ro­vi­ai­re de demain, avec la digi­ta­li­sa­ti­on et l’automatisation, est en cours d’élaboration dans l’UE. La Suis­se veut par­ti­ci­per à l’organisation de ce remo­del­age pro­fond du sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re et aux pri­ses de décis­i­ons. Ceci ne sera pos­si­ble de maniè­re effi­cace et dura­ble que si l’on rés­out les diver­gen­ces poli­ti­ques et qu’il y a suf­fi­sam­ment de clar­té sur la coopé­ra­ti­on future. Cela impli­que une réin­té­gra­ti­on de la Suis­se dans le pro­gram­me de recher­che et d’innovation Hori­zon 2020, une actua­li­sa­ti­on de l’accord sur les trans­ports ter­res­tres entre la Suis­se et l’UE et des accords bila­té­raux sur les lignes en zone fron­ta­liè­re avec nos pays voisins.

L’avenir appartient au trafic combiné

L’avenir appartient au trafic combiné

Quel est l’avenir des ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re en Suis­se? C’est – entre aut­res – de cette ques­ti­on que s’entretiendra la VAP dans sa dou­ble inter­view avec Peter Knaus, direc­teur de la Bünd­ner Güter­bahn (Che­min de fer de fret des Gri­sons) appar­ten­ant aux Chem­ins de fer rhé­ti­ques (RhB) et Peter Lug­in­bühl, direc­teur de l’exploitation du che­min de fer Mat­ter­horn-Gott­hard (MGBahn). Lors de leur débat, les experts par­lent d’exploitation pro­pre et d’externalisation, d’autofinancement, d’innovation, de con­cur­rence et d’une fle­xi­bi­li­sa­ti­on du trans­port ferroviaire.

 

Mon­sieur Lug­in­bühl, à la MGBahn, la logis­tique de fret fer­ro­vi­ai­re est exter­na­li­sée. Pourquoi?

Peter Lug­in­bühl: Sach­ant que nos acti­vi­tés tour­nent essen­ti­el­le­ment autour du tou­ris­me, notre prio­ri­té est la mobi­li­té des per­son­nes. Le trans­port de mar­chan­di­ses repré­sen­te envi­ron 2 % du résul­tat d’exploitation glo­bal du domaine du ser­vice public. En 2011, nous avons déci­dé, pour le trans­port de mar­chan­di­ses, de nous con­cen­trer sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re. Nous avons con­fié la responsa­bi­li­té des inter­faces en amont et en aval vis-à-vis du cli­ent à Alpin Cargo SA en tant que presta­tai­re géné­ra­lis­te de ser­vices logis­ti­ques. Nous pou­vons ainsi tous deux nous con­cen­trer sur nos com­pé­ten­ces clés: nous som­mes respons­ables du trans­port par rail, Alpin Cargo de l’interface avec le cli­ent, ce qui eng­lo­be donc aussi le der­nier kilo­mèt­re. À Zer­matt, par exemp­le, la dis­tri­bu­ti­on fine est assu­rée par des véhi­cu­les élec­tri­ques et des calèches.

Peter Lug­in­bühl est direc­teur de l’exploitation de la MGBahn

Dans quel­le mesu­re cette exter­na­li­sa­ti­on est-elle un atout?

Peter Lug­in­bühl: Ce modè­le d’exploitation a fait ses preu­ves dans notre situa­ti­on de départ, avec une ent­re­pri­se de tail­le limi­tée où la con­tri­bu­ti­on du trans­port de mar­chan­di­ses au résul­tat glo­bal est assez mode­s­te. Du point de vue des cli­ents de fret, c’est éga­le­ment idéal.

Si c’était à refai­re, opte­riez-vous enco­re pour l’externalisation?

Peter Lug­in­bühl: Oui. Notre modè­le d’exploitation fon­c­tion­ne très bien. Néan­mo­ins, tous les cinq ans, nous le réétu­dio­ns et fai­sons le point. Par la tail­le, nous ne repré­sen­tons qu’environ un quart de la Bünd­ner Güter­bahn des RhB. Cela n’a donc aucun sens d’assurer nous-mêmes l’exploitation.

Mon­sieur Knaus, vous exploi­tez vous-même le sec­teur du fret fer­ro­vi­ai­re. Com­ment se pré­sen­te cette explo­ita­ti­on propre?

Peter Knaus: Nous avons reçu des man­dats de la part du can­ton des Gri­sons, notam­ment celui d’offrir le ser­vice public. Aupa­ra­vant, on for­çait lit­té­ra­le­ment les ent­re­pri­ses de trans­port à uti­li­ser le rail. Aujourd’hui, c’est dif­fé­rent. Nous trans­por­tons les mar­chan­di­ses par rail dans la mesu­re où cela est éco­no­mi­quement rai­sonnable. Pour nous et nos cli­ents, cela débou­che sur une situa­ti­on gag­nant-gag­nant. Pour les cour­tes distances ou le der­nier kilo­mèt­re, nous col­la­bo­rons avec des ent­re­pri­ses de trans­port rou­tier. Nous éch­an­ge­ons régu­liè­re­ment avec ces par­ten­aires com­mer­ciaux lors de notre pla­te­for­me de trans­port annuel­le et par des cont­acts personnels.

À votre avis, quels sont les incon­vé­ni­ents de votre modèle?

Peter Knaus: Un inves­tis­se­ment énor­me en ter­mes de temps, de moy­ens et d‘argent pour le maté­ri­el rou­lant de l’entreprise. Pre­nons un exemp­le: l’ensemble de notre parc de wagons, soit envi­ron 320 wagons, est équi­pé de freins à vide. Or, pour des rai­sons stra­té­giques, les RhB ont déci­dé d’équiper tous les wagons de freins à air com­pri­mé d’ici 2040. Con­for­mé­ment à notre stra­té­gie 2023–2030, nous allons moder­nis­er la moi­tié du parc et renou­ve­ler l’autre moi­tié, car c’est l’option la plus économique.

Selon quels cri­tères clés le mode de trans­port est-il choi­si chez vous?

Peter Lug­in­bühl: Nous som­mes con­vain­cus que bien que le rail soit opti­mal pour tou­tes les mar­chan­di­ses, il ne l’est pas autant pour tou­tes. Nous trans­por­tons actu­el­le­ment entre Viège et Zer­matt envi­ron 40 à 50 % des mar­chan­di­ses par rail. Les atouts de celui-ci par rap­port à la route sont ses gran­des capa­ci­tés et sa gran­de dis­po­ni­bi­li­té et fia­bi­li­té. Nous pou­vons garan­tir l’heure exac­te d’arrivée à Zer­matt à 99 %. Pour chaque mode de trans­port, il faut éva­luer quel est le meil­leur split modal éco­no­mi­quement et éco­lo­gi­quement parlant.

Peter Knaus: Les cami­ons sont eux aussi de plus en plus éco­lo­gi­ques. Cela signi­fie par con­sé­quent que les rou­tes con­ti­nuent d’être bien fré­quen­tées. Le can­ton se réjouit de la sup­pres­si­on de chaque cami­on sur la route, ce qui con­tri­bue à rédui­re les embou­teil­la­ges du tra­fic individuel.

Peter Knaus, responsable du tra­fic mar­chan­di­ses de la Bünd­ner Güterbahn

Quels sont les pro­duits les plus adap­tés au rail, pour les­quels y a‑t-il enco­re un potentiel de croissance?

Peter Knaus: Les mar­chan­di­ses pour les longues distances tri­bu­tai­res de la pon­c­tua­li­té et de la fia­bi­li­té, par exemp­le les den­rées ali­men­tai­res. Il en va de même pour le cour­ri­er, les colis et les mar­chan­di­ses en vrac, qui doi­vent être liv­rés dans les délais. Les expé­di­ti­ons à dates fixes, que nous trans­por­tons à par­tir de 4 heu­res du matin. Les ordu­res et les maté­riaux recy­clés doi­vent être enle­vés dans les 24 heu­res. Les maté­riaux de con­s­truc­tion comme le ciment ou le sel con­vi­en­nent éga­le­ment très bien au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. De plus, nous ache­mi­nons une quan­ti­té extrê­me­ment importan­te de gru­mes, envi­ron 95 %, vers Tira­no. Nous som­mes pré­des­ti­nés à cela, car les droits de doua­ne aussi sont plus éco­no­mi­ques qu’avec un cami­on. Nous trans­por­tons la plu­part des mar­chan­di­ses en trans­port com­bi­né, sauf les gru­mes et les mar­chan­di­ses en vrac. Le trans­port com­bi­né recè­le un grand potentiel pour l’avenir. Dans notre domaine, je vois un potentiel dans le trans­port des pellets.

Peter Lug­in­bühl: Nous avons des prio­ri­tés de pro­duits très simi­lai­res à cel­les des RhB. Il n’y a que le bois que nous ne trans­por­tons pas. À cela vient s’ajouter chez nous du mazout en gran­des quan­ti­tés. Par ail­leurs, nous trans­por­tons beau­coup de baga­ges pour la desti­na­ti­on tou­ris­tique de Zer­matt. Au cours des der­niè­res décen­nies, les expé­di­ti­ons sont deve­nues plus peti­tes, notam­ment en rai­son de la vente par correspondance.

Si je vous dis fia­bi­li­té et pon­c­tua­li­té: que vous évo­quent ces mots-clés?

Peter Lug­in­bühl: En tant qu’entreprise de trans­port fer­ro­vi­ai­re de peti­te tail­le, nous som­mes par­fai­te­ment à même de garan­tir la sta­bi­li­té et la pon­c­tua­li­té. 95 % de nos cli­ents ou plus sont extrê­me­ment satis­faits de notre fia­bi­li­té. Dans le sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re euro­pé­en ou suis­se, la situa­ti­on est très dif­fé­ren­te. À ce niveau, la pon­c­tua­li­té est un énor­me pro­blè­me. Le sec­teur doit enco­re amé­lio­rer plu­s­ieurs cho­ses dans ce domaine et deve­nir un par­ten­aire plus fiable.

Peter Knaus: Je suis d’accord. Nous som­mes extrê­me­ment pon­c­tuels, en par­ti­cu­lier pour les trans­ports de den­rées ali­men­tai­res ou les expé­di­ti­ons à dates fixes. Lors­que nous tra­vail­lons avec les gran­des ent­re­pri­ses, il devi­ent plus dif­fi­ci­le de respec­ter les délais sou­hai­tés. Pour le pro­jet de trans­port WEF, par exemp­le, nous éti­ons tri­bu­tai­res de four­nis­seurs de la voie nor­ma­le. Si les con­teneurs n’arrivent pas à temps chez nous à Land­quart, nous ne pour­rons pas non plus les liv­rer à temps à Davos. Cela pose un gros pro­blè­me à nos cli­ents, car les cré­neaux horai­res attri­bués au WEF doi­vent impé­ra­ti­ve­ment être respectés.

Quel­le évo­lu­ti­on con­sta­tez-vous dans la production?

Peter Lug­in­bühl: Actu­el­le­ment, nous avons enco­re une pro­duc­tion mixte, où nous tra­vail­lons prin­ci­pa­le­ment avec des trains de mar­chan­di­ses entiers. Nous nous éloi­gnons de plus en plus de l’idée d’accrocher des wagons de mar­chan­di­ses aux trains de voy­a­ge­urs. D’une part, les nou­veaux trains auto­mo­teurs et les capa­ci­tés de nos voies fer­rées ne répon­dent plus à ces exi­gen­ces. D’autre part, nous per­dons des sur­faces logis­ti­ques pour le trans­bor­de­ment. Nous nous con­cen­tre­rons de plus en plus sur les trains de mar­chan­di­ses complets.

Peter Knaus: Sur le réseau prin­ci­pal, nous fai­sons cir­cu­ler 52 trains de mar­chan­di­ses purs par jour. Les nou­veaux trains à cou­pla­ge auto­ma­tique ne sont con­çus que pour se dépla­cer eux-mêmes. La quan­ti­té de trains de mar­chan­di­ses nous per­met à elle seule de con­ser­ver une cer­taine fle­xi­bi­li­té. Pour les expé­di­ti­ons à date fixe, nous avons des horai­res annu­els fixes, tout est pla­ni­fié. Nous n’avons plus de tra­fic mixte qu’en direc­tion d’Arosa et de la Ber­ni­na, car dans ces deux cas, les sil­lons ne suf­fi­sent pas pour les trains de mar­chan­di­ses purs.

À pro­pos de sil­lons: quels sont les pro­blè­mes que vous ren­cont­rez à cet égard?

Peter Knaus: Pen­dant la jour­née, c’est le tra­fic régio­nal de voy­a­ge­urs qui donne la cadence chez nous. Nous devons nous y adap­ter. Il en va de même pour les trains de pres­ti­ge comme le Gla­cier-Express et le Ber­ni­na-Express. Nos cré­neaux horai­res les plus fle­xi­bles sont ceux qui vont de 4 h à 6 h 30. À par­tir de 21 heu­res, ce sont les travaux pré­do­mi­nent, et nous ne pou­vons cir­cu­ler que de maniè­re très limi­tée. Les RhB et le can­ton nous sou­ti­en­nent bien en matiè­re de sil­lons et impli­quent les dif­fér­ents grou­pes d’intérêt.

Peter Lug­in­bühl: En ce qui con­cer­ne les sil­lons, je vois quat­re pro­blè­mes. Pre­miè­re­ment, la ren­ta­bi­li­té. Les sil­lons que nous sou­hai­tons nous voir attri­buer sont sou­vent occu­p­és par des trains tou­ris­ti­ques, qui ont une ren­ta­bi­li­té plus éle­vée. Deu­xiè­me­ment, l’autofinancement. Nous avons des inves­tis­se­ments énor­mes et de gros pro­blè­mes de finance­ment. Nous appor­tons une con­tri­bu­ti­on importan­te à la sécu­ri­té d’approvisionnement de notre région. Troi­siè­me­ment, la fle­xi­bi­li­té que per­met la vites­se. Nous ne pou­vons pas réa­gir aussi rapi­de­ment aux chan­ge­ments de l’offre qu’une ent­re­pri­se de trans­port peut le faire. Qua­triè­me­ment, la capa­ci­té d’innovation. Nous pro­dui­sons tou­jours comme il y a 30 ans. Je suis curieux de voir si nous pour­rons réel­le­ment nous trans­for­mer grâce à la digitalisation.

Quels sont les cas de bon­nes pra­ti­ques dont vous et les aut­res pou­vez tirer des enseignements?

Peter Lug­in­bühl: À mes yeux, la dis­tri­bu­ti­on fine sur le der­nier kilo­mèt­re est un modè­le de réus­si­te. Notre par­ten­aire fait les cho­ses de telle sorte que de plus en plus de cli­ents vien­nent, jus­tem­ent parce qu’il est si fle­xi­ble. Enfin, je con­sidè­re que l’élimination des ordu­res ména­gè­res est un modè­le com­mer­cial pas­si­on­nant du point de vue éco­lo­gi­que et économique.

Peter Knaus: L’exemple du chan­ge­ment de mode de trans­port des bois­sons illus­tre à mon avis très bien cela. Depuis plus de 40 ans, l’entreprise Val­ser trans­por­te ses bois­sons de Vals à Unter­vaz via Ilanz. Le trans­bor­de­ment effec­tué tôt le matin à Ilanz sur le quai géné­rait d’importantes émis­si­ons sono­res. C’est alors qu’est née l’idée d’effectuer le trans­bor­de­ment avec des cais­ses mobi­les. En col­la­bo­ra­ti­on avec la socié­té mère, Coca-Cola, et le can­ton, nous avons fait l’acquisition de cais­ses mobi­les adap­tées. Cel­les-ci se sont avé­rées très effi­caces. Dans un ave­nir pro­che, nous les trans­porte­rons même au moyen de cami­ons élec­tri­ques avec remor­que. Nous avons à cet effet obtenu, en dia­lo­gue avec le can­ton et la poli­ce, une auto­ri­sa­ti­on spé­cia­le pour les remor­ques sur le tra­jet Schnaus-Ilanz. Le seul point d’achoppement reste pour l’instant le rem­bour­se­ment de la RPLP dans le tra­fic com­bi­né route-rail. Ce rem­bour­se­ment est enco­re lié à la RPLP. Dans l’avenir, celle-ci devra être cou­plée au trans­port com­bi­né. Il fau­dra que le cadre légal évolue.

Quel­les sont les inno­va­tions qui feront leurs preu­ves dans le fret fer­ro­vi­ai­re au cours des années à venir?

Peter Knaus: Les power­packs, c’est-à-dire les bat­te­ries mon­tées sur les wagons de mar­chan­di­ses, me sem­blent être une solu­ti­on dura­ble. Ceux-ci peu­vent être uti­li­sés comme source d’énergie pour les con­teneurs réf­ri­gé­rés, mais aussi pour les travaux de con­s­truc­tion dans les tun­nels. Nous avons même équi­pé des wagons à parois coulis­san­tes de power­packs moder­nes. Nous avons éga­le­ment fait de grands pro­grès dans le domaine du track­ing des wagons de mar­chan­di­ses. Désor­mais, nous savons où se trou­vent les wagons de mar­chan­di­ses, à quel­le vites­se ils rou­lent, quel est le niveau des bat­te­ries, quel­les sont les tempé­ra­tures dans les con­teneurs fri­go­ri­fi­ques, etc. Nous pou­vons exploi­ter ces don­nées dans un sys­tème de pla­ni­fi­ca­ti­on numé­ri­que. Nous avons éga­le­ment déjà réflé­chi à un sys­tème Uber pour les mar­chan­di­ses en vrac. Ce serait très inno­vant, mais le point d’achoppement est cette fois le prix de revi­ent et les par­ten­aires appropriés.

Peter Lug­in­bühl: Le fret fer­ro­vi­ai­re exis­te­ra enco­re dans 30 à 50 ans. Pour cela, nous devons nous éloi­g­ner des sys­tè­mes rigi­des que nous avons actu­el­le­ment. En com­men­çant par les super­s­truc­tures des wagons, en pas­sant par les pro­ces­sus logis­ti­ques rigi­des de trans­bor­de­ment des mar­chan­di­ses ou de ges­ti­on des wagons, jusqu’à la fle­xi­bi­li­té des wagons. Par­tout, il y a un potentiel d’innovation pour répond­re aux exi­gen­ces futures.

À quel­les con­di­ti­ons pour­ra-t-on mett­re en œuvre ces innovations? 

Peter Knaus: Je suis membre du comi­té d’experts de l’OFT pour les inno­va­tions tech­ni­ques. La Con­fé­dé­ra­ti­on est très ouver­te à cet égard et sou­ti­ent les inno­va­tions qui apportent des avan­ta­ges dur­a­bles. Le can­ton des Gri­sons est éga­le­ment très ouvert aux inno­va­tions et les sou­ti­ent autant que pos­si­ble lorsqu’elles pré­sen­tent un inté­rêt éco­no­mi­que et écologique.

Peter Lug­in­bühl: Dans le trans­port régio­nal de voy­a­ge­urs, il a fallu qu’un acteur éco­no­mi­que privé comme Goog­le fasse pres­si­on pour que les cho­ses bougent. Cela nous ferait pro­ba­blem­ent du bien à nous aussi. Il serait pas­si­on­nant qu’un acteur tiers du mar­ché fasse pression.

Que pen­sez-vous des pla­te­for­mes de don­nées inté­g­rées à l’échelle européenne?

Peter Knaus: Une situa­ti­on de départ pas­si­on­nan­te pour les acteurs du trans­port de mar­chan­di­ses, et pas seu­le­ment sur le rail. Le déve­lo­p­pe­ment qui con­di­ti­onne ces pla­te­for­mes recè­le bien des dif­fi­cul­tés, et je ne suis pas sûr que tout le monde met­trait ses don­nées à dis­po­si­ti­on. À l’heure actu­el­le, nos cli­ents peu­vent voir où se trou­vent les moy­ens de char­ge­ment à l’aide de trackings. Cela per­met par exemp­le à un cli­ent de trans­port de pétro­le d’organiser plus effi­ca­ce­ment sa pla­ni­fi­ca­ti­on et la nôtre. J’apprécierais notam­ment une plus gran­de con­ti­nui­té avec nos cli­ents en matiè­re de char­ge­ment du bois.

Peter Lug­in­bühl: Il fau­drait équi­per les wagons de dis­po­si­tifs de géo­lo­ca­li­sa­ti­on. Ce n’est qu’ensuite que nous pour­ri­ons fran­chir d’autres étapes en direc­tion de l’échange de don­nées, y com­pris entre les dif­fér­ents modes de trans­port. À la MGBahn, nous réflé­chis­sons moins à ces ques­ti­ons, car nous som­mes ori­en­tés vers le local.

Quels sont à votre avis les plus grands leviers pour faire pro­gresser le fret ferroviaire?

Peter Lug­in­bühl: Dans la fle­xi­bi­li­sa­ti­on du sys­tème de fret fer­ro­vi­ai­re. Nous ne serons jamais aussi fle­xi­bles que la route. Mais nous devons pou­voir réa­gir plus rapi­de­ment aux beso­ins des cli­ents et exploi­ter les atouts du rail. Le potentiel du trans­port par rail est énor­me. La pres­si­on pour le trans­fert modal vers le rail s’exerce d’elle-même.

Peter Knaus: Il faut cer­tai­ne­ment faire la dif­fé­rence entre les voies métri­ques et les voies nor­ma­les. Nous, les opé­ra­teurs fer­ro­vi­ai­res sur voies métri­ques, avons un réseau de tail­le mode­s­te. En com­pa­rai­son avec les CFF, nous som­mes à même de réa­gir très rapi­de­ment. Un chan­ge­ment de pla­ni­fi­ca­ti­on de deux semain­es est rapi­de par rap­port aux CFF – et lent par rap­port à une ent­re­pri­se de trans­port rou­tier. Celui-ci modi­fie sa pla­ni­fi­ca­ti­on en quel­ques jours. Plus nous avons d’argent, plus nous pou­vons inves­tir rapi­de­ment dans des véhi­cu­les moteurs et des wagons de mar­chan­di­ses ou moder­nis­er la flot­te, et plus nous pour­ri­ons réa­gir avec fle­xi­bi­li­té aux sou­haits de nos clients.

Dans quel­le mesu­re une con­cur­rence accrue entre les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re modi­fierait-elle la dyna­mi­que du mar­ché du fret ferroviaire? 

Peter Lug­in­bühl: Plus de con­cur­rence, plus de dyna­mis­me. Cepen­dant, le seuil d’entrée sur notre mar­ché est très élevé pour les nou­veaux acteurs. Pour exploi­ter un che­min de fer de mar­chan­di­ses, il faut un véhi­cu­le moteur aux règles et un maté­ri­el rou­lant coû­teux. Or c’est une tout autre paire de man­ches que d’acheter un cami­on pour quel­ques cen­tai­nes de mil­liers de francs. Des exemp­les comme Rail­ca­re ou La Poste mont­rent que la con­cur­rence con­duit à l’innovation et à une pres­si­on sur les prix.

Peter Knaus: La con­cur­rence fait du bien et inci­te à se déve­lo­p­per. Les respons­ables de Rail­ca­re ont un très bon con­cept de logis­tique de trans­port, ils com­bi­nent la route et le rail avec leur pro­pre flot­te. Les ent­re­pri­ses con­cur­ren­tes sur le rail sont elles aussi tri­bu­tai­res de sil­lons libres. Elles ne peu­vent pas sim­ple­ment démar­rer dès qu’elles ont ter­mi­né leur char­ge­ment. En ter­mes de prix, les petits opé­ra­teurs de fret fer­ro­vi­ai­re ont l’avantage de devoir prend­re en comp­te des frais géné­raux moins élevés.

Que pen­sez-vous de la VAP et que recom­man­de­riez-vous à notre association?

Peter Knaus: J’ai tou­jours eu un bon cont­act avec le secré­tai­re géné­ral, Frank Fur­rer. J’ai diri­gé le pro­jet de logis­tique de trans­port du Cent­re colis régio­nal d’Untervaz. Je tra­vail­lais en très étroi­te col­la­bo­ra­ti­on avec la VAP, qui était un membre indé­pen­dant et très pré­cieux du pro­jet. Je trouve que les éch­an­ges avec Frank Fur­rer, Jürg Lüt­scher et d’autres repré­sen­tants de la VAP qui apportent leur point de vue de char­geurs sont con­s­truc­tifs et passionnants.

Peter Lug­in­bühl: Jusqu’à récem­ment, je ne savais pas que cette asso­cia­ti­on exis­tait. Ma recom­man­da­ti­on serait que vous fas­siez mieux con­naît­re votre asso­cia­ti­on auprès des ent­re­pri­ses de trans­port de mar­chan­di­ses. En effet, je trouve que ce que fait la VAP est génial.

Qu’est-ce qui n’a pas enco­re été dit?

Peter Lug­in­bühl: Cet ent­re­ti­en m’a donné de pré­cieu­ses impul­si­ons, merci pour cela.

Peter Knaus: Merci de nous avoir invi­tés à cet ent­re­ti­en et de nous avoir donné l’occasion de nous présenter.

 

À pro­pos de Peter Knaus et de la Bünd­ner Güterbahn

Peter Knaus est responsable du tra­fic mar­chan­di­ses de la Bünd­ner Güter­bahn (sec­teur fret des Chem­ins de fer rhé­ti­ques, RhB). Il repré­sen­te en outre les chem­ins de fer à voie étroi­te au sein de la com­mis­si­on Tra­fic Mar­chan­di­ses (CTM) de l’Union des trans­ports publics (UTP) et fait par­tie du grou­pe d’accompagnement Tra­fic mar­chan­di­ses fer­ro­vi­ai­re de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT). La Bünd­ner Güter­bahn pro­po­se sous l’égide des RhB une large palet­te de solu­ti­ons de trans­port pour les ent­re­pri­ses et les par­ti­cu­liers dans les Gri­sons. Avec son parc de wagons diver­si­fié – com­pren­ant entre aut­res des wagons porte-con­teneurs, des wagons à parois coulis­san­tes et des wagons-citer­nes – elle trans­por­te des mar­chan­di­ses de tou­tes sor­tes. Les points de des­ser­te s’étendent sur l’ensemble du ter­ri­toire gri­son et com­pren­nent d’importants cen­tres indus­tri­els, des cen­tres logis­ti­ques ainsi que des explo­ita­ti­ons agri­co­les. La Bünd­ner Güter­bahn garan­tit ainsi un appro­vi­si­on­ne­ment com­plet en mar­chan­di­ses de la région entiè­re et con­sti­tue un élé­ment indis­pensable de l’infrastructure logis­tique régionale.

À pro­pos de Peter Lug­in­bühl et de la MGBahn

Peter Lug­in­bühl est direc­teur de l’exploitation de la MGBahn depuis 2017. Aupa­ra­vant, ce con­trô­leur de ges­ti­on diplô­mé a tra­vail­lé quel­ques années comme responsable du déve­lo­p­pe­ment de l’entreprise RH aux CFF. La MGBahn gère son tra­fic de fret avec Alpin Cargo SA, une filia­le du grou­pe Plan­zer. Elle offre des ser­vices variés à l’artisanat et au com­mer­ce de la région, dont la manu­ten­ti­on des mar­chan­di­ses, la logis­tique de stocka­ge et les trans­ports, tant par rail que par route. L’approvisionnement en pétro­le repré­sen­te un autre ser­vice important. Sur le der­nier kilo­mèt­re, Alpin Cargo des­sert non seu­le­ment les ent­re­pri­ses, mais aussi les par­ti­cu­liers. Ceux-ci peu­vent faire appel à leurs ser­vices pour les démé­nage­ments, le stocka­ge d’effets ména­gers ainsi que les liv­rai­sons à domic­i­le avec mon­ta­ge et les e‑transports.

 

Satisfaction chez CFF, inquiétude chez CFF Cargo

Satisfaction chez CFF, inquiétude chez CFF Cargo

Les CFF sont en par­fai­te santé. C’est ce que la socié­té a com­mu­ni­qué le 11 mars 2024 en publi­ant son bilan 2023. Seule la filia­le CFF Cargo con­ti­nue à être source d’inquiétude et doit être sou­te­nue finan­ciè­re­ment. Notre avis, à la VAP: Cela ne doit pas reve­nir à sub­ven­ti­on­ner sur le long terme le tra­fic par wagons com­plets iso­lés (TWCI). Et vu le bilan 2023, la pro­po­si­ti­on d’injecter 1,25 mil­li­ard de CHF est superflue.

Les enjeux:

  • Résul­tats 2023: des béné­fices fri­sant les records
  • La fra­gi­li­té chro­ni­que de CFF Cargo se tra­duit à nou­veau par un déficit
  • Des résul­tats record et des mil­li­ards d’aide: où est la logique?
  • Il faut instau­rer une responsa­bi­li­té entrepreneuriale

 

Résultats 2023: des bénéfices frisant les records

1,3 mil­li­on de voy­a­ge­urs, 269 mil­li­ons de CHF de béné­fices, 9,9 % de recet­tes sup­p­lé­men­tai­res dans le trans­port de voy­a­ge­urs, 92,5 % de trains pon­c­tuels mal­gré 20 000 chan­tiers, un endet­te­ment tombé à 11,3 mil­li­ards de CHF, et finance­ment de tous les inves­tis­se­ments sur le flux de tré­sore­rie: l’exercice 2023 des CFF reg­or­ge de bon­nes nou­vel­les et de super­la­tifs. Pour la pre­miè­re fois depuis l’ère post-covid, les CFF sortent du rouge. Ce résul­tat réjouis­sant est prin­ci­pa­le­ment dû à un nombre record de voy­a­ge­urs et aux béné­fices jute­ux géné­rés par les objets immo­bi­liers des CFF. Il n’est donc pas éton­nant que les respons­ables se mont­rent con­fi­ants pour abor­der l’avenir.

La fragilité chronique de CFF Cargo se traduit à nouveau par un déficit

Dans le sec­teur du fret de la socié­té rena­tio­na­li­sée CFF Cargo, la situa­ti­on finan­ciè­re est net­te­ment moins rose. Cer­tes, le résul­tat 2023 de CFF Cargo Suis­se s’est amé­lio­ré de 148 mil­li­ons de CHF par rap­port à celui de l’exercice pré­cé­dent pour att­eind­re moins 40 mil­li­ons de CF. Mais cela s’explique prin­ci­pa­le­ment par des cor­rec­tions de valeur de 2022. Le volu­me de tra­fic a bais­sé de 7,5 % par rap­port à l’exercice pré­cé­dent. Selon les CFF, les prin­ci­paux fac­teurs ont été la pres­si­on au niveau des prix, le défi­cit struc­tu­rel du TWCI et le refro­idis­se­ment de la conjoncture.

Reste à savoir com­ment chif­frer pré­cis­é­ment ce défi­cit, qua­li­fié de «struc­tu­rel». Dans le débat poli­tique, ces CFF par­lent de 80 à 100 mil­li­ons de CHF, tan­dis que le rap­port de ges­ti­on 2023 fait état de 40 mil­li­ons de CHF. CFF Cargo a‑t-il géné­ré des béné­fices de 40 à 60 mil­li­ons de CHF dans le tra­fic par trains complets?

Des résultats record et des milliards d’aide: où est la logique? 

Peter Füg­lis­ta­ler, direc­teur de l’Office fédé­ral des trans­ports (OFT), répond à cette ques­ti­on en don­nant dans un com­men­tai­re sur Lin­ke­dIn une répon­se plau­si­ble: «Je ne sais pas». Les CFF vont finan­ciè­re­ment bien, et c’est effec­ti­ve­ment tout à leur hon­neur. Car enfin, les char­geurs sou­hai­tent avoir des par­ten­aires forts dans le sec­teur des trans­ports. À la VAP, nous res­tons fidè­les à notre posi­ti­on: la situa­ti­on finan­ciè­re cri­tique de CFF Cargo ne doit pas être con­fon­due avec la néces­si­té de moder­nis­er et de réor­ga­nis­er le TWCI. En jan­vier 2024, le Con­seil fédé­ral a récla­mé à rai­son dans son «Mes­sa­ge rela­tif à la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses» des mesu­res de moder­ni­sa­ti­on du TWCI sur l’ensemble du ter­ri­toire (cf. artic­le du blog «De bons jalons pour le fret fer­ro­vi­ai­re inté­ri­eur»). Au lieu d’une enve­lo­p­pe d’assainissement au TWCI, nous récla­mons le ver­se­ment d’un finance­ment tran­si­toire ciblé, dégres­sif et limi­té dans le temps, pour une trans­for­ma­ti­on dura­ble du TWCI sur le che­min de l’autonomie finan­ciè­re. Ce n’est qu’ainsi que le TWCI pour­ra se moder­nis­er et croître.

Il faut instaurer une responsabilité entrepreneuriale

Le Par­le­ment trai­te actu­el­le­ment le «Mes­sa­ge sur la modi­fi­ca­ti­on de la loi sur les Chem­ins de fer fédé­raux (Finance­ment dura­ble des CFF)». La Con­fé­dé­ra­ti­on doit pro­chai­ne­ment prend­re en char­ge les défi­ci­ts des CFF résul­tant de la pan­dé­mie dans le domaine des gran­des lignes. Cela fait dire Josef Ditt­li, pré­si­dent de la VAP et con­seil­ler aux États: «Pour­quoi la Con­fé­dé­ra­ti­on, qui vient d’annoncer des réduc­tions bud­gé­tai­res liné­ai­res et des plans d’austérité, doit-elle sou­te­nir avec l’argent des con­tri­bu­ables une ent­re­pri­se éta­tique qui génè­re des résul­tats record? J’en appel­le aujourd’hui avec insis­tance à la responsa­bi­li­té entre­pre­neu­ria­le des acteurs.»

Contrôles digitaux du matériel roulant: une situation win-win pour toutes les parties concernées

Contrôles digitaux du matériel roulant: une situation win-win pour toutes les parties concernées

Les instal­la­ti­ons fixes de con­trô­le de CFF Infra­struc­tu­re pour le con­trô­le digi­tal des trains en explo­ita­ti­on sont affi­nées en per­ma­nence. Le sys­tème de con­trô­le digi­tal Way­si­de Intel­li­gence (WIN) aug­men­te non seu­le­ment la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, mais aide éga­le­ment les déten­teurs de wagons à pla­ni­fier plus effi­ca­ce­ment leurs travaux de main­ten­an­ce. Il est donc d’autant plus important que ces der­niers fas­sent part de leurs expé­ri­en­ces dans le cadre du déve­lo­p­pe­ment du système.

Les enjeux:

  • Main­ten­an­ce du maté­ri­el rou­lant: essen­ti­el­le pour la sécurité
  • Con­trô­les coû­teux entre les visi­tes de main­ten­an­ce régulières
  • La digi­ta­li­sa­ti­on amé­lio­re la planification
  • Uti­li­ser les don­nées de l’exploitant d’infrastructure de maniè­re ciblée
  • Main­te­nir l’état de la tech­ni­que et pla­ni­fier avec prévoyance
  • Tes­ter et déve­lo­p­per le WIN

 

Maintenance du matériel roulant: essentielle pour la sécurité

Les déten­teurs de wagons sont respons­ables de l’entretien pro­fes­si­on­nel de leurs véhi­cu­les, comme l’exige la direc­ti­ve actu­el­le sur la sécu­ri­té et l’interopérabilité. Ils con­tri­buent ainsi dans une large mesu­re à la sécu­ri­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re (voir l’article de blog «Tun­nel de base du Saint-Got­hard (#2): dis­po­si­tifs auto­ma­ti­ques de con­trô­le des trains»). L’élément cen­tral est la main­ten­an­ce péri­odi­que des wagons par des ate­liers spé­cia­li­sés cer­ti­fiés (Enti­ty in Char­ge of Main­ten­an­ce, ECM). Ceux-ci sont man­da­tés par le déten­teur. Les respons­ables doi­vent cal­cu­ler les séjours pro­gram­més en ate­lier du maté­ri­el rou­lant en se basant sur l’expérience d’exploitation, les objec­tifs et les métho­des de sécu­ri­té com­muns, de maniè­re à ce que les com­po­sants importants pour la sécu­ri­té, en sup­po­sant une usure con­for­me aux atten­tes, pré­sen­tent, selon l’expérience géné­ra­le et le cours nor­mal des cho­ses, un degré d’usure adap­té à l’exploitation jusqu’au pro­chain séjour péri­odi­que en atelier. 

Contrôles coûteux entre les visites de maintenance régulières 

Tou­te­fois, plu­s­ieurs années s’écoulent entre deux visi­tes régu­liè­res à l’atelier. Dans le tra­fic quo­ti­di­en de mar­chan­di­ses, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re (ETF) et les explo­itants d’infrastructures sont respons­ables de la sécu­ri­té d’exploitation des wagons de mar­chan­di­ses. Avant le départ des trains, les ETF con­trô­lent tous les wagons ran­gés en vue de détec­ter les dom­mages visi­bles et les défauts du char­ge­ment. Les wagons défec­tueux sont mis à l’écart et sou­mis à une main­ten­an­ce non pro­gram­mée con­for­mé­ment au Cont­rat uni­for­me d’utilisation des wagons (CUU). De tel­les manœu­vres extra­or­di­naires per­tur­bent le dérou­le­ment prévu de l’exploitation, peu­vent ent­raî­ner des retards et signi­fi­ent pour les ETF con­cer­nées un sur­croît de tra­vail et un man­que à gagner. 

La digitalisation améliore la planification

Pour que les déten­teurs puis­sent à l’avenir mieux assu­mer leur responsa­bi­li­té quant à l’aptitude au ser­vice de leurs wagons en explo­ita­ti­on, ils sont tenus de docu­men­ter tou­tes les mesu­res d’entretien et d’évaluer les expé­ri­en­ces fai­tes lors de la main­ten­an­ce. Pour l’évaluation con­ti­nue de leurs plans de main­ten­an­ce, ils ont beso­in de don­nées tech­ni­ques fia­bles sur le com­porte­ment et le degré d’usure actuel des com­po­sants importants pour le sys­tème. Grâce à la digi­ta­li­sa­ti­on crois­san­te, ces don­nées sont de plus en plus sou­vent à leur disposition.

Utiliser les données de l’exploitant d’infrastructure de manière ciblée

Sur le réseau suis­se à voie nor­ma­le, il exis­te des instal­la­ti­ons ou dis­po­si­tifs fixes de con­trô­le des trains (ICT ou DCT) de l’exploitant d’infrastructure CFF Infra­struc­tu­re. Ce sys­tème est appelé Way­si­de Intel­li­gence, ou WIN. Il sai­sit les valeurs de mesu­re importan­tes pour la sécu­ri­té de chaque train qui passe. Ces con­trô­les sont axés sur la sécu­ri­té de l’exploitation et la pré­ven­ti­on d’évènements dom­ma­ge­ables. Les écarts inad­mis­si­bles ent­raî­nent l’arrêt rapi­de du train et, le cas éché­ant, l’extraction du wagon défec­tueux ou mal chargé.

Les déten­teurs de wagons peu­vent éga­le­ment uti­li­ser ces don­nées sai­sies en con­tinu avec un mini­mum d’efforts d’initialisation afin d’obtenir une image réel­le de l’état des com­po­sants de leurs wagons qui sont importants pour le sys­tème. Pour ce faire, ils doi­vent équi­per leurs wagons d’un tag RFID (EN 17230) et mett­re en place une inter­face de trans­mis­si­on des don­nées coor­don­née avec CFF Infra­struc­tu­re, par exemp­le via une inter­face de pro­gram­ma­ti­on d’applications API ou une inter­face uti­li­sa­teur gra­phi­que GUI basée sur le web. 

Maintenir l’état de la technique et planifier avec prévoyance

Actu­el­le­ment, CFF Infra­struc­tu­re peut trans­mett­re à chaque déten­teur inscrit les don­nées sai­sies sur l’état des essieux de ses wagons iden­ti­fiés. Le déten­teur peut con­fi­gu­rer le flux de don­nées en fon­c­tion de ses beso­ins. La varia­ti­on dans le temps du coef­fi­ci­ent de char­ge dyna­mi­que de la roue per­met d’obtenir une image fia­ble de l’évolution de l’usure de la sur­face de rou­le­ment de la roue. Les don­nées coll­ec­tées per­met­tent au déten­teur du wagon de faire évo­luer en per­ma­nence les plans de main­ten­an­ce afin de tou­jours res­ter à la poin­te du pro­grès tech­ni­que. De plus, il peut anti­ci­per une mesu­re de main­ten­an­ce non péri­odi­que sans qu’il soit néces­saire de pro­cé­der à une mise à l’écart non programmée. 

Tester et développer le WIN

À l’heure actu­el­le, des travaux de déve­lo­p­pe­ment sont en cours afin d’évaluer auto­ma­ti­quement les images sai­sies par le sys­tème de camé­ra sur le site des ICT pour une ana­ly­se sys­té­ma­tique et une com­pa­rai­son des don­nées d’exploitation. Cela doit per­mett­re de détec­ter en par­ti­cu­lier les anoma­lies de l’équipement de frei­na­ge et du train de rou­le­ment pen­dant le fon­c­tion­ne­ment. Les per­son­nes inté­res­sées du milieu des chem­ins de fer de mar­chan­di­ses et des déten­teurs de wagons peu­vent par­ti­ci­per acti­ve­ment au déve­lo­p­pe­ment de ce sys­tème en par­ta­geant leurs beso­ins en infor­ma­ti­ons et en par­ti­ci­pant aux tests. Les per­son­nes inté­res­sées sont priées de s’adresser à:

Jörg Bisang
CFF SA, instal­la­ti­ons de con­trô­le des trains
+41 79 698 22 41
joerg.bisang@sbb.ch

De bons jalons pour le fret ferroviaire intérieur

De bons jalons pour le fret ferroviaire intérieur

En jan­vier, le Con­seil fédé­ral a publié son mes­sa­ge à l’attention du Par­le­ment con­cer­nant la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Il vise à moder­nis­er le tra­fic de wagons com­plets iso­lés (TWCI) sur l’ensemble du ter­ri­toire et pose ainsi les bases de son auto­fi­nance­ment. En dépit de nombreu­ses réser­ves, il pro­po­se pour cela des aides à l’investissement et des indem­ni­tés d’exploitation tem­po­rai­res ainsi que des inci­ta­ti­ons desti­nées aux chargeurs.

Les enjeux:

  • Le Con­seil fédé­ral vise l’autofinancement
  • Réor­ga­ni­sa­ti­on inté­gra­le et moder­ni­sa­ti­on du TWCI
  • Encou­ra­ge­ment limi­té dans le temps de l’exploitation du TWCI durant la phase de modernisation
  • L’OFT cri­tique les lignes direc­tri­ces du secteur
  • Aper­çu du projet
  • Et main­ten­ant

 

Le Conseil fédéral vise l’autofinancement

Lors de sa séan­ce du 10 jan­vier 2024, le Con­seil fédé­ral a adop­té le Mes­sa­ge rela­tif à la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses à l’at­ten­ti­on du Par­le­ment. La VAP accu­eil­le avec satis­fac­tion la pour­suite de la variante1, qu’elle favo­ri­se. Par ce pro­jet, le Con­seil fédé­ral entend moder­nis­er le fret fer­ro­vi­ai­re sur les plans tech­ni­que et orga­ni­sa­ti­on­nel, ren­forcer les chaî­nes de trans­port mul­ti­mo­da­les et mieux inté­grer la navi­ga­ti­on. Les objec­tifs géné­raux con­sis­tent à ren­forcer la sécu­ri­té de l’approvisionnement dans tout le pays et à pro­mou­voir la mul­ti­mo­da­li­té, afin de con­tri­buer aux objec­tifs envi­ron­ne­men­taux et éner­gé­ti­ques de la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il s’agit ainsi de garan­tir la des­ser­te actu­el­le des sur­faces, d’augmenter la part du fret fer­ro­vi­ai­re à moyen terme et de poser les bases d’un autofinancement.

Réorganisation intégrale et modernisation du TWCI 

Cette réor­ga­ni­sa­ti­on repo­se sur une trans­for­ma­ti­on com­plè­te du TWCI, respec­ti­ve­ment du tra­fic de réseau avec la moder­ni­sa­ti­on tech­ni­que cor­re­spond­an­te (en par­ti­cu­lier la numé­ri­sa­ti­on) qui va de pair, l’intégration dans le sys­tème logis­tique suis­se et l’instauration d’une con­cur­rence intra­mo­da­le non dis­cri­mi­na­toire. Cette der­niè­re doit per­mett­re d’améliorer con­sidé­ra­blem­ent la qua­li­té des pre­sta­ti­ons logis­ti­ques et leur effi­ca­ci­té et de faci­li­ter les inno­va­tions futures. Le pro­jet pré­voit d’allouer des res­sour­ces d’investissement de 180 mil­li­ons de francs au finance­ment de l’introduction du cou­pla­ge auto­ma­tique digi­tal (DAC). Des res­sour­ces d’investissement sup­p­lé­men­tai­res sont pré­vues pour finan­cer des opti­mi­sa­ti­ons de pro­ces­sus numé­ri­sés et des pla­te­for­mes d’échange de don­nées et d’autres inves­tis­se­ments comparables.

Encouragement limité dans le temps de l’exploitation du TWCI durant la phase de modernisation

Afin de pré­ser­ver son niveau actuel d’exploitation dans tout le ter­ri­toire, un sou­ti­en finan­cier de son explo­ita­ti­on est prévu pour une durée de huit ans. Cette mesu­re est cen­sée cou­vr­ir les coûts non cou­verts. Ces indem­ni­tés dimi­n­ue­ront au fur et à mesu­re de l’avancement de la réor­ga­ni­sa­ti­on et seront fixées dans des con­ven­ti­ons de pre­sta­ti­ons plu­ri­an­nuel­les con­clues avec tou­tes ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re impli­quées dans le tra­fic de réseau.

L’OFT critique les lignes directrices du secteur 

Pour que cette trans­for­ma­ti­on réus­sis­se et que le TWCI puis­se être exploi­té de maniè­re sta­ble à son niveau actuel pen­dant la phase de trans­for­ma­ti­on, le sec­teur a pré­sen­té des lignes direc­tri­ces pour des mesu­res con­crè­tes et des acti­vi­tés d’encouragement. L’OFT con­sidè­re tou­te­fois qu’elles sont insuf­fi­san­tes et deman­de qu’elles soi­ent retra­vail­lées. Il déplo­re notam­ment l’absence de per­spec­ti­ve d’une réor­ga­ni­sa­ti­on glo­ba­le visa­nt à accroît­re l’efficience et les capa­ci­tés. Il obser­ve que la ten­dance est au main­ti­en des struc­tures et à la pour­suite de la réduc­tion de l’offre. Il con­sidè­re qu’il n’est actu­el­le­ment pas en mesu­re de con­clure des accords de pre­sta­ti­ons sur cette base. La VAP com­prend les réser­ves de l’OFT, puis­que ces lignes direc­tri­ces sont le fruit d’un com­pro­mis entre les char­geurs et les ent­re­pri­ses de fret fer­ro­vi­ai­re, dans le cadre duquel la VAP avait fait de gran­des con­ces­si­ons pour les beso­ins de la cause. Il est à pré­sent néces­saire de retra­vail­ler en sub­s­tance ces lignes direc­tri­ces, notam­ment du point de vue des cli­ents du trans­port de mar­chan­di­ses en tant qu’utilisateurs des ser­vices logistiques.

Nous som­mes prêts à sou­te­nir de maniè­re signi­fi­ca­ti­ve l’avancement de ce dos­sier. Nous esti­mons qu’un pilo­ta­ge opé­ra­ti­on­nel com­plet pour con­trô­ler l’efficacité des mesu­res et des inci­ta­ti­ons et la mise en place d’une pla­te­for­me numé­ri­que con­sti­tue une con­di­ti­on essen­ti­el­le à cette trans­for­ma­ti­on. Cela per­met­trait de reli­er tous les acteurs de façon fle­xi­ble et effi­cace dans la pla­ni­fi­ca­ti­on et le dérou­le­ment de leurs pre­sta­ti­ons. Cette trans­for­ma­ti­on doit être mise en œuvre de maniè­re struc­tu­rée, métho­di­que et ciblée sous la forme d’un projet.

Aperçu du projet
  • Les aides à l’investissement: Le Con­seil fédé­ral met à dis­po­si­ti­on 180 mil­li­ons de francs pour finan­cer l’introduction du DAC. Cela cou­vre envi­ron un tiers des coûts de trans­for­ma­ti­on. Le réé­qui­pe­ment du maté­ri­el rou­lant doit être coor­don­né à l’échelle euro­pé­en­ne et doit se réa­li­ser d’ici 2033. On attend du DAC qu’il se tra­dui­se par une amé­lio­ra­ti­on sub­stan­ti­el­le de la pro­duc­ti­vi­té et de la qua­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses.
    Fiche d’in­for­ma­ti­on DAC (PDF, 971 kB)
  • Indem­ni­tés d’exploitation: Afin de pré­ser­ver le niveau actuel de cou­ver­tu­re du ter­ri­toire du TWCI pen­dant la phase de trans­for­ma­ti­on, le Con­seil fédé­ral pré­voit de le sou­te­nir finan­ciè­re­ment pen­dant une durée limi­tée à huit ans et de maniè­re dégres­si­ve. L’autonomie finan­ciè­re doit être att­ein­te à l’issue de cette péri­ode. Pour les quat­re pre­miè­res années, il deman­de 260 mil­li­ons de francs.
    Fiche d’in­for­ma­ti­on sur le trans­port de mar­chan­di­ses (PDF, 712 kB)
  • Inci­ta­ti­ons pour les char­geurs: Des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment ainsi qu’une indem­ni­sa­ti­on des coûts non cou­verts de l’offre com­man­dée de trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses sont pré­vues pour une durée indé­ter­mi­née à hauteur de 60 mil­li­ons par an au total.

Mes­sa­ge com­plet sur la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses.

Et maintenant
  • Les points en sus­pens feront l’objet de dis­cus­sions entre l’OFT et le sec­teur avant la fin du pre­mier semes­t­re 2024, et les lignes direc­tri­ces seront com­plé­tées et pré­cis­ées en conséquence.
  • Dans ce con­tex­te et après l’adoption de la loi révi­sée, un pro­ces­sus d’appel d’offres doit être lancé d’ici la fin de l’an­née 2024 pour les  dif­fér­ents paquets de pre­sta­ti­ons au sein du tra­fic réseau.
  • Les négo­cia­ti­ons d’éventuelles con­ven­ti­ons de pre­sta­ti­ons sont pré­vues pour 2025, afin que les éven­tu­el­les mesu­res d’encouragement puis­sent prend­re effet début 2026.

 

Pour de plus amp­les de détails, voir le pré­sent com­mu­ni­qué de pres­se com­mun de la VAP, de la LITRA, de l’AS­TAG, de la CI Tra­fic com­bi­né et de l’UTP.

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