La VAP promouvoit le fret ferroviaire.

La VAP Asso­cia­ti­on des char­geurs s’en­ga­ge en faveur de con­di­ti­ons-cad­res adap­tées au mar­ché et d’un sys­tème fer­ro­vi­ai­re suis­se pour le trans­port de mar­chan­di­ses per­for­mant. Thè­mes actuels:

SECTEUR DU FRET

  • Com­ment con­ce­voir l’a­ve­nir du trans­port de mar­chan­di­ses?
  • Qu’est-ce qui fait bouger le sec­teur du fret?
  • Un aper­çu des acteurs du fret ferroviaire.

RÉSEAU

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons uti­les sur les voies fer­rées, leur orga­ni­sa­ti­on et l’ac­cès au réseau.

FINANCEMENT

Infor­ma­ti­ons sur les aides finan­ciè­res et les taxes dans le trans­port de marchandises.

SITES

Tout sur le char­ge­ment libre, les ter­minaux, les instal­la­ti­ons de voies de rac­cor­de­ment ou enco­re les hubs logis­ti­ques mul­ti­mo­daux.

INTEROPÉRABILITÉ

La VAP s’en­ga­ge à har­mo­nis­er les con­di­ti­ons-cad­res afin que les trains puis­sent cir­cu­ler sans dif­fi­cul­té sur les réseaux fer­ro­vi­ai­res européens.

DURABILITÉ

Pour un ave­nir clair­voy­ant, il con­vi­ent de con­ce­voir dif­fér­ents domain­es de maniè­re durable.

Innovation

Com­ment pou­vons-nous faire avan­cer l’in­no­va­ti­on dans le trans­port de marchandises?

EXPLOITATION

En faveur d’une con­cur­rence loya­le, nous vou­lons uti­li­ser la force de tous les modes de trans­port et les com­bi­ner de maniè­re opti­ma­le. Car c’est ainsi que le tra­jet sera plus court – et plus éco­no­mi­que – pour chacun d’ent­re nous.

ÉVÉNEMENTS

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons com­plé­men­tai­res et de la docu­men­ta­ti­on sur nos mani­fes­ta­ti­ons Forum Fret Fer­ro­vi­ai­re, notre Assem­blée géné­ra­le et autres.

Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Transports en 2045: il faut prendre en compte le transport ferroviaire de marchandises

Avec les paramè­tres clés pour les trans­ports en 2045, le Con­seil fédé­ral pose les jalons pour le déve­lo­p­pe­ment futur des infra­struc­tures de trans­port. Du point de vue de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée dès le début. Sinon, les objec­tifs de trans­fert modal et le bon fon­c­tion­ne­ment de l’en­sem­ble du sys­tème seront compromis.

Lors de sa séan­ce d’hier, le Con­seil fédé­ral a fixé les gran­des lignes du déve­lo­p­pe­ment des infra­struc­tures de trans­port jus­qu’en 2045. Se fond­ant sur l’ex­per­ti­se «Trans­ports 2045» de l’EPFZ ainsi que sur les esti­ma­ti­ons et les ana­ly­ses des offices fédé­raux com­pé­tents, il a char­gé le DETEC d’é­la­bo­rer un pro­jet desti­né à la con­sul­ta­ti­on d’ici à fin juin 2026. L’ob­jec­tif est de coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment du rail, de la route et du tra­fic d’ag­glo­mé­ra­ti­on afin de répond­re aux beso­ins futurs en matiè­re de mobilité.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) salue le fait que le Con­seil fédé­ral se pen­che suf­fi­sam­ment tôt et à long terme sur le déve­lo­p­pe­ment de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re. Pour les mem­bres de la VAP, il est essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit pris en comp­te de maniè­re appro­priée, car il con­sti­tue un élé­ment indis­pensable d’un sys­tème de trans­port per­for­mant et durable.

Le rap­port de l’EPFZ décrit une forte crois­sance du tra­fic voy­a­ge­urs, tan­dis que le tra­fic mar­chan­di­ses par rail sta­gne depuis des années. Du point de vue de la VAP, cette con­sta­ta­ti­on est tou­te­fois insuf­fi­san­te. La sta­gna­ti­on n’est pas prin­ci­pa­le­ment due à un man­que de deman­de, mais plu­tôt à des gou­lets d’étran­gle­ment en ter­mes de capa­ci­té, à l’ab­sence de con­­di­­ti­ons-cad­­res et à des rest­ric­tions opé­ra­ti­on­nel­les, non seu­le­ment en Suis­se, mais aussi sur les lignes d’ap­port dans les pays voi­sins. Les trains de voy­a­ge­urs ayant la prio­ri­té dans le tra­fic mixte, il devi­ent de plus en plus dif­fi­ci­le pour les trains de mar­chan­di­ses de cir­cu­ler de maniè­re fia­ble et pon­c­tu­el­le sur un réseau fer­ro­vi­ai­re for­te­ment sol­li­ci­té. À cela s’a­jou­te l’aug­men­ta­ti­on des trans­ports de mar­chan­di­ses urgents, tels que les biens de con­som­ma­ti­on, les den­rées ali­men­tai­res ou les colis. La ques­ti­on reste ouver­te de savoir com­ment garan­tir que ces trains de mar­chan­di­ses trou­vent effec­ti­ve­ment leur place sur le réseau fer­ro­vi­ai­re, en par­ti­cu­lier avec des sil­lons vrai­ment rapides.

Si le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne dis­po­se pas de l’e­space néces­saire, il ris­que d’êt­re trans­fé­ré vers la route. Cela aurait des con­sé­quen­ces immé­dia­tes sur le réseau rou­tier déjà for­te­ment sol­li­ci­té, qui fon­c­tion­ne déjà à la limi­te de ses capa­ci­tés dans de nombreux end­roits. Une char­ge sup­p­lé­men­tai­re sur les rou­tes natio­na­les due au trans­port de mar­chan­di­ses ent­raî­nerait clai­re­ment une aug­men­ta­ti­on des heu­res d’embouteillage, ce qui n’est dans l’in­té­rêt ni de l’é­co­no­mie ni de la population.

Pour la VAP, il est donc essentiel que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses soit sys­té­ma­ti­quement pris en comp­te dans la pla­ni­fi­ca­ti­on et la hié­rar­chi­sa­ti­on des étapes d’ex­ten­si­on. L’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re est uti­li­sée à la fois pour le trans­port de mar­chan­di­ses et pour le trans­port de per­son­nes. Ces deux modes de trans­port sont essentiels pour la Suis­se en tant que pôle éco­no­mi­que et de mobi­li­té. La VAP par­ti­ci­pe­ra donc acti­ve­ment à la con­sul­ta­ti­on pré­vue à l’été 2026 afin de répond­re aux pré­oc­cu­pa­ti­ons des char­geurs et du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

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La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

La sécurité dans le transport ferroviaire de marchandises ne peut fonctionner que de manière globale

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard a clai­re­ment mon­tré à quel point un sys­tème fer­ro­vi­ai­re haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le euro­pé­en­ne est vul­né­ra­ble. Il a éga­le­ment mis en évi­dence qu’un niveau élevé de sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses ne peut être garan­ti que si tous les acteurs assu­ment leurs responsa­bi­li­tés. Cela néces­si­te une appro­che glo­ba­le qui réduit la pro­ba­bi­li­té d’in­ci­dents grâce à une multi­tu­de de mesures.

Les enjeux:

  • Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?
  • Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas
  • La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité
  • Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables
  • La sécu­ri­té n’est pas une mis­si­on individuelle
  • Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en est souhaitable

 

Com­ment garan­tir une sécu­ri­té durable?

L’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard en août 2023 a bou­le­ver­sé le sec­teur fer­ro­vi­ai­re, voire toute la Suis­se. Les dom­mages con­sidé­ra­bles cau­sés à l’in­fra­struc­tu­re et les longs travaux de répa­ra­ti­on ont ent­raî­né une dis­po­ni­bi­li­té réduite de l’axe nord-sud le plus important de Suis­se pen­dant plus d’un an. Les réper­cus­sions opé­ra­ti­on­nel­les se sont fait sen­tir bien au-delà du tun­nel du Got­hard et ont sou­le­vé une ques­ti­on cen­tra­le : com­ment garan­tir dura­blem­ent la sécu­ri­té dans un sys­tème haute­ment com­ple­xe et inter­con­nec­té à l’é­chel­le européenne?

Les répon­ses simp­les ne suf­fi­sent pas

Une réac­tion radi­cale à un inci­dent grave est com­pré­hen­si­ble : la sécu­ri­té doit être ren­for­cée, les ris­ques mini­mi­sés et les réci­di­ves exclues. Les mesu­res pri­ses par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) après la publi­ca­ti­on du rap­port d’ac­ci­dent du Ser­vice suis­se d’en­quête de sécu­ri­té (SESE) ont donc été dras­ti­ques. Mais ces mesu­res sont peu fon­dées et visent exclu­si­ve­ment les déten­teurs de wagons.

La com­ple­xi­té l’emporte sur la faisabilité

Il est rapi­de­ment appa­ru que les nou­vel­les pre­scrip­ti­ons de l’OFT ne pou­vai­ent être mises en œuvre sous leur forme pré­vue, ni sur le plan opé­ra­ti­on­nel, ni en ter­mes de capa­ci­tés des ser­vices de main­ten­an­ce. La réduc­tion mas­si­ve des cycles de main­ten­an­ce et de con­trô­le aurait ent­raî­né la mise en main­ten­an­ce immé­dia­te de mil­liers de wagons de mar­chan­di­ses, qui n’au­rai­ent plus été uti­li­sables. L’OFT s’est vu con­traint d’ad­ap­ter sa décis­i­on initiale.

Cette cor­rec­tion régle­men­tai­re mont­re à quel point il est dif­fi­ci­le, dans l’ur­gence, de défi­nir des mesu­res effi­caces, fon­dées et appli­ca­bles pour un sys­tème extrê­me­ment com­ple­xe. Elle mont­re éga­le­ment que la ques­ti­on de la sécu­ri­té ne peut être réduite à cer­ta­ins acteurs ou à cer­tai­nes mesu­res, et enco­re moins à cer­ta­ins pays.

Les pro­prié­tai­res de véhi­cu­les ne sont pas les seuls responsables

Le sys­tème fer­ro­vi­ai­re de trans­port de mar­chan­di­ses ne s’ar­rête pas à la fron­tiè­re natio­na­le. Les wagons de mar­chan­di­ses cir­cu­lent pen­dant des semain­es, voire des mois, sur l’en­sem­ble du réseau euro­pé­en et chan­gent con­stam­ment de pays, d’entre­pri­se fer­ro­vi­ai­re et de ges­ti­on­n­aire d’in­fra­struc­tu­re. Pour garan­tir la sécu­ri­té dans ce con­tex­te dyna­mi­que, il ne suf­fit pas de dis­po­ser d’un maté­ri­el rou­lant soli­de. Une ges­ti­on pré­voy­an­te du maté­ri­el rou­lant et une con­duite com­pé­ten­te en explo­ita­ti­on sont éga­le­ment déterminantes.

Les ent­re­pri­ses fer­ro­vi­ai­res jouent donc un rôle clé. Elles uti­li­sent les wagons de mar­chan­di­ses dans leur explo­ita­ti­on quo­ti­di­en­ne, effec­tu­ent des con­trô­les avant le départ et des con­trô­les visuels et influen­cent la char­ge réel­le du maté­ri­el rou­lant par la con­duite du per­son­nel de loco­mo­ti­ve et la ges­ti­on opérationnelle.

La sécu­ri­té n’est pas une tâche isolée

La sécu­ri­té dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses résul­te de l’in­ter­ac­tion entre les déten­teurs de wagons, les ser­vices de main­ten­an­ce, les ent­re­pri­ses de trans­port fer­ro­vi­ai­re et les infra­struc­tures, avec des sys­tè­mes de sur­veil­lan­ce et de détec­tion appro­priés. Si cer­ta­ins acteurs sont reti­rés de cette équa­ti­on et donc déchar­gés de leur responsa­bi­li­té, leur inter­ac­tion se trouve désé­qui­li­brée. Les mesu­res régle­men­tai­res doi­vent tenir comp­te de cette réalité.

Une action coor­don­née au niveau euro­pé­en souhaitée

C’est pré­cis­é­ment parce que le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est orga­ni­sé à l’é­chel­le euro­pé­en­ne qu’il faut adop­ter une per­spec­ti­ve euro­pé­en­ne en matiè­re de sécu­ri­té. Le réseau fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est tel­lement inter­con­nec­té au niveau inter­na­tio­nal que les initia­ti­ves natio­na­les iso­lées com­pro­met­tent la sécu­ri­té plu­tôt qu’el­les ne l’op­ti­mi­sent. Dans ce con­tex­te, il faut saluer les recom­man­da­ti­ons pré­sen­tées fin 2025 par le Joint Net­work Secre­ta­ri­at, qui visent à coor­don­ner le déve­lo­p­pe­ment des exi­gen­ces de sécu­ri­té. L’OFT a rai­son d’ad­op­ter une visi­on pan­eu­ro­pé­en­ne et d’har­mo­nis­er les mesu­res pri­ses en Suis­se avec les lignes direc­tri­ces européennes.

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VAP renforce ses effectifs et affine son orientation future

VAP renforce ses effectifs et affine son orientation future

La VAP ren­force ses effec­tifs. Jonas Leh­ner rem­pla­cera le direc­teur géné­ral Simon Wey à par­tir de début 2026. Ce ren­fort vise non seu­le­ment à ren­forcer l’i­mage de l’as­so­cia­ti­on, mais aussi à faire pro­gresser son déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique et thématique.

L’As­so­cia­ti­on des char­geurs (VAP) est la voix forte et libé­ra­le du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se. Nous nous réjouis­sons de ren­forcer le tra­vail de notre asso­cia­ti­on grâce à l’ar­ri­vée de Jonas Leh­ner début jan­vier 2026. Il pos­sè­de plu­s­ieurs années d’expé­ri­ence dans le monde asso­cia­tif, notam­ment en tant que direc­teur adjoint de la com­mu­ni­ca­ti­on de l’U­ni­on patro­na­le suisse.

Ce ren­fort en per­son­nel vise non seu­le­ment à ren­forcer l’i­mage de l’as­so­cia­ti­on, mais aussi à pro­mou­voir son déve­lo­p­pe­ment stra­té­gique et thé­ma­tique. Cela com­prend l’in­ten­si­fi­ca­ti­on des éch­an­ges tech­ni­ques avec les mem­bres, le posi­ti­onne­ment thé­ma­tique de l’as­so­cia­ti­on sur les ques­ti­ons rela­ti­ves au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et une com­mu­ni­ca­ti­on cohé­ren­te et ciblée. Ce der­nier point per­met­tra d’af­fi­ner enco­re l’i­mage de l’AIF auprès des milieux poli­ti­ques, des médi­as et de la socié­té. Tous ces chan­ge­ments ont pour objec­tif clair de con­tin­uer à mett­re le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses et son évo­lu­ti­on au cent­re de l’at­ten­ti­on des milieux poli­ti­ques, des médi­as et de la socié­té, et de repré­sen­ter enco­re plus effi­ca­ce­ment les inté­rêts des chargeurs.

La VAP s’en­ga­ge en faveur de con­­di­­ti­ons-cad­­res favor­ables à un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses inno­vant, per­for­mant et com­pé­ti­tif en Suisse.

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Session d’hiver 2025 : beaucoup de questions, quelques réponses

Session d’hiver 2025 : beaucoup de questions, quelques réponses

Lors de la ses­si­on d’hi­ver 2025, qui s’est tenue du 1er au 19 décembre 2025, le Par­le­ment suis­se a débat­tu de divers pro­jets liés à la poli­tique des trans­ports. L’ac­cent a été mis sur les mesu­res déci­dées par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) à la suite du rap­port Sust sur l’ac­ci­dent de train de mar­chan­di­ses dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Le niveau de per­for­mance de CFF Cargo ainsi que, une fois de plus, l’a­li­men­ta­ti­on et la liqui­di­té du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF) ont éga­le­ment fait l’ob­jet de débats.


Les enjeux:

  • Le Con­seil fédé­ral s’ex­prime sur les con­sé­quen­ces des mesu­res de sécu­ri­té pri­ses par l’OFT
  • Dis­cus­sion con­tro­ver­sée sur la garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons chez CFF Cargo
  • La deu­xiè­me chambre adop­te la moti­on rela­ti­ve à l’a­li­men­ta­ti­on et à la liqui­di­té du FIF

Le Con­seil fédé­ral s’ex­prime sur les con­sé­quen­ces des mesu­res de sécu­ri­té pri­ses par l’OFT

Le 15 décembre 2025, le Con­seil des États a exami­né l’in­ter­pel­la­ti­on 25.4146 «Con­sé­quen­ces des mesu­res visa­nt à ren­forcer la sécu­ri­té du tra­fic fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses» dépo­sée par le con­seil­ler aux États et pré­si­dent de l’AIFP Josef Ditt­li. L’ac­cent a été mis sur les ques­ti­ons rela­ti­ves aux mesu­res initia­le­ment ordon­nées par l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) à la suite de l’ac­ci­dent sur­venu dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. L’ob­jec­tif de ces mesu­res était d’a­mé­lio­rer la sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Au début du débat au Con­seil, le con­seil­ler aux États Ditt­li a souli­g­né que ces mesu­res con­cer­nerai­ent iné­vi­ta­blem­ent aussi les pays de l’U­ni­on euro­pé­en­ne. Comme l’OFT n’a pas eu le temps de les coor­don­ner avec le sec­teur euro­pé­en du trans­port de mar­chan­di­ses, il esti­me que l’in­teropé­ra­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re inter­na­tio­nal de mar­chan­di­ses est men­acée. Josef Ditt­li esti­me éga­le­ment que les ate­liers ne dis­po­sent pas des capa­ci­tés humain­es et tech­ni­ques néces­saires pour faire face à la réduc­tion des inter­val­les de main­ten­an­ce. Il a évo­qué le ris­que que la mise en œuvre de ces mesu­res ent­raî­ne une pénurie mas­si­ve de wagons de mar­chan­di­ses, avec les con­sé­quen­ces que cela impli­que pour la sécu­ri­té d’approvisionnement.

Le con­seil­ler aux États Ditt­li doute qu’il soit juste et per­ti­nent de recher­cher uni­la­té­ra­le­ment la responsa­bi­li­té des rup­tures de roues dans l’en­tre­ti­en des wagons, comme le fait la décis­i­on de l’OFT. Les cau­ses des rup­tures de roues serai­ent dues à la com­bi­nai­son de plu­s­ieurs fac­teurs, tels que le com­porte­ment de con­duite et de frei­na­ge du con­duc­teur de loco­mo­ti­ve, l’é­tat de l’in­fra­struc­tu­re, ainsi que la main­ten­an­ce et le maté­ri­el. Selon M. Ditt­li, «le mode de con­duite, les con­di­ti­ons de l’in­fra­struc­tu­re et la main­ten­an­ce dev­rai­ent être pris en comp­te de maniè­re appro­priée dans l’évaluation».

Dans son inter­ven­ti­on, le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti a souli­g­né la posi­ti­on prépon­dé­ran­te de l’é­co­no­mie de char­ge­ment dans le trans­port de mar­chan­di­ses. «Je pense qu’il est incon­test­a­ble ici dans cette salle que l’é­co­no­mie de char­ge­ment joue un rôle très important dans le trans­port de mar­chan­di­ses et que nous devons en même temps tout mett­re en œuvre pour que les mar­chan­di­ses restent sur le rail et que la sécu­ri­té soit garantie.»

Le con­seil­ler fédé­ral Rösti a éga­le­ment évo­qué la décis­i­on pro­vi­so­i­re du Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral. Celle-ci réta­blit l’ef­fet sus­pen­sif qui avait été reti­ré par la décis­i­on. Le con­seil­ler fédé­ral Rösti con­sidè­re ce répit comme une occa­si­on bien­ve­nue pour tra­vail­ler à la mise en œuvre des mesu­res déci­dées et cla­ri­fier les incer­ti­tu­des rela­ti­ves à la ques­ti­on de la responsa­bi­li­té. Avec le pos­tu­lat Stor­ni 25.3177, le Con­seil fédé­ral a éga­le­ment reçu du Con­seil natio­nal le man­dat de dress­er un état des lieux de la situa­ti­on régle­men­tai­re en matiè­re de sécu­ri­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le con­seil­ler fédé­ral Rösti a décla­ré à ce sujet : «Je pense que le pos­tu­lat offre une base pour exami­ner éga­le­ment les ques­ti­ons rela­ti­ves à la responsa­bi­li­té. […] À ce niveau, il dev­rait être pos­si­ble de pour­suiv­re la col­la­bo­ra­ti­on pour garan­tir la sécu­ri­té et le main­ti­en du trans­port de mar­chan­di­ses par rail.»

Vous pou­vez lire ici l’in­té­gra­li­té du bul­le­tin du débat du Con­seil des États sur l’in­ter­pel­la­ti­on 25.4146 du con­seil­ler aux États Josef Dittli.
 
Dis­cus­sion con­tro­ver­sée sur la garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons chez CFF Cargo

Avec les moti­ons 25.4147 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog et 25.4409 de la CTT‑E, le Con­seil des États a débat­tu de la «garan­tie du niveau des pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral dans le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses». Ces inter­ven­ti­ons deman­dent au Con­seil fédé­ral de fixer diver­ses exi­gen­ces aux CFF pour la péri­ode de pre­sta­ti­ons 2026 à 2029. Le débat au Con­seil des États s’est con­cen­tré sur trois points : les con­tri­bu­ti­ons finan­ciè­res de la Con­fé­dé­ra­ti­on, l’a­mé­lio­ra­ti­on de l’ef­fi­ca­ci­té et donc les points de des­ser­te des­ser­vis par CFF Cargo, ainsi que les aug­men­ta­ti­ons de prix pro­por­ti­onnées à l’a­ve­nir. En accord avec la majo­ri­té de la CTT‑E, Eva Her­zog a reti­ré le pre­mier point de sa motion

La con­seil­lè­re aux États Esther Fried­li a pris la paro­le pour jus­ti­fier la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire visa­nt à reje­ter le point deux de la moti­on 25.4409. Sa con­clu­si­on : « Je vous deman­de de lais­ser pas­ser un peu de temps afin que la nou­vel­le loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses puis­se être mise en œuvre. Dans un ou deux ans, nous pour­rons alors voir si elle a évo­lué dans la bonne direc­tion. Mais notre mino­ri­té esti­me qu’il n’est pas judi­cieux d’in­ter­ve­nir à nou­veau dès maintenant. »

Le con­seil­ler fédé­ral Albert Rösti s’est expri­mé comme suit lors du débat : «Nous avons défi­ni les points de des­ser­te dans la con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons, les prix ont été fixés con­trac­tu­el­le­ment, et le cadre est donc en fait tel que le Par­le­ment l’a défi­ni lors de l’ex­amen de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Je vous deman­de donc de ne pas inter­ve­nir dans la mise en œuvre et de lais­ser le con­cept fon­c­tion­ner dans un pre­mier temps, sach­ant que nous exi­ge­ons de CFF Cargo qu’el­le ne subis­se plus de per­tes dans tous ces domaines.»

Le Con­seil des États a approu­vé la pro­po­si­ti­on mino­ri­taire con­cer­nant le point deux de la moti­on 25.4409 par 21 voix cont­re 15 et a adop­té le point trois de la moti­on par 21 voix cont­re 19. Le Con­seil natio­nal doit enco­re déli­bé­rer sur ces pro­jets en tant que deu­xiè­me chambre.

Vous pou­vez lire ici l’in­té­gra­li­té du bul­le­tin du débat du Con­seil des États sur les moti­ons 25.4147 et 25.4409.

La deu­xiè­me chambre adop­te la moti­on rela­ti­ve à l’a­li­men­ta­ti­on et à la liqui­di­té du FIF

Avec la moti­on 25.3953 «Garan­tir l’a­li­men­ta­ti­on et les liqui­di­tés du fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re», la CTT‑E a char­gé le Con­seil fédé­ral de prend­re les mesu­res appro­priées pour amé­lio­rer et aug­men­ter l’a­li­men­ta­ti­on et la liqui­di­té du Fonds d’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re (FIF).

Con­for­mé­ment à la prise de posi­ti­on du Con­seil fédé­ral, le Dépar­te­ment fédé­ral de l’en­vi­ron­ne­ment, des trans­ports, de l’é­ner­gie et de la com­mu­ni­ca­ti­on a déci­dé d’ex­ami­ner et de hié­rar­chiser les pro­jets d’ex­ten­si­on pré­vus dans le cadre du pro­jet « Trans­ports 45 ». Il con­vi­ent en outre de cla­ri­fier com­ment la situa­ti­on finan­ciè­re du BIF peut être garan­tie à moyen terme. Le Con­seil fédé­ral ne tien­dra comp­te que des mesu­res qui n’af­fec­tent pas le paquet de mesu­res d’al­lè­ge­ment bud­gé­tai­re 27 et le frein à l’endettement.

Le Con­seil des États avait déjà adop­té la moti­on 25.3953 lors de la ses­si­on d’au­t­om­ne 2025 (cli­quez ici pour con­sul­ter le bul­le­tin offi­ci­el). Le Con­seil natio­nal a suivi la pre­miè­re chambre et a éga­le­ment adop­té la moti­on le 11 décembre 2025.

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

Les colosses d’acier ont-ils fait leur temps en tant que moteurs de l’économie ?

L’an­née tou­che bien­tôt à sa fin. On aime­rait tant pou­voir annon­cer de bon­nes nou­vel­les à l’appro­che des fêtes. Mal­heu­reu­se­ment, il n’est pas faci­le de tirer des con­clu­si­ons posi­ti­ves de l’ana­ly­se du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en 2025. Au con­trai­re, les mau­vai­ses nou­vel­les se suc­cè­dent. Il faut se poser la ques­ti­on de l’im­portance future de ces colos­ses d’a­cier qui, année après année, trans­portent des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses d’un point A à un point B.


Les enjeux:

  • Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier
  • La liste des exemp­les néga­tifs est longue
  • Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu
  • Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle
  • Agir au lieu de capituler

Plus de mar­chan­di­ses signi­fie plus de trans­ports, mais seu­le­ment sur le papier

Une éco­no­mie en plei­ne crois­sance ent­raî­ne néces­saire­ment une aug­men­ta­ti­on des beso­ins en matiè­re de trans­port de mar­chan­di­ses. En effet, les mar­chan­di­ses sup­p­lé­men­tai­res doi­vent être ache­mi­nées d’une maniè­re ou d’une autre jus­qu’au con­som­ma­teur final. Le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses est indis­pensable à cet égard ; aujour­d’hui déjà, il ache­mi­ne chaque année des mil­li­ons de ton­nes de mar­chan­di­ses de A à B dans le respect du climat.

Selon les pré­vi­si­ons de l’Of­fice fédé­ral du déve­lo­p­pe­ment ter­ri­to­ri­al (ARE) dans le cadre de ses per­spec­ti­ves de trans­port pour 2050, il faut s’at­tendre à une aug­men­ta­ti­on de 31 % du tra­fic mar­chan­di­ses d’ici 2050. Pen­dant cette péri­ode, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail dev­rait pas­ser de 37 à 39 %. Les déve­lo­p­pe­ments actuels dans le domaine du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses vont à l’en­cont­re de ces per­spec­ti­ves et des inten­ti­ons poli­ti­ques clai­res en la matiè­re : bien que la deman­de de trans­port de mar­chan­di­ses aug­men­te, le rail ne cesse de perd­re des parts de marché.

La liste des exemp­les néga­tifs est longue

La sup­pres­si­on pré­ma­tu­rée de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) illus­tre par­fai­te­ment cette ten­dance à la baisse. Le 11 décembre 2025, celle-ci a effec­tué son der­nier tra­jet entre Fri­­bourg-en-Bris­­gau et Nova­ra (IT). La liste des exemp­les néga­tifs simi­lai­res est longue. Citons par exemp­le la sup­pres­si­on de huit ter­minaux pour le trans­port com­bi­né, les aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois dis­pro­por­ti­onnées pra­ti­quées par CFF Cargo en Suis­se ou les régle­men­ta­ti­ons dras­ti­ques et peu fon­dées de l’OFT à la suite de l’ac­ci­dent dans le tun­nel de base du Saint-Got­hard. Tout aussi pré­oc­cu­p­an­te est la situa­ti­on désastreu­se de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re alle­man­de pour le trans­port com­bi­né tran­sal­pin non accom­pa­gné. Ces cas appa­rem­ment iso­lés s’ac­cu­mu­lent et con­dui­sent à un déclin insi­dieux et grave du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses, et donc à un trans­fert des trans­ports de la voie fer­rée vers la route.

Les objec­tifs de déve­lo­p­pe­ment dura­ble de la Suis­se sont en jeu

Cet affai­blis­se­ment du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses a éga­le­ment des con­sé­quen­ces gra­ves dans d’au­t­res domain­es. L’ob­jec­tif cli­ma­tique « zéro émis­si­on nette » de la Con­fé­dé­ra­ti­on devi­ent ainsi de plus en plus irré­a­lis­te. De même, la route a depuis long­temps att­eint ses limi­tes de capa­ci­té, comme en témoi­g­ne le nombre immense et expo­nentiel d’heu­res d’embouteillage : en 2024, il dépas­sait les 55 000 heu­res. Aucu­ne amé­lio­ra­ti­on n’est en vue. Au con­trai­re, car les élec­teurs ont clai­re­ment reje­té une aug­men­ta­ti­on de la capa­ci­té en novembre 2024.

Les excep­ti­ons con­fir­ment la règle

De nombreu­ses initia­ti­ves visa­nt à con­trer ces ten­dan­ces néga­ti­ves sont réjouis­san­tes. Le pro­jet Cargo-S-Bahn de rXp Inter­re­gio­Car­go est l’une de ces lueurs d’e­s­poir. Il reprend les élé­ments éprou­vés du trans­port com­bi­né et éli­mi­ne les obs­ta­cles qui le frei­nent. Grâce à un sys­tème simp­le et bien pensé, cette alli­ance inter­sec­to­ri­el­le d’entre­pri­ses soli­des sou­hai­te trans­fé­rer le trans­port de mar­chan­di­ses de la route vers le rail. Dans le domaine du trans­port com­bi­né tran­sal­pin, on fait éga­le­ment de néces­si­té vertu : sous la direc­tion de l’OFT, on ras­sem­ble du per­son­nel trans­fron­ta­lier et on exami­ne des appro­ches inno­van­tes pour sur­mon­ter la situa­ti­on dif­fi­ci­le actu­el­le, carac­té­ri­sée par une infra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re déso­lan­te et des chan­tiers en per­spec­ti­ve en Alle­ma­gne. Il est posi­tif de voir com­ment les acteurs du sec­teur se ser­rent les cou­des et recher­chent des solu­ti­ons de maniè­re pragmatique.

Agir au lieu de capituler

Ulrich Maix­ner, direc­teur géné­ral de la socié­té de trans­port Hoyer, a récem­ment tiré une con­clu­si­on dra­ma­tique dans le jour­nal Zuger Zei­tung con­cer­nant la situa­ti­on du trans­port com­bi­né : « Nous som­mes au bord du gouf­fre ». La situa­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se n’est pas enco­re aussi dra­ma­tique. Cepen­dant, le sec­teur ne peut pas se per­mett­re une deu­xiè­me année 2025 avec une accu­mu­la­ti­on simi­lai­re de mau­vai­ses nouvelles.

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Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Le Conseil fédéral renforce le transport ferroviaire de marchandises en Suisse

Lors de sa séan­ce du 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a révi­sé le sou­ti­en finan­cier accor­dé par la Con­fé­dé­ra­ti­on au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses en Suis­se et au trans­port flu­vi­al de mar­chan­di­ses. La révi­si­on tota­le de l’or­don­nan­ce sur le trans­port de mar­chan­di­ses (OTM) et d’au­t­res modi­fi­ca­ti­ons d’or­don­nan­ces ent­re­ront en vigueur le 1er jan­vier 2026.


Les enjeux:

  • La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises
  • Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement
  • Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC
  • Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations
  • CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La Con­fé­dé­ra­ti­on sou­ti­ent mas­si­ve­ment le trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises

Le 21 mars 2025, le Par­le­ment a adop­té la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM) et lancé ainsi un ensem­ble com­plet de mesu­res visa­nt à ren­forcer le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le trans­port par wagons iso­lés (TWCI) béné­fi­ci­e­ra ainsi d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans et dev­rait deve­nir ren­ta­ble à moyen terme. Le Par­le­ment a all­oué 260 mil­li­ons de francs pour les quat­re pre­miè­res années. Il met en outre à dis­po­si­ti­on un mon­tant uni­que de 180 mil­li­ons de francs pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC).

Inci­ta­ti­ons sup­p­lé­men­tai­res pour le trans­bor­de­ment et le chargement

La LTC pré­voit éga­le­ment des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment ainsi que des con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment. L’ob­jec­tif est d’en­cou­ra­ger le trans­port de mar­chan­di­ses par rail et le trans­bor­de­ment de mar­chan­di­ses entre le rail et d’au­t­res modes de trans­port. À par­tir de jan­vier 2026, la Con­fé­dé­ra­ti­on ver­se­ra des con­tri­bu­ti­ons au trans­bor­de­ment et au char­ge­ment aux explo­itants de voies de rac­cor­de­ment et d’in­stal­la­ti­ons de char­ge­ment du trans­port com­bi­né. Cel­­les-ci s’é­lè­vent à un mon­tant for­fai­taire de 40 francs pour chaque wagon char­gé reçu ou expé­dié. Au total, 50 mil­li­ons de francs sont dis­po­nibles chaque année à cet effet.

Le sou­ti­en finan­cier est limi­té à 8000 wagons par voie de rac­cor­de­ment. La limi­te infé­ri­eu­re pré­vue dans le pro­jet mis en con­sul­ta­ti­on a été sup­p­ri­mée sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on. Les petits et moy­ens char­geurs sont ainsi éga­le­ment inci­tés à recour­ir davan­ta­ge au rail.

Le Con­seil fédé­ral sou­hai­te étendre la pro­mo­ti­on des instal­la­ti­ons de trans­bor­de­ment et de char­ge­ment par le biais de con­tri­bu­ti­ons à l’in­ves­tis­se­ment et la sim­pli­fier sur le plan admi­nis­tra­tif. Il entend sou­te­nir davan­ta­ge les inves­tis­se­ments dans les sur­faces de trans­bor­de­ment et les élé­ments mobi­les des instal­la­ti­ons par le biais de con­tri­bu­ti­ons forfaitaires.

Con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires pour la migra­ti­on vers la DAC

La DAC est un élé­ment important pour un trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses plus effi­cace et plus pro­duc­tif. La Con­fé­dé­ra­ti­on verse des con­tri­bu­ti­ons for­fai­taires par véhi­cu­le pour l’a­mé­nage­ment et la trans­for­ma­ti­on des wagons et des loco­mo­ti­ves. Cel­­les-ci s’é­lè­vent au total à 180 mil­li­ons de francs. Sur la base des com­men­tai­res reçus lors de la con­sul­ta­ti­on, la Con­fé­dé­ra­ti­on a déci­dé de fixer le mon­tant for­fai­taire à 8000 francs par wagon, indé­pen­dam­ment de son âge.

Peu d’off­res sou­mi­ses pour les con­ven­ti­ons de prestations

Au cours de l’été 2025, l’Of­fice fédé­ral des trans­ports (OFT) a lancé un appel d’off­res pour le sou­ti­en finan­cier de pre­sta­ti­ons par­ti­el­les dans le cadre du sys­tème TWCI. À ce jour, seule CFF Cargo a répon­du à l’ap­pel d’off­res. D’ici fin 2025, l’OFT éla­bo­rera avec CFF Cargo une con­ven­ti­on de pre­sta­ti­ons pour le TWCI pour les années 2026 à 2029.

CFF Cargo passe à la vites­se supérieure

La OTM défi­nit le cadre et met à dis­po­si­ti­on les moy­ens finan­ciers néces­saires à une TWCI auto­no­me sur le plan finan­cier. L’ob­jec­tif est d’att­eind­re l’au­to­no­mie finan­ciè­re dans un délai de quat­re à huit ans grâce à une explo­ita­ti­on plus effi­cace et plus pro­duc­ti­ve de CFF Cargo, à des aug­men­ta­ti­ons de prix équi­li­brées pour les char­geurs et à des sub­ven­ti­ons dégres­si­ves de la Con­fé­dé­ra­ti­on. CFF Cargo a déjà tor­pil­lé ce pro­jet et les objec­tifs de la LTC avant même l’en­trée en vigueur des lois et ordon­nan­ces révi­sées, avec des aug­men­ta­ti­ons de prix att­eig­nant par­fois des pour­cen­ta­ges à deux chif­fres pour les chargeurs.

Une telle appro­che con­duit iné­vi­ta­blem­ent les char­geurs à ne plus trans­por­ter leurs mar­chan­di­ses par le rail, mais par la route, notoire­ment encom­brée. Cet effet ne cor­re­spond cer­tai­ne­ment pas à l’in­ten­ti­on des respons­ables poli­ti­ques lors de l’ad­op­ti­on de la LTC. Il n’est donc pas sur­pren­ant que le Par­le­ment ait réagi avec la moti­on 25.4409 de la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog. La Com­mis­si­on des trans­ports et des télé­com­mu­ni­ca­ti­ons a adop­té la moti­on le 7 novembre 2025 par 5 voix cont­re 2 et une abstention.

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Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Transport transalpin de marchandises : l’objectif de transfert routier-rail s’éloigne

Le 19 novembre 2025, le Con­seil fédé­ral a publié le «Rap­port sur le trans­fert du tra­fic juil­let 2023 à juin 2025». Ce rap­port con­fir­me la situa­ti­on extrê­me­ment dif­fi­ci­le du tra­fic fer­ro­vi­ai­re com­bi­né de mar­chan­di­ses à tra­vers les Alpes. Le Con­seil fédé­ral entend con­trer ces évo­lu­ti­ons néga­ti­ves par diver­ses mesures.


Les enjeux:

  • Com­man­de de trans­fert obligatoire
  • Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui
  • Le Con­seil fédé­ral passe à l’action
  • Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

Com­man­de de trans­fert obligatoire

Avec le man­dat de trans­fert, la Suis­se dis­po­se d’un instru­ment uni­que, ancré dans la Con­sti­tu­ti­on. Celui-ci obli­ge les respons­ables poli­ti­ques à trans­fé­rer le tra­fic mar­chan­di­ses tran­sal­pin vers le rail. L’ob­jec­tif est de pro­té­ger les Alpes et de limi­ter le tra­fic poids lourds dans les val­lées alpines.

Objec­tif de plus en plus man­qué, éga­le­ment par la faute d’autrui

Mal­heu­reu­se­ment, la part des mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail n’a cessé de dimi­n­uer ces der­niè­res années. L’ob­jec­tif de trans­fert de 650 000 tra­jets de cami­ons à tra­vers les Alpes sera enco­re lar­ge­ment dépas­sé en 2024, avec 960 000 tra­jets. L’un des prin­ci­paux pro­blè­mes à l’o­ri­gi­ne de cette évo­lu­ti­on est l’é­tat déla­b­ré des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res dans les pays voi­sins, notam­ment en Alle­ma­gne. Bien que des mesu­res soi­ent pri­ses dans de nombreux end­roits pour remé­dier à ces pro­blè­mes, la moder­ni­sa­ti­on pré­vue dans les années à venir con­tin­uera de nuire à la fia­bi­li­té du trans­port fer­ro­vi­ai­re de marchandises.

Le Con­seil fédé­ral passe à l’action

Dans ce con­tex­te, ce n’est pas seu­le­ment l’é­co­no­mie du trans­port qui est mise à con­tri­bu­ti­on, mais aussi et sur­tout la Con­fé­dé­ra­ti­on. Il est réjouis­sant de con­stater que le Con­seil fédé­ral s’en­ga­ge en faveur de voies d’ac­cès moder­nes et bien amé­na­gées vers les tun­nels de base des nou­vel­les lignes fer­ro­vi­ai­res à tra­vers les Alpes (NLFA). Il sou­hai­te éga­le­ment atté­nuer les effets néga­tifs de la sup­pres­si­on de la chaus­sée rou­lan­te (Rola) par des inci­ta­ti­ons finan­ciè­res et trans­fé­rer les trans­ports con­cer­nés vers le trans­port com­bi­né non accom­pa­gné. Il entend en outre s’en­ga­ger en faveur d’une moder­ni­sa­ti­on rapi­de de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re dans les pays voi­sins, de la mise en place d’i­tin­é­rai­res de con­tour­ne­ment per­for­mants et d’une coor­di­na­ti­on inter­na­tio­na­le des travaux de con­s­truc­tion entre les dif­fér­ents acteurs.

Pro­blè­me iden­ti­fié, tâche tou­jours difficile

L’ob­jec­tif de trans­fert inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on est enco­re loin d’êt­re att­eint. Les rai­sons en sont mul­ti­ples. Elles tien­nent prin­ci­pa­le­ment à l’é­tat par­fois déplo­rable de l’in­fra­struc­tu­re fer­ro­vi­ai­re en Alle­ma­gne, qui ent­raî­ne l’an­nu­la­ti­on de près d’un train sur cinq. Dans ce con­tex­te, il faut saluer le fait que le Con­seil fédé­ral se sai­sis­se de la ques­ti­on et pré­sen­te des solu­ti­ons concrètes.

Il res­te­ra tou­te­fois extrê­me­ment dif­fi­ci­le de main­te­nir le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à un niveau dura­ble dans les années à venir, jus­qu’à ce que les infra­struc­tures étran­gè­res soi­ent moder­ni­sées. Face à ces défis, il est d’au­tant plus cru­cial que le sec­teur du trans­port de mar­chan­di­ses se serre les cou­des et coopè­re étroi­te­ment tant sur le plan poli­tique qu’opé­ra­ti­on­nel. C’est la seule façon d’é­vi­ter d’au­t­res obs­ta­cles inutiles.

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Cargo-RER : optimiser ce qui a fait ses preuves, éliminer les obstacles

Cargo-RER : optimiser ce qui a fait ses preuves, éliminer les obstacles

Avec l’appro­che rXp Inter­re­gio­Car­go, une alli­ance inter­sec­to­ri­el­le d’entre­pri­ses inno­van­tes et per­for­man­tes sou­hai­te, au cours des pro­chai­nes années, trans­fé­rer davan­ta­ge de mar­chan­di­ses de la route, notoire­ment encom­brée, vers le rail. Ce con­cept de trans­port intel­li­gent s’ap­pu­ie sur des solu­ti­ons éprou­vées et éli­mi­ne les fai­bles­ses du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses actuel. Alors que CFF Cargo se reti­re de plus en plus du trans­port com­bi­né, cette initia­ti­ve arri­ve à point nommé.


Les enjeux:

  • La con­ges­ti­on rou­tiè­re augmente
  • Le trans­port de mar­chan­di­ses sur cour­tes et moy­ennes distances repensé
  • Plus fle­xi­ble et plus éco­no­mi­que que le trans­port par wagons complets
  • Aussi rapi­de et simp­le que le RER – uni­quement pour les marchandises
  • Enga­gé en faveur d’un trans­fert modal accru
  • Une sym­bio­se pré­cieu­se entre route et rail

La con­ges­ti­on rou­tiè­re augmente

Fig. 1 : Opé­ra­ti­on de char­ge­ment d’un cami­on sur un train. Source : rXp RailTruck

La situa­ti­on sur les rou­tes suis­ses s’ag­gra­ve : les heu­res d’embouteillage aug­men­tent de maniè­re expo­nen­ti­el­le, tout comme les émis­si­ons. Après le rejet par le peu­ple suis­se de l’ex­ten­si­on du réseau auto­rou­tier, les gou­lets d’étran­gle­ment per­sis­tent. Dans ce con­tex­te, le recru­tement de cami­on­neurs s’a­vè­re de plus en plus dif­fi­ci­le, comme l’a expli­qué Hans-Peter Drei­er, de la socié­té Drei­er AG, lors d’un évé­ne­ment orga­ni­sé le 4 novembre 2025 à Olten.

Le trans­port de mar­chan­di­ses sur cour­tes et moy­ennes distances repensé

Le modè­le de trans­port de rXp Inter­re­gio Cargo GmbH arri­ve donc à point nommé. Avec le train élec­tri­que rXp Rail­T­ruck comme élé­ment cen­tral, les mar­chan­di­ses qui étai­ent jus­qu’à pré­sent trans­por­tées par la route dev­rai­ent trou­ver plus faci­le­ment leur che­min vers le rail. Le rXp Rail­T­ruck peut cir­cu­ler dans les deux sens et dev­rait être réa­li­sé à titre pure­ment privé.

Plus fle­xi­ble et plus éco­no­mi­que que le trans­port par wagons complets

Fig. 2 : Parts respec­ti­ves du rail et de la route dans le trans­port. Source : rXp RailTruck

Le con­cept rXp Inter­re­gio­Car­go se distin­gue à plu­s­ieurs égards du trans­port par wagons iso­lés (TWCI), coû­teux et jus­qu’à pré­sent défi­ci­taire. Le rXp Rail­T­ruck per­met d’é­vi­ter une gran­de par­tie des travaux et des dépen­ses coû­teux liés à le TWCI. Cela aug­men­te non seu­le­ment la ren­ta­bi­li­té, mais aussi con­sidé­ra­blem­ent la fle­xi­bi­li­té. Ces argu­ments clés con­vain­quent les ent­re­pri­ses de trans­port rou­tier tel­les que Drei­er AG, qui par­ti­ci­pent au pro­jet. Le direc­teur géné­ral Hans-Peter Drei­er con­sidè­re éga­le­ment ce modè­le comme une répon­se au retrait annon­cé de CFF Cargo du trans­port combiné.

Aussi rapi­de et simp­le que le RER – uni­quement pour les marchandises

Grâce à la rame élec­tri­que rXp Rail­T­ruck, les manœu­vres fas­ti­dieu­ses et coû­teu­ses sont sup­p­ri­mées, comme c’est le cas pour le S‑Bahn dans le trans­port de per­son­nes. Le char­ge­ment des con­teneurs ou des cais­ses mobi­les s’ef­fec­tue sur des voies second­ai­res ou de rac­cor­de­ment, avec ou sans catén­aire. Cela est pos­si­ble car le rXp Rail­T­ruck fon­c­tion­ne sur bat­te­rie et peut donc être uti­li­sé même sur des voies sans catén­aire. Cela évite les arrêts fas­ti­dieux et aug­men­te la fle­xi­bi­li­té du con­duc­teur de loco­mo­ti­ve. Le maté­ri­el rou­lant est loué et entre­tenu par MFD Rail GmbH, membre de la VAP. Il n’est donc pas néces­saire de réin­ven­ter la roue, car des con­cepts éprou­vés exis­tent déjà.

Enga­gé en faveur d’un trans­fert modal accru

Les initia­teurs de rXp Inter­re­gio­Car­go ne con­sidè­rent pas leur appro­che inno­van­te comme une con­cur­rence au trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses existant, mais comme un com­plé­ment per­met­tant de ren­forcer le trans­fert du tra­fic vers le rail. Grâce à un pro­ces­sus de char­ge­ment et de déchar­ge­ment sim­pli­fié et opti­mi­sé en ter­mes de coûts, il devi­ent inté­res­sant pour les trans­por­teurs d’a­che­mi­ner leurs mar­chan­di­ses par rail, même sur des tra­jets courts.

Une sym­bio­se pré­cieu­se entre route et rail

À une épo­que où les gros tit­res sur le déclin du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses se mul­ti­pli­ent, des lueurs d’e­s­poir tel­les que le modè­le de trans­port rXp Inter­re­gio­Car­go sont les bien­ve­nues. En explo­itant les aspects éprou­vés et en éli­mi­nant les fai­bles­ses du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses actuel, ce con­cept crée un pro­duit pro­met­teur pour le trans­port fer­ro­vi­ai­re natio­nal de mar­chan­di­ses. Si d’au­t­res trans­por­teurs rou­tiers sui­vent l’exemp­le de Drei­er AG, la sym­bio­se tant atten­due entre le rail et la route pour­rait bien­tôt deve­nir réalité.

CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

CFF Cargo réduit le transport par wagons complets isolés au lieu de le réorganiser

Avec la révi­si­on de la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses (LTM), le Par­le­ment sou­hai­tait ren­forcer le trans­port par wagons com­plets iso­lés (TWCI). Avec sa poli­tique tarifai­re, CFF Cargo fait exac­te­ment le con­trai­re, et ce à toute vites­se. Et tout cela avant même que la loi révi­sée et l’or­don­nan­ce cor­re­spond­an­te n’ent­rent en vigueur.


Les enjeux:

  • Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route
  • Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés
  • Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement
  • Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question
  • Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

Les haus­ses de prix exor­bi­tan­tes ent­raî­nent un trans­fert vers la route

Le 20 sep­tembre 2025, CFF Cargo a publié un com­mu­ni­qué qui inter­pel­le. Les respons­ables y évo­quent la pré­ser­va­ti­on du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses respec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment et des emplois en Suis­se. Mal­heu­reu­se­ment, c’est actu­el­le­ment le con­trai­re qui se pro­duit. Au cours des der­niers mois, CFF Cargo a pro­cé­dé à des aug­men­ta­ti­ons de prix par­fois exor­bi­tan­tes. Cela con­duit de nombreux cli­ents du sec­teur du trans­port à miser enco­re davan­ta­ge, voire exclu­si­ve­ment, sur le trans­port rou­tier à l’a­ve­nir. Cela est con­fir­mé par d’in­nom­bra­bles retours d’in­for­ma­ti­on des mem­bres de la VAP. Ceux-ci sont unani­mes : les char­geurs con­tin­uer­ai­ent à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses à l’a­ve­nir, mais celui-ci n’est plus com­pé­ti­tif par rap­port au trans­port rou­tier comp­te tenu des prix exi­gés par CFF Cargo.

Les char­geurs étai­ent prêts à payer des prix modé­ré­ment plus élevés

À l’o­ri­gi­ne, le Par­le­ment sou­hai­tait rend­re le TWCI auto­no­me finan­ciè­re­ment. Pour ce faire, celle-ci devait béné­fi­ci­er d’un sou­ti­en finan­cier pen­dant huit ans, avec 260 mil­li­ons de francs suis­ses mis à dis­po­si­ti­on pour les quat­re pre­miè­res années. En outre, la Con­fé­dé­ra­ti­on a all­oué une aide uni­que de 180 mil­li­ons de francs suis­ses pour l’at­telage auto­ma­tique numé­ri­que (DAC) dans le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Le che­min vers l’au­to­fi­nance­ment était envi­sa­gé comme suit : les char­geurs con­tri­buent par des aug­men­ta­ti­ons de prix modé­rées, CFF Cargo par une pro­duc­ti­vi­té et une effi­ca­ci­té accrues et la Con­fé­dé­ra­ti­on par un sou­ti­en tem­po­rai­re. La VAP et ses mem­bres aurai­ent appor­té leur con­tri­bu­ti­on ; les char­geurs aurai­ent été pour la plu­part prêts à payer ce prix pour un TWCI auto­no­me financièrement.

La réduc­tion du défi­cit de CFF Cargo se fait pres­que exclu­si­ve­ment au détri­ment des char­geurs. Pour la plu­part d’ent­re eux, il n’y a donc plus d’in­ci­ta­ti­on à miser sur le trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Cela ent­raî­ne une réduc­tion dras­tique des infra­struc­tures fer­ro­vi­ai­res desti­nées au trans­port de mar­chan­di­ses. Comp­te tenu des inves­tis­se­ments initiaux éle­vés, ces ent­re­pri­ses ne dev­rai­ent plus jamais se tour­ner vers le rail à l’a­ve­nir, ce qui ent­raî­ne­ra un déman­tèle­ment dura­ble de le TWCI et donc du trans­port fer­ro­vi­ai­re de mar­chan­di­ses. Pour le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment, cette réduc­tion irré­ver­si­ble des volu­mes de mar­chan­di­ses trans­por­tées par rail sera visi­ble au plus tard dans quat­re ans.

Cette réduc­tion va fon­da­men­ta­le­ment à l’en­cont­re de la volon­té du Parlement

Les déve­lo­p­pe­ments actuels ne cor­re­spon­dent pas à la volon­té du Par­le­ment. Ce der­nier sou­hai­tait ren­forcer e TWCI, notam­ment afin de faire pro­gresser la décar­bo­ni­sa­ti­on des trans­ports et d’att­eind­re l’ob­jec­tif de zéro émis­si­on nette d’ici 2050. Sans un TWCI per­for­mant, cet objec­tif s’é­loi­g­ne de plus en plus. Enfin, le rejet par le peu­ple de l’ex­ten­si­on de l’au­to­rou­te en novembre 2024 a éga­le­ment con­tri­bué à ce que l’ef­fondre­ment du réseau rou­tier ne puis­se être évité que si le plus grand nombre pos­si­ble de mar­chan­di­ses sont trans­por­tées par rail.

Une lueur d’e­s­poir à l’ho­ri­zon : les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la question

Il est réjouis­sant de con­stater que les respons­ables poli­ti­ques se sai­sis­sent de la ques­ti­on. Ainsi, la con­seil­lè­re aux États Eva Her­zog a dépo­sé le 25 sep­tembre 2025 la moti­on 25.4147 « Garan­tie du niveau de pre­sta­ti­ons de CFF Cargo, y com­pris le main­ti­en d’un réseau cen­tral pour le trans­port com­bi­né de mar­chan­di­ses ». Cette moti­on deman­de que CFF Cargo ne puis­se plus aug­men­ter ses prix au-delà du taux d’in­fla­ti­on à par­tir de 2026. CFF Cargo dev­rait donc assurer sa ren­ta­bi­li­té prin­ci­pa­le­ment par une explo­ita­ti­on plus pro­duc­ti­ve et plus effi­cace, comme le pré­voy­a­it le Par­le­ment dans la loi sur le trans­port de mar­chan­di­ses. Mal­heu­reu­se­ment, CFF Cargo a entre-temps créé un fait accom­pli : une par­tie con­sidé­ra­ble de la cli­entèle de le TWCI s’est déjà détour­née du rail.

Le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment doi­vent immé­dia­te­ment tirer le frein d’urgence

La VAP appel­le le Con­seil fédé­ral et le Par­le­ment à mett­re immé­dia­te­ment un terme à la pra­tique de CFF Cargo con­sistant à aug­men­ter ses prix, en par­tie à deux chif­fres. Cette démar­che arbi­trai­re de CFF Cargo pous­se de plus en plus de char­geurs à délais­ser le trans­port fer­ro­vi­ai­re au pro­fit du trans­port rou­tier, ce qui va à l’en­cont­re de la volon­té poli­tique et des efforts de la Suis­se en matiè­re de décarbonisation.

 

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