INTEROPÉRABILITÉ
La VAP s’engage pour l’interopérabilité. Cela signifie l’harmonisation des conditions cadres afin que les trains puissent circuler librement sur les réseaux ferroviaires européens.
Le transport de marchandises suisse ne connaît pas de frontières. Beaucoup de nos membres sont actifs au niveau international et desservent régulièrement l’espace de l’UE. Pour que nous puissions continuer à vous garantir cet accès à un potentiel de marché intéressant, nous nous engageons sur la scène internationale.
- La «International Union of Wagonkeepers» – en abrégé UIP – mène une politique européenne du transport de marchandises. Nous, à la VAP, avons fondé l’UIP en 1950 et faisons valoir depuis lors la perspective suisse en Europe.
- La «European Rail Freight Association» résume son objectif en quelques mots: «We deliver competition!» (Nous livrons la compétitivité!). Nous sommes également étroitement liés à cette organisation, dont nous assurons la vice-présidence.
Négociations avec l’Union européenne
- 15.12.2023: Rapport sur les discussions exploratoires entre la Suisse et l’Union européenne concernant la stabilisation et le développement de leurs relations
- 27.10.2023: Common Understanding
- 22.02.2023 : Message concernant la modification de la loi sur les chemins de fer, en faveur l’admission simplifiée de matériel roulant au transport ferroviaire international
- Informations OFT: Volet technique du 4e paquet ferroviaire de l’UE
- Automatiser et numériser dans toute l’Europe avec la DAK

25e anniversaire du «Traité de Lugano» – un regard sur l’avenir
25 ans exactement après la signature du «Traité de Lugano», un bilan a été dressé dans la gare allemande de Bâle, métropole frontalière suisse. Pour la VAP, l’aménagement de l’itinéraire sur la rive gauche du Rhin pour le transport de marchandises, en plus de celui de la rive droite du fleuve, est urgent. Il est tout aussi urgent de mettre en œuvre l’automatisation, en particulier via l’attelage automatique digital (DAK, en allemand). Pour finir, la VAP se félicite de l’ouverture proposée de la directive UE de promotion du trafic combiné aux transports multimodaux avec un transbordement de marchandises à la place d’un transbordement de conteneurs en cas de changement de moyen de transport.
Nouvel accord
Sous la devise «En visite chez des amis», les États contractants ont adopté un nouvel accord qui complète le Traité de Lugano et établit de nouvelles priorités. Il prévoit le renforcement durable du fret ferroviaire, veut optimiser sa compétitivité intermodale ainsi qu’intensifier la coopération au niveau de l’innovation – notamment l’attelage automatique digital (DAK) – et dans le cadre du projet conjoint «Shift2Rail». Après les discours des invités, Winfried Hermann, ministre des transports du Land de Bade-Wurtemberg, et Adolf Ogi, ancien conseiller fédéral suisse, Josef Dittli, conseiller aux États et président de la VAP Association des chargeurs, s’est exprimé sur les thématiques centrales de cet anniversaire.
Une garantie de la ligne d’accès est nécessaire
Josef Dittli a fait valoir la perspective de la VAP. Celle-ci contribue côté suisse à la promotion d’un système de fret ferroviaire performant grâce à diverses mesures. Dittli a souligné la nécessité de procéder, en vue de garantir les lignes d’accès, à l’aménagement du tronçon ferroviaire également sur la rive gauche du Rhin en France. Avec la motion «Accord international au sujet de la ligne d’accès à la NLFA sur la rive gauche du Rhin», la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national a chargé en janvier 2020 le Conseil fédéral de s’efforcer d’obtenir un accord international avec la France et la Belgique pour une ligne alternative performante sur la rive gauche du Rhin (ligne de plaine) avec les paramètres d’infrastructure nécessaires pour le transport de marchandises. Par ailleurs, l’aménagement de la ligne ferroviaire de la vallée du Rhin en Allemagne devrait être énergiquement poursuivi. À propos du nouvel accord de la Suisse (DETEC) avec le ministère des transports d’Allemagne, Josef Dittli a constaté que cela part certes de bonnes intentions, mais que cela équivaut plutôt à une déclaration d’intention non contraignante, et a demandé: «Le nouvel accord ne doit en aucun cas annuler le Traité de Lugano, mais seulement le compléter.» Josef Dittli a jugé réjouissant le fait que la France fasse désormais avancer les plans destinés à l’agrandissement des gabarits dans les tunnels sur le tronçon Réding-Saverne entre Sarrebruck et Bâle via la France, comme l’a fait savoir SNCF Réseau, exploitante d’infrastructures française.
La VAP encourage l’automatisation et la digitalisation
En ce qui concerne également les sujets de l’automatisation et de la digitalisation, la VAP s’engage en faveur d’une harmonisation à l’échelon européen. Avec la motion «Renforcer l’efficacité du transport de marchandises sur le rail grâce à l’automatisation», elle a sollicité les moyens financiers nécessaires. Et avec la Communauté d’intérêts Trafic par wagons complets (CI TWC), elle s’engage, aux côtés d’autres acteurs de l’économie, en faveur de la mise en œuvre de mesures correspondantes.
Le transport multimodal est porteur d’avenir
Pour la VAP, il s’agit de promouvoir non seulement le trafic combiné au sens strict, mais également le transport multimodal avec transbordement de marchandises. Ce dernier associe également divers moyens de transport et répond précisément aux exigences du transport en colis, qui connaît une forte croissance. Par conséquent, la VAP se félicite des propositions correspondantes de la Commission de l’UE pour la révision de la directive sur le trafic combiné. De telles interventions peuvent aider de manière déterminante à atteindre les objectifs du Pacte vert pour l’Europe. En Suisse, on constate dans le fret ferroviaire multimodal un nombre cinq fois plus important que dans le trafic combiné. Ce n’est pas un hasard si la manifestation s’est déroulée à Bâle; en effet, le port de Bâle représente une plaque tournante prospère pour les marchandises en vrac pour le trafic combiné eau/rail.

Progrès de l’automatisation dans le transport ferroviaire de marchandises
Lors de la session d’automne puis de la session d’hiver, les Conseils ont adopté la motion «Renforcer l’efficacité du transport de marchandises sur le rail grâce à l’automatisation» de Josef Dittli, président de la VAP et conseiller aux États. L’introduction à l’échelle de l’Europe du couplage automatique numérique, de la préparation automatique des trains et d’autres plateformes numériques est une priorité majeure. Les pays membres veulent se mettre d’accord d’ici 2022 sur une stratégie de mise en œuvre pour toute l’Europe.
L’automatisation du dernier kilomètre
Josef Dittli, président de la VAP et membre du Conseil des États, avait déposé le 4 mai 2025 la motion 20.3221 «Renforcer l’efficacité du transport de marchandises sur le rail grâce à l’automatisation». Cette motion exige un concept pour le financement et la mise en œuvre coordonnée des nouveautés techniques permettant notamment une automatisation (partielle) du dernier kilomètre dans le fret ferroviaire et simplifiant l’interface route/rail dans les chaînes logistiques multimodales.
La Confédération peut encourager les investissements dans les innovations techniques en s’appuyant sur l’art. 10 de la loi sur le transport de marchandises LTM. Pour garantir l’interopérabilité, il est indispensable d’avoir un financement et une coordination d’un lancement de nouvelles technologies à grande échelle et concerté avec l’Europe, tout particulièrement dans le trafic conventionnel pour le regroupement des grands volumes. Pour ce faire, il y a toutefois besoin d’un concept élaboré en concertation avec toute la branche et à l’échelon international.
Couplage automatique numérique (DAK)
À l’échelle européenne, une initiative comparable a été lancée: la «Charte de mise en œuvre de l’attelage automatique numérique». Le rapport final pour la création d’un concept de migration d’un système d’attelage automatique numérique (DAK) pour le transport ferroviaire de marchandises (TFM) a été présenté le 29 juin 2020. Le ministère fédéral allemand des transports et de l’infrastructure numérique (BMVI) commande et finance l’élaboration d’un concept de migration d’un DAK dans le transport ferroviaire de marchandises.
Dans le domaine du transport ferroviaire de marchandises, le DAK est considéré comme un élément crucial pour augmenter la compétitivité du fret ferroviaire par rapport au fret routier. Le défi majeur dans le lancement d’un DAK est l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie migratoire soutenue par tous. L’étude s’est appuyée sur les données clés suivantes:
- Sont concernés par la transformation: 432 000 à 485 000 wagons de marchandises existants et 17 000 véhicules moteurs
- Coût d’achat de 4000 à 5000 euros pour un DAK
- Coût de rééquipement 2500 euros par wagon de marchandises et 5300 euros par véhicule moteur.
- Achat et montage des composants d’automatisation par wagon de marchandises: 5000 euros
- Coût total d’une migration à l’échelle de l’UE, y compris composants d’automatisation: 6,4 à 8,6 milliards d’euros
- Monétarisation de l’utilisation pour l’UE des 27, y compris la Suisse, la Grande-Bretagne et la Norvège: potentiel annuel d’utilisation d’env. 760 millions d’euros.
- Durée d’amortissement dans le scénario de base: 18 ans
Actuellement, quatre constructeurs d’attelages (CAF, Wabtec, Voith, Dellner) mettent au point des prototypes de DAK. Ceux-ci seront montés sur des wagons-tests de la DB et de GATX et testés dans toute l’Europe d’ici le printemps 2021. Le but consiste à se mettre d’accord en 2021 sur le type d’attelage et de commencer la migration vers le DAK au plus tard en 2023/2024. On part du principe qu’une migration devrait prendre six à huit ans et être achevée d’ici 2030.
Un engagement pour l’innovation technique
La VAP a elle aussi signé la charte DAK. Elle s’engage en faveur d’une automatisation et d’une digitalisation rapides et généralisées du fret ferroviaire dans le cadre de la «Déclaration d’intention sur la promotion et la mise en œuvre d’innovations techniques dans le fret ferroviaire suisse» (Absichtserklärung zur Förderung und Umsetzung technischer Neuerungen im schweizerischen Schienengüterverkehr, document disponible seulement en allemand») de 2017 signée par la Confédération, l’UTP et Cargo Forum Suisse. Les projets pilotes des CFF, rendus possibles et soutenus dans le cadre de cet accord, doivent être bientôt prêts à être mis en œuvre. Dans ce contexte, il s’agit d’éviter les solutions individuelles timorées et de lancer à la place une initiative pour une automatisation coordonnée et couvrant autant que possible l’ensemble du territoire.